Catégorie : Histoire

  • En forme de petit bilan provisoire, à la suite de mon écoute enchantée du CD « L’Heure espagnole – Bolero » de Maurice Ravel par François-Xavier Roth et ses Siècles…

    En forme de petit bilan provisoire, à la suite de mon écoute énamourée du CD « L’Heure espagnole – Bolero » de Maurice Ravel par François-Xavier Roth et ses Siècles,
    voici ce bref récapitulatif-ci :

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    après deux premiers articles raveliens les 17 et 18 juin derniers :

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    j’ai poursuivi sur mon élan d’enthousiasme pour ce magique CD « L’Heure espagnole – Bolero » en état de grâce, de François Xavier Roth et ses Siècles, enregistré les 24 et 25 mars 2021. 
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    En voici, et en écoutant bien ce CD, les fruits successifs,
    en dates des 20, 21 et 22 juin :
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    La comparaison de la vidéo de l’enregistrement sous la direction de François-Xavier Roth 

    avec le podcast de l’enregistrement, en 1965, sous la direction de Lorin Maazel, et avec des chanteurs tels que Jane Berbié, Michel Sénéchal, Jean Giraudeau, Gabriel Bacquié et José Van Dam,
    de l’extraordinaire quintette vocal final de « L’heure espagnole« 
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    m’a convaincu de la formidable supériorité d’interprétation, en 2021, d’Isabelle Druet, Julien Behr, Loïc Félix, Thomas Dolié et Jean Teitgen, avec Les Siècles,
    surtout coachés qu’ils ont été par cet immensément talenteux chef de chant qu’est Mathieu Pordoy,
    dont j’ignorais jusqu’à l’existence jusqu’à ce mois de juin 2023 _ alors que Mathieu Pordoy s’est pourtant produit en concerts, et à plusieurs reprises, en ma bonne ville de Bordeaux…
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    Toute la subtilité, délicatissime, de Maurice Ravel, mais aussi le talent très fin du librettiste Franc-Nohain, en cette « Heure espagnole » si singulière (composée par Ravel en 1907 et 1909, pour l’orchestration), éclatent, et nous éclaboussent de leur très française joie _ gaudriolesque, mais à une distance infinie de la moindre vulgarité… _ dans cette réalisation splendide _ et avec quelle prise de sons ! _ de François-Xavier Roth.
    À la création, en 1911, l’œuvre, par ses aspects certes un peu lestes, n’avait-elle pas suscité le qualificatif de « pornographique » !?!..
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    C’est en cette seule interprétation-ci, en 2021, que nous devenons vraiment à même de l’entendre en sa pure effectivité !
    Grâce à François-Xavier Roth, le chef, mais aussi grâce à Mathieu Pordoy, chef de chant des chanteurs…
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    Alors que pour ma modeste part, jusque là, je n’étais jamais vraiment entré en cette un peu atypique « Heure espagnole » de Maurice Ravel (et Franc-Nohain)…
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    Et puis le CD « Voyage » de Mathieu Pordoy accompagnant au piano la merveilleuse Marina Rebeka, soprano, en un passionnant récital de mélodies _ que je me suis empressé de me procurer au plus vite ! _, m’a permis de découvrir aussi, et admirer profondément, les qualités musicales vraiment exceptionnelles de Mathieu Pordoy au piano… 
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    Ce vendredi 23 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Le génie de claviériste de Benjamin Alard (suite) : à nouveau le volume 8 de son « Johann Sebastian Bach : The complete works for keyboard : For Maria Barbara »…

    En quelque sorte en complément de mes deux articles des 13 et 14 mai derniers,

    « « 

    et « « ,

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    voici en date d’hier 15 juin 2023,

    cet article-ci de Jean-Charles Hoffelé, intitulé « Pour Maria Barbara« , à propos de l’album triple, lui-même intitulé « Köthen 1717 – 1723 For Maria Barbara« , soit le volume 8 de l’intégrale en cours, par Benjamin Alard, de « The complete works for keyboard » de Johann Sebastian Bach,

    soit l’album Harmonia Mundi HMM 902469.71 …

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    POUR MARIA BARBARA

    Pas d’orgue _ en effet _ cette fois, Benjamin Alard narre les années de Cöthen, endeuillées par la perte de la première épouse de Bach, Maria Barbara, et nous conduit sur deux instruments choisis avec art – un somptueux Couchet-Blanchet conservé au Musée de Provins, et un clavicorde sorti des ateliers d’Émile Jobin en 2018 assorti d’un pédalier – dans l’intimité _ voilà : familiale et affective… _ du compositeur.

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    Musique à usage strictement domestique pour les Inventions et les Sinfonias, l’univers intime, les tendres guirlandes de portraits et de danses des Suites françaises que Benjamin Alard assortit de Préludes de François Couperin rejoignant selon lui _ mais oui ! _ cet univers de l’intime.

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    Les instruments sont touchants _ oui ! _ autant que le jeu _ si délicat, tellement juste, de Benjamin Alard… _ qui déleste les Inventions et Sinfonias de toute notion pédagogique et donnent aux Suites des fantaisies, un allant _ oui _, une variété _à la française… _ de climat qui en changent l’écoute.

    ..;

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    Le claveciniste ajoute _ superbement ! _ quantité de pièces « transcrites » par Bach dans son atelier et pour sa pratique consolatrice durant son veuvage, collections de merveilles _ oui, oui, oui ! _ trop peu enregistrées qui augmentent les pouvoirs poétiques de cette huitième livraison. Écoutez seulement _ aux plages 1 à 4 du premier CD de ce coffret de 3 _ la Deuxième Sonate pour violon _ BWV 1003 _ teintée de nostalgie par cet étonnant clavicorde _ merveilleux ! _ si bien capté _ oui _ par les micros d’Alban Moraud.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)

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    The Complete Works for Keyboard, Vol. 8 :
    Köthen, 1717-1723,
    “For Maria Barbara”

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    Sonate pour clavier en
    ré mineur, BWV 964

    Partita pour violon seul No. 2 en ré mineur, BWV 1004
    (extrait : V. Chaconne – arr. pour clavier seul)

    Prélude et Fugue pour orgue en ré mineur, BWV 539
    (version au clavicorde avec pédalier)

    Adagio en sol majeur, BWV 968
    Pedal-Exercitium, BWV 598 (version au clavicorde avec pédalier)
    Grande Fantaisie et Fugue en sol mineur, BWV 542 (extrait : I. Fantasia)
    Inventions et Sinfonias, BWV 722-801 (Intégrale)
    Suite française No. 1 en ré mineur, BWV 812
    Suite française No. 5 en sol majeur, BWV 816
    Suite française No. 3 en si mineur, BWV 814
    Suite française No. 4 en mi bémol majeur, BWV 815 (avec Prélude, extrait de la version BWV 815a)
    Suite française No. 2 en ut mineur, BWV 813
    Suite française No. 6 en mi majeur, BWV 817

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    François Couperin (1668-1733)
    L’Art de toucher le clavecin (extraits : Préludes en ré mineur, en sol mineur, en si mineur et en mi mineur)

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    Benjamin Alard, clavecin

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    Un coffret de 3 CD du label harmonia mundi HMM 902469.71

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    Photo à la une : le claveciniste Benjamin Alard – Photo : © DR

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    Un régal !

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    Ce vendredi 16 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Importance de la reparution de l’édition en traduction française des « Ecrits » de Bela Bartok, par Peter Szendy, aux Editions Contrechamps

    Vient de re-paraître en traduction française par Peter Szendy, aux Éditions Contrechamps, la quasi intégralité des « Écrits » de Bela Bartok, ce compositeur génial et essentiel de la première moitié du XXème siècle…

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    Voici la présentation qu’en a réalisée, le 6 juin dernier, sur le site de ResMusica, Agnès Simon, sous l’intitulé « Les écrits de Bartók, une source essentielle en français » :

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    Les écrits de Bartók, une source essentielle en français

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    Édités en 2006 chez Contrechamps, les écrits de Béla Bartók traduits en français font l’objet d’une réimpression. Ils donnent aux curieux et aux chercheurs une source essentielle _ oui ! _ pour aborder ce compositeur _ majeur… 

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    En dépit d’une certaine popularité dans les salles de concert, les publications en français sur le compositeur hongrois étaient, pendant longtemps, très lacunaires. La postérité de son œuvre fut d’ailleurs biaisée par les récupérations politiques ; et en grande partie ignorée par la génération de compositeurs d’après-guerre. Cette publication participe donc d’un renouveau dans la connaissance du compositeur, auprès de la monographie de Claire Delamarche chez Fayard ou de celle, plus courte, de Laetitia Le Guay chez Actes Sud.

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    Laissant de côté la correspondance (en projet) et les écrits sur l’éthnomusicologie, Philippe Albèra, éditeur reconnu de nombreux textes de compositeurs du XXe siècle, et Peter Szendy (Béla Bartók, un abécédaire ennuagé, Philharmonie de Paris édition _ un ouvrage que je possède _ ), ont édité la quasi totalité de ses écrits (articles, conférences, notes de programmes…) portant sur la musique composée, parmi lesquelles les conférences d’Harvard, écrites à la fin de sa vie, et dont il ne prononça que trois sur les huit initialement prévues, terrassé par la maladie. Aux côtés des présentations de ses propres œuvres, au demeurant laconiques, le compositeur aborde les démarches des compositeurs qui l’ont marqué (Debussy, Strauss, Liszt, Ravel) et de ses contemporains (Stravinsky, Schoenberg, Kodály _ bien davantage qu’un contemporain… _), ainsi que les recherches formelles de son époque, parmi lesquelles la musique atonale, dont il se rapproche dans les années 1915-20 (Le problème de la nouvelle musique, La musique d’Arnold Schoenberg en Hongrie) avant de s’en écarter, pour proposer sa propre voie, principalement celle de la polymodalité, qu’il explique en détail dans ses Conférences d’Harvard.
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    Mais le sujet récurrent est _ en effet _ celui de la musique paysanne hongroise et de ses apports aux compositions. Il s’attache sans relâche à distinguer la « musique paysanne » ou « primitive », ayant échappé à toute influence urbaine, à la « musique d’allure populaire » (selon la traduction choisie par Szendy) ou à la musique dite tzigane. Il revient sur sa quête _ absolument _ intransigeante de musiques paysannes authentiques en Hongrie, dans les pays voisins et jusqu’en Afrique du Nord et en Turquie, parle même des apports et les risques des nouvelles techniques d’enregistrement (La Musique mécanique). Sa charge contre les éditeurs qui s’avisent de publier des musiques populaires hongroises truffées d’erreurs (Musique tzigane ? Musique hongroise ?) est symptomatique de sa défense d’un travail d’ethnomusicologue à la fois sérieux et vivant _ voilà.

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    Les textes, présentés de manière chronologique _ oui _ de 1904 à 1945, se caractérisent donc par une homogénéité dans les sujets abordés. Le ton évolue cependant au gré du contexte historique, qu’il s’agisse de son texte sur La pureté raciale en musique, « lancé à la face des fascismes européens » (Albèra), ou du portrait cinglant de la situation musicale de la Hongrie, ou des conditions matérielles d’exercice de la musique et de la musicologie sous la Russie stalinienne. Quel que soit le sujet ou le ton, Bartók s’exprime toujours avec précision et clarté, une forme d’honnêteté _ voilà ! _, comme l’expression d’une intime conviction.

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    Outre le gros travail de traduction, cette édition présente plusieurs compléments bienvenus : deux portraits touchants par Béla Balázs, son ami et l’auteur du livret du Château de Barbe-bleue, des annotations explicitant les choix de traduction ou de sources, une _ très _ éclairante préface de Philippe Albèra, une _ très précieuse _ bibliographie précise des écrits de Bartók (en hongrois, anglais, ou allemand), et quelques reproductions de photographies et de manuscrits.

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    Béla Bartók (1881-1945). Écrits. Traduction et annotation : Peter Szendy. Édition scientifique : Philippe Albèra et Peter Szendy. Contrechamps Éditions, 2022. 340 p.

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    Un outil de connaissance, par conséquent, incomparable !

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    Ce samedi 10 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le charme vraiment prenant de la tendresse Porpora : le merveilleux CD « Salve Regina » des Muffatti, et le contreténor Clint van der Linde, chez Ramée

    Dans la continuité _ et la frustation _ de mon article «  » du 3 juin dernier à propos de ce qui manque maintenant dans la discographie accessible de Nicola Porpora (1686 – 1768),

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    je suis tombé sur un admirable CD Ramée RAM 2102, paru le 24 mars 2022, par l’excellent contre-ténor sud-africain Clint van der Linde et l’Ensemble Les Muffati, intitulé « Salve Regina – Motets by Hasse and Porpora« ,

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    comportant, entre autres, un sublime « Salve Regina » de Nicola Porpora _ quelle merveilleuse tendresse ! _ composé en 1630, et dédié par Porpora à la cantatrice Zabetta, Elizabetta Mantovani, mezzo-soprano, pensionnaire à l’Ospedale degli Incurabili, à Venise :

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    un admirable motet au charme fou d’une tendresse, oui, sublime.

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    Lire aussi cette récente recension _ découverte après l’audition du CD, et assez neutre poour une fois… _ de Christophe Steyne, sur le site de Crescendo, en date du 11 mars 2023, intitulée (sic) « Le Salve Regina et l’italianisme à l’heure baroque : deux nouvelles parutions » :

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    Le Salve Regina et l’italianisme à l’heure baroque, deux nouvelles parutions

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    LE 11 MARS 2023 par Christophe Steyne
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    Salve Regina, motets by Hasse & Porpora.

    Johann Adolph Hasse (1699-1783) : Hostes Averni ; Alma redemptoris Mater.

    Nicola Porpora(1686-1768) : Salve Regina ; Nisi Dominus.

    Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concertos pour cordes en sol mineur et en fa majeur RV 154 et 136.

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    Clint van der Linde, contreténor.

    Les Muffatti.

    Livret en anglais, allemand, français (paroles en latin et traduction en anglais).

    Mars 2021.

    TT 68’54.

    Ramée RAM 2102

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    Salve Regina.

    George Frideric Haendel (1685-1759) : Adagio-Allegro [The Lord is my Light HWV 255], Presto [Acis & Galatea HWV 49]. Salve Regina HWV 241. Praise the Lord with cheerful voice [Esther HWV 50]. Gloria HWV deest. Silete Venti HWV 242. Tu del Ciel ministro electo [Il Trionfo del tempo HWV 46a].

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    Julie Roset, soprano.

    Leonardo García Alarcón,

    Millenium Orchestra.

    Livret en anglais, français, allemand (paroles en anglais, latin et italien, traduction en anglais et français).

    Septembre 2021.

    TT 73’49.

    Ricercar RIC 442

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    Le Grand Tour du jeune Anversois Corneille-Jean-Marie van den Branden (1690-1761) stimule ce disque qui nous propose des inédits, dont un en lien avec les archives de l’archevêché de Malines, dépositaire de manuscrits légués par ce Seigneur de Reeth. Parmi ces découvertes, le Nisi Dominus écrit dans les années 1710 par Nicola Porpora, dont le CD invite aussi le Salve Regina en fa majeur dédié à Zabetta, célèbre contralto pensionnaire de l’Ospedale degli Incurabili à Venise. L’autre figure de ce récital est un élève et rival du compositeur napolitain, qui comme lui connut une carrière nomade, et qui lui succéda d’ailleurs comme maître de chapelle dans cet Ospedale : Johann Adolph Hasse, émané de la Cour de Brunswick-Lunebourg. Au sein de son important catalogue lyrique, voici Alma redemptoris Mater qui se rattache à la célébration mariale, et Hostes Averni dans sa version conservée au Conservatoire de Bruxelles, une des douze sources identifiées pour ce motet et qui reçoit ici son tout premier enregistrement.

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    Dans sa notice, Clint van der Linde nous explique avoir choisi de présenter ces quatre œuvres sacrées en commençant par les plus graves pour terminer avec les plus aiguës, les plus dramatiques. La voix mixte est garante de la variété des couleurs sur l’ambitus. La manière italianisante, aux portes du style galant, se voit traitée en respectant la veine tantôt opératique (le Hostes Averni ornementé dans le da capo), tantôt introvertie. En privilégiant « les grands arcs d’expression plutôt que se limiter au détail », le contreténor s’offre une vocalisation ample et un souffle contrôlé, que ce soit dans le trait ciselé ou les phrases étirées. Pour faire bonne mesure, le CD est complété par deux brefs concertos de Vivaldi, que Van den Branden rencontra en toute modestie dans les ruelles de la cité sérénissime : les archets de l’ensemble Muffatti abordent ces intermèdes avec une palette moelleuse, tout à l’image d’une prestation vocale très léchée.

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    Le Salve Regina, mais pas que. Cette anthologie toute vouée au Care Sassone s’entend comme un tribut à la période italienne de Haendel (1706-1710) mais aussi plus largement comme « une transposition musicale des mille et une facettes de la psychologie humaine » et une valorisation d’un art sans pareil « de la mélodie dédiée à la voix », nous dit la notice signée de Marc Maréchal. Introduite par un concert instrumental emprunté à la Bibliothèque d’Uppsala (un assemblage tiré d’un anthem et d’un Masque), et guidé par l’inspiration au long cours du Millenium Orchestra qui semblerait prêt à avaler un opéra, le récital aligne l’antienne mariale, un extrait de l’oratorio Il Trionfo del tempo, et ce Gloria de paternité douteuse avant son authentification par le professeur Joachim Marx. On y apprécie les vocalises agiles de Julie Roset (Quoniam tu solus sanctus, où Leonardo García Alarcón ronge le frein), tandis que le Salve Regina montre une voix studieuse, blême et sans couleur, au galbe tendu et pour tout dire peu flatteur, rétif à la tendresse du sujet.

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    Ce timbre monochrome s’assouplit et s’enrichit néanmoins dans le chant de louange Praise the Lord with cheerful voice agrémenté de l’éloquente harpe de Marie Bournisien. Quand Esther fut représenté au King’s Theatre en 1732, le compositeur était déjà retourné en Italie : c’est certainement là, parti recruter des solistes pour la scène londonienne, qu’il rédigea son Silete Venti, pièce principale de ce CD (une petite demi-heure). Après la Symphonia enfiévrée par l’orchestre, on peut apprécier la saine ventilation et le registre lumineux de la soprano, qui exploite sa voix comme un ductile instrument, presque indifférent au texte. Au-delà du brio, l’italianisme ne s’accommoderait-il d’une expression moins droite, qui ne semble là que pour poser des notes, si maitrisées soient-elles jusque dans les cimes (la conclusion du Dulcis amor Jesu) ? Dommage que l’ensemble de ce motet ne soit à l’image du « Surgent venti », où Julie Roset semble enfin prête à fendre l’armure pour ces vents qui se lèvent.

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    Ramée = Son : 8,5 – Livret : 8,5 – Répertoire : 9 – Interprétation : 9

    Ricercar = Son : 8,5 – Livret : 8,5 – Répertoire : 9 – Interprétation : 7

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    Christophe Steyne

     

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    Une merveille de CD…

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     Ce mardi 6 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa