Auteur/autrice : francislippa

  • Séance de dégustation de rattrapage (de la Coulée de Serrant) à la Cité du Vin : un entretien avec Nicolas Joly sur la biodynamie

    Mardi 17 juin dernier, dans l’Auditorium Thomas Jefferson de la Cité du Vin, une extraordinaire séance d’entretien avec Nicolas Joly (et Gilles Berdin : l’auteur de Autour d’une bouteille avec Nicolas Joly _ la Biodynamie, aux Éditions Elytis), juste avant une merveilleuse dégustation de vins de biodynamie _ dont quelques bouteilles sublimes ! de la Coulée de Serrant.

    L’entretien était mené par Francis Lippa.

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    En voici un lien vers la vidéo : http://www.rozenbaum.com/2017/01/autour-dune-bouteille-avec-nicolas-joly-et-gilles-berdin-elytis .

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    Et, en cas de difficulté à obtenir la vidéo;
    voici un lien pour écouter, au moins, la bande-son de l’entretien :

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     Titus Curiosus, ce samedi 28 janvier 2017

     

  • Une éclatante arrière-saison discographique : l’automne 2016 d’Outhere

    Cet automne 2016 qui vient de s’achever, a connu une splendide moisson de CDs magnifiques, notamment chez Outhere.

    Et cela à un moment où se développe et s’enfle le discours sur la fin du CD, qui ne correspondrait plus à la demande présente des consommateurs mélomanes _ serait-ce donc là un oxymore ?… Serait-ce même là la raison de base d’une si belle offre _  sans guère de ratés… _ de la part des maisons de disques ?

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    Si je passe en revue les sorties Outhere depuis la fin de l’été jusqu’à cette Noël 2016,

    que dois-je donc constater ?

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    Titus Curiosus, ce 31 décembre 2016

  • L’Hémorragie de Vénitiens quittant la Venise insulaire _ actualisation chiffrée, ce mois de décembre 2016

    Ce jour, en parcourant la presse internationale sur le web,

    voici que je découvre dans El Mundo, un article (de Monica Bernabé), Los venecianos huyen de Venecia , sur la désertification de Venise de la part de ses Vénitiens,

    au profit de la touristification toujours plus massive et invasive de la cité lagunaire.
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    Cf la série de mes précédents articles à propos d’ »Arpenter Venise« , du 26 août au 30 décembre 2012,

    dans lesquels apparaissaient certains des auteurs que la journaliste aujourd’hui, à son tour, cite ou convoque :

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    Ré-arpenter Venise : le défi du labyrinthe (involutif) infini de la belle cité lagunaire , le 26 août 2012 ;

    La chance de se livrer pour l’arpenter-parcourir au labyrinthe des calli de Venise , le 4 septembre 2012 ;

    Le désir de jouir du tourisme : les voyageurs français de Venise , le 31 octobre 2012 ;

    Arpenter (plus ou moins) Venise : les hédonismes (plus ou moins) chics _ le cas du « Grand Guide de Venise » d’Alain Vircondelet, homme de lettres , le 23 décembre 2012 ;

    Arpenter Venise : le mérite (de vraie curiosité à l’altérité !) du « Dictionnaire insolite de Venise » de Lucien d’Azay , le 30 décembre 2012.

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    Ré-arpenter Venise : le défi du labyrinthe (involutif) infini de la belle cité lagunaire

    La chance de se livrer pour l’arpenter-parcourir au labyrinthe des calli de Venise

    Le désir de jouir du tourisme : les voyageurs français de Venise

    Arpenter (plus ou moins) Venise : les hédonismes (plus ou moins) chics _ le cas du « Grand Guide de Venise » d’Alain Vircondelet, homme de lettres

    Arpenter Venise : le mérite (de vraie curiosité à l’altérité !) du « Dictionnaire insolite de Venise » de Lucien d’Azay

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    Et regarder aussi de plus près ce que j’écrivais à propos du très judicieux Panorama du voyage (1880 – 1920) de l’excellent Sylvain Venayre,

    dans le troisième article de cette série sur Arpenter Venise, en 2012 : Le désir de jouir du tourisme : les voyageurs français de Venise …

     

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    Voici donc cet article-témoin, en quelque sorte, de Monica Bernabé, dans l’édition du 9 décembre de El Mundo

    _ avec en vert quelques farcissures de ma part _ :

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    TURISMO
    Los venecianos huyen de Venecia

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    Un cartel _ Venexodus _ colgado del puente del Rialto denuncia la imposibilidad de vivir en Venecia. REUTERS

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    La ciudad de los canales pierde población al mismo ritmo que durante la peste de 1630. La nueva pandemia es la masificación turística. ¡En Venecia no hay quien viva!
    MÒNICA BERNABÉ Enviada especial Venecia@monicabernabe1 09/12/2016 03:05

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    « Sólo en una ocasión Venecia ha sufrido un descenso de población comparable al actual : fue durante la peste bubónica de 1630 _ tiens donc ! _, tras la cual necesitó más de un siglo para recuperar el número de habitantes que tenía antes », dice el arqueólogo e historiador de arte italiano Salvatore Settis en su _ passionnant : je l’ai lu ! _ libro Si Venecia muere _  Si Venise meurt (paru le 30 septembre 2015 aux Éditions Hazan). El problema ahora es que es difícil saber si habrá _ cette fois _ una nueva recuperación como sucedió entonces. En la farmacia Morelli, situada en el Campo de San Bartolomeo _ a cuatro pasos del célebre puente de Rialto, tan visitado por los turistas ; et où, tout près de là, se trouve le meilleur (et extraordinaire) disquaire de Venise : Il Templo della musica di Simone Gabbia (dans la venelle du Ramo del Fontego dei Tedeschi, 5368, 30124 San Marco : tout de suite à gauche en redescendant du Rialto)… _, han colocado un contador en el escaparate que indica el número de habitantes que vive en el centro histórico de Venecia _ quelle judicieuse initiative ! Actualizan los datos cada semana, y siempre, irremediablemente, tienden a la baja. Hace dos semanas el contador marcaba 54.926. Ése es el número de vecinos que vive actualmente en la mítica ciudad de los canales _ non compris, bien sûr, les résidents de la Venise dite « de Terre ferme »  : Mestre, Marguera, etc. Nada que ver con la población que tenía hace poco más de seis décadas, en 1951, cuando llegaba a 174.808 habitantes _ quelle hémorragie !!!! la Venise insulaire a ainsi perdu 120 000 habitants ! Soit plus des 2/3 de sa population d’il y a 65 ans… Algunos lógicamente fallecieron, pero muchos otros cogieron sus bártulos y se fueron _ tel est l’exode ! _, porque cada vez son más quienes piensan que en Venecia no hay quien viva. Venecia recibe cada año 10 millones de turistas que pernoctan en la ciudad una media de dos o tres días. A ese número, hay que añadir aquéllos que visitan la localidad durante una única jornada _ sans même y passer une nuit _ y que suman unos quince millones más al año, según datos del consistorio. El resultado es que Venecia está siempre hasta los topes de turistas, con las consecuencias que eso comporta. «Cierran una ferretería y te abren una tienda de máscaras», se queja Matteo Secchi, del grupo de ciudadanos Venessia.com , que batalla para evitar la despoblación de la ciudad. « ¡ El problema es que ya hay centenares de comercios de máscaras, no necesitamos más ! », añade. Lo mismo ocurre con las panaderías. Para encontrar una, hay que recorrer casi media ciudad. Eso sí, en el camino hallas todo tipo de restaurantes y bares. «Los niños no pueden jugar a pelota en las plazas porque están ocupadas por las terrazas de los bares», lamenta Michela Scibilia, de otro colectivo, We are here Venice, que también considera que « una Venecia sin habitantes _ intégralement muséifiée _ no tendrá sentido ni tan siquiera para los turistas ». Hasta los jóvenes venecianos se están poniendo las pilas porque creen que se ha llegado a una situación límite. En junio, crearon la organización Generación 90 para que la avalancha de turistas no sepulte Venecia. « Aquí a las once de la noche ya está todo cerrado, a pesar de que Venecia es una ciudad universitaria. Sólo se piensa en el turismo », critica el portavoz de la asociación, Marco Caberlotto _ et c’étaient là les raisons du vigoureux cri d’alarme Contre Venise poussé, en septembre 1995, par cet amoureux éperdu de la Venise vivante, qu’est Régis Debray (cf les 5 articles de ma série sur « Arpenter Venise » en 2012) ; et quoiqu’en pense, à tort, Philippe Sollers, peu sensible, lui, à la touristification.

    Et cela, pour la bonne et simple raison que, s’il vient, lui, Philippe Sollers, passer ses deux fois quinze jours annuels (à la mi-juin et à la mi-septembre) à Venise, dans sa belle chambre d’hôtel (avec vue) donnant par ses trois fenêtres sur les Zattere, c’est seulement pour pouvoir y écrire au calme, dans le simple luxe et volupté du décor (sublime) des allées et venues des paquebots de croisière géants se pavanant sur le canal de la Giudecca, juste là sous ses yeux ; puis, afin de se distraire un moment de sa tâche d’écriture, l’écrivant s’en va une heure ou deux revenir jeter quelques coups d’œil jouissifs à ses chefs d’œuvre préférés de peinture, en deux ou trois musées (dont la très proche Accademia) ou églises, toujours les mêmes ; sans guère de curiosité pour ce qu’il pourrait découvrir vraiment et rencontrer à se perdre si peu que ce soit dans Venise, lui, Philippe Sollers.

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    Vecinos de Venecia protestan el pasado mes de noviembre por la masificación turística. AFP

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    En lo que adultos y jóvenes coinciden es en denunciar que encontrar un lugar para vivir _ c’est-à-dire habiter, le jour comme la nuit, et résider au quotidien _ en Venecia, se ha convertido en misión imposible. Antonio Guderzo, de la agencia inmobiliaria Grimaldi, en el centro histórico de la ciudad, explica que cuentan con ochenta apartamentos para alquilar a turistas por días o semanas. Cuando se le pregunta si disponen de algún piso de arrendamiento de larga duración, se queda pensativo y al final responde : « Tenemos dos apartamentos. Uno de una habitación _ une seule chambre, donc _, cuyo alquiler es de 1.000 euros al mes. Y otro, de dos habitaciones _ deux chambres _, por 1.200 ». Pero aclara: « Vaya a la agencia inmobiliaria que vaya, encontrará la misma situación en todas partes » _ et c’est ce devenir-là qui menace, à plus ou moins rapide échéance, toutes les belles villes dont les propriétaires-bailleurs misent exclusivement sur ce tourisme de très bref passage ! Matteo Secchi confirma que ése el gran drama _ voilà ! _ de la ciudad. « El propietario de una casa paga los mismos impuestos si la alquila a un veneciano que a un turista », explica. « Lógicamente todo el mundo prefiere _ pour des raisons exclusivement financières _ alquilar la casa a un turista porque así gana tres veces más ». Eso sin contar los centenares de pisos turísticos que existen sin ningún tipo de control. Reset Venezia , otro grupo ciudadano _ colectivos de defensa de la ciudad no faltan _, ha contabilizado que la plataforma AirBnB ofrecía en octubre hasta 4.076 alquileres turísticos en el centro histórico de Venecia, cosa que supone un aumento del 35% respecto a hace catorce meses _ le rythme d’évolution est significatif. « Muchos de esos apartamentos los gestionan sociedades, que tienen a su cargo hasta ochenta casas », asegura Emanuele Dal Carlo, de Reset Venezia , que cree que todo se trata de pura especulación _ voilà ! Muchas viviendas pertenecen a venecianos, pero otras se encuentran en manos extranjeras. A eso se debe añadir la infinidad de hoteles que hay en la ciudad. Todo está por las nubes porque la demanda turística parece no tener fin. El representante de Venessia.com relata que él tenía un hotel en el centro histórico hasta hace un año : « Pagaba diez mil euros de alquiler al mes por doce habitaciones, hasta que el propietario del inmueble incrementó el precio a doce mil euros », detalla. « No me quedó más remedio que cerrar, porque ese alquiler resultaba inasumible », admite. Ahora Secchi se gana la vida trabajando por las noches como portero en un hotel. No es el único caso. Giuliana Longo tiene una tienda de sombreros a pocos metros de la turística plaza de San Marcos, que su bisabuelo abrió allí en 1901. Cuatro generaciones de su familia trabajaron en esas cuatro paredes. « Cada vez que me han renovado el contrato de alquiler, me aumentaron el precio un 100% », declara. « Si lo vuelven a hacer, no podré continuar », confiesa. El presidente de la Asociación Veneciana de Hoteleros , Claudio Scarpa _ a-t-il quelque rapport de parenté avec l’auteur de l’excellent Venise est un poisson : Tiziano Scarpa ? _, expone que la manutención de un inmueble en el centro histórico de Venecia es mucho más cara que la de uno en tierra firme. Pone un ejemplo: ¡« Cada inmueble debe tener su propia fosa séptica, y los vecinos se tienen que encargar de vaciarla », precisa. « La administración debería ofrecer descuentos fiscales, ayudas para reparaciones e incentivos si alquilas a los residentes », opina. De hecho, según Scarpa, la gran culpa de lo que está ocurriendo en Venecia es del propio Gobierno italiano. « Debería existir una legislación especial para Venecia porque es única en el mundo », afirma. Única lo es, aunque réplicas _ si l’on veut… _ han surgido por todas partes. Sin ir más lejos, hay 27 _ pas moins ! _ Venecias en Estados Unidos, según el historiador del arte Salvatore Settis. La primera se construyó en California en 1905. « Era una especie de ciudad-parque de diversión, y fue el precedente de Disneylandia, que se fundó en 1955 », destaca el experto.

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    Un grupo de turistas pasea en góndola por los canales de Venecia. MÒNICA BERNABÉ

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    La exclusividad de la ciudad italiana se hace pagar al turista. Un paseo de media hora en góndola cuesta la friolera de 80 euros. Y el trayecto en vaporetto _ las barcas a modo de autobús que recorren el Gran Canal _, siete. Para los venecianos, sólo vale un euro y medio. « El Ayuntamiento ni tan siquiera dispone de un elenco de apartamentos turísticos », admite la vicealcaldesa de Venecia, Luciana Colle, que asegura que su formación _ una lista cívica de centro derecha _ está intentando hacer todo lo que puede _ heum, heum… _ para evitar los abusos en la ciudad, desde que llegó al consistorio en junio del año pasado. « Ya hemos verificado 200 apartamentos, y ninguno respetaba la normativa. Nuestro objetivo es revisar hasta 1.300 », afirma. Pero la vicealcaldesa recuerda que los propios venecianos son quienes están contribuyendo a esta situación, porque, destaca, ellos son quienes destinan las viviendas al turismo. « Es un pez que se muerde la cola », insiste. El Ayuntamiento de Venecia arrastra una deuda de 800 millones de euros, heredada del anterior gobierno municipal. La vicealcaldesa reconoce que esa losa tampoco ayuda a encontrar soluciones. En el centro histórico existen centenares de inmuebles públicos vacíos. Se podrían restaurar, pero se necesitan fondos.

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    A méditer,

    y compris à Bordeaux.

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    Titus Curiosus, ce vendredi 9 décembre 2016

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    P. s. :

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    pour qui veut jouir vraiment du dédale involutif des calli de Venise,

    le livre à recommander en priorité demeure le merveilleux Petit guide sentimental de Venise _ Venezia, la citta ritrovata, publiée le 1er janvier 1998 aux Éditions Marsilio, avec ce sous-titre : L’idea di città in una nuova guida sentimentale _, de Paolo Barbaro, paru aux Éditions du Seuil en Mai 2003, et toujours disponible en librairie.

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    En voici le texte de Quatrième de couverture :

    Qui n’a pas rêvé d’avoir pour compagnon de voyage à Venise un vrai connaisseur qui le guide dans le labyrinthe ? Parce qu’il aime sa ville plus que tout au monde. Paolo Barbaro a écrit ce « petit guide sentimental » à l’usage des visiteurs qui ne se satisfont pas d’un week-end hâtif dans la cité des doges. Ce sont les Vénitiens de souche qui apparaissent dans ces pages, avec leur tracas et leurs bonheurs, leurs émerveillements qu’ils partagent avec nous, leurs protestations contre la dégradation de leur ville. Grâce à quelques cartes précieuses, un glossaire, un index, nous voici parés pour nous aventurer _ le temps qu’il faudra _ le long des canaux dérobés, dans les ruelles qui échappent au flux des touristes. Et nous écoutons la voix d’un grand écrivain qui accepte de livrer ses secrets pour nous faire mieux connaître et aimer sa ville, pour nous convaincre d’y revenir et, qui sait, d’y vivre.

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    Ennio Gallo, qui publiait ses (très beaux) livres sous le nom de Paolo Barbaro, était né à Mestrino en 1922 ; et est décédé à Venise le 27 juin 2014.

    Il habitait tout près du rio del Gaffaro, Calle della Cereria, à la jointure des Sestieri Dorsoduro et Santa Croce ;

    et à proximité immédiate de l’Hôtel Al Sole (un ancien Palazzo Marcello), où je résidai en février 2011, pour le colloque « Un Compositeur moderne né romantique : Lucien Durosoir (1878-1955)« , qui se tenait au Palazzetto Bru-Zane, à la lisière, lui, des Sestieri San Polo et Santa Croce ;

    j’aurai pu, sinon lui rendre visite, au moins, peut-être, croiser ce merveilleux Vénitien de 89 ans alors…

  • Les conditions de la survie : « Terre noire » de Timothy Snyder, un fort livre inquiet

    Du magnifique historien américain Timothy Snyder,

    après l’admirable Terres de sang _ L’Europe entre Hitler et Staline, en 2012,

    et le passionnant et intrigant Le Prince rouge _ Les Vies secrètes d’un archiduc de Habsbourg, en 2013

    _ cf mes articles du 26 juillet 2012 et du 30 décembre 2013 : chiffrage et inhumanité (et meurtre politique de masse) : l’indispensable et toujours urgent « Terres de sang _ l’Europe entre Hitler et Staline » de Timothy Snyder  et La place du « rêve ukrainien » d’un Habsbourg, dès 1912, dans l’Histoire de notre Europe : le passionnant « Le Prince rouge _ les vies secrètes d’un archiduc de Habsbourg », de Timothy Snyder : sur les modalités de la faisabilité de l’Histoire _,

    voici que paraît cet automne 2016 le très important Terre noire _ L’Holocauste et pourquoi il peut se répéter,

    tous aux Éditions Gallimard.

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    Ce livre plus qu’inquiet sur la possibilité de nouveaux génocides au XXIe siècle,

    s’inscrit à mes yeux dans le prolongement de l’extraordinaire Persécutions et entraides dans la France occupée _ Comment 75 % des Juifs en France ont échappé à la mort, de l’immense Jacques Semelin, paru en 2013 aux Éditions Les Arènes et Le Seuil

    _ cf mon article du 30 juin 2013 : Un monumental chef d’oeuvre de micro-histoire : « Persécutions et entraides dans la France occupée » de Jacques Semelin .

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    Fort de son travail si précieux sur les faits dans son plus qu’indispensable Terres de sang,

    et rejoignant, aussi, les analyses de Hannah Arendt dans son essentiel Les Origines du totalitarisme,

    Timothy Snyder met ici l’accent sur l’importance présente et à venir de l’existence effective d’institutions étatiques, capables, seules, de défendre l’existence de droits eux-mêmes effectifs et efficaces,

    indépendamment et en plus, aussi, de la réalité, elle-même très effective et nécessaire !, mais plus rare et plus difficile en l’absence de l’existence d’États et de droits, quand ils sont détruits,

    de la bonne volonté de « sauveteurs » des pourchassés

    (cf le chapitre, immédiatement avant la Conclusion, significativement intitulé « La poignée de Justes« ) ;

    …

    et je pense aussi à l’admirable chef d’œuvre qu’est L’Allemagne nazie et les Juifs _ Les Années d’extermination _ 1939-1945, de Saul Friedländer

    _ cf ici mon article récent, le 29 septembre 2016, à propos de Où mène le souvenir _ ma vie :

    Saul Friedländer : la construction chahutée (par la vie) de l’oeuvre et de l’homme _ émergence et accomplissement d’une « vocation »…

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    En cela, Timothy Snyder tente d’éclairer sur ce que des « leçons de l’Histoire » pourraient enseigner aux citoyens d’aujourd’hui que nous sommes, à l’heure de l’ultra-libéralisme et des critiques contre l’État…

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    Cf à ce sujet le récent retentissant article de Timothy Snyder, publié, entre autres journaux, par Le Monde :

    20 Lessons from the 20th Century on How to Survive in Trump’s America…

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    Americans are no wiser than the Europeans who saw democracy yield to fascism, Nazism or communism. Our one advantage is that we might learn from their experience. Now is a good time to do so. Here are 20 lessons from across the fearful 20th century, adapted to the circumstances of today.

    1. Do not obey in advance. Much of the power of authoritarianism is freely given. In times like these, individuals think ahead about what a more repressive government will want, and then start to do it without being asked. You’ve already done this, haven’t you? Stop. Anticipatory obedience teaches authorities what is possible and accelerates unfreedom.

    2. Defend an institution. Follow the courts or the media, or a court or a newspaper. Do not speak of “our institutions” unless you are making them yours by acting on their behalf. Institutions don’t protect themselves. They go down like dominoes unless each is defended from the beginning.

    3. Recall professional ethics. When the leaders of state set a negative example, professional commitments to just practice become much more important. It is hard to break a rule-of-law state without lawyers, and it is hard to have show trials without judges.

    4. When listening to politicians, distinguish certain words. Look out for the expansive use of “terrorism” and “extremism.” Be alive to the fatal notions of “exception” and “emergency.” Be angry about the treacherous use of patriotic vocabulary.

    5. Be calm when the unthinkable arrives. When the terrorist attack comes, remember that all authoritarians at all times either await or plan such events in order to consolidate power. Think of the Reichstag fire. The sudden disaster that requires the end of the balance of power, the end of opposition parties, and so on, is the oldest trick in the Hitlerian book. Don’t fall for it.

    6. Be kind to our language. Avoid pronouncing the phrases everyone else does. Think up your own way of speaking, even if only to convey that thing you think everyone is saying. (Don’t use the Internet before bed. Charge your gadgets away from your bedroom, and read.) What to read? Perhaps The Power of the Powerless by Václav Havel, 1984 by George Orwell, The Captive Mind by Czesław Milosz, The Rebel by Albert Camus, The Origins of Totalitarianism by Hannah Arendt, or Nothing is True and Everything is Possible by Peter Pomerantsev.

    7. Stand out. Someone has to. It is easy, in words and deeds, to follow along. It can feel strange to do or say something different. But without that unease, there is no freedom. And the moment you set an example, the spell of the status quo is broken, and others will follow.

    8. Believe in truth. To abandon facts is to abandon freedom. If nothing is true, then no one can criticize power because there is no basis upon which to do so. If nothing is true, then all is spectacle. The biggest wallet pays for the most blinding lights.

    9. Investigate. Figure things out for yourself. Spend more time with long articles. Subsidize investigative journalism by subscribing to print media. Realize that some of what is on your screen is there to harm you. Bookmark PropOrNot and other sites that investigate foreign propaganda pushes.

    10. Practice corporeal politics. Power wants your body softening in your chair and your emotions dissipating on the screen. Get outside. Put your body in unfamiliar places with unfamiliar people. Make new friends and march with them.

    11. Make eye contact and small talk. This is not just polite. It is a way to stay in touch with your surroundings, break down unnecessary social barriers, and come to understand whom you should and should not trust. If we enter a culture of denunciation, you will want to know the psychological landscape of your daily life.

    12. Take responsibility for the face of the world. Notice the swastikas and the other signs of hate. Do not look away and do not get used to them. Remove them yourself and set an example for others to do so.

    13. Hinder the one-party state. The parties that took over states were once something else. They exploited a historical moment to make political life impossible for their rivals. Vote in local and state elections while you can.

    14. Give regularly to good causes, if you can. Pick a charity and set up autopay. Then you will know that you have made a free choice that is supporting civil society helping others doing something good.

    15. Establish a private life. Nastier rulers will use what they know about you to push you around. Scrub your computer of malware. Remember that email is skywriting. Consider using alternative forms of the Internet, or simply using it less. Have personal exchanges in person. For the same reason, resolve any legal trouble. Authoritarianism works as a blackmail state, looking for the hook on which to hang you. Try not to have too many hooks.

    16. Learn from others in other countries. Keep up your friendships abroad, or make new friends abroad. The present difficulties here are an element of a general trend. And no country is going to find a solution by itself. Make sure you and your family have passports.

    17. Watch out for the paramilitaries. When the men with guns who have always claimed to be against the system start wearing uniforms and marching around with torches and pictures of a Leader, the end is nigh. When the pro-Leader paramilitary and the official police and military intermingle, the game is over.

    18. Be reflective if you must be armed. If you carry a weapon in public service, God bless you and keep you. But know that evils of the past involved policemen and soldiers finding themselves, one day, doing irregular things. Be ready to say no. (If you do not know what this means, contact the United States Holocaust Memorial Museum and ask about training in professional ethics.)

    19. Be as courageous as you can. If none of us is prepared to die for freedom, then all of us will die in unfreedom.

    20. Be a patriot. The incoming president is not. Set a good example of what America means for the generations to come. They will need it.

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    Les Américains ne sont pas plus avisés que les Européens, qui ont vu la démocratie succomber au fascisme, au nazisme ou au communisme. Notre seul avantage est que nous pouvons apprendre de leur expérience. C’est le bon moment pour le faire. Voici vingt leçons du XXe siècle adaptées aux circonstances du jour.

    1. N’obéissez pas à l’avance. L’autoritarisme reçoit l’essentiel de son pouvoir de plein gré. Dans des moments comme ceux-ci, les individus prédisent ce qu’un gouvernement répressif attend d’eux et commencent à le faire de leur propre initiative. Ça vous est déjà arrivé, n’est-ce pas ? Arrêtez. L’obéissance anticipée renseigne les autorités sur l’étendue du possible et accroît la restriction des libertés.

    2. Protégez les institutions. Respectez la justice ou les médias, ou bien un tribunal ou un journal en particulier. Ne parlez pas des « institutions » en général, mais de celles que vous faites vôtres en agissant en leur nom. Les institutions ne se protègent pas elles-mêmes. Elles tombent comme des dominos si elles ne sont pas défendues dès l’origine.

    3. Souvenez-vous de la déontologie professionnelle. Lorsque des gouvernants montrent le mauvais exemple, les engagements professionnels envers des pratiques justes deviennent très importants. Si les avocats font leur travail, il sera difficile de détruire l’Etat de droit, et si les juges font le leur, de tenir des procès spectacles.

    4. Quand vous écoutez des discours politiques, faites attention aux mots. Prêtez l’oreille à l’usage répété des termes « terrorisme » et « extrémisme ». Ouvrez l’œil sur les funestes notions d’« état d’exception » ou d’« état d’urgence ». Et élevez-vous contre l’usage dévoyé du vocabulaire patriotique.

    5. Gardez votre calme quand arrive l’inconcevable. Lorsque survient l’attentat terroriste, rappelez-vous que les groupes autoritaires n’espèrent ou ne préparent de tels actes que pour asseoir un pouvoir plus fort. Pensez à l’incendie du Reichstag. Le désastre soudain qui nécessite la fin de l’équilibre des pouvoirs, l’interdiction des partis d’opposition, etc., est un vieux truc du manuel hitlérien. Ne vous y laissez pas prendre.

    6. Soignez votre langage. Evitez de prononcer des phrases que tout le monde reprend. Imaginez votre propre façon de parler, même si ce n’est que pour relayer ce que chacun dit. N’utilisez pas Internet avant d’aller au lit. Rechargez vos gadgets loin de votre chambre à coucher, et lisez. Quoi ? Peut-être Le Pouvoir des sans-pouvoir, de Vaclav Havel ; 1984, de George Orwell ; La Pensée captive, de Czestaw Milosz ; L’Homme révolté, d’Albert Camus ; Les Origines du totalitarisme, de Hannah Arendt ; ou Rien n’est vrai tout est possible, de Peter Pomerantsev.

    7. Démarquez-vous. Il faut bien que quelqu’un le fasse. Il est facile de suivre, en paroles comme en actes. Il l’est moins de dire ou de faire quelque chose de différent. Mais sans un tel embarras, il n’y a pas de liberté. Dès le moment où vous montrez l’exemple, le charme du statu quo se rompt, et d’autres suivent.

    8. Croyez en la vérité. Abandonner les faits, c’est abandonner la liberté. Si rien n’est vrai, personne ne peut plus critiquer le pouvoir, puisqu’il n’y a plus de base pour le faire. Si rien n’est vrai, tout est spectacle. Le plus gros portefeuille paie pour les plus aveuglantes lumières.

    9. Enquêtez. Découvrez les choses par vous-même. Passez plus de temps à lire de longs articles. Soutenez le journalisme d’investigation en vous abonnant à la presse écrite. Comprenez que ce que vous voyez à l’écran ne cherche parfois qu’à vous faire du mal. Ajoutez à vos favoris des sites comme PropOrNot.com, qui démystifie les campagnes de propagande en provenance de l’étranger.

    10. Pratiquez une politique « corporelle ». Le pouvoir veut que vous vous ramollissiez dans votre fauteuil et que vos émotions s’évanouissent devant l’écran. Sortez. Déplacez votre corps dans des endroits inconnus au milieu d’inconnus. Faites-vous de nouveaux amis et marchez ensemble.

    11. Echangez des regards, dites des banalités. Ce n’est pas seulement de la politesse. C’est un moyen de rester en contact avec votre environnement, de briser les barrières sociales inutiles, et d’en venir à comprendre à qui vous fier ou non. Si nous entrons dans une culture de la dénonciation, vous ressentirez le besoin de connaître le paysage psychologique de votre vie quotidienne.

    12. Sentez-vous responsable du monde. Remarquez les croix gammées et les autres signes de haine. Ne détournez pas le regard, ne vous y habituez pas. Retirez-les vous-même et donnez l’exemple afin que les autres fassent de même.

    13. Refusez l’Etat à parti unique. Les partis qui prennent le contrôle des Etats étaient autrefois autre chose. Ils ont su exploiter un moment historique pour interdire toute existence politique à leurs rivaux. Participez aux élections locales et nationales tant que vous en avez la possibilité.

    14. Dans la mesure de vos moyens, faites des dons aux bonnes causes. Choisissez un organisme caritatif qui vous convient et configurez le paiement automatique. Vous saurez alors que vous avez employé votre libre-arbitre à encourager la société civile à aider les autres à faire quelque chose de bien.

    15. Protégez votre vie privée. Les dirigeants peu scrupuleux emploieront ce qu’ils savent de vous pour vous nuire. Nettoyez votre ordinateur des logiciels malveillants. Rappelez-vous qu’envoyer un courrier électronique est comme écrire dans le ciel avec de la fumée. Pensez à utiliser des formes d’Internet alternatives, ou, plus simplement, utilisez-le moins. Cultivez les échanges de personne à personne. Pour la même raison, ne laissez pas irrésolus les problèmes juridiques. Les Etats autoritaires sont comme des maîtres chanteurs, à l’affût de tout crochet pour vous harponner. Essayez de limiter les crochets.

    16. Apprenez des autres et des autres pays. Entretenez vos amitiés à l’étranger ou faites-vous y de nouveaux amis. Les difficultés que nous traversons ne sont qu’un élément d’une tendance plus générale. Et aucun pays ne pourra trouver de solution à lui tout seul. Assurez-vous que vous et votre famille avez des passeports en règle.

    17. Prenez garde aux paramilitaires. Quand des hommes armés se prétendant antisystème commencent à porter des uniformes et à déambuler avec des photos du chef, la fin est proche. Lorsque ces milices paramilitaires, la police officielle et l’armée commencent à se mélanger, la partie est terminée.

    18. Réfléchissez bien avant de vous armer. Si vous portez une arme dans un service public, Dieu vous bénisse et vous protège. Mais n’oubliez pas que certains errements du passé ont conduit des policiers ou des soldats à faire parfois des choses irrégulières. Soyez prêt à dire non. (Si vous ne savez pas ce que cela signifie, contactez le Musée du Mémorial américain de l’Holocauste et renseignez-vous sur les formations en éthique professionnelle.)

    19. Soyez aussi courageux que vous le pouvez. Si aucun de nous n’est prêt à mourir pour la liberté, alors, nous mourrons tous de l’absence de liberté.

    20. Soyez patriote. Le président entrant ne l’est pas. Donnez l’exemple de ce que l’Amérique pourrait signifier pour les générations à venir. Elles en auront besoin.

    Timothy Snyder, professeur d’histoire à l’université de Yale, Etats-Unis. Traduit de l’anglais par Olivier Salvatori.

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    A bons entendeurs, salut !

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    Titus Curiosus, ce mardi 29 novembre 2016