Auteur/autrice : francislippa

  • Décès ce 5 mars 2026 d’un des plus grands écrivains contemporains, que nous avons ardemment lu, et rencontré même chez lui, à Lisbonne, le 19 février 2004 : Antonio Lobo Antunes (Lisbonne, 1942 – Lisbonne, 2026)…

    Ce jeudi 5 mars 2026,

    la lecture des journaux m’apprend le décès d’un des plus grands écrivains contemporains, que nous avons ardemment lu, livre après livre, passionnément, et même rencontré chez lui, en son atelier d’écriture à Lisbonne, Rua Gonçalves Crespo 4 B, le jeudi 19 février 2004, deux riches heures durant, de 15h 30 à 17h 30 : deux semaines durant nous – je veux dire : nous les membres de l’atelier de pratique artistique (littérature + photographie) « Habiter en poète » que j’avais créé en mon lycée Nord-Bassin d’Andernos-les-Bains – avons arpenté, en compagnie du photographe et ami bordelais Alain Béguerie, les divers quartiers de Lisbonne pour tenter de saisir par des photos les plus fidèles possibles à son style singulier d’écriture, ce que son roman « Traité des passions de l’âme » saisissait, lui, par l’écriture, de sa ville…

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    Campagne photographique mémorable, qui a donné lieu à plusieurs expositions, au consulat du Portugal à Bordeaux, à la libraire Mollat à Bordeaux, et à La Teste-de-Buch pour le Festival des lycéens…

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    Nous avions précédemment rencontré Antonio Lobo Antunes à plusieurs reprises déjà à Bordeaux pour la présentation de plusieurs de ses livres, grâce aux bons soins de notre amie Sylviane Sambor et du Carrefour des Littératures, qui avaient des liens très chaleureux et efficaces avec nombre d’excellents écrivains portugais, et même le président de la République Mario Suares, reçu grâce à son entregent à Bordeaux…

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    Antonio Lobo Antunes (Lisbonne, 1er septembre 1942 – Lisbonne, 5 mars 2026)…

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    Je renvoie donc ici par exemple à mon article « Le « ce qui fait vivre » Antonio Lobo Antunes » en date du 28 mai 2009, où j’évoquais brièvement, au passage, ces richissimes rencontres-là avec lui et son œuvre magnifique de plus de 30 livres très puissants et marquants, chaque fois différents…

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    C’est dire l’importance cruciale de la lecture, de la littérature, et des arts, dont la photographie, quand celle-ci est du moins un art,

    via cet exemple d’Antonio Lobo Antunes, toujours superbement singulier, qui vient, lui le lisboète, de nous quitter ce jeudi 5 mars 2026…

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    Ce jeudi 5 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos des difficultés d’exploitation-application dans l’architecture en France au XIXe siècle des découvertes archéologiques de la polychromie dans la Grèce antique : une lumineuse passionnante double conférence illustrée de Jacques des Courtils et Marc Saboya à l’Académie de Bordeaux jeudi 26 février dernier

    C’est à une lumineuse double conférence illustrée et excellemment coordonnée de Jacques des Courtils et Marc Saboya que nous avons avec un très grand plaisir assisté jeudi dernier 26 février à l’Académie de Bordeaux sur le sujet fort bien détaillé ainsi qu’argumenté des difficultés d’exploitation dans l’architecture en France au XIXe siècle, notamment de la part du brillant architecte Jacques-Ignace Hittorff (Cologne, 20 août 1792 – Paris, 25 mars 1867), des découvertes archéologiques assez récentes alors de la polychromie telle qu’elle avait existé, et même régné, en architecture, ainsi que dans la statuaire, dans la Grèce antique – qui devient romaine (!) à la défaite d’Actium, en 31 avant Jésus-Christ…

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    La conférence liminaire de Jacques des Courtils, avec sa très grande aisance au micro face à son choix tout à fait excellent de très éclairantes diapositives d’éléments de polychromie présents dans l’architecture – ainsi que la statuaire, aussi – grecque de l’antiquité, notamment au temple B, dit aussi d’Empédocle, à Sélinonte, en Sicile, ainsi qu’aux deux temples dits d’Aphaia dans l’île d’Égine, en face d’Athènes, ou encore au petit temple du Trésor de Siphnos à Delphes,, ainsi que les explications clarissimes et élégantes de celui-ci concernant l’histoire complexe – et la géographie : la Grèce, occupée par l’empire ottoman à la suite de la chute de l’empire byzantin en 1453, est longtemps demeurée très peu accessible et donc non explorée méthodiquement par les chercheurs archéologues, avant Missolonghi, en 1926, et l’indépendance de la Grèce au XIXe siècle… – de l’archéologie de terrain en particulier en Grèce, Jacques des Courtils s’appuyant au passage de son exposé sur les analyses très pédagogiques de Philippe Jockey en ses ouvrages »Le mythe de la Grèce blanche : histoire d’un rêve occidental » et « L’archéologie«  – tous deux disponibles en librairie – ;

    la conférence liminaire de Jacques des Courtils, donc, a constitué l’excellent socle propédeutique, lumineux, de l’exposé très précis et fourni, passionnant, et excellemment illustré lui aussi, de Marc Saboya sur les tentatives délicates, et le plus souvent infructueuses, de l’architecte Hittorff – cf le catalogue de l’exposition à lui consacrée au Musée Carnavalet (20 octobre 1986 – 4 janvier 1987) : « Hittorf, un architecte du XIXe siècle« … – pour faire accepter au public très rétif de son époque l’introduction de la polychromie en architecture ; avec, par exemple, les mésaventures advenues à ses audaces du portique de l’église Saint-Vincent-de-Paul, à Paris…

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    C’était un peu avant les succès assez iconoclastes, au début, de mouvements picturaux favorables à la couleur tels que l’impressionnisme ou le fauvisme ; puis ceux de l’architecture au XXe siècle de Le Corbusier (1887 – 1965) ; ou du triomphe de la couleur chez Matisse (1869 – 1954), pour ne prendre que quelques exemples…

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    Et pour ma part, j’adore les couleurs…

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    D’excellentes questions ont suivi cette passionnante double conférence, notamment celles concernant l’origine géographique des couleurs employées – par exemple le très précieux lapis lazuli originaire d’Afghanistan… – , et leur capacité de résistance aux usures du temps…

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    Ce samedi 28 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un bien intéressant coffret « Maria Tipo – The complete Erato & Fonit Cetra Recordings », avec un beau récital de 18 Sonates de Domenico Scarlatti et 11 CDs consacrés au bien trop méconnu Muzio Clementi…

    Domenico Scarlatti (Naples, 26 octobre 1685 – Madrid, 23 juillet 1757) est un des compositeurs que, pour sa formidable joie et son alacrité, je porte au pinacle de toute la musique – pas une once de gras ni de langueur chez lui…
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    Et Muzio Clementi (Rome, 23 janvier 1752 – Evesham, 10 mars 1832) est un compositeur à mes yeux trop largement sous-estimé : j’avais consacré naguère, en 2003, un article laudatif à un très beau CD pour le label Pan Classics, « Clementi – Late Works for Pianoforte » – Pan Classics 10 171 – , à lui consacré, par l’excellent pianiste italien Edoardo Torbianelli (Trieste, 1970), qui l’avait remarqué :
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    “Un très interessant, et plein de charme, “Late Works for Pianoforte” de Muzio Clementi (compositeur injustement décrié…) par Edoardo Torbianelli, très en verve : Vladimir Horowitz n’avait pas nécessairement mauvais goût ; en tout cas, un tel enregistrement nous oblige à mieux repenser l’histoire et l’esthétique du clavier, au tournant d’un certain classicisme: ce n’est déjà pas rien…”,
    avais-je en effet écrit pour ce qui était alors L’Agenda de Francis Lippa pour Alpha Productions – auxquelles je collaborais alors, en 2004, pour mon ami Jean-Paul Combet, créateur du magnifique label Alpha, et qui en était encore le patron… – ;
    et qu’Edoardo Torbianelli avait retenu, à côté d’un article de Marc Vignal, parmi les réceptions marquantes de ce CD Pan Classics PC 10171 « Clementi – Late Works for Pianoforte » : cf la page https://www.edoardotorbianelli.it/release/muzio-clementi-late-works-for-pianoforte/…
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    Ce qu’en un autre de mes articles, « Un très beau CD « Chopin – Late Piano Works » par Edoardo Torbianelli » en date du 13 mars 2018, j’avais repris, à l’occasion de la publication, cette fois, du CD Glossa GCD 922517 « Chopin – Late Piano Works » de ce décidément excellent Edoardo Torbianelli, pas assez reconnu à sa juste valeur en France…
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    Or voici qu’en hommage archi-mérité (!) à Maria Tipo (Naples, 23 décembre 1931 – Florence, 10 février 2025) décédée il y a tout juste un an, le label Erato vient de faire paraître un remarquable coffret de 24 CDs 5021732866080 « Maria Tipo – The complete Erato & Fonit Cetra Recordings » comportant surtout,  mon goût, et un très beau CD n°6 – pré-classique plutôt que baroque ! – consacré à 18 Sonates de Domenico Scarlatti – enregistré pour Erato à Paris les 26 et 27 novembre 1987 – , et un passionnant compendium de 11 CDS, n° 7 à n° 17, consacrés à Muzio Clementi, dont tout spécialement le superbe CD n° 17 – enregistré pour Erato à Paris du 11 au 13 mai 1992 – comportant les Sonates Op. 8 n°1, Op. 13 n°6, Op. 25 n° 5 et Op. 40 n°3 de Clementi…
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    Cf aussi ici le bel article et opportun de rappel mélomaniaque que sur son blog Jean-Pierre Rousseau, et sous le titre de « Le Piano oublié II« , a consacré le 2 février dernier à la magnifique Maria Tipo et à ce riche coffret Erato de 24 CDs qui vient de paraître ; avec aussi un renvoi à son autre article « Ave Maria« , en date, lui, du 10 février 2025…
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    Maria Tipo : une subtile et lumineuse musicienne, fille de la si bien chantante Napoli…
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    Ce lundi 2 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Barbara Strozzi (1619 – 1677), icône présente de la création musicale féminine en 3 récents CDs : « Barbara Strozzi – A portait in Five Acts – Duets for Two Sopranos », par Romina Lischka (enregistré en 2021), « Il Segreto delle Muse », par Raphael Garrido (enregistré en 2022), et « Virtuosissima Sirena – Barbara Strozzi », par Riccardo Doni (enregistré en 2024) ; ou une rafale de parutions discographiques à la gloire de la première grande compositrice amplement publiée par ses soins de son vivant…

    Barbara Strozzi (Venise, 6 août 1619 – Padoue, 11 novembre 1677) – et élève à Venise de Francesco Cavalli (Crema, 14 février 1602 – Venise, 14 janvier 1676) : mais Barbara Strozzi n’a pas composé, elle, d’opéras ; seulement des airs, madrigaux, et cantates … – ,  constitue présentement une icône pionnière, aujourd’hui multi-célébrée, de la création musicale féminine, en 3 récents intéressants CDs consacrés à sa gloire :

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    _ « Barbara Strozzi – A portait in Five Acts – Duets for Two Sopranos« , un CD cpo  555 510-2 dirigé par Romina Lischka, avec Dorothee Mields et Hana Blazikova – enregistré à Brême du 14 au 17 août  2021 – ,

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    _ « Barbara Strozzi – Arie et Duetti – Il Segreto delle Muse« , un CD Pan Classics PC 10453 dirigé par Raphael Garrido, avec Florence Susant et Marie-Laure Coenjaerts  – enregistré à Montfrin du 21 au 27 novembre 2022 – ,

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    _ « Virtuosissima Sirena – Barbara Strozzi« , un CD Arcana A 589 dirigé par Riccardo Doni, avec Laura Catrani – enregistré à Vigevano, du 4 au 7 février 2024 – ; écoutez ici « La Vendetta« , Op. 9 n°1 (2′ 32) à la plage 3 de ce CD de Riccardo Doni,

    comme à la plage 19 du CD de Romina Lischka,

    et à la plage 11 du CD de Gabriel Garrido ;

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    soit une brillante rafale de parutions discographiques récentes à la gloire de la première grande compositrice amplement publiée, par ses soins, de son vivant : Barbara Strozzi…

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    Ce jeudi 26 février 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa