Auteur/autrice : francislippa

  • Les trois Marie Delouart : nouvelles prĂ©cisions sur les parentĂ©s cibouriennes de Maurice Ravel au XIXĂšme siĂšcle

    Voici une nouvelle suite au feuilleton de mes recherches sur les parentés cibouriennes de Maurice Ravel :
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    En fonction de la poursuite de mes recherches, et surtout de ce que je ne cesse d’y dĂ©couvrir (!!),
     
    j’ai remaniĂ© mon quatriĂšme article
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    sur la parenté cibourienne de Marie Delouart (1840-1917), la mÚre de Maurice Ravel ;
    et ses cousinages cibouriens (les Delouart, Billac, Goyenague, Larrea, Cerciat, Etchepare, etc.) _ sur lesquels ma recherche est en cours…
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    Cette fois, je me suis penchĂ© plus prĂ©cisĂ©ment sur la grand-mĂšre de Marie Delouart-Ravel, Marie-Baptiste Delouart (Ciboure, 29 juin 1782 – Ciboure, 28 aoĂ»t 1855),
    d’abord mĂšre cĂ©libataire de Sabine Delouart, nĂ©e le 11 mars 1809 Ă  Ciboure ; puis Ă©pouse de Jacques Billac, marin (le mariage a lieu Ă  Ciboure le 14 septembre 1814) ;
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    ainsi que sur sa _ seconde _ sƓur cadette _ grand-tante de Marie Ravel-Delouart _, Marie Delouart (Ciboure, 17 aoĂ»t 1786 – Ciboure, aprĂšs 1756 _ et peut-ĂȘtre en 1872 : Ă  vĂ©rifier ; oui, elle est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  Ciboure le 15 dĂ©cembre 1872, veuve de Michel Goyenague (dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Ciboure le 20 novembre 1849) : ajout du 9 juillet 2025 _), Ă©pouse de Michel Goyenague, marin (leur mariage a eu lieu Ă  Ciboure, le 28 fĂ©vrier 1821) _ soit la troisiĂšme de la fratrie des quatre enfants de Gratien Delouart et Sabine Laxague ; peut-ĂȘtre faut-il en adjoindre un cinquiĂšme, si l’on suit Jean-NoĂ«l Darrobers : Baptiste-Jean Delouart : nĂ© Ă  Ciboure le 4 septembre 1790 (une prĂ©cision ajoutĂ©e le 9 juillet 2025)…    

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    Mais voici maintenant que je viens de dĂ©couvrir qu’existe aussi _ ou plutĂŽt encore, et mĂȘme surtout ! _ une troisiĂšme sƓur Delouart nommĂ©e elle aussi Marie-Baptiste Delouart,
    fille des mĂȘmes parents Gratien Delouart et Sabine Laxague, Ă  Ciboure _ et la seconde dans l’ordre de naissance de ces trois sƓurs _ ;
    …
    et que cette Marie-Baptiste Delouart-ci (la  seconde des trois, en fait) fut une épouse Etcheverry !!! :
    le mariage avec Jean Etcheverry, marin _ fils naturel, le 6 aoĂ»t 1786, de la cibourienne Gana Curutchet _, lui aussi, et Ă©galement cibourien, eut lieu Ă  Saint-Jean-de-Luz, et non pas Ă  Ciboure _ alors que tous deux Ă©taient cibouriens ! _ le 17 aoĂ»t 1814 _ pour quelles raisons Jean Etcheverry (qui rĂ©sidait encore Ă  Ciboure Ă  la date de leur mariage) et son Ă©pouse Marie-Baptiste Delouart (qui rĂ©sidait dĂ©jĂ  Ă  cette date Ă  Saint-Jean-de-Luz !) furent-ils dorĂ©navant domiciliĂ©s Ă  Saint-Jean-de-Luz, et non plus Ciboure, je l’ignore. Mais ce fait constitue probablement la raison pour laquelle cette Marie-Baptiste Delouart-lĂ  (la seconde des trois) est restĂ©e Ă  l’Ă©cart de l’attention des chercheurs (Jean-NoĂ«l Darrobers et ses suiveurs) qui se sont penchĂ©s sur les ancĂȘtres Delouart de Maurice Ravel ; ainsi, aussi, que des flottements et confusions concernant les dates de naissance des diverses filles de Gratien Delouart et Sabine Laxague, comme je l’ai constatĂ©, sans en comprendre immĂ©diatement les raisons, au dĂ©but de mes propres recherches… 
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    Et quant au frĂšre _ du moins le premier de deux _ de ces sƓurs nommĂ©es toutes les trois Marie _ ou Marie-Baptiste _ Delouart, Jean Delouart (nĂ© Ă  Ciboure le 27 aoĂ»t 1788, et dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Ciboure en 1872 _ sans plus de prĂ©cision jusqu’ici : Ă  rechercher ! Il est dĂ©cĂ©dĂ© Ă  Ciboure le 23 septembre 1872 (ajout du 18 octobre 2024) _), marin, fils et petit-fils de marins,
    il a épousé, lui, Marguerite Larrea
    _ nĂ©e Ă  Ciboure le 18 dĂ©cembre 1798, fille de Jean Larrea, marin, nĂ© Ă  Ciboure le 6 octobre 1772 (lui-mĂȘme fils de Jean Larrea, marin, et Marguerite Lafitte), et de Marie Mignagoren, nĂ©e Ă  Ciboure le 30 octobre 1767 (elle-mĂȘme fille de Jean Mignagoren, marin, et de Marie Daguerre) ;
    j’ignore Ă  ce jour quel est le lien de parentĂ© de ce Jean Mignagoren (et de sa fille Marie Mignagoren), avec Bernard Mignagoren, dĂ©cĂ©dĂ© en 1796, l’Ă©poux de Marie-Baptiste Delouart (nĂ©e Ă  Ciboure en 1746 et dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  Ciboure en 1825), la sƓur aĂźnĂ©e de Gratien Delouart _ mais oui ! _, et qui fut mĂšre de quatre enfants Mignagoren, dont parle Jean-NoĂ«l Darrobers en son article de 1987… ; les quatre enfants Mignagoren (Jean-NoĂ«l Darrobers n’indiquait hĂ©las pas leurs prĂ©noms dans l’article ! _ Marie (1782 – 19 avril 1809), Gracieuse (28 aoĂ»t 1784 – 1786), Bertrand (1787 – 29 aoĂ»t 1855) et Marie (9 mai 1790 – ?), ajout du 18 octobre 2024) _ ) issus de cette Marie-Baptiste Delouart (1746-1825) et Bernard Mignagoren, Ă©taient cousins germains des (quatre _ au moins _) enfants issus de Gratien Delouart (1748-1798) et Sabine Laxague… : la gĂ©nĂ©alogie des Mignagoren au XVIIIĂšme siĂšcle demande elle aussi Ă  ĂȘtre mieux Ă©tablie ! _,
    Ă  Ciboure, le 30 avril 1823.
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    Mais, alors que pour Saint-Jean-de-Luz, sont accessibles à distance par le web, les actes civils de naissance, de mariage et de décÚs,
    pour Ciboure, sont pour le moment accessibles seulement les actes civils de mariage _ l’accĂšs aux actes de naissance et dĂ©cĂšs Ă  Ciboure est exclusivement par la consultation des archives d’Ă©tat-civil matĂ©rielles conservĂ©es Ă  la mairie de Ciboure.
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    Dans les actes civils de mariage de deux des sƓurs nommĂ©es Marie Delouart _ la seconde et la troisiĂšme _,
    celui du 17 août 1814 (à la mairie de Saint-Jean-de-Luz), avec Jean Etcheverry, marin,
    comme celui du 28 février 1821 (à la mairie de Ciboure), avec Michel Goyenague, marin,
    la mariée, nommée les deux fois Marie Delouart,
    est aussi indiquĂ©e les deux fois comme Ă©tant la fille de Gratien _ ou Gracien _ Delouart et Sabine Laxague…
    Mais c’est aussi le cas pour le mariage le 14 septembre 1814 (Ă  la mairie de Ciboure) de la premiĂšre Marie-Baptiste Delouart avec Jacques Billac.
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    Telle est ma source dĂ©cisive pour dĂ©montrer l’effective complĂšte sororitĂ© de ces deux Marie Delouart-lĂ  _ ainsi qu’avec leur sƓur aĂźnĂ©e, l’ancĂȘtre de Maurice Ravel.
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    La Marie-Baptiste Delouart, épouse _ le 17 août 1814 à Saint-Jean-de-Luz _ puis  veuve _ le 15 novembre 1841 à Saint-Jean-de-Luz _ de Jean Etcheverry ;
    qui résidait à Saint-Jean-de-Luz _ rue Serpente au N° 10, lors des naissances de ses deux premiers enfants, Jean-Baptiste (le 15 juin 1815) et Marie (le 21 juin 1817) ; rue Serpente, mais au N° 7, lors des naissances de ses deux enfants suivants, Charles (le 12 août 1819) et Jean (le 22 février 1822) ; et enfin rue Neuve au N° 19, lors de la naissance de la seconde Marie (le 20 novembre 1824) _,
    et qui y dĂ©cĂšde _ au 30 rue Neuve _ le 3 janvier 1742 Ă  l’Ăąge de 57 ans
    _ sa naissance remontait Ă  l‘annĂ©e 1784, le 17 juin ; native de Ciboure, elle est, elle aussi, fille de Gratien Delouart et Sabine Laxague ;
    et devient mĂšre, le 20 novembre 1824 Ă  Saint-Jean-de-Luz, de Marie Etcheverry (laquelle Ă©pousera Ă  Saint-Jean-de-Luz le 27 aoĂ»t 1851 le luzien Bernard Dargaignaratz, maĂźtre au cabotage, nĂ© Ă  Saint-Jean-de-Luz le 17 juin 1815, et fils de Martin Dargaignaratz, officier de marine) ; mais auparavant, le 21 juin 1817, lui Ă©tait nĂ©e, Ă  Saint-Jean-de-Luz aussi, une premiĂšre Marie Etcheverry (qui Ă©pousera Ă  Saint-Jean-de-Luz le 10 novembre 1846, Jean-Baptiste Hiriart, nĂ© Ă  Saint-Jean-de-Luz le 10 avril 1816, qui sera tonnelier ; et, via leur fils, Dominique Hiriart, nĂ© Ă  Saint-Jean-de-Luz le 28 janvier 1849, il se trouve que Jean-Baptiste Hiriart et Marie Etcheverry sont les grands-parents paternels de Magdeleine Hiriart (nĂ©e Ă  Saint-Jean-de-Luz le 11 mars 1875), la future Ă©pouse de Charles Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 19 novembre 1875 – Bimbo, au Congo français, 12 septembre 1910), l’aĂźnĂ© des sept enfants Gaudin-Bibal de la maison situĂ©e au n° 41 de la Grand’Rue – rue Gambetta, Ă  Saint-Jean-de Luz : cette Magdeleine Hiriart-Gaudin que Maurice Ravel nomme « ma chĂšre cousine«  en sa lettre de condolĂ©ances du 8 octobre 1910 pour le dĂ©cĂšs de son mari… _,
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    n’est ni la Marie-Baptiste Delouart _ mĂšre de Sabine Delouart, la grand-mĂšre maternelle de Maurice Ravel _ qui Ă©pouse Ă  Ciboure le 14 septembre 1814 Jacques Billac, marin ;
    ni, non plus, la Marie Delouart qui épouse à Ciboure le 28 février 1821 Michel Goyenague, marin.
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    Je note que les deux mariages,
    Delouart-Billac (Ă  Ciboure, le 14 septembre 1814)
    et Delouart-Etcheverry (à Saint-Jean-de-Luz, le 17 août 1814)
    eurent lieu Ă  mĂȘme pas un mois d’intervalle : 17 aoĂ»t et 14 septembre…
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    Non seulement la vraisemblance implique qu’il s’agissait lĂ , bien Ă©videmment, de deux sƓurs, et pas de la mĂȘme personne ! 
    Mais nĂ©cessite aussi de l’admettre, l’indication que ces deux Marie-Baptiste Delouart sont, toutes deux _ nĂ©es Ă  Ciboure, la premiĂšre le 29 juin 1782, et la seconde le 17 juin 1784 _, semblablement filles de Gratien Delouart et son Ă©pouse Sabine Laxague
    _ de mĂȘme que la troisiĂšme sƓur nommĂ©e elle aussi Marie Delouart, la mariĂ©e lors du mariage Delouart-Goyenague du 28 fĂ©vrier 1821 Ă  Ciboure ; nĂ©e, elle, Ă  Ciboure le 17 aoĂ»t 1786 ;
    et qu’est aussi fils de Gratien Delouart et Sabine Laxague, leur frĂšre Jean Delouart, le mariĂ© lors du mariage Delouart-Larrea Ă  Ciboure, le 30 aoĂ»t 1823 ; nĂ©, lui, Ă  Ciboure le 27 aoĂ»t 1788.
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    Et donc que celle qui épouse _ à Saint-Jean-de-Luz le cibourien _ Jean Etcheverry
    ne peut pas ĂȘtre la mĂšre de Sabine Delouart, d’Engrace-Gachucha Billac, et de Gracieuse Billac.
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    Marie Etcheverry,
    nĂ©e Ă  Saint-Jean-de-Luz le 20 novembre 1824 _ du mariage des cibouriens (mais dĂ©sormais domiciliĂ©s Ă  Saint-Jean-de-Luz, rue Serpente) Jean Etcheverry et Marie-Baptiste Delouart, la seconde des filles ainsi prĂ©nommĂ©es au sein de la fratrie des quatre enfants Delouart (du moins ceux clairement rĂ©pertoriĂ©s que j’ai pu repĂ©rer ; il faut aussi tenir compte de Baptiste-Jean Delouart, le benjamin de la fratrie) de Gratien Delouart et son Ă©pouse Sabine Laxague _,
    et épouse, à Saint-Jean-de-Luz le 27 août 1851, de Bernard Dargaignaratz, maßtre au cabotage,
    ne peut donc pas ĂȘtre la sƓur ou la demi-sƓur de Sabine Delouart _ nĂ©e Ă  Ciboure le 11 mars 1809 _ d’Engrace-Gachucha Billac _ sa date de naissance Ă  Ciboure est encore incertaine : en 1819 ? Oui, le 2 juin 1819 _ et de Gracieuse Billac ;
    non plus que la sƓur ou la demi-sƓur des enfants Simon, Jacques et Marie Goyenague _ nĂ©s Ă  Ciboure successivement les 21 novembre 1821, 16 octobre 1823 et 26 juillet 1827.
    Elle est seulement leur cousine germaine.
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    De mĂȘme qu’est aussi, forcĂ©ment leur cousine germaine, la propre sƓur de cette Marie Etcheverry-Dargaignaratz, nommĂ©e elle aussi Marie Etcheverry, qui Ă©pouse Ă  Saint-Jean-de Luz, le 10 novembre 1846, Jean-Baptiste Hiriart (10 avril 1816 – 24 septembre 1859), tonnelier _ fils d’Etienne Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 13 mai 1784 – Saint-Jean-de-Luz, 10 aoĂ»t 1823), cordonnier, et de Françoise Berduqueu (Bidart, 5 juillet 1789 – Saint-Jean-de-Luz, 12 mai 1864) ; et petit-fils de Michel Hiriart (1744 – 23 fĂ©vrier 1814), Ă©galement cordonnier, et de Marie Duhamel.
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    Si les actes civils disponibles Ă  distance par le web sont prĂ©cis pour la naissance de la troisiĂšme des sƓurs Delouart prĂ©nommĂ©e Marie, et Ă©pouse Goyenague : elle est nĂ©e Ă  Ciboure le 17 aoĂ»t 1786,
    ils le sont moins pour sa sƓur aĂźnĂ©e Marie (-Baptiste) _ voici cependant cet acte de naissance de l’aĂźnĂ©e de ces troirs sƓurs Delouart (ajout du 18 octobre 2024) _,
    d’abord mĂšre cĂ©libataire de Sabine Delouart, Ă  Ciboure le 11 mars 1809 ; puis Ă©pouse, Ă  Ciboure, de Jacques Billac, marin, le 14 septembre 1814 ;
    et en cet acte de mariage, la mariĂ©e est dite ĂągĂ©e alors de 32 ans ; ce qui ferait remonter sa naissance Ă  1782 _ et de fait celle-ci est effectivement nĂ©e le 29 juin 1782…
    Or dans mes notes, j’ai retrouvĂ© que j’avais bien indiquĂ© pour sa date de naissance cette date du 29 juin 1782.
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    Ce qui donne pour les naissances, à Ciboure, des quatre enfants _ ceux clairement répertoriés, du moins _ de Gratien Delouart et Sabine Laxague,
    comme indiquĂ© dans divers actes civils, dans chacun de leurs quatre cas ; et ce qui permet de les distinguer opportunĂ©ment d’autres (cousins) Delouart de Ciboure, issus, eux, de la branche aĂźnĂ©e de la famille, comme l’indique Jean-NoĂ«l Darrobers en ses articles de 1987 et 1997 :
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    _ le 29 juin 1782, pour Marie-Baptiste Delouart _ la sƓur Marie Delouart n° 1  : la grand-mĂšre, via sa fille Sabine Delouart, la mĂšre de Maurice Ravel ; et qui est aussi, aprĂšs son mariage avec Jacques Billac, la mĂšre de Gracieuse Billac, la future marraine de Maurice Ravel ainsi que de la « chĂšre tante Gachoucha », soit Engrace Billac, de Maurice Ravel) : et nous trouvons ici le lien basique du compositeur avec les Bibal-Gaudin de Saint-Jean-de-Luz, chez lesquels Engrace-Gachucha Billac Ă©tait gouvernante des enfants Gaudin (ou « domestique« … ; revoici son acte de naissance (ajout du 18 octobre 2024) _ ;
    _ le 17 juin 1784, pour Marie Delouart, Ă©pouse Etcheverry _ la sƓur Marie Delouart n°2 : la mĂšre des deux luziennes Marie Etcheverry, la future Ă©pouse Hiriart et la future Ă©pouse Dargaignaratz ; les rĂ©fĂ©rences Ă  la seconde branche (Dargaignaratz, puis Zozaya) de ces descendantes des Delouart semblent absentes de la Correspondance de Ravel ; ce qui n’est bien sĂ»r pas le cas pour la premiĂšre (Hiriart), mĂȘme si Maurice Ravel ne prĂ©cise pas la nature et l’histoire de ce cousinage avec Magdeleine Hiriart-Gaudin… ; voici son acte de naissance (ajout du 18 octobre 2024) _ ;
    _ le 17 aoĂ»t 1786 pour Marie Delouart, Ă©pouse Goyenague _ la sƓur Marie Delouart n°3 : la mĂšre de Simon Goyenague, le futur « parrain », lui, de Maurice Ravel ; voici son acte de naissance (ajout du 18 octobre 2024) _ ;
    _ et le 27 aoĂ»t 1788, pour leur frĂšre Jean Delouart _ guĂšre de rĂ©fĂ©rence non plus de ce cĂŽtĂ©-lĂ  dans la Correspondance du compositeur, via ses enfants Sabine Delouart (nĂ©e Ă  Ciboure le 24 juin 1825, et Ă©pouse, Ă  Ciboure, de Bernard Cerciat, le 12 aoĂ»t 1852) ; Marie Delouart (nĂ©e Ă  Ciboure le 30 juin 1827, et Ă©pouse de Guilhen Etchepare, Ă  Ciboure, le 21 dĂ©cembre 1853) ; et Jean Delouart (ĂągĂ© de 28 ans le jour de son mariage, Ă  Ciboure, le 13 novembre 1861, avec Dominique Etchepare, sƓur de Guilhen Etchepare).
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    Connaßtre leurs descendances respectives serait assurément fort intéressant !
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    Et un arbre généalogique précis de la descendance _ issue de Gratien Delouart et son épouse Sabine Laxague _ des Delouart de Ciboure du XIXÚme siÚcle
    serait prĂ©cieux pour Ă©clairer ces parentĂ©s cibouriennes _ peu visibles et mĂ©connues jusqu’ici… _ de Maurice Ravel…
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    Marie-Baptiste Delouart, veuve Billac, est dĂ©cĂ©dĂ©e le 28 aoĂ»t 1855, Ă  Ciboure _ Ă  l’Ăąge de 72 ans, comme l’indique son acte de dĂ©cĂšs (ajout du 18 octobre 2024) _ ;
    Marie-Baptiste Delouart, veuve Etcheverry, est dĂ©cĂ©dĂ©e le 3 janvier 1742, Ă  Saint-Jean-de-Luz _ Ă  l’Ăąge de 57 ans, comme l’indique son acte de dĂ©cĂšs (ajout du 18 octobre 2024) _ ;
    Marie Delouart, veuve Goyenague, est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  Ciboure aprĂšs le 23 avril 1856 (oĂč elle assiste, Ă  Ciboure, au mariage de son fils Jacques Goyenague, marin, avec Catherine Larrea _ fille du marin cibourien Martin Larrea, mort noyĂ© en rade de Socoa, le 4 avril 1841, et de son Ă©pouse Silvestre Chourito _) _ en fait, cette Marie Delouart 3, veuve de Michel Goyenague, est dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  Ciboure le 15 dĂ©cembre 1872, Ă  l’Ăąge de 86 ans, comme l’indique son acte de dĂ©cĂšs (ajout du 18 octobre 2024) _ ;
    et Jean Delouart, Ă©poux de Marguerite Larrea _ nĂ©e Ă  Ciboure le 18 dĂ©cembre 1798 et dĂ©cĂ©dĂ©e Ă  Ciboure le 30 septembre 1844 ; elle Ă©tait la fille de Jean Larrea, marin (nĂ© Ă  Ciboure le 6 octobre 1772, et dĂ©cĂ©dĂ© le 2 septembre 1807) et de Marie Mignagoren (nĂ©e Ă  Ciboure le 30 octobre 1767)… _, est dĂ©cĂ©dĂ©, lui, Ă  Ciboure en 1872 _ sans plus de prĂ©cision non plus jusqu’ici : Ă  Ă©tablir prĂ©cisĂ©ment ! En fait, c’est le 24 septembre 1872 que Jean Delouart est dĂ©cĂ©dĂ© (ajout du 18 octobre 2024) _, au domicile – rue Pocalette, au n° 39 ou 38… (ajout du 9 juillet 2025) – d’une des ses filles (laquelle ? Sabine, Ă©pouse Cerciat ? ou bien Marie, Ă©pouse Etchepare ? ou une autre ?), veuve et mĂšre de quatre enfants
    _ Bernard Cerciat, l’Ă©poux (Ă  Ciboure, le 12 aoĂ»t 1852) de Sabine Delouart (elle est nĂ©e Ă  Ciboure le 24 juin 1825 ; mais j’ignore la date et le lieu de son dĂ©cĂšs), est dĂ©cĂ©dĂ© le 9 mars 1868 : son Ă©pouse Sabine Delouart est donc alors veuve ;
    mais de leurs quatre Ă©ventuels enfants Cerciat, je n’en ai jusqu’ici identifiĂ©s que deux – non, quatre, Ă  la date du 9 juillet 2025 : Jean-Baptiste Cerciat (1854-1914), Marie Cerciat (Ciboure, 28 fĂ©vrier 1857 – ?), Jean Cerciat (1859 – NoumĂ©a, aprĂšs 1899), et Jeanne Cerciat (Ciboure, 20 fĂ©vrier 1864 – Saint-Jean-de-Luz, 23 septembre 1947 ; Ă©pouse Ă  Ciboure le 8 septembre 1908, de Mateo Acin (Villanua, province de Huesca, 4 juillet 2879 – ?) : ajout du 9 juillet 2025 :
    …
    Jean-Baptiste Cerciat, né à Ciboure le 20 septembre 1854 (et décédé à Ciboure le 26 novembre 1914 ; avec plusieurs descendants, dont Marianne, Jean-Vincent et Marie-Louise Cerciat) ;
    et Jean Cerciat (nĂ© Ă  Ciboure le 19 avril 1859 ; avec lui aussi plusieurs descendants, dont Elina, Raymond et AndrĂ©e Cerciat, nĂ©s Ă  NoumĂ©a, en Nouvelle-CalĂ©donie…) ; j’ignore pour le moment qui sont les deux autres enfants de Sabine Delouart et Bernard Cerciat : Marie et Jeanne Merciat, donc… _ ;
    quant Ă  Guilhen Etchepare, marin, l’Ă©poux (Ă  Ciboure, le 21 dĂ©cembre 1853) de Marie Delouart (elle est nĂ©e Ă  Ciboure le 30 juin 1827), il a pĂ©ri en mer, et sa veuve a touchĂ© une pension de reversion : mais tout cela demeure Ă  prĂ©ciser… _ ;
    et dĂ©cĂ©dĂ©e dans la misĂšre, selon ce qu’en a Ă©crit Jean-NoĂ«l Darrobers.
    …
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    Les Delouart, les Billac, les Goyenague, les Etcheverry, les Larrea, les Cerciat, les Etchepare, les Anchochury : soit le tout premier cercle des familles cibouriennes alliées aux Delouart et Mignagoren _ de la branche cadette des Delouart à Ciboure :
    Marie-Baptiste Delouart (1746-1825), la sƓur aĂźnĂ©e de Jean Delouart (1748 – 1798), avait  épousĂ© un Bernard Mignagoren (dĂ©cĂ©dĂ© en 1796), dont elle eut 4 enfants, nous a aussi appris Jean-NoĂ«l Darrobers, en son bel article Marins et corsaires, les ancĂȘtres de Maurice Ravel, dans le numĂ©ro 22 de la revue Ekaina, en 1987…
    …
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    Mais quid
    de Sabadin Quinior
    ou d’Eslonta MaicournĂ©
    que Maurice Ravel Ă©voque _ ces noms proviennent de ce que lui dit alors sa mĂšre : phonĂ©tiquement… _ parmi ses cousinages cibouriens
    avec les Anchochury et les Goyenague,
    en sa lettre _ importante pour nous par lĂ  ! _ Ă  Marie Gaudin du 22 juin 1911,
    à la page 266 de la Correspondance réunie par Manuel Cornejo ?
    …
    – et maintant pages 401-402 de la nouvelle Ă©dition Gallimard de la « Correspondance, Ă©crits et entretiens« , collection Tel, n° 458.
    …
    …
    Je poursuis ma recherche.
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    …
    Ce vendredi 12 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Kristian Bezuidenhout : aussi magnifique dans Haydn que dans Mozart !

    Les sonates pour piano de Mozart par Kristian Bezuidenhout

    Ă©taient merveilleuses d’alacritĂ©

    en mĂȘme temps que d’Ă©lĂ©gance et de vie.

    …
    Quelle miraculeuse justesse !

    …

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    En bien,

    le premier volume de ses sonates pour piano de Josef Haydn (Hob.XVI: 6, 20 & 48) par lui

    _ le CD Harmonia Mundi HMM 902273 _

    sont tout aussi miraculeuses

    de joie !

    …

     

    …

    Et je me retrouve Ă  nouveau cette fois

    du mĂȘme avis que Jean-Charles HoffelĂ©

    en l’article de son blog Discophilia, du site Artamag,

    …

    intitulĂ© Caprices et rĂȘveries.

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    CAPRICES ET RÊVERIES

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    Son cycle Mozart achevĂ©, Kristian Bezuidenhout rend une visite Ă  Haydn dont on espĂšre les mĂȘmes prolongements, car dĂšs l’entre-deux de l’Allegro moderato de la Sonate en ut mineur, tout est dit : la fantaisie jusqu’à l’étrange, le sens des notes qui se disent Ă  demi, les ponctuations plus suggĂ©rĂ©es qu’assĂ©nĂ©es, tout un vocabulaire subtil qui est celui du sentiment plutĂŽt que l’humeur.

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    Et quel phrasĂ©, quelle conduite articulĂ©e, quelle prĂ©cision dans la diction du clavier tout au long de l’Andante : affaire de pianiste, certainement, mais d’instrument aussi : le Paul McNulty d’aprĂšs Walter & Sohn (1805) si goĂ»tĂ© par Viviana Sofronitzky, est vraiment une merveille dont le jeu Ă©lĂ©gant et prĂ©cis de Kristian BezuidenhoutĂ©pouse chaque subtilitĂ©.

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    C’est Haydn qui en sort grandi, Ă  force de tendresse et de fantaisie, jusque dans le choix des arpĂšges et des ornements qui se varient selon les Ɠuvres pour le sentiment comme pour le langage : la Partita en sol, Ɠuvre de jeunesse, Ă©clate d’une vitalitĂ© impertinente.

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    Les deux merveilles sont gardĂ©es pour la fin, les deux mouvements si contrastĂ©s de la Sonate en ut sont saisissants sous les doigts du jeune homme, avec leur caractĂšre d’improvisation capricieuse, et les Variations en fa mineur regardent vers le Sturm und Drang derriĂšre leurs charmes. Magique. Vite, la suite.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Franz Joseph Haydn (1732-1809)

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    Sonate en ut mineur, Hob. XVI:20
    Variations en sol majeur sur le thÚme « Gott erhalte Franz, den Kaiser », Hob. I:430
    Partita (Divertimento) en sol majeur, Hob. XVI:6
    Sonate en ut majeur, Hob. XVI:48
    Variations en fa mineur, Hob.XVII:6

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    Kristian Bezuidenhout, pianoforte

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    Un album du label harmonia mundi HMM902273
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    Photo Ă  la une : le pianofortiste Kristian Bezuidenhout – Photo : © Marco Borggreve

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    Ce jeudi 11 avril 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Nathalie CastagnĂ© Ă  la Compagnie des auteurs sur France-Culture : prĂ©cieuses prĂ©cisions sur la vie de Goliarda Sapienza

    En avant-premiĂšre Ă  la parution prochaine

    de mon propre entretien avec Nathalie Castagné

    hier Ă  18 heures au Studio Ausone,

    …

    mercredi 3 avril dernier,

    Ă  l’Ă©mission La Compagnie des auteurs, sur France-Culture,

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    et Ă  l’occasion de la trĂšs marquante publication, ce mois de janvier 2019,

    des merveilleux Carnets de Goliarda Sapienza,

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    a eu lieu un trÚs riche et trÚs éclairant entretien de Nathalie Castagné

    avec Matthieu Garrigou-Lagrange

    Ă  propos de la vie _ trĂšs riche et fort diverse, kalĂ©idoscopique mĂȘme : en archipel… _ de Goliarda Sapienza.

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    Son Ă©coute (de 56′) est passionnante.

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    Et en complément de ce podcast,

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    voici aussi une trÚs remarquable interview de Nathalie Castagné

    pour Un dernier jour avant la fin du monde,

    en date, elle, du 24 décembre 2015 :

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    Interview de Nathalie Castagné

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    Nathalie CastagnĂ© est Ă©crivain et traductrice de l’italien. Elle est l’auteur de L’Harmonica de cristal (Seuil) et, sous le pseudonyme d’Eilahtan, de PersĂ©phone (rĂ©cit poĂ©tique, La DiffĂ©rence) et Sebastian ou la perdition (La DiffĂ©rence).
    Entre essais, poĂšmes et romans, elle a traduit plus d’une trentaine d’ouvrages ainsi que des livrets d’opĂ©ra. Comme vous l’avez compris, l’Ɠuvre de Goliarda Sapienza est entre ses mains _ oui : on ne saurait mieux dire ! _, et c’est Ă  ce sujet qu’Un dernier livre avant la fin du monde a eu le plaisir de l’interroger


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    Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs en quelques lignes ?

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    *MĂ©diterranĂ©enne, mais liĂ©e Ă  l’Europe centrale (ma mĂšre Ă©tait polonaise), j’ai eu le sentiment de trouver pleinement ma terre en me mettant Ă  chanter, vers dix ans. Ma premiĂšre passion a ainsi Ă©tĂ© pour le chant lyrique, que l’écriture a fini par supplanter, aprĂšs des annĂ©es de division entre ces deux chemins, l’un et l’autre nĂ©cessaires et vitaux. J’avais fait entretemps un peu de philosophie et beaucoup de sĂ©jours en Italie, qui ont commencĂ© Ă  m’en apprendre la langue, dĂ©jĂ  pratiquĂ©e, parmi d’autres, dans le chant.

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    Vous ĂȘtes Ă  la fois Ă©crivain et traductrice, par quoi avez-vous commencĂ© ? Est-ce la traduction qui vous a poussĂ©e vers l’écriture ou l’inverse
 ?
    …

    *J’ai commencĂ© par l’écriture, plus de quinze ans avant de faire la moindre traduction (autre que scolaire
). Traduire a Ă©tĂ© pour moi le fruit du hasard, puis a plus ou moins relevĂ© du mariage de raison, Ă  l’exception de quelques grandes aventures comme L’Art de la joie.

    …

    Les textes que vous traduisez sont-ils toujours une demande d’éditeurs ?
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    *Oui, Ă  l’exception d’un autre livre qui me semblait lui aussi m’ĂȘtre en quelque sorte destinĂ©, La Virgilia, de Giorgio Vigolo. Pour celui-lĂ , finalement publiĂ© aux Ă©ditions de La DiffĂ©rence en 2013, j’ai cherchĂ© un Ă©diteur pendant bien deux ans. Mais dans des cas de moindre nĂ©cessitĂ© intĂ©rieure, j’ai le plus grand mal (et mĂȘme une vĂ©ritable incapacitĂ©) Ă  me proposer.

    …

    En tant que traductrice ĂȘtes-vous avant tout rattachĂ©e Ă  des maisons d’éditions ou Ă  des Ă©crivains ?
    …

    *Ni aux uns ni aux autres ; mais la seule fois oĂč il m’a fallu choisir – pour Goliarda Sapienza justement -, c’est l’écrivain qui l’a emportĂ©.

    …

    Comment avez vous dĂ©couvert Goliarda Sapienza ? L’Art de la joie est-il le premier texte que vous avez lu d’elle ?
    …

    *Oui, L’Art de la joie est le texte par lequel j’ai dĂ©couvert Goliarda Sapienza. Voici comment les choses se sont passĂ©es : Ă  la fin de 2003, on (c’est-Ă -dire FrĂ©dĂ©ric Martin, qui Ă  l’époque y travaillait) m’a appelĂ©e des Ă©ditions Viviane Hamy, pour qui j’avais dĂ©jĂ  fait quelques traductions, et quelques notes de lecture, pour me demander si je pouvais lire un livre dĂ©nichĂ© par Waltraud Schwarze, une cĂ©lĂšbre agente allemande, livre qui avait Ă  peu prĂšs tout contre lui (trĂšs long, passĂ© inaperçu lors de sa publication dans son pays d’origine, Ɠuvre d’une femme morte depuis plusieurs annĂ©es), mais qui ne ressemblait Ă  rien de connu et qui Ă©tait susceptible d’intĂ©resser Viviane. J’ai acceptĂ© et, au dĂ©but janvier 2004, j’ai commencĂ© Ă  lire, et lu quasiment d’un trait, le roman, Ă  la fois survoltĂ©e de dĂ©couvrir quelque chose d’aussi prodigieux et inquiĂšte Ă  l’idĂ©e que le livre pourrait ne pas tenir la distance. Et j’ai Ă©tĂ© totalement convaincue de la nĂ©cessitĂ© de rĂ©parer l’injustice subie par ce roman _ voilĂ  ! _ en lui offrant la chance d’une nouvelle publication – fĂ»t-elle en langue et pays Ă©trangers _ et ce fut un imense succĂšs ! aux rĂ©percussions mondiales…

    …

    Comment dĂ©cririez-vous Goliarda Sapienza Ă  travers son Ɠuvre et, par la suite, le tĂ©moignage d’Angelo Pellegrino ?
    Qu’est-ce qui vous a le plus touchĂ©e/marquĂ©e dans son Ɠuvre/sa vie ?
    …

    *SinguliĂšre, libre, irrĂ©ductible
 _ oui _ et parfois immensĂ©ment fragile (mais jamais faible). Ce sont ces traits par lesquels je la dĂ©crirais qui m’attirent dans sa personne. Elle peut se fourvoyer, mais n’a pas de petitesse _ c’est trĂšs important. Et son sens poĂ©tique – et cosmique – me frappe _ oui _, alors qu’elle se rĂ©clame du matĂ©rialisme _ celui d’Epicure et LucrĂšce, qu’a traduits Angelo Pellegrino. De mĂȘme, quelque chose de rare rĂ©sulte du mĂ©lange, chez elle, de rationalitĂ© revendiquĂ©e et de passion.
    Mais je ne peux oublier, dans son Ɠuvre et sa vie, alors confondues, la façon dont elle s’est coupĂ©e de tout (tout le superflu et l’extĂ©rieur, bien sĂ»r), dont elle a renoncĂ© Ă  tout _ oui _, pour mener Ă  bien l’entreprise de L’Art de la joie. Et il me faut bien dire que ce sont d’abord des pages de ce livre – sa premiĂšre Partie en entier ; les retrouvailles avec Carmine, ensuite ; les toutes derniĂšres pages du roman – qui me viennent Ă  l’esprit si l’on me demande ce qui m’a le plus marquĂ©e de ce qu’elle a Ă©crit. Mais peut-ĂȘtre aussi parce que c’est par lĂ  que je l’ai connue

    Quant Ă  ce qui me touche le plus dans sa vie, c’est le fait qu’à cause des refus Ă©ditoriaux rĂ©pĂ©tĂ©s, notamment de L’Art de la joie, elle ait quasiment cessĂ© d’écrire, et vĂ©cu ce qui l’avait rendue justement triomphante – son accomplissement artistique le plus profond sans doute – comme la mise au monde d’un enfant mort-nĂ© _ d’oĂč l’idĂ©e proprement gĂ©niale d’Angelo Pellegrino de lui offrir, en 1976, ces carnets, afin que, sans la moindre visĂ©e de publication, simplement pour elle-mĂȘme, de temps en temps, et Ă  sa simple inspiration ou fantaisie, elle continue Ă  Ă©crire quelque chose ; Ă  l’Ă©cart de l’idĂ©e mĂȘme d’Ɠuvre…

    …

    Comment expliquez-vous l’enthousiasme que son Ɠuvre est capable de dĂ©clencher ?
    …

    *Par le fait que, loin de l’idĂ©e selon moi aberrante des “ĂȘtres de papier”, Goliarda Sapienza met sa chair et son sang _ rien moins ! voilĂ  _ dans les personnages qu’elle crĂ©e – je prĂ©fĂšrerais dire : qui lui viennent _ oui et s’imposent Ă  sa vision-transcription d’eux. Et dans ceux qu’elle ressuscite (ceux de la “vie rĂ©elle”), par l’engagement _ intense et calme, dominĂ©, Ă  la fois _ de son Ă©criture, Ă©galement. C’est du reste ce trait-lĂ  que j’aurais dĂ» citer comme Ă©tant celui qui m’enthousiasme moi-mĂȘme (mais
 qui m’enthousiasme, plutĂŽt que me marquer ou me toucher).

    …

    Comment expliquez-vous le refus des Ă©diteurs italiens de publier L’Art de la joie pendant prĂšs de vingt ans ?
    …

    *Par le scandale que la premiĂšre partie quasi sadienne du roman (avec inceste, matricides, homosexualitĂ©, masturbation
) a dĂ» _ leur _ inspirer _ quant Ă  la visĂ©e de publication en vue de tel et tel lectorat envisagĂ©-escomptĂ©… _, mais aussi par l’indiffĂ©rence souveraine de Goliarda Ă  ce qui se faisait, Ă  ce qui “doit se faire”, en littĂ©rature Ă©galement _ oui : les normes lui indiffĂšrent ; ou mĂȘme elle les exĂšcre ! Ajoutons Ă  cela, peut-ĂȘtre, qu’elle Ă©tait assurĂ©ment ingĂ©rable, chose peu apprĂ©ciable pour un Ă©diteur
 Et aussi qu’au bout d’un moment, elle-mĂȘme n’y a plus cru ; ses tentatives, s’il y en avait encore, devaient ĂȘtre vidĂ©es d’énergie.

    …

    Comment s’est passĂ©e sa premiĂšre publication en France aux Ă©ditions Viviane Hamy ?
    …

    *A la suite de l’envoi de ma note de lecture, Viviane a immĂ©diatement dĂ©cidĂ© de publier le livre. A peine la traduction terminĂ©e, la premiĂšre page du roman, avec la photo de Goliarda jeune qui allait l’illustrer en couverture, a Ă©tĂ© envoyĂ©e Ă  divers libraires, critiques, etc. Le livre entier, en Ă©preuves, a dĂ» aussi ĂȘtre envoyĂ© Ă  un certain nombre de gens, avec l’avance voulue pour leur donner la chance de lire quelque chose d’aussi long, avant la fournĂ©e Ă©crasante de la rentrĂ©e littĂ©raire, Ă  laquelle L’Art de la joie allait participer. Bref, le feu _ Ă©ditorial _ a pris et a Ă©tĂ© entretenu _ par l’Ă©nergique et dĂ©rerminĂ© FrĂ©dĂ©ric Martin _ sans relĂąche. Et au moment de la parution, le succĂšs _ auprĂšs tant des libraires, des mĂ©dias, que des lecteurs _ a Ă©tĂ© fulgurant _ voilĂ . Il a trĂšs vite fallu faire des tirages en plus de ce qui Ă©tait prĂ©vu


    …

    Comment s’est faite la collaboration avec Le Tripode par la suite ?
    …

    *FrĂ©dĂ©ric Martin, qui avait quittĂ© les Ă©ditions Viviane Hamy, et créé sa propre maison d’édition, a pris, selon le souhait d’Angelo Pellegrino, la suite de la publication de l’Ɠuvre de Goliarda Sapienza. Le dĂ©sir d’Angelo et de FrĂ©dĂ©ric Ă©tait que j’en continue la traduction, je me sentais moi-mĂȘme attachĂ©e _ voilĂ  _ Ă  cette Ɠuvre et Ă  celle _ Goliarda _ qui l’avait sortie des profondeurs d’elle-mĂȘme (sans parler des liens d’amitiĂ© qui s’étaient créés autour de l’aventure et de l’évĂ©nement de L’Art de la joie) : et c’est ce qui l’a emportĂ©, ainsi que je vous l’ai dit, dans une situation conflictuelle qui m’a profondĂ©ment navrĂ©e, car j’étais attachĂ©e Ă  Viviane aussi.

    …

    Lettre ouverte et Le fil de midi, deux textes rassemblĂ©s dans Le fil d’une vie pour l’édition française _ aux Éditions Viviane Hamy _, sont beaucoup plus morcelĂ©s, chaotiques, que ses autres rĂ©cits _ ultĂ©rieurs _ autobiographiques. La pĂ©riode Ă  laquelle ils ont Ă©tĂ© Ă©crits (crise existentielle, psychanalyse) peuvent l’expliquer ; peut-on dire qu’ils sont le terreau, dĂ©sordonnĂ©, des textes qui ont suivi (plus fluides et construits, plus distanciĂ©s aussi) ?
    …

    *Je pense – comme je l’ai Ă©crit dans la prĂ©face au volume qui les rassemble – qu’ils sont pour une part le terreau de L’Art de la joie, ce que j’ai appelĂ© son archĂ©ologie ; en revanche ils ne me semblent pas ĂȘtre celui des textes autobiographiques qui ont suivi, ceux d’aprĂšs le roman, qui ont plutĂŽt sans doute bĂ©nĂ©ficiĂ© de la dĂ©cantation _ voilĂ  _ inhĂ©rente Ă  l’énorme travail de transmutation de l’Ɠuvre de fiction _ et la puissante libĂ©ration de l’imageance de Goliarda.

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    Peut-on dire que L’Art de la joie, seul texte fictionnel de Goliarda Sapienza, est une forme d’aboutissement de ses rĂ©cits autobiographiques ?

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    *S’il faut s’en tenir Ă  la chronologie, on ne peut pas le dire, puisque la plupart de ces rĂ©cits autobiographiques sont postĂ©rieurs Ă  L’Art de la joie. Cet unique “vrai” roman – chargĂ© d’élĂ©ments de la vie de Goliarda, mais les dĂ©bordant et les transmuant – serait plutĂŽt l’autre versant du premier grand projet qu’elle avait conçu, celui qui devait rĂ©unir – et qui j’espĂšre, un jour, rĂ©unira – ses divers rĂ©cits autobiographiques sous le titre d’Autobiographie des contradictions.

    …

    Existe-t-il beaucoup de textes encore inédits en Italie ? En France ? (Est-ce des textes autobiographiques ? Des poÚmes ?)
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    *Il reste, inĂ©dits en France, un recueil de poĂšmes, Ancestrale, un recueil de courtes nouvelles, Destino coatto, le Journal, ou les Carnets, de Goliarda, publiĂ© en deux volumes en Italie (Il vizio di parlare a me stessa et La mia parte di gioia), mais qui seront peut-ĂȘtre _ ce fut bien le cas _ rassemblĂ©s en un seul en France – c’est Ă  cette traduction que je travaille actuellement –, un dernier roman autobiographique, mais dont le personnage central n’est pas Goliarda, Appuntamento a Positano, la correspondance _ a priori bien intĂ©ressante ! _  et enfin le théùtre, mais pour ce dernier, j’ignore si le Tripode a l’intention de le publier.
    En Italie, la correspondance va bientĂŽt paraĂźtre, je pense. Le théùtre, je ne sais pas. Il me semble que tout le reste de l’Ɠuvre a paru ou reparu chez Einaudi, sauf – pour l’instant en tout cas – Lettera aperta et Il filo di mezzogiorno, sans doute encore disponibles dans d’autres Ă©ditions, et qu’on ne peut donc leur “reprendre”.

    …

    *

    Merci Ă  Nathalie CastagnĂ© pour sa collaboration et pour avoir fait traverser _ oui ! _ l’Ɠuvre de Goliarda Sapienza au-delĂ  des frontiĂšres italiennes, Ă  commencer par celle de la langue.

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    Nathalie Castagné, ou la passeuse de Goliarda.

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    Post-scriptum :

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    Nathalie CastagnĂ© est aussi la traductrice d’un livre splendide, Ă©blouissant dans sa profonde minutieuse justesse, et qui m’a personnellement beaucoup marquĂ©, Petit Guide sentimental de Venise _ c’est-Ă -dire Venezia ritrovata… _, du vĂ©nitien Paolo Barbaro : le plus beau livre qui existe pour dĂ©couvrir vraiment _ Ă  pied dans les calli, et en bateau sur les canaux et parmi la lagune… _ la vraie Venise.

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    Cf la sĂ©rie de mes cinq articles _ d’aoĂ»t Ă  dĂ©cembre 2012 _ de dĂ©ambulations vĂ©nitiennes,

    lors de ma participation au colloque Un Compositeur moderne nĂ© romantique : Lucien Durosoir (1878 – 1955), en fĂ©vrier 2011, au Palazzetto Bru-Zane :

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    Et Nathalie est aussi la traductrice en français des premiers romans _ dont La PremiÚre extase _ de mon amie romaine Elisabetta Rasy.

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    Sur Elisabetta Ă  Rome,

    cf mon article du 22 février 2010 :   ;

    article dans lequel j’ai insĂ©rĂ© le texte (de 2004) de ma lecture _ enchantĂ©e ! _ d’Entre nous, texte que j’avais intitulĂ© Sur les chemins de la prĂ©sence : tombeau de BĂ©rĂ©nice avec jardin.

  • InAlto aux anges de la spiritualitĂ© baroque romaine

    Pour Ă©largir-approfondir l’explicitation de l’admiration

    que j’affirmais _ bien trop briĂšvement _ le 26 mars dernier

    en mon article 

    envers le magnifique CD Teatro Spirituale _ Rome (c. 1610) _ le CD Ricercar RIC 399 _

    de Lambert Colson et son trĂšs remarquable Ensemble InAlto,

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    voici que ce matin je découvre sur le site de Res Musica

    ce trÚs juste article de Cécile Glaenzer

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    intitulé

    InAlto sur les hauteurs de la spiritualité baroque à Rome :

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    ƒuvres d’Emilio de’ Cavalieri (1550-1602), Paolo Quagliati (c.1555-1628), Giovanni Franceso Anerio (1569-1630), Francisco Soto de Langa (1534-1619), Giovanni de Macque (1550-1614), Antonio Cifra (c.1584-1629), Luca Marenzio (1553-1599), Paolo Animuccia (?-1563), Girolamo Frescobaldi (1683-1643).

    Ensemble InAlto.

    1 CD Ricercar.

    Enregistré en janvier 2018 (Trevi) et septembre 2018 (Belgique).

    Durée: 01:12:15

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    teatro spirituale ricercar

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    AprĂšs deux enregistrements remarquĂ©s, le premier consacrĂ© Ă  Schein _ le CD RamĂ©e RAM 1401, en 2015 _ et le second Ă  SchĂŒtz et ses contemporains _ le CD Passacaille PAS 1023 en 2016 _, c’est vers l’Italie du dĂ©but du XVIIesiĂšcle que se tourne le jeune ensemble belge InAlto conduit par le cornettiste Lambert Colson, dĂ©marche initiĂ©e dans son prĂ©cĂ©dent opus, Un cornetto a Roma, paru chez Passacaille en 2017 _ le CD Passacaille PAS 1033.

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    Le programme de ce disque est construit comme une succession d’exercices spirituels autour du thĂšme de la pĂ©nitence, sur le modĂšle des psaumes entendus dans les cercles oratoriens Ă  Rome dans les premiĂšres annĂ©es du XVIIe siĂšcle _ oui. FondĂ©e par Philippe de Neri  Ă  la fin du XVIesiĂšcle, la congrĂ©gation de l’Oratoire a jouĂ© un rĂŽle _ trĂšs _ important dans la diffusion des idĂ©es de la Contre-RĂ©forme catholique _ en effet ! La musique a trĂšs vite Ă©tĂ© primordiale au cƓur de la spiritualitĂ© oratorienne _ et le trĂšs grand efficace de sa diffusion _, transformant ses rĂ©unions de priĂšre en une prĂ©dication en musique _ voilĂ  ! Ă  la Chiesa Nuova, Ă  Rome _, faisant la part belle Ă  l’expression _ oui _ de l’introspection _ ainsi partagĂ©e, et diffusĂ©e. C’est ce qu’illustre magnifiquement _ oui, vraiment ! _ ce programme trĂšs bien pensĂ©. ComposĂ©s dans le style du recitar cantando _ Ă  partir de Caccini et Peri, Ă  Florence, Emilio de’ Cavalieri, Ă  Rome, puis bientĂŽt Monteverdi, Ă  Mantoue d’abord et ensuite Ă  Venise _, les psaumes anonymes _ sublimes !!! _ prĂ©sents dans cet enregistrement _ et peut-ĂȘtre mĂȘme ses sommets ! je l’indiquais moi-mĂȘme aussi en mon article du 26 mars dernier… _, confiĂ©s Ă  la voix soliste _ de dessus _ de soprano et Ă  celle de tĂ©nor, sont d’une _ vraiment ! _ extraordinaire intensitĂ© expressive. Les inventions chromatiques et les enchaĂźnements harmoniques audacieux rappellent _ oui _ l’écriture de Cavalieri _ qu’on se rapporte Ă  l’Ă©coute des (importants) CDs Alpha 011 (Lamentations) et 065 (Rappresentatione Di Anima Et Di Corpo), en 2001 et 2004. Les voix amples et bien timbrĂ©es d’Alice Foccroulle et de Reinoud Van Mechelen y font merveille _ absolument ! Cela aussi je l’indiquais. On est particuliĂšrement Ă©mu _ profondĂ©ment, mĂȘme _ Ă  l’écoute du De profondis _ demeurĂ© anonyme donc _ qui ouvre cet enregistrement, oĂč la voix de soprano semble trouver au plus profond _ voilĂ  _ de l’ñme les Ă©lans _ vers le Ciel _ qui implorent son CrĂ©ateur. Il en est de mĂȘme dans le Miserere qui culmine _ oui !!! _ comme un sommet d’expressivitĂ© au centre du programme _ comment ne souscrirais-je pas Ă  cette justissime apprĂ©ciation ?!! L’importance donnĂ©e au texte _ oui, et c’est fondamental en ces Ɠuvres _, servi par une diction parfaite _ oui ! _, est sublimĂ©e _ je prononçais moi aussi le mot de « sublime« … _ par un sens des couleurs _ oui _ particuliĂšrement soignĂ©. Ainsi, le continuo, qui fait alterner orgue et clavecin alliĂ©s au thĂ©orbe, soutient _ oui… _ les affects _ essentiels ! _ des voix avec beaucoup de sensibilitĂ© _ et c’est encore peu dire.

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    …

    Autour de ces psaumes, Lambert Colson a imaginĂ© un Ă©crin de piĂšces vocales et instrumentales de compositeurs de la mĂȘme Ă©poque _ que ces Ɠuvres de Cavalieri ainsi que ces anonymes, autour de 1600… _, comme autant d’exercices spirituels propres Ă  l’élĂ©vation des sens et de l’esprit _ voilĂ  la direction fondamentale de cette spiritualitĂ© musicalement incarnĂ©e. Un quatuor vocal alterne avec un quatuor de sacqueboutes _ instruments majeurs en la musique de ce moment _ pour nous entraĂźner dans les dĂ©dales polyphoniques _ oui ! _ d’une mĂ©ditation musicale de _ trĂšs _ haut vol. Deux piĂšces jouĂ©es sur l’orgue Renaissance (1509) de l’église San Francesco de Trevi _ en Ombrie _ ponctuent judicieusement le programme. On peut toutefois regretter une prise de son trop proche des tuyaux de l’orgue, qui favorise la restitution des bruits de mĂ©canique au dĂ©triment de la rĂ©verbĂ©ration naturelle du lieu, particuliĂšrement dans la Toccata pour l’élĂ©vation de Frescobaldi. Quant au _ merveilleux _ cornet de Lambert Colson _ oui _ qui survole _ et emporte _ ce programme tel un vol d’anges, il nous fait entrevoir ce qu’il y a au-delĂ  des cieux _ oui, oui, oui.

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    Ce mardi 9 mars 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa