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  • Apprécier « La Prisonnière de Bordeaux », tourné à l’automne 2023, dans ma rue, à 50 mètres de mon balcon…

    Hier soir 5 août, sur la chaîne Arte, j’ai découvert avec grand plaisir et une certaine surprise le film de Patricia Mazuy « La Prisonnière de Bordeaux« , tourné entre le 16 octobre et le 2 décembre 2023, notamment à l’imposant petit château Balaresque, à à peine 50 mètres de mon balcon, à Caudéran : j’ai ainsi pu assister à plusieurs prises de vues tournées le soir, en début de nuit… Et il est intéressant ainsi qu’amusant de voir quelles rares – mais significatives, du moins pour le film – images de son quartier – celui de Primrose : le nec plus ultra du Neuilly bordelais… – ont été choisies pour passer à l’écran…

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    Et d’ailleurs, tout autour de la splendide, sise non loin, chartreuse Balaresque, construite au XVIIIe siécle, entourée d’arbres et protégée des regards des passants par une luxuriante végétation, et accessible par la belle et très calme Avenue de Mirande – cette très élégante chartreuse, tout de plain-pied, est parfois visitable lors des journées du patrimoine… – , c’est tout le quartier, jusques et y compris la chapelle nommée aujourd’hui Notre-Dame-du-Salut, qui fut une très étendue propriété Balaresque, avant d’être vendue, pour être lotie, à de nombreux nouveaux propriétaires, en ce quartier de Caudéran :

    la chartreuse de Mirande, implantée au sein d’un vaste parc, demeure la plus ancienne du quartier, fait l’objet d’un classement aux monuments historiques depuis le . Autrefois petite masure au milieu de dix hectares, elle est acquise en 1753 à une famille bordelaise, les Marchand, par Abraham Miranda, banquier et négociant qui ne conserve ce bourdieu qu’une vingtaine d’années. Le domaine est acheté le par le négociant Jean-Pierre Labat de Serène qui fait édifier une nouvelle demeure, achevée en 1785, mais revendue dès le à M. Bernard Roques, armateur et négociant, qui, ayant fait faillite, s’en sépare à son tour, le au profit de M. Pierre-François Maydieu (fait baron en 1814). Après son décès, sa veuve y réside jusqu’en 1854, année au cours de laquelle son fils, magistrat à Bordeaux, Louis-Pierre Maydieu (1788-1872) en fait sa résidence de plaisance. Sa nièce en hérite à sa mort, puis la lègue à son tour en 1889 à ses cousins, Charles et Cyprien Balaresque. La sixième des dix enfants de ce dernier, Marguerite Balaresque (1868-1947) habite dans cette demeure avec son époux, Henri de Simard de Pitray (1865-1950), et leurs enfants Simard de Pitray leur succèdent dans les lieux pendant une bonne partie du XXe siècle. La famille de Simard de Pitray, était apparentée elle-même au petit-fils de la comtesse de Ségur, héros des Vacances de Paul. Cette élégante chartreuse du XVIIIe siècle, longue et basse, se caractérise par sa grande sobriété, avec un léger avant-corps et une rampe de perron en fer forgé. L’intérieur conserve un vestibule et un salon avec lambris compartimentés et cheminées de marbre, qui mettent en valeur les peintures à la gloire de Louis XVI exécutées par le peintre palois Jean-Baptiste Butay (1759-1853)… Fin de l’incise.

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    Sur les circonstances de ce tournage, ceci de très intéressant,

    donné sur le site d’Allociné ;

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    Naissance du projet

    L’idée de La Prisonnière de Bordeaux vient du réalisateur Pierre Courrège (Un Homme d’État, La Cible) qui devait, à l’origine en 2012, mettre en scène le long métrage. Son intention était de réaliser un film social – voilà ! –  sur les femmes de maisons d’accueil (situées à côté des prisons) et de parloirs – c’est très intéressant de l’apprendre, et éclaire a posteriori la perspective à l’origine même de ce film… La réalisatrice Patricia Mazuy se rappelle : « C’étaient des circonstances de départ, fortes – voilà ! Pierre Courrège et François Bégaudeau – avec lequel Pierre avait écrit Un Homme d’Etat (2016) – ont écrit un scénario et cherché pendant plusieurs années à monter le film, sans succès – tiens, tiens : pas assez fun probablement… Le projet m’a été proposé au début de 2019 par Ivan Taieb un ami du producteur, Xavier Plèche. »

    « Dans leur scénario, les deux personnages féminins, la riche et la pauvre, la blanche et l’arabe, existaient déjà – voilà. Elles avaient déjà des échanges de dialogues, forts et même drôles – tiens, tiens ! – , irrigués par les rapports de classe – voilà. Je l’ai repris en collaboration avec Bégaudeau – qui a pas mal d’humour incisif lui aussi ; cf mes articles des 10 février et 4 avril 2023 : « Suite au passionnant entretien d’hier 9 février de François Bégaudeau (avec Sylvie Hazebroucq) à la Station Ausone, à propos du bigrement intéressant « Boniments » (aux Editions Amsterdam) : François Bégaudeau, étincelant de subtilité..«  et « Se réjouir au très jouissif « Boniments » de François Bégaudeau, et à sa très réjouissante présentation, en un entretien rondement animé, avec une très plaisante vivacité, à la Station Ausone…« … Très tôt, j’ai tenu à trouver une métaphore de la libération – à venir, et dans la difficulté à rebondissements, contenus par elles deux aux fortes personnalités, de leurs situations respectives parallèles, certes, mais fort dissemblables aussi… – de deux femmes enfermées, chacune dans une vie particulière – voilà ! Alma et Mina deviennent – cohabitant ainsi – comme poreuses –voilà – l’une à l’autre. L’arrivée – tellement improbable a priori – de la seconde – la prolétaire qui tire le diable par la queue – dans la grande maison – de Primrose – et dans la vie solitaire – voilà : sans vrais amis – de la première – la grande bourgeoise (de Primrose, le cœur du Neuilly bordelais) qui ne manque matériellement de rien et a les moyens de se payer la moindre de ses fantaisies ou caprices ; et de cela, celle-ci ne manque certes pas ! – catalyse chez Alma la conscience de sa vie misérable – de tristesse bien effective – dans les dorures et les fleurs – de son décor maniériste opulent. Métaphore renversée de l’amour, les dames dehors, les maris en prison. »

    Retrouvailles

    Hafsia Herzi et Isabelle Huppert ont récemment tourné ensemble dans Les Gens d’à côté d’André Téchiné.

    Se documenter sur le milieu pénitentiaire

    En se documentant sur la prison, Patricia Mazuy a découvert les maisons d’accueil – voilà, voilà –  : « Les lieux, l’attente, les femmes entre elles – d’un peu diverses conditions, réunies par la circonstance de l’incarcération de leurs maris respectifs… Et pendant qu’il a fallu patienter pour obtenir les autorisations de tournage et même de visites de repérages, je me suis documentée grâce aux films de Stéphane Mercurio. Ils m’ont beaucoup aidée.

    « Après avec Marlène Popovic en charge du casting sauvage, nous avons trouvé un groupe de femmes qui avaient vécu ou qui vivaient – très effectivement – cette vie de d’épouse de parloir. Ensuite avec Any Mendieta, une amie comédienne, nous avons travaillé pour – faire – apprivoiser – par elles – ce qu’est un tournage. Un petit groupe, de vraies rencontres » – voilà ! – , se souvient-elle.

    Cannes 2024

    La Prisonnière de Bordeaux a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2024. A noter que Patricia Mazuy avait reçu le Prix de la jeunesse, dans la catégorie film français, pour Saint Cyr en 2000.

    Tournage difficile

    Le tournage s’est déroulé entre le 16 octobre et le 2 décembre 2023 – précisément. Une durée courte – d’un mois et demi – , à laquelle s’ajoutait une pluie permanente – l’automne est en général la plus belle saison dans le Sud-Ouest, mais il arrive aussi, même si c’est rarement, qu’il y ait un automne pourri… Patricia Mazuy précise : « Nous calions les prises entre deux averses. Ce fut un tournage compliqué – voilà : le film en a un peu souffert. Entre autres difficultés, je ne pouvais pas tourner à la prison de Bordeaux – à Gradignan – , trop décrépite et surpeuplée, impossible d’y aller pour des raisons de sécurité, car je voulais une prison moderne en bord de ville, une prison dans un no man’s land, comme sont souvent les centres de détention modernes. »

    « La maison d’accueil – lieu crucial ici – dont nous voyons l’extérieur se situe – elle – à Mont-de-Marsan – assez loin de Bordeaux. On en a reconstruit l’intérieur en faux studio dans un local associatif. Pour les parloirs, nous ne pouvions tourner que le lundi, jour où il n’y a pas de visite… Tout ça était assez acrobatique – voilà – en terme de logistique » – pour le tournage.

    Achille Reggiani de la partie

    A noter la présence d’Achille Reggiani dans le rôle du fleuriste. Il s’agit du fils de Patricia Mazuy, qui avait l’un des deux rôles principaux dans le violent Bowling Saturne, le précédent film de la réalisatrice. Il y campait un terrifiant tueur en série.

    Qui pour les 2 héroïnes ?

    Mina est interprétée par Hafsia Herzi et Alma par Isabelle Huppert. Patricia Mazuy connaît la seconde depuis Saint Cyr (1999) : « Son personnage, Alma, est une héroïne pleine de failles et de flottements – voilà, voilà ! – , et en même temps d’une générosité absolue – hors-classe ; elle est aussi artiste : elle peint, effectue des collages auxquelles elle tient fortement ; ils sont quasi son réel... – , courageuse – oui – , même si elle est perchée – oui, oui – au-dessus du vide – effarant – de sa vie, enfermée dans sa solitude – ses amis proches n’en sont pas vraiment : en leurs poncifs, ils sont même caricaturaux, à la Chabrol… Dans la vraie vie Isabelle – Huppert –  a cela en elle-même » – d’où son terrible très ravageur humour. La cinéaste ajoute au sujet de Hafsia : « Hafsia Hersi, bien sûr, je la connaissais dès La Graine et le mulet, et par les films suivants, mais c’est avec son premier film en tant que réalisatrice, Tu mérites un amour, que j’ai eu fort envie de lui proposer un rôle. »

    « Le contraste entre elles deux me semblait important – certes : deux tempéraments de départ opposés et très forts chez ces deux grandes actrices qu’elles se révèlent être, film après film… Je voulais qu’Hafsia apparaisse comme un contraire d’Isabelle – le plein lumineux versus le tranchant acéré, du moins en apparence première. J’ai demandé à Hafsia d’être plus en chair afin de renforcer l’opposition. Quelques kilos lui ont donné de bonnes joues et quelque chose de sublime – oui – dans l’ovale du visage. J’avais un souci avec ses longs cheveux, totalement somptueux, mais infilmables pour moi dans le duo à venir… Après moult essais indescriptibles, nous avons enfin trouvé la coiffure qui la grandissait, le chignon de tresses collées au-dessus de la tête. Il lui ouvrait les yeux – de fait très grands ouverts – , la mettait dans un mélange de conte – des mille-et-une nuits – et de réel actuel – le plus factuel. Le film avait trouvé sa princesse » – oui. Mais les rôles, aussi, vont s’inverser en une riche complexité évolutive et assez surprenante pour chacune, jusqu’à la fin libératrice, au moins pour l’une des deux…

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    La performance d’actrices du duo formé par Isabelle Huppert et Hafsia Herzi est somptueuse, et elle attire toute la lumière sur l’écran…

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    Le film m’a ainsi séduit,

    même s’il comporte aussi de menues imperfections, probablement dues aux circonstances un peu contrariées et de fait précipitées des conditions quasi documentaires – un peu à la Pialat – de la réalisation…

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    De même que, et sur de multiples plans, le film a bien plu, et même davantage, à la plupart des critiques professionnels. 

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    En revanche, et comme si souvent, hélas, il a déchaîné des réactions violentes de pas mal de spectateurs, comme on le découvre en parcourant les projections sur le film d’avis très subjectifs que développe le compte-rendu d’Allociné – même si le cinéma, art populaire, ne se prête que trop bien à cela : les attentes à l’égard des films pouvant considérablement, et sans nuances, diverger… D’où le déchaînement de projections subjectives exacerbées de tant de spectateurs…

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    Regardez ici la bande d’annonce (de 1′ 33) de cette « Prisonnière de Bordeaux« , de Patricia Mazuy…

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    Ce jeudi 5 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Mieux écouter les troublantes et profondes « Mélodies hébraïques » pour alto et piano Op. 9 de Joseph Joachim, grâce au très beau CD principalement consacré au Trio Op. 114 de Johannes Brahms, de Tabea Zimmermann, Jean-Guihen Queyras et Javier Perianes…

    Mieux écouter les « Mélodies hébraïques » pour alto et piano Op. 9 de Joseph Joachim, composées en 1854 et dédiées à Johannes Brahms, grâce au CD principalement consacré au « Trio Op. 114 » de Johannes Brahms que viennent de nous proposer Tabea Zimmermann, Jean-Guihen Queyras et Javier Perianes, le CD Harmonia Mundi HMM 907 789 « Johannes Brahms – Trio Op. 114 – Robert & Clara Schumann – Joseph Joachim – Romances et Hebrew Melodies » – enregistré à Berlin du 14 au 17 septembre 2025 – ,

    tel est à mes yeux le premier mérite de l’article – consacré à ce CD – qui paraît ce mercredi 5 août, et intitulé « L’alto règne« , de Jean-Charles Hoffelé sur son  site Discophilia,

    par rapport à mon article en date du 25 avril dernier « Le merveilleux « Trio en la mineur » Op. 114 de Brahms par Tabea Zimmermann, alto, Jean-Guihen Queyras, violoncelle, et Javier Perianes, piano : une tendre et chaude intime conversation sublimement poétique…« , dans lequel mon attention s’était un peu trop focalisée sur cet absolu chef d’œuvre de Brahms qu’est son « Trio Op. 114 » pour clarinette ou alto, violoncelle et piano…

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    L’ALTO RÈGNE

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    Clarinette ou alto pour la tardive ballade automnale – en 1894 ; Johannes Brahms (Hambour, 7 mai 1833 – Vienne, 3 avril 1897) avait 61 ans… – du Trio, Op. 114 de Johannes Brahms ? Tabea Zimmermann, jouant un nouvel alto signé Patrick Robin, n’aura pas résisté à l’ajouter à l’enregistrement  – déjà réalisé par elle, pour EMI, et avec Harmut Höll; en 1993… – des deux Sonates – Op. 120 de 1894 – , et c’est merveille de l’entendre déployer ce chant profond qui semble doubler le velours du violoncelle de Jean-Guihen Queyras.

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    L’œuvre est mystérieuse, parcourue d’élans schumanniens qui sonnent comme autant de regrets, et c’est naturellement que l’altiste tisse dans le reste du disque les liens avec le cercle de l’auteur des Kreisleriana, trois Romances – Op. 94 – de Robert, trois autres – Op. 22 – de Clara qui ne palissent pas devant celles de son époux, ce qui est assez rare – en effet !!! – pour être souligné, le Scherzo-tempête de la Sonate « F.A.E » où l’alto fait le cor, compléments évidents qui ne doivent pas reléguer la vraie surprise du disque : les Mélodies hébraïques – Op. 9, pour alto et piano – de Joseph Joachim – Kittsee, 28 juin 1831 – Berlin, 15 août 1905 – , prières émouvantes qui serrent le dialogue entre l’alto et le piano de Javier Perianes, l’autre fil rouge poétique – voilà, voilà – d’un disque précieux.

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    LE DISQUE DU JOUR

    Johannes Brahms (1833-1897)

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    Scherzo pour violon et piano (No. 3, extrait de la Sonate « Frei aber einsam » ; version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
    Trio en la mineur, Op. 114 (version pour alto, violoncelle et piano)

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    Robert Schumann
    (1810-1856)

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    3 Romances, Op. 94 (version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)
    Clara Wieck-Schumann (1819-1896)

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    3 Romances, Op. 22 (version pour alto et piano : Tabea Zimmermann)

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    Joseph Joachim (1831-1907)

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    Hebräische Melodien, Op. 9

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    Tabea Zimmermann, alto
    Jean-Guihen Queyras, violoncelle
    Javier Perianes, piano

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    Un album du label harmonia mundi HMM 902789
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    Photo à la une : l’altiste Tabea Zimmermann – Photo : © Rui Camilo

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    Écoutez donc ici ces 3 troublantes – et profondes – « Mélodies hébraïques » Op. 9 de Joseph Joachim – sous-titrées « Impressions des poèmes de Byron » et dédiées donc à son ami Johannes Brahms…  – ,

    sous les doigts de fées de Tabea Zimmermann et Javier Perianes :

    la n°1 , sostenuto (4’40) ;

    la n° 2 , grave (7′ 29) ;

    et la  n°3 , andante cantabile (6′ 50)…

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    Avec ce bref commentaire-ci, sur l’œuvre, de Jean-Guihen Queyras :

    « Joseph Joachim compose ses Mélodies hébraïques op. 9 entre 1855 et 1860. Au nombre de trois, elles le sont pour piano et alto, celui-ci pensé comme le médium idéal pour styliser la voix. Là encore, les tempos sur le versant lent cultivent un ton mélancolique. Ainsi du premier morceau, Sostenuto, intimiste et lyrique par l’usage du registre le plus grave de l’alto. Le second installe un lamento douloureux dont affleurent quelques dissonances. Un passage central semble un temps calmer l’affliction. L’Andante cantabile final, de veine consolatrice, présente d’étonnantes modulations dans le riche tissu motivique typiquement brahmsien« …

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    Grand merci donc, M. Hoffelé : votre oreille  est très attentive !

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    Ce mercredi 5 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa 

  • Des lectures exultantes de 4 œuvres orchestrales (composées de 1929 à 1940) du grand Igor Markevitch (1912 – 1982), en un exaltant très réussi album du Rundfunk-SinfonieOrchester Berlin, sous le geste fulgurant du chef Johannes Kalitzke : c’est vraiment très beau…

    L’œuvre orchestrale – composée entre 1929 et 1944 – de l’immense chef Igor Markevitch (Kiev 9 août 1912 – Antibes, 7 mars 1982) n’est, il faut bien le constater, guère fréquentée, ni au concert ni au disque, de nos jours : Igor Markevitch est pour nous d’abord et surtout un chef d’orchestre majeur et génial du XXe siècle, à la très forte personnalité qu’on identifie et admire immédiatement à l’oreille…

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    Aussi, c’est aussi un retour de notre oreille à la musique de l’entre-deux-guerres, et tel un rafraîchissant bain de jouvence, que vient nous proposer le jeu exaltant du Rundfunk-SinfonieOrchester Berlin, sous le geste fulgurant du chef Johannes Kalitzke, en le magnifique CD Eda 056 « Igor Markevitch – Concerto for piano and orchestra – Cinema Ouverture – Cantique d’amour – Lorenzo Il Magnifico » – enregistré à Berlin du 2 au 4 et les 6 et 7 janvier 2025  – , avec le concours du pianiste Jonathan Powell et de Sarah Maria Sun, soprano…

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    J’admire depuis longtemps le chef Igor Markevitch,

    et j’ai aussi lu, et conserve en ma bibliothèque personnelle, son passionnant « Être et avoir été« , paru aux Éditions Gallimard en 1980…

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    L’article du bon Jean-Charles Hoffelé « L’Orchestre du chef » paru ce jour-ci, le lundi 3 août 2026, m’a ainsi incité à me procurer illico presto ce CD,

    que j’ai trouvé chez mon disquaire préféré,

    et qui ne m’a pas déçu : un récital magnifique de 4 œuvres vraiment superbes d’Igor Markevitch compositeur…

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    L’ORCHESTRE DU CHEF

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    Christopher Lyndon-Gee et son Orchestre Philharmonique d’Arnhem avaient laissé de côté dans leur grande anthologie de l’œuvre orchestrale (Marco Polo) – parue de 1995 à 2004 –  le Concerto pour piano (1929) commandé par Diaghilev que Markevitch acheva le lendemain de son 27e anniversaire – le 10 août 1929, par conséquent. Il était alors un des parangons de la nouvelle musique européenne, et pianiste virtuose, plutôt que chef d’orchestre.

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    Jonathan Powell l’exhume dans ce qui deviendra son ultime enregistrement – il est en effet décédé le 27 décembre 2025 – , dévoilant une partition dont le motorisme regarde d’assez loin le modèle invoqué – les Concertos brandebourgeois – pour trouver sa voie entre Hindemith et Bartók – oui – , mais toujours avec ce ton si personnel, ces harmonies singulières, cet art du discours – d’Igor Markevitch, voilà ! –  qui placent son œuvre symphonique, encore trop timidement redécouverte, au centre de la nouvelle musique de l’entre-deux-guerres – oui.

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    Les trois autres partitions figurent dans l’anthologie de Christopher Lyndon-Gee, lectures probes que démode le geste autrement fulgurant – absolument ! – de Johannes Kalitzke et des Berlinois : le brio piquant – exactement – de l’Ouverture de cinéma, le nocturne torpide – mais oui – du Cantique d’amour, sa partition la plus fascinante, véritable point de bascule dans l’œuvre de Markevitch, trouvent ici des lectures exaltées – tout à fait, qui nous empoignent.

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    Chef-d’œuvre – oui !!! et immense… – où l’orchestre de Markevitch atteint son point de fusion Lorenzo il Magnifico (1940) écrit durant l’exil florentin, voit passer les échos du second conflit mondial, mais cette symphonie concertante pour soprano et orchestre reste inclassable, perle noire – voilà ! et saisissante !!! – où brille la poésie du souverain-mécène, finement saisie par le soprano agile de Sarah Maria Sun, faisant jeu égal avec la gravure princeps de Lucy Shelton qui ne disposait pas d’un orchestre aussi brûlant – oui, oui, oui.

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    Magnifique album – tout simplement, c’est évident – , édition soignée comme toujours chez eda records, Johannes Kalitzke et ses Berlinois ne doivent pas en rester là au chapitre Markevitch, la Sinfonietta, le Psaume, Le Nouvel Âge – respectivement de 1929, 1933 et 1937 – mériteraient leurs interprétations !

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Igor Markevitch (1912-1983)

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    Concerto pour piano
    et orchestre

    Ouverture de cinéma
    Cantique d’amour
    Lorenzo il Magnifico (Sinfonia concertante pour soprano et orchestre)*

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    Jonathan Powell, piano
    *Sarah Maria Sun, soprano
    Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin
    Johannes Kalitzke, direction

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    Un album du label eda records 056
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    Photo à la une : le compositeur et chef d’orchestre Igor Markevitch,
    dans sa jeunesse – Photo :
    de Cecil Beaton, pour Vogue, en 1929 © DR

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    Un CD magnifique, qui nous transporte…

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    Et à défaut de proposer ici un podcast ou une vidéo de ce très exultant CD dirigé par Johannes Kalitzke, enregistré en 2025,

    voici le podcast (de 28′ 33) du « Lorenzo Il Magnifico » de l’Arnhem Philharmonic Orchestra dirigé par Christopher Lyndon-Gee, avec Lucy Shelton, soprano…

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    Ce lundi 3 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De très prometteuses pistes de recherche sur le devenir de François-Frédéric Wachsner depuis sa présence d’étranger interné au camp de Cepoy (Loiret) : la connaissance de son arrivée d’interné au camp de Gurs, le 25 octobre 1940…

    Mon article d’hier « Réception ce jour d’une photo de Frédéric-François Wachsner résidant en 1937, à Elbeuf, pour une demande de renouvellement de sa carte d’étranger en France : la fécondité des échanges de recherches de micro-histoire… » a au moins pour premier mérite d’avoir engendré d’intéressants échanges entre le Centre Historique de l’Arribère, d’une part, Marie Sanchez, conservateur du patrimoine retraitée, d’autre part, et moi-même Francis Lippa, intégrant la perspective pour le C. H. Ar. de Navarrenx, en Béarn, d’inclure dans la liste de son projet d’articles – prévu pour être réalisé fin 2027… – sur une soixantaine de personnalités des XIXe et XXe Siècle présentes à Navarrenx, à côté de Paul Verdalle (1860 – 1948) et de sa fille Henriette Verdalle (1896-1988), déjà prévus pour ce projet du C.H.Ar, le second mari de cette dernière, François-Frédéric Wachsner (1893-1958) – et cela, même si le travail scientifique, dans les règles les plus strictes de l’art de la recherche historique, de Madame Sanchez, va forcément, lui, prendre beaucoup de temps, a bien précisé celle-ci…

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    Mais d’ores et déjà,  je dois mettre en exergue le fait que Marie Sanchez a découvert, notamment – et je m’en tiendrai strictement là pour aujourd’hui ! – , la date d’arrivée de François-Frédéric Wachsner comme interné dans un GTE au camp de Gurs : le 25 octobre 1940, en provenance de Loriol, dans la Drôme, où il était allé rendre visite à son frère aîné Albert Wachsner, lui-même interné à Loriol… :

    soit un maillon très important qui manquait jusqu’ici pour faire le joint entre d’une part le passé exploré de François-Frédéric Sanchez par Madame Sanchez, de son séjour en France depuis son arrivée, de Berlin en 1933, jusqu’à son internement comme ressortissant étranger (allemand) au camp de Cepoy (Loiret) au début de 1940, avec, d’autre part, le devenir – d’abord au camp de Gurs, puis et surtout à Navarrenx ! – entre 1940, puis 1945 et 1958 – à son décès à Navarrenx le 28 février 1958 – , de François-Frédéric Wachsner, dont j’ai pris peu à peu connaissance en mes recherches d’abord sur le camp de Gurs et ses divers Groupes de Travailleurs Étrangers (GTEs), puis Marcel Brenot, puis Henriette Verdalle et son fils André Laclau-Barrère, et via plusieurs témoignages de personnes qui les ont connus à Navarrenx– et qui peu à peu, les unes après les autres, ont disparu, tel Henri Carsuzaa (Navarrenx, 6 décembre 1926 – Navarrenx, 12 mai 2024 : ami très proche d’André Laclau-Barrère, Cierp, 4 novembre 1925 – Pau, 1er mai 2001, et son condisciple au lycée de l’Immaculée Conception à Pau…) ; Henri Carsuzaa avec lequel je me suis entretenu, en son domicile, à Navarrenx, deux passionnantes heures durant, le mercredi 11 mai 2016 ; ou qui disparaissent encore au fil des ans… : combien d’entre ces témoins directs de la vie de Navarrenx sous l’Occupation demeurent encore en vie aujourd’hui ? Nelly Cassin-Jamet, par exemple, toujours très lucide – je l’ai eue il y a peu de temps au téléphone, en son domicile à Chaville… – , née à Paris le 8 septembre 1932, qui m’a beaucoup appris sur son séjour à Navarrenx, avec ses parents Pierre Cassin (Paris, 1er octobre 1910 – Paris, 28 juillet 2000) et Hélène Caroli (Trieste, 2 juillet 1905 – Paris, 15 novembre 1985) et son petit frère Jacques (Angers, 30 octobre 1939 – Toulouse, 16 mai 2020), entre leur arrivée à Navarrenx en 1940 et leur départ de Navarrenx, en 1943, par crainte d’une dénonciation, afin de tâcher rejoindre Nice, le berceau de la famille Cassin depuis le retour de cette famille d’Italie (Cuneo), autour de 1830 : Nice faisait encore partie alors du royaume de Piémont-Sardaigne (1720 – 1861) et Nice est devenue française en 1860…

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    C’est donc là le tout début de la suite fructueuse d’une recherche entreprise d’abord en Normandie, à Elbeuf, par Madame Sanchez, une recherche aux perspectives extrêmement prometteuses, et qui n’en sont ici qu’à leur commencement, grâce au formidable développement inattendu suite à la lecture inopinée par celle-ci, le 9 juillet dernier, du nom de François-Frédéric Wachsner, en un article de mon blog..

    Toute recherche historique sérieuse est nécessairement lente et rigoureuse, comporte bien des paliers – des lenteurs, et de soudaines accélérations par découverte d’un élément qui vient d’un coup ouvrir de fécondes perspectives complètement inattendues…  – , et prend beaucoup de temps, et demande de la patience et de la constance dans l’effort…

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    Mais je voulais simplement fêter ce jour l’avancée importante de la connaissance, pour l’histoire de Navarrenx et de ses résidants, ici de François-Frédéric Wachsner, à placer en complément de l’histoire de personnalités aussi vraiment importantes pour Navarrenx que celles de Paul Verdalle – maire et conseiller général, et décisionnaire du camp dit de Gurs, créé à l’origine pour héberger un été les républicains espagnols de la Retirada… – et de sa fille Henriette Verdalle – militante efficace des Droits de l’Homme : elle a continué à la sauvegarde de pas mal de personnes alors en danger de mort, dont les Cassin cités plus haut, protégés par elle… – , pour lesquelles histoires on peut d’ores et déjà se plonger dans les archives d’articles assez nombreux et fouillés de mon blog encherchantbien.fr mentionnant leurs noms…

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    À suivre avec patience…

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    Mais échanger ainsi de menues bribes de savoir – comme ici à propos des différentes étapes du devenir en France (de son arrivée en 1933 à son décès à Navarrenx le 28 février 1958) de François-Frédéric Wachsner, qu’il s’agit de reconstituer, étape après étape…  – permet de considérables et inespérés progrès à la recherche effective de micro-histoire…

    …

    Ce dimanche 2 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa