Catégorie : Histoire

  • Le cinéma d’Emmanuel Mouret et Robert Bresson adaptant « L’Histoire de Madame de la Pommeray et du marquis des Arcis » du « Jacques le fataliste et son maître » de Diderot : ce chef d’oeuvre lumineux qu’est « Mademoiselle de Joncquières »…

    En conclusion de mes articles précédents de ces 4 premiers jours de janvier 2023 :

    _ « «  ;

    _ « «  ;

    _ «  » ;

    _ «  » ;

    …

    et après avoir une nouvelle fois minutieusement revu le DVD du film d’Emmanuel Mouret,

    …

    j’en viens ce jour à mon objectif premier de comparer les adaptations au cinéma, par Emmanuel Mouret, en 2017-2018, en son « Mademoiselle de Joncquières« , et Robert Bresson, en 1944-1945, en son « Les Dames du Bois de Boulogne« , de « L’Histoire de Madame de La Pommeraye et du marquis des Arcis« , extraite du « Jacques le fataliste et son maître« de Denis Diderot, dont l’intégralité est parue, posthume, seulement en 1796 _ en 1793, et cette date est forcément à relever !, était parue à Londres, sous le titre de « Exemple singulier de la vengeance d’une femme, conte moral. Ouvrage posthume de Diderot« , une traduction de l’allemand en français, par Paul-Jean-Baptiste Doray de Longrais, de « Merkwürdiges Beispiel einer weiblichen Rache, aus einem Manuscript des verstorbenen Diderot gezogen« , traduit en allemand par Schiller, paru dans la revue Rheinische Talia, à Mannheim, en 1785 : avant même que le roman de Diderot ait été traduit en entier…

    …

    …

    L’adaptation de Robert Bresson, transposant en ses marquantes « Dames du Bois de Boulogne« , en noir et blanc, en 1944, à Paris, le conte de Diderot, se centrait quasi exclusivement sur le thème de la vengeance de la femme, Hélène _ interprétée par Maria Casares _, qui se sentant flouée par son amant Jacques _ interprété par Paul Bernard _, jetait dans les bras de celui-ci, la jeune Agnès, une petite danseuse de music-hall _ interprétée par Elina Labourdette _, avec la complicité de la mère de celle-ci, Madame D. _ interprétée par Lucienne Bogaert _,

    et évacue complètement le thème du « mariage saugrenu« , « singulier« , qui assure la colonne vertébrale du récit à rebondissements _ et retournement inattendu _ de l’hôtesse de l’auberge du Grand-Cerf, au centre du « Jacques le fataliste et son maître » de Diderot,

    autour de la question éminemment philosophique de la complexité des rapports entre déterminismes divers et libre-arbitre du sujet, telle qu’on peut la trouver dans l’ »Ethique » de Spinoza, la « Théodicée » de Leibniz, ou le « Candide » de Voltaire…

    …

    Une transposition cinématographique (de 82′) un peu trop unidimensionnelle, noire, et restrictive donc _ où est passé le délicieux humour constant, et merveilleusement fluide, de Diderot ?…

    Et avec laquelle Robert Bresson lui-même a pris pas mal de distance…

    …

    …

    En revanche, le travail d’adaptation cinématographique d’Emmanuel Mouret, ayant donné naissance à ce superbe « Mademoiselle de Joncquières » (de 105′), en couleurs, et situé dans le XVIIIe siècle de son récit d’origine, mérite, lui, tous les éloges.

    …

    …

    Non seulement Emmanuel Mouret respecte parfaitement les trois thèmes du « mariage saugrenu« , de la « vengeance« , et de « la méchanceté des femmes » qu’a fort bien relevés Henri Lafon, en 2004, en sa Notice de l’édition des « Contes et Romans » de Diderot dans la Bibliothèque de la Pléiade,

    …

    mais il introduit très opportunément un nouveau personnage, en la personne de l’amie-confidente (mais pas complice !) de Madame de La Pommeraye, interprétée par Laure Calamy, qui vient donner un peu plus de visibilité et de chair, par ses interlocutions, à la très perspicace lucidité introspective de Madame de La Pommeraye ;

    …

    il amplifie considérablement l’importance, en l’économie du récit, du personnage de Melle Duquênoy, dont il transforme le nom en « Mademoiselle de Joncquières », au point de baptiser _ très justement ! _ de ce nom _ inventé par lui _ le film,

    et de mieux justifier encore, par ce que longtemps celle-ci ne dit pas, puis dit, et surtout fait, le complet retournement d’attitude du marquis des Arcis, une fois qu’il a pris acte qu’il a été joué, puis qu’il découvre vraiment, en quelques rapides jours, la personnalité vraie de son épouse _ superbement interprétée par une assez fascinante Alice Isaaz… _ ;

    …

    et il donne un excellent très riche développement à tout le contexte important de l’évolution de la complexe palette des rapports entre madame de la Pommeraye et le marquis d’Arcis, jusqu’à la décision de celle-ci de se venger terriblement de ce qu’elle ressent comme une infamante trahison de son partenaire…

    …

    …

    Et tout cela par le jeu virevoltant _ jusqu’à l’étourdissement, par la vitesse d’accélération de ses micro-nuances _ du magnifique marivaudage du dialogue _ en le croirait tout entier de la plume de Diderot (ou de celle de Marivaux) : comme on savait parler le français en ce siècle !! _ entre les deux personnages, très brillamment interprétés par de lumineux Cécile de France et Edouard Baer, en de très beaux décors et de superbes lumières, et avec de superbes musiques parfaitement adaptées, pour parfaire l’enchantement, à la variété et micro-évolution ultra-fine des situations…

    …

    …

    Soit un chef d’œuvre de film !!!

    …

    …

    Ce jeudi 5 janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ce qu’apporte la lecture attentive du texte de Diderot, dans « Jacques le fataliste et son maître », à la comparaison des visions des films d’Emmanuel Mouret et Robert Bresson, mettant en images, en couleurs en 2018, et en noir et blanc en 1945, le récit de l’histoire de Madame de La Pommeray et du marquis des Arcis ; et du « saugrenu » et sublime mariage de celui-ci…

    Afin de remplir le programme de questions que je m’étais fixé en mon article d’hier « « ,

    …

    après plusieurs lectures et relectures attentives du texte de Diderot _  _, aux pages 133 à 216, de l’édition Folio classique 763 de « Jacques le fataliste et son maître », en 1973, par l’excellent Yvon Belaval (1908 – 1988) ;

    ainsi que sa reprise dans le Folio classique 6556 de  , en 2018 ;

    …

    ainsi que le revisionnage, à nouveau, du « Mademoiselle de Joncquières » si réussi d’Emmanuel Mouret en 2018,

    …

    …

    voici donc ce jour quelques unes de mes réponses :

    …

    …

    D’abord,

    je relève que des trois « thèmes du mariage saugrenu, de la  vengeance et des femmes méchantes« ,

    retenus par Henri Lafon en sa Notice de l’édition de la Bibliothèque de la Pléiade (« Contes et romans » de Denis Diderot, direction Michel Delon, 2004) cités page 25 dans la Note sur l’édition du petit Folio classique 6556 de 2018 _ avec en illustration de couverture du volume de 128 pages l’image même de la couverture du DVD du film « Mademoiselle de Joncquières » d’Emmanuel Mouret, en cette même année 2018 _, c’est l’expression de « mariage saugrenu » qui constitue bien l’alpha, page 146 :

    …

    « L’Hôtesse  _ de l’auberge du Grand-Cerf où Jacques et son maître vont passer la nuit _ : Oh ! c’est un mariage ? (…) Messieurs, prenez-y garde. Cet homme qui est là-bas _ et dont apprendrons, quelques pages plus loin, à la page 156 : « Le plus âgé des deux s’appelle le marquis des Arcis. C’était un homme de plaisir, tès aimable, croyant peu à la vertu des femmes. (…) M. le marquis en trouva pourtant une pour lui tenir rigueur. Elle s’appelait Mme de La Pommeraye« … _ et qui a si rudement traité ma pauvre Nicole _ la petite chienne blanche de l’hôtesse _, en a fait un de bien saugrenu » _ mariage _, lit-on à la page 146 ;

    une expression renforcée tout aussitôt par la question du maître : « Et qu’a-t-il donc de si singulier le mariage de cet homme ? » ;

    …

    ainsi que l’omega, page 213, du conte :

    …

    « L’Hôtesse : Et moi, je vous souhaite une bonne nuit. Il est tard, et il faut que je sois la dernière couchée et la première levée. Quel maudit métier ! Bonsoir, messieurs, bonsoir. Je vous avais promis, je ne sais plus à propos de quoi _ le simple thème du mariage (à la page 156) _ l’histoire d’un mariage saugrenu : et je crois avoir tenu parole « , lit-on à la page 213… 
    …

    …

    Alors que le mot de « vengeance » _ ainsi que l’expression de « méchanceté des femmes« … _ n’apparaît qu’à la page 174, où c’est encore l’Hôtesse qui parle :

    …

    « Je ne vous ferai point le détail de toutes nos extravagances quand on _ un homme _ nous délaisse _ nous, les femmes… _, vous en seriez trop vains _ vaniteux. Je vous avais dit que cette femme _ abandonnée : Mme de La Pommeray, donc _ avait de la fierté ; mais elle était bien autrement vindicative. Lorsque les premières fureurs _ de n’être désormais plus aimée du marquis des Arcis _ furent calmées, et qu’elle jouit de toute la tranquillité de son indignation _ comment ne pas admirer la si admirable plume de Diderot ? _, elle songea à se venger,  mais à se venger d’une manière cruelle, d’une manière à effrayer tous ceux qui seraient tentés à l’avenir de séduire et de tromper une honnête femme. Elle s’est vengée, elle s’est cruellement vengée, sa vengeance a éclaté et n’a corrigé personne ; nous n’en avons pas été depuis moins vilainement séduites et trompées« …

    …

    …

    Et vient alors le récit lentement distillé, de la page 174 à la page 207, de la mise en jeu très soigneusement appliquée des « grands ressorts«  _ écrit page 183 Diderot _ de la patiente, et extrêmement efficace en la cruauté extrême de sa vengeance, machination ourdie par l’honnête femme trahie et blessée, soit « le mariage du marquis des Arcis et d’une catin«  _, pour reprendre l’expression du maître qualifiant ainsi cet assez « singulier«  et bien « saugrenu mariage« , page 203… _, avec ce premier aboutissement-ci, page 207, le lendemain de la nuit de noces du marquis des Arcis et de Melle Duquênoi _ nommée Melle de Joncquières, dans le film d’Emmanuel Mouret : ce nom de Duquênoi (le nom de naissance de la « ci-devant d’Aisnon« , apprenait-on aux pages 197 et 213) pouvant un peu trop nous évoquer aujourd’hui celui de Le Quesnoy (associé à celui de Groseille) d’un film qui n’a vraiment rien à voir avec l’univers si merveilleusement subtil et raffiné de Diderot ici… _ ; « La nuit de noces se passa bien. (…) Mais ce fut le lendemain…« , venait juste d’annoncer la très habile à pérorer (et délicieuse à écouter) Hôtesse, page 206 _ cf les expressions de Diderot à la page 155 : « la passion de l’hôtesse pour les bêtes n’était pourtant pas sa passion dominante, comme on pourrait l’imaginer, c’était celle de parler. Plus on avait de plaisir et de patience, plus on avait de mérite ; aussi ne se fit-elle pas prier pour reprendre l’histoire interrompue du mariage singulier (…). Et l’hôtesse se mit en devoir de goûter le plaisir délicieux de pérorer« … _ :

    …

    « Le lendemain _ donc, de cette trompeuse nuit de noces _, Mme de La Pommeray écrivit au marquis un billet qui l’invitait à se rendre chez elle au plus tôt, pour affaire importante. Le marquis ne se fit pas attendre.

    On le reçut avec un visage où l’indignation se peignait dans toute sa force ; le discours qu’on lui tint ne fut pas long ; le voici :

    …

    « Marquis, lui dit-elle, apprenez à me connaître. Si les autres femmes s’estimaient assez pour éprouver mon ressentiment, vos semblables seraient moins communs. Vous aviez acquis une honnête femme que vous n’avez pa su conserver. Cette femme, c’est moi ; elle s’est vengée en vous faisant épouser une _ catin _ digne de _ l’homme bien trop commun que _ vous _ êtes. Sortez de chez moi, et allez-vous-en rue Traversière, à l’Hôtel de Hambourg _ ce tripot _, où l’on vous apprendra le sale métier que votre femme et votre belle-mère ont exercé pendant dix ans, sous le nom d’Aisnon ».

    La surprise et la consternation de ce pauvre marquis ne peuvent se rendre« , lit-on immédiatement alors à la page 207.

    …

    …

    Et cela, un peu avant le sublimissime renversement final de ce bien « saugrenu mariage » du marquis des Arcis et la petite Duquênoi, aux pages 210-211 :

    …

    « Levez-vous, lui dit doucement le marquis, je vous ai pardonné : au moment même de l’injure j’ai respecté ma femme en vous ; il n’est pas sorti de ma bouche une parole qui l’ait humiliée, ou du moins je m’en repens, et je proteste qu’elle n’en entendra plus aucune qui l’humilie, si elle se souvient qu’on ne peut rendre son époux malheureux sans le devenir. Soyez honnête, soyez heureuse, et faites que je le sois. Levez-vous, je vous en prie, ma femme, levez-vous et embrassez-moi ; madame la marquise, levez-vous, vous n’êtes pas à votre place ; madame des Arcis, levez-vous...« .

    …

    …

    Et « le marquis ajoutait : « En vérité, je crois que je ne me repens de rien ; et que cette Pommeraye, au lieu de se venger, m’aura rendu un grand service. Ma femme, allez vous habiller, tandis qu’on s’occupera de faire vos malles. Nous partons pour ma terre, où nous resterons jusqu’à ce que nous puissions reparaître ici sans conséquence pour vous et pour moi… »

    Ils passèrent presque trois ans de suite absents de la capitale. »

    …

    …

    Avec cet ultime mot du récit de l’Hôtesse de l’auberge du Grand-Cerf _ j’y reviens donc _, à la page 213 :

    …

    « Je vous avais promis, je ne sais plus à propos de quoi, l’histoire d’un mariage saugrenu : et je crois vous avoir tenu parole« .

    …

    …

    Demain, je traiterai donc, enfin, des manières de rendre cinématographiquement, et par Robert Bresson, en 1944-45, et par Emmanuel Mouret, en 2017-18, ce merveilleux conte philosophique de Denis Diderot, à propos des destinées sentimentales _ vengeance, mariage saugrenu, méchanceté des femmes… _ de quelques uns, plus ou moins « communs » ou « singuliers« , en l’écriture superbe de Diderot…

    …

    …

    Et cette rare « singularité« , qui est celle de la dignité blessée, ô combien vindicative et si cruellement vengeresse, de Madame de La Pommeraye, s’avèrera aussi in fine _ et in extremis, aux pages 209 à 211 du récit _ être celle du pardon assurément « peu commun » _ « saugrenu« , « singulier« , était-il annoncé dès le début du récit, à la page 146, avec ces mots prononcés alors par l’hôtesse, puis le maître de Jacques ; le terme de « commun« , lui, apparaissant dans la bouche de Madame de La Pommeray en son discours de vengeance réalisé et apparemment, du moins à ce moment, satisfaite, à la page 207 : « Marquis, apprenez à me connaître. Si les autres femmes s’estimaient assez pour éprouver mon ressentiment, vos semblables seraient moins communs » ; et ces mots de « commun«  et de « communes«  étant d’ailleurs, et en la bouche cette fois de l’auteur lui-même (!), les mots conclusifs de tout ce récit de « « , à la page 216 de « Jacques le fataliste et son maître«  : « Je vous dirai que, si le premier mouvement des autres est court, celui de Mme de La Pommeraye et des femmes de son caractère est long. Leur âme reste quelquefois toute leur vie comme au premier moment de l’injure ; et quel inconvénient, quelle injustice y a-t-il à cela ? Je n’y vois que des trahisons moins communes ; et j’approuverais fort une loi qui condamnerait aux courtisanes celui qui aurait séduit et abandonné une honnête femme : l’homme commun aux femmes communes » ; sauf qu’ici ni le marquis des Arcis, ni la ci-devant courtisane d’Aisnon, la demoiselle Duquênoi, ne se rangeront, in fine, aux comportements de ces « hommes communs » et de ces « femmes communes« … _ du marquis des Arcis,

    ainsi que celle, aussi, de la sublime, oui _ et s’il n’est pas dans le texte de Denis Diderot, ce mot de « sublime«  est bien prononcé, lui, dans le Mademoiselle de Joncquières d’Emmanuel Mouret… _, rédemption de la petite Duquênoi et ci-devant d’Aisnon, se hissant au final de l’histoire à l’état _ extatique : « Levez-vous, je vous en  prie, ma femme, levez-vous et embrassez-moi ; madame la marquise, levez-vous, vous n’êtes pas à votre place ; madame des Arcis, levez-vous… « , page 211 _ d’une magnifique marquise des Arcis :

    ce que à quoi savent merveilleusement s’attacher, toute en lumineuse douceur, la caméra et le jeu, magnifique, des acteurs _ ainsi que l’intitulé même _ du Mademoiselle de Joncquières d’Emmanuel Mouret…  

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    Ce mercredi 4 janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Denis Diderot (1713 – 1784), entre Marivaux (1688 – 1763) et Laclos (1740 – 1803) ou Sade (1740 – 1814) : la verve grave de l’inspiration (« Jacques le fataliste ») du magnifiquement justissime « Mademoiselle de Joncquières » (2018) du grand Emmanuel Mouret

    Les visions successives du DVD du film « Mademoiselle de Jonquières » (de 2018) d’Emmanuel Mouret

    m’ont plus que ravi : enchanté !

    …

    …

    Par rapport à la pétulante veine disons marivaldienne de la plupart des précédents films d’Emmanuel Mouret,

    celui-ci,

    librement inspiré du récit concernant Madame de la Pommeraye, un des récits annexes présents au sein du virtuose « Jacques le fataliste et son maître » _ publié en son intégralité, en traduction allemande, en 1792 ; et en l’original français, en 1796 _ de Denis Diderot (Langres, 5 octobre 1713 – Paris, 31 juillet 1784),

    présente une veine tout aussi jubilatoirement alerte mais un soupçon plus grave _ on pourrait même ajouter philosophique, mais à mille lieues du moindre didactisme sentencieux ! ; car nous sommes bien là dans la verve étincelante des éblouissantes « Lettres à Sophie Volland » du cher Denis Diderot : le plus fin, juste et subtil de tous les philosophes français des Lumières… _ ;

    …

    une veine qui n’est ni celle du génie de notre très cher Marivaux (Paris, 4 février 1688 – Paris, 12 février 1763),

    ni celle du superbe et très marquant Choderlos de Laclos (Amiens, 18 octobre 1740 – Tarente, 18 septembre 1803) _ dont « Les Liaisons dangereuses«  paraissent à Paris le 23 avril 1782, un peu plus de 2 ans avant le décès de Diderot, le 31 juillet 1784 _,

    ni, non plus celle de Donatien-Alphonse-François de Sade (Paris 2 juin 1740 – Charenton, 2 décembre 1814)… 

    …

    …

    En ce siècle des Lumières français,

    Denis Diderot (1713 – 1784) est donc exactement de la génération intermédiaire entre celle de Marivaux (1688 – 1763), et celle de Laclos (1740 – 1803) et Sade (1740 – 1814)…

    …

    À un moment-clé, donc, de ces Lumières françaises, qui vont mener, aussi, au sanglant épisode de l’effarant impérialisme _ bien moins fin, bien moins subtil, et surtout bien moins juste _ de la vertu sous la Terreur robespierriste…

    …

    …

    « Modération, modération« , prononce le passionné mais sage, au final, marquis des Arcis _ comme une esquisse d’auto-portrait de Diderot lui-même… _

    dans ce fin, subtil, juste, et très réjouissant film « Mademoiselle de Jonquières » du brillantissime, toujours, Emmanuel Mouret, plus que jamais expert ici en ce très fin et délicat rendu cinématographique _ un subtilissime art du vibrant ballet des infra-postures, des micro-traits des visages, des paroles, qu’elles soient effectivement prononcées ou bien tues et masquées, gardées pour soi ; et surtout de l’éloquence des silences saisis, oui, en l’éclair d’à peine un quart de seconde, à l’image du film : ainsi de la brévissime déglutition finale de Madame de La Pommeray souriant (mais jaune…) à l’ultime image du film, contredisant ce que celle-ci vient juste, mensongèrement, à soi-même ; mais s’en abuse-t-elle ? probablement même pas…, d’énoncer à sa confidente, témoin et amie (mais pas complice)…_ du bien difficile et périlleux, sans blesser, « art d’aimer« …

    …

    …

    Voir ici les 2′ de la bande-annonce du film,

    même si celle-ci, loin de mettre le focus sur ce qui est l’essentiel tant pour Denis Diderot que pour Emmanuel Mouret, égare un peu le cinéphile _ comme le philosophe…

    …

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    Bravo !

    et infiniment merci à Emmanuel Mouret pour ce merveilleux travail d’adaptation cinématographique du subtil chef d’œuvre de Diderot !!

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    Ce dimanche 1er janvier 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Identifier les domiciles successifs de Maurice Ravel (1875 – 1937) dans Paris : poses de plaques commémoratives…

    Un article publié ce jour par la rédaction de ResMusica, intitulé « Une nouvelle plaque commémorative Maurice Ravel dans Paris« ,

    fait état de la pose d’une nouvelle plaque mentionnant une des domiciliations successives de Maurice Ravel (1875 – 1937) dans la capitale,

    en partie par les soins de l’Association des Amis de Maurice Ravel.

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    …

    Une nouvelle plaque commémorative Maurice Ravel dans Paris

    …
    …

    L’association des Amis de nous informe qu’après trois plaques commémoratives _ déjà _ posées à son initiative à Paris et alentours _ en l’occurrence Levallois-Perret _, une nouvelle plaque est à présent apposée sur la façade du 15, rue Lagrange à Paris (5e) : « Ici résida le compositeur (1875-1937) de 1896 à 1899 ». Ce sont les copropriétaires de l’immeuble qui ont eux-mêmes pris cette initiative.

    …

    …

    L’association indique que c’est cette adresse postale qui figure sur le premier contrat éditorial de la carrière de Maurice Ravel, signé avec les éditions musicales Enoch en date du 22 décembre 1897 pour le Menuet antique (Contrat n°1 p. 1653 du livre Maurice Ravel, L’intégrale. Correspondance (1895-1937), écrits et entretiens, Paris, Le Passeur Éditeur, 2018) _ un travail monumental, et qui se poursuit, mené par Manuel Cornejo ; et une mine d’informations pour la recherche sur le compositeur né à Ciboure… C’est quand Ravel habitait 15, rue Lagrange, qu’il fut admis dans la classe de composition de Gabriel Fauré le 4 février 1898 au Conservatoire national de Paris, rue Bergère – devenue rue du Conservatoire – (9e) _ en regardant les premières pages de correspondance concernant Maurice Ravel, aux pages 65 à 69 de cette « Intégrale« ,  je remarque que la toute première (et seule, jusque-là) adresse de Maurice Ravel qui y figure, et en date du vendredi 9 juin 1899 (en l’occurrence il s’agit d’une lettre de Maurice Ravel à Florent Schmitt), ne concerne pas cette adresse du 15 rue Lagrange, dans le 5e, mais cette fois le « 7 rue Fromentin« , dans le 9e : non loin du Boulevard de Clichy, et des Places Blanche et Pigalle… Alors que le « 15 rue Lagrange«  se trouve sur la rive gauche, non loin de la Place Maubert, dans le 5e.

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    Les trois plaques commémoratives qui avaient déjà été posées à l’initiative de l’association des Amis de Maurice Ravel sont les suivantes : au 21, rue d’Athènes (9e) – avec le mécénat de la Fondation La Marck –, au 19, boulevard Pereire (17e) et à Levallois-Perret 11, rue Louis Rouquier (rue Chevallier du vivant du compositeur).

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    …

    Une première plaque avait été posée en 1969 au 4 avenue Carnot (17e), adresse du compositeur de fin 1908 à 1917.

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    Le 28 décembre est la date anniversaire de la mort de Maurice Ravel _ le 28 décembre 1937. Le compositeur, décédé en 1937, il y a 85 ans, est inhumé au cimetière de Levallois-Perret _ son ultime domiciliation parisienne, en quelque sorte… (NF)

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    Ce mercredi 28 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa