Auteur/autrice : francislippa

  • Revisiter Ravel : la désormais incontournable « revisitation » de l’oeuvre subtilissime de Maurice Ravel ; un retour sur la renversante éblouissante réussite du CD « Maurice Ravel – In search of Lost Dance » du Linos Piano Trio…

    Revisiter Ravel : la désormais incontournable « revisitation » de l’œuvre subtilissime de Maurice Ravel ; un retour sur la renversante éblouissante réussite du CD « Maurice Ravel – In search of Lost Dance » du Linos Piano Trio… :

    ainsi le choix, ce jour, de ce titre d’article pour poursuivre dans l’élan, hier, de mon un peu trop bref « « …

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    Oui,

    j’éprouve le besoin de venir donner un peu plus de précisions ici sur l’absolument réussi, et même éblouissant, renouveau actuel de l’interprétation de la musique de Maurice Ravel ;

    et tout particulièrement d’œuvres de lui un degré de plus subtiles encore, que bien d’autres, tel, et après la renversante Heure espagnole M. 52 de François-Xavier Roth _ cf mes articles du 27 juin «  » et 18 juin «  » derniers…  _, le bouleversant Trio pour piano en la majeur M. 67 du Linos Piano Trio,

    pour des œuvres du catalogue de Ravel pas assez bien servies _ comparées à pas mal d’autres, mieux « attrapées« , elles, en leur si fin esprit, si singulier… _, jusqu’ici, au disque…

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    Venir revisiter l’œuvre la plus subtile et délicate à vraiment bien « attraper » et « saisir » du génie musical si singulier de Maurice Ravel, 

    tel est en effet le défi que viennent merveilleusement relever ces derniers temps au disque les meilleurs interprètes d’aujourd’hui,

    tel ce Linos Piano Trio, dans le répertoire de musique de chambre, avec ce stupéfiant CD « Maurice Ravel – In search of Lost Dance« , le CD CAvi-Music 8553526,

    comme Les Siècles de François-Xavier Roth, dans le répertoire symphonique et opératique, avec leur tout neuf lui aussi brillantissime « L’Heure espagnole – Bolero« , le CD Harmonia Mundi HMM 905361…

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    Surtout,

    j’aurais dû ne pas me contenter de seulement renvoyer à l’article _ excellent !!! _ « En trio » de Jean-Charles Hoffelé, mais le donner in extenso,

    ainsi qu’un peu le commenter, de mes menues farcissures _ en vert _ :

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    EN TRIO

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    La Pavane, le Tombeau de Couperin, le Trio, les Linos les réunissent sous l’idée de la danse _ voilà, comme l’indique le titre si bien choisi « In search of the Lost Dance » de leur album _, et s’approprient _ et merveilleusement, rien moins ! _ dans des arrangements aussi sensibles que brillants _ voilà : les deux ! _ les deux premiers.

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    Dès les accords initiaux du Trio, le son _ très impressionnant, en effet _ du Érard _ Grand Concert de 1882 _ nous plonge dans l’univers de Montfort-l’Amaury, musique des songes, balcon ouvert sur la forêt, comme si Ravel était au piano ; illusion !, Ravel n’acquerra sa délicieuse bicoque qu’en 1921, le Trio _ achevé de composé, à Saint-Jean-de-Luz, au mois d’août 1914 _ et le Tombeau de Couperin _ dont les 6 pièces (Prélude, Fugue, Forlane, Rigaudon, Menuet et Toccata) ont été composées entre 1914 et 1917  _ cernent la Grande Guerre, la Pavane _ de 1899 _ remonte au siècle précédent, mais les teintes de ce Érard, la sonorité si colorée et élégante _ oui _ du violon (une copie d’un Guarneri _ de 1743 _ signée Peter Greiner), le ton intime _ oui _ du magnifique violoncelle napolitain des années 1880 que joue Vladimir Waltham avec tant de poésie nostalgique _ oui _, font que l’on a vraiment la sensation _ parfaite ! _ de se trouver dans le salon de Ravel _ et, outre l’art parfait des trois magnifiques interprètes que sont, au piano, Prach Boondiskulchok, au violon, Konrad Elias-Trostmann, et au violoncelle, Vladimir Waltham, le charme de ces instruments anciens ou copies d’anciens est lui aussi assurément très opérant en le stupéfiant succès de cette éblouissante réalisation discographique… 

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    L’interprétation est merveilleuse _ voilà, c’est dit ! _, un rien océanique et donc un peu fauréenne (le Modéré, même la Passacaille ! après tout l’œuvre fut conçue à Ciboure _ non, à Saint-Jean-de-Luz, de fin juin à fin août 1914, à la maison Ongi Ethori, 23 rue Sopite, où réside alors Ravel (ainsi que sa Corrrespondance, de la page 374 à la page 388 de la somme magnifique publiée par Manuel Cornejo, en fait parfaitement foi)… _, face à l’Atlantique), une pointe de fantasque _ oui : un trait éminemment ravelien ! _ anime un fabuleux _ oui ! _ Pantoum _ écoutez et regardez ici ! _ porté par les registres si contrastés du Erard, un Final solaire _ absolument ! c’est un sommet !!! _ , merveille qui redistribue _ mais oui ! et c’est là-dessus que je désire en effet mettre l’accent ici ! _ les cartes d’une discographie abondante (et qui à mon goût a été dominée jusque-là par le grand geste _ en octobre-novembre 1970 _ de Georges Pludermacher, Gérard Jarry et Michel Tournus pour EMI Classics).

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    Et les arrangements ? Celui de la Pavane est sage, mais décidément bien vu _ oui ! _, celui du Tombeau absolument _ oui, oui ! _ réussi en ce qu’il habille _ pour ce Trio _ la version pour le seul piano sans regarder la version orchestrale, du moins pour les mouvements qu’a choisi d’y transporter le compositeur. Les trois amis s’autorisent des libertés prouvant qu’ils ont tout compris _ oui ! et l’esprit ravelien est bien tout entier là !!! en dépit de l’avis de Roger Nichols, hostile à ces « libertés« , en son article « Ravel – In Search of Lost Dance (Linos Piano Trio)«  du 14 juin dernier sur le site de Classical Music… _ de ce Tombeau où Ravel évoque pudiquement _ comme toujours, mais avec un engagement parfaitement sensible… _ ses morts de la Grande Guerre _ Jacques Charlot, Jean Cruppi, Gabriel Deluc, Pierre et Pascal Gaudin (ses amis luziens), Jean Dreyfus et Joseph de Marliave (l’époux de Marguerite Long) _ en célébrant l’esprit français _ d’où cette belle et noble référence-hommage du titre à Couperin. Même la difficile Fugue est une réussite, et écoutez les effets de « chats » dans la Forlane, clins-d’œil sonores à L’Enfant et les sortilèges ! _ à venir : l’œuvre sera composée, sur le livret de Colette, de 1919 à 1925 : « la seconde et dernière fantaisie lyrique de Ravel, après L’Heure espagnole (1907)« …

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    L’imagination au pouvoir, vertu ravélienne s’il en est, _ oui _ enchante _ et voilà le mot qui dit tout ! _ ce disque.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Maurice Ravel (1875-1937)

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    Trio pour piano, violon et violoncelle en la mineur, M. 67
    Pavane pour une infante défunte, M. 19 (arr. pour trio : Linos Trio Piano)
    Le Tombeau de Couperin,
    M. 68 (arr. pour trio : Linos Trio Piano)

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    Linos Piano Trio
    (sur instruments d’époque)

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    Un album du label CAvi-Music 8553526
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    Photo à la une : l’ensemble Linos Piano Trio – Photo : © Tim Mintiens

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    Ce somptueux CD du Linos Piano Trio

    constituant désormais un incontournable absolu de la discographie ravelienne…

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    Ce vendredi 14 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ravel ravelissime ! L’enchantement du sublime CD « Maurice Ravel In search of Lost Dance », du Linos Piano Trio…

    Supérieur encore aux  promesses dont je faisais état en mon article du 5 juillet dernier « « , à propos de l’interprétation du Trio en la mineur de Ravel par le Trio Helios

    _ « regarder et admirer cette admirable interprétation-ci (de 26′ 33), en concert, le 28 septembre 2019, au Festival de Musique de Chambre de Trondheim, de ce sublime Trio de Ravel« , écrivais-je alors… _ ;

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    et consécutivement au très prometteur article « En Trio » de Jean-Charles Hoffelé, le 24 mai précédent _ lui aussi emploie le mot d’« enchantement« … _,

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    et venant de recevoir ce jeudi 13 juillet ce CD « Maurice Ravel In search of Lost Dance » par le Linos Piano Trio, soit le CD Avi Music 8553526 _ enregistré à Baden-Baden au mois de septembre 2022 _, que j’avais pris soin de commander, lui aussi, à mon disquaire préféré,

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    ce magique CD Ravel, ravelissime, du Linos Piano Trio _ appréciez cette trop brève vidéo de 1′ 22 ; ainsi que celle-ci de 4′ 48… _, est d’une écoute enchanteresse…

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    Il comporte,

    outre le Trio avec Piano en la mineur de Maurice Ravel _ jamais entendu, pour ma part, à ce niveau d’incarnation-engagement ! _,

    de sublimes arrangements, par le Linos Piano Trio lui-même, de la Pavane pour une Infante défunte et du Tombeau de Couperin :

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    des interprétations à tomber par terre de bonheur !

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    Le Linos Piano Trio : un ensemble à suivre de très près…

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    Ce jeudi 13 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir le « Une Histoire vivante de la musique _ Du Psaume à Pierre Boulez », de Mélanie Levy-Thiébaut : un ouvrage qui mérite assurément bien son nom !

    Ma curiosité _ empathique _ envers la personnalité et l’œuvre musical de la compositrice Graciane Finzi _ cf mon article du vendredi 30 juin dernier : « « … _

    m’a amené à désirer connaître aussi le travail de parcours de l’Histoire de la Musique de sa fille, la chef d’orchestre Mélanie Levy Thiébaut, « Une Histoire vivante de la musique _ du psaume à Pierre Boulez » _ cf aussi cette très attractive vidéo Mollat de 8′, en date du 3 avril 2022 _,

    un ouvrage substantiel de 290 pages paru le 2 février 2022 aux Éditions Flammarion…

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    Ce mercredi 12 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et « Armageddon Time » de James Gray : un très prenant univers dramatique bien plus sombre ou plus noir…

    Retour ce mardi à l’ »Armaggedon Time« de James Gray_ né le 14 avril 1969, à New-York _, son plus récent film _ un film sombre… _,

    et que j’ai découvert il y a peu de mois seulement, en DVD…

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    James Gray,

    un cinéaste que j’apprécie énormément, et cela dès ses tous premiers films…

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    Un entretien avec le journaliste Terry Gross, en date du 28 novembre 2022, et intitulé « ‘Armageddon Time’ explores how the world is ruined by ‘well-meaning people’« , m’apporte quelques précieuses indications _ éparses et elliptiques _ concernant les racines familiales _ en Ukraine, comme à New-York _ du réalisateur James Gray…

    Ainsi que leur retentissement dramatique sur son art splendide de filmer.

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    James Gray, né à New-York le 14 avril 1969, est le fils d’Irwin Gray, né à New-York en 1936 _ et plombier de son métier _, et de son épouse Hester.

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    Lors de leur enregistrement à leur arrivée, en 1923, sur le sol américain, au sas implacable d’Ellis Island _ cf l’image que donne de ce lieu le film de James Gray « The Immigrant« … _,

    ses grands-parents paternels ont troqué leur patronyme de Greyerstein, ou Grayevsky, quand ils résidaient en Ukraine, à Ostropol _ une ville de Volhynie située à mi-chemin entre Lviv et Kiev _, contre celui de Gray ; ainsi que pris leurs nouveaux prénoms américains, de Jack (il est né en 1902), et de Clara (elle est née en 1906).

     

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    En 1931, Jack et Clara Gray ont eu un premier fils, auquel ils ont donné le prénom de Seymour ;

    et en 1936, ils ont eu un second fils, qu’ils ont prénommé Irwin : c’est lui, Irwin Gray, qui, en 1969, sera le père du réalisateur James Gray ; dont la mère, épouse d’Irwin, se prénomme Hester.

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    Hester, la mère de James Gray, avait pour un de ses deux grands-pères un nommé Hurwitz ; l’autre se nommant, lui, Rabinowitz _ cf ce compte-rendu-ci détaillé du film « Armageddon Time , par Jean-Louis Requena, qui donne précisément le nom d’Aaron Rabinowitz au père d’Hester, la mère du jeune héros du film… _ ;

    et une de ses ancêtres venue d’Ostropol a raconté avoir assisté à la décapitation par les Cosaques de ses deux parents (« beheaded« )…

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    Et du côté Hurwitz,

    un oncle Hurwitz était lié par ses activités à Ralph Capone, le frère d’Al Capone…

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    Mes recherches généalogiques sont, au moins pour le moment, un peu plus complexes à réaliser dans le cas du new-yorkais James Gray, que dans celui du natif de Cincinatti, Steven Spielberg…

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    Le parcours américain de la famille de la famille de James Gray,

    qui transparaît, transposé, dans ces somptueux chefs d’œuvre _ tous admirables !!! _ que sont « Little Odessa » (1994), « The Yards » (2000), « We own the night » (2007), « Two lovers » (2008), « The Immigrant » (2013), « Armageddon Time » (2022),

    est bien plus sombre, en effet _ et moins traversé de bouffées de tendresse et de sourires… _, que celui qui apparaît dans la transposition de l’auto-biographique « The Fabelmans » (2022) de Steven Spielberg…

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    À suivre…

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    Ce mardi 11 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa