Auteur/autrice : francislippa

  • Royale, la reine Véronique Gens incarne superbement 8 reines tragiques (Atalante, Médée, Armide, Phèdre, Zaïde, Érinice, Circé, Déjanire) de 6 compositeurs de l’ Opéra baroque français, Jean-Baptiste Stuck, François-Joseph Salomon, Henry Desmarest, Jean-Philippe Rameau, Pancrace Royer et Antoine Dauvergne, en des oeuvres créées respectivement en 1709, 1713, 1722, 1733, 1739, 1749, 1760 et 1761 : un récital sublime d’incarnation…

    C’est vraiment royalement que la toujours magnifique Véronique Gens – Orléans, 19 avril 1966 – incarne 8 imposantes reines tragiques (Atalante, Médée, Armide, Phèdre, Zaïde, Érinice, Circé, Déjanire) du grand opéra baroque français, en l’occurrence « Méléagre » (1709), « Médée et Jason » (1713), « Renaud ou la Suite d’Armide » (1722), « Hippolyte et Aricie » (1733), « Zaïde reine de Grenade » (1739), « Zoroastre » (1749), « Canente » (1760) et « Hercule mourant » (1761), de 6 compositeurs du grand Opéra baroque français, qui sont Jean-Baptiste Stuck (1680 – 1755), François-Joseph Salomon (1649 – 1732), Henry Desmarest (1661 – 1741), Jean-Philippe Rameau (1683 – 1764), Pancrace Royer (1703 – 1755) et Antoine Dauvergne (1713 – 1797), en son superbe CD Alpha 1205 « Reines – Rameau – Dauvergne – Destouches « – enregistré à Metz du 30 mars au 1er avril 2025 – , avec l’Ensemble Les Surprises, sous la direction de Louis-Noël Bestion des Camboulas …

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    Et au passage je m’étonne que pour le titre de ce CD « Reines – Rameau – Dauvergne – Destouches« , a été choisi – par inadvertance ? et défaut de relecture ? – le nom d’André Cardinal Destouches (1672 – 1749), dont sont présents, aux plages 11 et 13 deux Airs pour les Sacrificateurs extraits de l’opéra « Callirhoé » (de 1712), mais dans lesquels n’intervient pas (!) Véronique Gens, à la place du nom d’Henry Desmarest (1661 – 1741), un compositeur merveilleux (!!), dont sont présents, extraits de son magnifique « Renaud ou la Suite d’Armide » (1722), 4 extraits, aux plages 7 à 10 du CD, dont 3 dans lesquelles Véronique Gens incarne, sublimement, son Armide… 

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    Et admirez ici cette vidéo (de 3′ 45) du sublime air de Phèdre « Quelle plainte en ces lieux m’appelle ? » de l’ »Hippolyte et Aricie » de Rameau, si magnifiquement incarnée ici par l’art de Véronique Gens…

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    Ce mardi 7 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Rameau (1683 – 1764) comme perpétué : la tragédie en musique « Omphale » (Paris, 1769) de Jean-Baptiste Cardonne (1730 – après 1790), superbement ressuscitée par György Vashegyi et son Orfeo Orchestra à Budapest. Un extraordinaire régal de radieuse musique !!!

    Oui, c’est bien à un Jean-Philippe Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764) comme perpétué  que nous sommes conviés d’assister, et comblés – c’est un extraordinaire régal !!! – , par la tragédie en musique « Omphale » (Paris, 1769) de Jean-Baptiste Cardonne (Versailles, 26 juin 1730 – Paris, après 1790), superbement ressuscitée par György Vashegyi et son Orfeo Orchestra, et une enthousiasmante réunion de chanteurs idoines – Chantal Santon Jeffery, Judith van Wanroij, Reinoud Van Mechelen, Jérôme Boutillier, Jehanne Amzal – , à Budapest, en un double CD Glossa 924016 « Omphale » – l’enregistrement, splendide, a eu lieu à Budapest du 15 au 17 septembre 2021… – d’une durée de 2 heures et 20’…

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    Et écoutez déjà ce 2e Air vif pour le Magiciens (1′ 22) de l’Acte des Enfers à la plage 27 du CD n°2…

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    Ce 6 avril 2026, sous un titre plutôt bâclé « Rareté« , et sur son site Discophilia, Jean-Charles Hoffelé rend l’hommage absolument mérité qu’il convient à cette lumineuse résurrection discographique de l’ « Omphale » de Cardonne :

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    RARETÉ

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    Quel destin pour la tragédie lyrique après Rameau ? La révolution Gluck allait survenir, mais Mondonville, La Borde, Le Moyne, Montéclair et quelques autres n’ont pas encore cassé le moule, remettant sur le métier quelques livrets emblématiques. Jean-Baptiste Cardonne est de cette veine-là, et son Omphale, reprenant le poème d’Antoine Houdar de la Motte – Paris, 17 janvier, 1672 – Paris, 26 décembre 1721 – sans en changer un mot, montre de savoureuses accointances avec l’univers de Mondonville.

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    Comme celui de l’Occitan, son orchestre est somptueux, paré en fête – oui ! – , sans l’audace de Rameau, mais avec les charmes que le Dijonnais distillait dans ses opéras-ballets – voilà… Pourtant Cardonne ne tombe pas dans le piège du genre mineur, il assume – superbement – le grand geste de la tragédie lyrique crânement, ses récits sont beaux comme l’antique et sa vocalité surveillée.

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    Son art s’est formé au Saint des saints, Page de la Musique de la Chambre du Roi, composant à peine sorti de l’enfance pour la Chapelle Royale, il avait assimilé le grand style. Avec Omphale, il voulait renouer – voilà ! – avec les ultimes visages que Rameau avait déduits de la tragédie lyrique, y ajoutant une note solaire (l’air de Céphise à l’Acte III) mais sacrifiant à la tradition de l’acte infernal avec une puissance certaine – tout à fait ! Le Quatrième Acte est le chef-d’œuvre – la grande scène avec chœur d’Argine – de cet opéra – oui ! – qui fut un rien boudé par le public de l’Académie Royale de Musique, étrangement plutôt pour la reprise du livret, qu’on jugea vieilli, que pour ses splendeurs musicales.

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    Amaryllis (1752) avait tenté le genre de la pastorale, sans plus de ce succès qui se refusa à Omphale, au point que Cardonne ne retoucha plus à la tragédie lyrique, sans pour autant connaître de meilleurs accueils avec Ovide et Julie (1773) ou Epaphus et Memphis, si ce dernier ne fût jamais donné, ultime ouvrage pour la scène d’un compositeur qui disparut à la chute de Louis XVI au point qu’on ne sait s’il aura survécu à la Terreur.

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    Formidable Argine selon Judith von Wanroij, Alcide volcanique de Jérôme Boutillier (Ah ! périsse avec moi l’ingrate). Reinoud van Mechelen style Iphis jusque dans sa moindre vocalise, et Chantal Santon Jeffery magnifie le rôle-titre au long d’un Cinquième Acte assez fabuleux dont György Vashegyi exalte la poésie et les divertissements comme il aura cerné l’essence de ce drame de la jalousie confinant à la folie – tout cela, d’une parfaite justesse…

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    Puisqu’il faut poursuivre en découvertes, les Hongrois tenteront-ils l’Amadis de Gaule de Jean-Benjamin de La Borde ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Jean-Baptiste Cardonne (1730-1792)

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    Omphale (1769)

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    Chantal Santon Jeffery,
    soprano (Omphale)
    Judith van Wanroij,
    soprano (Argine)
    Reinoud van Mechelen,
    ténor (Iphis)
    Jérôme Boutillier,
    baryton (Alcide)
    Jehanne Amzal, soprano (Céphise, Une bergère, Une Thébaine)

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    Purcell Choir
    Orfeo Orchestra
    György Vashegyi, direction

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    Un album du label Glossa GCD 924016

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    Photo à la une : © Glossa Music

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    Infiniment merci à cette splendide résurrection du merveilleux génie musical ramiste !!!

    Quelle redécouverte musicale !!!

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    Ce lundi 6 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et jouir du quotidien le plus simple de la musique de chambre de Mozart : par exemple les Sonates pour piano et violon K. 296, 303, 380 et 481 par la magie merveilleusement déliée d’Alexander Melnikov et Isabelle Faust…

    Écouter la musique de chambre de Mozart, admirablement interprétée comme il le faut, fait un bien fou !!!

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    Ainsi, par exemple ici, des Sonates pour piano et violon K. 296, 303, 380 et 481 par la magie merveilleusement déliée de l’alliance idéale du fortepiano Christoph Kern (Staufen im Breisgau, 2014) d’après Anton Walter (Vienne 1795) d’Alexandre Melnikov et du violon Stradivarius « Sleeping Beauty » (1704) d’Isabelle Faust, dans le CD Harmonia Mundi HMM 902617 « Wolfgang Amadeus Mozart – Sonatas for fortepiano & violin – vol.4 / K. 296, 303, 380 & 481 – Isabelle Faust – Alexander Melnikov » – enregistré à Berlin du 24 au 26 juillet 2024 – :

    une grâce de simplissime élégance pour le plus simple quotidien des jours dont nous avons, par Dieu – ou bien la Nature, ou encore quelque somme de  hasards : c’est équivalent… – , à jouir de la vie…

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    Par exemple, ceci…

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    Ce dimanche de Pâques 5 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • Interpréter Maurice Ravel, Vincent Larderet : le test du sublime Rigaudon du sublime « Tombeau de Couperin » appliqué au « Ravel – The Complete Works for Solo Piano – Vol.2 – Vincent Larderet »…

    Le 13 avril 2024, j’avais consacré un article enthousiaste, « Réception ce jour et première audition émerveillée du somptueux nouveau et ravélissime CD du ravélien éminent qu’est Vincent Larderet : « Ravel – The Complete Works for Solo Piano Vol. 1″…« , à ma toute première écoute du CD Avie Records AV 2623 « Ravel – The Complete Works for Solo Piano Vol. 1 ) – Vincent Larderet« , comportant « Miroirs« , « Jeux d’eau« , « Valses nobles et sentimentales« , « Sonatine » et « Pavane pour une infante défunte » – un album enregistré à Brème du 5 au 7 novembre 2024 – , de Vincent Larderet, un pianiste – né à Saint-Étienne le 26 mai 1976 – dont j’avais déjà beaucoup apprécié les précédents CDs Ravel – les CDs ARS 38146 « Ravel – Orchestral & Virtuose Piano » et « Ravel – Piano Concertos« … – parus en 1014 et 2015 pour le label Art Musica, et que m’avaient fait découvrir les articles de Jean-Charles Hoffelé « Doublé Ravel » et « Ravel secret » en date du 29 octobre 2015 et du 9 juillet 2016 – et le 2 avril 2024, Jean-Charles Hoffelé a intitulé « Nouveau Ravel«  l’article qu’il a consacré au CD Avie Music AV 2623 « Ravel – The Complete Works for Solo Piano Vol. 1 ) – Vincent Larderet« …

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    J’étais donc très heureux de constater la présente parution du CD Avie Records AV 2766 « Ravel – The Complete Works for Solo Piano Vol. 2 – Vincent Larderet«  – enregistré à Brème du 25 au 27 avril 2023 – , comportant cette fois notamment « Le Tombeau de Couperin« , aux plages 9 à 14 ;

    cf là-dessus mon article du 21 avril 2024 : « D’un Rigaudon l’autre : d’une interprétation pleine de vitalité du « Rigaudon » pour orchestre du « Tombeau de Couperin » M 68a (de 1919) par John Wilson et son Sinfonia of London, à la recherche d’une aussi excellente interprétation du « Rigaudon » des « Six Pièces pour piano deux mains » M 68, de Maurice Ravel… »  dans lequel je passais en revue diverses interprétations de ce sublime « Rigaudon » du sublime « Tombeau de Couperin » de Ravel, en forme de test pour moi…

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    J’allais donc commencer mon écoute par ce merveilleux « Rigaudon » luzien, dédié à ses deux presque frères de Maurice Ravel que sont les frères Pierre et Pascal Gaudin, tués ensemble par un seul et même obus à leur arrivée sur le front, au Chemin des Dames, à Oulches-Hurtebise, le 12 novembre 1914 : ils étaient nés à Saint-Jean-de-Luz le 7 février 1878 et le 31 janvier 1883… 

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    Mais je n’y retrouve hélas pas le jubilatoire « Rigaudon » luzien que j’aime tant !.. Et je me retrouve plutôt et pleinement en accord avec la critique de Bertrand Boissard aux pages 88-89 du numéro n° 754 du magazine Diapason de ce mois d’avril 2026 : « Un Rigaudon plus rude qu’élancé et éclatant« , comme il doit être…

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    Écoutez-le donc ici (6′ 14)…

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    Ce samedi 4 avril 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa