Auteur/autrice : francislippa

  • Exulter aux Tambourins jubilatoires de Rameau

    Jean-Philippe Rameau

    (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764)

    dispose d’un talent unique pour nous faire exulter tout spécialement à ses divers Tambourins…

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    Ainsi, par exemple,

    dans le coffret Glossa GCD 921125 Jean-Philippe Rameau Orchestral Suites The complete Philips & Glossa recordings

    de l’Orchestre du XVIIIe siècle sous la direction de Frans Brüggen,

    de 2018 (les enregistrements sont de 1987, 1990, 1994, 1998 et 2001),

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    nous trouvons des Tambourins 

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    cf ici une brève vidéo d’une interprétation tardive _ à La Haye, le 14 mai 2014, pour son dernier concert ! ; Frans Brüggen (Amsterdam, 30 octobre 1934 – Amsterdam, 13 août 2014) dirigeait d’un fauteuil roulant… _  d’un Tambourin des Indes galantes (créé à l’Académie royale de Musique le 28 août 1735)

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    extraits de

    Castor et Pollux (créé à l’Académie royale le Musique le 24 octobre 1737),

    Les Fêtes d’Hébé (créé à l’Académie royale le Musique le 21 mai 1739),

    Dardanus (créé à l’Académie royale le Musique le 19 novembre 1739),

    Naïs (créé à l’Académie royale le Musique le 22 avril 1749)

    et Acante et Céphise (créé à Versailles le 9 novembre 1751).

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    Ce sont des merveilles !!!

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    Ce vendredi 14 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pourquoi si peu de CDs consacrés, ce siècle-ci, à l’oeuvre de Jean-Marie Leclair (1697 – 1764) ?

    Jean-Marie Leclair (Lyon, 10 mai 1697 – Paris, 22 octobre 1764)

    est un très grand compositeur du Baroque français ;

    tout particulièrement _ mais pas exclusivement _ dans le répertoire du violon.

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    Formé au violon à Turin _ la capitale du royaume de Savoie _

    auprès du virtuose Giovanni Battista Somis (Turin, 25 décembre 1686 – Turin, 14 août 1763),

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    le lyonnais d’origine Jean-Marie Leclair

    est une cheville ouvrière clé de la réunion des goûts réunis, au XVIIIe siècle,

    entre l’Italie et la France…

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    C’est ainsi qu’il développe en France

    ces nouveaux genres musicaux nés de l’autre côté des Alpes

    que sont, notamment, la sonate et le concerto.

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    Ce jour,

    Jean-Charles Hoffelé, sur son site Discophilia,

    consacre un article intitulé Violon à la française

    à un coffret de 3 CDs du label Brilliant Classics _ n° 95290 _

    intitulé Jean-Marie Leclair Complete Violin Concertos,

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    par l’Ensemble Violini Capricciosi,

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    constitué de

    Igor Ruhadze (violon solo et leader),

    Daria Gorban et Marta Noelia Jimenez Vega (violons),

    Eirini Stratigopoulou, alto,

     Octavie Dostaler-Lalonde, violoncelle,

    Juan Diaz, contrebasse,

    et Alexandr Puliaev, clavecin.

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    Voici cet article,

    qui fait un point très opportun sur l’histoire discographique

    de ces Concertos pour violon (Op. 7 et Op. 10) de Jean-Marie Lelair.

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    VIOLON À LA FRANÇAISE

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    Les deux cahiers de Concertos que Jean-Marie Leclair écrivit à son usage _ de compositeur violoniste virtuose _ sacraient le règne absolu de l’instrument italien _ voilà _ qui, dans le répertoire français, avait supplanté la viole _ cf l’excellent triple album Ricercar, en 1993, Defense de la basse de viole contre les entreprises du violon et les prétentions du violoncelle, d’après l’œuvre, en 1740, de Hubert Le Blanc. La virtuosité folle, l’archet acrobatique, la main gauche agile et ferme _ oui _, tout installait de nouveaux standards techniques  _ mais artistiques aussi _ dont ces douze concertos _ en 1737 et 1745 _ célèbrent les fastes avec une fantaisie, une liberté, des audaces qui voguent entre Italie et France (lorsque les imitations de musette paraissent comme dans le Largo de l’Opus 10 No. 5), nouveaux concerts des Goûts Réunis _ selon l’expression de François Couperin (Paris, 10 novembre 1668 – Paris, 11 septembre 1733).

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    Leclair ne fut _ certes _ pas seul pour cette révolution parisienne : _ outre Louis-Gabriel Guillemain (Paris, 15 novembre 1705 – Chaville, 1er octobre 1770) _ Pierre Guignon _ Giovanni Pietro Ghignone (Turin, 10 février 1702 – Versailles, 30 janvier 1774 ; et lui aussi élève de Somis  _ lui disputa souvent la primauté, leurs concerts en joute sont restés célèbres, mais le génie de Leclair dominait toujours, dans ces concertos comme à l’Opéra, où Scylla et Glaucus _ créé à l’Académie royale de Musique le 4 octobre 1746 _ aura sacré la seconde apogée _ après Lully (Florence, 28 novembre 1632 – Paris, 22 mars 1687), et avec Rameau (Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764) _ de la Tragédie lyrique.

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    Les Concertos _ pour violons _ connurent une fortune _ relativement _ modeste au disque, Jean-François Paillard le premier les distribua à Huguette Fernandez et Germaine Raymond, y revint pour la stéréophonie avec Gérard Jarry ; à l’ère moderne, Jaap Schröder, en pionnier _ oui, en 1978 _, donna un relief saisissant à trois Concertos avec son ensemble d’Amsterdam, avant que Simon Standage _ surtout _ n’impose à l’intégrale _ en 3 CDs Chandos _ un modèle un rien trop classique, Fabio Biondi lui répondant pour une sélection en des termes équivalents.

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    Le paysage changea radicalement avec un disque divin de Monica Huggett ; et l’Opus 7 vivement enlevé par Luis Otavio Santos et Les Muffatti _ le CD Ramée 1202. Coda de ces relectures brillantes et historiquement informées, l’intégrale de Leyla Schayegh chez Glossa _ cf mes articles récents _, virtuose et impertinente _ oui, comme ce genre et l’époque de leur composition le réclament .

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    Celle que propose ici Igor Ruhadze et ses Violoni Capricciosi n’est en rien sage ou scolaire comme j’ai pu le lire ici où là, elle fuse souvent dans un jeu qui prend tous les risques, montre bien du caractère dans les Finales en gigue, ou les musettes ; mieux, si elle fait un Opus 7 brillant, ce que le recueil appelle, il me semble que son Opus 10, moins prisé _ jusqu’ici _ des violonistes – plus complexe, plus français _ oui ! _ avec ses nombreuses références aux danses – trouve toujours le ton juste, un peu nostalgique, avec des élégances _ voilà _ qui anticipent sur le classicisme de Mozart, si bien que l’intégrale s’ajoute à une discographie peu abondante, offrant au sein de celle-ci un angle singulier d’où ces admirables concertos _ merci ! _ se voient et s’entendent d’une façon différente.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Jean-Marie Leclair (1697-1764)

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    6 Concertos pour violon, Op. 7 (Intégrale)
    6 Concertos pour violon, Op. 10 (Intégrale)

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    Igor Ruhadze, violon
    Ensemble Violini Capricciosi

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    Un coffret de 3 CD du label Brilliant Classics 95290
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    Photo à la une : le compositeur Jean-Marie Leclair – © BnF

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    Une parution bienvenue,

    en un répertoire superbe, pas encore assez couru des interprètes.

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    Ce jeudi 13 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter d’excellentes interprétations du Concerto en sol Majeur pour piano et orchestre de Maurice Ravel : avec brillance, expressivité et pudeur, selon le témoignage de Cédric Tiberghien

    Ce mercredi 12 août 2020,

    le site de ResMusica se fait l’écho d’une interview _ par Pierre-Jean Tribot _ du pianiste _ excellent ! _ Cédric Tiberghien,

    déjà donnée sur le site de Crescendo Magazine, le 26 janvier dernier,

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    donnée à l’occasion de la réception par le pianiste d’un prix pour son CD _ excellent ! _, avec la violoniste _ non moins excellente ! _ Alina Ibragimova,

    de Sonates de Franck, Vierne et Ÿsaÿe (le CD Hyperion CDA 68204)

    _ cf mon article du 17 avril 2019 : …

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    Et Cédric Tiberghien était alors interrogé aussi, au passage, sur le Concerto pour piano en Sol Majeur de Maurice Ravel :

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    « Vous avez participé à la nouvelle édition critique du Concerto pour piano et orchestre de Maurice Ravel pour la Ravel Edition.

    Que représente Ravel pour vous ?« .

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    Cédric Tiberghien, entre les sonates de César Franck et Louis Vierne

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    Ce mercredi 12 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques réactions mieux venues à la disparition de Bernard Stiegler, penseur singulier décidément inclassable

    Bernard Stiegler

    (Villebon-sur-Yvette, 1er avril 1952 – Epineuil-le-Fleuriel, 6 août 2020)

    est décidément un penseur singulier, inclassable

    _ du moins au regard de la plupart des membres de la communauté universitaire,

    dont il n’était pas.

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    Voici trois nouveaux articles _ un peu plus consistants, cette fois _ de réception de la nouvelle du décès de Bernard Stiegler :

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    dans Libération (sous la plume de Valentin Denis et Marie Loslier : Bernard Stiegler, penseur de la génération «Thunberg»),

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    Marianne (sous la plume de Philippe Petit : Mais au fait, c’était quoi la pensée de Bernard Stiegler ?)

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    et La Croix (sous la plume d’Elodie Maurot : Le philosophe Bernard Stiegler est mort).

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    TRIBUNE
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    Bernard Stiegler, penseur de la génération «Thunberg»

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    Par Valentin Denis, étudiant à l’Ecole Normale Supérieure de Paris et Marie Loslier, diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et diplômée en philosophie
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    — 10 août 2020 à 18:05
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    Bernard Stiegler à Paris, le 24 août 2005.
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    Bernard Stiegler à Paris, le 24 août 2005. Photo Ulf Andersen. Getty Images. AFP

    Le philosophe des techniques, mort jeudi, avait à cœur de transmettre sa philosophie à la jeunesse. Refusant de s’enfermer dans une tour d’ivoire, il n’avait de cesse de penser le réel comme on panserait un monde malade.

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    Tribune.

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    Depuis l’annonce de la mort de Bernard Stiegler, le monde a perdu pour nous encore un peu plus de son sens. Dans l’épais brouillard que constitue notre réalité contemporaine, il était bel et bien de ces penseurs lumineux qui contribuent à rendre le monde plus habitable _ oui.

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    La conjonction de son imagination théorique et de ses engagements pratiques, sa lutte contre l’abêtissement généralisé provoqué par la séparation du «penser» et du «panser», inspirait quotidiennement nos travaux de recherches, mais aussi nos combats.

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    Perdre Bernard Stiegler, à l’acmé de sa force, laisse un trou béant d’où nulle consolation ne peut émerger.

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    Nous ne l’avions rencontré en personne qu’à quelques rares occasions, comme ce soir de novembre à la Sorbonne, lors d’une conférence sur le lien entre objets numériques et objets du désir. Après une brève présentation des organisateurs, il avait d’abord remercié les étudiants qui l’avaient invité et les participants qui étaient venus le voir en cette soirée hivernale ; puis il avait commencé sa conférence : sur l’écran était apparue la tribune du Giec qui nous alertait en 2017 sur la situation dramatique de notre planète. Débuter par ce texte, c’était rappeler que toute pensée digne de ce nom doit se confronter au réel et à son urgence _ voilà. Le reste est vain. Son projet théorique ne se séparait pas d’une attention constante _ oui _ à l’état de la société.

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    Philosophe critique

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    Apprendre sa mort, c’est pour nous dire adieu à une voix inoubliable, qui savait porter au langage les pires maux affrontés par nos sociétés tout en constituant un abri paradoxal : la sagesse de cet homme qui semblait voir clair dans le péril avait quelque chose de réconfortant. C’est dire adieu à un enfant des Trente Glorieuses qui se montrait pourtant si soucieux de laisser aux jeunes générations une Terre habitable ; à un de ceux qui avaient compris que le souci de la transmission, du passage entre les générations, doit être réinvesti par la pensée critique _ oui _ plutôt que d’être jeté en pâture aux forces de la régression nationaliste.

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    À une époque où la jeunesse se sent de plus en plus abandonnée, Bernard Stiegler était de ceux qui lui donnaient des raisons d’espérer.

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    En un sens, son attitude évoquait ce que Theodor W. Adorno et Max Horkheimer, entourés aussi de Herbert Marcuse ou Walter Benjamin, avaient appelé dans les années 1930 la « Théorie critique » – projet interdisciplinaire visant à faire enfin travailler de concert les différentes sciences sociales en vue de produire une critique immanente des sociétés capitalistes. Plutôt que d’enfermer la philosophie dans sa cage de fer, dans ses systèmes clos et ses concepts figés, il fallait partir de notre réalité brisée, décrite par des savoirs empiriques, pour rendre la société adéquate à ses propres désirs d’émancipation. Ces théoriciens œuvraient dans ce qui s’appelle encore, à Francfort, un Institut de recherche sociale – nom que celui de l’Institut de recherche et d’innovation, fondé par Stiegler en 2006, n’est pas sans évoquer. Avec lui, la philosophie recherchait une véritable actualité, au sens où l’entendait Adorno dans sa leçon inaugurale à Francfort en 1931.

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    Encore aujourd’hui, ce n’est plus à la philosophie de nous apprendre, de l’extérieur, quelque chose sur le réel : c’est le réel qui s’impose à la philosophie, laquelle doit s’y mesurer _ voilà _ si elle veut pouvoir en dire quelque chose de vrai _ oui.

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    Figure de la jeunesse écologiste et militante

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    Chez Stiegler, le travail incessant de mise en relation des savoirs _ oui _, à la croisée de la philosophie, de l’anthropologie, de la psychologie, de la sociologie, de l’économie mais aussi de la physique et de la biologie, montrait aux étudiants en philosophie d’aujourd’hui qu’il ne saurait y avoir de salut pour leur discipline dans une tour d’ivoire ; à tous ceux qui croient que les sciences humaines peuvent quelque chose contre l’époque de crises dans laquelle nous entrons, il affirmait la nécessité d’un dialogue permanent _ oui _ entre elles, comme en témoignait la formation récente du collectif Internation, rassemblant des chercheurs et des chercheuses de toutes disciplines et de tous pays.

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    Mais Bernard Stiegler n’était pas qu’un intellectuel pour spécialistes. Son parcours hors normes continue d’impressionner tous ceux qui le découvrent, aussi bien pour sa puissance romanesque que pour la force d’âme qu’il manifeste. Soucieux de la diffusion de sa pensée, il fut aussi un homme de parole, de conférences et de radio, plus hostile à la télévision dont il dénonçait bien souvent la toxicité.

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    Ses récents entretiens pour Thinkerview l’ont amené à rencontrer des jeunes issus de ce qu’il appelait la «génération Thunberg» depuis son dernier ouvrage, le second volume d’une série intitulée Qu’appelle-t-on panser ? – titre qui rend hommage aussi bien à Heidegger qu’à Derrida, maîtres qu’il n’aura eu de cesse de citer, mais aussi de critiquer _ c’est-à-dire continuer à penser, à partir d’eux _, puisque c’était pour lui la seule manière de se rendre digne de leur héritage. Il devenait une des figures intellectuelles tutélaires de la jeunesse écologiste militante, qui trouvait enfin une voix contrebalançant celles des éditocrates de plateaux télévisés l’invitant à retourner en classe pour apprendre sagement les lois inéluctables du marché.

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    Panseur des maux

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    Oui, ses concepts étaient exigeants ; mais comme il le soulignait lui-même, la véritable réflexion ne peut se développer dans le langage de la communication. Pour lui comme pour Derrida, toute pensée était d’abord une expérimentation dans l’écriture _ oui. Et c’est grâce à ce langage proprement philosophique qu’il parvenait à mettre le doigt sur les maux les plus cruciaux de nos sociétés.

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    Médecin de la civilisation, il aimait rappeler, après Nietzsche, que la pensée ne commence pas tant par l’étonnement que par l’effroi _ voilà. Face à cette société malade, qui reproduit aveuglément les conditions de sa propre destruction, Stiegler a réussi à dévoiler pour nous l’ambivalence _ oui _ des techniques en tant qu’elles sont profondément liées au destin de l’humanité.

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    Sans doute n’y a-t-il qu’une manière de rendre hommage au «panseur» qu’il fut : continuer à penser pour soigner le monde malade qui est le nôtre, en développant les organes qu’il avait lui-même élaborés dans cette optique.

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    A nous de le lire, de l’écouter. A nous d’écrire. A nous, encore, de nous battre pour enfin «bifurquer» face aux catastrophes qui viennent. S’il est vrai, comme l’écrivait Walter Benjamin en 1940 peu de temps avant sa mort, qu’une révolution contre le capitalisme et son avorton fasciste rachèterait du même coup tous ceux qui, dans le passé, luttèrent pour une société émancipée, alors peut-être Bernard Stiegler pourra-t-il savourer, lui aussi, cette échappée belle pour laquelle il a tant œuvré.

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    Sa mort nous laisse un monde un peu plus sombre ; mais c’est aussi grâce à sa lumière que nous pouvons continuer à l’éclairer.

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    En attendant ces jours meilleurs, le phare qu’il était continuera de nous guider, vulnérables esquifs tentant de rejoindre la terre ferme par gros temps.

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    Valentin Denis étudiant à l’Ecole Normale Supérieure de Paris , Marie Loslier diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et diplômée en philosophie

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    – Patxi Beltzaiz / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
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    Nécrologie
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    Mais au fait, c’était quoi la pensée de Bernard Stiegler ?

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    Le philosophe Bernard Stiegler est mort

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    Le Collège international de philosophie a annoncé jeudi 6 août le décès de Bernard Stiegler, à l’âge de 68 ans. « La Croix » avait rencontré en 2017 ce penseur. L’occasion d’entamer une méditation sur l’art d’habiter et approfondir sa réflexion sur les territoires et leur mise en réseau.

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    • Élodie Maurot,
    • le 11/08/2017 à 06:55
    • Modifié le 07/08/2020 à 11:54

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    Lecture en 6 min.

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    Le philosophe Bernard Stiegler est mort

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    Bernard Stiegler, philosophe français, est décédé le 6 août 2020.JOSEPH MELIN POUR LA CROIX

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    « Le Collège international de philosophie a la tristesse de faire part de la disparition du philosophe Bernard Stiegler. Un contemporain hors du commun, qui a cherché à inventer une nouvelle langue et de nouvelles subversions. », c’est ainsi que l’on apprenait le décès de l’intellectuel Bernard Stiegler, jeudi 6 août.

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    [ARCHIVE] Article paru le 11 août 2017

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    Difficile d’imaginer environnement plus paisible. L’extérieur, une mare ourlée de verdure, où glissent un majestueux cygne blanc et quelques canards… L’intérieur, un ancien moulin du XXe siècle, grand cube percé de baies vitrées, où le philosophe Bernard Stiegler a aménagé un loft lumineux aux tons crème, dans l’esprit de l’architecture industrielle d’un Mallet-Stevens. Belles hauteurs sous plafond, escaliers métalliques minimalistes qui laissent les perspectives ouvertes, hautes portes coulissantes en bois et en verre rappelant les intérieurs japonais…

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    Un lieu pour vivre et penser

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    À Epineuil-le-Fleuriel, petit village du Cher et patrie du Grand Meaulnes, Bernard Stiegler a aménagé, avec son épouse Caroline, ce lieu pour vivre et penser. « J’aime la nature et les paysans. J’ai absolument besoin de voir les arbres et le ciel, mais je suis un moderniste, raconte-t-il. Je n’avais pas envie de vivre dans une maison rurale pittoresque avec une grande cheminée… Là, ça a été un compromis. »

    Digne d’une revue d’architecture, la maison bénéficie d’une décoration soignée, mais sans ostentation. Peintures abstraites, sculptures, dessins dialoguent avec les livres, offrant un refuge de culture. D’autres objets plus énigmatiques, comme ces algues et fleurs de cocotiers séchées dont les lignes brunes dessinent des sculptures très graphiques, invitent à une évasion poétique. On s’y sent ici et ailleurs.

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    Le moulin, qui appartenait à la famille de sa femme, était à l’abandon depuis les années 1970 « lorsque les grands moulins ont décidé de tuer les petits et de prendre le monopole de la farine boulangère », précise-t-il. Les arbres avaient envahi le bief, les ronces la maison. Tout était à imaginer et à créer. Comme une métaphore du travail du philosophe.

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    Dans ce berceau paisible, loin du tumulte des grandes métropoles mondiales où il se rend régulièrement, Bernard Stiegler peut penser la crise totale que traversent les sociétés occidentales, et ce qu’il appelle la « disruption », ce phénomène d’accélération de l’innovation technologique qui les conduit au point de rupture.

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    Dans son dernier livre (1), il en a donné une description impressionnante, mettant en lien les effets des industries culturelles et des médias de masse, mortifères par leur manière de capter l’attention, d’appauvrir la culture, de formater _ voilà _ les désirs et de libérer le pulsionnel dans un « processus de désinhibition », et ceux de la révolution numérique, qui provoque une synchronisation, une standardisation _ uniformisante _ et un contrôle sans précédent des comportements.

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    Savoir-faire qui se perdent, liens sociaux qui se délitent, transmission entre générations qui ne se fait plus : les symptômes de la crise sont nombreux _ en effet. Pour Stiegler, ce véritable burn-out collectif explique la prolifération des comportements barbares ou auto-destructifs (et notamment la violence djihadiste), « passages à l’acte d’individus devenus littéralement fous ».

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    Le diagnostic est lourd, le « malade » possiblement incurable, mais le philosophe s’est engagé dans l’élaboration d’une thérapeutique, à même de lutter contre cette « nouvelle forme de barbarie comme consumérisme et vénalité généralisée ». « L’optimisme et le pessimisme, dans de telles circonstances, sont indignes, indécents et lâches », juge-t-il. L’impératif est « d’être courageux ».

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    Or il se trouve que pour Bernard Stiegler, le courage est aussi une affaire de lieux _ oui ; et de leur génie… « Il est des lieux qui rendent courageux, comme les lieux de culte, qui sont là pour donner de la force, ou l’architecture de la Grèce ancienne. Heidegger les désigne par le terme de Lichtung : ce sont des clairières. » Des clairières dans l’obscurité et la dureté des temps. « Ils vous donnent le sentiment que l’absolument improbable devient possible. »

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    « J’ai beaucoup réfléchi à ce que veut dire habiter, insiste le philosophe, qui a vécu enfant en milieu rural, sur le plateau de Villebon, avant de rejoindre les tours du grand ensemble de Sarcelles. Je suis réputé pour travailler sur la technique et le temps, mais en réalité mon travail part de la mémoire et du lieu. » _ affirmation cruciale. Nul besoin d’évoquer trop longuement son parcours atypique et son virage tardif vers la philosophie, aidé par les philosophes Gérard Granel et Jacques Derrida, après cinq années de prison pour braquage de banques dans les années 1970. « Je me suis toujours dit qu’après ces cinq années de non-habitat, de non-habitable, j’aurais un habitat », glisse-t-il.

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    L’esthétique ne fait pas tout.

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    À Epineuil-le-Fleuriel, le philosophe, qui ne cache pas être régulièrement victime d’épisodes dépressifs, parvient à surmonter l’angoisse. « Le lieu est beau et réconforte à soi seul », glisse-t-il. Mais l’esthétique ne fait pas tout. Le bon lieu est surtout celui qui permet de retrouver des « capacités », de « déployer une manière de se projeter » _ et s’épanouir vraiment : à la Spinoza. « Pour produire du courage, il faut des lieux encourageants, des communautés encourageantes. À partir de là, tout lieu, même lorsque c’est un non-lieu comme la prison, peut avoir une vertu : la vertu de projeter dans ce qui n’existe pas encore. » _ par imageance féconde.

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    Cette projection dans l’avenir, cette créativité, Bernard Stiegler s’y oblige car les temps l’exigent. En 2005, il a créé l’association Ars Industrialis pour imaginer des réponses concrètes au mal du siècle, une « économie contributive » qui utiliserait à bon escient les nouvelles technologies, dans un esprit démocratique _ oui _, tout autre que celui des princes de la nouvelle économique numérique.

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    Une académie d’été pour chercheurs venus du monde entier

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    Pendant quelques années, Epineuil fut son terrain d’expérimentation. En 2010, il s’y installe à temps plein, accompagné de sa femme et de ses deux plus jeunes enfants, « avec la résolution très ferme de m’impliquer sur ce territoire, de construire un nouveau rapport à la localité ». Pour aider les jeunes du coin, il pense d’abord à créer un collège, mais abandonne devant la complexité de la mise en œuvre.

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    Son projet se transforme en un cours de philosophie sur Platon, qu’il déploie en même temps sur Internet. Il développe aussi un séminaire de recherche et une académie d’été pour chercheurs venus du monde entier.

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    Après cinq années au village, la famille est pourtant rentrée à Paris. « J’ai dû renoncer à vivre ici à cause de nos enfants. Ils étaient en train de s’enliser dans un système scolaire défaillant, pas du fait des personnes, mais d’un ensemble de causes _ instituionnelles _, confie le philosophe. Et pourtant, je ne suis pas du genre à renoncer. »

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    La tragédie de la « diagonale du vide » française

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    Cet « ensemble de causes », dont le philosophe n’a pas fini de tirer les enseignements, c’est la tragédie de la « diagonale du vide » française : le chômage massif qui frappe la région, l’absence d’avenir qui plongent familles et territoires dans la dépression. « Dans la classe de ma fille, qui était au collège à Montluçon, trois jeunes ont fait des tentatives de suicide en une année », alerte-t-il.

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    Le philosophe a le souci de ne blesser personne, mais pense qu’il est aussi temps de témoigner de la désespérance qu’il a rencontrée. « Beaucoup de Montluçonnais se battent pour inverser la tendance, mais ce n’est pas un problème individuel. C’est un problème de portance _ oui. Ici, on n’atteint pas le seuil critique qui fait que l’on se dit qu’on peut élever ses enfants et leur donner un avenir. »

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    Le philosophe Bernard Stiegler est mort

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    Cette expérience ratée l’a toutefois encouragé dans une piste philosophique. Bernard Stiegler a renoué avec la réflexion sur la cosmologie, qui fut chez les anciens « une pensée des échelles », recherchant la bonne articulation entre microcosme et macrocosme. Plus que jamais, il est convaincu qu’il faut repenser l’agencement du local, du régional, du national et de l’Europe, « et que l’on peut utiliser intelligemment le réseau pour cela ».

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    À Epineuil comme en Seine-Saint-Denis – où il est engagé dans un projet d’expérimentation autour de l’économie contributive –, Bernard Stiegler plaide pour l’invention d’une politique territoriale audacieuse. « Les urbanistes prédisent que les villes vont devenir de plus en plus grosses, mais ce n’est pas soutenable, prévient-il. Il faut réinvestir les territoires inoccupés et mettre les lieux en réseau. » _ oui.

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    Reconstruire un monde commun

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    1952. Naissance à Villebon-sur-Yvette (Essonne).

    Dans les années 1970, il exerce différents métiers (ouvrier agricole, manœuvre…), puis ouvre un bistrot musical à Toulouse, où il invite des musiciens de jazz. Parmi ses clients, le philosophe Gérard Granel, professeur à l’université de Toulouse.

    1978-1983. Incarcération à la prison Saint-Michel de Toulouse, puis au centre de détention de Muret, pour braquage de quatre banques. Gérard Granel obtient d’avoir des livres en prison. Bernard Stiegler reprend des études, en philosophie.

    1984. Directeur de programme de recherche au Collège international de philosophie.

    1988. Enseignant à l’Université de technologie de Compiègne.

    1993. Thèse sous la direction de Jacques Derrida.

    1994. Publie son premier livre La Technique et le Temps. La Faute d’Epiméthée (Galilée).

    1996. Directeur général adjoint de l’Institut national de l’audiovisuel (INA). En 2002, il devient directeur de l’Ircam.

    2003. Aimer, s’aimer, nous aimer : du 11 septembre au 21 avril (Galilée). Puis en 2004, Mécréance et discrédit (Galilée) et De la misère symbolique (Flammarion).

    2005. Cofonde l’association Ars Industrialis.

    2006. Fonde l’Institut de recherche et d’innovation (IRI) du Centre Pompidou. Publie La Télécratie contre la démocratie (Flammarion).

    2008. Prendre soin. De la jeunesse et des générations (Flammarion). Puis en 2010, Ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue (Flammarion).

    2013. Pharmacologie du Front national (Flammarion).

    2015. La Société automatique (Fayard).

    (1) Dans la disruption. Comment ne pas devenir fou ? Les Liens qui libèrent, 470 p., 24 €.

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    Voilà.

     

     

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    Une singularité rare.

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    Ce mardi 11 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa