Auteur/autrice : francislippa

  • Découvrir et aimer la musique de Jan Ladislav Dussek (1760 – 1812)

    Sans commémoration particulière d’anniversaire en cette année 2018,

    …

    paraissent ces derniers temps-ci

    bon nombre d’enregistrements discographiques du compositeur tchèque

    Jan Ladislav Dussek

    _ baptisé Jan Václav Dusík, et nommé parfois aussi Duschek or Düssek… _ ;

    …

    né à Čáslav en Bohème le 12 février 1760,

    et mort à Saint-Germain-en-Laye le 20 mars 1812 ;

    …

    et quasi contemporain _ afin de situer un peu vite son moment musical _

    du grand Ludwig van Beethoven (Bonn, 15-12-1770 – Vienne, 20-3-1827).

    …

    …

    Ne pas confondre Jan Ladislav Dussek

    avec cet autre compositeur bohémien

    qu’est Franz (ou František) Xaver Dušek,

    …

    né, lui, le 8 décembre 1731 à Chotěborky, près de Jaroměř (Bohême)

    et mort le 12 février 1799 à Prague,

    …

    époux de la fameuse cantatrice Josefa Dušek,

    …

    et grand ami de Mozart (1756 – 1791) ;

    …

    lequel fut à diverses reprises reçu et hébergé chez les Dussek lors de ses séjours _ heureux ! _ à Prague :

    dans leur fameuse _ et préservée _ belle villa Bertramka,

    dans les faubourgs boisés des hauteurs de Prague…

    ….

    Et c’est pour Josefa Dussek

    que Mozart écrivit les deux très justement fameux airs de concert

    Ah lo previdi et Bella mia fiamma.

    …

    Fin de l’incise.

    …

    …

    De la musique de Jan Ladislav Dussek, 

    paraissent donc plusieurs superbes et très intéressants CDs :

    …

    outre,

    chez Brillant Classics,

    3 CDs de Sonates pour piano :

    …

    par les pianistes

    Naruhiko Kawaguchi (le CD Brilliant 95246),

    Piet Kuijken (le CD Brilliant 95602)

    et Alexei Lubimov (le CD 95607),

    …

    chez Hyperion,

    un second volume (le CD Hyperion CDA 68211) de Concertos pour piano,

    les opus 3, 14 & 49,

    par Howard Shelley

    et the Ulster Orchestra ;

    …

    et surtout,

    chez Alpha,

    un magnifique et très brillant CD (le CD Alpha 416)

    avec les pianistes Alexei Lubimov et Olga Paschenko

    et the Finnish Baroque Orchestra Meta4,

    …

    pour un très beau programme

    constitué du Concerto pour deux pianos en si bémol majeur opus 63,

    du Quintette avec piano en fa mineur opus 41

    et du Notturno concertant en mi bémol majeur opus 68.

    …

    …

    Très chaudement recommandé !

    …

    …

    Ce jeudi 22 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • le « liedersänger absolu » : Christian Gerhaher _ son merveilleux récital Schumann intitulé Frage

    Christian Gerhaher, depuis longtemps, fait l’unanimité

    de ceux qu’il enchante,

    au concert, sur la scène, comme au disque.

    …

    …

    Celui que hier un article de ResMusica,

    sous la plume de Vincent Guillemin,

    …

    et à l’occasion d’un concert-représentation au Staatoper de Hambourg des Szenen aus Goethes Faust de Robert Schumann 

    _ GERHAHER FASCINE DANS LES SCÈNES DU FAUST DE GOETHE _

    …

    qualifie _ et à fort juste titre !!! _ de « liedersänger absolu« ,

    …

    vient de nous gratifier d’un sublimissime récital de 29 Lieder

    de _ justement _ ce même Robert Schumann,

    en l’occurrence le CD Sony classical 19075889192

    intitulé Frage ;

    …

    composé

    des 6 Gesänge op. 107,

    3 Romanzen und Balladen op. 49,

    Warnung, op. 119/2,

    3 Gesänge op. 83,

    12 Gedichte op. 35 _ dont le lied Frage… _

    et 4 Gesänge op. 142.

    …

    …

    Le timbre, somptueux,

    l’art du chant,

    comble de naturel et de justesse dans la diction

    comme dans la richesse de la musicalité dépourvue du moindre maniérisme ou ombre d’affectation,

    et l’élan,

    …

    tout nous comble chez cet admirable chanteur baryton.

    …

    …

    Voici, aussi, l’article de ResMusica et Vincent Guillemin

    qui vient parfaitement consoner

    avec ma perception de ce sublime récital Frage… :

    …

    …

    Hambourg. Staatsoper. 17-XI-2018.

    …

    Robert Schumann (1810-1856) : Szenen aus Goethes Faust.

    Mise en scène, décors & Costumes : Achim Freyer.

    Assistant mise en scène : Eike Mann.

    Assistant décors : Moritz Nitsche.

    Costumes : Petra Weikert.

    Lumières : Sebastian Alphons.

    Vidéos : Jakob Klaffs & Hugo Reis.

    Dramaturgie : Klaus-Peter Kehr.

    …

    Avec : Narea Son, Marthe, Sorge, Seliger Knabe, Magna Peccatrix ;

    Christina Gansch, Gretchen, Not, Seliger Knabe, Una Poenitentium ;

    Katja Pieweck, Mangel, Jüngerer Engel, Seliger Knabe, Mulier Samaritana ;

    Renate Spingler, Schuld, Seliger Knabe, Maria Aegyptiaca, Mater Gloriosa ;

    Norbert Ernst ; Ariel, Pater Ecstaticus, Vollendeterer Engel, Jüngerer Engel ;

    Christian Gerhaher, Faust, Pater Seraphicus, Dr. Marianus ;

    Alexander Roslavets, Vollendeterer Engel, Jüngerer Engel ;

    Franz-Josef Selig, Mephisto, Pater profundo, Böser Geist, Bass-Soli;

    Angelka Gajtanovska, Ines Krebs, Tahirah Zossou, Marina Ber, Veselina Teneva, Voix solistes.

    …

    Hamburger Alsterspatzen.

    Chor der Hamburgischen Staatsoper (Chef de Chœur : Eberhard Friedrich).

    Philharmonisches Staatsorchester Hamburg,

    direction musicale : Kent Nagano

    …

    …

    Mis en espace par Achim Freyer avec des éléments d’humanité, Les Scènes de Faust de Goethe de Robert Schumann retrouve à Hambourg deux artistes entendus à Berlin, Munich puis Paris ces dernières années, Franz-Josef Selig et le fascinant Christian Gerhaher, cette fois sous la direction toute en finesse de Kent Nagano.

    …

    …

    Après avoir remplacé Nikolaus Harnoncourt à Berlin puis enregistré l’œuvre à Munich,  Daniel Harding a récemment présenté à Paris Les Scènes de Faust de Goethe, remis en valeur vingt ans plus tôt grâce à Claudio Abbado. Elles sont reprises à Hambourg dans une mise en scène cohérente mais anecdotique _ dommage ! _ d’Achim Freyer, à faire regretter de ne pas avoir profité de la même équipe musicale dans l’acoustique de l’Elbphilharmonie, plutôt qu’avec l’orchestre et le chœur en fond de plateau au Staatsoper. Proposer une version scénique permet toutefois de rejouer l’ouvrage sept fois au cours de la saison plutôt que trois lors d’un groupe de concerts.

    …

    Robert Schumann s’est lui-même perdu en s’attaquant à l’un des plus grands textes de l’humanité ; la figure si fascinante de Goethe devenant un blocage à la liberté du compositeur, de toute façon peu à l’aise _ voilà _ tout au long de sa vie avec l’opéra. Il commence les esquisses par le finale à la mort du poète, passage le plus étincelant de l’ouvrage, peut-être le moins bien porté par Kent Nagano à Hambourg, où le chef, trop fin, semble vouloir fuir la luminosité trop facile de la dernière partie chorale et ne parvient à un moment extatique _ oui _ que dans les dernières mesures.

    …

    Il faudra dix années au compositeur pour achever ce qui deviendra finalement un oratorio profane, dans lequel l’écriture du chant laisse souvent plus la place au lied qu’à un style opératique. Difficile alors d’y trouver aujourd’hui, et même depuis plusieurs décennies, un chanteur supérieur au liedersänger absolu Christian Gerhaher. Plus encore qu’à la Philharmonie de Paris et qu’à Munich, le baryton prouve un art de la prosodie d’un génie pur _ c’est dit ! _, fascinant dans la mort juste avant l’entracte, mystique ensuite en Pater Seraphicus, puis bouleversant dans la noirceur d’un Dr Marianus porté avec la même voix glabre que le dernier lied du Notturno de Schoeck enregistré il a quelques année par l’artiste. Franz-Josef Selig n’a pas à pâtir de l’art de la diction du baryton pour conduire Mephisto dans les graves infernaux, contré par le haut-médium coloré de la Marguerite de Christina Gansch, ou l’aigu éclatant de Narea Son, d’abord Marthe, puis Souci, puis Magna Pecatrix au Paradis. Katja Pieweck, superbe Walkyrie la veille, convainc moins ici, tout comme le ténor Norbert Ernst, trop nasal et instable dans le haut du spectre pour magnifier Ariel puis le Pater Ecstaticus.

    …

    Le Chor der Hamburgischen Staatsoper comme le chœur d’enfants, l’Hamburger Alsterspatzen, tous deux préparés par Eberhard Friedrich, parviennent à hisser leurs parties dans une mystique développée du fond de la scène, avec un rendu  légèrement voilé par un rideau placé entre l’orchestre et le devant du plateau. Le Philharmonisches Staatsorchester Hamburg offre dès l’Ouverture une sonorité légère, parfaitement maintenue tout au long de l’ouvrage par le directeur musical Kent Nagano, avec une superbe attention lors des moments les plus dramatiques.

    …

    …

    Faust_Szenen_260_0 - Gerhaher Selig Gansch Ernst Hamburg…

    …
    Achim Freyer, dont on vient d’apprendre qu’il mettait en scène Œdipe l’été prochain à Salzbourg, doit comme Jürgen Flimm pour le Staatsoper Berlin ces dernières années s’atteler à occuper l’espace pendant que l’oratorio de Schumann se développe. La modeste dramaturgie du livret ne permet pas d’interactions fortes entre les personnages, alors Freyer occupe l’espace avec des assembleurs en noir, qui posent au fur et à mesure des éléments référents à l’humanité. Successivement apparaissent une robe de mariée sur un mannequin, une brouette, un métronome, un arc en ciel, une trompette, tous ces objets sur lesquels sont ensuite apposés des voiles noirs pour annoncer la mort. Au centre, le tableau du Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich, visible à la Kunsthalle de Hambourg, est coupé en haut du buste pour laisser s’insérer le haut du corps de Gerhaher. Son image, d’un homme d’abord magicien avec un bandeau sur les yeux, devient par la suite celle d’un véritable aveugle ayant besoin d’une canne, pour finir clown blanc en dernière partie. Le tableau se colore par lumières projetées, d’abord en fluo rose et jaune, évidente référence au tableau de Goethe retouché par Andy Warhol. Puis la brume devient arc-en-ciel avant de n’être plus qu’un noir faisant ressortir le corps blanc accompagné d’une lumière blanche pour montrer le centre, et donc Gerhaher, comme l’entrée au Paradis.

    …

    …

    Crédits Photographiques : © Monika Ritterhaus

     

    …
    …

    Christian Gerhaher : un liedersänger absolu : absolument !

    Son art est sublimissime d’évidence

    et perfection de justesse !!!

    …
    …

    Ce mercredi 21 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Pour se repérer un peu dans le récent très riche coffret Birgit Nilsson de 31 CDs de Sony

    Afin de se repérer

    un peu

    dans le récent très riche coffret Birgit Nilsson _ the great live recordings de 31 CDs de Sony,

    …

    ce fort bienvenu article de Resmusica, hier,

    sous la plume de Pierre Degott :

    …

    BIRGIT NILSSON EN LIVE, 25 ANS DE SOMMETS LYRIQUES EN UN COFFRET

    …
    …

    …

    « Birgit Nilsson : the great live recordings ».

    …

    Béla Bartók (1881-1945) : Le Château de Barbe-Bleue ;

    Richard Wagner (1813-1883) : Lohengrin, Tristan et Isolde (trois versions), extraits de La Walkyrie, Siegfried, Le Crépuscule des dieux et Tristan et Isolde ;

    Giacomo Puccini (1858-1924) : Turandot ;

    Richard Strauss (1864-1949) : Salomé, Elektra (deux versions), La Femme sans ombre.

    …

    Birgit Nilsson, soprano.

    De multiples solistes dont Théo Adam, Régine Crespin, Dietrich Fischer-Dieskau, Jess Thomas, Leonie Rysanek, Astrid Varnay, Jon Vickers, Wolfgang Windgassen, etc.

    …

    Orchestre symphonique de la radio suédoise, directions : Ferenc Fricsay et Sergiu Celibidache ;

    orchestre du festival de Bayreuth, direction : Hans Knappertsbusch, Eugene Jochum, Wolfgang Sawallisch et Otmar Suitner ;

    orchestre du Metropolitan Opera, direction : Leopold Stokowski, Karl Böhm, Herbert von Karajan ;

    orchestre du Wiener Staatsoper, direction : Karl Böhm ;

    orchestre symphonique de la RAI de Rome, direction : Leonard Bernstein ;

    orchestre national de l’O.R.T.F., direction : Karl Böhm ;

    orchestre de l’Opéra d’État de Bavière, direction : Wolfgang Sawallisch ;

    orchestre philharmonique royal de Stockholm, direction :Stig Rybrant ;

    orchestre de l’Opéra de Sydney, direction : Charles Mackerras.

    …

    31 CD. Sony Classical. 88985392322.

    Enregistré de 1953 à 1976.

    …

    Notice de présentation trilingue (anglais, allemand et français)

    …
    …

    Birgit Nilsson a enchanté la scène lyrique internationale pendant près de trente-cinq ans. Cette compilation de ses plus beaux enregistrements sur le vif _ voilà _ était la meilleure façon de célébrer _ oui _ le centième anniversaire de la naissance de l’immense soprano wagnérienne.

    …

    Ce sont presque vingt-cinq de la carrière de Birgit Nilsson qui sont documentés dans ce formidable coffret, lequel propose des enregistrements sur le vif peu connus de la grande soprano dramatique. Des années de jeunesse suédoises, Sony aura retenu une intéressante version chantée en allemand du Château de Barbe-Bleue de Bartók, qui annonce déjà tout le potentiel d’une voix à la solidité et la fiabilité hors du commun. Les débuts à Bayreuth, qui remontent à l’été 1954 après que Birgit eut fêté ses trente-six ans, permettent de faire entendre une juvénile mais déjà héroïque Elsa de Lohengrin, flanquée des formidables Astrid Varnay, Hermann Uhde et Wolfgang Windgassen ; on reconnaîtra dans le rôle anecdotique du Héraut le tout jeune Dietrich Fischer-Dieskau, partenaire qui sera également une génération ans plus tard un émouvant Barak de La Femme sans ombre. La première Isolde de 1957, dans laquelle la grande Birgit presque quadragénaire était entourée des trois Wolfgang wagnériens de l’époque – Windgassen en Tristan, Sawallisch à la baguette et Wagner à la mise en scène – marque les débuts glorieux de la soprano suédoise dans un rôle où nous la retrouverons à Vienne en 1967 face à l’élégant Jess Thomas, puis à Orange en 1973 aux côtés du Tristan véritablement halluciné de l’immense Jon Vickers. La comparaison des trois versions atteste à la fois la maîtrise absolue des moyens, mais également l’accroissement de l’implication dramatique _ oui _ dans un rôle dont Nilsson était la seule véritable titulaire dans les années 1960 et 1970. On gardera néanmoins une petite préférence pour la célèbre version de Bayreuth de 1966, disponible ailleurs, qui bénéficie également de la direction de Böhm mais qui permet en outre d’entendre l’extraordinaire Brangäne de Christa Ludwig, à l’époque où la grande mezzo rêvait de s’illustrer dans le rôle-titre de l’opéra. Des incarnations de Nilsson en Brünhild, Sony permet d’entendre trois scènes finales du Crépuscule des dieux, enregistrées à près de vingt ans d’intervalle, ainsi que la fin du troisième acte de Siegfried. Pour ce rôle emblématique de la carrière de Nilsson, la pièce de résistance est fournie par la remarquable Walkyrie du Met, dans laquelle Rudolf Bing avait imposé à Karajan une Brünhild dont le chef allemand ne voulait guère ; Régine Crespin, qui avait triomphé dans le rôle à Salzbourg peu de temps avant, retrouve donc à New York la Sieglinde chère à son cœur. De la propre Sieglinde de Nilsson, le coffret propose de larges extraits enregistrés à Bayreuth en 1957 – quelques jours après la première Isolde – face au Siegmund encore ténor de Ramón Vinay. Des rôles straussiens de Nilsson, Elektra fut sans doute le plus mémorable, la perversité adolescente de Salomé ne convenant guère aux grandes sopranos wagnériennes, Gwyneth Jones et Leonie Rysanek incluses. Avec la teinturière de La Femme sans ombre, Nilsson trouva en fin de carrière un nouveau rôle entièrement à sa mesure, autant sur le plan dramatique que vocal.

    …

    Si le coffret ne privilégie pas le versant italien, non négligeable, de la carrière de Birgit Nilsson, ce dernier est néanmoins représenté par ce qui fut pour la grande soprano, avec Isolde et Brünhild, le rôle des rôles : la Turandot de Puccini. De toutes les versions disponibles sur le marché, Sony a choisi celle dirigée par Léopold Stokowski qui propose en prime le partenaire attitré de l’époque, Franco Corelli, juste après ses propres débuts retentissants au Met. À leurs côtés la délicieuse et délicate Liu d’Anna Moffo, elle aussi presque débutante. Soirée de rêve, magnifiée par un orchestre incandescent !

    …

    Si le live a souvent le défaut de mettre à nu les faiblesses des chanteurs, cela est tout le contraire pour Birgit Nilsson, à qui le studio d’enregistrement inspirait souvent une certaine froideur. Sur le vif, la vaillance légendaire de ce pur airain n’est à aucun moment prise en défaut, et si la robustesse de la quinte aiguë laisse l’auditeur pantois, ce dernier se laissera également envelopper par la richesse des nobles phrasés inspirés à la cantatrice par l’urgence et la magie de la représentation _ voilà. Nilsson était l’une des rares sopranos de l’époque à tenir, sans s’époumoner dans les aigus, la tessiture relativement grave de la Léonore de Fidelio. Les fureurs d’Elektra, les émois de Brünhild devant la naïve candeur de Siegmund, le fléchissement de Turandot au troisième de l’opéra face aux ardeurs de Calaf sont autant de moments d’exception qui marqueront à jamais la mémoire de tout amateur d’opéra qui se respecte.

    …

    L’environnement musical est de surcroit de la première qualité de bout en bout, et avec des chefs comme Karajan, Böhm, Jochum, Sawallisch et d’autres, l’auditeur sera à la fête tout au long de cet indispensable coffret. Sans doute en raison de la moindre qualité de son orchestre, Leonard Bernstein n’atteint pas dans Fidelio les sommets qu’il allait atteindre à l’Opéra de Vienne quelques années plus tard. Jochum, en revanche, est suprême dans Lohengrin, et Karajan nous gratifie, avec Crespin, Vickers et Martti Talvela, d’un des plus beaux troisièmes actes de La Walkyrie. Et quand les autres partenaires s’appellent Rysanek, Windgassen, Resnik, Theo Adam, on savoure son bonheur. Un quart de siècle de sommets lyriques en un seul coffret, cela ne se refuse pas _ en effet !

     

    …
    …

    On ne peut que regretter l’absence,

    ces vingt dernières années-ci,

    de guides discographiques sérieux et complets _ je veux dire, bien sûr, assez exhaustifs… _,

    …

    pour aider un peu _ à les parcourir, lire, chercher, fouiller un peu en profondeur et derrière les fagots, au calme chez eux _ les mélomanes curieux et passionnés

    à un peu _ mieux _ se repérer

    de manière à la fois analytique

    _ assez précise et fouillée _

    et synthétique

    _ à titre de quelque chose comme un premier débrousaillage qui soit à la fois relativement fiable ainsi que presque complet…

    …

    …

    Ce mardi 20 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les derniers feux de Venise et l’ouverture de la touristification : au XVIIIème siècle

    Un très beau catalogue,

    éblouissante Venise : Venise, les arts et l’Europe au XVIIIème siècle,

    pour une grande exposition parisienne

    au Grand Palais (14 septembre 2018 – 21 janvier 2019),

    …

    est accompagné

    d’un très joli récit vénitien,

    Désir pour désir,

    de l’attentif intensif Mathias Énard ;

    …

    tous deux parus le 26 septembre dernier, à la Réunion des Musées Nationaux.

    …

    …

    Sur le plaisir d’arpenter

    les calli de Venise,

    en tentant d’esquiver le mieux possible les nuées de touristes terriblement exogènes

    de certains quartiers entouristiqués,

    afin de s’essayer à s’imprégner de _ et goûter un peu de _ l »esprit et de l’âme de Venise,

    …

    peut-être relire ma série d’articles du second semestre 2012 :

    …

     ;

    …

    un an et demi après mon séjour vénitien de février 2011

    lors de ma participation,

    au Palazzetto Bru-Zane,

    au colloque Un compositeur moderne né romantique : Lucien Durosoir (1878 – 1955) :

    …

    avec ces deux contributions-ci :

    …

    et

    …

    …

    L’expo, le catalogue, le récit de Mathias Enard :

    …

    trois voies de rencontres possibles

    d’une Venise

    un peu mieux vénitienne…

    …

    …

    Ce lundi 19 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa