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  • Les exercices spirituels de Jean Clair : à l’inlassable écoute des voix du silence de quelques lieux et personnes tendrement aimés

    Le 20 mai 2011, j’ai eu l’immense privilège de m’entretenir une bonne heure durant _ un de mes deux entretiens les plus extraordinaires ! Somptueux !!! _ avec le merveilleux Jean Clair à propos de deux de ses livres d’alors : Dialogue avec les morts & L’Hiver de la culture (cf mon article du 16 juillet 2011 : ).

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    Et ces derniers temps, je m’inquiétais un peu de ne pas avoir pu accéder ces années-ci _ depuis 2015 _ à un nouvel ouvrage de lui dans la série _ qui m’agrée tant ! et me donne, même indirectement (il est très discret), quelques petites nouvelles de lui… _ dite par lui-même des Écrits intimes :

    Journal atrabilaire (2006), Lait noir de l’aube (2007), La Tourterelle et le chat-huant (2009), Dialogue avec les morts (2011), Les derniers jours (2013), La Part de l’ange (2015) :

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    _ ainsi le dimanche 5 mai, lors de l’inauguration à Bélus (Landes) du monument-hommage à Lucien Durosoir, à laquelle présidait son ami Benoît Duteurtre, m’enquérais-je auprès de ce dernier de la santé de Jean Clair (cf mon article du 9 mai dernier : ) ; j’appris alors qu’il allait bien ; et qu’ils s’étaient rencontrés récemment à la Fondation Singer-Polignac _ cela m’a rassuré _ ;

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    _ et plus récemment encore, le 3 juillet dernier, je me suis permis d’adresser à Jean Clair – le Vénitien la série des articles que je venais de consacrer à ma lecture enthousiaste du Venise à double tour de Jean-Paul Kauffmann :

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    C’est donc avec un immense plaisir que je viens de lire et relire _ trois lectures à ce jour : le sillon d’écriture de Jean Clair en ces écrits intimes est si riche que la relecture attentive en est immensément féconde ; Jean Clair fait partie de ces assez rares auteurs dont la lecture offre au lecteur authentique un réel entretien infini avec l’auteur ; à l’image d’un Montaigne, en ses Essais ; mais ces Exercices-ci de piété, puisque tel est le sous-titre de cet essai, sont à la fois des essais à la Montaigne, et des exercices spirituels, à la Ignace de Loyola !  _ ce nouveau volume d’approfondissement de ce penser sien toujours en alerte de déchiffrement des signes les plus parlants du réel _ du réel déplorable ! et à pleurer vraiment ! pour ce qu’il détruit, ce nihilisme barbare, de ce qui, civilisé, cultivé vraiment, avait consistance de présence élévatrice de l’humain vrai… ; c’est au « dernier homme » de l’admirable Prologue de l’Ainsi parlait Zarathoustra de Nietzsche que nous sommes sans cesse confrontés, même si le nom même de Nietzsche n’est que rarement prononcé… _ qu’est, aujourd’hui, son Terre natale _ Exercices de piété _ le livre est paru le 27 juin dernier.

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    Presque quatre ans se sont donc écoulés entre ce volume-ci, Terre natale _ Exercices de piété _ paru le 27 juin 2019 _, et le précédent de ses « écrits intimes« , La Part de l’ange _ Journal, 2012-2015, paru le 14 janvier 2016 :

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    probablement à cause d’une maladie qui s’est déclarée lors d’un voyage à Jérusalem _ aisément datable, celui-ci, puisque l’auteur nous dit, absolument incidemment, page 320

    (et ces repères de biographie personnelle sont fort rares en cet essai qui est, on n’y insistera jamais assez, aux antipodes (exacerbés !) d’une égologie : cf à la page 292, à propos de l’effarante pandémie des selfies et de la touristification de masse: « Quand l’État interdit « l’ostentation des signes religieux », les touristes _ nous y voilà _ multiplient l’ostentation des selfies. (…) Là où l’oculaire du selfie ne fait que dérober au regard la présence _ fondamentale _ du réel« ; et, aux pages 292-293 : « Les Québécois appellent le selfie un égoportrait. L’homme des temps chrétiens, pendant un millénaire, a vécu sous le regard de Dieu. L’homme vit aujourd’hui, jour après jour, sous le regard de son selfie. Indifférencié, interchangeable, membre de l’Internationale planétaire des bataillons sans passé et sans histoire, le touriste se reconnaît de loin à ses tatouages, à sa démarche et sa tenue militaire. Il se répand partout, marée brune et bruyante, de Paris à Venise, de Florence à Madrid, et recouvre _ et noie _  peu à peu les merveilles qu’il est venu conquérir. Se sentant perdu, il saisit son selfie et, le haussant au-dessus de son front, se met à opérer une sorte de transfusion mystique entre lui et ce qui l’entoure, un sacrifice païen où ce n’est plus le pain et le vin qui se transformeront en chair et sang divin dans l’ostensoir du prêtre, pareillement élevés par-dessus son front pour qu’ils soient adorés des fidèles, mais un bout de réalité, indifférent et triste, auquel il va coller les traits de sa propre apparence, pour se donner, dans le cliché, l’illusion _ mortelle _ de se survivre. La distraction _ car ce n’était que cela _ finie _ elle n’a pris que quelques secondes _, ils se rassemblent derrière leur guide, en grand fracas, anxieux de reconnaître les ficelles, les fanions, les fétiches, les fanfreluches, les floches et les faluches noués au bout du bâton de leur accompagnateur. Le photostick coincé sous le bras, débris d’une armée déroutée« … ; cf aussi, à la page 204, ceci : « le tatouage est devenu le rituel banalisé d’une _ misérable et ridicule _ affirmation de soi et, dans l’absence de toute norme religieuse ou politique, d’un _ atterrant _ narcissisme de masse _ voilà ! _, que vient compléter la manie du selfie machinal« …)

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    lors d’un voyage à Jérusalem _ aisément datable puisque l’auteur nous dit, absolument incidemment, page 320 (au chapitre XIX, « Athènes et Jérusalem« ), que cet accident de santé advint au moment des obsèques de Shimon Pérès, décédé le 28 septembre 2016 : « Arrivé à Jérusalem, et dans l’urgence de devoir être hospitalisé _ voilà ! _, il me fallut rebrousser chemin, sans avoir eu le temps de pénétrer dans la vieille ville. Les funérailles de Shimon Pérès bouclaient la cité, les routes étaient fermées, il convenait de rentrer d’urgence _ le terme « urgence«  est donc répété. De Jérusalem, je ne verrais que des quartiers sans grâce, les plus récents (…). Et je n’eus pas la possibilité de vérifier que le Sépulcre existe bien« …

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    Et à l’instar de notre très cher Montaigne,

    Jean Clair ne cesse, en ses propres « essais intimes«  _ ou/et « exercices de piété« … _, de labourer et approfondir son propre sillon musical de penser _ auquel préside, pour lui aussi, comme pour Montaigne (cf le final sublime des Essais), la grâce non servile des Muses ! ainsi, et c’est bien sûr à noter, que l’espiègle et impérieux Kairos, offreur, certes, mais aussi coupeur (au rasoir terriblement effilé) de fil, pour qui a tardé à saisir et recevoir au vol ce que généreusement, et sans compter, il offrait ;

    cf à la page 181 : « la mèche qui orne l’arrière _ non : le devant : le front ! _ de la tête du Kairos, le petit dieu grec de la Fortune. Ce n’est plus alors lui qui sauve les hommes, mais les hommes qui doivent se montrer assez rapides pour saisir la Chance par les cheveux, à l’instant où elle fuit » _ non : juste avant, quand celle-ci nous croisait ; car c’est à l’instant même où celle-ci vient juste de passer que c’est, et irrémédiablement, trop tard… Sur sa nuque, Kairos est en effet complètement chauve ; et donc insaisissable… Trouver le mot, le bon mot, la parole juste, le kairos. Enfui, le mot ne se retrouvera pas, et sa dérobade _ qui nous laisse sans ressource face à ce fil coupé… _ nous rapproche un court instant de la mort, rompu le fil des mots » ; Jean Clair nous révèle ici, au chapitre La Chevelure, un des secrets (de prestesse, vivacité ; et musicalité…) de la justesse-grâce d’écriture ; j’y reviendrai ; car c’est là une des séquences les plus lumineuses (et aux conséquences éminemment pratiques !) de cet immense livre ! aux pages 354-355-356 (au chapitre La Fugue) à propos de ce qui distingue, selon Jean Clair, et c’est splendide !, l’écriture de la littérature et l’écriture de la musique… ; se reporter aussi au merveilleux passage autour de l’expression « passer le temps«  du sublime tout dernier chapitre, De l’expérience, du livre III des Essais de Montaigne :

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    « J’ay un dictionaire tout à part moy : je passe le temps, quand il est mauvais et incommode; quand il est bon, je ne le veux pas passer, je le retaste, je m’y tiens. Il faut courir le mauvais, et se rassoir au bon. Cette fraze ordinaire de passe-temps, et de passer le temps represente l’usage de ces prudentes gens, qui ne pensent point avoir meilleur compte de leur vie que de la couler et eschaper, de la passer, gauchir, et, autant qu’il est en eux, ignorer et fuir, comme chose de qualité ennuyeuse et desdaignable. Mais je la cognois autre, et la trouve et prisable et commode, voyre en son dernier decours, où je la tiens; et nous l’a nature mise en main, garnie de telles circonstances, et si favorables, que nous n’avons à nous plaindre qu’à nous _ voilà ! _ si elle nous presse et si elle nous eschappe inutilement. Stulti vita ingrata est, trepida est, tota in futurum fertur. Je me compose pourtant à la perdre sans regret, mais comme perdable de sa condition, non comme moleste et importune. Aussi ne sied-il proprement bien, de ne se desplaire à mourir qu’à ceux qui se plaisent à vivre. Il y a du mesnage _ voilà _ à la jouyr ; je la jouis au double des autres, car la mesure en la jouissance _ et de cela Montaigne est un immense maître ! _ depend du plus ou moins d’application, que nous y prestons. Principallement à cette heure que j’aperçoy la mienne si briefve en temps, je la veux estendre en pois ; je veux arrester la promptitude de sa fuite par la promptitude de ma sesie _ voilà l’attitude à apprendre à prendre avec Kairos ! _, et par la vigueur de l’usage _ oui _ compenser la hastiveté de son escoulement ; à mesure que la possession du vivre est plus courte, il me la faut rendre plus profonde et plus pleine »… _ :

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    c’est un enchantement que de nous entretenir, nous les modestes lecteurs de Montaigne et de Jean Clair _ pas trop indigents, espérons-le ! Relisons l’Adresse au lecteur des Essais… _ avec leur écriture si inventive et rigoureuse, si éprise _ à l’infini : tant qu’existeront encre, papier, et souffle de vie ! _ de la plus grande justesse…

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    À suivre…

    Ceci n’est même pas un prologue…

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    Ce samedi 27 juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ce que nous apprend de la famille Gaudin le faire-part de décès de Charles Gaudin, à l’automne 1910

    Après avoir pu lire _ et déchiffrer à la loupe _ les faire-part de décès

    d’Edmond Gaudin _ décédé en son domicile, 41 rue Gambetta, à Saint-Jean-de-Luz, le 28 décembre 1920 _,

    de Marianne Imatz-Hiriart _ décédée en son domicile, 50 rue Gambetta, à Saint-Jean-de-Luz, le 9 juillet 1932 (et belle-mère de Charles Gaudin) _

    et d’Annette Bibal-Gaudin _ décédée en son domicile, rue du Midi, à Saint-Jean-de-Luz, le 21 novembre 1936 _ ;

    ainsi que les Remerciements dans la presse locale suite aux obsèques _ le 23 novembre 1936 _ d’Annette Bibal ;

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    respectivement, pour les faire-part,

    en mon article du 8 juin  ;

    celui du 26 mai :  ;

    et celui du 10 juillet :  ;

    ainsi que, pour le Remerciements ;

    en celui 1er juin :  ;

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    voici que me tombe maintenant sous les yeux,

    à la page 84 du petit livre privé

    qu’a, avec amour, composé Maylen Gaudin-Lenoir, en novembre 2013 _ et qu’elle vient de très gentiment me prêter _ :

    Les Dernières Lettres de mon Grand-Père _ Charles Gaudin _,

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    le faire-part du décès de Charles Gaudin,

    « décédé accidentellement _ par noyade dans le fleuve _ le 13 septembre 1910, à Bimbo, territoire de Bangui (Congo français), à l’âge de trente-quatre ans« .

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    Ce qui permet de compléter le détail de la connaissance de la famille Gaudin,

    les amis de Maurice Ravel à Saint-Jean-de-Luz.

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    Le voici, ce faire-part de l’automne 1910 :

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    Madame Charles GAUDIN ;

    Monsieur Edmond GAUDIN ;

    Monsieur et Madame Edmond GAUDIN, Monsieur et Madame Dominique HIRIART ;

    Monsieur Pierre GAUDIN ; Mademoiselle Marie GAUDIN, Monsieur Henri COURTEAULT, archiviste aux Archives Nationales, et Madame Henri COURTEAULT ; Monsieur Pascal GAUDIN ; Mademoiselle Marie HIRIART ;

    Monsieur Pierre COURTEAULT ;

    Monsieur Pierre GARMENDIA ; Madame Charles GAUDIN ; Madame Pascal BIBAL ; Mademoiselle B. BIBAL ;

    Monsieur et Madame Paul GAUDIN ; Mademoiselle Marie GAUDIN ; Monsieur Eugène GAUDIN ; Monsieur l’Abbé Jean GAUDIN ; Mademoiselle Thérèse GAUDIN ; Messieurs Marcel et Henri GAUDIN ; Monsieur Paquito BIBAL ; Mesdemoiselles Marie et Élise BIBAL ; Monsieur et Madame Grégoire BIBAL ; Monsieur Pepe BIBAL ; 

    Monsieur et Madame Martin ZOZAYA ;

    Les familles GAUDIN, ANDURANDÉGUY, ELISSALT, MESNARD, LABORDE, DUPOUY, BORDES, AGUEREGARAY, LARROULET, SAINT-GLAN, MATHIEU et CAPDEPON ;

    Ont la douleur de vous faire part de la perte cruelle qu’ils viennent d’éprouver en la personne de

    Monsieur Martin-Marie-Charles GAUDIN

    Capitaine au long cours

    leur époux, père, fils, gendre, frère, beau-frère, oncle, neveu, cousin-germain, cousin et petit-cousin, décédé accidentellement le 13 septembre 1910, à Bimbo, territoire de Bangui (Congo français), à l’âge de trente-quatre ans.

    Priez Dieu pour Lui !

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    Quelques uns de ces noms, ceux absents des faire-part consultés précédemment, méritent un commentaire.

    …

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    D’abord, Pierre GAUDIN (Saint-Jean-de-Luz, 7 février 1878 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914) et Pascal GAUDIN (Saint-Jean-de-Luz, 31 mars 1883 – Oulches-Hurtebise, 12 novembre 1914) sont les deux frères qui, avec le défunt Charles GAUDIN, demeuraient de la fratrie des fils Gaudin, après le décès de leur plus jeune frère, Louis Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 23 février 1886 – 23 février 1899), décédé de maladie foudroyante.

    Tous deux, Pierre et Pascal, seront tués ensemble, d’un même tir de canon, le jour même de leur arrivée au front, à Oulches-Hurtebise, sur le chemin aux Dames, le 12 novembre 1914.

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    Pierre GARMENDIA (Urrugne, 18 janvier 1829 – Saint-Jean-de-Luz, 15 janvier 1911)

    fait partie des grands-oncles et grands-tantes du défunt,

    que sont aussi Louisa Schlaegel-Gaudin (Madame Charles GAUDIN), Dorotea de Iburuzqueta (Madame Pascal BIBAL) et Bernardine Bibal (Mademoiselle B. BIBAL).

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    Pierre GARMENDIA est en effet le mari veuf de Josèphe Imatz (Saint-Jean-de-Luz, 7 septembre 1841 – Saint-Jean-de-Luz, 27 novembre 1905), la défunte sœur aînée de Madame Dominique HIRIART, Marianne Imatz-Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 28 octobre 1845 – Saint-Jean-de-Luz, 9 juillet 1932) ;

    laquelle est la mère de la veuve du défunt, Madame Charles GAUDIN : Magdeleine Hiriart-Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 11 mars 1875 – Saint-Jean-de-Luz, 15 juin 1968).

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    Nous qui ignorons encore à ce jour les dates de naissance (en 1846) et de décès de Pascal Bibal _ ce peintre important, pourtant ! _, le frère d’Annette Bibal-Gaudin, la mère du défunt,

    apprenons ici par l’absence du nom de l’oncle Pascal Bibal de ce faire-part,

    que son épouse Madame Pascal BIBAL est déjà veuve à cette date du 13 septembre 1910.

    …

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    Ensuite,

    on peut remarquer que

    les cousins François-Ignace (l’aîné de la fratrie, né à Saint-Jean-de-Luz le 17 septembre 1878) et Joseph Bibal (le benjamin de la fratrie _ j’ignore toujours sa date de naissance : postérieure à 1882 ; ce 1er novembre 2019, je la découvre : à Saint-Jean-de-Luz, rue Saint-Jacques, le 29 décembre 1788 _), 

    mais pas leur frère Grégoire (né à Saint-Jean-de-Luz le 3 mai 1882) _ lui est déjà marié en 1910 : Monsieur et Madame Grégoire BIBAL… _, les fils de Pascal Bibal et son épouse Dorotea de Iburuzqueta,

    sont ici prénommés par leurs diminutifs à l’espagnole : Monsieur Paquito Bibal et Monsieur Pepe BIBAL : c’est donc plus tard que se mariera (avec Rose-Marie : ils sont inhumés ensemble au cimetière d’Aïce Errota, à Saint-Jean-de-Luz) François BIBAL ;

    quant à Joseph BIBAL, de même que ses sœurs Marie et Élise BIBAL, il est demeuré célibataire. 

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    Puis, apparaissent les noms des cousins _ via la veuve ainsi que le beau-père du défunt, Madame Charles GAUDIN (soit Magdeleine Hiriart-Gaudin) et Monsieur Dominique HIRIART (Saint-Jean-de-Luz, 28 janvier 1849 – Saint-Jean-de-Luz, entre 1926 et 1929 : le 20 décembre 1926, à son domicile rue Gambetta) _ Monsieur et Madame Martin ZOZAYA :

    soient la « tante Clotilde » Marie-Clotilde Dargaignaratz (Saint-Jean-de-Luz, 6 mars 1860 – Urrugne, 26 février 1963) et son mari Martin Zozaya (Urrugne, 1er août 1858 – Urrugne, 5 avril 1932).

    …

    Il faut remarquer ici qu’en l’absence de ses parents déjà décédés _ Marie Etcheverry-Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 21 juin 1817 – Saint-Jean-de-Luz, 27 décembre 1850) et Jean-Baptiste Hiriart (Saint-Jean-de-Luz, 18 avril 1816 – Saint-Jean-de-Luz, 24 septembre 1859) _,

    c’est la tante maternelle de Dominique HIRIART, Marie Etcheverry-Dargaignaratz (Saint-Jean-de-Luz, 20 novembre 1824 – Saint-Jean-de-Luz, 30 novembre 1900), et mère de sa cousine germaine Marie-Clotilde Dargaignaratz-Zozaya, qui a servi de représentant légal au beau-père du défunt, Dominique HIRIART, pour son mariage à Saint-Jean-de-Luz, le 3 mai 1874, avec Marianne Imatz…

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    C’est bien intéressant.

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    Ce mardi 16 juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Et encore : la date de naissance de « Tante Bibi », le 22 août 1855

    Et voici que la mise en ligne de mon article  ,

    telle une bouteille lancée à la mer,

    a suscité, hier à 13h 56, le commentaire _ inespéré _ suivant :

    « Très intéressantes recherches !

    Je pense que cela vous intéressera, j’ai trouvé l’acte de naissance de Bernardine Bibal dans les registres d’état civil de Saint-Jean-de-Luz en date du 22/08/1855.« 

    …

    Donnée qui entre parfaitement dans la fenêtre des hypothèses que j’avais esquissées, au sein des diverses naissances de la fratrie des enfants du couple Pierre Bibal – Victoire Dupous,

    en mon article du 1er juin dernier

    …

    …

    En revoici donc l’extrait :

    …

    Mademoiselle Bibal _ dont j’ignorais jusqu’ici (soit le 1er juin) l’existence _

    est la sœur cadette _ ici (dans le Remerciements paru le lundi 23 novembre 1936 dans la Gazette de Biarritz, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz) sans prénom _ de la défunte, Annette Bibal Gaudin

    _ celle-ci et Annette sont en effet les deux filles survivantes des enfants de Pierre Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 5 septembre 1810 – Saint-Jean-de-Luz, 12 septembre 1855) et son épouse Victoire Dupous (Saint-Jean-de-Luz, 9 juin 1822 – ?  _ j’ignore toujours la date de son décès _) ; Pierre Bibal, maître au cabotage, et Victoire Dupous, qui se sont mariés à Saint-Jean-de-Luz le 26 avril 1843, eurent de nombreux enfants (au moins huit sont déjà aisément accessibles), tous nés à Saint-Jean-de-Luz et dont pas mal _ la majorité _ sont décédés précocement : Jean-Baptiste (1844 – Rochefort, 18 février 1871, matelot) ; Annette (29 avril 1845 – novembre 1936, l’épouse, puis veuve, en 1920, du premier Edmond Gaudin) ; Pascal (1846 ou 47 – ? _ j’ignore toujours la date de son décès _, le peintre, mari de Dorotea Iburuzqueta, et père du peintre François-Ignace Bibal, de Grégoire, de Marie, d’Elise et de Joseph Bibal) ; Marie (1847) ; Léon-Pierre (1849 – 28 avril 1884, peintre lui aussi) ; Justine (1850 – 31 mars 1854) ; Marie (1852 – 13 septembre 1855) ; Marie-Martine (1853 – 15 octobre 1870) ;

    j’ignore le rang (et l’année de naissance : 1851 ? 1854 ? 1855 ?) de cette demoiselle Bibal (et « Tante Bibi« ), la seconde et maintenant ultime survivante, en ce mois de novembre 1936, au sein de cette très resserrée fratrie des enfants Bibal-Dupous… _ ;

    …

    soit _ et voici l’énigme résolue ! _ la fameuse « Tante Bibi«  _ son prénom n’est pas indiqué : elle doit être très âgée (et peut-être à traiter avec des pincettes : en conclusion de sa lettre à Marie Gaudin, du 20 octobre 1921, Maurice Ravel n’écrit-il pas ceci :

    « Je vous embrasse goxoki _ tendrement, en basque _ toutes les trois _ Marie Gaudin (née en 1879 : le 3 mars), la destinataire de cette lettre ; puis la mère de Marie, Annette Bibal-Gaudin (née en 1845, le 29 avril) ; et enfin sa nièce Annie Courteault (née en 1913, le 26 septembre), qui vivent toutes les trois à Saint-Jean-de-Luz : Annie est en effet élève au cours Sainte-Odile à Saint-Jean-de-Luz… _, ainsi que la tante Bibi, si elle s’y prête » (= se laisse embrasser !)… _

    que ne manquait pas de saluer, chaque fois un peu malicieusement, dans ses lettres à son amie Marie Gaudin _ cf outre cette lettre du 20 octobre 1921 (page 764 de la Correspondance), celles du 15 août 1930 (page 1250) et du 3 janvier 1933 (page 1300) ; ainsi que les remarques là-dessus en mon article du 27 mars 2019 : … _, Maurice Ravel

    _ et que j’avais pris, à tort, pour la tante _ certes côté Bibal, et non pas côté Gaudin, ni encore moins côté Ravel-Billac ! _ Dorotea Ibuzurqueta-Bibal, l’épouse de Pascal Bibal, et donc la belle-sœur d’Annette : j’ignore _ encore _ les dates des décès de Pascal Bibal (peintre important, pourtant !) et Dorotea Iburuzqueta-Bibal ; de même que j’ignore _ encore _ celle du décès de cette vieille demoiselle Bibal _ ; mais en un cas comme celui de la belle-sœur Dorotea Iburuzqueta-Bibal, le faire part aurait dit « Madame Bibal« , ou « Madame Pascal Bibal« , ou « Madame veuve Bibal« , et pas « Mademoiselle Bibal« , comme c’est mentionné ici ! ; cette formulation-ci est donc décisive !

    …

    et celle-ci pouvait encore moins (!!) être la tante Billac, la chère « tante Gachucha«  de Maurice, née en 1824 _ le 15 mai _, et décédée avant 1916 (cf la lettre à Marie Gaudin du 20 septembre 1916, page 537 de la Correspondance, qui parle d’elle au passé : l’imparfait) : quel âge aurait donc atteint la tante Gachucha Billac en 1921, 1930 et 1933 ?! : 97 ans, 106 ans, 109 ans… Que ne s’en est-on donc pas rendu compte !

    Fin de l’incise.

    …

    …

    Extrait intéressant à relire, un mois et douze jours plus tard !

    Mais c’est à un tel rythme _ à hoquets _ que progresse _ cahin caha, par paliers _ la recherche.

    …

    …

    Cf aussi _ autre hoquet, palier suivant _ mon article du 8 juin : …

    …

    …

    Grand merci donc au musicien _ pianiste ainsi que compositeur ; et qui connaît un peu (voire beaucoup) Saint-Jean-de-Luz, et les musiciens raveliens… _ qui me fait part de sa connaissance.

    C’est aussi par de tels échanges que le savoir et l’intelligence des choses et de ce qui a été, avance un peu,

    par hoquets, par paliers.

    …

    …

    Plus que jamais à suivre !

    …

    …

    Ce vendredi 12 juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le miroir à illuminations de Venise et l’enfant de Corps-Nuds : un souvenir-écran _ une lecture du casanovien « Venise à double tour » de Jean-Paul Kauffmann

    Venise, la Venise insulaire, inchangée presque complètement depuis 1800, offre _ et avec une merveilleuse profusion _ une constante (permanente) et totale immersion dans le passé _ demeuré quasiment tel quel ! _ à tout visiteur forcément ébloui, en son passage _ une fois traversé-passé-percé le rideau de légère brume de la lagune _, et son séjour, par la lumière et les échos de bruits très spéciaux et si riches ; et vierges de voitures : confinées aux vastes parkings d’entrée, l’île du Tronchetto et le grand garage de la Piazzale Roma.

    …

    Il en va bien sûr immanquablement ainsi, aussi, et à chacun de ses (nombreux et fréquents) passages, pour l’enfant de Corps-Nuds (Île-et-Vilaine) que demeure, à certains égards, Jean-Paul Kauffmann ; et qu’il se plaît à narrer, à divers endroits de ce superbe Venise à double tour : et c’en est presque un leitmotiv.
    …
    Mais il se trouve que l’extraordinaire trésor d’œuvres d’art religieux, tout spécialement, que recèlent _ et que sont architecturalement aussi, et cela jusqu’à la fin du XVIIIe siècle _ les multiples belles églises de la cité dogale, les ouvertes et, plus encore peut-être, les fermées, forme en fait ici, pour « le chasseur » qu’est le narrateur-auteur, un puissant souvenir-écran _ voilà ! _ de la mémoire (toujours partielle et à trous) qui se met en quête, comme ici, et passionnée, de retrouver-revoir ce qui a jadis très fortement touché, voire ébloui, sa sensibilité ; au point de le contraindre à retourner régulièrement à Venise, ne serait-ce que pour se replonger quelques heures ou jours en elle, à la recherche de ce qui continue de le poursuivre de son obsession primale…
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    C’est que le souvenir-écran sert de cache pratique et durablement efficace à d’autres souvenirs, moins évidents, moins affrontés peut-être tels quels, probablement, quoique… _ et aux sources en tout cas jusqu’ici non localisées _, comme c’est en l’occurrence le cas (mais cela, nous ne l’apprendrons que comme très accessoirement et sans le moindre commentaire de l’auteur, à l’ultime page du récit, en une sorte de post-scriptum quasi superfétatoire…), de fresques de Giambattista Tiepolo (Venise, 1696 – Madrid, 1770) à connotations non religieuses, mais disons à parfum érotique : la rencontre d’Antoine et Cléopâtre, de la salle de bal du Palazzo Labia.
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    Des fresques réalisées au moment (1746-47) où ce palais était proche, à deux pas à peine, de ce qui était le siège de l’ambassade d’Espagne auprès de la Sérénissime République, le Palazzo Manin-Sceriman (dit aujourd’hui Palazzo Zeno) _ les Labia étaient de richissimes catalans _ ; le siège de l’ambassade de France (en 1743-44, Jean-Jacques Rousseau _ plutôt pisse-vinaigre, lui _ y fit fonction de secrétaire de l’ambassadeur, le Comte de Montaigu) ; et de 1752 à 1755, le Cardinal de Bernis _ bien plus savoureux ! _ y fut l’ambassadeur de Louis XV auprès du doge, et accessoirement grand ami de Casanova), le Palazzo Surian – Belotto, se trouvant, lui, à l’autre bout de ce Canal de Cannaregio, qui les borde tous deux ; en ce sestier de Cannaregio qui constitue le « quartier préféré » (page 56) de Jean-Paul Kauffmann _ et j’y apprécie, pour ma part, la taverne Da’ Marisa : juste passé le Pont-aux-trois-arches…
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    En conséquence de quoi, il me semble que le souvenir-écran de forte connotation catholique post-tridentine de cette « peinture miroitante » aperçue en 1968 ou 69, source de la quête passionnée des églises fermées de Venise où cherche à pénétrer et regarder « le chasseur », vient ici prendre le devant d’une anthropologie _ voilà _  plutôt a-religieuse, et ouvertement hédoniste, dont les références, parfaitement assumées, d’ailleurs, sont Casanova et Lacan. Sans qu’il y ait forcément une absolue contradiction entre les deux. Mais la conscience nette immédiate de cela nous aurait privés de cette découverte progressive passionnante du secret de ce qui nous rend si vivants et si prodigieusement « animés » les espaces intimes des églises, tout spécialement à Venise, tels que narrés par Jean-Paul Kauffmann en ce passionnant très réussi _ et même jubilatoire ! _  Venise à double tour. L’alacrité règne.
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    Une anthropologie plutôt a-religieuse, et ouvertement hédoniste : que veux-je dire par là ? Que le goût de la sensualité _ si présent dans l’art qui s’exprime, et avec un tendre éclat en permanence ré-affirmé, au long des siècles (de Giorgione et Bellini à Tiepolo, en passant par Titien et Véronèse surtout, peut-être moins Tintoret) dans la Venise marchande si friande de toute la palette des couleurs douces et non violentes, ici jamais hystérisées, de la chair… _ de Jean-Paul Kauffmann lui-même, tel qu’exprimé par ailleurs en son œuvre en faveur des vins, des cigares ou des gastronomies, comme des paysages à découvrir et explorer, s’il a peut-être eu besoin, et c’est possiblement à tort que je le dis ici au passé, pour s’assurer et se légitimer un peu à ses propres yeux, de l’abri et cadre chaleureux des bras accueillants et protecteurs de l’église _ cf page 105 : « À ce compromis permanent du péché et de la grâce, j’ai adhéré d’emblée. N’autorise-t-il pas entre autres la transgression ? » ; et page 131 : « Avec le catholicisme, on trouve toujours des arrangements. Quiconque commet une faute sait qu’il sera accueilli à bras ouverts et reconnu en tant que pécheur. La vraie indignité n’est pas d’enfreindre, mais de prétendre n’avoir pas enfreint« … _, du templum sacré de cet espace clos sur lui-même en son bâti et ses dispositifs mobiliers, mais intensément ouvert et dynamisé vers, en son sein même, quelque transcendance _ haute _ d’une puissante présence offerte en son absence même, mais très puissamment ressentie en l’irrésistible attraction de son magnétisme, et cela davantage encore en quelque sanctuaire verrouillé « à double tour »… ;
    que ce goût-là _ de la sensualité _ est proprement casanovien : Casanova étant « certainement un homme selon mon cœur » _ pour reprendre les mots de l’auteur à la page 318 _, « le « grand vivant » (Cendrars), l’homme supérieurement libre, toujours gai, dépourvu de tout sentiment de culpabilité« …
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    Ce casanovien que fondamentalement, et peut-être à la suite de ce goût-là, est aussi Jean-Paul Kauffmann lui-même, en personne _ en et par sa personne : épanouie _, ainsi que l’attestent, et son voyage _ nécessaire alors _ à Duchcov en 1988 _ pour lui « redonner un peu de tonus« … _, et ses retours réguliers et fidèles, depuis, à Venise : « la ville de la jouvence et de l’alacrité« .
    « Venise n’est pas « là- bas », mais « là-haut », selon le mot splendide de Casanova« , lit-on aussi page 15.
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    Alors qu’affronter directement le sans-cadre _ et sans fil auquel se tenir (et, au cas où, retenir) _ du clinanem d’Épicure et Lucrèce, serait probablement un poil plus vertigineux…
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    Ce lundi 1er juillet 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa