Auteur/autrice : francislippa

  • Encore, et toujours, et à nouveau, les Tchèques, compositeurs (Pavel Haas, Jan Novak) comme interprètes (le Quintette Alinde), en un enthousiasmant CD « Inscape – Haas- Shostakovich – Vasks – Novak », pour Supraphon…

    Oui,

    encore, et toujours, et à nouveau, les Tchèques, compositeurs (Pavel Haas, Jan Novak) comme interprètes (le Quintette Alinde), viennent musicalement avec chaleur nous enthousiasmer,

    aujourd’hui avec  le bien réjouissant CD Supraphon 4373-2 « Inscape – Haas – Shostakovich – Vasks – Novak » – enregistré à Kaiserslautern les 7 et 8 avril, puis 18 et 19 juin 2025…

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    Regardez et écoutez ici cette très brève vidéo-ci de 34″…

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    L’Alinde Quintet, pour vents – un beau nom schubertien – est constitué de

    Anna Talickova, flûte et piccolo ; Borbora Trncikova, hautbois et cor anglais ; David Simecek, clarinettes ; Petr Sedlak, basson ; et Krystof Koska, cor d’harmonie. 

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    Et les œuvres de ce très beau récital, varié, sont :

    le « Quintette à vent » Op. 10 (de 1929) de Pavel Haas (1899 – 1944) ;

    le « Quatuor à cordes » n°8 Op. 110 (de 1960), de Dmitri Shostakovich (1906 – 1975), transposé en Quintette pour vents par Mark A. Popkin ;

    le « Quintette à vent » n°2 – en mémoire d’une amie – (de 1982), de Peters Vasks (1946) ;

    et le « Concertino pour Quintette à vent » (de 1957) de Jan Novak (1921 – 1984)…

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    Le 13 février 2026, sur le site du Magazine Crescendo,

    Jean Lacroix a consacré à ce prenant CD un article de présentation intitulé « Des paysages intérieurs pour le premier album du Quintette Alinde« ,

    que voici :

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    Des paysages intérieurs pour le premier album du Quintette Alinde

    par ean Lacroix
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    Inscape.

    Pavel Haas (1899-1944) : Quintette à vent op. 10. Dmitri Chostakovitch (1906-1975) : Quatuor à cordes n° 8 en do mineur op. 110, arrangement pour quintette à vent par Mark A. Popkin. Pēteris Vasks (°1946) : Quintette à vent n° 2. Jan Novák (1921-1984) : Concertino pour quintette à vent.

    Quintette Alinde. 2025. Notice en anglais, en allemand et en tchèque. 58’ 52’’. Supraphon SU 4373-2

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    Depuis sa fondation en 2019, le Quintette Alinde est détenteur de plusieurs prix internationaux, dont celui de l’ARD Competition à Munich en 2024. Ses membres sont de jeunes instrumentistes tchèques qui ont étudié dans des institutions européennes et sont engagés dans plusieurs orchestres pragois. Il se compose d’Anna Talácková  (flûte, piccolo), Barbora Trnčíková (hautbois, cor anglais), David Šimeček (clarinette), Petr Sedlák (basson) et Kryštof Koska (cor d’harmonie). Après de multiples participations à des concerts et à des festivals internationaux, l’ensemble a décidé d’enregistrer son premier disque, en avril et juin 2025, dans un studio de la SWR de Kaiserslautern. Une note d’intention commune précise que le choix du programme, varié,  reflète la vie intérieure des compositeurs, mais se présente aussi comme un aperçu des sentiments personnels des interprètes, et une invitation au partage adressée aux mélomanes.

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    La vie de Pavel Haas, qui était Juif, s’est terminée tragiquement le 17 octobre 1944 au camp de concentration d’Auschwitz, où il avait été envoyé après trois ans de détention à Terezin. Originaire de Brno – en Moravie – , il avait travaillé avec Leoš Janáček – morave d’Ostrava – au début de la décennie 1920 et était devenu rapidement un des musiciens les plus actifs de la Moravie. Exigeant envers lui-même, Haas n’a laissé qu’un petit nombre d’œuvres avec numéro d’opus, bien que son talent se soit exercé dans plusieurs domaines. Son Quintette à vent op. 10 date de 1929. Avant de devenir un chef d’orchestre de renom, Vaclav Smetáček (1906-1986) en avait tenu la partie de hautbois en 1933 pour la radio tchèque, mais c’est à Vienne en 1935 qu’eut lieu la véritable première. Partition colorée en quatre mouvements, ce quintette, d’un durée d’un peu moins de quatorze minutes, est marqué par l’influence de Janáček, le néoclassicisme et l’introduction d’éléments populaires moraves. Des moments brillants alternent avec des passages mystérieux ou d’une saine vivacité, le Maestoso final faisant la part belle au cor.

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    Le Letton Pēteris Vasks, que Gidon Kremer a bien fait connaître par ses interprétations avec la Kremerata Baltica, a écrit en 1982 son Quintette à vent «  à la mémoire d’une amie », la bassoniste Jana Barinska, disparue tragiquement dans un incendie. Cette musique élégiaque de onze minutes, en forme d’épitaphe, combine un ancien chant funèbre letton  avec des passages virtuoses et des sections aléatoires. Le Concertino pour quintette à vent de Jan Novák en trois mouvements a été composé en 1957. Cette œuvre plaisante, d’une durée de treize minutes, est animée par des rythmes joyeux et dynamiques, dont des effets de jazz, que le musicien découvrit lors d’un séjour aux USA, où il rencontra Aaron Copland et Samuel Barber, mais aussi  Martinů en exil, qui l’influença. Novák, qui  n’était pas en phase avec la politique culturelle de son pays à laquelle il s’opposait, s’exila à son tour.

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    Le programme est complété par un arrangement pour quintette à vent du Quatuor n° 8 de Chostakovitch, composé en 1960 et dédié aux victimes du fascisme. Le travail de transcription a été effectué par Mark A. Popkin, dont la notice ne dit rien. Il s’agit probablement du bassoniste américain (1929-2011) qui fit partie du Clarion Wind Quintet. Lors d’un séjour à Dresde, Chostakovitch  fut impressionné par les destructions subies par la ville pendant la guerre, et aurait écrit son quatuor en trois jours du mois de juillet. C’est surtout une page autobiographique, dans laquelle le compositeur cite plusieurs de ses œuvres, notamment les première et huitième symphonies ; elle a connu plusieurs transcriptions, dont celle de Rudolph Barshaï pour orchestre à cordes. Celle qui est ici destinée à un quintette à vent est séduisante, avec son Largo  initial en demi-teinte, dans un dialogue instrumental subtil, ses deux Allegros caustiques et dynamiques, et ses deux derniers Largos, dont la douleur déchirante est peut-être mieux ressentie dans l’original destiné aux cordes.

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    Le Quintette Alinde livre ici une belle démonstration de son écoute mutuelle et du soin apporté aux diverses sonorités et au dosage des timbres. L’adoption d’un programme éclectique apporte une signature de qualité au premier album d’un ensemble qui devrait trouver aisément, dans son répertoire spécifique, d’autres musiques à valoriser.

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    Son : 9    Notice : 9    Répertoire : 10    Interprétation : 9

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    Jean Lacroix

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    Personnellement, j’apprécie pas mal les instruments à vents…

    Et j’aime la Bohème-Moravie…

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    Ce mardi 2 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Écouter un nouveau CD Steve Reich par le Colin Currie Group : le CD « Steve Reich : The Sextets «, enregistré à Londres du 24 au 26 août 2025… 

    Vient de paraître un nouveau CD « Steve Reich « et à nouveau par le Colin Currie Group – constitué ici de 6 percussionnistes, 3 pianistes, 2 flûtistes, 2 clarinettistes, 2 violonistes et 2 violoncellestes – :

    le CD Colin Currie Records CCR 0009 « Steve Reich : The Sextets « – enregistré à Londres du 24 au 26 août 2025… – ;

    et qui comporte cette fois 4 œuvres de Steve Reich (né le 3 octobre 1936 à New-York) :

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    le « Sextet » de 1984-85,

    les « Six Marimbas » de 1986,

    les « Dance Patterns » de 2002,

    et le « Double Sextet » de 2007…

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    J’ai, pour ma très modeste part, préféré le bien plus jubilatoire et à vif CD Colin Currie Records 0003 « Colin Currie & Steve Reich – Live at Fondation Louis Vuitton »

    – comme en a témoigné l’enthousiasme de mon article « Une magique pépite de CD qui vous colle une jubilatoire dose de bonne humeur pour toute la journée : le CD Colin Currie Records « Colin Currie et Steve Reich – Live at Fondation Louis Vuitton », enregistré à Paris les 2 et 3 décembre 2017…«  en date du 28 mai dernier…

    …

    La raison ?

    Probablement l’étincelante jubilation irradiante du Live…

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    Ce lundi 1er juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le plaisir de voir son blog rendre quelques services, comme en mes recherches sur les habitants d’Orléansville entre 1843 et 1962, ici concernant la famille Ferrandès…

    Merci beaucoup, Monsieur Verdot,
    de votre très touchant courriel à propos de votre mère, l’orléansvilloise Gaby Ferrandès (Orléansville, 4 mai 1933 – Mâcon, 10 juillet 1992),
    consécutif à votre lecture de mon article en date du 23 mars 2021, qui vous a surpris et ému : «A propos des connexions Ferrandès-Gentet-Sanchez-Sautier à Orléansville en 1939… ».
    …
    Et je viens, grâce à vous, d’enrichir cet article de 2021 de quelques précisions que votre courriel d’hier m’a aidé à découvrir, parmi mes patientes recherches sur certaines familles d’Orléansville – les Gentet, les Rey, les Bonopéra, les Confex, les Morand de la Genevray, les Sanchez, etc. – entre 1843 et 1962, auxquelles je me suis intéressé en cherchant à connaître dans le détail le plus fin possible le destin algérien-algérois d’Amédée Ducos du Hauron (Agen, 29 mars 1867 – Alger, 1935) – cf, à titre d’exemple ici, mon article en date du 5 janvier 2021 : « Un essai de recollection du parcours dans l’administration de l’Algérie d’Amédée Ducos du Hauron, entre 1898 et 1927« … – ;
    Amédée Ducos du Hauron, le neveu de Louis Ducos du Hauron (Langon, 1837 – Agen, 1920), le génial inventeur, à Lectoure en 1868, de la photographie de couleurs,
    et époux le 10 juin 1896 à Orléansville de l’orléansvilloise Marie-Louise Rey (Orléansville, 1879 – Agen, 20 septembre 1933) – cf ici mon décisif article, tardif, en date du 18 février 2024 « De nouvelles découvertes à propos d’Amédée Ducos du Hauron (ainsi que son fils Roger) : la date de son mariage à Orléansville avec Marie-Louise Rey, le 10 juin 1896 ; et la date de la naissance de leur fils Roger, le 23 juillet 1918, à Alger (ainsi que le lieu et la date du mariage de Roger à Alger, le 5 octobre 1940, avec Sylvia Schiano-Lomoriello…«  : toute vraie recherche prend du temps, et demande grandes patience et ténacité en sa poursuite complexe, tissée de découvertes-surprises, qui font son charme puissant…
    …
    J’ai aussi découvert, Monsieur Verdot, votre profession de médiateur Musique à la Médiathèque d’Orléans,
    ainsi que l’existence de la très intéressante vidéo de la table ronde (avec Fabrice Menneteau : chef du service son à la BnF ; Pascale Issartel : adjointe au chef du département des bibliothèques, Service du livre et de la lecture, DGMIC · Ministère de la Culture ; Nicolas Clément : chargé de projets de coopération métropolitaine dans le domaine musical à Bordeaux. Référent de la Gironde Music Box) que vous avez animée comme modérateur le 18 mars 2025 à la BnF à Paris, intitulée « Pourquoi sauvegarder son patrimoine musical local ?« ,
    qui me paraît entrer en très intéressante connexion avec les récents articles de mon blog encherchantbien.fr en date des 26, 27 et 30 mai derniers, à propos de ce très précieux médium musical que constitue le disque, le CD, bien tangible :
    « Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité… »
     
     
    …
    Quand vous disposerez d’un moment, c’est avec grand plaisir que je me dispose à échanger avec vous, cher Monsieur Verdot,
    tant sur mes recherches poussées sur les habitants d’Orléansville entre 1843 et 1962 – de temps en temps il m’arrive de recevoir d’émouvants courriels tels que le vôtre, de descendants d’Orléansvillois, émus de découvrir et apprendre quelques menues informations concernant leurs ancêtres d’une Algérie qu’ils n’ont eux-mêmes pas connue, mais dont ils se découvrent éprouver eux aussi une poignante nostalgie… –
    que sur d’autres sujets abordés sur mon Blog encherchantbien.fr , tel que, en l’occurrence ici, la passion de la musique, et son vecteur privilégié que me semble constituer le disque tangible…
    Au plaisir donc de tels échanges, cher Karl Verdot…
    …
    Francis Lippa
    vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux
    et mélomane discophile passionné
    …
    Ce dimanche 31 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Nouvelles remarques de commentaire à mon éloge du disque du mardi 26 mai dernier…

    En une nouvelle suite aux échanges de commentaires, avec mes amis le philosophe Bernard Sève et le médecin rhumatologue Joël Dehais, que rapportait mercredi 27 mai dernier mon article « L’apport de l’écoute seulement audio de la musique, quand est respecté l’idéal de probité de l’interprétation au service le plus exclusif possible de l’œuvre même (suite)…« , en réponse à mon article de la veille « Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité… » dans lequel je rapportais mes échanges avec l’ami Eric Rouyer, l’éditeur dynamique du label de disques Le Palais des Dégustateurs,

    voici, ce samedi 30 mai, mon échange de courriels avec le musicien, compositeur, chef d’orchestre et professeur au conservatoire de musique de Toulon, Laurent Melin :

    …

    De Laurent Melin, hier à 12h 03, ceci, par courriel adressé à mon blog :

    …

    Je voudrais intervenir en tant que musicien professionnel, depuis ma lointaine province du bord de mer, et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire depuis des années. 
    Le cri d’Eric (que je salue au passage! Notre projet commun arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur…) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché pour des archives accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques sur le terrain. 
    C’est cette dernière qu’Eric défend avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger. Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture, la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat autant qu’une lutte vitale, sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière. 

    Un concert se vit en direct, la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute, notre patrimoine musical s’entretient par la pratique, non pas sur les étagères muséales. 

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a plus les outils pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques, la pression nous a rejoints et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? 

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain, avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès et non pas de le confisquer par « élitisme « et d’en réduire toujours plus le territoire.

    …

    Et voici ma réponse à ce courriel d’hier de Laurent Melin, ce matin à 8h 59 :

    …

    En forme de conversation à distance, et par l’écrit…
     
    Mes coordonnées :
    Francis Lippa
    à Bordeaux
    Je suis aussi vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux – avec, insérés en rouge, mes commentaires…
    …

    Je voudrais intervenir – sic – en tant que musicien professionnel – chef d’orchestre, compositeur, etc. – , depuis ma lointaine province – la Provence, Toulon – du bord de mer – moi, Francis Lippa, je suis philosophe, mélomane et bordelais – , et aussi en tant qu’enseignant de conservatoire – le CRR de Toulon – depuis des années – 2005 précisément. 
    Le cri d’Eric – Rouyer, le maître d’œuvre du très prospecteur label discographique Le Palais des Dégustateurs – (que je salue au passage ! Notre projet commun – de quoi s’agit-il donc ?.. – arrive à son terme, il comprendra cette « private joke » de compositeur… – qu’est aussi Laurent Melin – ) me paraît cependant bien légitime : il y a un océan entre l’offre du marché – du disque – pour des archives – sous forme d’enregistrements conservés – accessibles à tous, mais dont la profusion et la variété des supports – en dehors du seul disque… – finissent par noyer un peu la visibilité – trop d’information tue l’information – et la réalité des pratiques – musicales, dont bien sûr le concert, mais pas seulement lui, et même de très loin… – sur le terrain. 
    C’est cette dernière – la pratique musicale de terrain, donc – qu’Eric défend – comment plus précisément ? – avec son énergie coutumière, car elle est effectivement en danger – elle aussi, en effet, comme l’est l’enseignement, et toute la culture, réduits de plus en plus à l’os par des politiciens à très trés courte vue (démagogique) , celle de leur propre ré-élection ou élection à venir… Depuis que nos « élites » dirigeantes décomplexées attaquent plus ou moins frontalement – financements réduits ou carrément coupés, au tout premier chef – le milieu culturel et qu’un discours, en vérité manipulatoire, est relayé ad nauseam pour discréditer le supposé « élitisme » de la culture – hélas, je connais bien moi aussi cet angle d’attaque ! et m’emploie quotidiennement à le combattre… – la défendre sur le terrain, au quotidien, devient un apostolat – que je m’emploie, moi aussi, jour après jour, par exemple
     par mon blog quotidien encherchantbien.fr ; par ma cinquantaine d’entretiens effectifs réalisés à la librairie Mollat à Bordeaux, notamment en tant que vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux, et immédiatement accessibles par podcasts et vidéos ; par mes deux contributions au colloque « Lucien Durosoir (1878 – 1955) : un musicien moderne né romantique » au Palazzetto Bru-Zane à Venise en février 2011 ; « Une poétique musicale au tamis de la guerre : le sas de 1919 – la singularité Durosoir » et «La Poésie inspiratrice de l’œuvre musical de Lucien Durosoir : romantiques, parnassiens, symbolistes, modernes » ; par le CD « Un Portrait musical de Jean de La Fontaine » de la Simphonie du Marais réalisé à Saint-Michel-en-Thiérache au mois d’août 1995 et paru chez Virgin-Veritas en mars 1996, et dont je suis l’auteur, à partir de mes recherches d’une année sur le sujet, pour 90% du programme, ainsi que le rédacteur de présentation du livret ; par mon activité de « conseiller artistique » de La Simphonie du Marais auprès de Hugo Reyne durant la décennie des années 90, quand celui-ci était professeur de flûte à bec au CNR de Bordeaux ; puis auprès de Jean-Paul Combet créant et dirigeant le brillant label Alpha… – autant qu’une lutte vitale – j’en ai fort bien conscience moi aussi et m’emploie quotidiennement, à ma place et sur mon blog, à y résister ! –  sans quoi les fameux supports de tous poils, accessibles d’un clic ou d’une platine, ne seront bientôt plus que ruines dormant sous la poussière – certes : il n’existe de mélomanes que sur le terreau bien vivant lui-même d’une pratique et d’une culture musicale très actives… Si celles-ci s’appauvrissent et végètent, la mélomanie (discophile ou pas) se réduira elle aussi comme peau de chagrin, en effet… Et toute la culture authentique aussi…

    Un concert se vit en direct – sauf si il a été aussi enregistré et peut être ré-écouté – , la musique s’invente uniquement dans l’instant partagé de l’écoute – pas tout à fait : à l’écritoire silencieuse aussi (et d’abord !) du compositeur la composant... – , notre patrimoine musical s’entretient – certes : c’est presque seulement ainsi qu’il va demeurer vivant : il n’y a de culture vivante que …réellement cultivée, attentive et animée de vraie curiosité ! – par la pratique, non pas sur les étagères muséales – s’empoussiérant faute d’être visitées ; mais une collection de disques et d’enregistrements, chez un particulier ou en une médiathèque, n’est pas exclusivement muséale tant que les enregistrements sont régulièrement écoutés et passionnément même appréciés… Encore faut-il, bien sûr, avoir appris à aimer la musique : en l’ayant soi-même ou bien pratiquée, ou bien appris à l’écouter et partager avec enthousiasme avec des interlocuteurs si possible eux-mêmes passionnés ; les deux, donc,  avec plaisir et même (et surtout !) passion…

    Et que dire de notre jeunesse, assaillie – acheteuse alléchée par la publicité qu’elle est, et source de profits pour les vendeurs… – de propositions commerciales tous azimuts, qui n’a – scandaleusement – plus les outils – culturels – pour recevoir et goûter les beautés de notre art ? On pouvait croire que les conservatoires seraient un îlot préservé de défense et d’entretien de ce beau patrimoine… Que nenni ! Rattrapés par la logique mercantile – voilà l’ennemi fauteur de barbarie à poison lent, ou rapide !.. – des tutelles qui ne pensent que par chiffres et statistiques – utiltarisme et course au profit (pour soi) aidant… – , la pression nous a rejoints – dans les conservatoires de musique aussi – et nous nous soumettons de plus ou moins bonne grâce à une dictature du politiquement correct pour maintenir l’existant, gonfler les effectifs « quel qu’en soit le prix »… Démagogie ? – oui : suicidaire à petit feu de la civilisation…

    Notre art se vit, se partage au quotidien et sur le terrain – mais aussi à distance : par la médiation de l’écoute archi-attentive et intense, mais oui !, d’enregistrements, de la part de mélomanes discophiles passionnés – avec générosité et ouverture à tous les publics, à condition de leur en donner l’accès – mais il n’y a pas, là, que la pratique de la musique en un conservatoire, ou l’assistance à un concert 
    enthousiasmant qui en soient les voies d’accés, même si l’expérience du partage des émotions est en effet cruciale : mais il existe hélas aussi des concerts ennuyeux, bâclés et ratés, de même qu’il y a aussi des leçons de pratique musicale ennuyeuses, bâclées et ratées dans les conservatoires… – et non pas de le confisquer par « élitisme » – de classe ? financier ?.. – et d’en réduire toujours plus le territoire – partager très effectivement le goût et même la passion de la musique (et de la culture authentique) est bien, en effet, une nécessité civilisationnelle de toute première urgence, dont ne partagent hélas ni la conscience ni le simple constat, la plupart de nos politiques…

    …

    Avec l’ajout de ce petit commentaire de synthèse final mien :

    …
    L’angle de vue du mélomane qui n’est pas lui-même musicien, à la recherche d’une écoute la plus idéale possible des œuvres des compositeurs via des interprétations accessibles à l’écoute par le concert ou par le disque, n’est forcément pas le même que celui d’un musicien professionnel dont la pratique personnelle de la musique est quotidienne, et pour lequel l’enregistrement d’une de ses œuvres au disque, pour un compositeur, ou d’une de ses interprétations, pour un interprète, est rare, très rare, ou même carrément inexistant, en particulier aujourd’hui.
     
    En mon article, c’est d’une préférence personnelle d’écoute de la musique, tranquillement chez moi, sur ma platine, sans que rien ne vienne parasiter mon écoute attentive (et ad libitum répétable), à la différence de l’assistance – passagère, fugace : sans possibilité de ré-écoute, forcément – à un concert, avec des sollicitations autres que d’écoute : visuelles par exemple, que je fais part…
     
    Ce ne sont pas les interprètes ni leurs prestations individuelles qui m’intéressent, mais leur degré de capacité à servir au mieux, avec humilité et probité – je n’apprécie pas du tout les m’as-tu vu, ni les auto-centrés narcissiques… – , l’œuvre du compositeur elle-même, en sa singularité ; ce qui n’élimine en rien, et surtout pas, l’engagement de la ferveur de la part des interprètes…
    Et très loin de mésestimer les interprètes, je suis au contraire très à l’affut – très curieux de, et ouvert à – de nouvelles belles interprétations au disque, toujours en quête de leur approche renouvelée et la plus juste possible – voilà l’idéal à approcher, et que certains côtoient parfois ! – de l’œuvre du compositeur !!!
    Quitte à revenir écouter des interprétations en les recherchant dans les disques de ma collection personnelle, en permanence à portée de ma main, sans dépendre du bon vouloir fluctuant de sites électroniques…
     
    Quant aux concerts, je m’y rends parfois, à l’occasion, et avec très vif appétit même, disposé et ‏tout prêt à m’y enthousiasmer !
    Le dernier de ces concerts à ce jour pour moi, ce fut celui du 1er mai dernier, à Saint-Lon-les-Mines, en Chalosse, pour le Festival Durosoir 2026, avec le quatuor Diotima :
    Pour un autre concert qui m’a beaucoup impressionné, cf par exemple mon article du 16 octobre 2024 :
    consacré à un magistral récital Bach de Benjamin Alard donné à l’église Saint-Vincent de Ciboure, le 6 octobre précédent…
    Ciboure, Saint-Lon-les-Mines : je peux me déplacer un peu loin de Bordeaux…
     
    Ce qui prime absolument pour moi en une interprétation musicale, c’est donc le service le plus juste et le plus probe possible de l’œuvre du compositeur…
    Mais, n’étant pas moi-même musicien, pour ces découvertes ou jouissances renouvelées d’œuvres de musique, je suis forcément tributaire de l’écoute de leurs interprétations, et ne suis certes pas un ingrat à l’égard des interprètes de l’œuvre du compositeur, loin de là…
     
    Si vous consultez les articles de mon blog encherchantbien.fr, signés Titus Curiosus – je suis un curieux insatiable ! – ,
    vous les jugerez même probablement bien trop enthousiastes – juvénilement, dit Eric Rouyer…
     
    Cf aussi ces 2 vidéos d’entretiens que j’ai eus, sur mon invitation personnelle, à la Station Ausone de la librairie Mollat à Bordeaux,
    avec le compositeur Karol Beffa le 25 mars 2022 : vidéo  ;
    et le musicologue ravelien Manuel Cornejo le 17 avril 2025 : vidéo .
    Au vif plaisir de poursuivre cet échange avec vous, M. Melin,
     
    Francis Lippa, à Bordeaux
    … 
    Et à suivre bien volontiers…
    …
    Ce samedi 30 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa