Auteur/autrice : francislippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et maintenant, des images avec vue sur la mer

    Et pour en terminer aujourd’hui avec les images d’extérieur de ce « Tirages Fresson« 

    de septembre 2020, aux Éditions Textuel, de Bernard Plossu,

    …

    mon choix se porte maintenant sur 3 images « avec _ discrète _ vue sur la mer » :

    …

    …

    aux pages 73 ( »Nice, France, 2008« )

    et 98 (« Île de Ventotene, Italie, 2010« ),

    pour ce qui concerne ma liste d’images préférées, au nombre de 13 ;

    …

    et à la page 42 (« Ligurie, Italie, 2008« ), dans ma liste complémentaire de 22.

    …

    …

    La rencontre de notre regard avec la mer est

    la plupart du temps _ mais il existe aussi de rares exceptions ; et, pour ma part, le paysage déchiqueté de rochers et falaises noirs de Suances, en Cantabrie, est représentative de ce genre répulsif pour moi… Alors que j’apprécie tant, et Santander, et la Cantabrie… _ magnifiquement bienfaisante ;

    …

    ne serait-ce que l’espace d’une brève seconde, par exemple lors d’un trajet en voiture ou en train _ j’en ai maintes fois fait l’expérience, par exemple au pays basque aimé, sur la côte entre Hendaye et Biarritz : que ce soit dans mes trajets (pour le travail) entre Saint-Jean-de-Luz et Bayonne, du côté de Bidart ; ou (pour le pur plaisir) le long des quelques kilomètres de la sublime corniche, entre Ciboure-Socoa et Hendaye ! Et chaque fois, j’exulte sur cette route de corniche, promise à probable prochaine disparition ! quand elle domine l’océan ; cf l’article de Sud-Ouest le 31 octobre dernier : Une partie de la corniche basque s’est effondrée… _ :

    une formidable bouffée d’énergie joyeuse nous est alors donnée, sans compter, par la simple vision de l’océan…

    …

    …

    Ainsi l’œuvre de photographie _ et tout spécialement ses « tirages Fresson » en couleurs ; et peut-être, cela, pour le bleu tendre que ces tirages subliment si merveilleusement… _ de Bernard Plossu

    comporte-t-il pas mal d’images fascinantes avec _ le plus souvent discrète _ « vue sur la mer«  ;

    …

    mais sans rien, jamais, de particulièrement pittoresque, spectaculaire, ni même décoratif ; surtout pas.

    La mer se passe très bien de publicité…

    …

    …

    Simplement ce bleu-là de la mer,

    que l’image vient jusqu’à nous, qui la regardons, par quelque magique télétransportation en quelque sorte au carré,

     nous donner-transformer-augmenter, nous aussi

    _ pour ce terme de « télétransportation« , cf l’usage que j’en fais, à la suite de René de Ceccatty en son magnifique « Enfance _ dernier chapitre« , en mon article du 12 décembre 2017 : …

    …

    …

    L’image référencée comme « Nice, France, 2008« , à la page 73,

    présente pour l’essentiel,

    et au-dessus d’un sol légèrement mouillé de pluie, qui en reflète _ et multiplie, par diffraction _ quasi imperceptiblement le bas,

    le portique délicieusement suranné (en 2008), mais soigneusement conservé tel quel,

    d’une plage privée de Nice, sur la Promenade des Anglais : la « PLAGE BEAU RIVAGE » ;

    …

    un portique _ un peu tarabiscoté _ qui s’élève, se dresse, à la fois fier et désuet _ d’où son étrange charme, indéniable _, au-dessus d’une mer uniforme, dépourvue de vagues,

    et surtout sur le fond d’un ciel gris-bleu, lui aussi, tout embrumé ;

    …

    un portique _ de gloire balnéaire ! _ dont une fine rampe blanche propose de descendre jusqu’à la plage _ de galets de Nice _, qu’on ne voit pas, en contrebas…

    …

    Tout se présente ici à nous en un infiniment tendre _ quasi virginal et céleste _ camaïeu bleu et blanc.

    …

    …

    Quant à l’image référencée « Île de Ventotene, Italie, 2010« , à la page 98 (et dernière de l’album)

    …

    Ventotene 2010 photo B.Plossu

    …

    …

     

    et déjà présente dans l’album « Couleurs Plossu« , de 2013 aux Éditions Hazan, à la page 79,

    …

    c’est un très émouvant chef d’œuvre _ notablement marquant : on ne l’oublie certes pas ! _,

    et lui aussi, bien évidemment ici, « avec vue sur la mer« ,

    ici la mer Tyrrhénienne _ entre Campanie et Sardaigne _ :

    …

    …

    Ventonene est une petite île volcanique,

    située au large de la Campanie, au nord-ouest de l’île d’Ischia et au sud-est de l’île de Ponza ;

    …

    et qui, depuis l’empereur Auguste qui y exila, en l’an 2 ap. Jésus-Christ, sa propre fille Julia l’aînée, a servi maintes fois de prison de relégation et exil, suffisamment éloignée de la terre ferme, notamment pour des opposants au fascisme sous Mussolini.

    …

    Et c’est surtout une des îles préférées de Bernard Plossu, en Méditerranée.

    …

    …

    Au premier plan, et en une prise de vue légèrement oblique,

    au pied d’un muret de pierres qui le sépare de la mer et du ciel _ d’un bleu qui se confondent presque _, avant l’emprise, au haut de l’image, de gros nuages blancs,

    un intrigant carrelage géométrique ocre et rose, désormais à ciel ouvert, d’une ancienne villa _ peut-être, ou peut-être pas, romaine (?) _, que vient doucement coloniser l’herbe,

    et sur lequel est déposé, près du muret, en son coin gauche, un gros rouleau de ce qui pourrait être (?) du foin…

    …

    Une indicible harmonie du jeu du temps et de l’éternité dynamise discrètement l’espace sonore _ musical _ de ce paisible lieu de bout du monde…
    …

    …

    La troisième des images choisies ici, fait partie, elle, de ma liste supplémentaire de 22.

    …

    Discrète _ elle aussi : c’est décidément un trait paradoxalement marquant de l’œuvre plossuien _, à la page 42 de l’album,

    son référencement « Ligurie, Italie, 2008« , n’a pas eu besoin de retenir le lieu précis de cette plage ligure ;

    comparable à bien d’autres, similaires…

    …

    …

    …

    Sa particularité est d’être beaucoup plus sombre que la plupart des autres images ;

    …

    il s’agit là d’une plage privée, comme bien d’autres, en Italie, sous un ciel noir assez menaçant,

    et, comme souvent, sans la moindre figure humaine.

    …

    Une sorte de contrepoint ligure sombre _ mais tout de même en couleur ! _

    au portique céleste _ assez lumineux lui _ de la « Plage Beau Rivage » de Nice…

    …

    …

    Ce mercredi 11 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et maintenant, les images de villes

    Aujourd’hui,

    c’est aux images de villes, de grandes cités, parmi mes « Tirages Fresson » préférés (au nombre de 13 pour la liste principale, et de 22 pour la liste complémentaire),

    que l’amateur de villes que je suis, moi aussi, va consacrer son attention.

    …

    …

    Bernard Plossu, en effet, n’est pas seulement

    un infatigable marcheur de montagnes, déserts et campagnes les plus diverses _ cf mon article d’avant hier :  _, 

    et un amoureux passionné de découvertes de sublimes villages un peu perdus _ cf mon article d’hier :  _,

    il est aussi un magnifique arpenteur _ inépuisable : si intenses sont l’appétit et l’ouverture photographiques permanente de son insatiable curiosité iconique _ de villes,

    de grandes villes, de par le monde _ et en Europe tout particulièrement ; et cela, qu’il s’agisse de commandes qui lui ont été passées, ou pour le pur plaisir d’images à saisir et puis réaliser.

    …

    Ainsi qu’en témoignent,

    et parmi bien d’autres qui, à coup sûr, m’échappent

    _ étant encore loin de connaître la totalité des albums de Plossu ; même si, assez souvent, il prend soin de me faire part de certaines de ses nouvelles sorties… _,

    les superbes albums d’images consacrés spécifiquement aux villes suivantes :

    …

    Marseille (« Marseille Plossu au tournant du siècle 1991 – 2011« , en 2012),

    Paris (« Paris« , en 2018),

    Rome (« Roma _ 1979 – 2009« , en 2019),

    Milan (« Attraverso Milano« , en 2008),

    Bari (« Bari/Porto« , en 2012),

    Valence (« Ciudades y paisajes« , avec Marcelo Fuentes, en 2006 ; « En Valencia« , avec Luis Baylon, en 2008 ; « Valencia in colour, live« , en 2010 _ cf un tout à fait excellent article de fond, de Jacques Terrasa, en 2019 : « Madrid et Valence Deux villes au cœur de l’œuvre espagnole de Bernard Plossu« … _,

    Barcelone (« Barcelona, 1974« , en 2012),

    Almería (« Almería« , en 2018),

    Lisbonne (« Lisbonne Portugal : ceci n’est pas une carte, mais un voyage photographique« , en 2017),

    Le Havre (« Le Havre en noir et blanc« , en 2015),

    Hyères (« L’Étrange beauté de la ville d’Hyères« , en 2007 _ cf aussi « L’Improbable destin de la villa Noailles« , en 2010 ; « La Villa Noailles : une aventure moderne« , en 2001 ; « La Villa Noailles« , en 2003 _),

    etc. :

    …

    la production éditoriale de Bernard Plossu est si riche, profuse, généreuse,

    ainsi que si merveilleusement variée _ et sous de très multiples formats, qui plus est… _,

    que bien d’autres ouvrages consacrés à des villes ont échappé _ et échappent _ à mon attention…

    …

    …

    Du regard urbain _ sur lequel je désire ici me pencher _ de Bernard Plossu,

    je retiens ici, parmi mes 13 images préférées de ce sublime « Tirages Fresson« ,

    deux fascinantes images d’Italie :

    …

    d’abord, à la page 18,

    l’image référencée « Palerme, Italie, 2008« ,

    déjà montrée, au sein d’un chapitre intitulé « Still life 19665 – 2013″, à la page 117 du très riche « Couleurs Plossu _ séquences photographiques 1956 – 2013 » de 2013, aux Éditions Hazan ;

    et déjà référencée « Palerme, Italie, 2008 » _ le référencement n’étant rien de plus que celui de Bernard Plossu à destination de lui-même…

    …

     et ensuite, à la page 26, l’image référencée « Milan, Italie, 2009« ,

    une image peut-être cette fois inédite _ datée de 2009, cette image ne peut bien sûr pas avoir déjà paru, en 2008, en l’album « Attraverso Milano » (que je possède), paru chez Mondadori Electa, et pour la couverture duquel, le 4 juillet 2008, j’avais publié sur mon blog En cherchant bien, qui naissait tout juste à peine alors (la veille, le 3 juillet !), l’article  ; et de fait l’album milanais de 2008, exclusivement en noir et blanc, ne comportait pas, et pour cause, cette admirable image couleur, en tirage Fresson !.. Plossu était donc retourné arpenter les rues de Milan l’année suivante…

    …

    …

    La sublime image palermitaine _ une merveille absolue ! _, en 2008,

    peut-être prise _ comme parfois c’est le cas ; et, ici, légèrement en oblique par rapport au tracé de la rue qui traverse l’image de ses pointillés _ de la fenêtre de quelque chambre d’hôtel qui aurait surplombé la scène nocturne _ Bernard m’a offert un tirage d’une sublime vue nocturne de Rome, prise d’une chambre d’hôtel situé tout à côté de Sant’Eustachio (et non loin du Panthéon)… _

    à dominante ocre,

    donne à contempler le vaste _ large, ouvert _ espace béant d’une rue _ marquée par des pointillés blancs sur le sol _, que vient manger, sur toute la partie gauche de l’image, l’obscurité envahissante de la nuit ; alors qu’est, éclairée, d’une lumière blafarde, au premier plan, sur plus du quart de l’image, en bas et à droite, une zone totalement vide, jeaunâtre d’aspect.

    Au plein centre de la photo, se tient la toute petite silhouette dressée d’un homme, bien campé sur ses jambes, et possiblement les bras derrière le dos ;

    alors que tout en bas de l’image, sur la droite, mais presque totalement mangée par le bord inférieur de l’image, qui la coupe, se distingue à peine _ on ne l’aperçoit pas tout de suite _ la tache minuscule du haut de la silhouette d’un autre homme, dont ne se perçoivent que la tête et les épaules.

    Qui sont-ils ? Que font-ils là, à cette heure de la nuit ?

    La partie supérieure droite de l’image, et de l’autre côté de la rue présentement déserte d’autres personnes que ces deux silhouettes-là, présente _ toujours en léger oblique par rapport au cadrage de l’image _ deux grilles d’entrée, en continuité l’une de l’autre, mais légèrement dissemblables _ une clôture ajourée sépare les deux propriétés _, avec, juste posée sur le pilier qui leur sert de séparation, la tache lumineuse d’un éclairage.

    …

    Cette scène muette m’évoque étrangement quelque chose de la poésie assez énigmatique du sublime cinéma d’Antonioni,

    du temps de « L’Avventura » (tourné en Sicile), « L’Eclisse » (tourné à Rome) et « La Notte » (tourné à Milan)…

    …

    Voilà, en tout cas, un pur chef d’œuvre de Plossu, en 2008, à Palerme.

    …

    …

    L’image milanaise de 2009,

    est d’une tout autre veine,

    peut-être, disons, moderniste _ avec des lignes géométriques bien marquées _ ;

    et elle est dépourvue, elle, de personnages, ne serait-ce que sous forme de silhouettes pressées…

    …
    Il s’agit d’une vue de rue _ où ont lieu des travaux _, centrée sur un immeuble qui occupe _ jusqu’au haut de cette image _ plus de la moitié gauche de l’image ; et s’ouvre sur deux vastes bâtiments industriels _ le premier bas et long, recouvert d’un toit de tuiles ; et l’autre plus haut, et cubique, en béton _ qu’on aperçoit, par dessus un mur bas, sur la partie droite de cette image, laissant entrevoir aussi un peu d’un ciel d’un bleu passablement brumeux…

    Milan est une cité du Nord, et assez industrielle. 

    …

    …

    Bien sûr, cette image me rappelle l’article que j’avais consacré, le 4 juillet 2008, au magnifique carton d’invitation à la mostra « Attraverso Milano« ,

    dont voici un lien : …

    …

    …

    Et je sais bien que pour ces images de ville,

    Bernard Plossu a plus que l’embarras du choix…

    …

    Que d’images de lui, dans le trésor de son immense réserve, attendent la chance d’une publication en album !

    …

    …

    Ce mardi 10 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Pour continuer, les images de villages

    Pour ma seconde journée d’exploration de mes 13 images préférées du magnifique « Tirages Fresson » de Bernard Plossu,

    que viennent de publier ce mois de septembre les Éditions Textuel,

    …

    je vais me consacrer maintenant aux admirables (!!!) images de villages

    _ Bernard Plossu appréciant tout particulièrement ces tranquilles villages, un peu perdus, sommeillant bienheureusement à l’écart des grandes routes, et surtout des circuits touristiques, qui les abiment tellement, et détruisent si vite leur plus subtile vraie poésie, au profit de misérables clichés vendeurs !!!.. _

    de cet album ;

    …

    images qui sont au nombre de trois,

    pour ce qui est mon tout premier choix de 13 :

    …

    …

    1) à la page 68 : « Purroy, Aragon, Espagne, 2018« 

    …

    …

    …

    …

    3) aux pages 90-91 : « Île de Capraia, Italie, 2014 » 

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    auxquelles j’adjoindrai une quatrième,

    issue, elle, de ma liste complémentaire de 22 autres images admirées :

    …

    …

    à la page 92 : « Obón, Espagne, 2013« .

    …

    XYPflEVA

    …

    …

     

    Bernard Plossu aime spécialement saisir de tendres _ le plus souvent, mais pas toujours ; il est aussi de plus rudes ! _ images de villages anciens, aux humbles mais solides architectures vernaculaires,

    et presque chaque fois vierges de toute figure humaine _ les habitants, pour l’heure de la saisie de l’image, sont demeurés chez eux, ou ailleurs que dans ces petites rues ou placettes… _,

    dont il sait nous montrer, à l’occasion, l’admirable « ambiance » de sérénité heureuse ;

    …

    ainsi que la beauté obstinément résistante d’architectures vernaculaires _ que la modernité n’a pas trop touchées _,

    présentées parfois

    (« Purroy, 2018 » _ aux admirables couleurs pastel : le bleu tendre d’une porte couleur de ciel ; le rose un peu délavé des tuiles des toits ; et le léger déglingué dansant des formes des bâtiments, posés là de bric et de broc, au gré du relief montueux de ce petit village si délicieusement pentu et accueillant… : quel absolu chef d’œuvre ! ici encore une merveille de couverture possible pour ce si beau « Tirages Fresson« … _,

    « Capraia, 2014 » _ autre merveille,

    qui, tant par ses formes (celles chères aux peintres-cubistes) que par ses étranges couleurs, n’est pas sans me rappeler étrangement la fantastique ruelle en impasse, à l’intérieur du château de Prague, où Franz Kafka se rendait pour écrire au calme, en une minuscule maisonnette, à flanc de rempart… _)

    dans ce que ces images captées peuvent offrir de formes appréciées des cubistes,

    voire des abstraits (« ) ;

    …

    ou en une atmosphère voisine de l’univers à la fois paisible et bien tenu, de Chardin (« Bourgogne, 2010« 

    _ encore une autre admirable composition (et encore un absolu chef d’œuvre !), très française, ici, et splendide en son humilité un peu cossue (nous sommes ici en l’opulente, Bourgogne, et pas dans le très pauvre Aragon de la province de Huesca, pour l’admirable (!!!) « Purroy, 2018« …), qui ne se pousse, en tout cas, pas du col, dans un splendide camaïeu tendre de nuances d’ocre rose pour les maisons, solidement ancrées sur le sol, en une sorte de sublime puzzle un peu anguleux, plutôt à la Cézanne… ;

    et sans précision supplémentaire de localisation, pour ce village de parfait équilibre (à la Poussin, ou à la Couperin ; avec juste, et à peine, les infimes menues dissonances harmoniques qui manqueraient, sinon !..) ;

    une précision géographique qui n’intéresse pas outre mesure le saisisseur de l’image : le nom de la Province, « Bourgogne« , lui suffisant largement ; et probablement pas mal d’autres villages de cette assez riche contrée pourraient-ils lui fournir d’assez voisines images, avec un coefficient assez apparenté de pure poésie… _ ),

    ou du solide aixois Cézanne _ nous sommes assurément bien là en France…

    …

    …

    Ce lundi 9 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Pour commencer, les images de nature : montagnes, déserts, campagnes, forêts…

    Bernard Plossu est un adepte bien connu de marches-randonnées dans la nature _ plus ou moins sauvage… _ :

    montagnes, déserts, hauts-plateaux, voire grandes prairies,

    campagnes, et même jardins,

    ainsi que sous-bois et forêts…

    …

    …

    En ce chapitre-ci d’une « nature » au sein de laquelle cheminer, sac au dos

    _ et appareil-photo à portée immédiate de main, tel le large filet pour le collecteur de papillons (cf ici Vladimir Nabokov…)… _,

    un peu à l’aventure,

    …

    au moins 7 images (sur 80) de ce « Tirages Fresson« 

    sont consacrées à des images disons _ et pour bien mal le résumer _ « vertes« ,

    je veux dire peu ou prou « écologiques« ,

    …

    avec des degrés d’ailleurs fort divers entre sauvagerie et civilisation,

    entre nature quasi vierge _ « wilderness«  américaine (cf Catherine Larère…) _, et culture _ européenne _ un tant soit peu peignée…

    …

    …

    En ce « Tirages Fresson » qui vient de paraître,

    au moins 7 images de « nature » se trouvent aux pages

    …

    13 (« Ardèche, France, 2012« ),

    …

    15 (« Taos Mountain, Nouveau-Mexique, États-Unis, 1978« ),

    …

    29 (« Californie, États-Unis, 1977« ),

    …

    30-31 (« Cantal, France, 2014« ),

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    …

    53 (« Port-Cros, France, 2011« ),

    …

    69 (« Sud du Nouveau-Mexique, États-Unis, 1980« )

    …

    La librairie Artazart, sur les bords du Canal Saint Martin à Paris, vous propose de venir à la rencontre du photographe Bernard Plossu pour la parution de son album Western Colors, ce jeudi 23 juin à partir de Nouveau Mexique, Photographie Couleur, Onirique, Peinture, Rencontre, Yeux, Photographie Numérique, Photographie De Voyage, Les Photos Noir Blanc

    …

    …

    et 80 (« Giverny, France, 2010« ).

    …

    …

    On remarquera au passage l’imprécision _ bien évidemment par force ! _ de localisation _ quelque part… _ des sites

    où ont été saisies ces images… 

    …

    …

    Ce qui donne, cette fois au sein de ma liste de 13 images entre toutes préférées,

    pour ce qui concerne le chapitre de l’ »extérieur-nature« ,

    …

    le fait que j’ai retenu 2 images proprement sidérantes, à mon œil,

    …

    les images des pages 30-31 (« Cantal« )

    _ peut-être un poil trop majestueuse (spectaculaire !) et photogénique, celle-ci, pour pouvoir servir véritablement d’emblème de la singularité extraordinaire du mode de faire, foncièrement modeste, aux antipodes du « m’as-tu vu« , de Plossu…,

    et servir, du moins à mon goût personnel, pardon !, de couverture à l’album :

    mais quelle infiniment tendre sensualité caressante se dégage des courbes, au premier plan, de cette merveilleuse « vue verte«  surplombante d’un très vaste, quasi infini, panorama cantalien, en Auvergne…

    Bernard Plossu n’est pas l’homme des bien trop époustouflants vertigineux à-pics des Dolomites… _

    …

    et 53 (« Port-Cros« )

    _ celle-ci (peut-être une image inédite ; à moins, et c’est plus vraisemblable !, qu’elle n’ait déjà paru, en 2013, en un album que je ne possède hélas pas ! : « L’Incertaine apparence de Port-Cros«  de Bernard Plossu et François Carrassan, paru aux Éditions de l’Égaré, en 2013 : un album probablement tiré alors à très peu d’exemplaires…) est, entres toutes, ma préférée : celle que j’aurais personnellement encouragé à choisir pour la couverture !

    Quel infiniment doux plaisir sensuel de cheminer-s’enfoncer sans se perdre sur (ou dans) le chemin de ce vert sous-bois à la fois un peu sombre et combien chaleureusement lumineux d’Eden méditerranéen, accueillant, où vagabonder à l’envi sans jamais risquer de se perdre… Le paradis est juste là ! Et l’on s’y meut, en une île ! cette île de Port-Cros…

    Port-Cros, Porquerolles, l’ïle du Levant : le paradis même du « Pierrot le fou » de Godard, dont Bernard avait si justement saisi les orgasmiques « ambiances«  en quelques magiques images de son si beau Plossu Cinéma, en 2010 (aux Éditions Yellow now) ; cf mon article du 27 janvier 2010 : … _ ;

    …

    …

    ainsi que, aussi,

    et cette fois dans ma liste supplémentaire de 22 autres images, cette fois,

    _ il est si difficile de réduire le nombre de ses choix ! _,

    …

    les 2 images, encore,

    …

    des pages 69 (« Sud du Nouveau-Mexique« )

    _ ici encore un chemin, ou plutôt cette fois une route pierreuse, mais désertique, sec et aride, celui-ci ! Et cette fois encore, un Plossu emblématique, et presque trop, pour le coup, pour que j’eusse choisie cette image-ci comme couverture… Et, à dire vrai, ma préférence, très subjective, bien sûr (et injuste !), va au Plossu européen, et même, assez souvent (mais pas exclusivement non plus : cf ici même son extraordinairement beau « Giverny« , de la page 80, ou, et à propos des villages, son admirable « Bourgogne« , de la page 81…), au Plossu méditerranéen… _

    …

    et 80 (« Giverny« )

    _ une nature superbement peignée, cette fois, mais surtout pas trop, non plus, ici chez Monet : une merveille de classicisme (français, je le constate…) ouvert, à la fois retenu et déboutonné, et hyper-détendu, idéalement paisible, en sa respiration, pleine de fantaisie, amusée, et en même temps d’une idéale sérénité ; paradisiaque encore, mais d’une autre façon : apollinienne, dirai-je, cette fois, plutôt que dionysiaque (comme était le si chaleureux « Port-Cros« ) : quelle sublimissime renversante image, que ce « Giverny« – là, en son tendre délicatissime équilibre-déséquilibre (à la Marivaux), si français !..

    …

    …

    Mais on comprend très bien aussi le degré d’embarras de choix de Bernard Plossu à sa table de travail,

    face aux nécessaires choix éditoriaux à réaliser, à la profusion fastueuse de ses images, offertes, là, sous ses yeux ;

    …

    disponibles images, parmi _ et au sein de _ ses innombrables richissimes planches-contact _ qui les recèlent et les conservent _ ;

    …

    Bernard Plossu en face de ses milliers de somptueuses images saisies, qui, beaucoup d’entre elles, méritent vraiment, les unes ou les autres

    _ et surtout celles au tout premier abord apparemment les plus « ratées«  ! _,

    une nouvelle chance de parvenir à paraître, au moins une fois, quelque jour à venir, à nos yeux de regardeurs, à notre tour :

    …

    en quelque prochain nouvel album, ou quelque prochaine nouvelle exposition.

    …

    Oui, parmi les images qui n’ont pas été retenues cette fois-ci, pour ce « Tirages Fresson« -ci,

    des centaines, probablement, l’archi-méritaient _ et méritent toujours _ pleinement,

    mille fois davantage même, peut-être parfois, que celles sur lesquelles a porté, ce jour-là, le magnifiquement judicieux choix, déjà !, de leur auteur-capteur-saisisseur-receveur-partageur, à sa table de La Ciotat _ comme je l’y ai vu procéder, le 22 juillet 2008, pour son « Plossu Cinéma« , assis que j’étais auprès de Michèle Cohen et de Pascal Neveux, présents là pour ce tout premier choix…

    …

    …

    Mais, et soyons-en certains,

    ce n’est, pour ces belles endormies, sommeillant, pour le moment encore, en leurs planches-contact,

    que partie remise, pour la prochaîne occasion de publication d’un album, ou d’une exposition ;

    …

    et grâce, bien sûr aussi, à la médiation féérique, décisive, elle aussi, du tirage de l’image,

    par les doigts de fées de magiciens

    tels que, ici, de père en fils _ Pierre, Michel, Jean-François _, les Fresson, à Savigny-su-Orge…

    …

    …

    Car Bernard Plossu sait mieux que personne tout ce qu’il doit à la perfection infiniment soignée du travail de ses tireurs d’images préférés,

    son épouse, Françoise Nunez, et Guillaume Geneste ;

    …

    et, ici, pour ces fabuleux tirages-couleurs-Fresson,

    Pierre, Michel et Jean-François Fresson, à Savigny-sur-Orge… ;

    …

    dont la perfection infiniment soignée _ pardon de la répétition !, mais il faut y insister, comme le fait d’ailleurs lui-même, et à nouveau,  après le « Plossu couleurs Fresson » de 2007, le titre si justement reconnaissant de cet album de 2020 : « Tirages Fresson« … _ de ce travail de tirage

    lui permet, à lui _ le rencontreur passionné d’images à faire sourdre-surgir, de ce réel inattendu à apprendre à vraiment, et vraiment presque partout, surprendre et percevoir vraiment (il faut insister aussi, et toujours, sur ce très profond souci de vérité de Bernard Plossu à toutes les étapes de son travail, et son refus absolu et même forcené du moindre trucage falsificateur !), en un clin d’œil, sur le champ, décisif ; et saisir, pour l’éternité désormais, par ses images photographiques qui vont être engrangées, conservées, tirées et publiées… _,

    de vraiment se consacrer quasi exclusivement _ voilà ! c’est simplement un gain de temps et d’énergie à répartir (de confiance !)… _ à la pure rencontre _ miraculeuse _ offerte de ce si vaste réel à parcourir,

    ce réel tout à la fois le plus normal et quotidien possible _ et ce peut-être celui-là même de sa propre maison à La Ciotat, comme jadis à Grenoble ; comme celui d’absolument le plus banal n’importe où (telle la plus simple chambre d’hôtel)… _, et en même temps fantastiquement riche, et à quasiment inépuisable profusion _ pour qui sait, « sur le motif » d’abord, et c’est bien sûr le principal, le percevoir (puis, une fois « pris« , « saisi » sur la pellicule photographique et conservé, bien sûr encore apprendre à le reconnaître et identifier, très a posteriori, à sa table de travail), en sa merveilleuse fulgurance poétique iconique _, de formidables fabuleuses surprises ;

    …

    dont, Kairos aidant, et hic et nunc,

    lui va pouvoir réaliser, l’éclair d’un clic instantané sur la pellicule photographique, ces fantastiques images vraies

    qui vont demeurer à partager _ en une admirable œuvre réalisée _ pour jamais :

    …

    le défi, quasi permanent alors _ en ces très intenses autant que très sereines (de concentration paisible, vierge de tout parasite…) chasses aux papillons iconiques « sur le motif« … _, est immense…

    …

    …

    Que de merveilleux trésors de poésie _ déjà réalisés, mais encore en partie dormants, en attente qu’ils sont de « réalisation finale«  lors du tirage sur du papier adéquat… _ attendent donc, encore,

    dans les inépuisables rangements de planches-contact de Bernard Plossu, chez lui, à La Ciotat,

    la grâce de lumière d’un tirage parfait enfin réalisé ;

    …

    puis d’un livre édité, ou d’une exposition exposée !

    …

    …

    Et,

    tout en bout de course, et presque accidentelle _ et assez pauvre en nécessité _,

    la découverte émerveillée, consécutive,

    par nous,

    de nos regards éblouis de spectateurs _ de ces images, dans le livre, ou à l’exposition _ attentifs admiratifs,

    infiniment reconnaissants de ces sublimes éclats si merveilleusement bienfaisants

    de lumière

    que nous recevons instantanément alors, tout en bout de course, en cadeau…

    …

    …

    Car ces couleurs nous font vraiment du bien…

    …

    …

    Ce dimanche 8 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa