Auteur/autrice : francislippa

  • Ecouter vraiment chanter éperdument la clarinette de Weber par la grâce justissime du souffle du jeune Arthur Stockel…

    Le prodige _ saisissant _ du CD Aparté AP 354 « Weber – Clarinet Concertos – Clarinet Quintet » d’Arthur Stockel (né en Alsace en 1996) avec l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg placé sous la très souple et juste direction de Leo McFall, et avec le très remarquable aussi Quatuor Hanson, nous permet, peut-être à ce très haut degré-là, d’écouter vraiment chanter _ éperdument _ la clarinette magique de Carl-Maria von Weber (1786 – 1826) …

    …

    …

    Aucune description de photo disponible.

     

    …

    …

    En un judicieux entretien avec Pierre Liscia-Beaurenaut, aux pages 14 à 19 du livret de ce CD, Arthur Stockel raconte qu’en découvrant, à son arrivée à Paris, l’opéra italien, « c’est surtout le rapport à la voix, au souffle, à l’écriture musicale autour de la voix _ voilà ! _ qui l’a fasciné. (…) Puis, en arrivant à Berlin, je me suis découvert une passion pour le lied (et ai réalisé) toute la profondeur dramatique de cet univers.« 

    …

    Aussi, face aux partitions des œuvres pour la clarinette de Weber, Arthur Stockel a-t-il « tenté de traiter (son) instrument comme un personnage vocal à part entière, en épurant les lignes au maximum « 

    …

    …

    Ce récital Weber d’Arthur Stockel est ainsi une pure grâce…

    …

    …

    En voici deux brefs échantillons vidéos :

    …

    _ un extrait (de 1′ 49) de la Pollaca du Concerto n°2, Op. 74 ;

    …

    _ et un extrait (de 1′ 38) du Rondo Allegro du Quintette 0p. 34.

    …

    …

    Ce samedi 1er mars 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et maintenant un admirable album solo « Telemann – Bach – Britten – Shaw » du splendide altiste anglais Timothy Ridout : ou le pouvoir de certains interprètes d’exception de nous faire re-découvrir des chefs d’œuvre par la magie de certaines interprétations nouvelles géniales…

    Et voici que maintenant le splendide jeune altiste anglais Timothy Ridout (né en 1995  à Waltham Forest) vient nous offrir un admirable album solo « Timothy Ridout -Telemann – Bach – Britten – Shaw« , le CD Harmonia Mundi HMM 902750, enregistré à Londres en mai 2024…

    …

    …

    Quand je découvre un interprète qui me plaît beaucoup, je m’attache à lui, et je lui suis fidèle, s’il ne me déçoit pas :

    et c’est bien le cas de Timothy Ridout, pour sa discographie du moins, magnifique ! _ je ne l’ai pas entendu en concert.

    …

    …

    Voici donc les deux précédents articles que je lui ai consacrés, en mai et juin 2024, sur ce blog « En cherchant bien » :

    …

    le 20 mai 2024 : « Le goût de l’alto à l’anglaise : un superbe Timothy Ridout sur les traces de l’excellent Lionel Tertris (1876 – 1975) : un voyage chantant de l’alto, qui fait du bien…« ,

    …

    et, dans la foulée de mon enchantement, le 24 juin suivant : « L’alto à l’anglaise de Timothy Ridout : son très beau CD « Britten – Vaughan-Williams – Hindemith – Martinu »…« …

    …

    …

    Pour m’apercevoir alors que j’avais précédemment pu écouter déjà Timothy Ridout, mais sans vraiment le remarquer; lui, à l’alto, dans sa participation à d’autres CDs,

    ainsi qu’en témoignent mes antérieurs articles en date du 31 octobre 2019 « De superbes Quatuors à cordes n° 2 de Tchaikovsky et Borodine au Spannungen Festival 2018« ,

    et du 14 avril 2022 « Le grand Michael Spyres dans les sublimes « Nuits d’été » d’Hector Berlioz et Théophile Gautier (version, avec orchestre, de 1856) : qu’en penser ?.. » _ et je dois dire ici que si je porte au pinacle, et les sublimes « Les Nuits d’été » de Berlioz, et le talent-génie d’interprète de Michael Spyres, je n’ai hélas pas le moindre atome crochu avec « Harold en Italie« , qui m’ennuie : tant pis pour moi…

    …

    …

    Aujourd’hui, c’est à un album entièrement en solo que se livre le talent musical _ magnifique ! _ d’altiste de Timothy Ridout :

    …

    « Enregistrer _ au mois de mai 2924 _ un album entièrement solo avant d’atteindre l’âge de trente ans _ Timothy Ridout est né en 1995 _ : voilà qui en dit long sur le parcours fulgurant d’un prodige de l’alto capable de repousser toutes les limites. Tout comme son choix de mettre en regard l’âge baroque (Telemann et J.S. Bach _ en des transcriptions pour l’alto d’œuvres conçues pour le violon _) et deux figures de la modernité, avec la rare Élégie de Britten (1913 – 1976) et In manus tuas de Caroline Shaw (1982). Une ode à l’alto _ superbissime ! _ à travers les siècles, aussi juvénile qu’époustouflante ! » :

    voilà une excellente présentation de ce CD…

    …

    …

    Oui, décidément certains interprètes d’exception ont le magique pouvoir de nous faire re-découvrir de merveilleux chefs d’œuvre pourtant déjà bien connus et admirés par des interprétations déjà parfois elles aussi géniales… Pour notre enchantement.

    C’est là l’apport singulier magnifique de certaines interprétations…  

    …

    …

    Oui, le talent – voire génie – musical de Timothy Ridout est vraiment exceptionnel…

    …

    …

    Ce vendredi 28 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Dès la seconde écoute, le ravissement éprouvé du CD Deutsche Grammophon « Seong-Jin Cho – Ravel – the Piano Concertos », merveilleusement adéquat à la personnalité contenue mais formidablement expressive de Maurice Ravel…

    Après la surprise forcément dérangeante, à contrepied de nos expériences passées des diverses interprétations des deux Concertos pour piano de Ravel,

    dès la seconde écoute,

    c’est bien un ravissement, et même éperdu, que nous éprouvons maintenant à cette écoute plus fine, et moins déstabilisée quà la première écoute-découverte, du CD Deutsche Grammophon 486 6820 « Seong-Jin Cho – Ravel – the Piano Concertos« ,

    merveilleusement adéquat, en fait, à la personnalité contenue mais formidablement expressive de Maurice Ravel, à à ses deux sublimes Concertos pour piano :

    …

    avec un dialogue intelligentissime entre le pianiste si délicat et discret, de tempérament retenu, qu’est le jeune Seong-Jin Cho, et l’orchestre d’une incroyable finesse mais aussi éclat _ américain _ du Boston Symphony Orchestra, et ses solistes parfaits, sous la direction pointue et justissime d’Andris Nelsons _ admirez ici cette vidéo du Concerto en sol (d’une durée de 23′ 57), au Symphony Hall de Boston, le 8 janvier 2024…

    …

    …

    Et cette fois encore, je ne suis pas loin de partager presque toutes les affirmations du commentaire qu’en a donné avant-hier 25 février Jean-Charles Hoffelé en son bel article de son site Dicophilia intitulé « Les deux côtés du miroir » :

     

    …

    …

    LES DEUX CÔTÉS DU MIROIR

    …

    …

    Tellement jazzy _ oui, magifiquement ! _ les Bostoniens, bois et cuivres façon Gershwin _ absolument !!! _, pourtant sans exotisme _ c’est juste : comme si cela correspondait idéalement au génie le plus idiosyncrasique (basque ?) de Maurice Ravel. Dans la capitale du Massachusetts _ Boston, donc _, on jouait français _ à la Monteux, et à la Koussevitsky ; sans compter de nombreux solistes de l’orchestre… _depuis quelques lustres, cela s’entend encore ; pour Seong-Jin Cho, que je sais réservé _ oui ; cf mon article en date du 5 février dernier « Du pays du matin calme aux rives de la Seine (ainsi qu’à Berlin), l’apollinien piano seul de Ravel, presque placide, de Seong-Jin Cho : une grâce musicale et artistique à partager, pour mieux vivre…« … _, c’est une licence supplémentaire à se déboutonner : cet arc-en-ciel si voluptueusement déployé _ absolument ! et avec quelle prise de son ici ! _ par Andris Nelsons, que j’avais tort de craindre peu accordé à l’univers Ravel _ en effet : leur rencontre est prodigieuse ! Quel somptueux éclat ! _, lui inspire une liberté volubile _ et découvreuse d’apects jusque là peu révélés par la plupart des interprètes précédents… _ et des attaques de fauve _ oui, mais en une fulgurance dépourvue du moindre bruit parasite : c’est magnifique… Son piano déborde d’irisations _ oui _, le rêve central de l’Allegramente en est saturé, merveille qui rappelle Martha Argerich dont les abandons millimétrés vont certainement plus loin, mais enfin…

    …

    …

    Adagio assai très singulier _ oui ! _, parlé _ oui… _, on aimera ou pas _ personnellement j’adore ! _, puis un Presto où sur le piano qui file les souffleurs de Boston persifflent comme les chats du jardin de L’Enfant et les sortilèges, c’est assez irrésistible _ mais oui !, l’effarement déconcerté de la première découverte, une fois dépassé… _, et sauve des lectures « en casquette » : ce moto perpetuo devient vertigineux _ oui, oui _, fausse toccata, fausse course à l’abîme qui semble en un éclair donner la main à son frère sombre, écrit en regard, on l’oublie trop.

    …

    …

    Dans le songe amer des Bostoniens (ce contre-basson !) _ oui, oui ! _, Seong-Jin Cho sera passé de l’autre côté du miroir, Concerto pour la main gauche tragique _ d’après la guerre ; cf mon article du 4 juillet 2008 à propos du saisissant admirable CD Alpha 125  des trois Quatuors de Lucien Durosoir par le Quatuor Diotima : « Musique d’après la guerre« … _ : il en assemble les épisodes épars dans une grande ligne si noire dont même les cadences, admirablement composées, n’auront pas une étoile.

    …

    …

    L’éclatant divertissement central où se télescopent des marches d’apocalypse et des souvenirs de l’univers d’avant (Laideronnette et Boléro y compris), gagnés par une suractivité inquiète, retrouveront quelques accents de jazz, seul rappel du solaire Concerto en sol majeur, ailleurs régnera la nuit méphitique où Scarbo rode encore. Prise de son superlative _ oui : et c’est un facteur très important aussi, ici.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Maurice Ravel
    (1875-1937)

    …
    Concerto pour piano et orchestre
    en sol majeur,
    M. 83

    Concerto pour piano main gauche et orchestre en
    ré majeur, M. 82

    …

    Seong-Jin Cho, piano
    Boston Symphony Orchestra
    Andris Nelsons, direction

    …

    Un album du label Deutsche Grammophon 4866820
    …

    ..

    Photo à la une : le pianiste Seong-Jin Cho –
    Photo : © Christoph Köstlin/Deutsche Grammophon

    …

    …

    Décidément, un très grand pianiste et musicien, Seong-Jin Cho, est là, et bien là, présent, en ce nouveau magnifique CD Ravel sien, avec sa personnalité bien affirmée, et surtout idéalement idoine au génie idiosyncrasique de compositeur ainsi que de l’homme, en sa vie : Maurice Ravel…

    …

    …

    Un très grand disque pour ces deux immenses et singuliers chefs d’œuvre de Maurice Ravel…

    …

    …

    Ce jeudi 27 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un commode petit récapitulatif de mes essais bien poussifs de présentation de moi même, Francis Lippa et Titus Curiosus, pour un difficile essai de rédaction d’un improbable CV, de la part d’un hétéro-centré, tourné vers le dehors, et que hérisse, dans les œuvres d’art qui le passionnent, le moindre narcissisme auto-complaisant…

    Voici un commode, et sans prétention aucune, petit récapitulatif de mes essais plutôt poussifs de présentation de moi-même, Francis Lippa et Titus Curiosus, pour un difficile à accoucher essai de rédaction de CV d’un hétérocentré, tourné vers le dehors, et que hérisse, dans les œuvres d’art qui le passionnent, le moindre narcissisme auto-centré et auto-complaisant – en musique comme ailleurs…

    …

    …

    Soient les 7 articles suivants de mon blog « En cherchant bien« , rédigés entre le 20 janvier et le 24 février derniers.

    …

    …

    Pour commencer, voici les trois premières approches – je déteste me mettre en avant : je crains bien trop la méchanceté et les coups ! – de CV suivantes :

    …

    _ 20 janvier 2025 : « Pour une esquisse de sorte de CV de mon parcours de chercheur-déchiffreur-défricheur-découvreur passionné d’approches et apports divers, variés et multiples de la culture et des arts, et du philosopher vraiment…« 

    …

    _ 26 janvier 2025 : « Pour compléter, au chapitre crucial de l’Histoire, ma première esquisse de CV…« 

    …

    _ 27 janvier 2025 : « Nouveaux compléments à la rédaction de mon CV de philosophe rechercheur en divers azimuts : histoire de la musique et histoire de la photographie, aussi : un troisième volet…« 

    …

    …

    Ensuite,

    cet article-ci – qui est le plus important, détaillé et précis, ici – qui offre un catalogue presque exhaustif de mes diverses très variées, diversifiées – « Diversité est ma devise« , s’enchantait le bon La Fontaine, en son conte « Pasté d’anguilles« … ; sur mon amour pour La Fontaine, cf mon article en date du 3 juillet 2020 : « De Philis à Psyché, ou la découverte, 24 ans plus tard, d’une licence poétique dans le CD (de 1996) « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine », dans l’Air de cour « Tout l’univers obéit à l’amour » de Michel Lambert et Jean de La Fontaine, de 1659« … ; mais j’apprécie aussi beaucoup la « variété » chère au cher, lui aussi, Paul Valéry ; cf mon article en date du 26 août 2010 : « Vie de Paul Valéry : Idéal d’Art et économie du quotidien _ un exemple« … – productions et performances de chercheur-découvreur, et accoucheur passionné de quelques sentiers de création, en la collection – elle m’est très précieuse ! J’y tiens beaucoup ! – enregistrée par podcasts et vidéos de mes entretiens – sur le vif ! – avec de merveilleux auteurs dont je cherche à explorer – socratiquement, en quelque sorte : Socrate est un autre de mes modèles proprement philosophiques, avec mon cher Montaigne… – les démarches souterraines créatives d’imageance… :

    …

    _ 29 janvier 2025 : « Ce qu’offre la caverne d’Ali-Baba de Francis Lippa, dont le « Sésame, ouvre-toi ! » est un simple clic à l’endroit idoine, sur son Blog « En cherchant bien », ou ses Entretiens disponibles sur le site de la librairie Mollat, à Bordeaux…« 

    …

    …

    Puis, ces 3 articles-ci, en forme d’appendices à ces efforts miens de CV :

    …

    _ 8 février 2025 : « Pour un presque panorama autobiographique (bien sûr provisoire !) d’un discret et modeste, en même temps qu’exigeant en ses goûts très ouverts, à presque mi-parcours de vie, à 77 ans, du gourmand curieux (Titus Curiosus) optimiste de la vie que je suis…« 

    …

    _ 22 février 2025 : « A propos de la capacité du blog « En cherchant bien » d’aider si peu que ce soit – et à quelles conditions – à un certain accès aux mondes singuliers et porteurs de formidable joie des œuvres d’art les plus authentiques : un échange de courriels avec Eric Rouyer, le maître du magnifique label discographique Le Palais des Dégustateurs…« 

    …

    _ 24 février 2025 : « A propos des conditions assez exigeantes de lecture de ce blog-ci « En cherchant bien » : un petit appendice d’un jeu quasi vital…« 

    …

    …

    Voilà :

    c’est la passion désintéressée de la recherche de ce qui vaut vraiment en matière d’œuvres, qui m’anime, depuis quasiment toujours :

    depuis mes conversations (de géographie et d’histoire) de petit garçon (je suis né à Libourne le 12 décembre 1947) avec mon cher grand-père Paul Bioy (Oloron – Sainte-Marie, 25 avril 1878 – Bordeaux, 6 décembre 1954), la personne absolument généreuse et serviable que j’ai tout de suite adorée, qui m’a appris à lire et compter, et avec qui je me promenais, jusquà mes 7 ans, à Bordeaux ou à Castillon-la-Bataille, et que je vénère : il m’est, pour la vie, mon modèle d’humanité accomplie…

    …

    …

    Une dernière remarque – qui est aussi un magnifique compliment, totalement inattendu de ma part, forcément ! – à propos de mon style d’écriture  en un courriel de l’ami Yves Michaud, en date du 11 novembre 2011, et en réponse à mon affirmation : « Je pense être un deleuzien… » :

    …

    « Vous êtes ramifié et rhizomatique, comme lui – Gilles Deleuze – , mais il avait un défaut que vous n’avez pas – wow ! Yves Michaud estime donc que je pense juste !.. – : il pensait faux, radicalement faux, toujours à côté de la réalité – re-wow !!! Méritè-je vraiment un tel superbe compliment (de justesse réaliste de mes appréciations) ?

    En plus, il faisait de toute philosophie un système – ce que sont que les philosophies ratées. Un penseur pense dans l’actuel – oui, oui ! et l’actuel peut aussi parfois s’avérer être un peu singulier… – , et donc il ne peut jamais être systématique. Au mieux, il est cohérent « …

    …

    Et en effet ce sont des réalités éminemment singulières – mais pas toutes celles-ci, bien sûr ! et même très loin de là… – qui suscitent d’abord ma curiosité, et ensuite, à l’expérience un peu poussée, mon admiration, du moins quand il s’avère que – et c’est là une condition sine qua non et absolument rédhibitoire pour mon goût – cette singularité particulière-là s’accomplit dans l’éclat pur de la justesse et de la beauté – les deux étroitement liées nécessairement pour mon approche poiétique et poétique, décidée, élue (et je suis assez exigeant en mes goûts et passions !), du réel – ; je n’aime pas, et encore moins cultive, la rareté pour la rareté – bien trop comparatives et calculées dans de tels cas pour moi ; je n’ai pas de temps à perdre à ces comparaisons sociologiques et quantitatives-là : le temps de la vie n’est pas extensible à l’infini, et le présent, donc, constamment urge pour moi en ma vie, et comme en toute vie, par essence mortelle !.. Ce présent qui passe, et qu’il faut tâcher de ralentir en notre prise, comme l’enseigne si magnifiquement Montaigne en son ultime sublime essai, « De l’expérience«  (Livre III, chapitre 13) : « J’ai un dictionnaire tout à part moi : je passe le temps, quand il est mauvais et incommode ; quand il est bon, je ne le veux pas passer, je le retâte, je m’y tiens. Il faut courir le mauvais et se rasseoir au bon. Cette phrase ordinaire de passe-temps et de passer le temps représente l’usage de ces prudentes gens, qui ne pensent point avoir meilleur compte de leur vie – voilà ! – que de la couler et échapper, de la passer, gauchir, et, autant qu’il est en eux, ignorer et fuir, comme chose de qualité ennuyeuse et dédaignable. Mais je la connais autre, et la trouve, et prisable, et commode, voire en son dernier decours, où je la tiens ; et nous l’a nature mise en mains, garnie de telles circonstances, et si favorables, que nous n’avons à nous plaindre qu’à nous si elle nous presse et si elle nous échappe inutilement » : c’est donc à nous-même que revient la tâche d’apprendre à faire de notre vie, et de son présent, le meilleur usage possible !.. Et je suis en effet aussi un homme pressé et désireux d’alentir son présent d’expérience, pour en effet mieux le savourer, du moins quand il est bon ; et donc ma ténacité peut s’avérer, à l’occasion, éminemment patiente et sage, tout en demeurant et vaillante et obstinée… ; et  j’ai fait aussi ma devise de ce constat de départ à prendre instamment en compte des deux merveilleux vers d’Andrew Marvell en son sublime « To his coy mistress » :

    « But at my back I always hear
    Time’s wingèd chariot hurrying near« … – ;

    c’est donc un tout simple fait – « a matter of fact« , dirait le très lucide David Hume – qu’il se trouve que par simple contingence statistique, la justesse et la beauté des jugements et des réalisations et œuvres, se rencontrent beaucoup moins hélas, en nos vies dans le monde tel qu’il est et devient, que leurs contraires : la fausseté et la laideur, qui encombrent – de plus en plus, bien triste et vénéneux appât du gain et du pouvoir aidant, telles des métastases proliférant, sans contrepoison ni vaccin suffisant pour les contrer-contrarier : « Ô saisons, ô châteaux ! Quelle âme est sans défaut ?« … – le monde…

    D’où cette consécutive moindre advenance, forcément, de l’admiration justifiée de mes enthousiasmes personnels, que j’aime, enflammé de feu que je suis alors – et incurable optimiste ! – , en plus de les cultiver, essayer, aussi, dans la foulée, même si c’est peut-être maladroitement, de donner à partager en ma parole et en mon écriture vives – j’ai aussi enseigné à philosopher, 42 années durant, à mes élèves, au lycée : passionnément ! – ,

    puisque tel est là mon tout petit et très humble pouvoir, et ma passion désintéressée, d’actif, tant que j’aurais du souffle de vie pour les porter, toujours un petit pas plus loin – still one step further…

    …

    …

    Ce mercredi 26 février 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa