Auteur/autrice : francislippa

  • Presque Ferrare, mais plutôt Rimini : lumineuse et colorée, en noir et blanc aussi, l’Adriatique de son enfance retrouvée du resplendissant « Biarritz Paradiso » de l’ami Claude Nori…

     

    Biarritz : c’est toujours l’été, même sous la pluie et jusque sous la neige, avec Claude Nori,
    en son lumineux « Biarritz Paradiso« , aux Éditions Contrejour ;
    et cet après-midi, à 14h 30, en vernissage à la galerie Arrêt sur l’image de la chère Nathalie Lamire-Fabre, Cours du Médoc à Bordeaux…

    Je viens de prendre le temps de bien regarder tranquillement, revenu chez moi, les lumineuses photos _ certaines en couleurs, beaucoup en noir et blanc ; et avec aussi quelques clins d’œil complices (et heureux !) à Jacques-Henri Lartigue (et sa Bibi) et au fidèle copain de si longtemps Bernard Plossu… _ de l’ami Claude Nori, en son album,

    et apprécier beaucoup le très beau texte inspiré d’Erwan Desplanques « Un paradis latin sur l’atlantique ».
    Et oui, Biarritz, c’est bien aussi la Rimini enfuie des films si touchants de Zurlini _ ou encore la Rimini épanouie et retrouvée de l’« Amarcord » d’enfance de Fellini _,
    sinon la Ferrare brumeuse des Este, un peu plus loin de la mer, elle, du chef d’œuvre « Al di là delle nuvole » de mon cher Antonioni le ferrarais…
    L’Adriatique, avec ses longues plages de sable avec parasols, est donc bien présente, elle aussi, dans le bel été, hiver neigeux compris, de l’ami Claude Nori, biarrot « pour y être heureux » _ et y nager, au Port-Vieux… _ depuis 1999, et pour toujours.
    Sauf, peut-être, qu’à Biarritz, la néoclassique, se déchaînent les rouleaux des vagues déferlantes de l’Océan Atlantique, et pas à Rimini, placide et nonchalante…
    …
    …
    Ce samedi 16 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Les « Madrigali per cantare sonare a uno, e doi, e tre Soprani fatte per la Musica del gia. Seg. Duca Alfonso d’Este » (1601) de Luzzasco Luzzaschi : deux interprétations discographiques à comparer, par La Venexiana en 2009, et par La Néréide, en 2022…

    Le balisage des musiques pour Ferrare qu’vec passion j’ai entrepris depuis le début de ce mois d’août 2023 _ avec, tout particulièrement, les transmissions musicales que je qualifierai de « ferraraises« ,

    auprès de la cour ultra-raffinée des Este, des ducs Alfonse I (Ferrare, 21 juillet 1476 – Ferrare, 31 octobre 1534), Hercule II (Ferrare, 4 avril 1502 – Ferrare, 3 octobre 1559) et Alphonse II (Ferrare, 22 novembre 1533 – Ferrare, 27 octobre 1597) ;  ainsi que des cardinaux Hippolyte I (Ferrare, 20 mars 1479 – Ferrare, 3 septembre 1520) et Hippolyte II (Ferrare, 25 août 1509 – Rome, 2 décembre 1572),

    entre Adriaen Willaert (Roselaere, ca. 1490 – Venise, 7 décembre 1562), Cipriano de Rore (Ronse-Renaix, ca. 1515 – Parme, septembre 1565), Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 10 septembre 1607) et Girolamo Frescobaldi (Ferrare, 13 septembre 1583 – Rome, 1er mars 1643)… _

    m’a conduit, via ce maillon majeur que constituent, pour l’histoire ultra-sensivle de la musique, la vie et l’œuvre du ferrarais Luzzasco Luzzaschi, au CD qui vient tout juste de paraître pour le label Ricercar _ RIC 455, enregistré à Centeilles au mois d’août 2009  _ « Luzzaschi – Il Concerto segreto » de l’Ensemble La Néréide _ avec les voix des 3 soprani Camille Allérat, Julie Roset et Ana Vieira Leite…  _,

    interprétant les « Madrigali per cantare sonare a uno, e doi, e tre Soprani fatte per la Musica del gia. Seg. Duca Alfonso d’Este » de Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, ca. 1545 – Ferrare, 16 septembre 1605).

    …

    …

    Que je n’ai inévitablement pas manqué de comparer tout de suite au lumineux CD « Luzzasco Luzzaschi – Concerto delle Dame » du label Glossa, enregistré par La Venexiana _ soit le CD n°6 du mirifique coffret de 12 CDs « L’Arte del Madrigale«  GCD 920930, un CD enregistré à Pinerolo au mois d’août 2009, avec la prestation somptueuse des 3 parfaites soprani que sont Roberta Mameli, Emanuela Galli et Francesca Cassinari _ interprétant les mêmes 12 Madrigaux.

    …

    …

     

    …

    …

    Ce vendredi 15 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos de Jean-François Marmontel poète, musicologue et librettiste…

    Ce jeudi après-midi du 14 septembre,

    j’ai un peu retrouvé Jean-François Marmontel (Bort-les-Orgues, 11 juillet 1723 – Abloville, 31 décembre 1799) _ je m’étais rendu à Bort-les-Orgues, sa cité natale, le lundi 7 avril 1997 : conseiller artistique de La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, j’avais alors rencontré Jacques Sirat, connaisseur et collectionneur de l’œuvre de Marmontel, afin d’envisager la possibilité d’un concert (ou d’un CD) d’œuvres de Jean-Philippe Rameau sur un livret de Jean-François Marmontel : « La Guirlande« , « Acanthe et Céphise », « Les Sibarites« , ou bien encore « Daphnis et Églé« , dans la perspectives des fêtes du bicentenaire, en 1999, de la naissance de Marmontel ; et, en effet, les célébrations de cet anniversaire auront lieu, à Mauriac, du 2  au 30 juillet, et à Bort, du 2 août au 27 septembre 1999… _ pour un cinquième moment du colloque, à Bordeaux, à l’Auditorium de la Bibliothèque municipale, « Jean-François Marmontel (1723-1799 Bilan et nouvelles pespectives critiques« ,

    dont voici le programme auquel j’ai assisté :

    …

    …

    5. Marmontel poète, musicologue et librettiste

    …
    Président de séance :
    Stéphane Pujol (Université Toulouse-Jean Jaurès)

    …

    15h20-15h40 : Nathanaël Eskenazy (Université de Lorraine), « Une conversion italienne si évidente ? Du « Dialogue entre Lully, Rameau et Orphée dans les Champs Elysées » à « Polymnie » : repenser les approches esthétiques et théoriques de Marmontel sur l’opéra »

    …

    Discussion – Pause

    …

    Président de séance :
    Jean-Noël Pascal (Université Toulouse-Jean Jaurès)

    …

    16h00-16h20 : Jean-Philippe Grosperrin (Université Toulouse-Jean Jaurès), « Poème de la polémique : voix et cris dans « Polymnie » »

    …

    16h20-16h40 : Anthony Saudrais (Université Rennes 2), « Conserver, réinventer l’opéra lulliste : les réécritures des tragédies en musique de Quinault par Marmontel »

    …

    16h40-17h00 : Hélène Cussac et Julien Garde (Université Toulouse-Jean Jaurès), « Du conte marmontélien au livret et à l’opéra : le son dans tous ses états »

    …

    …

    En 1997, et en lien avec la cité natale de Jean-François Marmontel, Bort-les-Orgues _ j’y suis allé deux fois _,  je m’étais en effet un peu familiarisé avec l’œuvre de Marmontel _ dont, notamment, ses Mémoires _, ainsi qu’en témoigne ma remarque en incise en mon article du 13 mai 2009 : « « 

    _ et sur la thématique familière de Marmontel lui aussi des bergers, consulter cet autre article en date du 22 mai 2009 : « « …

    …

    Et sur la féconde collaboration de Rameau avec Marmontel, cf encore cet étoffé article mien du 18 décembre 2021 : « « , issu d’échanges passionnants avec ce ramelliste passionné qu’est l’ami Patrick Florentin…

    …

    …

    Ce jeudi 14 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un très juste retour à la ravelienne « L’Heure espagnole » des Siècles et François-Xavier Roth…

    Ce jour,

    un remarquable très juste article de Jean-Luc Clairet sur le site de ResMusica, intitulé « Une heure en Espagne avec François-Xavier Roth et Isabelle Druet« …

    …

    …

    Une heure en Espagne avec François-Xavier Roth et Isabelle Druet

    …
    …

    Le chef des Siècles poursuit son exploration de l’univers ravélien. Pour L’Heure espagnole, il invite Isabelle Druet à remettre sa Concepción sur le métier discographique. Il fait de même avec le Boléro, qu’il enregistre cette fois dans une instrumentation tout à fait inhabituelle.

    …

    …

    En 2016, Isabelle Druet avait déjà gravé avec Leonard Slatkin (CD Naxos) le premier des deux opéras de Maurice Ravel. Pour paraphraser un célèbre critique (il fut rédacteur en chef du seul magazine d’opéra français), elle a exactement « la voix du rôle ».Comme son actuelle consœur Stéphanie D’Oustrac, comme leur aînée à toutes deux : Jane Berbié. La voix qui convient à cette surprenante pantalonnade, qualifiée en son temps de « vaudeville pornographique », aujourd’hui encore toujours désarçonnante pour qui la découvre, mais, à y réfléchir, finalement pas plus inconséquente que la moindre pièce de Feydeau. Ce succès théâtral de Maurice Étienne Legrand (alias Franc-Nohain) avait séduit le compositeur : d’avril à octobre 1907, il en réalisa la preste version musicale piano-chant, et, en 1909, le complet achèvement orchestral. Composée en même temps que la Rhapsodie espagnole, L’Heure espagnole est, comme ce chef-d’œuvre pour orchestre, l’occasion pour Ravel de mettre en note subtiles les fragrances hispanisantes échappées jusqu’à Saint-Jean de Luz, sa villégiature estivale à deux pas de Ciboure, commune où il avait vu le jour. Une miniature (moins de cinquante minutes de musique) mais un grand orchestre pour un scénario souriant qui professe qu’en amour, le tour de chacun arrive tôt ou tard _ voilà ! _, de quelque milieu social que l’on soit : une philosophie de vie qui méritait assurément son opéra.

    …

    …

    Entre ses deux soupirants (Don Iñigo Gomez, banquier pesant ; Gonzalve, poète autocentré) et un déménageur dévoué _ Ramiro _ qu’elle fait cavaler entre boutique et chambre, Concepción est une femme qui a fort à faire lorsque son horloger de mari s’absente une heure par semaine. L’héroïne de L’Heure espagnole est une femme entourée d’hommes. De même Isabelle Druet est une cantatrice entourée de la fine fleur virile de l’actuel chant français _ voilà _ : en Don Iñigo Gomez, un Jean Teitgen imposant autant que ravi de s’adonner à l’auto-dérision ; en Gonzalve, un Julien Behr élégant et ivre de sa prose ; en Torquemada, un Loïc Félix mercantile et lucide, tous coiffés au poteau par le Ramiro juvénile de Thomas Dolié, suprême en ravi de la crèche. Les Siècles huilent avec virtuosité les ressorts de cette brève heure d’ horloge que Ravel, dix ans plus tard, complétera par son second opéra _ sur un livret de Colette _ L’Enfant et les sortilèges, les deux œuvres, génialement différentes _ oui _, formant un diptyque idéal dont l’on comprend mal qu’ils soient si rarement donnés dans sa globalité à la scène _ en effet.

    …

    …

    Si L’Heure espagnole, introduite par une merveilleuse volière de tic-tacs _ oui _, voit son lyrisme systématiquement empêché, inféodé qu’il est au rythme de la conversation _ qui va bon train, oui _, il en va tout autrement pour le Boléro composé vingt ans plus tard : « sans musique », dixit François-Xavier Roth (deux mélodies majeur/mineur et un seul rythme), il n’est que transe hypnotique immortalisant son auteur en charmeur de serpent musical _ oui. Le voici proposé dans une nouvelle édition critique qui réintroduit, à la place de la caisse claire, le tambour (et même deux : initiative qui ferait retrouver le sourire à Jacques Villeret, génial interprète du Batteur du Boléro de Patrice Leconte) : le sarrussophone à la place du contrebasson, et même les castagnettes d’origine, « tous instruments précis pour lesquels Ravel a composé », spécifie encore Roth. Les Siècles rutilent bien évidemment _ oui ! _ dans cette redécouverte….

    …

    …

    Maurice Ravel (1875-1937) :

    L’Heure espagnole. Loïc Félix, ténor (Torquemada) ; Isabelle Druet, mezzo-soprano (Concepción) ; Julien Behr, ténor (Gonzalve) ; Thomas Dolié, baryton (Ramiro) ; Jean Teitgen, basse (Don Iñigo Gomez) ;

    Les Siècles, direction : François-Xavier Roth.

    1 CD Harmonia Mundi.

    Enregistré à La Seine Musicale, Boulogne-Billancourt les 23 et 24 mars 2021.

    Notice de présentation trilingue (français, anglais, allemand).

    Durée : 64:36

    …

    …

    Un très lucide article, pour un chef d’œuvre de CD.

    …

    …

    Ce mercredi 13 septembre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa