Catégorie : Cinéma

  • A lire : la biographie d’Elsa Morante, par René de Ceccatty

    Telle une suite-complément

    à ses très riches et passionnantes biographies de

    Pasolini (1922 – 1975),

    Alberto Moravia (1907 – 1990)

    _  et aussi Maria Callas (1923 – 1977)… _,

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    René de Ceccatty publie, aux Éditions Tallandier, une nouvelle biographie d’un italien majeur de la culture du XXe siècle,

    en l’occurrence, aujourd’hui, Elsa Morante (1912 – 1985) :

    Elsa Morante : une vie pour la littérature…

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    Ce mercredi 28 mars 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un hommage à Adolfo Bioy Casares à la Maison de l’Amérique Latine

    Du vendredi 23 mars prochain _ après-demain _ au samedi 21 juillet,

    la Maison de l’Amérique latine, 217 Boulevard Saint-Germain, à Paris,

    nous propose un programme exceptionnel de projections de films tous inspirés du roman extraordinaire d’Adolfo Bioy Casares L’Invention de Morel,

    et rarement vus.

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    Parmi ces films,

    L’Année dernière à Marienbad d’Alain Resnais,

    dont le scénario et le découpage sont d’Alain Robbe-Grillet, lui-même inspiré _ cela se sait peu ! _ de L’Invention de Morel d’Adolfo Bioy Casares, précisément !

    Á redécouvrir donc !..

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    Et d’autre part, il se trouve qu’Adolfo Bioy (Buenos Aires, 15-9-1914 – Buenos Aires, 8-3-1999) est mon cousin _ ma mère est une Bioy.

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    Et l’information de ce cycle de manifestations cinématographiques à la Maison de l’Amérique latine, à Paris, m’a été transmise par Silvia Baron Supervielle, amie très proche d’Adolfo et de son épouse Silvina Ocampo _ à Oloron même, le caveau des Supervielle jouxte celui des Bioy, au cimetière de la rue d’Aspe _ ;

    Silvina Ocampo (Buenos Aires, 28-7-1903 – Buenos Aires, 14-12-1993),

    dont les Éditions des Femmes viennent de faire paraître tout dernièrement en traduction française deux ouvrages : La Promesse, et Sentinelles de la nuit.

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    Adolfo Bioy Casares et Silvina Ocampo le jour de leur mariage à Las Flores, province de Buenos Aires (1940)

    Debout : Óscar Pardo, Enrique L. Drago Mitre et Jorge Luis Borges (témoins du couple)

    Source : Adolfo Bioy Casares. Una poética de la pasión narrativa, Anthropos, n.º 127, décembre 1991, page 28.

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    Ce passionnant cycle de films aura pour complément la très intéressante exposition L’Invention de Morel ou la Machine à images,

    dont le commissaire est Thierry Dufrêne.

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    Cette exposition, qui se tiendra à la Maison de l’Amérique latine, 217 Boulevard Saint-Germain,

    sera visible du 16 mars au 21 juillet 2018 : 

    du lundi au vendredi, de 10 h à 20 h,

    et le samedi, de 14 h à 18 h.

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    La première séance de ce cycle cinématographique original et passionnant

    aura lieu vendredi 23 mars, de 14 h 30 à 19 h ;

    et comportera les 3 films suivants :

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    à 14 h 45 : L’Invention de Morel, de Claude-Jean Bonnardot (1967, 100′)

    à 16 h 30 : L’Invention de Morel, d’Emilio Greco (1974, 95′, version originale sous-titrée en français)

    à 18 h 30 : A Necessary Music, de Beatrice Gilson (2008, 30′, version originale sous-titrée en français)

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    Trois adaptations du roman bien différentes, témoignant au passage de l’évolution du regard sur cette œuvre éminemment singulière et fascinante :

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    la première restitue le monologue intérieur du naufragé ;

    la seconde, quasiment muette, tournée à Chypre avec Anna Karina, privilégie l’image ;

    la troisième transpose l’histoire dans l’île Roosevelt, près de New-York, dont les habitants jouent leur rôle.

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    Le mercredi 28 mars à 19 h,

    projection de L’Année dernière à Marienbad, d’Alain Resnais (1961, 94′),

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    avec la participation de Sylvette Baudrot et Jean Léon.

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    Réalisé par Alain Resnais à partir du scénario d’Alain Robbe-Grillet,

    qui avait lu L’Invention de Morel où apparaît _ mais oui ! _ le nom de Marienbad qui précisément lui donne son titre,

    et tourné dans des architectures baroques allemandes,

    ce film avec _ on s’en souvient ! _ Delphine Seyrig,

    a la beauté sidérante d’un labyrinthe de temps.

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    Le mercredi 11 avril à 19 h,

    projection du film Adolfo Bioy Casares, de Pierre-André Boutang et Dominique Rabourdin (1992, 55′),

    issu de la collection des Entretiens d’Océaniques. Mémoires du XXe siècle,

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    avec la participation de Dominique Rabourdin et André Gabastou.

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    André Gabastou

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    Dans ce film, Adolfo Bioy Casares est interrogé par André Gabastou _ béarnais de Navarrenx, André Gabastou est un des traducteurs de Bioy en français : notamment de Un Photographe à La Plata, en 1998, et de Ceux qui aiment haïssent (de Bioy et Silvina Ocampo), en 1998 aussi.

    L’écrivain _ mon cousin, donc : la famille de ma mère, née Marie-France Bioy (elle a 100 ans depuis le 11 février dernier), la famille Bioy, donc, est une très ancienne famille d’Oloron-Sainte-Marie : sa présence à Oloron est attestée tant que demeurent des archives de la ville, c’est-à-dire en remontant jusqu’aux guerres de religion…  _ s’y exprime avec la profondeur et l’élégance d’esprit teintées d’humour qui le caractérisent.

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    On trouve aussi un superbe et justissime portrait d’Adolfo Bioy, mélancolique,

    dans le magnifique très beau roman de René de Ceccatty, Fiction douce, en 2002 ;

    René avait rencontré Adolfo chez lui, dans l’appartement estival des Bioy, de Cagnes-sur-mer ;

    ainsi qu’à la première parisienne _ à la MC93 de Bobigny _, en septembre 1997, de la pièce de Silvina Ocampo, La Pluie de feu,

    traduite en français par leur amie commune et poète Silvia Baron Supervielle _ dont paraît ces jours-ci le recueil de poèmes Un Autre loin.

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    Le jeudi 15 mai, à 19 h,

    projection de La Jetée, de Chris Marker (1962, 28′)

    et de Hombre mirando al Sudeste, d’Eliseo Subiela (1986, 105′, version originale sous-titrée en français),

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    avec la participation de Jean-Louis Boissier.

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    Á qui voulait comprendre son œuvre,

    Chris Marker recommandait de lire tout particulièrement L’Invention de Morel.

    Les allers-retours à travers le temps de La Jetée, que Marker appelait « photo-roman », rappellent en effet le jeu infiniment troublant de Bioy sur les temporalités.

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    De son côté, le cinéaste argentin Eliseo Subiela cite L’Invention de Morel dans son film, où le personnage principal affirme être un hologramme.

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    Le mercredi 23 mai, à 19 h,

    projection de Les Autres (Los Otros), d’Hugo Santiago (1974, 90 ‘)

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    Avec la participation de Jean-Pierre Zarader.

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    Adolfo Bioy Casares et Jorge Luis Borges, qui apparaissent à l’écran au début, co-signèrent avec Hugo Santiago ce film proprement vertigineux,

    où un père venge son fils mort en remontant dans son passé et en jouant plusieurs personnages.

    Film _ important ! _ sur le cinéma,

    l’œuvre montre une réalité construite comme un jeu de miroirs aux identités brouillées.

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    Le mercredi 6 juin à 19 h,

    projection de L’Unique, de Jérôme Diamant-Berger (1986, 85 ‘)

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    Avec la participation de Jérôme Diamant-Berger.

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    Julia Migenes, Charles Denner, Tchéky Karyo et Sami Frey se donnent la réplique dans un film surprenant par ses effet spéciaux et son questionnement sur les hologrammes.

    Peut-on communiquer avec un double, avec son double ?

    Quelle médiation « l’image vivante » peut-elle opérer entre les humains ?

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     Et aussi, lundi 9 avril à 19 h :
    la conférence intitulée Vivre au milieu des images, de Thierry Dufrêne.
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    Aujourd’hui nous vivons au milieu des images : Facebook, Instagram, selfies, bases de données, etc.
    Nous échangeons avec les images des êtres souvent davantage qu’avec les êtres eux-mêmes…
    Mais qui sont vraiment ces êtres d’images, ces entités visuelles, ces extensions de nous-mêmes qui nous font face sur nos écrans 
    et qui s’animent en hologrammes ?
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    Il y a environ 80 ans, Adolfo Bioy Casares posait déjà toutes ces questions dans son livre-météore L’Invention de Morel (1940).
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    Cette rencontre avec le commissaire de l’exposition reviendra ainsi sur l’actualité proprement fascinante de l’œuvre de l’écrivain argentin qui a tant inspiré, donc, l’art contemporain.
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    Elle s’inscrit également dans le cadre du cycle de rencontres mensuelles autour de l’art contemporain latino-américain L’Œil pense à la Maison de l’Amérique latine,
    et organisé conjointement avec l’IESA (Ecole Internationale des Métiers de la Culture et du Marché de l’Art).
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    Maison de l’Amérique latine 

    217 Boulevard Saint-Germain 75007 Paris

    Tél. : 01 49 54 75 00

    www.mal217.org

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    Ce mercredi 21 mars, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    P. s. :

    voici le lien à la vidéo de la cérémonie d’entrée des archives d’Adolfo Bioy et Silvina Ocampo à la Bibliothèque Nationale argentine,

    communiquée par mon cousin _ désormais bayonnais _ François Bioy,

    et que j’ai transmise, le 27 novembre dernier, à mes amis René de Ceccatty (ami d’Alfredo Arias) et Silvia Baron Supervielle ;

    qui l’a communiquée à son tour à sa sœur aînée, à Buenos Aires :

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    ni Silvia, à Paris, ni sa sœur à Buenos Aires, n’étaient au courant de cette donation d’archives,

    si importante pour les Lettres argentines…

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    Entretiens

    et connexions _ dont ce blog trop discret… _ 

    avec les auteurs d’œuvres vraies _ et non promises à l’obsolence du commerce du tout venant _

    est la très ambitieuse _ ou noble, car à fonds perdus _ passion de ma vie.

  • Deux lucides lectures californiennes de Call me by your name et du jeu de ses acteurs, sur le site de Seventh Row

    En surfant sur le web,

    et alors même que je me plaignais de n’avoir rencontré, pour l’essentiel, que des lectures bien superficielles du pourtant si captivant film de Luca Guadagnino Call me by your name,

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    voici que je m’aperçois,

    et avec le retard que nécessitait une réelle lecture !,

    de la très haute teneur en lucidité d’un article

    vers lequel,

    mais en l’ayant bien trop rapidement seulement survolé alors, Armie Hammer is much more than an object of desire in CMBYN _ il est vrai que c’était la justesse de son titre qui m’avait, bien sûr, interpellé ! _,

    renvoyait, mais sans y insister, au passage, au vol…,

    mon précédent article du 12 mars dernier : Call me by your name : le captivant film de Luca Guadagnino ;

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    et qu’amené ainsi à regarder d’un peu près ce que proposait, sur ce sujet, ce site (californien, basé à San Francisco) intitulé Seventh Row,

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    je découvre là plusieurs autres passionnants et tout aussi lucides et magnifiques articles…

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    Sur la série des sept proposés par Seventh Row, du 11 au 18 décembre 2017 :

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    Words are futile devices: On Timothée Chalamet in Call Me by Your Name

    Our six favourite scenes from the first half of CMBYN

    Review: Call Me by Your Name is a gorgeous, erotic tale of first love

    Keeping a straight face: How CMBYN‘s queer characters get misread

    Our five favourite scenes from the second half of CMBYN

    Armie Hammer is more than an object of desire in CMBY

    ‘You’re missing it!’: Tricks with time in Call Me by Your Name

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    voici l’intégralité des deux qui concernent les qualités d’interprétation des rôles d’Elio

    et Oliver

    par les magnifiques Timothée Chalamet

    et Armie Hammer ;

    ainsi que la qualité de direction d’acteurs du superbe Luca Guadagnino :

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    D’abord l’article Words are futile devices: On Timothée Chalamet in Call Me by Your Name

    concernant Timothée Chalamet :

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    JOANNA DI MATTIA / DECEMBER 11, 2017

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    Words are futile devices: On Timothée Chalamet in Call Me by Your Name

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    In Call Me by Your Name, Timothée Chalamet conveys how words aren’t enough for Elio _ en effet. His body reveals the feelings he leaves unspoken _ c’est exactement cela : quel acteur ! quel travail de préparation, puis d’incarnation ! Et quelle direction d’acteur, aussi, de la part de Luca Guadagnino !

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    When Elio Perlman (Timothée Chalamet) finds the courage to speak and tell his family’s summer house guest, Oliver (Armie Hammer), how he really feels about him, he does so indirectly. The 17-year-old’s words are futile devices, posing questions more than providing answers. Words alone can’t convey the enormity of Elio’s feelings for the 24-year-old American graduate student. His body, moving closer to Oliver’s, speaks more clearly _ voilà. The question “Is it better to speak or to die?” – drawn from a medieval tale in which a young knight anxiously wonders if the woman he loves feels the same way – echoes throughout Luca Guadagnino’s Call Me By Your Name.

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    Timothée Chalamet’s performance as Elio reveals just how out of synch Elio’s words and actions are when it comes to his burgeoning desire for Oliver. Elio is a character who barely speaks ; when he does, he’s rarely able to say what he means. Chalamet’s line readings convey how Elio’s precocious intelligence and bookish knowledge are a shield against his lack of life experience. As the son of an academic, Elio has faith that language can reveal the truth about the world ; that words give ideas a discernible shape. But Oliver’s arrival completely dismantles this _ Elio n’ y étant en rien préparé ! Elio comes to understand his desire for Oliver through his body, not his mind _ c’est cela.

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    Revealing his true feelings is a risk _ forcément : s’exposer en pareille matière d’intimité est ultra-dangereux _ for Elio. He protects himself _ d’abord _ by keeping his distance from Oliver and he’s initially abrasive when he does venture closer. Elio is aware of this flaw. After their piano flirtation, we see Elio scribbling in his diary that he had previously been “too harsh” towards Oliver. Even when Elio is ready to tell Oliver how he feels, he stumbles over words and circumvents what he really means. When Elio and Oliver walk around the Battle of Piave monument, Oliver’s question, “Is there anything you don’t know?” is a loaded one. About to divulge how he feels, Elio says that he knows little _ si peu _ about “the things that matter”, but isn’t able to elaborate aloud on what those things are. “You know what things”, he says, instead. Chalamet’s emphasis on ‘things’ poses an innocent challenge _ en effet : charge à Oliver d’y répondre. He looks up, hoping the older man will speak for him.

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    ‘Elio has faith that language can reveal the truth about the world. Oliver’s arrival dismantles this.’

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    If words _ à propos de choses si délicates _ don’t come easily to Elio, Chalamet’s performance makes sure that his physical and facial gestures are less ambiguous _ oui. We see this when Oliver doesn’t show up for dinner one night early in his stay. With an exaggerated flourish of his hand, Elio mocks Oliver’s habit of saying “Later !”. But behind this air of irritated indifference, Chalamet lets Elio reveal _ oui _ something more fragile. As the housekeeper, Mafalda (Vanda Capriolo), removes Oliver’s plate from the table, Elio’s attitude shifts from swagger to disappointment. His eyes are visibly wet and close to tears as he looks towards his mother _ éminemment consolatrice, en toute discrétion : magnifique Amira Casar, aussi _ for reassurance and comfort. That night, Elio is restless and horny. We see him tossing and turning in bed, unable to sleep. Chalamet’s sharp, jerky movements reveal once again how Elio’s body betrays his words. He might seem impervious to Oliver, but something is clearly stirring inside him.

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    Without first-person narration to bring us inside Elio’s head (as André Aciman uses in the novel _ et qu’à la différence du projet d’adaptation initial de James Ivory, Luca Guadagnino a délibérément choisi d’écarter _), we access his inner life almost entirely through Chalamet’s physical performance _ voilà : et c’est beaucoup plus fort. Guadagnino favours wide shots over close ups, which demand that Chalamet use all of his slight, lanky body to show us how Elio feels. He varies his posture, shrugs his shoulders, slumps, and struts to communicate the tumultuous mess that lies beneath Elio’s seemingly calm surface _ c’est parfaitement observé. Chalamet’s body shows us that Elio’s confidence is increasing, too _ mais oui, progressivement, pas à pas. When Elio takes Oliver to his secret reading place by the river, Chalamet’s spine straightens, allowing Elio to look him directly in the eye _ en effet. A two-shot captures this very deliberate incursion into Oliver’s space. Without words, we understand that Elio is daring Oliver sexually _ voilà _, as well as revealing his own emotional growth _ tout à fait : il se déclare encore indirectement, mais en même temps frontalement aussi, ainsi ; étant sur son terrain.

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    ‘Chalamet is a watchful, unguarded performer.’

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    Chalamet is a watchful, unguarded performer. Elio is shy and uncertain. He reveals the most about himself when he seems to be doing nothing more than sitting, standing, sulking silently, or lying still _ et c’est bien là l’atout du cinéma, quand il est aussi bien interprété, et par l’acteur, et par le réalisateur. The tension in Chalamet’s body and face make it clear _ mais en s’abstenant de la moindre parole (ou du moins très explicite de ses raisons) ; et là le monologue intérieur du roman d’Aciman est mille fois trop bavard, et désordonné, qui plus est _ that Elio is always actively _ et pas qu’un peu : les émotions puissantes se bousculent et cognent _ thinking and feeling something. Elio’s earliest interactions with Oliver are shaped around this dynamic of looking and listening at a distance _ tout particulièrement dans le mouvement à distance des deux interlocuteurs dans la scène de la Piazzetta au monument à la Bataille du Piave. He first sees him from his bedroom window _ c’est l’ouverture même du film _ where he says to Marzia (Esther Garrel) that Oliver “seems very confident” _ et la scène est bien différente dans le roman : c’est Elio qui accueille Oliver ; il ne se trouve donc pas à l’étage de la maison, en surplomb, en compagnie de Marzia… While Chalamet delivers the line with a resentful, judgmental tone, his body practically leaps to the window _ en effet _ to see Oliver, suggesting excitement and acute curiosity _ c’est cela : mais c’est aussi qu’il a déjà vu Oliver en photo, au moment du choix du nouvel invité pour l’été 1983 ; il avait donc déjà été impressionné par son image…

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    Whether Elio is watching Oliver from across the lawn, or as Oliver slow dances with Chiara (Victoire Du Bois), Chalamet translates _ c’est là son très grand talent _ Elio’s constant internal monologue with eyes lowered and lips often slightly parted. This gives him both a thoughtful and sensual expression _ tout à fait. At Oliver’s first breakfast with the Perlmans, Elio watches Oliver intently and silently. Guadagnino moves the camera in so we see Elio observing Oliver’s necklace, a Star of David pendant that becomes a symbol of connection _ voilà un premier terrain de compréhension _ between the two Jewish men. In addition, Oliver’s statement about his appetites — if he eats more than one oozing soft-boiled egg, he won’t be able to stop — intrigues _ tiens, tiens ! _ Elio _ en rendant compte du très fort contrôle sur soi d’Oliver ; du poids de son sur-moi. “I know myself”, Oliver declares, and Chalamet registers the significance of this statement with a shift in expression _ il est bien aux aguets. Elio doesn’t speak but looks at Oliver quizzically, unsettled by this decisiveness ; he’s less sure of himself _ il a ses failles… Similarly, when Marzia tells Elio that Chiara wants Oliver “at any cost”, Elio is fascinated by this intensity of feeling — as well as the sight of Oliver moving. Both inflame his interest _ ainsi piqué au vif _ ; he leans forward in his chair, eyes wide open, biting his lip in consideration.

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    Timothée Chalamet and Armie Hammer in Call Me by Your Name

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    Chalamet’s performance captures Elio’s insecurity and teenage arrogance _ mêlés. When Oliver attempts to take control of the situation between them, massaging Elio’s shoulder during a volleyball game, Chalamet draws attention to his confusion. The incursion into his space stops Elio dead in his tracks. Guadagnino is keenly interested in Elio’s response to being touched here. The camera moves from Elio’s shoulder around to face him and takes in how his entire body reverberates. His expression hardens. He looks stunned ; his shoulders tense. He doesn’t know what to say, except, unconvincingly, that he is relaxed. Is Elio annoyed, uncomfortable, turned on, or some combination of all of these ? The way Chalamet looks at Hammer in this scene, along with his stiff movements — stepping away, refusing to surrender his body into Oliver’s hands — captures an authentic reaction. Elio is not yet _ à ce moment encore un peu précoce _ able to read the signs that Oliver is trying to send him about his own desire _ qu’il ne comprend donc pas.

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    Elio’s desire for Oliver, who is so comfortable in his own skin, effectively draws him out of his head and into his body _ soit une nouveauté qu’il ne sait pas encore, à ce moment, comment prendre. Chalamet builds Elio’s aroused physicality into his performance. Once his desire is awoken, he seems to be in perpetual motion _ en effet ; et en cela suivre ses mouvements et expressions sur le vif de ce qui survient et le surprend, est d’une grande richesse pour notre observation. Chalamet employs nervy but daring physical gestures to communicate Elio’s eagerness to discover more. We see this first when Elio joins Oliver _ il court en direction Oliver, perdu dans sa danse, mais sans le rejoindre, lui, puisque c’est Marzia qu’il rejoint là, mais tout près d’Oliver, plongé dans sa danse solitaire au milieu de tous les autres… ; jusqu’à même en manquer tomber _ on the dance floor for “Love My Way” by The Psychedelic Furs _ un des sommets d’excitation (et même sublime) du film ; Oliver étant ici seul avec ses fantômes : c’est sans doute contre (ou avec) eux qu’il « boxe«  ici… Elio zooms in and out of Oliver’s space, enjoying a new sense of physical freedom _ lui, l’intellectuel, il se lance dans la danse ; et ça va continuer… Chalamet’s body roll communicates how Elio is becoming more at ease with himself _ c’est cela : c’est avec son corps qu’il prend ici confiance. In the days after, Elio finds himself home alone and bored _ car Oliver (qui garde ici les yeux fermés) est encore hors d’atteinte de lui. He ends up in Oliver’s bedroom and places Oliver’s red swimming shorts over his face. He breathes in Oliver’s scent, absorbed in the urgency and arousal of this clandestine moment _ de fétichisme sexuel. Chalamet builds and releases sexual tension with his body, thrusting up and down slowly on the bed. With the shorts placed over Elio’s head, Guadagnino doesn’t focus simply on Chalamet’s facial expression but the full extension of his body _ oui : la connivence de jeu entre l’incarnation de l’acteur et l’intelligence magnifique de la camera est entière _ in these actions.

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    ‘Elio’s desire for Oliver effectively draws him out of his head and into his body.’
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    Chalamet’s performance deepens as Elio’s experience does. Gestures highlight Elio’s inexperience and hungry enthusiasm _ entremêlés. We see that Elio is propelled by desire and fear _ très logiquement : il lui faut vaincre et surmonter le vertige du trouble… _ in equal parts. His moves towards Oliver are tentative and exploratory _ peu à peu. Elio’s fingers reach out to touch Oliver’s face and neck during a foot massage ; his tongue explores Oliver’s lips, not daring to venture further in _ pour le moment ; l’avancée procède pas à pas _ ; he playfully bites Oliver’s shoulder and practically scampers up his body before they have sex.

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    In the lead up to, during, and after Elio and Oliver sleep together, Elio’s feelings continue _ c’est logique, et nous suivons cela… _ to travel a turbulent course. We see his insecurity before they fall into bed, as Oliver takes the lead and undresses more quickly. We see it when Elio wakes up, confused, maybe unsure about what has happened between them ; he is once again cool and remote. While Oliver warmly moves closer, Elio sits up and draws his body away, turning his head to the window. Chalamet conveys the full impact of Elio’s experience with Oliver. Having sex isn’t simply the achievement of an ultimate goal, but an event that unleashes ecstasy, confusion and further self-doubt _ c’est complexe, en effet ; mais l’appréhender par les mouvements et expressions sans mot de l’acteur est bien plus efficace que par les élucubrations contradictoires et confuses du monologue intérieur d’une voix-off, comme dans le roman. Ce cinéma physique et sobre là est bien mieux éloquent !

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    Call Me by Your Name concludes with an extended close-up sequence _ un très long plan détaillé _ of Elio’s face _ seulement _ that highlights the wisdom and authenticity of Chalamet’s performance. It is Hanukkah, the winter after the summer that has changed _ à jamais même ! _ Elio’s life. After a devastating phone call from Oliver _ qui a cette fois pris l’initiative ; à distance (protectrice pour lui), il est vrai, de l’océan entre eux deux _, Elio sits down in front of the fireplace, ostensibly seated before the camera, and silently expresses his grief. He cries. He aches. He gets angry. There is a flash of a smile ; a joyous memory _ aussi. Perhaps bittersweet acceptance and resolution, too. For several minutes, as the credits roll and Sufjan Stevens sings the line, “I have loved you for the last time” (from the song “Visions of Gideon”), Chalamet doesn’t speak and barely moves, beyond subtle modulations of his mouth, eyes, and breath _ voilà, sans hystérie. Yet he does everything required to bruise our hearts while showing us that Elio’s is caving in.

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    ‘Chalamet’s eyes reveal the memory of the ecstasy of being with Oliver and the agony of losing him.’
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    Chalamet’s eyes reveal both the memory of the ecstasy of Elio’s time with Oliver _ et pour toujours _ and the immense agony of losing him _ à jamais, en même temps. It is no exaggeration to say that, through them, he allows us to see inside his soul. In a film of acutely sensitive moments, what Chalamet does here, as Elio breaks down and begins to put himself together again, is very special. It’s a completely transparent performance _ quel talent ! There are no masks. Mr Perlman (Michael Stulhbarg) has wisely advised his son _ c’est en effet important _ not to make himself “feel nothing so as not to feel anything”. Here, Chalamet exposes how Elio feels it all. We do, too — the totality of his experience of first love, from lust to heartbreak. No words required _ le fond de l’art du cinéma, fondamentalement physique, est bien de l’ordre du muet. Guadagnino has described Chalamet as a “beautiful, budding flower”, but in Call Me By Your Name, he is truly an actor in full bloom _ c’est parfaitement vrai. Chapeau l’artiste !

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    Et maintenant l’article Armie Hammer is more than an object of desire in CMBYN

    concernant Armie Hammer :

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    ORLA SMITH / DECEMBER 16, 2017

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    Armie Hammer is more than an object of desire in CMBYN

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    In Call Me by Your Name, Armie Hammer’s performance as Oliver weaponizes his star persona, allowing us to misread his character in the same way that Elio does. This is the sixth piece in our Special Issue on Call Me by Your Name. Read the rest of the issue here.

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    Armie Hammer has spent his entire career _ jusquà ce film-ci non compris _ playing _ sans rien forcer, tant c’est massivement évident _ the object of our desire. Leave it to the ‘proper’ actors to go deep ; Hammer shall play the pretty face, with his blue-eyed, golden-haired, six-foot-five, all-American good looks. His star appeal is almost too obvious _ mais oui ! _, as if he’d been hand-crafted by the Hollywood machine to embody _ avec le plus grand naturel _ everything it represents : dashing looks, easy charm, and casual comfort in his own skin _ c’est dit.

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    From the beginning of his career, studios have leapt at the chance to cast him as all the classic archetypes _ oui, sans rien avoir à forcer _ : western hero, Russian spy, literally Prince Charming. Even his critically-acclaimed breakout performance — as the arrogant, preppy, Harvard-educated Winklevoss twins in The Social Network — perpetuated the idea of Hammer as an extrovert _ voilà _with extraordinary self-assurance _ en forme de bénéfice immédiat sans conteste… Role after role after role has taught us unequivocally who Armie Hammer is supposed to be : a matinée idol, impossibly polished, masculine to a fault _ oui.

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    Luca Guadagnino is the first director to not only recognise that perception, but weaponize it. In Call Me by Your Name, 17-year-old Elio Perlman (Timothée Chalamet) is taken aback to discover that, underneath a varnished surface, Hammer’s Oliver is a man with fear, pain, and desires of his own _ voilà : on ne peut plus humainement, enfin… In casting Hammer, Guadagnino allows us to go on the same complex journey as Elio _ mais oui _ : we are entranced and infatuated by Hammer’s image, and therefore just as disarmed as Elio is to discover _ c’est cela, par-delà le vernis poli, joliment glacé et brillant, de l’image _ the complex man (and gifted actor _ et combien ! _) hiding underneath his intimidating, statuesque beauty. As unfathomable as it might seem given his leading-man looks, Hammer has the talent, the bravery, and the will _ oui : c’en est même héroïque ! _ to strip away every trace of that persona and expose his soul _ rien moins ! ôtés tous les masques (et vêtements !!!) _ on screen.

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    ‘Guadagnino is the first director to not only recognise our impossibly polished perception of Hammer, but weaponize it.’
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    At the start of Call Me by Your Name, Oliver seems like a physical manifestation of everything Elio wants and aspires to be _ en terme d’idéal de virilité accomplie. Elio desires Oliver in much the same way that we have been expected to desire Hammer in his previous films ; in the words of Elio’s mother (Amira Casar), Oliver is “la muvi star”, a label _ hollywoodien _ Hammer carries with ease. Oliver’s near arrogant self-assurance, and the confidence with which he inhabits his body _ c’est même impressionnant _, are irresistible _ en effet _ to the gangly and uncertain Elio. Guadagnino repeatedly shoots Hammer from below, gazing up at his perfection just as Elio does, such as when he downs a glass of apricot juice in one go ; Elio takes small sips. Oliver drinks life _ oui _ in with relish and without hesitation _ selon les plus évidentes, massives et très persuasives apparences. Qui pourrait le contester ?

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    ‘Hammer has the talent, the bravery, and the will to strip away every trace of persona and expose his soul on screen.’
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    His exaggerated cool attitude comes close to being a caricature of the ‘object of desire’ _ voilà ; or, derrière ce presque trop parfait objet (de désir), nous allons découvrir un sujet (actif !) beaucoup plus incertain, et bien plus humain (et touchant), lui… Guadagnino’s camera either deifies Oliver from below, or objectifies him, adopting Elio’s gaze _ en effet, d’abord pris, mais un peu plus tard, décillé _ when he observes Oliver from afar and above. When Elio watches Oliver from his balcony, Oliver seems present only as an object to be gazed at and lusted after _ voilà _ by his desirer. Hammer’s movements are quick and decisive : he jumps off his bike before it’s even stopped moving and strides confidently forward while removing his shirt _ en tout geste capté par le regard. He teases the camera, and the lens glorifies him in return. Guadagnino and his star indulge our impulse to fawn over Hammer’s good looks, tricking us into objectifying his character. After watching Oliver from the balcony, Elio lies back on his bed and begins to masturbate _ comme devant une image (fût-elle, comme ici, mentale) _, Oliver still on his mind _ c’est l’élément moteur de l’excitation. He takes pleasure solely from Oliver’s appearance and projected confidence ; his star persona.

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    ‘Oliver drinks life in with relish and without hesitation.’
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    In the earlier scenes of Call Me by Your Name, Oliver is guarded, and Guadagnino’s camera doesn’t question the ‘easy read’ of his attitude. Oliver is an enigma _ oui ! faute d’aspérité offerte, directement visible _ to Elio and to us : he hides his eyes behind sunglasses and is often too far from the camera for his expression to be discerned _ ici, c’est le talent de la réalisation qui aide… Elio perceives _ mal _ Oliver’s seemingly indifferent attitude as rudeness, and interprets _ à tort _ the impromptu backrub Oliver gives him as casual and too-forward. Elio is the more active character in the frame in this scene _ en effet _ : our attention is drawn to his shifting body (which is foregrounded), along with his face, which flits wildly between indignation, annoyance, panic, and swooning.

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    ‘Hammer teases the camera, and the lens glorifies him in return.’
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    We’re so busy reading the open book that Chalamet is during the backrub that we only spare a cursory glance in Hammer’s direction, and thus take his ‘don’t care’ attitude as given. Our focus on Elio’s rather demonstrative reaction distracts us _ mais oui _ from the hesitant cracks _ tiens, tiens ! _ in Oliver’s voice, or his nervous intake of breath as he realises he may have taken things a step too far. “I think he’s shy”, Mr. Perlman (Michael Stuhlbarg) muses one night over dinner, but that explanation seems ridiculous to Elio at the time. As the film later reveals, Oliver’s outward confidence is indeed a veil _ de protection _ to insecurity, but a veil so opaque _ pour le moment _ that Elio cannot imagine _ pour le moment, donc _ what might be behind it. Neither can we _ en effet _ ; throughout his whole career, the characters Hammer has played have behaved just as Oliver does, so why would we _ du moins, les familiers du cinéma hollywoodien _ question that behaviour this time around ?

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    Yet from the beginning, Guadagnino punctuates the film with subtle hints at Oliver’s complex inner life by demonstrating his independence _ voilà _ from Elio’s gaze — he exists as a fully-fledged human being, and not just an aspirational object _ pour Elio. His work as Mr. Perlman’s research assistant, and his relationship with Chiara (Victoire Du Bois) either happen off-screen, or are seen from a distance. When Elio and Oliver are walking through Crema together, Elio is surprised _ et nous avec lui _ to learn that Oliver has already befriended a group of men with whom he plays poker. It’s a reminder that Oliver has a life elsewhere _ en effet ! _ that Elio doesn’t have access to _ Oliver n’est donc pas sa chose. ; non plus qu’un simple sex-toy pour Elio ; Oliver a sa vie à lui, et même sa vie secrète ; qu’il sait assez bien cacher…

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    ‘Guadagnino and his star indulge our impulse to fawn over Hammer’s good looks, tricking us into objectifying him.’
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    We are even allowed a glimpse of Oliver when he is not being watched by anyone, let alone Elio, in a blink-and-you-miss-it scene early on that plants the seeds of the singular, complicated _ voilà _ person we will soon know Oliver to be. On his first morning at the Perlman’s villa, we watch him descend the stairs from his bedroom, alone. He runs his hand over the fabric on the walls, searching the corridor for signs of life, and peers through gaps in the wall at Mrs. Perlman preparing breakfast with her maid, Mafalda. He is careful _ oui, il en a l’habitude, donc _ to remain out of sight from them — the audience alone is privy to this intimate moment, in which we follow Oliver’s gaze in the same way that we usually follow Elio’s. Oliver is not only an object of Elio’s curiosity _ voilà, voilà ! _, but also a man with curiosities of his own _ en effet ; et nous allons peu à peu le découvrir, avec (et grâce à) Elio ; et même là le principal ressort de l’intrigue.

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    ‘At first, Elio takes pleasure solely from Oliver’s appearance and projected confidence ; his star persona.’
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    Call Me by Your Name is the story of Elio’s coming of age _ oui _, but as he and Oliver become more intimate _ voilà _ and begin to understand each other _ oui ; et très intimement aussi… _, we are allowed access to Oliver’s perspective _ voilà _, too _ c’est tout à fait cela. We are no longer alongside Elio, looking for clues to what Oliver gets up to when Elio’s not around. Instead, we get a direct line _ oui _ to the man himself. Shortly before Elio confesses his feelings to Oliver, Guadagnino signals this shift in perspective : we see Oliver’s foot swaying back and forth in the water of the Perlmans’ swimming pool, echoing an earlier shot of Elio gazing down at Oliver’s half naked body submerged in the same water. But a cut away to Oliver’s face — unseen by a distant Elio — reveals that Oliver’s foot can only be seen by himself, and is not the subject of a longing gaze as his body was before. Watching it float idly is a private moment that we are privy to, because Guadagnino is asking us _ voilà _ to see the world through Oliver’s eyes. Guadagnino challenges _ oui, c’est très bien vu ! _ the perception he had previously indulged : that Oliver is an empty vessel onto which Elio can project his desires.

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    ‘It’s a reminder that Oliver has a life elsewhere that Elio doesn’t have access to.’
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    As Guadagnino gives us more access to Oliver’s perspective, his bravado is revealed to be a performance _ seulement ! _ put on for others. It disappears only when he’s not being watched, or later, when he allows himself to be vulnerable with Elio. Oliver’s suave masculinity is practiced : he walks with a strut and clips his sunglasses onto his shirt or shorts in one, swift motion ; the comparatively inexperienced Elio fumbles when trying to execute the same move. Oliver tries to exert ownership over Chiara in an attempt to demonstrate that he fits in with the perceived conventions of heterosexual attraction. While Elio watches, Oliver kisses her with insistence and possessively wraps his arm around her — but as soon as he turns away, Hammer’s controlled, disingenuous smile drops and his face becomes blank ; his romancing of her is all a performance _ voilà, seulement pour donner le change… Il pratique l’art de la dissimulation. When he is with Elio (for whom he holds genuine affection) later in the film _ ses protections tombant… _, his behaviour is far more cautious, considerate, and respectful _ enfin vraiment aimant…

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    ‘Oliver is not only an object of Elio’s curiosity, but also a man with curiosities of his own.’
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    We know practically nothing _ en effet : du moins peu de choses _ about Oliver’s life outside of this summer in 1983, ‘somewhere in northern Italy’, and Oliver wants it that way _ étant plus que discret sur lui-même, et sur sa vie ailleurs. Freed of the baggage of backstory _ laissé chez lui, outre Atlantique, en Nouvelle-Angleterre _, he becomes a blank slate onto which the people around him, and the viewer, are able to project _ seulement _ an image _ soit un cliché : ça lui est non seulement commode, mais même nécessaire _ of the American male ideal _ un cliché (cinéma hollywoodien aidant !) quasi universalement partagé… Hammer’s casting _ en effet _ further encourages us to see Oliver this way, as he has always maintained that ideal throughout his career _ d’acteur brillant à Hollywood. Most of his characters can be sorted into suave, heroic, or stoic archetypes — but if they had rich inner lives that revealed sensitivity, it wouldn’t be so easy to reduce them to one thing. We, and Elio, reduce Oliver to a “muvi star” at first precisely because he cultivates _ pour avoir la paix _ his own enigma.

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    ‘Guadagnino challenges the perception he had previously indulged : that Oliver is an empty vessel onto which Elio can project his desires.’
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    Hammer is not simply coasting on our shallow perceptions of him, though ; his Oliver is a thoughtfully conceived character with a backstory _ bien sûr ! _, even if the latter is scarcely _ oui _ revealed in any explicit way. Hammer’s body language and voice work grant us access _ mais pas très aisément, pour Elio le premier… _ to Oliver’s past : after Elio and Oliver have sex, Oliver casually cleans his own chest with his shirt and candidly reassures Elio over his concern that Mafalda will look for signs _ de sperme _ : “Don’t worry, she won’t find any”. His assurance hints at years of training to hide _ à ses proches _ his same-sex relationships _ voilà _, and to appear more masculine than he might naturally want to be _ voilà _ in order to appease his parents _ voilà : il ne prononcera qu’à la fin, in extremis, le mot de « père » à propos de ce qu’aurait fait, chez lui, son père, s’il avait découvert les pratiques homosexuelles de son fils… ; soit le représentant (ou l’origine) de son propre Sur-Moi.

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    During his final _ et a posteriori _ phone conversation _ cruciale ; elle est la clé de la révélation des énigmes du comportement d’Oliver l’été précédent, à Crema _ with Elio in the film, this subtext is _ enfin pour notre compréhension, à nous surtout, de son comportement _ made text. He’s envious of the Perlmans’ acceptance _ tout particulièrement de la part du père d’Elio, le Professeur Perlman _ of Elio’s relationship with a man : “You’re so lucky. My father _ voilà !!! _ would have carted me off to a correctional facility” _ voilà ; mais Oliver est-il jamais sorti de cette soumission à son père ? Only now, when the summer is over _ et qu’Oliver se trouve loin, de l’autre côté de l’océan _ , is Oliver willing to speak about his past. But that past was already evident _ ah ! _ in Hammer’s physicality _ ses cachotteries et son malaise. No matter how hard Oliver tries to separate himself from it, his history is ingrained _ oui ! _  in every fibre of his being _ d’un habitant de Nouvelle-Angleterre ?

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    Hammer’s performance is all about the peeling back of protective layers to expose the man inside. He shows the difference between Oliver’s constructed self and true self through the variation in his voice _ à mieux repérer… In the beginning, he speaks with the same resonant, deep, and amiable tone that we know Armie Hammer for — in previous roles, and in interviews _ à Holywood. But after Elio confesses his feelings and makes himself vulnerable, Hammer starts to break down _ voilà _ his own public persona. Oliver’s voice gradually becomes gentler _ ah ! _ because he, too, is allowing himself _ oui : il va lui aussi se livrer : à Elio _ to be vulnerable _ du fait de sa complète dénudation envers Elio. The night they have sex, Oliver has finally gathered the courage to expose his true self completely _ mon cœur mis à nu… His whispered greeting of “I’m glad you came” comes out almost as a whimper _ voilà. It’s a startling moment precisely because it comes from an actor who has built his image _ voilà _ on macho sturdiness _ certes. Nobody _ d’un peu familier du cinéma hollywoodien _ ever imagined he could sound so fragile _ et si humain…

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    ‘Hammer is an actor who has built his image on macho sturdiness. Nobody ever imagined he could sound so fragile.’
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    Guadagnino lingers _ oui _ on this surprising development, and is far more interested in observing Oliver during the ‘morning after’ than he is the suddenly despondent Elio : why show a face that’s closed off when you have one that’s willing to bare its soul ? Hammer’s gestures and expressions aren’t calculated anymore _ enfin ! _ ; his adoring, open-hearted gaze at Elio _ oui _ is striking and emotionally disarming _ oui ! _ because, for the first time in the actor’s career, he has a complete lack of affectation _ il s’est en effet dépouillé du reste. There’s _ enfin _ no amiable wit, self-deprecation, or bravado to shield him.

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    As Oliver lies in bed watching Elio silently get dressed, his defenceless smile _ oui _ wilts into concerned fear. He reads _ à tort _ Elio’s indifference as rejection : now that Elio knows who Oliver is underneath the mystique, does he prefer the idea of Oliver that he had before ? Hammer’s change of expression is heart-breaking because we know it is genuine — Oliver worked so hard to get to a point where he could completely strip away _ voilà _ “la muvi star”. When Elio resurfaces later that day and admits, “I just wanted to be with you”, the smile that breaks across Hammer’s face _ à nouveau _ is one of immense relief and joy that he no longer tries, or is able, to hide _ à Elio seulement.

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    Over the course of Call Me by Your Name’s runtime, Guadagnino and Hammer exploit, question, and then shatter the façade _ oui _ that the actor has been confined to his entire career. It’s an act of extreme meta-textual daring ; Hammer’s career will never be the same again _ ce point est tout à fait intéressant ! Nous allons bien voir… _, now that he has shown us the truth _ voilà _ behind the false fronts that many of his previous characters maintained. In the final act of the film, at the highest point of Elio’s and Oliver’s intimacy, Hammer completely lets loose physically_ voilà… As the pair drunkenly wander the streets of Rome _ Bergamo ! _, Oliver races towards the sound of The Psychedelic Furs’ “Love My Way” on a nearby car radio. Hammer bounds across the stone pavement, giddily screaming “You’re missing it !” His manner is silly, and filled with unchecked joy _ oui. Oliver is finally happy because he’s no longer performing ; Hammer has finally given a performance that strips away all traces of performativity _ on peut dire cela _, because he found a director _ voilà _ willing to do more than just desire him _ mais accéder au plus fragile de son humanité vraie… Sans doute…

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    Deux magnifiques articles, par Joanna Di Mattia et Orla Smith, sur le site de Seventh Row, à San Francisco, les 11 et 16 décembre derniers.

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    Bravo !!!

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    Ce mardi 20 mars 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

     

  • Une réponse à un article critique envers Call me by your name…

    En surfant sur le net,

    j’ai fini par pêcher enfin un article critique à l’encontre du film de Luca Guadagnino Call me by your name,

    sous la plume d’un nommé Vincent Raymond, et publié simultanément dans divers Petit Bulletin

    (de Lyon, de Grenoble, de Saint-Etienne),

    le 27 février dernier.

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    Le voici,

    d’abord tel quel,

    sans la moindre farcissure de ma part :

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    CIAO BELLO
    WTF ? à l’italienne : « Call Me By Your Name« 

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    de Luca Guadagnino (Fr-It-E-U-Br, 2h11) avec Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg…

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    par VINCENT RAYMOND
    MARDI 27 FÉVRIER 2018

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    Italie, dans la moiteur de l’été 1983. Elio traîne ses 17 ans entre son piano, ses doctes échanges avec ses parents, et un flirt avec Marzia. L’arrivée du nouveau doctorant de son père, Oliver, le met étrangement en émoi. D’abord distant, celui-ci se montre aussi sensible à ses appâts…

    …

    Cette roublardise de moine copiste, aux forts relents de Maurice, Chambre avec vue ou Mort à Venise entre autres films avec éphèbes torse nu et/ou James Ivory au générique et/ou Italie vrombissante de cigales, a beaucoup fait parler d’elle dans tous les festivals où elle a été distillée depuis un an — même Hugh Jackman a succombé à son charme.

    …

    Ah, c’est sûr que Luca Guadagnino ne lésine pas sur les clichés pour fédérer dans un même élan les publics quadra-quinqua (indécrottables nostalgiques, toujours ravis qu’on leur rappelle leur adolescence) et gays (jamais contre une idylle entre deux beaux gosses, dont un façon Ruppert Everett blond) ; au point que ressortir du film sans avoir Love My Way des Psychedelic Furs gravé dans le crâne, ni le désir d’un bain de minuit en mini-short relève de l’exploit. Mais que de superficialité, que de prétextes et d’auto-contemplation satisfaite pour diluer un argument de court-métrage !

    …

    Car la romance entre Elio et Oliver se révèle assez ordinaire. Cette première amourette d’ado ne se heurte à aucune impossibilité extérieure : au contraire, la famille intello et libérale d’Elio considère avec bienveillance leur relation. Et si la séparation est vécue comme un immense dramuscule par ce petit égoïste, c’est qu’il s’agit de la seule écharde dans sa vie douillette.
    …

    Donnant parfois l’impression de vouloir contrefaire jusqu’au vertige et au moindre costume l’époque de narration, Guadagnino laisse planer un doute un peu malsain sur des marques affectant le corps d’Oliver — une allusion au sida, qui commençait alors sa terrible hécatombe ? — et se montre surtout bien plus timoré que les cinéastes d’il y a trente ans (notamment Belocchio dans Le Diable au corps) au moment de filmer les étreintes charnelles. Trop poli, Call Me By Your Name est long et morne comme une méridienne sans bain.

    …

    …

    Et maintenant, le voici farci de mes commentaires :

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    D’abord, ce titre avec abréviation (pour initiés seulement !) :

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    CIAO BELLO
    WTF ? à l’italienne : « Call Me By Your Name« 

    …

    Que peut donc signifier cette abréviation, WTF ?

    …

    WTF : abréviation de what the fuck,

    équivalent argotique de what,

    utilisé dans les discussions électroniques instantanées (une nuance d’exaspération, ou plus généralement d’émotion, y est ajoutée par the fuck).

    WTF is this?! Putain, c’est quoi ?!

     

    …

    What The Fuck ? : une manière assez grossière d’exprimer son incrédulité, notamment sur Internet ;

    en français, la vulgarité de l’expression anglaise disparaît ; et WTF signifie Mais c’est du grand n’importe quoi ! 

    …

    Dont acte !

    …

    …

    Italie, dans la moiteur de l’été 1983. Elio traîne ses 17 ans entre son piano, ses doctes échanges avec ses parents _ universitaires _, et un flirt avec Marzia _ sa petite voisine. L’arrivée du nouveau doctorant _ américain, âgé de 24 ans _ de son père, Oliver, le met étrangement _ vraiment ? _ en émoi. D’abord distant, celui-ci se montre aussi _ un peu plus tard _ sensible à ses appâts _ si l’on peut dire : j’y suis personnellement peu sensible…

    …

    Cette roublardise de moine copiste _ de la part du réalisateur Luca Guadagnino, ainsi qualifié de madré copieur ! _, aux forts relents de Maurice, Chambre avec vue ou Mort à Venise entre autres films _ Retour à Howards end, aussi ! _ avec éphèbes torse nu _ mais Timothée Chalamet, s’il est bien très souvent, en effet, torse nu et en short, ici, a peu de choses de la plastique d’un éphèbe… _, et/ou James Ivory au générique, et/ou Italie vrombissante de cigales _ quelle gratuite ironie ! Pour ma part, je suis demeuré sourd aux prétendues cigales du film… _, a beaucoup fait parler d’elle _ = le buzz _ dans tous les festivals où elle a été distillée _ avec habileté apéritive ? _ depuis un an — même Hugh Jackman _ une référence pour l’auteur de l’article ! _ a succombé à son charme.

    …

    Ah, c’est sûr que Luca Guadagnino ne lésine pas sur les clichés _ mais parler et penser procède, et très nécessairement d’abord, chez l’in-fans, de la langue commune, et donc de ses clichés reçus et partagés ! La tâche noble de la parole effective (cf Noam Chomsky, par exemple en ses Réflexions sur le langage) est de s’extraire, en ses phrases inventées, de ces usages d’abord, en effet, stéréotypés, et d’apprendre peu à peu à parler (et penser) de façon si possible un peu plus plus originale (et critique, et même, et surtout, auto-critique !!!) que par ces stéréotypes et clichés, et peut-être enfin, in fine (mais le processus est infini…) par soi-même ; sur les conditions très concrètes de la liberté de penser (et contre la censure), cf l’indispensable et très beau Qu’est-ce que s’orienter dans la pensée ? du grand Emmanuel Kant  : « Penserions-nous beaucoup et penserions-nous bien, si nous ne pensions pas pour ainsi dire en commun avec d’autres, qui nous font part de leurs pensées et auxquels nous communiquons les nôtres ? « , nous apprend, en effet, Kant… _ pour fédérer dans un même élan les publics quadra-quinqua (indécrottables nostalgiques, toujours ravis _ c’est à voir ! _  qu’on leur rappelle leur adolescence _ sauf que Luca Guadagnino a précisément choisi d’éliminer le principe de la voix-off, trop porté sur la nostalgie du passé, à ses yeux, et pas assez présent au présent (du présent présentisme !) ; le principe de cette voix-off qui se souvient, était en effet celui qui avait été choisi en son adaptation première par James Ivory, fidèle en cela à la démarche même du Je me souviens d’André Aciman en son roman ; d’où le clash survenu entre Luca Guadagnino et James Ivory en mai 2016 ; James Ivory dont le nom n’est demeuré au générique du film que dans la perspective (couronnée de succès !) d’une récompense pour le film aux Oscars, qui n’avaient pas su jusqu’ici honorer le nom de James Ivory, maintenant âgé de 90 ans… _) et gays (jamais contre une idylle entre deux beaux gosses _ ah ! cette affreuse expression-cliché ! _, dont un façon Ruppert Everett blond _ Armie Hammer, en l’occurrence : quelle négation de son pourtant très remarquable talent d’acteur ! à comparer, en l’élégante retenue de son incarnation du personnage complexe d’Oliver, avec l’extraversion californienne (!) de ses interviews _) ; au point que ressortir du film sans avoir Love My Way des Psychedelic Furs gravé dans le crâne _ à la première vision du film, ce serait tout de même un exploit ! la scène (impressionnante certes !!! cf mes articles des 10 et 13 mars, dans lesquels j’ai, par deux fois, intégré cette magnifique séquence de danse d’Oliver : «  et « ) dure en effet à peine 44′ … _, ni le désir d’un bain de minuit en mini-short _ à ce point ??? Quel extraordinaire impact a donc ce film ici vilipendé, sur un spectateur aussi mécontent et ronchon que l’auteur de cet article ! _, relève de l’exploit _ mais  c’est là rendre un bien bel hommage à l’hyper-efficacité professionnelle de la « roublardise«  du réalisateur et des producteurs de ce film. Mais que de superficialité _ cependant le très fort impact du film sur ses spectateurs, de même que celui du profondément émouvant troublant jeu des acteurs, ainsi que celui du fini du travail de tous ceux qui (chef opérateur en tête !) ont participé à la réalisation, à la suite de Luca Guadagnino, le maître d’œuvre final de Crema, contredit fortement cette ronchonneuse opinion !!! _, que de prétextes _ à quoi donc ? à de traîtresses manipulations de la sensibilité des spectateurs du film ? _ et d’auto-contemplation satisfaite _ satisfaite de quoi ? des complaisances pulsionnelles homoérotiques des réalisateur-producteurs ? _, pour diluer un argument _ mince et pauvre : mais artistiquement importe seul ce qui en résulte : le produit achevé !.. _ de court-métrage !

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    Car la romance _ pour qualifier les épanchements d’un premier amour, à 17 ans… _ entre Elio et Oliver, se révèle assez ordinaire _ et alors ? quid de la « romance«  de Tristan et Yseult ? de la « romance«  de Roméo et Juliette ? ou de la « romance«  de Pelléas et Mélisande ? Et cela, en leurs diverses et multiples reprises et ré-interprétations… C’est, in fine, seul le style propre de l’œuvre qui importe ! Cette première amourette d’ado _ quel mépris ! _ ne se heurte à aucune impossibilité extérieure _ et alors ? En matière d’« impossibilités« , il en est d’aussi puissantes intériorisées ; telle, ici, et à un certain degré, l’impossibilité d’Oliver de prolonger sa liaison d’un été italien avec Elio, par la persistance de son choix d’épouser la femme à lui promise, avec la pression de ses parents, aux Etats-Unis… _ : au contraire, la famille intello et libérale d’Elio considère avec bienveillance _ mais sans en rien manifester _ leur relation. Et si la séparation est vécue comme un immense dramuscule _ quel oxymore ! le film est (et se veut) l’expression du vécu de l’adolescent : qui peut, de l’extérieur et en surplomb, s’en moquer ?.. _ par ce petit égoïste _ là, c’est carrément injuste ! En dépit de l’égocentrislme normal de tout adolescent (voire de quiconque, du moins au départ de tout vécu), Elio demeure extrêmement attentif à (et très curieux de) l’altérité des autres ; cf par exemple sa belle réponse à la belle réaction de sa petite amie Marzia quand elle comprend que c’est bien Oliver que désire surtout (et aime vraiment) Elio, et pas elle… _, c’est qu’il s’agit de la seule écharde _ superficielle !!! _ dans sa vie douillette _ d’enfant de bobos privilégiés ; mais une blessure d’amour est-elle jamais superficielle, risible, méprisable ?.. De quelle indifférente et froide hauteur se permettre d’en juger ainsi ?..

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    Donnant parfois l’impression de vouloir contrefaire _ pourquoi injurier la simple probité de la réalisation ? _ jusqu’au vertige et au moindre costume _ et alors ?.. La fidélité de la reconstitution des décors, des costumes, du climat musical de 1983, tout cela participe, au delà de sa parfaite simple probité artistique (et d’abord artisanale), du puissant charme du film… _ l’époque de narration, Guadagnino laisse planer un doute _ vraiment ? _ un peu malsain sur des marques affectant le corps d’Oliver — une allusion au sida, qui commençait alors _ à vérifier plus précisément: quand se répandit vraiment la prise de conscience du phénomène du sida ?.. Dès 1983 ? _ sa terrible hécatombe ? — et se montre surtout bien plus timoré _ ah ! telle était donc l’attente principale de ce critique, et la probable raison principale de ses ronchonneries… _ que les cinéastes d’il y a trente ans (notamment Bellocchio dans Le Diable au corps) au moment de filmer les étreintes charnelles _ mais tel n’est pas l’objectif de notre film ; la fougue des désirs n’a pas du tout besoin de surlignages surchargés, telle l’image de la fellation dans le film provocateur (et chercheur de scandale) de Marco Bellochio en 1986. Trop poli _ pour être honnête ? mais non ! _, Call Me By Your Name est long et morne _ Non ! Certes pas ! _ comme une méridienne sans bain _ seulement pour un ronchon bien décidé à s’y ennuyer ; et plus encore à chercher à se faire mousser si peu que ce soit en  déversant ainsi un peu trop à bon compte de l’encre de sa bile sur le film…

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    Ce mercredi 14 mars 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa