Catégorie : Histoire

  • Sublimissime Gesualdo des Cantiones Sacrae (livre I , 1600) par Giuseppe Maletto dirigeant le Il Pomo d’Oro Choir : un éblouissement spirituel…

    Dans Gesualdo,

    déjà, pour commencer, rien que les Italiens !!!

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    Une nouvelle preuve :

    la sublime réussite de Giuseppe Maletto _ présent dans les CDs si extraordinaires de La Compagnia del Madrigale… _ dirigeant le Il Pomo d’Oro Choir _ quel ensemble ! _ dans le Livre I (de 1600) des sublimissimes « Sacrae Cantiones » du sublime Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613), dans le tout simplement admirable CD Aparté AP 312, qui vient tout juste de paraître _ enregistré en mai 2021 à la Confraternité des saints Roch et Sébastien, à Cumiana, avec une prise de son elle-même limpidissime…

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    Déjà, il n’est que de comparer ce présent CD

    avec celui, sur exactement le même programme, d’Odhecaton dirigé par Paolo Da Col, enregistré en octobre 2013 à l’Abbaye de la Très Sainte Trinité à Venosa,

    soit le CD Ricercar RIC 343 :

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    alors que dans le CD d’Odhecaton,

    on entend seulement _ et c’est cruellement rédhibitoire… _ un chœur qui chante,

    ici, cette fois, et dès la première note,

    c’est la musique même de Carlo Gesualdo qui toute entière simplement parle et retentit en nous…

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    Un intense éblouissement spirituel.

    Une merveille rare.

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    Et l’œuvre, et son interprétation.

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    Ce jeudi 30 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir un compositeur jusqu’ici ignoré de presque tous ceux qu’intéresse et passionne la musique : Joseph Marchand (1673 -1747)…

    « Discovering Joseph Marchand« 

    est précisément l’intitulé de la présentation _ par Evangelia Kopsalidou, qui se réfère aussi au bien connu et essentiel « Dictionnaire de la musique en France aux XVIIe et XVIIIe siècles«  de Marcelle Benoît (aux Éditions Fayard, en 1992)… _, aux pages 8 à 10 du livret du triple CD de « Suites de Pièces mêlée de Sonates pour le violon et la basse » _ de 1707 _, par le oh! trio, de Martyna Pastuszka, violon, Krzysztof Firlus, viole de gamme et Anna Firlus, clavecin et orgue positif,

    ainsi que Jan Cizmar, luth baroque, pour deux gavottes de la Troisième Suite et un Air vite de la Cinquième Suite :

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    soit le triple CD Aparté AP 301,

    enregistré en mai 2020 et 2021 à Mikolow, en Pologne.

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    Le premier et très grand étonnement est la si longue ignorance _ depuis 1707 _ pour cette si importante approche, en France, du violon, instrument italien…

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    Et que ce soit en cette occurrrence trois jeune musiciens polonais, de culture non française, par conséquent, qui soient les premiers défricheurs de ce passionnant répertoire dormant jusqu’ici…

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    Et avec pareille magistrale réussite d’incarnation…

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    Un événement musical, donc !!!

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    Ce mercredi 29 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques précisions-ajouts concernant la descendance de l’oloronais Mathieu-César (dit Jules) Noblet (1839 – 1910) : poursuite d’exploration des cousinages oloronais des Bioy…

    Ce mardi 28 mars 2023,

    je désire apporter de notables précisions-ajouts à mon article du 7 novembre 2022 « « .

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    Que revoici, ainsi complété ici de ces présents ajouts :

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    Confirmation d’identité : le nom officiel de naissance de l’oloronais Jules Noblet, domicilié à Oloron 9 Place Saint-Pierre, est bien Mathieu-César Noblet !

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    — Ecrit le lundi 7 novembre 2022 dans la rubrique “Histoire”.
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    En poursuivant mes recherches sur les noms de Jules Noblet et Mathieu-César Noblet _ et l’intuition de leur totale identification ! (cf mon article du 3 novembre dernier « « ) _,

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    voici, ce lundi 22 novembre 2022, qu’un registre d’actes notariés passés à Oloron en 1891 en l’étude de Maître Darré, mentionnant un acte conclu par l’oloronais Mathieu-César Noblet avec un nommé Pierre Dastugue,

    vient confirmer noir sur blanc on ne peut plus explicitement mon intuition initiale qu’il s’agit bien ici de celui que ses concitoyens oloronais ont la coutume de nommer « Jules Noblet » :

    « Noblet Mathieu César dit Jules » ;

    et qui est domicilié à Oloron 9 Place Saint-Pierre…

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    Cf ainsi la mention faite du « sentencieux Jules Noblet (…) qui avait hérité d’une propension à tous les arts« , en un article de Pierre Dyssord intitulé « La Place Saint-Pierre à Oloron« , dans le numéro du 8 mai 1926 du journal « Pau-Pyrénées«  :

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    « On rencontrait aussi, le lundi, dans l’aimable peit salon de la Place Saint-Pierre, où un panneau représentait la Samaritaine au puits de Janob, le sentencieux Jules Noblet qui avait hérité de Michel Morin une égale propension à tous les arts. Il maniait également la lancette, les ciseaux et la plume du comptable » _ lui qui, après avoir été coiffeur (ou maître-perruquier), était devenu caissier à la Caisse d’Epargne d’Oloron ; un poste dont, à l’âge de 65 ans passés, il démissionna au mois d’octobre 1904, ainsi que nous l’apprend en 5 lignes, à l’occasion de la nomination de son remplaçant, M. M. Joanicot, L’Indépendant des Pyrénées du 20 octobre 1904…

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    Pour rappel

    _ et en me référant aussi à la bien précieuse généalogie familiale réalisée par le cousin Bruno Lucbéreilh _,

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    le Mathieu-César Noblet (Oloron, 11 mars 1839 – Oloron, après le 20 octobre 1904) que les chroniques oloronaises appellent Jules Noblet, et qui est l’époux de Marie Casenave (Oloron, 12 septembre 1837 – Oloron, 28 septembre 1887),

     

    est donc bien fils de François Noblet (Oloron, 28 juillet 1785 – Oloron, 5 janvier 1864) et sa seconde épouse Marie Lasclottes (Eysus, 18 avril 1794 – ?, ?),

    neveu de Pierre-Joseph Noblet (Oloron, 25 novembre 1873 – Oloron, 10 février 1837),

     

    et petit-fils de Jacques-Guillaume Noblet (Saint-Geniez-d’Olt, 28 janvier 1742 – Oloron, 3 mai 1786) et son épouse Geneviève Bioy (Bidos, 3 janvier 1746 – Oloron, 9 mai 1838) _Geneviève Bioy est la fille de Jean Bioi (Bidos, 22 avril 1699 – ?, 20 septembre 1771) et son épouse, en 1730, Marie Casenave (?, 1699 –?, 8 février 1766) ;

    Jean Bioi et Marie Casenave étant les ancêtres communs des Noblet (et Bourdeu) et des Bioy de notre commun arbre généalogique… _ ;

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    ainsi que cousin germain de Félix Noblet (Oloron, 29 juillet 1805 – Oloron, 24 juillet 1884), l’époux de Marie-Anne-Damasie Etcheveste (Chéraute, 1826 – ?, ?) ;

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    et père de :

    Victor-Clément Noblet (Oloron, 16 novembre 1865 – ?, 3 septembre 1908),

    Ernest-François Noblet (Oloron, 2 septembre 1868 – Oloron, 18 juillet 1933), époux d’Anne-Marie-Claire « Anna » Bioy (Oloron, 11 août 1877 – Biscarrosse, 11 avril 1962),

    Charles-François Noblet (Oloron, 4 novembre 1872 – Buenos-Aires, 10 mars 1932),

    et Justine Noblet (Oloron, 6 mars 1876 – Oloron, 20 septembre 1963), épouse _ à Oloron le 1er août 1895 _ d’Étienne-Gabriel Bourdeu (Paris, 21 juin 1868 – Oloron, 17 juillet 1951)…

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    Et ici je me permets de remarquer la durable proximité de relation suivie des deux belles-sœurs Justine Noblet-Bourdeu (Oloron, 1876 – Oloron, 1963) et Anna Bioy-Noblet (Oloron, 1877 – Biscarrosse, 1962),

    qui ont été, chacune, marraine d’un neveu ou une nièce Noblet-Bioy ou Bourdeu-Noblet, liant ansi plus encore leurs deux familles…

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    Anna Bioy (Anne-Marie-Claire, Oloron, 11 août 1877 – Biscarrosse, 11 avril 1962)

    _ fille de Xavier-Pierre-François Bioy (Oloron, 3 décembre 1842 – ?, 1931) et son épouse Marie-Antoinette-Engrâce Mondine (Bedous, 29 avril 1848 – Oloron, 17 janvier 1921) _

    étant la sœur des frères Célestin-Antoine Bioy (Oloron, 30 juillet 1875 – Hasparren, 2 novembre 1946) et Jean-Baptiste-Paul Bioy (Oloron, 12 août 183, devant Arras, 16 juin 1915), dont sont issus les Bioy d’Hasparren…

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    Ce lundi 7 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Et il me faut ajouter maintenant que

    Justine Noblet (1876 – 1963) et son époux Étienne-Gabriel Bourdeu (1868 – 1938)

    ont eu deux enfants :

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    _ Amélie-Louise-Elisabeth Bourdeu (Oloron, 30 mai 1896 – Oloron, 25 novembre 1998), épouse de Louis Malric (?, 1889 – ?, 1971) ;

    le couple n’aura pas d’enfant.

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    _ Jules-Etienne Bourdeu (Oloron, 31 octobre 1898 – Oloron, 17 juillet 1951), époux de Marie Bergerot (Asasp, 1er Juillet 1909 – Oloron, 29 novembre 2003) ;

    ils auront 5 enfants :

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    _ Marie-Françoise Bourdeu (née à Oloron le 19 mai 1942)

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    _ Maurice-Jean Bourdeu (Oloron, 16 juin 1944 – Breuillet, 7 novembre 1983)

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    _ Geneviève-Louise-Etiennette Bourdeu (née à Oloron le 26 décembre 1946)

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    _ Pierre-Louis Bourdeu (Oloron, 25 août 1949 – Oloron, 12 décembre 1969)

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    _ Michel-Xavier Bourdeu (né à Oloron le 9 janvier 1951)

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    Voilà pour le moment…

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    Ce mardi 28 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos de deux récentes interprétations discographique de ce chef d’oeuvre du Baroque musical que sont les « Sonates de Rosaire » de Heinrich-Ignaz-Franz-Biber, un très intéressant article bien détaillé du magazine Crescendo…

    En forme de commentaire détaillé à mon bref article du 24 février dernier, il y a exactement un moix : « « ,

    voici de ce jour même l’intéressant article détaillé de Christophe Steyne, sur le site de Crescendo, très simplement intitulé, lui, « Sonates du Rosaire de Biber : deux nouvelles parutions » :

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    Sonates du Rosaire de Biber : deux nouvelles parutions

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    LE 24 MARS 2023 par Christophe Steyne
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    Heinrich Ignaz Franz Biber
    (1644-1704) : Sonates du Mystère / du Rosaire. Mayumi Hirasaki, violon. Jan Freiheit, viole de gambe. Michael Freimuth, archiluth, théorbe. Johannes Loescher, violone. Christine Schornsheim, clavecin, orgue. Septembre 2020, avril 2021. Livret en anglais, allemand, français. TT 74’09 + 55’30. Passacaille 1088
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    Heinrich Ignaz Franz Biber (1644-1704) : Sonates du Mystère / du Rosaire. Amandine Beyer, violon. Baldomero Barciela, viole de gambe, violone. Francesco Romano, archiluth. Nacho Laguna, théorbe. Anna Fontana, clavecin, orgue. Septembre 2022. Livret en français, anglais, allemand. TT 52’04 + 53’26. Harmonia Mundi HMM 902712.13

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    L’actualité discographique nous amène deux esthétiques très dissemblables pour ces sonates. Du Mystère ? Du Rosaire ? Le titre manque dans le manuscrit, dépourvu de frontispice. Elles procèdent d’ailleurs plutôt du genre de la Suite que de la Sonate, dans la mesure où elles incluent des assemblages de danse (allemande, courante, gigue, sarabande, gavotte…). Quelle que soit l’appellation, elles n’en constituent pas moins un sommet _ sans conteste ! _du répertoire baroque pour violon, voire l’acmé de la polyphonie pour instrument à cordes au XVIIe siècle dans l’aire germanique. Malgré les conjectures, on les date communément de 1678, l’année où le Prince-Archevêque Max Gandolph éleva Biber au rang de vice-Maître de Chapelle à Salzbourg _ oui. Elles lui sont dédiées, en tant qu’une « harmonie consacrée au Soleil de Justice et à la Lune Immaculée », justifiant la pertinente iconographie de la pochette. L’amphithéâtre de l’Université de Salzbourg, où se réunissait la confrérie du Rosaire, s’ornait de tableaux représentant chacun des quinze Saints Mystères.

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    Le compositeur s’inspira de ce cycle liturgique qu’il déclina en autant de sonates, assemblées en trois séries (joie, douleur, gloire) correspondant à la Nativité, à la Passion, et à un ensemble groupant la Résurrection, l’Ascension, la Pentecôte, l’Assomption, le Couronnement de la Vierge. Une seizième sonate, pour violon soliste, se présente comme passacaille et se nomme « L’Ange gardien » que l’on célébrait le 2 octobre, associée à une effigie peinte sur la porte de l’Aula Academica. Même si certaines sonates endossent un langage figuratif, exprimant le sens des images sacrées, et relèvent même du procédé symbolique (croisement de cordes pour traduire la crucifixion), leur composition préexiste pour certaines d’entre-elles à leur mise en recueil. D’un point de vue harmonique, ces sonates se singularisent par l’accord en scordatura _ voilà ! _ (« j’ai réglé les quatre cordes de ma lyre de quinze manières différentes », précise l’auteur dans la préface en latin), que le livret de l’album Passacaille apostille par des clés en vignette.

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    Cette technique, Mayumi Hirasaki l’avait déjà magnifiée dans un album de 2019 (L’Arte della scordatura, chez le même éditeur _ Passacaille). Malgré la virtuosité que requiert l’exécution, la musicienne se distingue par son interprétation intérieure et réfléchie, volontiers mystique qui, dans le calme des premières scènes (son Annonciation tout en sfumato) semble hésiter entre tendresse et velléité. Cette propension méditative culmine toutefois en des étapes comme Le Christ au Mont des Oliviers, ou les variations autour de la Flagellation. Les pages extraverties, comme le praeludium de la Crucifixion, l’aria tubicinum de L’Ascension ou L’effusion du Saint Esprit, montrent une soliste vaillante, sans qu’on accède à ce suprême degré d’ardeur qu’enflammait un Reinhard Goebel (Archiv Produktion) dans son enregistrement qui globalement fait toujours référence pour son intense rudesse illustrative. Un continuo attentif sertit la vision sereine et raffinée de la violoniste nipponne, qui emploie cinq instruments différents, d’époque (c1700, c1750, fin XVIIIe) ou de facture récente. Sa lecture toute résiliente de l’ultime passacaille signe une version dont la palette de nuances se voue au regard contemplatif, épousant intimement les courbes du chapelet de prière, qui n’est pas sans rappeler le témoignage de Fabien Roussel (Bayard).

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    Une plage par sonate chez Passacaille, là où Harmonia Mundi permet un accès plus détaillé. Nul besoin de vérifier le tracklisting (vingt-cinq minutes de moins ! _ oui… _) pour que l’oreille saisisse combien Amandine Bayer nous emmène dans une expédition autrement pressée, dès ses guillerettes évocations autour de la crèche et l’enfantement. Empressée voire désacralisée _ voilà _, ce qui semblerait accréditer que ces pages furent conçues pour le divertissement du prince. La musica representativa, la dévotion mariale deviennent prétextes à des incantations vertigineuses, souvent parcourues bride abattue, repoussant les précédents exploits de Reinhard Goebel ou Patrick Bismuth (Zig Zag). Une ivresse toute chorégraphique dissiperait-elle la ferveur du sentiment ?, à l’instar de ce corps vacillant sur la couverture.

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    « Il y a des projets de disque qui naissent de la musique. Et puis il y en a d’autres qui naissent de la danse ! Cet enregistrement a pu prendre forme dans ma tête, mes doigts et mon cœur grâce à l’impulsion de la compagnie de danse Rosas, et de sa chorégraphe, Anne Theresa de Keersmaeker » _ voilà ! _ prévient l’exergue de la notice. Cette théâtralité imprègne la vision de la violoniste : « je ne peux pas jouer une seule note de cette musique sans voir un corps tourner, deux têtes se rapprocher, une poitrine s’ouvrir et s’abandonner, une main se tendre vers le ciel ou l’obscurité et faire un geste léger, aussi subtil qu’une diminution musicale ». Cette intrépidité vire-t-elle à l’exaltation du mouvement ou s’enferre-t-elle dans l’hypotypose ? Quitte à succomber à des effets bruitistes dans l’aria tubicinum de L’Ascension qui, en guise de troupe guerrière, processionne sur une sorte de claquement de nacaires. En tout cas, on chercherait en vain une valorisation plus cinématique du texte, presque une antithèse aux équilibrages prudents d’Hélène Schmitt (Aeolus) et aux divine fluidités de Monica Huggett (Gaudeamus).

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    Au crédit de cette nerveuse incarnation, on avoue reconnaitre une constante sensibilité à la partition, scrutée jusqu’au maniérisme, surclassant la veine pictorialiste de Lina Tur Bonet (Pan Classics). Brio, suggestivité épidermique placent Amandine Beyer au premier plan d’une vigoureuse prestation où le continuo se plie docilement à la démonstration. Le substrat s’efface derrière une leçon d’archet qui, en flagrance de glossolalie, parle les langues de ces vignettes avec une aisance déconcertante -sans toujours en épuiser le sens, ici survolé, diront les contempteurs. La rhétorique n’est pas appariée à celle du contraste signifiant. On en apprécie d’autant certains moments de grâce où Amandine Beyer, si prompte à éblouir ou émoustiller dans les instances spectaculaires et les turbidités en stylus phantasticus, nous émeut par ses touchantes intuitions, ainsi l’allamanda de la Visitation ou la sarabande de la Pentecôte.

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    Cette incandescente lucidité digne d’un « renouveau charismatique » s’assigne ses propres limites, mais rappelle surtout que Biber, outre la dimension spirituelle que l’on prête à son chef-d’œuvre, fut _ en effet ! _ un des grands virtuoses de l’époque. Par ses rythmes drus, sa sensitivité à fleur de peau, sa diction segmentée, son procès vériste jusqu’à la bambochade, son coloris piailleur (à l’inverse des bas-reliefs d’Andrew Manze sous la même étiquette Harmonia Mundi), cette version des Sonates du Mystère ne sera pas du goût de tous, d’où notre évaluation qui rechigne à l’enthousiasme _ ce qui n’étaits pas mon cas. Résumerait-on en disant qu’elle privilégie le frémissement de l’instant sur la condensation parabolique, qu’elle signalise un graphisme entre naïveté et expressionnisme, -une galerie telle que par-delà les siècles aurait pu la peindre un Max Beckmann ?

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    Passacaille : Son : 8,5 – Livret : 9,5 – Répertoire : 10 – Interprétation : 9

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    Harmonia Mundi : Son : 8,5 – Livret : 8,5 – Répertoire : 10 – Interprétation : 8

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    Christophe Steyne

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    Intéressant.

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    Ce vendredi 24 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa