Auteur/autrice : francislippa

  • La voix toujours fraîche et pure d’Adam Laloum : en piano solo, ou dans le Trio des Esprits

    C’est toujours un très grand plaisir

    d’écouter la voix fraîche et pure _ dénuée de la moindre affèterie ou hyperbole _ du piano d’Adam Laloum,

    que ce soit dans des œuvres pour piano seul,

    ou avec ses compères du Trio des Esprits.

    …

    …

    Ces jours,

    vient de paraître un album double de Schubert par le Trio des Esprits

    _ l’album Schubert Sony 2 CD 19075821702 _,

    comportant les deux Trios (n°1 & 2) pour piano, violon et violoncelle D 898 & D 929,

    la Sonate pour arpeggione et piano D 821 _ ici au violoncelle _

    et la Fantaisie pour violon et piano D 934,

    …

    qu’interprètent superbement

    le piano d’Adam Laloum,

    le violon de Mi-Sa Yang

    et le violoncelle de Victor Julien-Laferrière.

    …

    …

    La première écoute est _ comme à l’accoutumée _ toujours un peu surprenante,

    ayant à faire sa place à notre oreille

    un peu contre nos souvenirs _ formant référence un peu installée _ d’interprétations antérieures,

    par d’autres musiciens _ et des meilleurs.

    …

    …

    Mais dès la seconde écoute,

    et cela pour les quatre œuvres

    _ j’ai peu de références pour le Fantaisie D 934 pour violon et piano, sinon l’interprétation de Szymon Goldberg et Radu Lupu… _,

    l’évidence jubilatoire s’impose

    on ne peut plus simplement !

    …

    …

    Tout ici coule de source, la plus fraîche et la plus pure…

    …

    …

    Une seule petite ombre de regret :

    j’apprends aussi, par ailleurs, que le Trio des Esprits vient de décider de se dissoudre :

    …

    quel dommage !

    ..

    …

    Ce lundi 21 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une nouvelle pépite d’or de La Compagnia del Madrigale : le CD Cipriano de Rore « Vieni, dolce Imeneo » _ ou la perfection de l’interprétation

    Pas un seul des CDs

    de La Compagnia del Madrigale

    qui ne soit décidément un pur chef d’œuvre !

    …

    …
    Et celui qui paraît ce mois de janvier

    ne déchoit pas davantage que les précédents

    _ je veux dire leurs merveilleux et sublimes CDs Gesualdo, Marenzio, Monteverdi, L’arte del Madrigale, tous parus chez Glossa ;

    et leur Orlando furioso, paru chez Arcana _

    à cette règle de constat _ admiratif ! _ de fait !

    …

    …

    Celui de ce jour

    est un CD consacré à l’œuvre de Cipriano de Rore,

    et est intitulé Vieni, dolce Imeneo _ Madrigali ;

    …

    soit le CD Glossa GCD 922808.

    …

    …

    Ici, je me permets un simple rappel de dates

    concernant ces compositeurs

    auxquels La Compagnia a consacré ces si somptueux enregistrements,

    …

    dans l’horizon de leurs rapports de filiations _ artistiques _,

    auprès des cours des _ si raffinées _ principautés italiennes

    de la Renaissance _ et de la naissance du Baroque _,

    …

    au premier chef, celle des Este à Ferrare,

    mais aussi, celle des Gonzague à Mantoue, et celle des Farnese à Parme :

    …

    …

    Cipriano De Rore (Renaix/Ronse, 1515/16 – Parme, 1565) ;

    Luca Marenzio (Coccaglio, près Brescia, 1553 – Rome, 1599) ;

    Carlo Gesualdo (Venosa, 1566 – Gesualdo, 1613) ;

    Claudio Monteverdi (Crémone, 1567 – Venise, 1643).

    …

    …

    A cette liste,

    …

    j’ajouterais pour ma part,

    à titre de jalons intermédiaires

    entre Cipriano de Rore (décédé en 1565) et Luca Marenzio (né en 1553),

    …

    les noms de compositeurs décisifs, eux aussi,

    dans le raffinement _ inouï _ des cours de ces principautés italiennes,

    _ d’abord celle des Este à Ferrare,`

    mais aussi celle des Gonzague à Mantoue

    et celle des Farnese à Parme, j’insiste là-dessus _ ;

    …

    ainsi que dans la composition de madrigaux,

    …

    tels que

    Giaches de Wert (Bornem, 1535 – Mantoue, 1596)

    et Luzzasco Luzzaschi (Ferrare, c. 1545 – Ferrare, 1607),

    …

    tous deux très effectivement élèves de Cipriano de Rore à Ferrare,

    où celui séjourna, de 1547 à 1559, auprès du duc

    _ modèle d’esthète-mécène d’un extrême raffinement (et en tous les arts) pour toute l’Europe ! _

    Hercule II d’Este (1508 – 1559)

    _ dont l’épouse était Renée de France (1510 – 1574),

    fille du roi de France Louis XII (1462 – 1515),

    et sœur de la reine Claude (1499 – 1524), la première épouse de François Ier (1494 – 1547) _ :

    …

    peut-être pour de futurs _ voire prochains _ enregistrements

    de La Compagnia del Madrigale…

    …

    …

    Cf aussi mes récents articles du 24 juin

    et du 14 juillet derniers (2018)

    à propos de CDs consacrés à l’œuvre de Cipriano de Rore.

    …

    …

    Quelle chance de pouvoir physiquement _ sonorement, je veux dire _ jouir de telles musiques

    en de telles sublimes interprétations !!!

    …

    …

    Ce dimanche 20 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De sublimes Nuits d’été ré-enchantées par un éblouissant Stéphane Degout, baryton, et Les Siècles du très grand François-Xavier Roth

    Dès leur parution, hier 18 janvier 2019,

    découvrant le CD Berlioz des Siècles, dirigés par le grand François-Xavier Roth

    _ le CD Harmonia Mundi HMM 902634 _

    avec à son programme Harold en Italie et Les Nuits d’été,

    …

    je m’empresse de me le procurer,

    et l’écouter, en jouir.

    …

    …

    En commençant par le cycle des six mélodies des Nuits d’été

    _ peut-être le sommet de toute la mélodie française !!

    …
    …

    Et recevant un courriel d’une amie

    juste à la fin de ma première écoute des mélodies

    (de Berlioz, en 1841,

    sur des poèmes de Théophile Gautier, extraits du recueil La Comédie de la mort, de 1838).

    …

    voici ce que que je réponds,

    à cette amie

    qui me disait avoir assisté la veille à une représentation

    _ en mode oratorio, heureusement ! _

    du Tristan und Isolde, de Wagner :

    …

    …

    Tristan, c’est en effet sublime !
    Quel poème musical !
    Et c’est même orgasmique…
    J’ai assisté à Bordeaux à une représentation _ proprement magique _ avec Margaret Price !!!
    …
    Là, je me trompais : Margaret Price n’a jamais chanté sur scène Tristan ;
    c’était dans l’Otello de Verdi que je l’avais vue-entendue ;
    et c’était le 7 mars 1991 ; la sublime Desdémone qu’elle incarnait si merveilleusement (ah ! l’air du saule !)
    répondait à l’Otello de Placido Domingo !
    Et Gabriel Bacquier était aussi de la distribution bordelaise ce soir-là…
    C’était somptueux !
    …
    Le Tristan de Wagner, j’y avais assisté peu auparavant, à Bordeaux, aussi _ c’était le 19 janvier 1991 _ ;
    mais je n’ai hélas pas gardé souvenir (ni trace écrite en mon agenda) des interprètes de ce Tristan,
    qui m’avait, lui aussi, très vivement impressionné !
    Le chef Alain Lombard disposait d’un merveilleux carnet d’adresses (des plus grands chanteurs et cantatrices) ;
    et le public averti du Grand-Théâtre et du Mai musical en a considérablementent joui, ces années-là !..
    …
    Et en ce moment, j’écoute avec ravissement Les Nuits d’été de Berlioz : un sommet que déjà j’idolâtre (notamment par Régine Crespin, mais aussi Janet Baker _ par exemple en un récital à Londres, dirigé par Carlo-Maria Giulini, et publié en CD par BBC Legends _, et quelques autres : Anne-Catherine Gillet, Brigitte Balleys, Véronique Gens…) ;
    et ici dans l’interprétation qui paraît aujourd’hui du baryton Stéphane Degout, avec Les Siècles et François-Xavier Roth.
    Quel chanteur ! Quel art et de chanter et de dire ! Quel timbre aussi. C’est à tomber par terre.
    …
    Je vais les ré-écouter sur le champ ;
    alors que je n’ai pas encore passé la première partie du CD, Harold en Italie, avec la grande Tabea Zimmermann à l’alto _ une œuvre qui, je dois le dire, ne m’a jamais, hélas pour moi, passionné !
    …
    Mon plus grand et beau souvenir de concert
    _ c’était au Grand-Théâtre de Bordeaux ; je n’arrive pas à en repérer la date ! Si, je l’ai retrouvée notée sur un de mes anciens agendas : c’était le dimanche 27 mai 1984 (ajout du dimanche 21 janvier 2024)… _
    est un immense et magique récital de Tatiana Troyanos,
    avec ces berlioziennes Nuits d’été, justement,
    le sublime air de concert (pour Nancy Storace) Chio mi scordi di te, de Mozart,
    les Fruhe Lieder d’Alban Berg, etc.
    Déjà, rien que des chefs d’œuvre !
    3/4 d’heures d’applaudissements de la salle debout !!!
    Tatiana Troyannos est décédée quelques années plus tard _ le 21 août 1993 _ d’un cancer.
    L’éternité est dans le temps, et au présent. A nous de la sentir _ saisir est trop brutal _ ;
    et de la reconnaître
    telle une grâce qui ici et maintenant, juste en passant, vient nous croiser et effleurer…

    …

    …

    Et après plusieurs ré-écoutes successives, depuis,

    de ces Nuits d’été de Stéphane Degout, Les Siècles, et François-Xavier Roth,

    …

    mon enthousiasme double à chaque audition !

    …

    Votre écoute de ces enchanteresses mélodies de Berlioz et Gautier

    va en être réenchantée !!!

    …

    …

    Ce samedi 19 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les délices de la clarinette brahmsienne, avec Pascal Moraguès (suite)

    Le 20 décembre dernier,

    je signalais

     ;

    …

    soit l’excellence du CD indeSENS! INDE111 Clarinet Sonatas & Trio de Johannes Brahms,

    par Pascal Moraguès, clarinette,

    Frank Braley, piano

    et Christian Poltéra, violoncelle :

    …

    …

    La langoureuse clarinette sans pathos du justissime classicisme brahmsien, par Pascal Moraguès

    …
    …
    — Ecrit le jeudi 20 décembre 2018 dans la rubrique “Musiques”
    …
    …

    Après avoir merveilleusement servi

    la clarinette de Mozart,

    …

    l’excellent Pascal Moraguès

    vient nous enchanter

    avec une magnifique CD Brahms

    Clarinet Sonatas & Trio,

    …

    le CD Indé Sens !INDE 111,

    …

    avec le piano de Franck Braley

    pour les Sonates opus 102 n°1 et n°2

    de l’été 1894,

    …

    et encore le violoncelle de Christian Poltéra

    pour le trio opus 114

    de 1891.

    …

    …

    La performance,

    parfaite,

    est enchanteresse.

    …

    C’est un ravissement sans pathos ;

    simplement justissime….

    …

    Brahmsien.

    …

    …

    Ce jeudi 20 décembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa 

    …

    …

    Et ce jour,

    le site Res Musica,

    par la plume de Patrice Imbaud,

    rejoint mon enchantement de cette interprétation,

    sous ce titre :

    …

    Brahms, Trio et Sonates pour la clarinette, avec Pascal Moraguès

    …

    …

    BRAHMS, TRIO ET SONATES POUR CLARINETTE AVEC PASCAL MORAGUÈS

    …
     CD, Musique de chambre et récital

    …
    …

    Johannes Brahms (1833-1897) : Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur op. 114 ; Sonate n° 1 pour clarinette et piano en fa mineur op. 120 ; Sonate n° 2 pour clarinette et piano en mi bémol majeur op. 120. Pascal Moraguès, clarinette. Frank Braley, piano. Christian Poltéra, violoncelle. 1 CD Indésens. Enregistré en septembre 2017 à Mons en Belgique. Notice bilingue français-anglais. Durée : 67:50

    …
    …

    Clarinet-Sonatas-Trio-DigipackCe bel album présente trois œuvres de Johannes Brahms, monuments incontournables du répertoire de la clarinette, portées à leur quintessence par Pascal Moraguès, Frank Braley et Christian Poltéra dans une interprétation exemplaire, typiquement brahmsienne, mêlant intimement passion et nostalgie.

     

    …

    …

    Trois partitions de la maturité, composées entre 1891 et 1894, toutes nimbées de mélancolie douloureuse, de tendresse et de romantisme contenu, qui appartiennent à la dernière période créatrice de Brahms, inspirées par la rencontre que le compositeur fit à la cour de Meiningen avec le clarinettiste virtuose Richard Mühlfeld. Des compositions qui se caractérisent par le classicisme de leur forme, en quatre mouvements, mais surtout par leur richesse thématique et rythmique où Brahms utilise à l’envi métamorphoses et variations.

    …

    …

    Dans le Trio op. 114, composé en 1891 à Bad Ischl, Brahms fait appel à trois familles différentes d’instruments dont les timbres s’accordent parfaitement dans un subtil équilibre. La sonorité moirée, élégiaque, épique ou nostalgique de la clarinette de Pascal Moraguès répondant aux accents sombres, lyriques et mystérieux du violoncelle de Christian Poltéra, soutenu par le piano plus discret de Frank Braley. Si l’Allegro initial s’appuie sur un dialogue enflammé, l’Adagio, sans pathos excessif, sait se montrer plus mystérieux et rêveur, parfois inquiet, tandis que l’Andantino laisse place à un rythme plus dansant de valse avant l’Allegro final de conclure sur une dynamique plus engagée, lyrique et passionnée.

    …

    …

    Si la Sonate n ° 2 se présente, tout au long de ses quatre mouvements peu différenciés, comme une longue péroraison bâtie sur le dialogue entre le piano et la clarinette, le jeu de Pascal Moraguès séduit tout du long par sa sonorité ronde, sa virtuosité volubile, mais aussi par la précision des attaques, la pertinence des articulations, la beauté et la souplesse de la ligne. En revanche, la Sonate n° 1 semble laisser une plus large place au piano par ses allures plus rhapsodiques, que ce soit dans le fougueux Allegro appassionato, dans le très émouvant Andante, ou dans l’Allegro grazioso plus pastoral précédant la joute virtuose et jubilatoire du Rondo final. Un disque qui témoigne une fois de plus de l’excellence reconnue de Pascal Moraguès et de l’école de vents français, ainsi que de l’indéfectible attachement du label Indésens à la promouvoir.

    …

    …

    Ce vendredi 18 janvier 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa