Auteur/autrice : francislippa

  • Le lumineux travail d’éclairage de Bénédicte Vergez-Chaignon dans « Les secrets de Vichy »

    C’est avec une très profonde et vraie joie

    que je me réjouis de m’entretenir mardi 13 octobre prochain, au 91 de la rue Porte-Dijeaux, à Bordeaux, à 18 heures, et sur ma proposition, avec l’excellent historienne Bénédicte Vergez-Chaignon

    _ auteur, notamment, du très remarquable, et essentiel même, Les Vychisto-Résistants _ de 1940 à nos jours, et l’année dernière, d’un passionnant Pétain, entre autres très éclairants travaux _

    à propos de son tout récent Les Secrets de Vichy, aux Éditions Perrin….
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    Installé, comme leurre et comme aide, dans les bagages des Occupants nazis vainqueurs d’un très efficacement mené blitzkrieg de quelques semaines seulement (en mai et juin 1940),

    le régime de l’État français, du Maréchal Pétain,

    qui s’empresse, dès le 12 juillet 1940, et dans la salle de théâtre du casino de Vichy, de faire supprimer le régime de la République,

    de cette République proprement assommée par le coup de massue de cette si étrange défaite _ pour reprendre l’expression, quasiment sur le champ, de Marc Bloch _, et de le faire remplacer, sous des formes s’efforçant de se draper le mieux possible des apparences de la stricte légalité, par un nouveau régime _ auto-proclamé l’État français _ qui n’est rien moins qu’une dictature, le maréchal Pétain s’octroyant à lui-même rien moins que la totalité des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire ;

    le nouveau régime s’installe donc tant bien que mal, au sein de la zone non-occupée _ que lui laissent benoîtement le soin et la charge d’administrer les vainqueurs _, dans une station balnéaire d’été, Vichy, qui offre au moins l’abondance de ses hôtels (et casinos, et salles de spectacle) : pour un provisoire qui va durer bien au-delà de l’automne et de l’hiver de 1940, quand la plupart de ses chambres d’hôtel de station balnéaire sont dépourvues de moyens de de chauffage…

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    Or, cet État français va se montrer on ne peut plus sourcilleusement jaloux de sauver le plus et le mieux possible la moindre des apparences _ et tout le decorum (politique et diplomatique), se voulant imposant, qui va avec _, de ce que l’Occupant paraît lui concéder officiellement de souveraineté,

    suite à l’imposition unilatérale des termes très brutaux de l’Armistice, donné à signer, le fusil sur la tempe, à Rethondes…

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    Car cette apparence de souveraineté officielle est rien moins que sa première raison d’être _ celle qui fonde son pouvoir de fait _,

    et qui va se trouver au fur et à mesure de l’évolution de la guerre _ en particulier après l’occupation de la zone dite jusqu’alors non-occupée, le 11 novembre 1942 _ de plus en plus rongée par l’évidence de son irréalité de fait !

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    Ce que le général de Gaulle s’efforçait de démontrer et faire comprendre dès le 18 juin 1940,

    mais si difficilement, longtemps,

    et aux Français de France _ et de l’Empire français, et réfugiés dans le monde entier : à Londres, à New-York, et ailleurs… _,

    et aux Alliés, et au reste du monde…

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    Remarquons bien qu‘un secret n’est pas un mystère :

    un secret est forgé, soutenu, entretenu de manière à être, d’abord, le moins possible perçu (ni même, d’abord, soupçonné) en sa réalité même de secret ourdi et gardé,

    afin de ne pas être, ensuite, percé, révélé, mis au jour, et ainsi dénoncé.

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    Et le régime (non démocratique, ô combien !) de Vichy

    va ainsi cultiver à plaisir l’art très subtil _ et si pernicieusement maléfique _ des faux-semblants, double-jeux, demi-mensonges et mensonges les plus cyniquement éhontés…

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    Là résidait aussi le leurre, immédiatement, puis longtemps assez efficace, du Maréchal Pétain lui-même,

    à la tête de cet État français, et de sa pseudo souveraineté de façade, vis-à-vis de l’Occupant nazi,

    mais vis-à-vis aussi du monde entier, dans le jeu diplomatique ;

    au-delà du rôle très effectif que le maréchal Pétain avait à jouer en France et dans l’Empire français auprès des Français eux-mêmes…

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    C’est le travail patient et précis d’analyse des archives _ longtemps difficilement accessibles, et dispersées, pour ce qui concerne les archives publiques ; d’autre part, beaucoup d’archives privées dorment encore (dans des malles) chez des particuliers, qui finiront peut-être à la poubelle, lors de nettoyages de caves ou de greniers… _, qui permet d’éventer peu à peu le brouillard dont ont su s’envelopper, longtemps après les événements, ces secrets de Vichy, aidés par tous ceux qui encore aujourd’hui y tiennent encore tant…

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    Et ce sont quelques uns de ces secrets d’État que, avec le recul du temps, et le travail patient et très précis sur les archives, se voient ici éclaircis par la sagacité patiente et méthodique, et proprement lumineuse, de la chercheuse passionnante qu’est l’historienne Bénédicte Vergez-Chaignon, en ce très riche et passionnant Les Secrets de Vichy...

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    Titus Curiosus, ce mercredi 30 septembre 2015

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    P.s. :

    voici un lien utile permettant d’écouter le podcast de cet entretien (de 59′) du 13 octobre dernier.

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    De plus, le lien au livre de Bénédicte Vergez-Chaignon, Les Secrets de Vichy, permet d’accéder commodément aux divers liens au podcast de cet entretien du 13 octobre : cf la case « A écouter dans« .

  • La singularité (ou pas) des oeuvres traitant des génocides : le très remarquable travail de Catherine Coquio

    Mercredi 9 septembre prochain, j’aurai le très vif plaisir de m’entretenir, dans les salons Albert Mollat, avec Catherine Coquio,

    à propos de ses deux plus récents, et plus que passionnants !, ouvrages :

    La Littérature en suspens _ Ecritures de la Shoah : le témoignage et les œuvres (paru le 5 mars dernier aux Éditions L’Arachnéen)

    et Le Mal de vérité, ou l’utopie de la mémoire (paru le 8 avril dernier aux Éditions Armand Colin).

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    Titus Curiosus, le 31 août 2015

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    Et maintenant voici de quoi accéder au podcast de l’entretien (de 67′) que j’ai eu mercredi dernier 9 septembre, dans les salons Albert-Mollat, avec Catherine Coquio :

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    Catherine Coquio
    En partenariat avec le Centre Yavné
    La littérature en suspens : écritures de la Shoah : le témoignage et les œuvres, aux éditions l’Arachnéen
    Le mal de vérité ou L’utopie de la mémoire, aux éditions Armand Colin
    dans les salons Albert Mollat

     

     

  • De sublimes contributions de micro-histoire : « Les Camps d’internement et de travail dans l’Ardèche et la Drôme durant la seconde Guerre mondiale »

    Ayant été mis en contact, pour des précisions concernant le général Ménard, avec Vincent Giraudier par François Broche,

    je découvre un admirable travail auquel Vincent Giraudier a participé par 3 contributions, et publié aux Éditions Peuple Libre & Notre Temps, en 1999 :

    le recueil d’articles Les Camps d’internement et de travail dans l’Ardèche et la Drôme durant la seconde Guerre mondiale de Vincent Giraudier, Hervé Mauran, Jean Sauvageon et Robert Serre,

    et qui porte sur les divers camps d’internement, en Ardèche et dans la Drôme, entre 1939 et 1946 _ et notamment le 352e GTE de Crest.

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    Titus Curiosus, le 31 juillet 2015

  • Pour découvrir des compositeurs très discrets, 3 merveilles discographiques de derrière les fagots

    Parmi les CDs qui ne quittent pas mes platines,

    3 CDs absolument merveilleux,

    tant par les œuvres si magnifiques qu’ils donnent à découvrir,

    que par des interprétations si parfaites

    que ce serait une faute de ne pas donner à en partager si peu que ce soit de l’enthousiasme de leur écoute…

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    Dans l’ordre chronologique des siècles de composition des œuvres ainsi mises à notre portée aujourd’hui,

    voici d’abord le CD Minoritenkonvent _ Manuscript XIV 726 / Vienna Praha Kromeriz, 1700 (CD MUSO mu-008),

    par Aliquando, constitué ici de la violoniste Stéphanie Paulet et de l’organiste Elisabeth Geiger,

    pour des Sonatas anonymes (elles sont au nombre de 5)

    et de Heinrich Ignaz Franz Biber (2), Giovanni Buonaventura Viviani (1), Jan Ignac Frantisek Volta (1), Nikolaus Faber (1) et Johann Caspar Teubner (1),

    toutes issues d’un même manuscrit (important) du Couvent des Minorites de Vienne ;

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    recueil que commente ainsi Stéphanie Paulet au début de sa présentation à la page 4 du livret, « du choix de l’Orgue Silberman des Sœurs grises de Haguenau comme unique instrument de continuo » dans cette réalisation pour ce superbe, et même sublime, disque :

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    « Le manuscrit du Couvent des Minorites de Vienne (Autriche), connu depuis de nombreuses années par les musicologues, se révèle aujourd’hui encore peu exploré par les instrumentistes ; à le lire tout entier, il surprend, par sa beauté, et atteste d’une activité florissante autour du violon dans la période de Biber (1644-1704).

    Rien n’est précisé sur le caractère religieux de ces sonates, et bien que certaines le suggèrent, le libre choix de l’instrumentation pour la ligne du continuo était laissé ouvert.

    Nées dans un contexte fortement religieux, encourageant les Arts, les sonates de ce recueil témoignent de multiples influences, et la musique apparaît tour à tour méditative, illustrative, ou de danse, appelant un continuo varié en timbres et en nuances. (…)

    Ainsi, l’orgue riche de toutes ces possibilités (soient, par exemple, la capacité d’expression du caractère de l’intime, comme une prière, comme du caractère majestueux d’une passacaille ; la capacité de tenir un bourdon invitant à l’improvisation de longs mélismes méditatifs pour le violon ; la capacité d’évoquer par le jeu d’anches typé du Cromorne les danses de la Renaissance ; etc.), pouvait s’imposer comme un partenaire à part entière du violon, le faisant même apparaître parfois comme un registre supplémentaire du jeu de cordes.

    Alliant la richesse d’un instrument de tribune et la douceur d’un instrument de continuo, l’orgue baroque d’André Silbermann  de l’église Sainte-Madeleine à Strasbourg (où se trouve maintenant déposé l’Orgue Silberman des Sœurs grises de Haguenau), par la beauté de ses timbres du passé, s’est imposé comme une évidence pour le choix de notre continuo, et a nourri en retour l’univers suggestif de ces sonates« .

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    Et quant à la nature de cet important « Manuscrit XIV 726 du Couvent des Minorites« ,

    voici ce qu’en indique le Dr Greta Haenen aux pages 8 à 10 du livret de ce CD :

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    « Le Manuscrit XIV 726 du Couvent des Minorites à Vienne, dont sont extraites les sonates du disque, est considéré comme le recueil le plus important de la musique pour violon soliste du Saint Empire Romain Germanique. Pour l’essentiel, il s’agit de pièces de la fin du 17e siècle. (…) La copie du Manuscrit qui nous intéresse dans cet enregistrement n’est pas datée, mais tout laisse à penser qu’elle a été réalisée dans la dernière décennie du 17e siècle. (…) Les pièces qui y sont recopiées sont toutes parues avant 1690. (…) Ce Manuscrit fut en son temps une source d’une importance considérable pour l’œuvre instrumentale soliste de Biber. (…) Hormis ces récollections rassemblées, le recueil présente aussi des œuvres soit anonymes, ou de compositeurs ayant tous un lien direct avec l’environnement esthétique de la cour de Vienne _ ainsi Schmelzer, Teubner, Viviani ou Bertali _, de Prague _ avec le médecin et violoniste Ian Ignac Frantisek Vojta (ca.1660 -ca.1725) _, ou de Kromeriz : Heinrich Ignaz Franz Biber y travailla plus longtemps qu’à Vienne, où l’on ne peut attester qu’un court « concert-invité » en 1677 ; Faber, lui, était probablement en lien avec un des musiciens de cette cour de Kromeriz. (…) Les œuvres anonymes, comme c’est le cas pour d’autres recueils, sont très probablement nées dans ce large environnement habsbourgeois (Vienne, Kromeriz ou Prague) de compositeurs de l’entourage amical des copistes. (…) Quelques sonates restées anonymes figurent exclusivement dans ce Manuscrit, sans concordance avec d’autres _ ce sont donc des hapax _, comme les sonates n°4 (piste 3), n°77 (piste 1), et n°87 (piste 2). Elles affichent clairement un contexte viennois : éléments de style italien, technique de violon locale, évocation certaine de musique de « violoneux » qui subsiste dans le répertoire du sud-est de l’Empire plus longtemps qu’en Italie ou en Allemagne du nord, et ceci sûrement pour des raisons socio-culturelles. En effet, la culture dans le nord est urbaine, la musique n’y a pas les mêmes fonctions qu’à la cour » ;

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    puis le CD « Farewell to the homeland » Polish Romantic Music (CD NIF CCD 104),

    par le pianofortiste Tobias Koch,

    pour des Polonaises (6), Nocturnes (2), Valses (1), Etudes (1), Rondos (1) et Mazurkas (9) de Frédéric Chopin (2), Michal Kleophas Oginski (1), Karol Kurpinski (5), Maria Szymanovska (6), Jozef Elsner (1), Ignacy Feliks Dobrzynski (1), Jozef Krogulski (1), Karol Mikuli (1), Karol Zaluski (1) et Ignacy Friedman (1).

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    Ces pièces, toutes brèves, sont en majorité antérieures _ c’est le cas des treize premières (n° 1 à 11 et n° 13-14) _ à la période de composition de Frédéric Chopin _ dont sont présentes ici 2 Mazurkas (la pièce n° 12, d’avant 1832, et la pièce n° 20, de 1849) _.

    Seules deux Mazurkas (la pièce n° 15, de 1840, d’Ignacy Feliks Dobrzynski, et la pièce n° 16, de 1836, de Jozef Krogulski) sont contemporaines de la période de création de Frédéric Chopin.

    Et trois dernières Mazurkas (la n° 17, de 1860, de Karol Mikuli, la n° 18, après 1849, de Karol Zaluski et la n°19, de 1912, d’Ignacy Friedman) sont postérieures à l’œuvre de Frédéric Chopin.

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    Merveilleusement interprétées par le pianofortiste Tobias Koch _ dont j’ignorais bien à tort l’existence jusqu’à ce jour : il faut vite réparer cette injustice ! _,

    sur quatre magnifiques instruments anciens (un Erard de 1838, un Pleyel de 1848, un Erard de 1849 et un Pleyel de 1854) si judicieusement mis à profit par la formidable collection de CDs du Narodowy Institut Fryderyka Chopina _ cf mon article du 30-6-2012 Le sublime Chopin « en vérité » de Tatiana Shebanova _ in memoriamde Titus Curiosus… _,

    cette succession de pièces spécifiquement polonaises nous donne à très finement percevoir le très riche terreau polonais de l’œuvre si singulière de Frédéric Chopin…

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    Et c’est à l’infini que l’écoute de ce CD nous offre son enchantement…

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    et le CD « Complete piano works » de Gustave Samazeuilh (Grand Piano GP 669),

    par le pianiste Olivier Chauzu.

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    Titus Curiosus, ce dimanche 31 mai 2015