Auteur/autrice : francislippa

  • Où se recoupent les perspectives fonctionnelles du Directeur de recherches et publications du Palazzetto Bru-Zane, et celles de l’objet ici ciblé à explorer, « l’exposition de la musique », du livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris, 1878) » : la féconde et passionnante piste de recherche travaillée par Etienne Jardin, sur un pan jusqu’ici délaissé de la musique française, entre Berlioz et Debussy

    C’est autour du concept  même d’ « Exposer la musique« ,

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    tel qu’il s’est initialement formé et développé dans l’esprit inventif, patient et à terme efficace, d’Ernest L’Épine (Paris, 12 septembre 1826 – Paris, 4 février 1893), le promoteur finalement heureux de l’intuition originale publiquement exprimée dès 1854, puis rappelée avec énergie en 1863 et 1876 _ « les textes d’Ernest L’Epine réclament, pour la musique, l’équivalent du Salon de peinture et de sculpture« , lit-on  à la page 93 du livre d’Étienne Jardin ; et « sa formulation à la veille de chaque exposition parisienne _ de 1855, 1867 et 1878 _ indique bien que ce type d’événement apparaît à son auteur comme un moment stratégique pour lancer ses auditions périodiques« , qui lui tiennent puissamment à cœur !.. _ d’intégrer à l’Exposition universelle de Paris, qui doit se tenir au Trocadéro, en 1878, une série éminemment spectaculaire pour le public d’auditions de concerts, qui se dérouleront effectivement du 6 juin au 10 novembre 1878, dans une très vaste salle de concerts spécialement édifiée ad hoc pour de telles exhibitions musicales, d’une part,

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    mais aussi, d’autre part, eu égard aux fonctions mêmes de la très dynamique Fondation du Palazzetto Bru-Zane – Centre de musique romantique française, et du riche travail méthodique, précis et excellemment documenté, d’exploration de son Directeur des recherches et publication qu’est Étienne Jardin, je veux dire, ici, en cette mission d’ »exposer la musique« ,

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    et donc au carrefour-rencontre de perspectives _ naissantes, déjà, au XIXe siècle, et archi-développées aujourd’hui… _ de regards spécialement dynamisés par cet objectif très ciblé d’exposer le mieux possible au public les concerts mêmes de musique _ à une époque où n’existaient bien sûr pas encore les enregistrements discographiques ni radiophoniques… : le grand public ne pouvait donc découvrir-entendre-écouter la musique qu’interprétée effectivement au concert… _,

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    que prend place aujourd’hui le passionnant et très fécond travail de 384 pages, que vient nous offrir, avec son livre « Exposer la musique Le festival du Trocadéro (Paris, 1878)« , qui vient de paraître aux Éditions horizonsd’attente,

    Étienne Jardin.

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    Et la démarche de recherche d’Étienne Jardin se penche donc aussi, au delà de l’histoire assez récente alors des expositions universelles _ Londres, 1851 ; Paris, 1855 ; Londres, 1862 ; Paris, 1867 ; Vienne, 1873 ; Philadelphie, 1876 ; Paris, 1878 _ sur l’histoire bien intéressante, elle aussi, et bien plus en amont, des concerts publics, dans l’histoire de la musique.

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    Quant à l’usage ici, par Étienne Jardin, du terme de « festival » pour cette dense succession de 105 concerts donnés lors des cinq mois de cette exposition universelle de Paris en 1878, s’il n’est jamais prononcé par quiconque pour cette manifestation de 1878 : de fait, « les observateurs de l’époque se bornent à ne considérer que des séries de concerts, entremêlées certes, mais tout à fait dissociées. (…) La notion de festival telle que nous la connaissons aujourd’hui n’est pas encore forgée en 1878. Le mot se voit d’ailleurs encore utilisé pour désigner une grande réunion d’artistes, un concert monstre unique. Faute de terme pour le penser, l’unité de ces auditions échappe aux commentateurs« , lit-on page 298.

    Et il faut attendre 1881, avec le « Rapport administratif sur l’Exposition universelle« , pour obtenir « le premier document à traiter le festival dans son unité. Au chapitre « Notice sur les auditions musicales », après une nouvelle description par séries, le rapporteur considère le phénomène dans son ensemble et calcule tous les concerts pour donner une idée de l’ampleur de la tâche accomplie : « Ces auditions musicales, dans les 108 séances qui se sont données, dont 65 pour la France et 43 pour l’étranger (…) ont fait connaître les écoles et les interprètes de tous les pays. Quels rapprochements curieux, quelles comparaisons fécondes… », lit-on encore page 301. Voilà.

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    La venue et le rassemblement en un laps de temps limité _ au moins une journée au cours des cinq mois allant du 6 juin au 10 novembre 1878 _ et en un même lieu _ au Trocadéro, à Paris _ d’une énorme foule, tant nationale qu’internationale _ les moyens de transport ont connu un formidable essor au XIXe siècle _, fournissait ainsi une formidable occasion à saisir de mettre en présence, aux yeux aussi des très nombreux spectateurs, et pas seulement à leurs oreilles, ce qui se donnait à connaître en matière de composition musicale à leur époque _ depuis 1830 surtout, et après la précédente exposition universelle à Paris, en 1867 _ et en les diverses nations représentées pour l’occasion à l’exposition ;

    et cela en une période de l’histoire de la musique plutôt négligée jusqu’ici par les historiens de la musique en France, disons entre les noms majeurs de Berlioz et de Debussy…

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    Étienne Jardin précisant, à ce sujet, que le choix des œuvres présentées à écouter interprétées aux concerts donnés à ce « festival » du Trocadéro de 1878, selon la sélection de la commission réunie ad hoc lors de multiples séances de préparation, privilégiait le point de vue des compositeurs demandeurs de présentation-exposition de leurs œuvres, plutôt que celui des attentes supposées de la part du public, très divers, susceptible d’assister à ces auditions de musique interprétées par les instrumentistes de l’orchestre et les chœurs de chanteurs, voire au grand orgue Cavaillé-Coll construit expréssément pour l’événement :

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    « Le concert montre les interprètes. Son public vient entendre des pièces dont il contemple l’exécution. (…) La musique, au concert, est exhibée pour elle-même« , lit-on ainsi page 33…

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    Ce mardi 5 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une bien belle réalisation discographique vivaldienne de Paul Agnew : le CD « The Great Venetian Mass », autour du Gloria RV 589 : un superbe essai de reconstitution d’une messe complète du prete rosso…

    D’Antonio Vivaldi (1678 – 1741),

    lui si longtemps durablement en poste à l’Ospedale della Pieta de Venise,

    il est assez étrange que continue de nous faire défaut, dans les archives retrouvées et conservées du célébrissime prete rosso, la partition intégrale d’une messe complète…

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    C’est en essayant de remédier à pareille fâcheuse anomalie pour notre plus grand plaisir musical,

    que Les Arts Florissants et Paul Agnew, viennent aujourd’hui nous proposer, autour du justement fameux Gloria RV 589, pareil essai, et aussi superbement réussi (!), de reconstitution d’une telle messe

    que cette réalisation du CD Harmonia Mundi HAF 8905358…. 

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    Ce lundi 4 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un bouleversant et grandiose hommage, hier samedi 2 juillet à 15h 30, à Eduardo Lourenço, penseur majeur et crucial, à la Halle des Chartrons, à Bordeaux

    Hier, à 15h 30, à la Halle des Chartrons, à Bordeaux, un événement culturel extrêmement émouvant _ je l’ignorais ; et ne m’y attendais pas du tout _, dont témoigne ce courriel de remerciement a posteriori à mon amie Martine Fragoas, qui avait eu la gentillesse de m’informer samedi matin même de la présence à Bordeaux _ pour une rencontre-hommage, en ce lieu-là, à Eduardo Lourenço _, de mon amie Sylviane Sambor, laquelle avait fait part à Martine de son plaisir à m’y rencontrer… 

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    Chère Martine,
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    alors que, grâce à toi, je me suis rendu, vers 14 h, à la Halle des Chartrons afin d’avoir le plaisir de converser un peu avec Sylviane Sambor _ toujours merveilleuse de positivité féconde ! _,
    c’est en fait tout l’après-midi que j’ai passé là,
    pour assister d’abord à l’hommage à Eduardo Lourenço, à 15 h 30…
    Cet hommage fut non seulement profond et bouleversant, mais même grandiose :
    _ par la lecture d’un merveilleux texte d’Eduardo Lourenço, Montaigne ou la vie écrite, écrit directement en français, à Vence le 28 juin 1992 (et sur la demande de Sylviane pour ses Éditions de L’Escampette),
    _ par un témoignage précis et développé de Sylviane elle-même sur ses diverses riches rencontres avec Eduardo Lourenço _ en particulier pour son magnifique très marquant Carrefour des Littératures _,
    _ mais aussi par un discours extraordinairement puissant de Manuel Dias Vaz,
    qui, à la fin, a fait entonner à l’assistance entière, debout, le « Grandola Vila morena » de ton cousin Zeca Afonso…
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    A mon arrivée à 14 h, Sylviane m’a très gentiment invité à venir prendre un café avec les organisateurs de cette manifestation ; et les échanges de la conversation, déjà, ont été passionnants.
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    Mieux encore, une des participantes de cette riche conversation ayant cité le nom de Blaye où elle organisait prochainement des manifestations culturelles,
    j’ai prononcé le nom de Bourg-sur-Gironde, en indiquant que venait de s’y installer, le 9 mai dernier, l’éditrice Colette Lambrichs _ des si importantes Éditions de La Différence, et maintenant du Canoë.
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    Mais j’ignorais que les parents de Sylviane habitaient Bourg-sur-Gironde.
    Et j’ai pu alors, peu après, donner à Sylviane les nouvelles coordonnées de Colette Lambrichs _ nous devons nous rencontrer bientôt _, qu’elle a pu joindre, à la suite, très vite, au téléphone :
    présente à Bourg ce dimanche pour un important anniversaire familial, Sylviane devait passer venir dire quelques mots à Colette Lambrichs à son nouveau domicile de Bourg…
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    Voilà comment fonctionnent les connexions ! et les mémoires fidèles et reconnaissantes…
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    Un grand merci, donc, chère Martine, pour cette transmission de l’information sur la très mémorable rencontre d’hier après-midi aux Chartrons en hommage au grand Eduardo Lourenço…
    Un événement marquant et proprement bouleversant.
    Manuel Dias Vaz, surtout, m’a beaucoup impressionné.
    Quelle stature !
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    Et qu’il ait été un ami très proche de ce penseur majeur qu’a été Eduardo Lourenço (Sao Pedro do Rio Seco, 29 mai 1923 – Lisbonne, 1er décembre 2020) _ tous deux sont originaires de la région de Guarda _ permet peut-être de mieux comprendre sa propre dimension humaine…
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    À suivre,
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    Francis
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    Ce dimanche 3 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • La pudeur la plus intime de l’idiosyncrasie de Reynaldo Hahn miraculeusement incarnée par le piano délicat sublimissime de Pavel Kolesnikov…

    Ainsi que l’indique Pavel Kolesnikov lui-même dans la notice du livret du CD « Reynaldo Hahn Poèmes & Valses« , le CD Hyperion CDA 68383 qui vient de paraître ce mois de juin 2022,

    ce fut l’expérience du confinement du COVID-19 « qui bouleversa le monde dans tous ses agissements » qui constitua « le moment idéal » pour le pianiste de se mettre à affronter _ enfin _, dans la perspective très concrète d’un enregistrement, « l’incroyable corpus de pièces pianistiques » de Reynaldo Hahn, qui avait provoqué, lors de sa première découverte par lui, quelques années auparavant, un « trouble initial : à première vue, j’ai eu _ alors _ du mal à appréhender ces œuvres, à entrer _ vraiment _ dedans.« 

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    Et « Ce fut Éros caché dans les bois et particulièrement sa sonorité _ assez extraordinaire, en effet _ qui agirent _ lors de la découverte initiale du piano de Reynaldo Hahn par Pavel Kolesnikov _ comme éléments déclencheurs. Il y avait là quelque chose d’intrigant, de programmatique et pourtant d’un peu abstrait. Il est singulier qu’une œuvre puisse à ce point s’inscrire dans l’empire du doute, la scène n’étant réellement ni de ce monde ni d’un autre monde et n’appartenant ni au domaine des dieux ni à celui des vivants.« 

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    « Passé ce premier sentiment, je me suis _ alors _ laissé gagner par la musique, qui est elle-même à la fois vague et précise. Voilà comment je suis passé d’une œuvre l’autre, comme un enfant tenant un sac de bonbons dont le niveau baisse à mesure que sa faim de sucre se déchaîne. Certaines pièces me laissèrent indifférents, mais d’autres _ nombreuses _ me renvoyaient à ma première impression de mystère, là où l’auditeur est à la lisière de ce qui lui est familier.« 

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    Mais cette musique _ si rare en la puissante mais si discrète étrangeté de son idiosyncrasie _ décidément résistait…

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    Ce n’est que « les années passant _ que _ j’ai compris qu’il y avait un temps pour tout, et qu’il ne fallait jamais forcer une adhésion. Je me suis fait confiance, et j’ai rangé le recueil, pour mieux y revenir ensuite« .

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    De fait, au moment de la sidération si puissante de l’expérience de l’enfermement pour le COVID-19,

    ce fut « la torpeur du temps distendu, une grosse biographie de Proust dans les mains, et _ surtout _ ce vaste champ de réflexion qui se dégageait par contrainte dans ma vie, _ qui _ apparurent comme des ingrédients _ paradoxalement _ providentiels.

    Après avoir procrastiné pendant quelques jours, je pris mon courage à deux mains et je me suis mis à imaginer l’enregistrement _ à réaliser. L’idée de départ était relativement simple et en grande harmonie avec mon précédent projet d’enregistrement des Variations Goldberg (CDA 68338) : tenter de construire les sons sur la base d’une présence imaginaire de l’interprète _ chose impossible au concert vu qu’il se tient physiquement devant les auditeurs _ et offrir de s’ouvrir _ soi, pleinement _ à une sorte d’écoute intérieure. Surtout ce qui me plut par-dessus tout fut d’adopter une esthétique de travail que j’avais appliquée à la musique de Bach et de la confronter désormais à une œuvre réputée aux antipodes de celle-ci.« 

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    Mais « comment _ donc _ y pénétrer par un _ si _ minuscule trou de serrure ? C’est la qualité insulaire de l’œuvre de Hahn : ses beautés fragiles sont comme protégées par des océans d’incertitudes, où tout est vague et protège son expression, à la fois minuscule et expressive.« 

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    Et de fait « il y a quelque chose de très apaisant dans la manière dont Hahn observe et agence les minuscules touches d’émotion : nulle arrogance architecturale, mais seulement de la tendresse, une grande tendresse. J’y vois presque quelque chose d’enchanteur, un funambulisme entre la clarté, l’élégance et la liberté d’expression _ voilà tout Hahn en sa singulière et si rare idiosyncrasie… C’est l’art d’habiter sa musique sans volonté de la posséder« .

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    Et c’est ainsi que « en ce début de crise _ pour Pavel Kolesnikov confiné alors à son domicile londonien _, Reynaldo Hahn fut ma planche de salut« …

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    Le résultat,

    cet enregistrement-ci de 19 des 53 pièces « Rossignol éperdu« , et de 6 des 11 « Premières Valses » de Reynaldo Hahn,

    est un prodigieux miracle d’intelligence de la sensibilité de ce compositeur si fin, si racé, si pudique…

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    De ces œuvres pour piano seul de Reynaldo Hahn,

    ma discothèque comprenait déjà

    d’une part le double CD « Le Rossignol éperdu » (Passavant Music PAS 114273), des 53 pièces de ce recueil, par Bernard Paul-Reynier, enregistré en mai 2014 ;

    et d’autre part, le CD « Reynaldo Hahn Piano Works » (Pro Piano 224538), comprenant les 11 « Premières Valses« , par Laure Favre-Kahn, enregistré à New-York le 11 mars 2003.

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    Mais l’interprétation sublimissime de délicatesse de Pavel Kolesnikov, ici, emporte tout !

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    Cf aussi mon article du 22 mars dernier : « « ,

    rédigé au moment de ma lecture passionnée de « L’Autre XXe siècle musical » de l’ami Karol Beffa, à l’oreille et au goût si magnifiquement perspicaces…

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    À la page 55 de ce livre important, Karol Beffa résume ce qu’il qualifie de « grand secret » de Reynaldo Hahn, « celui du charme« .

    Et « par ce charme _ prévenait-il _, on ne saurait entendre le mignon, le joli, le mignard complaisant, mais le charme au sens de carmen, qui désigne en latin le sortilège.

    Hahn le charmeur est un enchanteur, un sorcier« .

    On ne saurait mieux dire.

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    Et ce merveilleux CD enchanteur « Reynaldo Hahn _ Poèmes & Valses » de Pavel Kolesnikov, nous fait approcher au plus près de la magie unique de ce sortilège singulier de l’art si « naturel » de Reynaldo Hahn,

    si puissant et pénétrant en sa pudeur si délicate et presque fragile…

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    Ce samedi 2 juillet 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa