Auteur/autrice : francislippa

  • La merveille Jelyotte (1713 – 1797) magnifiquement servie par Reinoud Van Mechelen : le joyau de musique que constitue le CD « Jéliote, haute-contre de Rameau » (CD Alpha 753)

    Pour qui se réjouit de voir ces moments-ci la musique baroque française des siècles des rois Bourbon (Henri IV, Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, Louis XVI) enfin, certes depuis très peu, un peu mieux servie, et au concert, et au disque,

    …

    le CD « Jéliote, haute-contre de Rameau« , soit le CD Alpha 753, vient très heureusement constituer un merveilleux et rafraîchissant moment de musique,

    très fort et très élevé…

    …

    Une formidable réussite !

    …

    …

    Le chanteur ténor haute-contre oloronais Pierre Jelyotte (Lasseube, 13 avril 1713 – Estos, 12 octobre 1797), en effet,

    représente la perfection _ admirable ! _ du chant français à l’époque de Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764), et de ses contemporains,

    sous le règne de Louis XV

    _ cf au passage mon tout récent article, du 16 octobre dernier, à propos de l’histire de la voix de ténor : …

    …

    …

    Le CD comporte 7 airs _ magnifiques _ de Jean-Philippe Rameau,

    extraits de

    Hippolyte et Aricie (1733),

    Dardanus (version de 1744),

    Platée (1745),

    Le Temple de la gloire (1745 aussi),

    Castor et Pollux (1737)

    et Les Boréades (une oeuvre splendide achevée en 1764, mais non représentée alors du fait du décès subit de Rameau ; l’œuvre sera créée à Aix-en-Provence seulement en 1982…) ;

    …

    mais aussi 9 autres airs

    tirés d’œuvres de 9 compositeurs contemporains de Rameau :

    …

    _ de François Colin de Blamont (1690 – 1760) : Les Fêtes grecques et romaines (1723) ;

    _ de François Rebel (1701 – 1775) et François Francœur (1698 – 1787) : Scanderberg (1735) ;

    _ de Charles-Louis Mion (1698 – 1775) : Nitétis (1741) ;

    _ de Jean-Marie Leclair (1697 – 1764) : Scylla et Glaucus (1746) ;

    _ d’Antoine Dauvergne (1713 – 1797) : Les Amours de Tempé (1752) ;

    _ de Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville (1711 – 1772) : Daphnis et Alcimadure (1754) ;

    _ de Pierre-Montan Berton (1727 – 1780) : Érosine (1765) ;

    _ de Jean-Benjamin de La Borde (1734 – 1794) : Ismène et Isménias (1763) ;

    …

    ainsi qu’un air de Zélisca, une comédie-ballet de Jelyotte lui-même, créée à Versailles le 17 mars 1746…

    …

    …

    Le programme ici réuni est absolument splendide ;

    et l’interprétation qu’en donne ici Reinoud Van Mechelen, avec l’ensemble A Nocte Temporis, proprement admirable…

    …

    C’est toute la foisonnante et rayonnante vie de l’opéra français sous Louis XV qui reprend vie, ici, pour nous…

    …

    Soit carrément un CD de 80′ pour l’île déserte…

    …

    J’en avais rêvé depuis longtemps, Reinoud Van Mechelen vient de le réaliser !

    …

    Et maintenant j’attends un second CD de Reinoud Van Mechelen, avec d’autres airs aussi superbes que Rameau et ses contemporains ont composés pour le merveilleux Jélyotte ;

    il y a matière fort abondante pour cela… 

    …

    …

    Ce lundi 18 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’éclatant CD « Amazone » de Léa Désandré, Thomas Dunford, et Jupiter : la plénitude d’une splendide voix (de mezzo-soprano) et la révélation d’un répertoire français (et italien) magnifique, à redécouvrir vraiment ; ou la magie d’un CD…

    Le proprement magique CD « Amazone » de la mezzo-soprano Léa Désandré,

    avec l’ensemble Jupiter, sous la direction de Thomas Dunford,

    …

    nous fait tout spécialement assister au splendide épanouissement de la voix et de l’art de chanter _ splendides tous les deux ! _ de Léa Désandré,

    …

    en même temps qu’il nous offre,

    par des airs excellemment choisis, sur la thématique suivie des Amazones (de la mythologie antique),

    de magnifiques _ très prometteuses… _ fenêtres sur plusieurs pans, français et italiens, du meilleur du Baroque musical du XVIIIème siècle.

    …

    …

    Ainsi l’article intitulé « Destouches« , de Jean-Charles Hoffelé, le 12 octobre dernier, sur son site Discophilia,

    nous a-t-il _ déjà _ grandement mis l’eau à la bouche,

    …

    et préparé à porter toute l’attention nécessaire à l’interprétation par Léa Désandré,

    en ce CD Erato 0190295065843,

    tout particulièrement _ mais pas seulement : c’est l’ensemble du programme, mis au point par Yannis François, qui est tout simplement magnifique ! _de sublimes airs extraits de « Marthésie, première reine des Amazones« , d’André-Cardinal Destouches _ une œuvre inédite jusqu’ici au CD…

    …

    …

    Et c’est peu dire que l’audition de ce CD (de 76 ‘) nous a comblé de joie !

    …
    …

    DESTOUCHES

    « Amazone » : le titre du nouveau récital de Lea Desandre m’alertait. Et si elle avait eu, probablement aiguillée par Thomas Dunford, la bonne idée d’enregistrer les airs de Marthésie, reine des Amazones d’André Cardinal Destouches ?

    …

    …

    Bingo !, deux grands airs y sont, magnifiques de nostalgie et de révolte (« Faible fierté, gloire impuissante » et son magnifique berceau de flûtes _ l’air, sublime, dure 4′ 05 … _), d’intense déclamation où passe _ oui, bien sûr _ l’ombre de Lully (« Ô Mort ! Ô triste Mort »)_ l’air dure 2’24 _), et aussi la saisissante scène finale avec sa foudre _ « Quel coup me réservait la colère céleste ?« , l’air dure 4′ 28 ;

    et me rappelle le sublime air du suicide d’Astrée de l’opéra « Astrée » (en 1691) de Pascal Collasse, sur un livret de Jean de La Fontaine,

    présent dans le programmme du CD Virgin Classics (paru en 1996) de La Simphonie du Marais « Un portrait musical de Jean de La Fontaine« , dont j’étais, pour 90 %, l’auteur, avec Hugo Reyne… ;

    cf mon article du 9 septembre 2021 :  ;

    ou celui du 3 juillet 2020 :  … _,

    coup de génie _ mais oui ! _ d’un compositeur majeur _ oui, vraiment ! _ du Grand Siècle _ André-Cardinal Destouches (Paris, 6 avril 1672 – Paris, 7 février 1744) _ que l’on n’en finit pas de découvrir _ après le « Sémiramis » que vient de diriger Sylvain Sartre, le frère aîné de Théotime Langlois de Swarte, présent, au violon, parmi les musiciens de l’ensemble Jupiter _ cf aussi leur merveilleux CD « The Mad Lover« , dont rendait compte, avec enchantement, mon article du 12 mai 2021 : …

    …

    …

    Ailleurs les amazones permettent à Lea Desandre, entre France et Italie _ la chanteuse a des ascendances paternelles italiennes, probablement dans le Val d’Aoste ou le Piémont… _, de faire briller son beau soprano virtuose et sensible _ parfaitement ! _ si finement entouré par les soins amoureux des musiciens de Jupiter _ que dirige Thomas Dunford, son compagnon à la ville comme à la scène. La fantaisie rieuse du Non posso far de Provenzale qui ouvre cet album foisonnant _ oui ! _ donne la mesure d’un voyage fabuleux où William Christie s’invite _ plutôt discrètement, à mes oreilles, pour un tel chef d’œuvre !.. _ pour une Passacaille _ bien connue _ de Louis Couperin, Cecilia Bartoli et Véronique Gens la rejoignant pour deux plages

    _ de 4′ 57 (c’est sublime ! quelle découverte que ce compositeur napolitain, Giuseppe De Bottis, 1678 – 1753 , auteur de l’opéra Mitilene, regina delle Amazzoni, créé à Naples en 1707 ; d’où sont extraits 3 formidables airs de ce CD…) ;

    et de 2′ 40 (pour un très beau duo des Amazones, extrait d’une mascarade donnée à Marly en 1700, œuvre d’Anne Danican Philidor (Paris, 11 avril 1681 – Paris, 8 octobre 1728), le fondateur du Concert spirituel le 17 mars 1725, et fils d’André Danican Philidor (1652 – 1730), dit Philidor l’aîné, bibliothécaire et copiste du roi Louis XIV ; c’est à André Danican Philidor, le père d’Anne, que l’on doit la richesse considérable (!) des fonds musicaux de la Bibliothèque nationale de France et de celle de Versailles : ballets, opéras, musique instrumentale ou religieuse y sont réunis en de très précieux volumes qui présentent notamment la plupart des grands ballets et comédies-ballets de Lully… ; mais ici c’est hélas à tort que la notice du CD attribue au père, André Danican Philidor, une œuvre qui appartient à son fils, Anne, le fondateur, le 17 mars 1725, de cette institution si importante qu’a été le Concert spirituel, à Paris, de 1725 à 1790 ; Anne Danican Philidor est aussi l’auteur de la pastorale héroïque Diane et Endymion (réputée être son chef d’œuvre), en 1698, et de l’opéra Danaé, en 1701 ;

    à propos d’André Danican Philidor, dit Philidor l’aîné, cf le CD de La Simphonie du Marais et Hugo Reyne, en 1995 : « Fanfares, fêtes et marches royales« , auquel il se trouve que j’ai un peu participé ;

    des 7 Mascarades données à Marly en 1700 par les Danican Philidor : André, dit Philidor l’aîné, le père (1652 – 1730), Anne Danican Philidor (1681 – 1728), son fils, ainsi que  Pierre Danican Philidor (1681 – 1731), son neveu, ce CD de 1995 de La Simphonie du Marais comporte des extraits instrumentaux seulement de la très exotique et pittoresque Mascarade du Roy de la Chine, d’André Danican Philidor, dit Philidor l’aîné, le père…

    …

    Et sur la localisation de cette partition de la mascarade des Amazones d’Anne Danican Philidor, donnée à Marly en 1700,

    cf cette décisive précision, donnée par un article extrêmement détaillé, et donc très précieux pour les chercheurs un peu curieux, de Laurent Guillo : « La loterie de 1729 : le chant du cygne du copiste André Danican Philidor » :

    …

    « Tome 57e.

    Les 7 Masquarades faites par ordre du Roy sur les ordres de Mr Bontens et representées [f. 15r] devant Sa Majesté à Marly, mis en musique sçavoir Le Roy de la Chine Par Mr Philidor Le pere, Les Amazones par Anne Philidor. Les Savoyards par Mr Philidor le pere. La Noce de village Mr Philidor le père. Le lendemain de la Noce par Anne Philidor. Les Echets par Pierre Philidor. Le Vaisseau Marchand par Mr Philidor le père. Les paroles sont de Mrs Le Noble et Babron. Ces 7 Masquarades ont esté representées plusieurs fois l’an 1700.

    ¶ Ce précieux volume, qui contient des unica, est à Berkeley UL : MS-455. Cité par Carl B. Schmidt, en 1992, page 384″…

    …

    …

    Et si demain Thomas Dunford nous enregistrait l’intégrale de Marthésie, reine des Amazones ? Oui, décidément, Destouches est grand !

    Et quelle est donc _ la question se pose, en effet… _ cette mystérieuse _ et magnifique !!! _ vingt-sixième plage _ en français _ ?

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

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    Amazone

    …

    Airs et parties instrumentales extraits d’opéras de Francesco Provenzale (Lo schiavo di sua moglie), Francesco Cavalli (Ercole amante), Giovanni Buonaventura Viviani (Mitilene), Giuseppe de Bottis (Mitilene), Georg Caspar Schürmann (Die getreue Alceste), Carlo Pallavicino (L’Antiope), André Danican Philidor (Les Amazones), François et Louis Couperin (Passacaille en ut majeur), André Cardinal Destouches (Marthésie, première reine des amazones), Marin Marais, Antonio Vivaldi (Ercole sul Termodonte)

    …

    Lea Desandre, mezzo-soprano
    Cecilia Bartoli, mezzo-soprano
    Véronique Gens, soprano
    William Christie, clavecin
    Jupiter
    Thomas Dunford, direction

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    Un album du label Erato 0190295065843
    …

    Photo à la une : Lea Desandre et Thomas Dunford – Photo : © Julien Benhamou

    ..,

    …

    Et les airs italiens de ce magnifique programme composé autour des Amazones,

    notamment celui (de 14′ 32) du napolitain Francesco Provenzale (1624 – 1704), « Non posso far« , qui ouvre en beauté le CD,

    n’ont absolument rien à envier à la sublimité des airs tirés d’opéras français d’André-Cardinal Destouches, ou d’André Danican Philidor… 

    …

    …

    L’opéra de cet autre extraordinaire _ et jusqu’ici, il faut le reconnaître, complètement méconnu _  napolitain, Giuseppe De Bottis (1678 – 1753), Mitilene, regina delle Amazzoni, créé à Naples en 1707,

    est magnifiquement servi ici par deux très beaux airs et un fulgurant duo (de Léa Désandré avec Cecilia Bartoli) : 

    _ le stupéfiant duo « lo piango, lo peno« , plage 5 ;
    _ l’air « Lieti fiori, erbe odorosi« , plage 21 ;
    _ et l’air « Sdegno all’armi, alle vendette« , plage 22.

    …

    …

    Giuseppe De Bottis, un compositeur à découvrir, donc ;

    de même que sont à explorer vraiment les œuvres vraiment superbes d’André Cardinal Destouches et André Danican Philidor…

    …

    …

    Et je tiens à souligner aussi, et tout spécialement, la somptueuse poésie de l’interprétation, à la plage 12 du CD, par Thomas Dunford, au luth, de « L’Amériquaine« , de Marin Marais, extraite de la « Suite d’un goût étranger« … : une plage (de 4′ 57) de pure magie, tout simplement…

    …

    Une merveille, aussi : quel luxe !..

    …

    …

    Ce dimanche 17 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

    …`

    Post-scriptum :

    …

    les chemins de la vie ont fait qu’il se trouve que j’ai été le professeur de philosophie, en 1979-80, à Bordeaux, de Philippe Désandré, le père de Léa ;

    ainsi que le collègue, à Arcachon et à Libourne, deux années scolaires différentes, de Thibault de Swarte, l’oncle maternel des musiciens Théotime Langlois de Swarte et son frère Sylvain Sartre…

  • Un passionnant article « Ténor 2021 » sur l’histoire de la voix de ténor (et ses variantes), dans le numéro 704 du mois d’octobre 2021 de la revue Diapason

    Le numéro 704  de la revue Diapason de ce mois d’octobre 2021,

    comporte, aux pages 32 à 37, et 38 à 42,

    un passionnant et très instructif double article, « Naissance d’une voix » et « Folles aventures au siècle romantique« , sous les signatures d’Ivan A. Alexandre et Jean Cabourg _ bravo et merci à eux ! _,

    formant les deux volets successifs d’un grand article intitulé « Ténor 2021 »  _ « un modeste survol« , dit bien trop modestement Jean Cabourg, à la page 42… _,

    …

    présenté ainsi :

    …

    …

    « Voici un siècle disparaîssait Enrico Caruso _ Naples, 25 février 1873 – Naples, 2 août 1921 _, l’année même où naissait Franco Corelli _ Ancône, 8 avril 1921 – Milan, 29 octobre 2003.

    Un anniversaire _ voilà ! _ que partagent Giuseppe di Stefano _ Catane, 24 juillet 1921 – Milan, 3 mars 2008 _, Mario Lanza _ Philadelphie, 31 janvier 1921 – Rome, 7 octobre 1959 _ … et en amont le pionnier Francesco Rasi, mort en 1621 _ Arezzo, 14 mai 1574 – 30 novembre 1621.

    Occasion _ mais oui ! _ de faire le point _ de très belle et instructive manière _ sur un phénomène, un univers, une voix et une histoire mouvementées :

    le ténor »…

    …

    …

    En fait,

    et bien au-delà de l’accroche _ pragmatique _ de l’article

    par les quelques noms, Caruso, Di Stefano, Lanza, et Rasi, qu’offre la réminiscence, en effet bien commode _ pour le journaliste un peu en mal d’inspiration, ou bien saisi par une lumineuse intuition d’un peu féconde recherche à mener : ce qui se révèle être bien le cas en cette occurrence… _, par le nombre des décennies en 21, des anniversaires à célébrer (de ténors un peu célèbres _ à commencœer par celui de l’emblématique Enrico Caruso, décédé à Naples le 8 août 1921 _) répertoriés en cette année 2021,

    …

    c’est la très grande qualité et la précision très fine des analyses musicales _ et même musicologiques _ du « modeste survol » effectué ici par Ivan A. Alexandre et Jean Cabourg,

    qui constitue le fort grand mérite pédagogique de cet article, pour un tout à fait utile et très éclairant panorama de l’histoire de l’opéra,

    …

    via la nomination-catégorisation vraiment très pointue des variétés des nuances très fines de voix,

    au fur et à mesure de la surgie tout à fait imprévisible et imprévue des besoins qualitatifs nouveaux qui surgissaient dans les inventions successives, constituant autant de sauts et d’étapes dans la chronologie, des créations des œuvres par le génie d’imageance _ cf mon usage personnel de ce concept inspiré du travail de mon amie Marie-José Mondzain, par exemple en mon article du 22 mai 2012 :  … _ des compositeurs,

    en liaison, forcément, avec les capacités extra-ordinaires _ c‘est-à-dire proprement inouies (et impensées !) jusqu’alors _ à solliciter, et on ne peut plus in concerto, dans l’urgence hic et nunc de l’interprétation à mettre impérativement et très urgemment en œuvre, de la part des chanteurs-interprètes disponibles hic et nunc sur la place, à ce moment précis de leur création,

    autour de l’appellation de base de la voix de ténor…

    …

    …

    Ce sont ces nuances très fines qui vont complexifier remarquablement ce qui a d’abord été repéré comme constituant la voix de ténor,

    qui constituent l’apport extrêmement intéressant de ces deux articles de Ivan A. Alexandre et Jean Cabourg, en ce « Ténor 2021 » du numéro du mois d’octobre, n° 704, de la revue Diapason,

    au fur et à mesure des générations de chanteurs,

    dont les noms sont très heureusement cités _ je les donne dans leur ordre d’apparition en ces deux articles _ :

    …

    Scipione Del Paola, Giovanni Maria Nanino, Jacopo Peri, Giulio Caccini, Francesco Rasi, Giovanni Buzzoleni, Carlo Carlani, Anton Raaf, Antonio Borosini, Francesco Borosini, Francesco Guicciardi, Alexander Gordon, Annibale Pio Fabri, John Beard, Gregorio Babbi, Giovanni Paita, Angelo Maria Amorevoli, Guglielmo d’Ettore, Antonio Baglioni, Francesco Morella, Valentin Adamberger, Vincenzo Calvesi _ que Ivan A. Alexandre compare alors à Fritz Wunderlich, Anton Dermota, Léopold Simoneau _, Bernard Clédière, Demesny, Boutelou père et fils, Jacques Cochereau, Muraire, Denis-François Tribou, Pierre Jélyotte, Latour, Poirier, Pillot, Ottavio Albuzzi, Jean-Baptiste Guignard dit Clairval, Antoine Trial, Joseph Legros,

    dans l’article d’Ivan A. Alexandre ;

    …

    Giovanni David, Andrea Nozzari, Manuel Garcia, Adolphe Nourrit, Gilbert Duprez, Giovanni Battista Rubini, Domenico Donzelli, Fraschini, Ludwig Schnorr, Georg Unger, Jean de Rezké, Hermann Winkelmann, Enrico Caruso, Tito Schipa, Giacomo Lauri-Volpi, Beniamino Gigli, Mario Del Monaco, Franco Corelli, Carlo Bergonzi, Alfredo Kraus, Luciano Pavarotti, Placido Domingo, José Carreras, Jussi Björling, Lauritz Melchior, John Vickers, Sergueï Lemeschev, Ivan Kozlovsky, Roberto Alagna, Juan-Diego Florez, Joseph Calleja, Jonas Kaufmann,

    dans l’article de Jean Cabourg ;

    …

    et des créations des compositeurs suivants :

    Jacopo Peri, Giulio Caccini, Claudio Monteverdi, Francesco Cavalli, Antonio Cesti, Antonio Ziani, Alessandro Stradella, Giovanni-Battista Pergolesi, Leonardo Vinci, Georg-Friedrich Handel, Johann-Adolph Hasse, Robert Cambert, Jean-Baptiste Lully, Jean-Philippe Rameau, André Grétry, François-Joseph Gossec, Etienne-Nicolas Méhul, André Campra, Jean-Joseph Mouret, Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville, Christoph-Willibald Gluck,

    dans l’article d’Ivan A. Alexandre ;

    …

    Gioacchino Rossini, Giacomo Meyerbeer, Fromental Halévy, Daniel-François-Esprit Auber, Vincenzo Bellini, Gaetano Donizetti, Giuseppe Verdi, Richard Wagner, Carl-Maria von Weber, Antonio Cilea, Umberto Giordano, Alfredo Catalani, Giacomo Puccini, Ruggero Leoncavallo, Pietro Mascagni, Jules Massenet, Charles Gounod, Camille Saint-Saëns, Georges Bizet, Claude Debussy,

    dans l’article de Jean Cabourg ;  

    …

    elles aussi très précisément mentionnées :

    …

    La Pellegrina (en 1589), Dafne, Euridice (1600), Euridice (1602), Orfeo (1607), Andromeda (1637), Il Ritorno d’Ulisse in patria (1640), L’Incoronazione di Poppea (1642), Apollo e Dafne (1640), Egisto (1643), Didone (1641), Giasone (1649), Agrippina (1709), Giulio Cesare (1724), Tamerlano (1724), Rodelinda, Lotario, Partenope, Poro, Ariodante (1735), Saul, Hercules, Acis and Galatea (1718), Rinaldo (1711), La finta semplice, La finta giardiniera (1775), Die Entführung aus dem Serail, Le nozze di Figaro, Don Giovanni (1787), Cosi fan tutte, Mitridate (1770), Lucio Silla, Idomeneo (1781), La clemenza di Tito, Ercole amante (1662), Pomone (1671), Atys, Bellérophon, Armide, Dardanus, Pygmalion, Zoroastre, Le Déserteur (1769), Les Contes d’Hoffmann (1881), Eugène Onéguine (1879), Iphigénie en Aulide (1774), Iphigénie en Tauride (1779),                                                                                                                                                                                                                                                                                                                         dans l’article d’Ivan A. Alexandre ;

    …

    Aureliano in Palmira (1813), Demetrio (1812), Otello, Armida, L’Italienne à Alger, Le Turc en Italie, Le Barbier de Séville, Guillaume Tell (1829), Robert le diable (1831), Les Huguenots, La Juive, La Muette de Portici, Le Pirate, Les Puritains, La Somnambule, Norma, Anna Bolena, Lucia di Lammermoor, La Favorite, L’Elisir d’amore, La Fille du régiment, Pigmalione, Caterina Cornaro, Stiffelio (1850), Rigoletto, Il Trovatore, La Traviata, Un Bal masqué, La Force du destin, Aida, Falstaff, Giovanna d’Arco, Tannhaüser (1845), Lohengrin, La Walkyrie, Parsifal (1882), L’Arlésienne, Fedora, La Wally, La Fanciulla del West (1910), Paillasse, Cavalleria rusticana, La jolie fille de Perth, Carmen, Faust, L’Africaine,

    dans l’article de Jean Cabourg ;

    …

    en leur singularité d’œuvres innovantes _ au moins quant aux variations de la voix de ténor _ marquantes…

    …

    …

    Et il faut porter la plus grande attention au passionnant insert, page 35, intitulé « Ténor, ténors« , sous la plume d’Ivan A. Alexandre,

    qui procède à l’historique de ces variantes de la voix de ténor,

    à partir de la voix de « teneur« , la voix de soutien de la polyphonie, assurant le cantus firmus, le « chant ferme« , la ligne fondamentale, au XIVe siècle.

    …

    …

    Ces variantes de la voix de ténor

    sont les voix de :

    …

    _ ténor central (Orfeo, de l’Orfeo de Monteverdi ; Don Ottavio, de Don Giovanni de Mozart ; Otello, de l’Otello de Rossini) ;

    _ ténor proche du baryton (Bajazet, due Tamerlano de Handel ; Eisenstein, de La Chauve-souris de Johann Strauss II ; Pelléas, de Pelléas et Mélisande de Debussy) ;

    _ haute-contre (tout Lully, tout Rameau, les Gluck français, Arnold du Guillaume Tell de Rossini) ;

    _ contraltino  (Ramiro, de La Cenerentola de Rossini) ;

    _ tenore di grazia (Nemorino, de L’Elisir d’Amore de Donizetti) ;

    _ ténor léger (Tonio, de La Fille du Régiment de Donizetti) ;

    _ ténor de demi-caractère (Faust, du Faust de Gounod) ;

    _ fort ténor d’essence dramatique (Samson, du Samson de Handel) ;

    _ tenore lirico (Rodolfo, de La Bohème de Puccini) ;

    _ tenore lirico-spinto, plus large (Calaf, de Turandot de Puccini) ;

    _ tenore di forza (Otello, de l’Otello de Verdi) ;

    _ lyrischer tenor (Max, du Freischütz de Weber) ;

    _ Heldentenor (Siegfried, du Siegfried de Wagner) ;

    _ le ténor aérien (l’Astrologue, du Coq d’or de Rimsky-Korsakov) ;

    _ le ténor terrestre (Hermann, de La Dame de Pique de Tchaikovsky) ;

    _ etc.

    …

    …

    Voilà donc une contribution _ pour le magazine Diapason _ tout à fait remarquable,

    et fort utile,

    pour enrichir notre connaissance de cet élément bien intéressant de l’histoire de notre musique occidentale,

    qu’est l’histoire de la voix de ténor, et les diaprures de ses riches variantes…

    …

    À partager…

    …

    …

    Ce samedi 16 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • En l’honneur du 500 ème anniversaire de la mort _ le 27 août 1521 _ de l’immense Josquin Desprez, la délectation suprême d’un sublime CD de ses Chansons, par l’Ensemble Clément Janequin

    Afin d’honorer comme il se doit Josquin Desprez,

    un des plus sublimes compositeurs de notre musique occidentale _ et peut-être même le plus grand de tous !!! _,

    décédé à Condé sur l’Escaut le 27 août 1521,

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    et en plus de l’indispensable intégrale de ses sublimissimes Messes, par les Tallis Scholars sous la direction de Peter Phillips _ cf mon article du 12 octobre 2020 : … _,

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    voici que le magnifique Ensemble Clément Janequin nous a offert un extraordinaire CD _ Ricercar RIC 423 _ de ses merveilleuses Chansons à 5 et 6 parties...

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    Un excellent article de Resmusica du 23 février 2021,

    sous la plume de Charlotte Saulneron,

    en a fait un très juste compte-rendu, que voici :

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    L’ensemble Clément Janequin au rendez-vous pour Josquin Desprez

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    Quoi de plus naturel pour Dominique Visse et l’ensemble vocal Clément Janequin, grands interprètes spécialistes de la musique de la Renaissance, de consacrer en 2021 un nouvel enregistrement autour de l’œuvre vocale de Josquin Desprez _ Beaurevoir, vers 1440 – Condé-sur-l’Escaut, 27 août 1521 _, un des compositeurs les plus en vue _ et c’est même là un euphémisme… _ de la musique polyphonique française à son apogée sous François Ier, décédé il y a 500 ans.

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    Les commémorations sont toujours l’occasion _ félicitons-nous en pour les mélomanes _ pour les artistes de remettre en lumière les œuvres phares et des redécouvertes. Les dix-neuf _ merveilleuses ! _ propositions de ce disque ne font pas figure d’exception, toutes sélectionnées au sein du Septiesme livre de chansons du maître, recueil paru _ en 1545, à Anvers, par les soins de Tylman Susato (vers 1510 – 1570) _ plus de vingt après la mort du musicien, attestant s’il le fallait encore de sa notoriété.

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    Deux prismes du compositeur sont ainsi approchés par les interprètes : la mélancolie bien caractéristique de Josquin Desprez, à l’image de Regretz sans fin il me fault endurer (piste 1), Cueur Langoreulx (piste 5), Parfons regretz et lamentable joye (piste 17) notamment ; et l’humour coquin du musicien avec, par exemple, Allegez moy doulce plaisant brunette (piste 2), Petite camusette à la mort mavez mis (piste 8), Faulte d’argent (piste 12), Baises moy ma doulce amye (piste 13).

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    Grâce à cela, les atmosphères varient, agréablement agencées, tout en maintenant une cohérence globale matérialisée _ oui ! _ par une texture polyphonique et contrapuntique dense de cinq ou six voix avec un contre-ténor, deux ténors, deux barytons et une basse. Le renouvellement de l’écoute est également assuré par les interventions du luthiste Éric Bellocq et de l’organiste Yoann Moulin _ excellents eux aussi, tous deux _, les chansons de Josquin pouvant s’adapter à diverses formations instrumentales. Voici ainsi une agréable alliance entre les voix et les instruments qui permet de mettre en exergue toute l’élaboration de l’écriture du maître sous son apparente simplicité _ oui. La prise de son bien équilibrée et sans respirations intempestives bénéficie de la belle acoustique du Théâtre élisabéthain du château d’Hardelot.

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    L’originalité de cette programmation est dans l’hommage musical de Nicolas Gombert (1495-1560) avec Musae Jovis dont la polyphonie à six voix est écrite sur la mélodie de Circumdederunt me utilisée par Josquin, ainsi que le « lamentatio super morte Josquin de pres » de Hieronymus Vinders _ actif vers 1525 – 1526.

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    Dominique Visse et l’ensemble Clément Janequin sont une valeur sûre _ certes _ dans ce répertoire. La maîtrise stylistique de l’ensemble français, sans artifice d’affect, fait jaillir un _ merveilleux ! _ climat soyeux et intime où les lignes claires déploient dans une technique irréprochable un contrepoint au firmament _ oui. Le tempo choisi permet une approche analytique de chaque pièce sans en oublier l’expression. Ces choix interprétatifs donnent toute l’aura nécessaire _ oui : splendide ! _ à la musique d’un pilier de la musique française _ et universelle !!!

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    Josquin Desprez (vers 1450-1521) : Septiesme livre de chansons.

    Luis de Narváez (1490-1547) : Mille Regretz.

    Nicolas Gombert (1495-1560) : Musae jovis.

    Hieronymus Vinders (actif vers 1525-1526) : O mors inevitabilis.

    Hans Newsidler (1508-1563) : Mille regretz.

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    Eric Bellocq, luth ;

    Ensemble Clément Janequin, direction : Dominique Visse.

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    1 CD Ricercar.

    Enregistré au Théâtre élisabéthain du Château d’Hardelot en février 2020.

    Notice en français, anglais et allemand.

    Durée : 61:14

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    Une délectation à ne surtout pas laisser passer…

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    Ce vendredi 15 octobre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa