Auteur/autrice : francislippa

  • Apprécier le DVD du « Platée » de Jean-Philippe Rameau par Marc Minkovski et dans la mise en scène de Laurent Pelly dans la distribution superbement renouvelée de 2022…

    « Platée » est un chef d’œuvre tout à fait singulier _ comique ! _ dans l’œuvre de Jean-Philippe Rameau.

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    J’avais assisté au Grand-Théâtre de Bordeaux à un déjà désopilant et très réussi « Platée«  sous la direction de Marc Minkovski ;

    et, de plus, je porte l’œuvre entier de Rameau au pinacle…

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    Cette fois,

    c’est le très laudatif article « Une nouvelle distribution vocale pour une irrésistible Platée de Rameau au Palais Garnier » de Jean Lacroix dans le magazine Crescendo d’avant-hier 21 mars,

    qui m’a fait me procurer cet extrêmement réjouissant, et à tous égards, DVD Bel Air classiques BAC 224, qui vient de paraître :

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    pour mon entière satisfaction !..

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    Une nouvelle distribution vocale pour une irrésistible Platée de Rameau au Palais Garnier

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    LE 21 MARS 2024 par Jean Lacroix
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    Jean-Philippe Rameau (1683-1764) : Platée, comédie lyrique (ballet bouffon) en un prologue et trois actes.

    Lawrence Brownlee (Platée), Mathias Vidal (Thespis), Julie Fuchs (Thalie, La Folie), Jean Teitgen (Jupiter), Reinoud Van Mechelen (Mercure), Marc Mauillon (Momus), Nahuel Di Pierro (Un Satyre, Cithéron), Tamara Bounazou (L’Amour, Clarine), Adriana Bignani Lesca (Junon) ; Chœurs de l’Opéra national de Paris ; Les Musiciens du Louvre, direction Marc Minkowski.

    2022.

    Notice et synopsis en français et en anglais. Sous-titres en français, en anglais, en allemand et en espagnol.

    153’ 00’’.

    Un DVD BelAir BAC224. Aussi disponible en Blu Ray.

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    Voici un spectacle jubilatoire _ parfaitement ! _ qui méritait hautement d’être proposé sur un support visuel, même si une version de la mise en scène de Laurent Pelly à l’Opéra Garnier en 2002 (trois ans après la création qui avait fait date dans le lieu), déjà dirigée par Marc Minkowski, était disponible chez Arthaus. Il y a une vingtaine d’années, la distribution vocale, qui était de qualité, réunissait notamment Paul Agnew dans le rôle-titre, Mireille Delunsch, Vincent Le Texier et Laurent Naouri. Mais la reprise, filmée en juin 2022, la surpasse par son plateau vocal éblouissant _ en effet _ et par la direction des plus rodées de Minkowski, qui avait gravé sur disque, dès 1988, cette comédie lyrique pour Erato _ et je possède cet album CD.

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    C’est le 31 mars 1745, à l’occasion du mariage _ la circonstance justifiant le choix du thème de cette comédie lyrique _ du fils de Louis XV, le dauphin Louis Ferdinand, avec l’infante espagnole Marie-Thérèse (qui décèdera dès l’année suivante, à peine âgée de vingt ans, après avoir enfanté), que la création de Platée a lieu au Grand Manège du Château de Versailles. Au cours de ces festivités, Louis XV va prendre pour maîtresse la future Madame de Pompadour. Mais ceci est une autre histoire. Le très amusant livret est signé par Adrien-Joseph Le Valois d’Orville (1715-1780), d’après un ouvrage du poète, dramaturge et peintre Jacques Autreau (1657-1745), auquel Rameau avait racheté les droits. L’œuvre ne connaîtra que cette seule séance, avant d’être reprise quatre ans plus tard au Théâtre du Palais-Royal pour quelques représentations ; elle sera jouée pour la dernière fois en 1759 avec un succès que l’on qualifiera de moyen. Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que Platée connaisse un regain d’intérêt, d’abord en Allemagne, avant son inscription au Festival d’Aix-en-Provence en 1956, sous la direction de Hans Rosbaud. La vraie reconnaissance ne remonte donc qu’à moins de quarante ans, avec l’enregistrement de Minkowski en fin de décennie 1980 _ oui. Le chef s’en est fait depuis une véritable et incontestable spécialité _ oui.

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    La nymphe batracienne Platée est aussi laide que bête, mais aussi crédule et quelque peu nymphomane. Sur le conseil du satyre Cithéron, Jupiter va s’en servir pour attiser la colère de Junon, jalouse jusqu’à l’excès, à laquelle il veut donner une leçon. Après des péripéties burlesques, un faux mariage entre Platée et Jupiter est mis en scène. Junon l’interrompt avec violence, avant de se rendre compte de l’identité grotesque de l’épouse potentielle et d’éclater de rire, alors que, humiliée et raillée de tous, Platée rejoint son marécage. Sur cette trame des plus réjouissantes, qui n’est pas exempte d’un côté cruel et émouvant, car on se prend parfois à plaindre la nymphe manipulée, Laurent Pelly a bâti une mise en scène d’une vitalité et d’un dynamisme absolus _ voilà ! _, malgré la curieuse idée, au prologue et à l’Acte I, de reconstituer, pour le décor, un grand amphithéâtre avec gradins qui ne caresse pas l’œil. Ce décor va se démembrer et se morceler pour les deux derniers actes, laissant ainsi un vaste espace disponible, où les danses et les voix vont se mouvoir de façon moins étriquée que dans la première configuration. Le fond du décor est assez sombre, mais on a vite compris qu’il est en relation avec l’endroit peu reluisant et peu attrayant _ la mare _ d’où vient la « digne » représentante de l’univers batracien.

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    Le spectateur est gâté sur le plan vocal : il a droit à un plateau éblouissant _ oui _, auquel s’ajoute une direction d’acteurs parfaite _ tout à fait. Le ténor américain Lawrence Bronwlee (°1972), réputé dans le domaine du bel canto, endosse le rôle de la vaniteuse Platée avec une aisance confondante _ c’est très juste. On aurait pu craindre que la langue française, où l’importance des mots est primordiale, ne lui pose quelques problèmes. C’est tout à fait le contraire : la diction est claire, la prononciation impeccable, la prosodie respectée _ oui, oui, oui. Les évocations batraciennes avec émission de « oi » ne seront pas _ bien sûr ! _ oubliées pour autant. Une énorme réussite _ voilà ! _, augmentée par une capacité comique qu’une sorte de robe aux couleurs délavées que personne ne voudrait porter, vient accentuer. Dans l’impeccable distribution multiple, on découvre le Jupiter de circonstance de Jean Teitgen, le vaillant Thespis de Mathias Vidal (qui a endossé le rôle de Platée à Zurich en décembre dernier, sous la direction d’Emmanuelle Haïm), le Cithéron malicieux de Nahuel Di Pierro, originaire de Buenos Aires _ et quel français il a ! _, le Momus railleur de Marc Mauillon, le Mercure au timbre solaire de Reinoud Van Mechelen, la Junon en furie, puis en joie, d’Adriana Bignani Lesca, originaire du Gabon, et l’Amour délicat de Tamara Bounazou. On baigne dans le bonheur vocal à chaque intervention.

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    Il y a aussi la prestation virtuose, avec vocalises subtilement aériennes, de Julie Fuchs _ oui _ dans le personnage allégorique de La Folie (Scène 5 de l’Acte II). SI le choix des costumes, signés Laurent Pelly, est globalement inscrit dans la modernité, en dehors de Platée, fagotée, Julie Fuchs, familière du rôle depuis 2015, est revêtue d’une robe longue extravagante, qui symbolise les pages d’une partition, dont elle va par moments détacher et jeter l’un ou l’autre morceau. Cette robe est une trouvaille esthétique de premier ordre. La cantatrice, au cours de sa prestation, interfère de façon primesautière avec le chef d’orchestre et les musiciens, qui jouent le jeu. On savoure ce moment avec délices. Mais ce n’est pas tout : un personnage revêtu en grenouille adulte va venir s’immiscer dans la suite de l’action. Après avoir interpellé Minkowski, du haut d’une loge, la créature vient titiller les instrumentistes, faire la nique à un public ravi et se mêler aux péripéties qui vont s’enchaîner. L’imagination est au pouvoir, et cet élan participatif, aussi bien de Julie Fuchs que de la grenouille, apporte un surplus de complicité pour le déroulement d’une action qui porte bien son nom de bouffonnerie _ certes. On est gâté aussi _ mais oui ! _ par la qualité _ superbe ! _ des multiples séquences de danse, enlevées et jouissives _ voilà _, par un orchestre millimétré, conduit de main de maître et par le geste de Minkowski, qui s’est vraiment approprié _ parfaitement ! _ l’œuvre jubilatoire de Rameau.

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    Il y a dans ce spectacle une évidence _ oui _ scénique, dramatique, vocale et chorégraphique que le public, conquis, accueille avec des manifestations de joie intense. Nous nous joignons à eux pour applaudir vivement _ oui ! _ ce spectacle bien filmé, qui fait désormais figure de référence dans la vidéographie de Platée.

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    Note globale : 10

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    Jean Lacroix

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    Un délectable régal : jubilatoire !!!

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    Ce samedi 23 mars 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Un très intéressant double album « Nadia Boulanger – Gabriel Fauré – Reynaldo Hahn » par le pianiste William Youn et le Rundfunk-SinfonieOrchester Berlin sous la direction de Valentin Uryupin, avec deux oeuvres importantes pour piano et orchestre jusqu’ici très peu enregistrées…

    C’est un très intéressant double album « Nadia Boulanger – Gabriel Fauré – Reynaldo Hahn » par le pianiste William Youn et le Rundfunk-SinfonieOrchester Berlin sous la direction de Valentin Uryupin, avec surtout deux œuvres importantes pour piano et orchestre, de Nadia Boulanger, en 1912, et Reynaldo Hahn, en 1931, jusqu’ici très peu enregistrées,

    que vient nous offrir le label Sony-Classics, avec ce double CD 196588663302…

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    Écoutez ici les podcasts du Concerto pour piano et orchestre en mi majeur de Reynaldo Hahn (en 1930) :

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    I Improvisation – Modéré, très librement – Andantino – Très animé (d’une durée de 11′ 44) ;

    II Danse – Vif (3′) ;

    et III Rêverie, Toccata et Finale – Lent – Gai, fortement rythmé (14′ 12).

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    Et le podcast de la Fantaisie variée pour piano et orchestre de Nadia Boulanger (en 1912) :

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    Fantaisie (21′ 20)

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    Un très précieux apport à la discographie de Reynaldo Hahn et Nadia Boulanger…

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    Ce vendredi 22 mars 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le formidable CD « Louis Beydts – Mélodies & Songs » de Cyrille Dubois et Tristan Raës : la découverte d’un compositeur (1895 – 1953) inconnu de nous jusqu’ici, bien que bordelais, la confirmation superbement réjouissante du merveilleux talent du ténor Cyrille Dubois (et de son pianiste-complice Tristan Raës) ; et un très précieux coup de projecteur sur le poète magnifique et très singulier qu’a été Paul-Jean Toulet (1867 – 1920)…

    Oui,

    c’est bien un formidable CD que ce « Louis Beydts – Mélodies & Songs« , le CD Aparté AP 345, de Cyrille Dubois et Tristan Raës qui nous fait gré à la fois

    de la découverte d’un compositeur (notre compatriote bordelais Louis Beydts : Bordeaux, 29 juin 1895 – Caudéran, 15 août 1953), complètement inconnu de nous jusqu’ici ;

    de la confirmation, une nouvelle fois, de l’exceptionnel talent du ténor Cyrille Dubois (et de son idéal complice pianiste Tristan Raës) ;

    ainsi que d’un très précieux coup de projecteur, fort bienvenu, surtout sur le poète magnifique et très singulier qu’a été Paul-Jean Toulet (Pau, 5 juin 1867 – Guéthary, 6 septembre 1920), dont les parfaites sensualissimes  « Contrerimes » _ publiées post-portem en 1921 _ ont permis le cycle encore plus sensuel de 8 mélodies de Louis Beydts « D’Ombre et de soleil » (de 1946), le sublime sommet de la révélation éblouie que constitue ce CD de si belles mélodies françaises…

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    En effet,

    c’est tout particulièrement ce recueil de mélodies sensualissimes que Louis Beydts, en 1946, et sous le titre de « D’Ombre et de soleil« , a choisi de consacrer à un choix de 8 « Contrerimes » de Paul-Jean Toulet qui, à mon goût, vient toucher au sublime,

    tant l’art du compositeur sait si bien servir, par sa musique subtile et merveilleusement juste, le sublime, déjà, de l’art si singulier et merveilleusement touchant, en ses « Contrerimes« , du poète Paul-Jean Toulet _ ce qui m’a ainsi amené à me procurer illico presto le recueil « Paul-Jean Toulet – Œuvres complètes » réunies par les soins de Bernard Delvaille, en 1986, dans la très commode collection Bouquins des Éditions Robert-Laffont…

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    Et, en cliquant sur les titres de chacun des poèmes de Paul-Jean Toulet, ravissez-vous à chacun des podcasts de ces merveilleuses 8 mélodies du recueil « D’Ombre et de soleil » de Louis Beydts, en lisant aussi les 8 poèmes de Paul-Jean Toulet, d’une sensualité folle, déjà, qu’a choisis de mettre en encore plus sensuelle musique, en son recueil, ce très étonnant compositeur qu’est Louis Beydts :

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    _ « Dans la saison qu’Adonis fut blessé…« , Chansons I d, 

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    « Dans la saison qu’Adonis fut blessé,

    Mon cœur aussi de l’atteinte soudaine

              D’un regard lancé.

     

    Hors de l’abîme où le temps nous entraîne,

    T’évoquerai-je, ô belle, en vain – ô vaines

              Ombres, souvenirs.

     

    Ah ! dans mes bras qui pleurais demi-nue,

    Certes serais encore, à revenir,

              La bienvenue. »

     

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    _ « Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver…« , Contrerimes II,

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    « Toi qu’empourprait l’âtre d’hiver

              Comme une rouge nue,

    Où déjà te dessinait nue

              L’arôme de ta chair ;

     

    Ni vous, dont l’image ancienne

              Captive encore mon cœur,

    Ile voilée, ombres en fleurs,

              Nuit océanienne ;

     

    Non plus ton parfum, violier,

              Sous la main qui t’arrose,

    Ne valent la brûlante rose

              Que midi fait plier.« 

     

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    _ « Dormez, ami… », Contrerimes LXVIII,

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    « Dormez, ami ; demain votre âme

              Prendra son vol plus haut.

    Dormez, mais comme le gerfaut

              Ou la couverte flamme.

     

    Tandis que dans le couchant roux

              Passent les éphémères,

    Dormez sous les feuilles amères,

              Ma jeunesse avec vous.« 

     

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    _ « Douce plage où naquit mon âme… », Contrerimes XLVI,

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    « Douce plage où naquit mon âme ;

              Et toi, savane en fleurs,

    Que l’océan trempe de pleurs

              Et le soleil de flammes ;

     

    Douce aus ramiers, douce aux amants,

              Toi de qui la ramure

    Nous charmait d’ombre et de murmure

              Et de roucoulements ;

     

    Où j’écoute frémir encore

              Un aveu tendre et fier –

    Tandis qu’au loin riait la mer

              Sous le corail sonore. « 

     

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    _ « L’hiver bat la vitre et le toit… », Contrerimes XII,

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    « L’hiver bat la vitre et le toit.

              Il fait bon dans la chambre

    À part cette sale odeur d’ambre

              Et de plaisir. Mais toi,

     

    Les roses naissent sur ta face

              Quand tu ris près du feu.

    Ce soir, tu me diras adieu,

              Ombre, que l’ombre efface.« 

     

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    _ « Iris, à son brillant mouchoir… », Contrerimes III,

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    « Iris, à son brillant mouchoir, 

              De sept feux illumine

    La molle averse qui chemine,

              Harmonieuse à choir.

     

    Ah! sur les roses de l’été,

              Sois la mouvante robe,

    Molle averse, qui me dérobe

              Leur aride beauté.

     

    Et vous, dont le rire joyeux

              M’a caché tant d’alarmes,

    Puissé-je voir enfin des larmes

              Monter jusqu’à vos yeux.« 

     

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    _ « Le temps irrévocable a fui… » Chansons II,

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    « Le temps irrévocable a fui. L’heure s’achève.

    Mais toi, quand tu reviens et traverses mon rêve,

    Tes bras sont plus frais que le jour qui se lève,

              Tes yeux plus clairs.

     

    À travers le passé ma mémoire t’embrasse.

    Te voici. Tu descends en courant la terrasse

    Odorante, et tes faibles pas s’embarrassent

              Parmi les fleurs.

     

    Par un après-midi de l’automne, au mirage

    De ce tremble inconstant que varient les nuages,

    Ah ! verrai-je encore se farder ton visage

              D’ombre et de soleil ?« 

     

    …
    _ « Puisque tes jours ne t’ont  laissé… », Dixains XII,

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    « Puisque tes jours ne t’ont laissé

    Qu’un peu de cendre dans la bouche,

    Avant qu’on ne tende la couche

    Où ton cœur dorme, enfin glacé,

    Retourne, comme au temps passé,

    Cueillir, près de la dune instable,

    Le lys qu’y courbe un souffle amer.

    – Et grave ces mots sur le sable :

    Le rêve de l’homme est semblable

    Aux illusions de la mer.« 

     

    …

    …

    Et tâchez d’écouter au plus vite

    l’intégralité de ce que Louis Beydts, en ses subtilissimes mélodies, réussit à obtenir des poèmes (de Paul Fort, Robert Honnert, Henri de Régnier, Guillaume Apollinaire et Henry Bataille, aussi) qu’il met en musique, tels que nous les offre ici aussi subtilement Cyrille Dubois et Tristan Raës en ce si beau CD…

    …

    …

    Et il me faut aussitôt signaler au passage ici la très grande qualité du livret de ce CD Aparté AP 345, avec tout spécialement, aux pages 21 à 24, un très éclairant « Louis Beydts mélodiste » sous la plume de la musicologue Justine Harrison, citant, par exemple, à la page 24, ces très justes mots du crtique musical Paul Landormy pour caractériser l’idiosyncrasie de l’art de Louis Beydts :

    la musique de Beydts « est une musique de gourmet. Vous y admirez des courbes mélodiques remarquables par leur naturel et leur grâce, une harmonie extrêmement coulante et des modulation d’un imprévu _ après celui, si merveilleux et surprenant, mais si juste, extraordinaire art de l’imprévu, déjà, des « Contrerimes » de Paul-Jean Toulet : « Les contrerimes sont construites autour d’un quatrain à rimes embrassées, alternant octo- et hexasyllabes (8+ 6 +8 + 6), les vers courts rimant avec les vers longs« , précise en son article Justine Harrison, page 21… _ qui enchante, marque d’une sensibilité des plus affirmées. Et c’est un plaisir de choix que nous offre toujours cet exquis compositeur« .
    …;

    …

    Bien sûr,

    nous connaissons et apprécions à un très haut degré l’art superbe de la prononciation, au service des plus fines inflexions du texte, de Cyrille Dubois, inflexions mêlées le plus finement aux subtiles inflexions tant mélodiques qu’harmoniques de la musique, idéalement serties par le piano idoine du toujours parfait Tristan Raës :

    pour un parfait service de l’art si délicat _ et sublime _ de la mélodie française tout spécialement…

    …

    …

    Lire aussi, à propos de ce rare CD, ces deux récents articles :

    …

    _ de Charles Sigel, sur le site de forumopera.com,

    « Louis Beydts, Mélodies, par Cyrille Dubois et Tristan Raës« , en date du 9 mars dernier ;

    …

    _ et de Nicolas Mesnier-Nature, sur le site de ResMusica,

    « Mélodies et chansons de Louis Beydts, magnifiées par Cyrille Dubois et Tristan Raës« , en date de ce jour même, 21 mars 2024…
    …

    …

    Et quant à l’art si remarquable du chant, et tout particulièrement dans la mélodie _ et même la mélodie française… _, du cher Cyrille Dubois,

    je renvoie ici à 8 de ses précédents CDs _ classés ici dans l’ordre chronologique de leur enregistrement _, ainsi qu’aux articles que je leur ai consacrés :

    …

    1°) le CD Aparté AP 224 « Lili & Nadia Boulanger – Mélodies« , enregistré à Venise les 8 et 9 mars 2018

    _ cf mes articles «  » et « « , en date des 26 février et 2 mars 2020 _ ;

    …

    2°) le CD Aparté AP 200 « Liszt – O lieb !« , enregistré à  Paris les 15, 17 et 18 octobre 2018

    _ cf mes articles « « , «  » et «  » en date des 5 novembre, 25 novembre et 17 décembre 2019 _  ;

    …

    3°) le triple CD  Aparté AP 284 « Fauré- Complete Songs« , enregistré à Paris du 1 au 3 juillet, les 10 et 17 août 2020 et du 14 au 17 juin 2021

    _ cf mes articles «  » et «  » en date des 3 juin et 6 août 2022 _ ;

    …

    4°) le CD NoMadMusic NMM 117 « Cyrille Dubois & Anne Le Bozec – Schubert Winterreise« , enregistré à La Grange de Mels au mois de janvier 2021 ;

    …

    5°) le CD Aparté AP 281 « Christophe Rousset – Cyrille Dubois – François Couperin – The Sphere of intimacy« , enregistré à Paris les 16 et 17 avril 2021

    _ cf mes articles «  » et «  » en date des 14 janvier et 25 avril 2023 _ ;

    …

    6°) le CD Alpha 924 « So romantique !« , enregistré à Lille au mois de juillet 2021

    _ cf mes articles «  » et « «  en date des 19 mars et 17 mai 2023  _ ;

    …

    7°) le CD Aparté AP 319 « Jouissons de nos beaux airs !« , enregistré à Pécs, en Hongrie, du 15 au 17 novembre 2021

    _ cf mes articles « « , « « , «  » et «  » en date des 20, 22 et 25 septembre et 7 octobre 2023 _ ;

    …

    et 8°) le triple CD Harmonia Mundi HMM 902356.358 « Les Heures claires – The Complete Songs – Nadia & Lili Boulanger« , enregistré à Boulogne-Billancourt en février et juin 2022

    _ cf mon article «  » en date du 14 mars 2023 _,

    …

    8 très remarquables réalisations discographiques, donc, auxquels ce stupéfiant CD « Louis Beydts – Melodies & Songs » vient ajouter un merveilleux complément de service, et à ce degré de si haute qualité, de, tout particulièrement _ à coté, je veux dire, des CDs que Cyrille Dubois a consacrés aussi aux Lieder de Schubert et de Liszt, ainsi que des CDs d’Airs d’opéras, eux, bien sûr, avec orchestre… _, la mélodie française avec piano… 

    …

    …

    Bref,

    une très marquante découverte, à ces divers et riches égards, que ce singulier et si idéalement réussi CD « Louis Beydts – Melodies & Songs » de Cyrille Dubois et Tristan Raës, pour le label Aparté…

    …

    …

    Mais de l’art si fin de Louis Beydts,

    écoutez d’abord et surtout les 8 merveilleuses mélodies du recueil « D’Ombre et de soleil » (en 1946), sur les décidément génialissimes « Contrerimes » de Paul-Jean Toulet, parues posthumes en 2021.

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    C’est le sommet sensualissime de ce sublimissible CD qui vient de paraître pour Aparté.

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    Ce jeudi 21 mars 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un Compositeur à découvrir : Giuseppe-Antonio Brescianello (Bologne, ca. 1690 – Stuttgart, 1758), avec un remarquable CD de ses « Parthias et Sinphonias » sur colascione, par Davide Rebuffa…

    La curiosité qui m’a fait retenir le nom du compositeur Brescianello, remonte au moment où, travaillant sur le catalogue de la bibliothèque musicale des ducs d’Aigillon, conservée à Agen, réalisé par l’archiviste Georges Tholin, j’ai rencontré le nom de Beresciollo, ou Brescianello _ cf le bref récit que j’en fait en mon article «  » en date du 26 septembre 2021 ;

    cf aussi ceci à propos du compositeur Maxim Berezovsky (Hlukhiv, ca. 1745 – Saint-Petersbourg, 24 mars 1777), présent en Italie en 1764 et de 1769 à 1773; et aussi un certain Bressonelli (1685 – 1755) ; l’affaire n’est pas très claire… _,

    qu’allait vite compléter le nouveau catalogue « scientifique » réalisé par Jean-Christophe Maillard en juin 1999…

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    La discographie de ce compositeur, Giuseppe-Antonio Brescianello (Bologne, ca. 1690 – Stuttgart, 4 octobre 1758), n’est pas très longue ;

    et les parutions dont j’ai, au fil des ans, eut l’occasion de prendre connaissance

    _ pour les « Concerti et Sinfonie » Op. 1 (de 1738), le double CD Dynamic CDS 291/1-2 du Banchetto musicale, enregistré à Pieve di Compito (Lucca), en juin 1998 et mai 1999 ; et le CD simple Harmonia Mundi HMC 905262 de La Cetra Barockorchester Basel, dirigé par David Plantier et Vaclav Luks, enregistré à Soleure en septembre 2002 ;

    et pour les « Parthias et Sinfonias per Gallichone » (ca. 1740), le CD simple Tactus TC 692701, enregistré à Rome en septembre 2001 par Giovanni Caruso, à la guitare ; puis le double CD Musique et Associés M&A JS214, enregistré à Paris en 2005 par Alain Prevost, à la guitare ;

    mais aussi pour l’opéra-pastorale « Tisbe«  (non donné en représentation du vivant de Brescianello pour des raisons de difficultés budgétaires à la cour du duché de Wrtemberg…), le double CD CPO 777 806-2, enregistré à Stuttgart en 2012 par Il Gusto Barocco sous la direction de Jörg Halubek (cf l’article laudatif de Jean-Charles Hoffelé « Un inédit baroque«  en date du 16 février 2015)… _,

    m’ont incité à me procurer ces réalisations, qui avaient, en général, assez peu attiré l’attention des critiques de disques…

    …

    …

    Or voici que paraît une magnifique interprétation, et cette fois-ci non pas sur guitare, mais bien sur « Gallichone« , par Davide Rebuffa,

    soit le CD Tactus TC 690203, enregistré à Vicence au mois d’octobre 2020.

    …

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    Je recommande donc vivement ce très beau CD d’une musique superbe, composée à Stuttgart, vers 1740, et donc contemporaine de Johann-Sebastian Bach ;

    et donnée ici sur l’instrument idoine : un merveilleux calichon de G. F. Wenger (Augsbourg, vers 1754)…

    …

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    Ce mercredi 20 mars 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa