Auteur/autrice : francislippa

  • Une nouvelle pépite discographique : le CD « Biber Violin Sonatas » de Lina Tur Bonet et Musica Alchemica (Glossa GCD 924701) ; avec une prise de son superlative de Jean-Daniel Noir…

    Heinrich-Ignaz-Franz Biber (Wartenberg, 12 août 1644 – Salzbourg, 3 mai 1704) est un de mes compositeurs fétiches !

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    Or voici que vient à mon oreille un tout récent CD du label Glossa, le CD « Biber Violin Sonatas » GCD 924701, de la violoniste virtuose Lina Tur Bonet et son Ensemble Musica Alchemica : immédiat coup de foudre pour cette interprétation superlative, qui fait grimper aux rideaux ;

    et dont je m’empresse de noter aussi le producteur-ingénieur du son : Jean-Daniel Noir, dont j’avais récemment relevé le nom pour sa performance d’enregistrement pour plusieurs magnifiques CDs _ cf mon article du 21 mai dernier : «  » ; et son impressionnante discographie…

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    Ce mardi 7 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • Pier-Paolo Pasolini, fondamentalement poète en les diverses facettes de ses diverses expressions : un superbe entretien de René de Ceccatty avec Jacques Henric pour Art Press

    L’année Pasolini 2022 _ des 100 ans de la naissance de Pier-Paolo Pasolini, le 5 mars 1922 à Bologne _

    nous offre une nouvelle contribution lucidissime de l’ami René de Ceccatty,

    en un très riche et très pertinent entretien, très vivant, pour Art Press, avec Jacques Henric,

    intitulé « pier paolo paSoliNi cinéaste de poésie » :

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    pier paolo paSoliNi cinéaste de poésie

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    Pasolini avec sa mère. 1962. (Bridgman Images/AGF)

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    René de Ceccatty

    Avec Pier Paolo Pasolini

    Éditions du Rocher, 560 p., 24 euros

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    René de Ceccatty

    Gallimard, « Folio biographies », 320 p., 9,80 euros

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    Pier Paolo Pasolini
    Descriptions de descriptions
    Traduit par René de Ceccatty Manifeste ! , 450 p., 23 euros

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    Pier Paolo Pasolini

    Pasolini par Pasolini

    Entretiens avec Jon Halliday Traduit par René de Ceccatty Seuil, 240 p., 32 euros

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    L’anniversaire de la naissance de Pier Paolo Pasolini bénéficiera-t-il de la même couverture de presse que celle de Jack Kerouac ? Si les biographies de deux des grandes figures littéraires du siècle passé permettent de trouver des affinités entre elles, l’histoire dans laquelle elles ont été plongées l’une et l’autre n’est pas la même : les États-Unis ne sont pas l’Europe, et ne sont surtout pas l’Italie ; les Américains n’ont pas vécu sous un régime fasciste. Kerouac et Pasolini n’ont pas connu la même mort. René de Ceccaty, dans la récente réédition _ complétée d’un très important chapitre inédit  _ de la biographie qu’il avait consacrée à Pasolini en 2005, revient précisément sur les conditions de l’assassinat de celui-ci, il en relate les faits et en analyse les dernières hypothèses.

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    Si la personnalité et l’œuvre de Kerouac peuvent aujourd’hui relativement faire consensus, il n’en est donc pas, et il n’en sera jamais ainsi avec Pasolini, tant les engagements politiques, idéologiques, religieux, littéraires, moraux de l’auteur de l’Expérience hérétique et des Dernières Paroles d’un impie ont été et restent objets de scandales pour toutes les bienpensances, de gauche, de droite, d’extrême droite et d’extrême gauche. Qu’on se remette en mémoire les polémiques qui l’opposèrent à l’ensemble des intellectuels et écrivains italiens, inclus ses propres amis. Nous avons choisi d’interroger un des meilleurs commentateurs français de l’œuvre de Pasolini, René de Ceccatty, essayiste, traducteur, écrivain lui-même. Outre sa biographie de Pasolini, il publie aux éditions du Rocher Avec Pier Paolo Pasolini. Il est aussi le traducteur et l’auteur de la postface des derniers entretiens qu’a donnés Pasolini avant sa mort, publiés par le Seuil, Pasolini par Pasolini, un riche album illustré de photos, photogrammes et archives. À signaler également Contro-Corrente, un récit de voyage (illustré) de Chantal Vey « sur la route de Pier Paolo Pasolini » (Loco, 256 p., 29 euros). Et ce rappel : à voir ou revoir, le film de Luwig Trovato tourné en 1984 grâce à l’aide de son ami Ninetto Davoli, Pasolini, la langue du désir, pour les entretiens avec le père Virgilio Fantuzzi, jésuite ami de Pasolini, avec Laura Betti, Alberto Moravia, Bernardo Bertolucci, Ettore Scola…

    Jacques Henric

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    ■ Les entretiens de Pasolini avec Jon Halliday, inédits en France, parus dans l’album du Seuil, ont-ils modifié l’image que vous aviez de la personnalité de l’écrivain ?

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    Pasolini, durant toute sa vie, a donné d’innombrables entretiens, mais certains, comme celui avec Jean Duflot, ou bien sûr le dernier, accordé à Furio Colombo, sont particulièrement éclairants. Il en restait un troisième, essentiel, parmi la somme d’inédits (rappelons que les œuvres écrites complètes publiées en Italie il y a une vingtaine d’années sont l’équivalent de dix Pléiades, c’est-à-dire plus de vingt-mille pages). Jon Halliday, journaliste irlandais, futur spécialiste du cinéma et de la politique asiatique (la Chine et le Japon) et auteur d’une biographie de Mao, était dans les années 1960 en Italie et a proposé à Thames & Hudson une monographie sur Pasolini qui commençait à être largement connu dans le monde, notamment grâce à son film l’Evangile selon saint Matthieu (1964). Plutôt que d’écrire l’essai qu’on lui demandait, il a préféré donner la parole au cinéaste poète pour mieux le faire connaître. Et tout en l’orientant sur la genèse de ses films, il est soucieux de dessiner l’arrière-plan personnel, biographique et politique. Sachant que son interlocuteur était (nous sommes en 1968) très engagé dans la réflexion politique, connaissant ses déboires avec la Démocratie chrétienne, mais aussi avec la ligne droite du PCI, il l’incite à exprimer complètement ses positions, ses différends, ses choix. Mais il tient à ce que Pasolini dresse lui-même son tableau familial et retrace son parcours. C’est donc un document assez rare sur la vie et l’œuvre de Pasolini, sur la genèse de presque tous ses livres (recueils de poèmes, romans, essais) et films, depuis sa naissance, jusqu’en 1968. Un entretien supplémentaire sur Théorème que Pasolini était en train d’achever, sera ajouté lors de la publication, l’année suivante, et, pour la version italienne (qui est posthume et ne parut qu’en 1992), le journaliste complétera le livre par une conversation sur les Contes de Canterbury, tourné en 1971-72.

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    Que l’entretien ait eu lieu au printemps 1968 n’est évidemment pas anodin. Pasolini est amené à clarifier ses positions, en tant qu’artiste, mais aussi en tant que citoyen, ainsi qu’il le fera désormais systématiquement, dans les dernières années de sa vie, à travers des chroniques souvent provocantes et brûlantes, réunies sous les titres respectifs des Écrits corsaires, du Chaos, des Lettres luthériennes. Mais ici, c’est davantage le cinéaste qui prend la parole. Un cinéaste très particulier, dans la mesure où il est arrivé relativement tard derrière la caméra (à 39 ans), alors qu’il est déjà considéré comme un poète majeur (avec les Cendres de Gramsci et la Religion de mon temps, ainsi que le Rossignol de l’Église catholique) et un romancier qui a apporté une véritable révolution linguistique, en mettant en scène des petits délinquants de la banlieue de Rome, dont il transcrit le langage (enregistré avec l’aide de son ami Sergio Citti), sous une forme littéraire qui n’avait jamais eu de précédents. Cette innovation stylistique était considérée également comme un geste politique, contesté par les communistes, dérangés de voir le sous-prolétariat et la pègre supplanter, dans la mythologie des classes populaires, la classe ouvrière… Par ailleurs, l’inspiration poétique, où se mêlaient marxisme, christianisme, sentiment mystique de la nature, vénération du patrimoine artistique, essentiellement pictural, et conscience historique, aveux sexuels, crudité et raffinement linguistique, était inhabituelle. On quittait avec lui le réalisme, mais non la réalité. Subtilité qu’il eut du mal à faire comprendre et qui lui valut pas mal de déboires. Dans ces entretiens, Pasolini est donc amené à justifier de nombreux aspects de sa vie personnelle, de son engagement politique, de sa lecture de la littérature et de sa perception du cinéma, et à faire comprendre à son interlocuteur pourquoi nombre de ses films avaient fait l’objet d’interdictions et même de procès, pour des raisons aussi politiques que morales et esthétiques. J’avais bien entendu lu en italien dès sa parution en 1992 ce livre qui m’a paru tout à fait exceptionnel. Et il m’a été utile pour la rédaction de ma biographie de Pasolini, parue en 2005. Mais ce ne sont pas ces entretiens qui m’ont apporté, pour le chapitre additionnel _ très important ! _ de la nouvelle version parue en 2022, des éléments nouveaux, puisque j’ai simplement regroupé dans un chapitre final ce qui concerne l’enquête sur son assassinat. Ce qu’en revanche, moi-même, j’ai ajouté à ces entretiens, dans ma postface, concerne la fin de sa carrière cinématographique et littéraire, et notamment Porcherie, Médée, le Décaméron, les Mille et Une Nuits et Salò, dont Jon Halliday, forcément, ne dit rien. Nous avons décidé d’illustrer les entretiens par des photos de tournage, qui permettent de comprendre dans quelles conditions se trouvaient les comédiens et amis de Pasolini, et Pasolini lui-même. Il y a également des photogrammes qui donnent une idée des principes de son esthétique (qu’il commente) et de leur évolution (sur laquelle il a par ailleurs théorisé dans Empirismo eretico). Pasolini a toujours accompagné sa création poétique, romanesque, cinématographique d’explications ou de questionnements, et la forme dialoguée lui était très naturelle. C’était un cinéphile et un lecteur très pointu. Il avait donc l’habitude d’analyser, comme le montrent ses Descriptions de descriptions (que j’ai traduites et que Manifeste ! republie dans une version considérablement augmentée par rapport à leur première publication par Rivages).

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    HAINE DU CONSENSUS

    Comment interprétez-vous l’incompréhension avec laquelle a été reçue, en France notamment, ce qui me paraît être le chef d’œuvre de Pasolini, Petrolio ? Ma question vaut aussi pour Salò.

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    En 1995, lorsque a paru en France ma traduction de Petrolio (publié en Italie en 1992), j’ai été confronté – tout comme, en Italie, la petite-cousine et héritière de Pasolini, Graziella Chiarcossi, qui avait fini par se résoudre à sortir du tiroir ce chef-d’œuvre inachevé, resté à l’état de tapuscrit, et que très peu de lecteurs avaient eus entre les mains en dehors d’elle-même et d’Alberto Moravia ou d’Enzo Siciliano –, à une perplexité de la critique et même à une certaine hostilité. Deux problèmes se posaient avant tout : l’inachèvement de l’œuvre et son contenu. L’inachèvement était bien sûr accidentel, puisque Pasolini, qui avait commencé la rédaction vers 1972 a été assassiné en 1975 _ le 2 novembre 1975, à Ostie _, alors qu’il n’avait écrit qu’un quart probablement de ce qu’il avait imaginé. Ce devait être une œuvre monumentale. Mais l’inachèvement, la forme fragmentaire et partiellement obscure, faisaient partie du projet littéraire (et politique). Pasolini s’en exprime dans le livre même, en s’appuyant sur des principes du formalisme russe qu’il cite. Il use de divers registres, dont celui du pastiche et de la parodie, puisqu’il réécrit les Possédés de Dostoïevski, qu’il modernise et adapte au contexte italien. Mais comme il l’avait déjà fait dans Alì aux yeux bleus (recueil de scénarios, poèmes, nouvelles, fragments), il met côte à côte des textes de natures différentes. En cela, il se rapproche de livres composites comme la Tentation de saint Antoine de Gustave Flaubert ou le Satiricon de Pétrone. C’est un concentré, un compendium du savoir politique, social, métaphysique, de son temps.

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    Ce livre par ailleurs met en scène un personnage qui se dédouble (Carlo di Tetis et Carlo di Polis) et qui n’est pas l’alter ego de l’auteur, mais qui a des traits communs avec lui. Et Pasolini décrit à la fois certains de ses projets cinématographiques, reproduit certaines de ses lectures, met en scène ses amis (Alberto Moravia et Elsa Morante, entre autres), cite des hommes politiques facilement reconnaissables sous leurs noms fictifs, donne libre cours dans un chapitre désormais célèbre et volontairement très obscène (« Le terrain vague de la via Casilina ») à ses fantasmes sexuels (des rapports sexuels répétitifs et cumulatifs avec une cinquantaine de garçons en une nuit dans la banlieue désolée de Rome), enfin, et ce sera le cœur de ce livre, il se livre à une enquête sur le meurtre déguisé en accident d’Enrico Mattei, le patron de l’ENI, la société nationale italienne de pétrole, qui donne donc son titre au livre.

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    Le roman (présenté comme « poème ») contient des analyses de théorie littéraire particulièrement pointues qui en rend la lecture parfois ardue. Pour des raisons morales (comme pour ses premiers romans), le livre a choqué, surtout après son assassinat que l’on comprenait en partie comme une sorte de conséquence de ses fantasmes sexuels. Le livre semblait confirmer cette thèse. Par ailleurs l’apparent désordre du texte semblait donner raison aux critiques qui pensaient qu’il n’était pas digne d’être publié. C’est un procès que l’on fait à de nombreux posthumes. Je rapproche pour ma part ce livre d’Un captif amoureux de Jean Genet, et je pense que Pétrole tient dans l’œuvre de Pasolini une place similaire à celle qu’a tenue son livre posthume dans l’œuvre de Genet. Avec les mêmes malentendus, pour ne pas dire contresens, sur l’interprétation politique de ces longs poèmes en prose. Quand on lit Trasumanar e organizzar, qui est le dernier recueil poétique publié du vivant de Pasolini, on s’aperçoit de la grande cohérence de son œuvre et du lien qui unit ces poèmes aux pages de Pétrole. Bien que certaines pages de Pasolini, en poésie et en prose, soient limpides et lumineuses, il n’hésitait pas à publier des textes hermétiques, lui qui pourtant honnissait l’avant-garde ! Avec le temps, j’ai vu évoluer les jugements sur Pétrole, de façon de plus en plus positive, surtout chez les universitaires, mais aussi chez les enquêteurs qui ont trouvé dans Pétrole des éléments, selon eux, déterminants pour expliquer les circonstances ou plutôt les causes politiques de son assassinat.

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    En ce qui concerne Salò ou les 120 journées de Sodome, le problème est différent. J’ai assisté à la première projection mondiale du film, au Festival de Paris, le 22 novembre 1975, moins de trois semaines après son assassinat. Certains spectateurs réclamaient à grands cris l’arrêt immédiat de la séance. Le film a été vu alors à travers le filtre de ce meurtre, comme si la métaphore du sexe comme arme d’humiliation et d’extermination s’était concrétisée et objectivée dans cette tragédie. En dehors de cette dérive d’inter- prétation inévitable dans de telles circonstances, il y a eu deux sortes de contestations de ce film : certaines critiques – émanant par exemple de Roland Barthes que Pasolini admirait, sur lequel il avait écrit, mais qu’il cite, dans le générique, comme une inspiration du film et comme lecture des tortionnaires snobs, bourgeois, pervers et cultivés, ou de Michel Foucault qui s’est exprimé avant d’avoir vu le film et sur de simples préjugés – ont reproché à Pasolini d’avoir mal interprété Sade, de l’avoir « représenté », alors que l’imaginaire sadien était délibérément irréaliste et ne supportait pas l’image ; d’autres, comme Italo Calvino, ont vu, dans ce film, une dénaturation de l’histoire de l’Italie par cette représentation métaphorique qu’il jugeait hystérique et quasiment pathologique et ont contesté l’idée d’attribuer le fascisme à Sade, lui qui avait payé cher son esprit révolutionnaire, ou d’avoir réduit le fascisme à ce rituel sexuel sanglant.

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    Mais le problème fondamental est le revirement de Pasolini quant à son usage de la sexualité dans son art : jusque-là, après une période de culpabilisation assez forte sur son homosexualité vécue dans sa prime jeunesse, dont il s’était affranchi plus ou moins, mais plutôt moins que plus, ainsi qu’en témoignent ses Cahiers rouges et surtout Amado mio et Actes impurs (le titre dit tout…), le sexe libre et affirmé était une revendication de ses films et une joyeuse provocation, anticonventionnelle, antihypocrite. Le sexe peu à peu devenait un ennemi, pour lui. Il le représentait avec dégoût. Et le désir sexuel devenait une forme d’agression et d’horreur. Et il s’isolait, de ce fait, considérablement, par haine du consensus. Cela dit, ce n’était évidemment pas la première fois que Pasolini représentait le sexe de manière négative : il l’avait fait dans Médée, dans Porcherie et même, dans une moindre mesure, dans les Contes de Canterbury. Il se peut que, sur le plan biographique, l’abandon de son ami Ninetto Davoli qui s’était marié et l’avait donc trahi, ait eu une influence sur cette humeur sexuelle dépressive. Cela dit, la récente redécouverte d’un scénario intitulé la Nebbiosa (parue en français sous le titre la Nébuleuse), écrit à la fin des années 1950, et décrivant le meurtre d’un homosexuel par des voyous bourgeois à Milan, montre que Pasolini n’a cessé d’avoir une vision sombre et menaçante, menacée, de sa propre sexualité, et peut-être du sexe en général.

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    POÉSIE DU RÉEL

    Dans les nombreux textes que vous avez publiés sur Pasolini, vous revenez souvent sur l’œuvre poétique. Pour quelles raisons ?

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    J’ai publié à trois reprises des recueils de mes articles et conférences sur Pasolini, au Scorff en 1998, au Rocher en 2005 et maintenant. J’ai voulu souligner à quel point cette œuvre m’avait accompagné autant que je l’avais accompagnée. Mais ce qui m’im- portait surtout, c’était de mettre l’accent sur l’homogénéité de cette création et sur les liens explicites ou sous-jacents qui unissaient des aspects apparemment différents. Ces liens ont nom poésie. Là-dessus, Pasolini n’a aucune ambiguïté. Particulièrement dans les textes qu’il a écrits ou prononcés sur son passage de la littérature au cinéma, du langage écrit au langage imagé, il a expliqué comment il a toujours été animé, dans sa création, par une quête de la « réalité ». Son choix de la langue frioulane, plutôt que de l’italien standard, du moins dans sa jeunesse, était une réponse à une révélation : en entendant prononcer certains noms en frioulan, il avait le sentiment que la réalité de la chose désignée trouvait sa place dans le poème. Il prend l’exemple du mot « rosada » (en frioulan) au lieu de « rugiada » (en italien) pour désigner la rosée. Il était soucieux de ne pas « représenter » de façon arbitraire et abstraite la réalité, mais de la « présenter » dans le texte ou sur l’écran.

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    L’écran, c’est-à-dire le cinéma, lui offrait une possibilité, qui était, dit-il, d’utiliser la réalité (des êtres humains, des paysages, des objets, des constructions) pour exprimer la réalité. Le cinéma était le langage non écrit de la réalité au moyen de la réalité en tant que im-signes (signes imagés). Comme si le cinéma lui permettait de faire l’économie d’un intermédiaire qui aurait été le langage écrit. Mais cette démarche était une quête poétique. Je pense que Pasolini est avant tout un poète. Qu’il l’est dans toute sa création, romanesque, théorique, cinématographique, poétique. Ce n’est pas un hasard, si son acte politique le plus tonitruant (et le plus contesté) a été le poème « Le PCI aux étudiants ! ! » où il a interpellé violemment les étudiants bourgeois et a pris parti pour les policiers prolétaires. Ce coup de tonnerre, surinterprété, mésinterprété, l’a certes éloigné de certains lecteurs, mais a rappelé l’impact que pouvait avoir l’expression poétique. Quelle que soit l’opinion que l’on ait sur la valeur de l’œuvre de Pasolini, rares sont ceux qui ne conviennent pas que « Supplique à ma mère », « Marilyn » et « Au pape » sont des chefs-d’œuvre. Et je pense aussi que l’expression « cinéma de poésie » ou « poésie de cinéma » qu’utilisait Jean Cocteau s’applique parfaitement à Pasolini. C’est à travers la poésie que l’on comprend, selon moi, le plus profondément le cinéma, les romans et les essais de Pasolini. J’ai traduit plusieurs recueils intégraux (et c’est nécessaire parce que ces livres étaient remarquablement structurés), mais j’ai conçu plusieurs anthologies, parce que c’est le moyen d’avoir un regard global sur sa création et sa vie.

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    Imaginons, à l’exemple de Pasolini faisant revenir saint Paul à New York dans années 1960, que celui-là, 47 ans après sa mort, décide d’atterrir parmi nous, au plein cœur de notre actualité politique, idéologique, littéraire ; comment, vous, verriez-vous les réactions de cet « hérétique » ?

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    Il aurait une sorte de satisfaction intellectuelle paradoxale à constater que ses prévisions catastrophiques se sont vérifiées sur le plan politique (le triomphe du consumérisme et de la globalisation), sur le plan écologique (la destruction de la planète continuant la « disparition des lucioles »), sur le plan spirituel (la confusion des idéologies religieuses et la perte du sacré comme il l’a décrit dans Médée), sur le plan économique (le triomphe du cynisme comme il l’a décrit dans Pétrole), etc. Mais il aurait une réaction d’horreur devant les naufrages des migrants en Méditerranée ou dans la Manche, qui se produisent dans la quasi-indifférence de l’Europe et devant le mépris général de l’Occident à l’égard du Tiers-monde (lui qui est l’auteur de l’admirable texte « Rital et Raton », dans Alì aux yeux bleus, où il analyse les conséquences racistes des épisodes coloniaux). Ou devant la résurgence cyclique des dictatures, au Brésil, en Turquie, en Syrie, en Russie, en Corée, en Chine. Sans parler de l’épisode Silvio Berlusconi en Italie et de la caricature de Beppe Grillo. Ou de l’épisode Donald Trump. Mais demeure le mystère de sa création : aurait-il abandonné le cinéma devant la transformation des systèmes de production, aurait-il cessé de s’exprimer politiquement devant l’avilissement des débats et la médiocrisation des personnalités ? Mais il est très difficile de prolonger la vie d’un homme au-delà des limites concevables, car cela signifie de le sortir du contexte historique où il s’est développé et affirmé. Une œuvre et une personnalité, comme celles de Pasolini sont particulièrement marquées par l’histoire de l’Italie : il est né sous le fascisme, et il est mort pendant les années de plomb. Il n’a même pas eu le temps d’assister à la chute du monde communiste, par rapport auquel il avait déterminé certaines de ses positions, ni à la montée de l’intégrisme islamiste qui aurait probablement modifié sa perception du Tiers-monde et du Moyen-Orient, de l’Afrique et du continent indien. Pasolini, par ailleurs, a été beaucoup déterminé par ses amis écrivains (Giorgio Bassani, Giorgio Caproni, Attilio Bertolucci, Sandro Penna, Alberto Moravia, Elsa Morante) ou cinéastes (Federico Fellini, Mauro Bolognini, Bernardo Bertolucci). Leur disparition nous oblige à l’imaginer dans la solitude. Or je ne le conçois que dans une communauté, et j’ai du mal à l’isoler de ce contexte amical et même, du reste, d’un contexte hostile, car il a construit son œuvre avec et contre. Les conditions de production du cinéma n’ont plus aucun rapport avec ce qu’elles étaient de son vivant. Le terrorisme a changé de protagonistes et même de méthode. Et étendre son ton prophétique à une époque qu’il n’a pas connue est très hasardeux, et d’ailleurs contradictoire avec l’idée même de prophétie, qui est liée à un contexte donné, à une époque donnée. Il y a une seule personnalité qui, je pense, l’aurait étonné et l’aurait rendu un peu plus « optimiste », c’est le pape François. L’apparition de Jorge Bergoglio aurait probable- ment suscité en lui une certaine sympathie (nostalgique de Jean XXIII). Mais je n’aime pas parler au nom des morts. Et je me trompe peut-être. ■

    https://www.tagaday.fr/visu/document/doc/s1197025340/from/PANORAMA/sha/f74e9b57145c72a00f884bd2c79b7f57dedc3bf5/client/3535/pass/… 9/12

    02/06/2022 15:24 Tagaday – la veille média

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    Pasolini sur le tournage de l’Évangile selon saint Matthieu. 1964. (Ph. DR)

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    Pier Paolo Pasolini. (Ph. DR)

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    De haut en bas :

    Pasolini sur la tombe d’Antonio Gramsci. (Ph. DR).

    Pasolini, Maria Callas et Giuseppe Gentile sur le tournage de Médée. 1969. (Ph. DR)

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    Signalons la parution récente du Soldat indien, fiction historique de René de Ceccatty, aux Éditions du Canoë (176 p., 15 euros).

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    interview de René de Ceccatty par Jacques Henric

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    Une contritution importante.

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    À laquelle je me permets de joindre ici mon courriel de réception, ce matin, à 10h 51, à l’adresse de, et en remerciement à, l’ami René de Ceccatty :

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    Merci de l’envoi de cet Entretien passionnant avec Jacques Henric à propos de Pasolini !

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    J’adore les Entretiens, 
    et la vie très éclairante de cette texture à la fois aérée et serrée qu’ils permettent et offrent, à l’oral,
    d’improvisation complètement ouverte, à partir d’une question proposée, avec son inévitable (et très heureuse !) part d’inattendu,
    et de culture sédimentée année après année, au fil de patientes et exigeantes recherches personnelles et très cultivées, voire érudites, qui fait le fond de tes réponses…
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    Oui, ce texte est très riche, et merveilleusement inspiré et compétent !
    …
    Je suis loin d’être un spécialiste de Pasolini, 
    mais il me semble que tes thèses à la fois précises et assumées viennent offrir ce qu’il y a de mieux en matière d’éclairage sur l’œuvre et le parcours de vie de Pier-Paolo Pasolini.
    …
    Et ta mise en évidence de sa position-soubassement poétique me paraît en effet tout à fait fondamentale…
    …
    …
    Et je connais bien peu de personnes aussi lucides que toi en leurs regards sur le plus riche et juste de la culture j’allais dire d’aujourd’hui,
    mais ce serait bien injuste pour l’ancrage bien plus profond (par exemple ta connaissance de Dante) sur pas mal de tenants et aboutissants de cette culture contemporaine.
    …
    Et il me faut aussi me réjouir que tu aies aussi affaire, de temps en temps, à quelques interlocuteurs un peu, eux-mêmes, compétents et parfois passionnés par leurs sujets ; 
    et pas seulement à de ces cervelles creuses qui gonflent de leurs outres vides et mercenaires la plupart des medias d’aujourd’hui…
    …
    …
    D’autre part, je me réjouis d’avoir été invité par Karol Beffa à découvrir la création de son Concerto pour Accordéon et Orchestre, à Gradignan, demain mardi ;
    j’avais été émerveillé à Saint-Émilion par ses 90’ d’improvisation au piano sur « Aurore » de Murnau (de 1927).
    Je le savais passionné par cette activité d’improvisation musicale sur des films muets ; et j’ai été comblé !
    …
    Quand j’ai demandé à Karol, quels étaient ses projets présents _ nous avons bavardé un moment _,
    il m’a parlé de la création à Bordeaux de son Concerto,
    et m’y a invité…
    ….
    Voilà !
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    Encore bravo.
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    Enfin, Colette Lambrichs est désormais installée à Bourg-sur-Gironde ; et nous devons prochainement faire connaissance…
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    À suivre,
    et encore merci, cher René !
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    Francis
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    Ce lundi 6 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Découvrir-écouter « Olympia » (Concerto pour accordéon et orchestre) de Karol Beffa à sa création au Théâtre des 4 Saisons de Gradignan, mardi 7 juin 2022, à 20h15, avec Félicien Brut, le dédicataire de ce Concerto

    En forme de réponse concrète bien effective, bien sonore et, mieux encore, très musicale, à l’éditorial du Magazine Classica de ce mois de juin 2022,

    auquel je m’efforçai de donner une première forme de proposition de réponse en ouvrant mon article du 2 juin dernier «  » par ces modestes considérations-ci, que je me permets de rappeller ici :

    …

    « Un bien intéressant article intitulé « Un éclair de lucidité » signé par Emmanuel Dupuy en ouverture, page 4 du n° 712 de ce mois de juin 2022 de Diapason,

    et en commentant une tribune du compositeur Raphaël Cendo (né en 1975) parue dans Le Monde du 1er mai dernier,

    fait le constat _ consterné ! _ de l’ »état de mort cérébrale« _ au moins depuis « trois bonnes décennies » ; voire même « à partir des années 1950« … _ de la musique contemporainr française ;

    et « déplore le divorce durable entre la musique d’aujourd’hui et la foule des mélomanes« 

    _ cf le livre si lucide de Karol Beffa « L’Autre XXe siècle musical«  (aux Éditions Buchet-Chastel) ; ainsi que le très éclairant entretien que j’ai eu avec Karol Beffa à propos de ce travail magnifique à la Station Ausone le 25 mars dernier (cf ici sa vidéo) _ ;

    …

    mélomanes dont la passion de la musique _ ainsi contrariée en sa curiosité et contrainte par pareille impasse de la création contemporaine de la musique française (issue, principalement, de Pierre Boulez : « non pas  Boulez, ce « visionnaire », mais ses« disciples » qui, prisonniers de son influence, en poste dans les institutions, n’ont pas su s’adapter ! Résultat : un immobilisme total de la pensée musicale dans les institutions censées justement l’encourager. (…) Il devient urgent de nous poser la seule question qui vaille : remplissons-nous toujours notre mission, celle de produire des œuvres novatrices, mais qui s’adressent à tous, nous parlent de nous et du présent ? J’en doute« , s’inquiétait le compositeur Raphaël Cendo)… _ s’est trouvée amenée à se tourner vers les répertoires de musique du passé, 

    ainsi que les renouvellements _ désirés, et qui soient passionnément révélateurs à juste titre, forcément, pour ne pas être, sinon, tout simplement vains, comme c’est trop souvent le cas… _ des interprétations de ces œuvres,

    au concert comme au disque…« …

    …

    …

    voici, donc, ce jour,

    la proposition d’un très effectif concert, pour après-demain mardi 7 juin, au Thé$âtre des 4 Saisons, à Gradignan, à 20h 15,

    …

    à l’invitation duquel créateur contemporain de musique, et de musique française, qu’est l’ami compositeur joyeux Karol Beffa, je me rendrai avec un très vif plaisir, pour y écouter-découvrir l’œuvre sienne qui va y être créée,

    …

    puisque c’est là-même que va donc être créé, oui, entre ces beaux murs-là, du Théâtre des 4 Saisons à Gradignan, à l’orée du beau bois du Parc de Mandavit, et par son dédicataire le très joyeux Félicien Brut, le Concerto pour Accordéon et Orchestre « Olympia » de Karol Beffa 

    _ dont j’ignore encore la (ou les) raison(s) de ce titre ainsi donné, n’ayant pas encore demandé à Karol Beffa, et cela pour la toute simple bonne raison que j’en ignorais jusque là ce titre, « Olympia«  ;

    ce titre choisi aurait-il, ou pas, quelque rapport avec le fait qu’ « Olympia« , ou « Olympias« , fut la princesse d’Épire, puis reine de Macédoine, épouse du roi Philippe II de Macédoine, qui a donné le jour à Alexandre-le-Grand ? ;

    et, d’autre part, Karol a-t-il été appris qu’ « Olympia » est aussi le nom du cinéma sur l’emplacement duquel, Cours Georges Clemenceau, à Bordeaux, a été construit ce bel Auditorium, dans lequel ont eu lieu, les 24 et 25 mars derniers, les séances d’enregistrement pour le disque à paraître à l’automne prochain, pour le label Warner, dans lequel figurera cet « Olympia« -ci, ce Concerto pour Accordéon et Orchestre, composé par Karol Beffa pour son dédicataire, l’heureux accordéonniste joyeux, énergique et plein de vie, qu’est Félicien Brut ? _ ;

    …

    une œuvre qui, et je n’en doute pas un seul instant, sera « novatrice, s’adressant à tous, et nous parlant de nous et du présent« , pour reprendre les mots de Raphaël Cendo cités et commentés par l’opportun éditorial du numéro de Classica de ce mois de juin, par Emmanuel Dupuy, à propos de la création musicale contemporaine, et tout particulièrement en la France d’aujourd’hui…

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    …

    Mettre en œuvre bien effective et pour le meilleur, avec une implacable exigeance de justesse et beauté, bien sûr, leur vibrante imageance d’artiste, en s’adressant à un exigeant public ouvert d’aujourd’hui, étant l’heureuse et à terme féconde injonction à laquelle répondent, au présent, les créateurs d’éternité…

    …

    Car une œuvre est toujours aussi une adresse bien réelle à quelqu’un, auquel et à laquelle, elle, l’œuvre, s’efforce de donner sa réponse singulière, avec sa propre et vraie, et haute, nécessité idiosyncrasique, hic et nunc, dans le temps donné par la vie, soit la réponse effective que vient proposer et offrir l’artiste.

    …

    Et en cela, l’œuvre est doublement un présent,

    qu’il nous appartient, alors, à nous, d’apprendre, avec importante attention et même soin, à recevoir avec l’égard et toute la  justesse possible dus.

    …

    Car « Le style, c’est l’homme même« , ainsi que l’a bien formulé Buffon le 25 août 1753.

     

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    DES AMÉRIQUES À PARIS / Félicien Brut, accordéon & l
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    CLASSIQUE
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    MARDI 07 JUIN 2022 – 20H15

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    THÉÂTRE DES QUATRE SAISONS, GRADIGNAN

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    LA PAROLE À L’ORGANISATEUR
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    Après nous avoir offert un voyage Outre-Atlantique avec des compositions fameuses issues des quatre coins du continent américain Mexique, Brésil, État-Unis _, Laurent Gignoux et l’Orchestre du PESMD (Pôle Supérieur de Musique et de Danse Bordeaux Nouvelle-Aquitaine) accueillent sur scène un ancien élève du Pôle : l’accordéoniste Félicien Brut. Le public se souvient de son passage au T4S avec le Quatuor Hermès et Édouard Macarez pour le délicieux CD Pari des bretelles. Durant cette soirée, Félicien Brut va pouvoir continuer de développer un projet qui lui tient à cœur : la création de pièces pour accordéon soliste et orchestre.

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    Programme :

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    > Partie I/ (par l’orchestre du PESMD)

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    Arturo Márquez : Danzón nº 2 (10’) _ créé le 5 mars 1994. 
    Heitor Villa-Lobos : Bachianas brasileiras n°2 (6’) _ créé en 1930.
    Leonard Bernstein (1918-1990) : West Side Story – Danses symphoniques (25’) _ créé le 26 septembre 1957.

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    > Partie II / (avec Félicien Brut)

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    Astor Piazzolla : Oblivion (4’) _ créé en 1984 ; et je viens de retrouver parmi mes CDs 2 interprétations de cet « Oblivion«  par la merveilleuse Milva, et Astor Piazzolla lui-même…
    Thibault Perrine : Caprice d’accordéoniste (8’) _ créé le 24 juillet 2018.
    Karol Beffa : Olympia (18’) _ qui sera créé ce mardi 7 juin 2022 à Gradignan.

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    J’ai donc tout à fait hâte d’écouter-découvrir cette création, par son dédicataire Félicien Brut, d’ »Olympia« , ce concerto pour accordéon et orchestre de Karol Beffa, qui a été enregistré, pour le label Warner, à l’Auditorium de Bordeaux, les 24 et 25 mars dernier, juste avant l’Entretien que j’ai eu avec Karol Beffa à la Station Ausone, autour de son très riche essai « L’Autre XXe siècle musical » ;

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    cf mon article du 7 avril dernier :

    « « …

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    Ce dimanche 5 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et la merveille des merveilles que sont les Concertos pour piano de Mozart par Ronald Brautigam, et la Kölner Akademie sous la direction de Michael Alexander Willens…

    Et parmi les interprétations musicales absolument géniales,

    …

    il faut absolument relever et retenir celles de Ronald Brautigam dans les Concertos pour piano de Mozart,

    avec la Kölner Akademie, sous la direction de Michael Alexander Willens,

    _ enregistrés entre 2006 et 2015 _,

    …

    dont le label Bis vient de réunir, en un très commode magnifique coffret de 12 CDs, l’intégrale

    _ le coffret Bis 2544 SACD…

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    Sur ce magistral coffret Mozart/Ronald Brautigam,

    cf ce très judicieux article de Pierre Carrive,

    paru le 8 juin 2021, sur le site de Crescendo Magazine,

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    « Une très enthousiasmante intégrale des concertos pour piano de Mozart sur instruments d’époque » :

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    Une très enthousiasmante intégrale des concertos pour piano de Mozart sur instruments d’époque

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    LE 8 JUIN 2021 par Pierre Carrive
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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : les 27 Concertos pour piano (dont Concerto pour deux – deux versions – et trois pianos) ; 3 Concertos d’après J. C. Bach ; les 2 Rondos pour piano et orchestre ; Air « Ch’io mi schordi di te ? ».

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    Ronald Brautigam, pianoforte ; Die Kölner Akademie dirigée par Michael Alexander Willens (sauf Concertos pour deux et trois pianos) ;  Carolyn Sampson, soprano, Alexis Lubimov, pianoforte ; Haydn Sinfonietta ; Manfred Huss, pianoforte et direction ; Carolyn Sampson, soprano.

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    2006-2015. 11h 48m 03s.

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    Livrets séparés en anglais, en allemand et en français.

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    12 SACD BIS-2544.

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    Cette intégrale des Concertos pour piano de Mozart est en fait une réédition de 12 albums, qui ont été enregistrés et sont sortis séparément entre 2006 et 2015. Le coffret reprend l’ensemble, avec pour chaque volume son livret d’origine.

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    Ronald Brautigam a à son actif une discographie impressionnante, avec notamment trois monumentales intégrales pour piano seul de Haydn, Mozart et Beethoven. Mais son répertoire ne se cantonne pas à cette période, ni à jouer seul, puisque l’on peut trouver aussi, par exemple, de nombreuses œuvres du XXe siècle, en musique de chambre (notamment avec la violoniste Isabelle van Keulen), et aussi avec Riccardo Chailly et l’Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam.

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    …

    Die Kölner Akademie et son directeur musical Michael Alexander Willens ont également une discographie très étoffée, dans laquelle Mozart, en-dehors bien entendu de cette intégrale de Concertos pour piano, est représenté par trois albums récents. En 2017 et 2020, ils ont enregistré quatre Sérénades de Mozart, remarquables de vivacité, de sens du drame, d’humour, de tendresse ; elles ne tombent jamais dans l’excès ni la caricature. L’orchestre est incisif, sans brutalité ; il trouve d’étonnantes couleurs, et la mise en valeur des voix intermédiaires lui donne une plénitude grisante. Deux albums absolument savoureux (comme s’était enthousiasmé Jean Lacroix), entre lesquels il y en eut un autre consacré à des œuvres d’inspiration maçonnique, à l’interprétation un peu plus attendue.

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    Ensemble, ils ont enregistré les intégrale des Concertos de Beethoven, de Mendelssohn, et de Weber. Voici donc celle de Mozart, qui a fait l’objet d’un entretien avec Crescendo-Magazine.

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    Mozart a écrit ses Concertos pour piano tout au long de sa vie, et plusieurs, notamment dans les plus tardifs, peuvent être considérés comme ses plus grands chefs-d’œuvre _ oui ! _, au même titre que ses plus grands opéras _ oui. Il les écrivait pour les jouer lui-même, et c’est probablement dans ce genre qu’il s’est dévoilé le plus. Aucun autre compositeur de quelque envergure n’y est revenu aussi souvent. Ils constituent une somme absolument unique à tous points de vue, d’une richesse et d’un niveau de perfection stupéfiants _ absolument 

    …

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    Ils sont au nombre de vingt-sept. Mais, en réalité, les quatre premiers sont des « pastiches », réalisés d’après des Sonates accompagnées pour clavier et violon de Johann Schobert, Leontzi Honauer, Johann Gottfried Eckard, Hermann Friedrich Raupach et Carl Philipp Emanuel Bach. Le tout jeune Mozart s’était enthousiasmé pour leurs œuvres lors d’une très longue tournée, et à l’âge de onze ans, probablement aidé de son père, s’est lancé dans l’écriture de ces Concertos Nᵒˢ̊ 1 à 4, K. 37, 39, 40 et 41. Destinés à faire briller le pianiste tout en faisant connaître le compositeur, ce n’est qu’au début du XXe siècle que l’on prendra conscience de leurs origines. S’ils constituent le premier volume de cette intégrale, ils ont en réalité été enregistrés en dernier. À leur écoute, l’on ne peut s’empêcher de penser à la « cerise sur le gâteau », tant on perçoit le plaisir jubilatoire _ oui _  qu’ont pris Ronald Brautigam, Michael Alexander Willens et la Kölner Akademie avec ces œuvres pleines de fraîcheur, après s’est plongés pendant plusieurs années dans tous les « vrais » et immenses Concertos pour piano de Mozart.

    …

    …

    Deux autres sont à mettre à part, car écrits pour plusieurs instruments : le Concerto N° 7, pour trois claviers, K. 242, qui malgré son indéniable attrait tient du divertissement, et le Concerto N° 10, pour deux claviers, K. 365, sans doute le plus abouti de tous ceux composés jusque-là, et véritablement annonciateur des grands chefs-d’œuvre à venir _ oui. S’ils font l’objet du troisième volume de cette intégrale, ils avaient en fait été enregistrés quelques années auparavant, sans qu’il soit question de la suite, et par d’autres interprètes, parmi lesquels, déjà, Ronald Brautigam. Il y rivalise de virtuosité, de volubilité et de piquant avec Alexei Lubimov, lequel se montre sans doute encore plus inventif, mais au détriment d’une simplicité du discours que le héros de notre intégrale ne perd jamais de vue. Ils sont accompagnés par une Haydn Sinfonietta brillante et énergique, mais un peu rude, dirigée par Manfred Huss, qui joue la partie de troisième piano (dont le rôle est plus modeste que les deux autres) dans le tellement spirituel K. 242. Une deuxième version du K. 365 est proposée, qui avait été jouée pour un concert dans une grande salle, avec des parties supplémentaires de clarinettes, de trompettes et de timbales. Il n’est pas absolument certain que Mozart en soit l’auteur ; il est permis de trouver que ce que l’on gagne en puissance sonore et en éclat nuit à la pureté de l’expression.

    …

    …

    Il faut ajouter à ces vingt-sept ouvrages les trois courts Concertos K. 107, qui sont également des « pastiches », puisque venant tous des Sonates pour clavier de Jean-Chrétien Bach. De forme sommaire, sans mouvement lent pour deux d’entre eux, avec un accompagnement réduit à deux violons et un violoncelle, leur attrait est indéniable, même si c’est le fils du grand Bach qui doit en être principalement crédité. Ronald Brautigam, avec les solistes de la Kölner Akademie, en offrent une interprétation pleine de soleil et de vigueur. On la trouve à la fin du deuxième volume, lequel commence par le Concerto N° 5, K. 175, le premier que l’on puisse véritablement qualifier comme tel, donc _ voilà. Mozart a alors dix-sept ans, et ce coup d’essai est assurément digne d’un maître. Du reste il a toujours été très attaché à ce concerto, au point de proposer un autre finale, neuf ans plus tard : le Rondo K. 382 (que l’on trouve dans le septième volume). Ronald Brautigam et la Kölner Akademie en rendent la conquérante exubérance avec un étincelant brio. Suit le Concerto N° 6, K. 238, composé trois ans plus tard, dont la légèreté et l’insouciance sont admirablement mises en valeur par les interprètes : nervosité maîtrisée des motifs d’accompagnement des cordes, délicatesse des lignes mélodiques des vents, et bien sûr raffinement distingué de la partie soliste.

    …

    …

    Les deux volumes suivants, dans lesquels on trouve également le Rondo K. 386 (considéré par certains comme le finale initial du Concerto N° 14, K. 414), nous permettent de cheminer jusqu’au Concerto Nᵒ 13, K. 415, et à son finale qu’Olivier Messiaen, dans une analyse haute en couleurs, n’hésite pas à placer « parmi les sommets de l’œuvre de Mozart ». Mozart a alors vingt-sept ans. Son propos est encore de plaire au public, et malgré le sens du drame qui s’épanouit dans ces œuvres, et même si dès le mouvement lent du Concerto N° 9, K. 271, qui est pour la première fois en mineur, on entend l’idée de la mort qui ne cessera de préoccuper le compositeur, ce n’est pas encore l’époque où Mozart choisit le concerto pour se livrer le plus intimement. On sent Ronald Brautigam et la Kölner Akademie s’y amuser, s’émerveiller des trouvailles de Mozart, se délecter de jouer tous les personnages de théâtre toujours en embuscade _ oui _ avec ce facétieux compositeur plein d’imagination…

    …

    …

    Nous entrons maintenant dans le miracle du concerto pour piano chez Mozart. Il n’écrira en effet plus que des chefs-d’œuvre, et par quatorze fois dans les sept années qui lui restent à vivre (dont douze en moins de trois ans).

    …

    …

    Avec le sixième volume, outre la poursuite de la chronologie avec le Concerto N° 14, K. 449, nous abordons l’un des grands chefs-d’œuvre de la série, avec le Concerto N° 21, K. 467. Ronald Brautigam et Michael Alexander Willens n’y recherchent pas la grâce et la légèreté que l’on trouve souvent dans ce concerto, mais se projettent résolument dans une lecture qui va de l’avant, pleine d’énergie. Cela n’empêche pas les violons d’être d’une douceur soyeuse dans le célébrissime Andante, le soliste d’une probe délicatesse, et l’ensemble du mouvement de conserver de bout en bout une atmosphère de rêve ineffable. Cet album a l’excellente idée de proposer également l’air de concert, avec piano obligé, Ch’io mi schordi di te ?, K. 505, qui fait le lien idéal _ oui _ entre les deux univers tellement personnels de Mozart, celui des concertos pour piano et celui des opéras. La soprano Carolyne Sampson y est merveilleuse en amoureuse ardente, irrésistible dans le registre medium et aigu.

    …

    …

    Suite de l’ordre de composition avec le volume suivant (Concertos Nᵒˢ̊ 15 et 16, K. 450 et 451 donc). Lors de sa sortie, Bernard Postiau avait affiché de sérieuses réserves, qu’il précise bien être surtout subjectives. Il est intéressant de lire cette chronique, car en effet, elle peut mettre en garde contre un parti pris qui peut gêner, voire heurter, certaines auditeurs. À cet égard, la comparaison entre cette interprétation du Rondo, K. 382 qui termine ce CD, avec l’enregistrement de 1960 d’Annie Fischer avec Ferenc Fricsay est éloquente. Si l’on comprend très aisément que l’interprétation de ce Rondo, que notre chroniqueur « a toujours adoré depuis ses plus jeunes années », par ces musiciens hongrois, « en état de grâce », aient pu en effet « pétiller à ses oreilles comme du champagne », nous pouvons avec lui espérer que, plus d’un demi-siècle plus tard, il y aura « un petit garçon ou une petite fille pour qui ce nouvel album ouvrira les portes du rêve et qui y reviendra encore et toujours tout au long de son existence ».

    …

    …

    À partir du huitième volume, nous avons cinq CD qui nous emmènent dans les hautes sphères du génie de Mozart _ oui. Les trois premiers associent un grand chef-d’œuvre (respectivement les Concertos Nᵒˢ̊ 17, 18 et 19) à un chef-d’œuvre absolu _ voilà ! _  (respectivement les Concertos Nᵒˢ̊ 26, 22 et 23). Et les deux derniers nous maintiennent au sommet, avec les Concertos Nᵒˢ̊ 20 et 27, puis les Concertos Nᵒˢ̊ 24 et 25. En effet, nous pouvons considérer que les huit derniers sont comparables, sur le plan de l’intensité dramatique, à ses plus grands opéras _ oui. Ce sont probablement ses œuvres instrumentales les plus abouties _ voilà _, de celles qui justifient que l’on parle du « divin Mozart » ou que l’on emploie les termes les plus élevés.

    …

    …

    Une des caractéristiques des concertos pour piano de Mozart, qui arrive ici à un niveau suprême, est l’utilisation des instruments à vent _ oui : Mozart en est aussi un maître… Ils dialoguent avec le piano tels de véritables personnages d’opéra _ oui. Les instrumentistes de la Kölner Akademie nous régalent de leur musicalité et de leur inventivité exemplaires. L’orchestre, bien que relativement peu fourni (huit violons ; altos, violoncelles et contrebasses par deux), sonne de façon ample et généreuse. Les mouvements lents sont le plus souvent pris à un tempo assez allant, ce qui peut bousculer nos habitudes. Pour autant, l’expression est toujours prenante, et les intentions musicales soignées au plus haut point.

    …

    …

    Son : 10 – Livret : 10 – Répertoire : 10 – Interprétation : 10

    …

    …

    Pierre Carrive

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    Un magistral régal

    que ces interprétations discographiques-ci.

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    Et un fastueux coffret de CDs-SACD, à thésauriser donc.

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    Ce samedi 4 juin 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa