Auteur/autrice : francislippa

  • En commençant à picorer dans le trésor des 18 h 36′ du coffret Supraphon « Karel Ančerl Live Recordings » : une merveille de naturel…

    Sur les conseils de l’article « Karel Ančerl en perspective » de Pierre-Jean Tribot dans le numéro  de Crescendo du 2 février dernier

    (cf mon article d’hier « « ),

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    ainsi que le très détaillé article « Le Survivant » de Christophe Huss dans le numéro 712 du Diapason du mois de juin dernier,

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    voici qu’à la rescousse est venu aussi l’article « Le Moderne » de Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia le 29 juillet dernier…

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    Il n’en fallait guère plus pour me faire me procurer illico presto l’admirable coffret Supraphon de 15 CDs « Karel Ančerl Live Recordings Czech Philharmonic Orchestra«  _ SU 4308-2.

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    Et pour commencer à y picorer, avec gourmandise,

    vue l’affection musicale que je porte à ce chef si juste, clair, net, élégant ;

    tel qu’il est si magnifiquement saisi ici en concert à la direction de la Philharmonie de Prague, où il a été en poste de 1945 à 1968… 

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    En cette salle du Rudolfinum,

    dont j’ai pu apprécier l’acoustique splendide en concert, le 12 février 1994… 

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    Quelle extraordinaire naturelle présence,

    en cette merveilleuse direction, si souple, si claire, si nette, si lumineuse,

    de Karel Ančerl !

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    LE MODERNE

    Revenu des camps de la mort, Karel Ančerl vécut sa résurrection en retrouvant l’Opéra de Prague et l’Orchestre de la Radio quasi dès sa libération en 1945. En 1950, dix huit années prodigieuses allaient s’ouvrir pour recueillir l’acmé de son art. Il réforme l’Orchestre Philharmonique Tchèque sous l’œil bienveillant de Václav Talich.

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    À l’art vif et coupant, absolument objectif de Karel Ančerl, Talich allait ajouter une densité expressive qui s’entendra dans Asrael, le chef-d’œuvre de Josef Suk. Le flambeau était passé.

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    Le disque microsillon naissant illustra d’abondance cette collaboration exigeante entre Karel Ančerl et la Philharmonie Tchèque, Supraphon réglant une prise de son admirable de réalisme et éditant un grand nombre de disques devenus depuis des références intangibles, de la 9e de Mahler à Alexandre Nevsky de Prokofiev en passant par Le Sacre du printemps de Stravinski.

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    Parallèlement la Radio de Prague engrangea les concerts, et les conserva pieusement, les archivistes ayant conscience de l’importance historique d’un tel trésor, recopiant régulièrement les bandes afin qu’elles ne subissent pas les outrages du temps. C’est dans cette malle aux trésors que Supraphon est allé puiser _ voilà _ pour éditer ce généreux coffret tombé littéralement du ciel _ mais oui !

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    Deux buts, y révéler des œuvres que Supraphon n’avait pas gravées avec Karel Ančerl – par exemple une prodigieuse Symphonie « Italienne » d’une exactitude, d’une finesse rythmique inouïes _ oui ! C’est là du plus pur et parfait Mendelssohn… _, Supraphon l’avait confiée à Pedrotti (toute belle version d’ailleurs) – et donner un autre visage à des œuvres déjà gravées auxquelles le concert apporte une dimension supplémentaire : écoutez seulement _ voilà ! _ Ma patrie.

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    Une part congrue de cette manne a pu circuler sous certaines étiquettes (Praga Digitals, Multisonic, Panton), mais jamais dans des reports d’une telle qualité _ en effet !

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    Quelques perles : un Don Juan prodigieux d’élan, une Shéhérazade ravélienne qui envole Suzanne Danco, plus sublime encore qu’avec Ernest Ansermet, une 8e de Beethoven acérée et volcanique, des Chants et Danses de la mort avec Leonard Mróz dans l’orchestration expressionniste d’Otakar Jeremiáš, Asraël et Maturation de Josef Suk, une Suite scythe de Prokofiev, de stupéfiants Nocturnes de Debussy (Sirènes !!!!).

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    Découvertes majeures, deux œuvres rares de Vitezslav Novák, la bachique Symphonie automnale et le mystérieux Pan. Un regret : que Supraphon n’ait pas repris le Deuxième Concerto de Chopin avec Wilhelm Kempff ; d’ailleurs les archives conservent largement de quoi composer un second volume tout aussi opulent et essentiel _ voilà !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Karel Ančerl
    Live Recordings

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    Œuvres de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Ludwig van Beethoven (1770-1827), Felix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847), Modeste Moussorgski (1839-1881), Bedřich Smetana (1824-1884), Antonín Dvořák (1841-1904), Josef Bohuslav Förster (1859-1951), Vitezslav Novák (1870-1949), Josef Suk (1874-1935), Claude Debussy (1862-1918), Maurice Ravel (1875-1937), Richard Strauss (1864-1949), Sir Edward Elgar (1857-1934), Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Walter Piston (1894-1976), Igor Stravinski (1882-1971), Sergei Prokofiev (1891-1953), Paul Hindemith (1895-1963), Witold Lutoslawski (1913-1994), Bohuslav Martinů (1890-1959), Erwin Schulhoff (1894-1942), Miloslav Kabeláč (1908-1979), Iša Krejčí (1904-1968), Jaroslav Ježek (1906-1942), Jan Novák (1921-1984), Jiří Pauer (1919-2007), Jindřich Feld (1925-2007), Jan Klusák (né en 1934)

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    Orchestre Philharmonique Tchèque
    Orchestre Symphonique de la Radio de Prague
    Karel Ančerl, direction

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    Un coffret de 15 CD du label Supraphon SU4308-2
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    Photo à la une : le chef d’orchestre Karel Ančerl – Photo : © Reg Innell/Toronto Star

     

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    Un coffret tout simplement indispensable, donc !

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    Ce mardi 2 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un intéressant entretien de Crescendo avec Matouš Vlčinský, producteur pour Supraphon, à propos d’un riche coffret « Karel Ančerl »…

    Le 2 février dernier,

    sur le riche site de Crescendo,

    Pierre-Jean Tribot a publié un très intéressant entretien intitulé « Karel Ančerl en perspective » avec le producteur, pour le label tchèque Supraphon, Matouš Vlčinský,

    à propos d’un coffret de 15 CDs Supraphon consacrés au très brillant chef tchèque Karel Ančerl (Tucapy, 11 avril 1908 – Toronto, 3 juillet 1973) :

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    Karel Ančerl en perspective

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    LE 2 FÉVRIER 2022 par Pierre Jean Tribot
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    Le label Supraphon édite un coffret essentiel _ voilà ! _ qui propose des enregistrements du grand chef d’orchestre Karel Ančerl. Crescendo Magazine rencontre Matouš Vlčinský, producteur pour le label tchèque et cheville ouvrière de ce coffret. Une _ excellente _ occasion de revenir sur la place de cet immense musicien _ mais oui ! _ dans la postérité.

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    Que représente pour vous Karel Ančerl dans l’histoire de la musique tchèque et dans l’histoire de l’école de direction tchèque ?

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    Karel Ančerl est surtout connu aujourd’hui comme le chef d’orchestre qui a enchaîné sur le travail de Václav Talich à la Philharmonie tchèque ; par ailleurs il avait  été l’élève entre autres de Talich. Ančerl a été nommé chef de la Philharmonie tchèque en 1950 et est resté à ce poste 18 ans. Il a réussi à lui faire rejoindre les meilleurs orchestres du monde et à lui ouvrir la porte des plus grandes salles de concert mondiales. Mais il a aussi élargi considérablement le répertoire de la Philharmonie ; le centre de gravité du répertoire de Talich, c’était Dvořák, Smetana, Suk et Janáček, avec des incursions occasionnelles dans le classicisme tchèque et européen. Ančerl s’orientait de façon naturelle vers le XXe siècle, souvent vers l’œuvre de compositeurs vivants, tchèques et du monde entier. Il a fait entrer au répertoire _ rien moins que _ Schönberg, Ravel, Bartók, Stravinsky, Prokofiev, Honegger, Hindemith, Britten, etc. Et pour ce qui est des compositeurs tchèques, outre la génération plus âgée (Suk, Novák), il mettait souvent et volontiers au programme les œuvres de Bohuslav Martinů, Miloslav Kabeláč, Jaroslav Ježek et d’autres contemporains.

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    Mais il faut mentionner déjà les années d’avant-guerre : dans les années 1930, Ančerl s’est établi dans le contexte européen comme un spécialiste de musique contemporaine. À Munich, il assistait Hermann Scherchen pour préparer la production de l’opéra en quarts de ton de La Mère de Hába. Des invitations à des festivals de musique contemporaine n’ont pas tardé à suivre : à Vienne, à Paris, Amsterdam, Strasbourg et Barcelone. Si j’essaie de résumer : Karel Ančerl a ouvert la Philharmonie tchèque à la production musicale mondiale et il a contribué à faire découvrir la musique tchèque aux meilleurs orchestres mondiaux. Avec l’ère Talich, celle d’Ančerl dans l’histoire de la Philharmonie tchèque est sans conteste la période où l’orchestre connaît l’évolution qualitative la plus franche.

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    Comment avez-vous sélectionné les enregistrements radio réédités ? Je suppose que ce n’est qu’une partie du legs préservé par les archives de la Radio ?

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    Nous avons opéré un choix d’après trois paramètres : le répertoire, la qualité interprétative et l’état technique de l’enregistrement. Je ne voulais pas faire doublon avec le répertoire qui est déjà publié avec une haute qualité technique dans la collection Ančerl Gold Edition (note : collection éditoriale qui est parue chez Supraphon entre 2002 et 2008 et rassemble 48 CDs d’enregistrements de Karel Ančerl). Mais la collection qui paraît maintenant saisit peut-être encore mieux le répertoire avec lequel la Philharmonie d’Ančerl se présentait à ses concerts d’abonnement. Ančerl donnait beaucoup d’œuvres de ses contemporains, et certaines d’entre elles ne résistent plus au regard actuel. Nous avons été contraints de renoncer à d’autres enregistrements à cause de leur très mauvaise qualité technique. Elle est parfois due à un matériel de mauvaise qualité ou à de la « maladresse » lors de la captation elle-même, d’autres bandes magnétiques ont souffert au fil des décennies d’avoir été copiées à plusieurs reprises.

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    En quoi Karel Ančerl est-il différent en concert et en studio ?

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    Je commencerais par ce qui reste le même : l’énergie, la passion et l’engagement _ voilà qui est rn effet très important. Les différences sont prévisibles : les enregistrements de studio sont fignolés dans le détail, tandis qu’en concert parfois la mise en place ou la justesse échappent un peu. Il faut se rappeler qu’à l’époque les enregistrements live étaient réellement une captation d’un seul concert sans possibilité de retouches après coup. La technologie d’aujourd’hui permettrait certaines corrections, mais nous avons décidé sur ce plan de ne pas toucher aux enregistrements et de leur laisser leur pleine valeur documentaire. Malgré cette imperfection, je dois dire que certains de ces enregistrements ont une atmosphère extrêmement vivante _ voilà _ impossible à créer en enregistrant en studio. On espère que l’auditeur y trouvera la récompense d’une certaine imperfection technique.

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    Si on regarde la liste des œuvres présentées dans ce coffret, il y a beaucoup de musique contemporaine, du moins contemporaine du chef. Est-ce un reflet de son activité de concerts ou bien un choix de votre part pour mettre en exergue des œuvres qu’il n’a pas enregistrées en studio ?

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    Ančerl était considéré dès les années 1930 comme un spécialiste de musique contemporaine. Il se moquait même un peu des auditeurs « traditionnels » pour qui la musique finissait au plus tard avec la Première Guerre mondiale, et qui se froissaient avec toute nouveauté. Il aimait la musique dans toute son amplitude, et beaucoup d’œuvres de ses contemporains ont bénéficié d’une exécution, parfois même à l’étranger, grâce à son engagement personnel. En ce sens il était très progressiste, et les jeunes compositeurs tchèques d’aujourd’hui regrettent peut-être de ne pas avoir « leur Ančerl ». C’est ainsi que, grâce à lui, quantité d’œuvres contemporaines n’ont pas fini réduites à n’être que des partitions poussiéreuses dans des archives, mais qu’on les connaît par des enregistrements _ c’est en effet important. Cette musique lui était certainement proche aussi grâce à ses études de musique en quarts et sixièmes de ton avec Alois Hába, et -on le sait peu- parce qu’il avait étudié la percussion, ce qui lui a donné un sens frappant du rythme _ une remarque décisive ; je suis personnellement très sensible au rythme.

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    Les enregistrements de ce coffret ont été réalisés entre 1949 et 1968. Le style du chef a-t-il évolué entre ces deux dates ?

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    Le style, je ne sais pas, mais je dirais que sa compréhension s’est approfondie, en particulier dans le domaine du répertoire romantique. Mais ce qui, à coup sûr, s’est développé, c’est la compréhension avec l’orchestre. Au début, la Philharmonie tchèque était vis-à-vis d’Ančerl en opposition ; les musiciens, après l’émigration de leur chef Rafael Kubelík, avaient choisi pour son successeur Karel Šejna, et voilà qu’Ančerl est apparu avec le décret de sa nomination par le ministère de la Culture. Ils le percevaient comme un intrus, et il a fallu des années pour qu’ils surmontent leur vexation et commencent à percevoir les qualités _ vraiment _ exceptionnelles d’Ančerl. Je pense qu’on peut sentir dans les enregistrements ce processus d’« adoucissement » et de rapprochement progressifs. Le paradoxe est que la nomination d’Ančerl n’était due alors ni à son adhésion au parti communiste ni à une faveur particulière du ministre de la Culture, mais à une initiative du violoniste David Oïstrakh, appuyée sur son expérience artistique forte avec le chef _ encore une remarque très intéressante.

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    Avec le passage du temps, les noms de grands artistes du passé tombent parfois dans le brouillard de l’oubli. Le nom de Karel Ančerl est-il toujours vivant parmi la jeune génération d’artistes en République tchèque ?

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    Je crois que oui. Je connais plusieurs jeunes artistes excellents qui continuent de revenir aux enregistrements d’Ančerl et y trouvent une forte source d’inspiration. Personnellement, je considère l’époque Ančerl _ 1950 – 1968 _ comme la période la plus marquante de la Philharmonie tchèque _ rien moins ! _ tout au moins jusqu’à la « seconde venue » de Jiří Bělohlávek. Tant que de jeunes artistes y chercheront une inspiration musicale et passeront au-dessus des limites techniques de l’époque, Ančerl restera toujours d’actualité.

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    Quelle est la politique éditoriale de Supraphon vis-à-vis des enregistrements historiques et d’archives ? Avez-vous des projets futurs dans ce domaine ?

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    Je resterai à un niveau général : nous souhaitons poursuivre notre découverte d’enregistrements historiques non encore édités et la réédition d’enregistrements déjà parus qui ont une qualité interprétative exceptionnelle. Pour les projets de l’ampleur de ce coffret Ančerl, ça dépend souvent de l’obtention d’un subside, mais je crois que nous avons encore des choses à découvrir.

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    Nous remercions vivement Marianne Frippiat pour la traduction de ce texte.

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    Le détail du coffret sur le site de Supraphon : www.supraphon.com/articles/383-karel-ancerl

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    Propos recueillis par Pierre-Jean Tribot

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    Crédits photographiques : Supraphon Archives

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    À suivre !

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    Tout à fait personnellement, j’apprécie beaucoup la culture et la musique tchèques ;

    de même que j’adore Prague.

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    Et je profite de cette occasion « tchèque » – ci pour adresser un très vivant salut à mon ami Vaclav Jamek !

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    Ce lundi 1er août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • L’indispensable monument discographique de ce hapax que sont les 6 Livres de Madrigaux (publiés de 1591 à 1611) de Carlo Gesualdo (1566 – 1613), par La Compagnia del Madrigale (de mars 2000 à octobre 2019) : un chef d’oeuvre sublime !

    Si l’art de Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613)

    est un sublimissime hapax (et sommet !) de la musique européenne _ ses géniaux 6 Libri di Madrigali ont été publiés entre 1691 et 1611 _,

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    l’interprétation que viennent d’en donner, pour le label Glossa, en des enregistrements allant de mars 2000 jusqu’à juillet 2020, et pour des CDs parus de 2001 à 2022, les chanteurs extraordinaires de La Compagnia del Madrigale _ d’une durée totale de 6 h 39′ et 6″ _,

    atteint elle aussi au sublime ;

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    venant en quelque sorte prendre le relais de l’Intégrale magnifique, pour le label Rivoalto, donnée par le Quintetto Vocale Italiano, sous la direction d’Angelo Ephrikian, dans un très longtemps insurpassé enregistrement, à Milan, entre le 10 janvier et le 30 septembre 1965 _ réunis, par exemple, en un coffret de 6 CDs newt on classics 88021 36, paru, lui, en 2012 ; pour une durée totale de 6h et 1′.

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    D’abord membres de l’ensemble La Venexiana,

    fondé en 1995 par Claudio Cavina (Terra del Sole, 14 septembre 1961 – Forli, 30 août 2020 _ Claudio Cavina a été victime d’un AVC le 24 décembre 2016 ; l’écouter ici dans le merveilleux « Zefiro torna«  (de 5′ 12″) du « Libro Nono di Madrigali«  de Claudio Monteverdi, enregistré en juillet 2006 à Modène… _) et Rossana Bertini,

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    Daniele Carnovich (Padoue, 1957 – Fontarabie, 20 septembre 2020), Rossana Bertini et Giuseppe Maletto, ont fondé en 2008 leur merveilleux ensemble La Compagnia del Madrigale,

    dont la discographie est d’une qualité tout à fait exceptionnelle !

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    Écoutez à 8′ 26″ de ce podcast d’hommage de Rossana Bertini à Daniele Carnovich _ en date du 22 septembre 2020 ; cf aussi mon article du 25 septembre 2020 : « « … _,

    leur interprétation du sublime « Moro lasso » du « Sesto Libro di Madrigali » (de 1611) de Carlo Gesualdo _ enregistré en juillet 2012 à Roletto…

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    Un sublime radieux !

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    Ce dimanche 31 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’alchimie rendue évidente, solaire, de la sublime pureté ravélienne en le velours subtil de ses secrets, ou une révélation : une batterie d’éloges sur l’éclat jubilatoire du CD Roth-Tiberghien-Degout comportant la merveille des 2 Concertos pour piano et orchestre de Maurice Ravel…

    Ce samedi 30 juillet 2022,

    je consacre une troisième fois un article de mon « En cherchant bien » à l’admirable réalisation, pour Harmonia Mundi,  du CD « Maurice Ravel Concertos pour piano Mélodies« , le CD HMM 902612 des Siècles, avec Cédric Tiberhien et Stéphane Degout, sous la baguette de François-Xavier Roth.

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    Mes deux articles précédents, «  « et «  », dataient du 12 août 2020 et du 31 mai 2022.

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    En y ajoutant l’article de Jean-Charles Hoffelé, en son Discophilia, « Vers le sombre «, en date du 28 mai 2022 ;

    et celui de Patrice Lieberman, sur Crescendo, « Ravel plus magique que jamais, avec Cédric Tiberghien, François-Xavier Roth et Les Siècles « , en date du 24 juin 2022…

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    Ce soir, 30 juillet, c’est l’article de Matthieu Roc intitulé « Stéphane Degout, Cédric Tiberghien, François-Xavier Roth et Les Siècles dans Ravel «, paru le 27 juillet dernier sur le site de ResMusica,

    que je tiens à citer ici… :

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    François-Xavier Roth poursuit chez Harmonia Mundi son exploration de répertoire ravélien, avec le Concerto pour la main gauche, le Concerto en Sol, et la Pavane pour un Infante défunte. Mais le fil conducteur de ce disque est le piano de Cédric Tiberghien, qui accompagne aussi Stéphane Degout dans un florilège de mélodies.

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    Le programme commence avec un éblouissant _ voilà qui d’entrée est dit _ Concerto en Sol, explosif de joie, de couleurs, de contrastes enivrants _ voilà _ dans l’Allegramente. Les couleurs magnifiques _ oui _ de l’ensemble Les Siècles et ses splendides instruments d’époque _ c’est bien sûr important… _, le piano boisé et distingué (un merveilleux Pleyel de 1892) sous les doigts enchantés de Cédric Tiberghien _ oui, oui, oui _ nous entraînent vers l’ivresse _ ravélienne. L’introspection sereine et progressivement fantasque _ voilà : beaucoup de Ravel est là aussi, dans ce glissement à la fois contrôlé et éclaté… _ de l’Adagio assai nous reconduit tout naturellement vers l’espièglerie déjantée _ oui _ du Presto. Une interprétation ébouriffante et régénérante _ les deux.

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    La Pavane pour une infante défunte est insérée à mi-parcours, pour varier un peu l’écoute parmi les mélodies pour baryton et piano. Cédric Tiberghien y démontre comme on peut y être dansant, brillant, voire étincelant _ oui  _ tout en restant dans un registre nostalgique et méditatif _ vers le sombre... Un modèle d’équilibre, qui regarde moins vers Chabrier (Ravel dixit) que vers les Gymnopédies de Satie _ sans jamais y céder : seulement un regard…

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    Le Concerto pour la main gauche est encore l’occasion de jouer des contrastes _ oui _, de la brillance _ ravélienne _, des couleurs _ toujours. À partir des douleurs sombres des premiers accords _ voilà _, émerge progressivement une exubérance flamboyante qui les transcende et les balaye _ à la Ravel, profondément. La joie du son l’emporte _ voilà _ sur la souffrance et la mutilation, et c’est bien le sens de cette œuvre magnifique _ pour Paul Wittgenstein _ qui est exalté. Rien de lugubre ni de macabre _ assez aux antipodes de Ravel, en effet. Des interrogations, certes, même des tâtonnements _ oui _ admirablement rendus (l’Andante), mais les réponses sont tellement éclatantes et jouissives ! _ c’est tout à fait cela ; ou l’idiosyncrasie ravélienne… Encore une grande réussite pour François-Xavier Roth, qui sent la pulsation _ oui, vibrante _ de cette musique de Ravel comme personne, et qui sait y jouer des couleurs, des nuances _ voilà _ avec un bonheur réellement communicatif.

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    La virtuosité jusqu’au-boutiste de Cédric Tiberghien se ressent aussi dans l’accompagnement des mélodies chantées par Stéphane Degout. Leurs esthétiques peuvent paraître complètement différentes _ certes, au départ de leur inspiration _ : autant Tiberghien va à fond dans son expressivité avec un toucher chantant, percussif, autant Degout semble gourmé, concentré sur sa ligne et les intentions qu’il veut donner à son phrasé. Et pourtant, ces deux discours se superposent très bien et s’enrichissent mutuellement _ oui. Les Don Quichotte à Dulcinée font pleurer dans sa chanson épique et rire dans la chanson à boire. Tiberghien donne une dimension cosmique à la prière, et décrit l’ivresse et les éructations de Don Quichotte avec un humour digne des Marx brothers. Stéphane Degout est évidemment parfait _ comme toujours : quel chanteur ! _ de noblesse, de grandeur et d’émotion à la fois contenue et délirante _ encore un trait éminemment ravélien.

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    Le sommet est atteint dans le Kaddish, morceau de bravoure ô combien difficile, donné ici en araméen et avec accompagnement de piano. Stéphane Degout réussit à ne pas trop prendre sa stature de prophète (ce qui lui serait pourtant facile), et à rester orant, concentré sur le sens de ce texte antique et admirable, prière de deuil et action de grâce. Les vocalises de la fin, faciles pour cet ancien baroqueux, rayonnent d’espoir _ oui _, et la louange exprimée est proprement admirable _ absolument.

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    Sainte et les Trois poèmes de Stéphane Mallarmé sont au même niveau dans ce programme riche et varié. Réellement, un disque exemplaire _ voilà _ : tous les interprètes y excellent, et Ravel triomphe _ oui, oui, oui.

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    Maurice Ravel (1875-1937) :

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    Concerto en Sol M. 83 ;

    Pavane pour une infante défunte M. 19 ;

    Concerto pour la main gauche M. 82 ;

    Don Quichotte à Dulcinée M. 8441 ;

    Deux Mélodies hébraïques A. 22 ;

    Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé M. 64 ;

    Sainte M. 9.

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    Cédric Tiberghien, piano Pleyel 1892 ;

    Stéphane Degout, baryton ;

    ensemble instrumental Les Siècles, direction : François-Xavier Roth.

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    1 CD Harmonia Mundi.

    Enregistré en décembre 2020 et septembre 2021 à la Philharmonie de Paris.

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    Livret en français et en anglais.

    Durée : 73:54

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    Une réalisation discographique qui fait pleinement honneur au génie musical singulier et si personnel de Ravel,

    homme aussi ferme et discret en sa vie que compositeur parfait à l’œuvre et en son œuvre. 

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    Et c’est par de telles splendides réussites musicales discographiques que le fascinant mystère Ravel révèle, peu à peu, lentement, à nous qui l’admirons, ses pudiques, discrets et suprêmement élégants, secrets…

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    …

    Rendons grâce à ces musiciens et à leurs performances travaillées et inspirées, qui nous les font, ces subtils secrets, pas à pas, approcher, et délicatement musicalement, avec raffinement, mais sans maniérismes, solairement, comme ici, jouir de leur alchimie naturelle, spontanée, et tellement évidente en sa pureté ravélienne ainsi à la perfection révélée…

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    Ce samedi 30 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa