Catégorie : Histoire

  • Le très beau travail d’Alexis Kossenko pour Rameau…

    La très bonne revue belge Crescendo vient de consacrer, avant-hier 30 novembre, un tout à fait intéressant article intitulé « Alexis Kossenko, Rameau, Walckiers et la passion du patrimoine musical« ,

    à un très riche entretien de son journaliste Pierre-Jean Tribot, avec le chef (et flûtiste) Alexis Kossenko :

    …

    …

    Alexis Kossenko, Rameau, Walckiers et la passion du patrimoine musical

    …

    …
    LE 30 NOVEMBRE 2022 par Pierre Jean Tribot
    très …
    …

    …

    …

    Alexis Kossenko est au pupitre d’une distribution d’exception, du Choeur de Chambre de Namur et de ses musiciens de l’orchestre Les Ambassadeurs – La Grande Écurie pour une intégrale de Zoroastre, tragédie de Jean-Philippe Rameau dans sa version originale de 1749. Cette parution est l’occasion d’échanger avec ce musicien passionné et passionnant _ absolument !

    …

    …

    Votre nouvel enregistrement est consacré au Zoroastre de Rameau. Qu’est-ce qui vous a orienté vers cette partition après Achante et Céphise que vous aviez précédemment enregistrés ?

    …

    …

    Tout  d’abord, mon amour inconditionnel _ on le comprend ! _ pour Rameau, dont le langage m’est désormais familier… même si je suis toujours émerveillé et abasourdi par son audace, son inépuisable invention _ oui. D’une manière plus large, dans le cadre de notre partenariat avec le Centre  de Musique de Baroque de Versailles, nous avons réfléchi aux ouvrages à aborder tout au long de notre résidence ; œuvres qui me tiennent à cœur bien sûr, mais aussi pour une bonne part celles qui attendent dans l’ombre leur résurrection _ tant au disque qu’au concert… C’était le cas d’Achante et Céphise,  ce sera le cas du Carnaval du Parnasse de Mondonville en mars prochain. En ce qui concerne Zoroastre, la situation est assez différente : le titre est bien connu, l’ouvrage a été enregistré plusieurs fois… mais toujours dans sa seconde version,  celle de 1756. La partition de la création en 1749 restait donc à découvrir _ voilà ! De plus, après Achante et Céphise qui est une Pastorale Héroïque (dont dénuée d’action, certes), je souhaitais aborder une vraie tragédie lyrique -genre dans lequel Rameau aiguise à l’extrême son efficacité dramatique.

    …

    …

    Quelles  sont les spécificités de Zoroastre dans l’œuvre de Rameau ?  

    …

    …

    Zoroastre a une particularité importante dans l’œuvre de Rameau : c’est le premier ouvrage à supprimer le prologue, cet acte avant l’acte dont la fonction était, à l’origine, de rendre hommage au roi. Dans l’histoire des prologues, on peut trouver toutes les nuances, bien sûr : on peut se rappeler le « Louis, Louis, Louis… est le plus grand des rois » très flagorneur (et un rien ironique ?) de Charpentier dans Le Malade Imaginaire (Molière essayait sans doute de rentrer en grâce auprès de Roi après sa brouille avec Lully). Certains compositeurs y explicitent un parallèle flatteur entre le monarque et le héros de la tragédie ; d’autres ont habilement réussi une mise en abîme justifiant le spectacle ; certains, enfin, s’émancipent quelque peu de leur devoir envers le roi et en  font un acte introductif déjà lié à la trame dramatique. Dans Zoroastre, on entre de plain-pied dans l’action ; Cahuzac nous avertit que l’ouverture, qui dépeint le combat du Bien contre le Mal, « tient lieu de prologue ». Cette rupture avec l’usage établira  bientôt un nouveau modèle _ voilà. Il est amusant de constater que deux ans plus tard, avec Achante et Céphise dont le prétexte était une naissance royale, il fera un petit pas en arrière en plaçant l’éloge au roi « Vive la race de nos rois »… dans le chœur final !

    …

    …

    De plus, on note l’abandon des sujets médiévaux ou antiques au profit d’un intérêt pour les intrigues évoquant l’orient – souvent reflétées _ en effet _par des noms en Z : Zoroastre, Zaïs, Zélide, Zélidie, Zaïde, Zémire, Zélisca, Zélindor, Zulima, etc…

    …

    …

    Enfin, une caractéristique de l’œuvre est d’être éminemment influencée par les idées maçonniques – elle est même assez manichéenne. La destinée du prophète Zoroastre (Zarathoustra) est de sauver le monde et « d’éclairer l’univers » en dépit d’ailleurs des réticences d’un peuple résigné à vivre en esclavage*. Rameau travaille avec art l’idée de lumière, allant jusqu’à l’éblouissement surnaturel provoqué par la modulation, sans préparation, de sol majeur à mi majeur. Mais je soupçonne que c’est dans l’évocation des scènes maléfiques, d’une durée et d’une intensité exceptionnelles, qu’il prend le plus de plaisir _ oui : il se délecte. Les enchaînements serrés de récits, airs, danses et chœur de l’Acte IV, du sacrifice jusqu’à la danse de victoire des troupes d’Abramane, qui mène instruments et voix au bord de la rupture dans un rythme infernal, est un enivrant tourbillon aussi sadique que jubilatoire _ mais oui.

    …

    …

    Ce  nouvel enregistrement est, comme le souligne la notice de présentation, une recréation de la version originale de 1749. Quelles sont les caractéristiques de cette version originale par rapport à la version plus connue de 1756 ? 

    …

    …

    Dans la version originale, l’intrigue amoureuse est assez secondaire ; c’est le combat de la Lumière contre les Ténèbres, l’aspect philosophique, l’aspect moral, qui absorbe toute l’énergie du librettiste et du compositeur _ voilà. L’essentiel des reproches que l’on fit  aux auteurs portait là-dessus, et c’est ce point qu’ils s’attacheront à corriger dans les remaniements de 1756, en donnant plus de substances aux personnages, notamment féminins : Amélite, et surtout Erinice. Il faut cependant considérer ce défaut sous deux angles, et le relativiser : tout d’abord celui de l’audace, car je trouve justement intéressant, et fort peu consensuel, de faire passer la philosophie avant la romance – et on a tout de même de sublimes duos d’amour entre Amélite et Zoroastre ! Et puis, ce que le  disque ou la version de concert nous font oublier, c’est que tout l’Acte IV tourne autour d’Erinice, même si elle se tait – les nombreuses didascalies laissent imaginer que ces scènes peuvent être d’une incroyable efficacité théâtrale, justement parce qu’elle  est là, forte d’une présence d’autant plus brûlante pendant le sacrifice qu’elle est muette _ oui _, tandis que la Vengeance et les forces obscures lui offrent un sabbat digne d’un film d’horreur.

    …

    …

    Le public, qui avait aussi besoin de temps pour digérer cette somme de nouveautés, fera honneur à la version de 1756 ; c’est une des raisons qui ont conduit les interprètes modernes à préférer cette version. Ça peut se discuter, comme on voit ! Et de toutes  façons, avec trois actes sur cinq entièrement refaits, il y avait une telle quantité de musique géniale inédite qu’on n’avait pas le droit de la laisser dans l’ombre _ oui !

    …

    …

    …

    …

    Avez-vous  d’autres partitions de Rameau en vue pour des concerts ou des enregistrements ?

    …

    …

    Bien  sûr ! Chaque ouvrage de ce personnage génial me fascine. Dans son entièreté dramatique comme dans le moindre détail de prosodie, d’harmonie, d’ornement, d’orchestration, il est visionnaire _ voilà. On attendra parfois deux siècles pour réentendre les climats qu’il  imagine au milieu du XVIIIe siècle, et que l’on a peine, parfois, à rattacher à cette époque. Je me jetterais avec gourmandise _ bravo ! _ sur chaque ouvrage que l’on me proposerais de diriger ! Mais ce qui est sûr, c’est que nous allons faire Dardanus (version 1760) en concert, et reprendre les Paladins dans la mise en scène enchantée, loufoque et poétique de François de Carpentries et Karine Van Hercke, que j’avais créé à Oldenburg ; j’ai un amour tout particulier pour Les Paladins, j’avoue, car ce compositeur de 76 ans semble être mû par l’inspiration et l’humour d’un jeune homme de vingt ans ! Et lorsqu’il confesse, dans ces années-là, qu’il a le métier, mais plus guère l’inspiration, c’est de la pure coquetterie ! D’ailleurs, comme il l’avait fait en 1733 avec Hippolyte,  il parvient encore à dérouter le public en 1760 – qui, bien entendu, taxera d’archaïque ce qui est moderne…

    …

    …

    Vous  dirigez votre orchestre Les Ambassadeurs – La Grande écurie qui est l’héritier de l’orchestre fondé par Jean Claude Malgoire en 1966 et qui a beaucoup œuvré pour la redécouverte des partitions de Rameau (on se souvient de l’enregistrement de Platée).   Comment  voyez-vous l’interprétation de Rameau évoluer ? 

    …

    …

    Revenir  à Rameau après Jean-Claude Malgoire, et ses Platée, Indes Galantes, Temple de la Gloire ou Paladins si visionnaires… quel honneur ! Bien sûr, lire et interpréter Rameau est plus naturel pour ma génération qui en est pétrie que ça a dû l’être pour les pionniers qui ont dû réapprendre _ voilà _ une langue oubliée, retrouver le sens de la prosodie, le pourquoi de cette mesure perpétuellement changeante du récit, la nature des différentes danses, le code des agréments, etc… Ils ont été courageux, visionnaires, ils ont tracé la voie dans une jungle quasi vierge si je fais abstraction des éditions Saint-Saëns et d’Indy)… Je ne sais pas si je peux et dois dire comment son interprétation évolue, mais comment je désire l’interpréter. Je souhaite coller au plus près de la prosodie _ oui _, en mettant l’accent sur la mise en musique et en rythme du mot qui, chez Rameau, est proche de la perfection  ; on ne peut trahir le récit ramiste sans affaiblir le mot, la phrase et son affect. J’exige aussi du chanteur, en même temps qu’un engagement dramatique maximal, une grande rigueur dans cette prosodie soigneusement notée par l’auteur, mais aussi des ornements ; en quelque sorte une approche d’un précision et d’une exigence qu’on pourrait qualifier d’instrumentale. Et à l’inverse, je creuse avec l’orchestre une approche plus vocale, où les instruments sculptent le texte autant que les chanteurs. Le but est bien sûr que chanteurs et instrumentistes, qui parfois ont des habitudes et licences très opposées, évoluent au contraire dans le même monde sonore – et que la dramaturgie en sorte renforcée.

    …

    …

    Par ailleurs je travaille beaucoup la pâte de son de l’orchestre de Rameau _ bien ! _, que j’aime charnue, épaisse, puissante, théâtrale, royale ; l’effectif y est pour quelque chose… mais ce n’est pas tout ; c’est aussi un investissement physique de chacun pour la mise en vibration des instruments, sans économie… il faut s’investir dans le drame tout autant que les acteurs ! Je ne permets aucune sécheresse, et il n’y a pour moi pas pire injustice que d’avoir véhiculé que la musique de Rameau est sèche et décharnée, à son  image. J’espère faire ravaler ces mots aux mauvaises langues qui ont minimisé pendant trois siècles le génie, l’opulence et la tendresse de Rameau _ excellent ! Il y a, enfin, ce que la musicologie nous enseigne, et dont j’essaye de tirer les leçons. Je ne répète pas sans questionner les habitudes mises en place par mes aînés, même si leurs enregistrements m’ont marqué par leur beauté ; je préfère chercher et m’apercevoir que leur approche était la bonne, mais en ayant fait la démarche de l’interroger – j’ose espérer qu’ils ne m’en voudront pas, et que cela est aussi et surtout un respect de l’attitude musicale qu’ils nous ont engagés à adopter ! Parfois, les conclusions sont  différentes : je suis désormais convaincu par l’instrumentation grasse du « petit chœur » (un continuo de trois violoncelles, une contrebasse, et le clavecin), car elle propose un cadre rythmique et harmonique au chanteur, plutôt que de le suivre dans ses fantaisies. Songeons que cela pouvait relever de l’utilité à une époque où on ne disposait pas de « retours » sur la scène pour bien entendre les instruments en fosse… Quant au clavecin, on sait qu’il se tait pendant les pièces d’orchestre – il est intrinsèquement lié à la voix et ne fait pas partie du son des ouvertures et des danses.

    …

    …

    Pour finir, je dirais que je vois l’opéra français de la fin du XVIIe et du début du XVIIIe siècles comme un genre incroyablement puissant est théâtral, impressionnant _ voilà _ ; et pas, mais alors en rien, décoratif et esthétisant. Chez Rameau, la moindre danse est pantomime et participe à l’action ; elle ne se contente pas de la souligner, souvent elle la relaie et l’amplifie. Si les étrangers ne comprenaient pas la musique des Français, ce n’était pas parce qu’elle manquait de théâtralité, c’est parce qu’elle en avait trop au contraire _ excellent ! _ ; on y attendait en vain de grands airs à l’italienne qui, objectivement, sont autant de freins à l’action. Cette incompréhension a longtemps persisté, mais je crois que ça évolue, car je suis enchanté de voir à quel point les auditeurs sont aujourd’hui  frappés par la modernité, l’urgence et l’efficacité _ oui _ de la musique de Rameau.

    …

    …

    Pour  cet enregistrement, vous collaborez avec le Chœur de Chambre de Namur. Comment avez-vous amorcé cette collaboration transfrontalière. Est-elle une première étape d’un partenariat artistique envisagé sur la durée ? 

    …

    …

    Cela  a été un plaisir, et un honneur -j’étais admiratif du son et du travail de ce chœur depuis si longtemps ! Et j’ai été ravi de voir qu’il souhaitaient prolonger ce travail ensemble de manière régulière. Nous nous retrouverons donc sur le Carnaval du Parnasse  de Mondonville, le Te Deum de Zelenka, le Requiem de Mozart… et ils seront logiquement nos partenaires pour notre travail au long cours sur Mendelssohn !

    …

    …

    Cette œuvre a été enregistrée au Grand manège de Namur. Quel a été votre ressenti sur cette nouvelle salle ? 

    …

    …

    Un  régal, tout simplement : la taille en est idéale (spacieuse mais un peu chambriste en même temps, assez pour que tout spectateur se sente proche de la musique ; une grande clarté des plans, une précision relayée juste comme il faut par une jolie longueur de son, flatteuse sans nuire au détail… et cette transparence, on la retrouve tout à fait au micro, comme notre enregistrement en témoigne. Nous retrouverons cette salle avec plaisir en concert, et j’espère ardemment que nous pourrons y planifier plusieurs de nos prochains enregistrements.

    …

    …

    Que  ce soit au pupitre des Ambassadeurs – La Grande écurie pour Rameau ou à la flûte pour Eugène Walckiers, on vous sent très investi dans la mise en avant du Patrimoine musical. Qu’est-ce qui vous motive à défendre cet axe musical ? 

    …

    …

    On retrouve périodiquement dans la musique française, qu’il s’agisse de Rameau, de Berlioz, de Debussy et Ravel, une audace, une intrépidité dans l’expérimentation _ oui !!! _ ; mais, pour autant, elle ne sort pas de rien : outre qu’elle puise son inspiration dans la connaissance  des anciens (Rameau n’aurait pas été Rameau sans Lully, Berlioz sans Gluck, Ravel sans Couperin), elle est tout entière motivée par la recherche d’une expression à la fois plus fine et plus exacerbée _ c’est parfait.

    …

    …

    Ensuite, la palette des couleurs, les textures… c’est un poncif que de dire cela, mais c’est si vrai ! Et lorsque je parle de palette, je pense vraiment à celle du peintre : les compositeurs français sont des peintres de la musique _ oui _ ; il leur arrive parfois de forcer  les traits et les contrastes, mais le plus souvent ils aiment exploiter ces impressions diffuses, ces sentiments furtifs et subtils _ oui _, parfois complexes et mélangés, que l’on peine à saisir et auxquels on aimerait parfois s’attacher plus longtemps… je le dis, je le répète : l’impressionnisme _ oui _ était déjà en germe chez Rameau.

    …

    …

    Il y a aussi, une musique qui est fondamentalement basée sur notre langue _ en effet _ ; et là s’explique sans doute le fait qu’elle est plus récitatif que chant pur _ mais oui _ (c’est vrai pour Rameau, et c’est vrai pour Debussy), et qu’elle ait eu plus de mal à passer la frontière !  Mais elle trouve ses racines dans la langue, dans la danse, ou alors dans les ressorts chorégraphiques de la langue française (à moins que ce ne fût dans le pouvoir narratif de la danse)… Les deux sont intrinsèquement liés en tout cas _ c’est parfaitement vu ! 

    …

    …

    Enfin, il y a aussi l’humour en musique, humour qui sait être franc et effronté, quelquefois grivois, parfois polémique ou politique, mais qui prend très souvent la forme de l’auto-dérision… Les compositeurs aiment s’amuser, se moquer d’eux-mêmes, faire mine d’offrir  le plus délicat des ouvrages… puis le froisser, le salir, avec une jubilation très enfantine. Un exemple ? Chabrier _ mais oui ! _, avec l’air de Laoula qui déplore la mort de son amant Lazuli « Tous deux assis dans le bateau » : c’est un bijou, d’une tristesse et d’une tendresse  à vous faire verser des larmes… si la deuxième partie, en forme de quadrille, ne versait soudain dans la bouffonnerie la plus déplacée « et puis crac ! Et puis crac ! Mon amoureux fit la culbute et disparut au fond du lac !« . C’est contrariant, c’est transgressif, c’est délicieusement sadique, et l’auditeur, qui s’étrangle de rire en avalant ses larmes, est au comble de la jubilation _ voilà. Ironie, deuxième degré, voilà la tonalité si française de l’humour _ c’est très juste… A titre personnel, j’ai pris un immense plaisir à diriger l’Étoile _ cette merveille si jouissive ! _ de Chabrier, et je me sentais dans mon élément – je ne peux qu’espérer le reprendre bientôt !

    …

    …

    Et Eugène Walckiers dont vous faire paraître une intégrale de la musique de chambre (Aparté) ? 

    …

    …

    Et bien, cet illustre inconnu, compositeur et flûtiste originaire d’Avesnes-sur-Helpe dans les Ardennes​, possède toutes les caractéristiques que je vous ai énumérées là : la verve, la sensibilité, la sensualité même, la capacité d’imaginer des couleurs, une flûte et un quatuor à cordes capables (finale du quintette opus 49), une présence  récurrente de la danse, des racines dans la musique populaire, une théâtralité exacerbée (rarement vue à ce point dans de la musique de chambre) ; et surtout cet humour irrésistible et presque cartoonesque (largement hérité de Rossini et de Reicha d’ailleurs) qui parsème son œuvre : on dirait que Walckiers, dans un excès de modestie, avait plus l’intention de faire plaisir avec sa musique que l’ambition de laisser des chefs-d’œuvres impérissables. Croyez-moi, c’est justement ce qui en fait le prix, et qui m’a conduit dans un excès d’enthousiasme, à proposer ni un, ni deux, mais bien quatre disques de sa musique pour lui rendre justice comme il le mérite ! Un projet qui n’aurait pu aboutir sans l’engagement des formidables solistes qui m’entourent, du soutien de  l’Atelier Lyrique de Tourcoing (soucieux de réhabiliter les compositeurs des Hauts-de-France). Puisse notre joie contaminer l’auditeur de ces bijoux !

    …

    …

    Le site d’Alexis Kossenko : www.alexiskossenko.com

    …

    …

    Propos recueillis par Pierre-Jean Tribot

    …

    …

    Crédits photographiques : Alexis Kossenko / Aurélie Remy.

    …

    …

    Un très juste entretien, pour de dynamisantes (et justissimes) interprétations !

     

    …

    …

    Ce vendredi 2 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Du cliché de l’inapproprié idéologique « devoir de mémoire » au plus juste historiographique « roman national », un courriel à propos de la « table ronde » d’hier soir à l’Amphi Montesquieu de l’IEP de Bordeaux sur la complexité de bien faire comprendre les méthodes et les enjeux de la « Fabrique de l’Histoire » par les Historiens d’Histoire presque contemporaine…

    Suite à mon assistance hier soir (de 17 à 19 h), à l’Amphithéâtre Montesquieu de Bordeaux, à une Table-ronde _ à partir de questions préparées pour cette rencontre par des étudiants de Sciences-Po _ autour de l’exposition « Gurs 1940 » consacrée à ce qu’est « Le devoir de mémoire« , de la 39e saison des « Rencontres Sciences Po Bordeaux – Sud-Ouest« ,

    et dont les invités étaient les historiens Annette Wieviorka (née en 1948),  Sébastien Ledoux (né en 1971), et Alain Chouraqui (né en 1949),

    …

    …

    voici le courriel que je viens d’adresser ce matin dès 8 h, à son modérateur, Christophe Lucet…

    …
    …
    Comme je vous ai glissé à la va-vite au terme de votre table-ronde d’hier soir,
    c’était plutôt « Gurs 1940 » qui m’avait incité à venir écouter cette table-ronde réunie à l’Amphi Montesquieu…
    …
    En tant que philosophe,
    vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux,et autour de mon blog Mollat « En cherchant bien« , ouvert le 3 juillet 2008,
    et aussi fils d’un père assistant du Pr Georges Portmann (de 1939 à 1942), et passé (en tant que « T. E.« ) par Gurs en 1942-43,
    je me suis beaucoup intéressé à la démarche historienne…
    …
    Cf le podcast  écoutable de mon entretien du 25 mars 2010 avec Emmanuelle Picard à propos de son remarquable « La Fabrique scolaire de l’histoire » ;
    …
    C’est surtout Alain Chouraqui qui hier soir m’a impressionné : je lirai son « Vertige identitaire » et son « Pour résister ».
    …
    Et j’ai compris que c’était surtout les travaux de Sébastien Ledoux
    (surtout « Le Devoir de mémoire : une formule et son histoire », mais aussi, plus secondairement, et c’est un peu dommage, « La Nation en récit »)
    qui avaient servi de base à l’organisation de cette table-ronde…
    …
    J’aurai préféré un regard bien plus critique des étudiants sur _ et le mot est très juste _ cette « formule », bien trop exploitée par les médias et les pouvoirs, de « devoir de mémoire »…
    …
    Et là-dessus les vigoureuses très bienvenues mises au point d’Alain Chouraqui ont été tout à fait éclairantes ;
    mais ont-elles suffi à bien faire comprendre au public biberonné aux formules ressassées des medias la nécessité de mettre bien plus clairement en critique cette malheureuse expression (idéologisée) de « devoir de mémoire » ? ;
    c’est aux « témoins » que s’impose le devoir de témoigner,
    et pas aux autres, qui ne sont pas des témoins !
    …
    Et pour ce qu’il en est de la compréhension véridique de l’Histoire passée,
    c’est là ce qui appartient essentiellement, au fil des jours de leurs travaux s’enrichissant de leurs mutuelles critiques, aux démarches très exigeantes de ce travail très méthodique des historiens sérieux ;
    qui ont à intégrer aussi, en effet, à leur matériaux (les documents, les archives),
    et en les passant soigneusement au crible de leur critique (pardon du pléonasme !), ces indispensables « témoignages » des « témoins »
    _ dont l’« ère » s’achève, chaque fois, au décès du dernier témoin direct, pour reprendre l’expression d’Annette Wieviorka, dans son important « L’ Ére du témoin », paru en 1998…
    …
    Là-dessus, et pour la Shoah, mettre l’accent sur l’admirable et extraordinaire recueil de témoignages _ souvent d’outre-tombe (tombes qui, dans ces cas, n’ont pas existé !) _ de Saul Friedlander, dans les 2 tomes de son « L’Allemagne nazie et les Juifs » : un indispensable absolu !
    …
    Cf aussi le formidable recueil de témoignages cette fois de témoins indirects et encore vivants de la Shoah par balles du Père Patrick Desbois : «  Porteur de mémoires » 
    …
    Et sur l’histoire de l’Ukraine,
    lire l’excellent et indispensable Timothy Snyder, en commençant par son indispensable lui aussi « Terres de sang _ l’Europe entre Hitler et Staline »…
    …
    Et sur l’historien et le témoignage,
    font justement autorité les travaux subtils et lucidissimes de Carlo Ginzburg, dont « Le fil et les traces » et « Un seul témoin », traduits par notre ami le philosophe Martin Rueff…
    …
    Bien à vous, Monsieur Lucet,
    …
    Francis Lippa
    vice-président de la Société de Philosophie de Bordeaux
    …
    …
    P. s. :
    et ici un lien à la vidéo de mon entretien de mardi dernier 22 novembre avec Pascal Chabot sur son « Avoir le temps » (ainsi que sur l’ensemble de son parcours de penser le réel en philosophe),
    pour l’ouverture, à la Station Ausone, de la session 2022-2023 de notre Société de Philosophie de Bordeaux, dont le président est Pierre Crétois (de l’université Bordeaux-Montaigne).
    …
    Un philosophe, spécialisé en épistémologie des sciences humaines, aurait pu être utile aux étudiants de Sciences-Po pour préparer avec un degré supplémentaires d’acuité cette table ronde…
    Et à la formule trop convenue et surtout inappropriée de « devoir de mémoire », l’expression (et pas le mot) de « roman national » aurait pu être judicieusement substituée…
    …
    …
    Ce vendredi 25 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • A propos de deux ou trois inédits discographiques d’opéras ramelliens enfin accessibles aux mélomanes par le disque…

    Peu à peu, vient, même si c’est un peu lentement, se remplir et compléter, CD après CD, l’incarnation discographique de la riche et si passionnante production musicale opératique de Jean-Philippe Rameau…

    …

    …

    Car voici 2 nouvelles très attendues _ cf mon article du 18 décembre 2021 «  » d’après le point que faisait alors l’ami Patrick Florentin en son « Rameau’operas on disc« , dans le très récent livre « The Operas of Rameau _ Genesis, Staging, Reception » de Graham Sadler, Shirley Thompson et Jonathan Williams, paru le 10 septembre 2021 aux Éditions Routledge… _ parutions discographiques raméliennes  :

    …

    _ d’une part le CD Alpha 876 « Rameau chez la Pompadour Le Retour d’Astrée Les Sybarites« , de l’Ensemble Les Surprises sous la direction de Louis-Noël Bestion de Camboulias ;

    …

    _ et d’autre part le coffret de 3 CDs Alpha 891 de la version de 1749  de « Zoroastre« , des Ambassadeurs-La Grande Écurie sous la direction d’Alexis Kossenko.

    …

    …

    Et si je me permets ici un récapitulatif, de cette liste discographique d’opéras de Rameau élaborée par Patrick Florentin en septembre 2021, ne restent donc plus à produire au disque que des enregistrements de

    _ la version de 1739 de « Dardanus » (créé à l’Académie Royale de Musique le 19 novembre 1739),

    _ « Les Fêtes de Ramire » (créé à Versailles le 22 décembre 1745),

    _ « Io«  (jamais représenté à la scène) 

    _ et l’intégralité, enfin, de « La Princesse de Navarre » (créé à Versailles le 23 février 1745)…

    …

    …

    Et pour aborder pour le moment très succinctement mes toutes premières impressions d’écoute de ces deux réalisations discographiques raméliennes,

    …

    je dois mettre bien au-dessus le travail d’interprétation-incarnation musicale d’Alexis Kossenko pour le coffret Alpha 891, par rapport au travail de Louis-Noël Bestion de Camboulas pour le CD Alpha  876.

    …

    …

    Mais la qualité même des œuvres de Rameau ici interprétées y est peut-être aussi un peu pour quelque chose…

    …

    …

    Charge restant bien sûr à moi de bien bien beaucoup mieux écouter le détail de ces deux réalisations…

    …

    …

    Ce samedi 19 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Quelques questions sur des parents Cixous ayant pu être parfois de passage au 54 rue Philippe à Oran entre 1936 et 1945…

    Jusqu’ici, en ces articles de ce blog, il m’est arrivé de mentionner, mais à peine _ faute de développements un tant soit peu substantiels dans les livres que j’ai pu lire jusqu’ici d’Hélène Cixous : rien que de très brèves elliptiques mentions de noms et prénoms, autant dire quasiment rien pour satisfaire mon endémique curiosité… _, quelques autres membres, oncles, tantes, frères, sœurs, beaux-frères, belles-sœurs, neveux, nièces, cousins, cousines des proches de la petite Hélène Cixous et son petit frère Pierre,

    seulement très furtivement évoqués _ même pas des ombres, et encore moins des fantômes qui parlent, et avec lesquels converser… _ qui peuvent apparaître sous forme d’un plus ou moins précis lien de parenté _ par exemple, en 17 pages de « MDEILMM Parole de taupe » : « ma cousine« … _, ou d’un prénom _ par exemple, à la page 140 de « MDEILMM Parole de taupe » : « Claire« , en la phrase : « La cousine s’oriente entre les Claire et les Deborah,  je m’y perds« ,

    qui suit immédiatement cette autre phrase assez intéressante pour mes essais de repérage généalogique des Cixous d’Algérie : « Avec le temps les vingt-quatre progénitures tous mariés avec cousins cousines entreabrahamisés et automoïsés deviennent de plus en plus nombreux de plus en plus petits, il y a de plus en plus d’issus abrahamoïsés » ;

    et la phrase qui lui succède, page 141, est la suivante : « Le petit peuple des souris, gent de beaucoup de cœur, est uni vers le cap de la Reine _ soit Reine Sicsu, veuve de Samuel Cixous, du 3e étage du 54 rue Philippe à Oran, ces années-là… _ _ Personne n’ayant le téléphone, des cousins arrivent au troisième étage sans prévenir, à la suite d’un tremblement de terre _ l’oncle Moïse Cixous (né à Tiaret le 2  février 1875 et qui décèdera à Fréjus le 4 juin 1963, frère d’Abraham et Samuel Cixous) et sa famille sont domiciliés à Orléansville ! Et Moïse Cixous, photographe, était président de la Ligue des Familles Nombreuses d’Orléansville..  _ ou d’une plaie _ afin de se faire soigner par le cousin médecin Georges Cixous… Parmi les traits remarquables de ces mouvements : la famille ne s’entredéchire pas. Un instinct  _ à défaut de téléphone _ guide les consanguins, qui leur évite les embouteillages. Alice semble avoir joué le rôle de centrale-Information« … _ dans ce « MDEILMM Parole de taupe« .

    …

    …

    Il faut donc bien davantage préciser, pour commencer, les données d’identités de Claire Cixous, Déborah Cixous et Gabriel Cixous,

    soient les deux sœurs et le frère de Georges-Jonas Cixous (Oran, 5 septembre 1908 – Alger, 12 février 1948),

    soient aussi les deux tantes et l’oncle paternel d’Hélène (née à Oran le 5 juin 1937) et de Pierre Cixous (né à Oran le 11 novembre 1938) ;

    …

    et éventuellement leurs domicialisations respectives ces années-là, entre 1936 et 1945…

    …

    …

    Si le nom de Claire Cixous est bien prononcé _ cf le détail qui en est donné un peu plus haut ici même… _ à la page 140 de « MDEILMM Parole de taupe« ,

    nulle part, cependant, rien qui la concerne personnellement n’apparaît ici ; ni non plus, à mon souvenir du moins, que dans les ouvrages précédents que j’ai pu lire de sa nièce Hélène Cixous ;

    et cela à la différence, du moins pour ce qui concerne cet opus-ci, de ce qui apparaît ici de sa sœur cadette Déborah (Oran, 17 janvier 1906 – Cachan, 27 août 1992)…

    …

    …

    Ainsi Claire Cixous (Oran, 9 novembre 1903 – Paris, 28 septembre 1995) a-t-elle été mariée deux fois ; une première fois avec un monsieur Benhamou, dont elle a eu un enfant Benhamou ; puis, une seconde fois, à Oran, le 13 août 1928, Isaac-Fernand Amar, dont elle a eu avec trois enfants Amar, parmi lesquels, peut-être, ce cousin qu’Hélène Cixous nomme ici « mon Cousin Saul, le nain (…), l’archiviste demeuré, qui a découpé le petit scarabée de Journal _ soit l’avis du décès de Georges-Jonas Cixous, le père d’Hélène, paru dans Alger républicain en février 148 , et reproduit page 65 _ et l’a conservé, pour une durée perpétuelle, dans l’ambre poussiéreux de ses vieux cartons, parmi les avis de naissances, morts, et divers événements généalogiques  » et « c’est Saulqui a transformé la rumeur du monde en dalle funéraire, émondé le siècle de mon père, découpé au ciseau le flot sonore des jours, réduit le corps de mon père en scarabée d’or« , page 66 ; et aussi, page 158, celui qu’elle nomme le « neveu Saul-co-théosophe » de sa « Tante Déborah » Cixous…

    Et qu’ailleurs, dans « Nacres Cahier« , cette fois, à la page 44, et sous l’en-tête « Chez Paul-les-Malheureux – 11 juin 2017« , elle nomme cette fois « Paul, mon cousin, 88 ans » ;  puis, page 66, « Paul, mon cousin« , immédiatement suivi de « Pi, ma cousine, 85 ans, longue chevelure blanche soyeuse qui fut brune jadis » ;

    une notation de 2017 (dans « Nacres Cahier« ) qui vient à l’appui de celle de maintenant (dans « MDEILMM Parole de taupe« ) : « Elle _ « Ma Cousine« ... _ a les cheveux longs en soie blanche, longs, longs, qu’elle met depuis quatre-vingts ans, et c’est comme si elle me regardait dans mes cheveux très courts, de toute la longueur de ses cheveux, et je sautille. (…) La Cousine mange des gâteaux…« …

    …

    Je me demande donc si ce « Cousin Saul-le nain« , « neveu Saul-co-théosophe » de « Ma Tante Déborah » _ et un peu plus tôt « Paul, mon cousin, 88 ans«  (en juin 2017) _,

    et cette « Ma Cousine » _ et un peu plus tôt « Pi, ma cousine, 85 ans«  (en 2017) _,

    ne sont pas des enfants _ nés, Saul-Paul, en 1929, et sa sœur Pi, en 1932… _ de la sœur aînée de Déborah et Georges-Jonas Cixous, soit Claire Cixous, et de son second mari Isaac-Fernand Amar _ mariés à Oran le 25 janvier 1929, comme cette mention de mariage a été rajoutée sur l’acte d’état-civil de naissance de Claire Cixous, en date du 25 janvier 1929.. _, qui ont eus trois enfants ;

    dont ce Saul-Paul, né vers 1929, et cette Pi, née vers 1932…

    …

    …

    Et, concernant cette tante Déborah, de nombreux _ plus ou moins homériques _ qualificatifs, aidant un peu à la situer au sein de la galaxie familiale des Cixous (du second étage du 54 rue Philippe à Oran) :

    …

    _ page 141 : « Déborah La Malade née-pour-être-soignée, ou pour avaler le Couscous réservé au Fils par la mère et rien qu’à Lui » ;

    _ page 149 : et à propos de la medium Alice Carisio  « Sa Fervente Déborah la Malade-Née-pour-être-Soignée » ;

    _ page 150 : « Déborah-la-mauvaise-santé » ;

    _ page 151 : « la Vie Secrète de la Vierge Déborah » et « Maigre Déborah » ;

    _ page 153 : « maigre Déborah » ;

    _ page 158 : « Ma tante Déborah, cas digne, aura laissé instruction à son neveu Saul-co-théosophe qu’il veille à ce que la Prière soit enterrée avec elle, afin que morte elle soit gardée des ennemis invisibles » ;

    et page 159 : « Grêle Déborah couchée le regard tourné vers les photos de ses hommes récite à voix haute : Barnasa…« 

    …

    …

    En revanche, rien n’apparaît dans ces récits d’Hélène Cixous sur le quatrième et dernier membre de la fratrie des 4 enfants de Samuel Cixous (Tiaret, 10 septembre 1877 – Oran, 6 juin 1933) et son épouse Reine Sicsu (Oran, 20 octobre 1881 – Paris, 7 juin 1965),

    je veux parler ici de Gabriel Cixous (Oran, 24 octobre 1912 – ?, 1er juillet 1957),

    qui a obtenu le baccalauréat de Philosophie au Lycée de Garçons d’Oran au mois de juillet 1926 ; a été diplomé de la Faculté de Médecine et Pharmacie d’Alger en juillet 1931 ; et qui a exercé en tant que médecin ou pharmacien à L’Arba en 1948 et 1949, selon les renseignements que j’ai pu glaner jusqu’ici…

    …
    Lui, Gabriel Cixous _ qu’il ne faut pas confondre avec un cousin Gabriel Cixous, d’Orléansville, photographe, fils de Moïse Cixous (Tiaret, 2 février 1875 – Fréjus, 4 juin 1963, « le photographe d’Orléansville«  dont a parlé Roger Cixous, fils de ce Gabriel et petit-fils de ce Moïse Cixous, en un article intitulé « Mon Grand-Père, le Photographe d’Orléansville »…) _,

    n’est, semble-t-il, pas du tout entré dans l’imageance de sa nièce Hélène Cixous…

    …

    …

    Il est vrai que j’ignore l’essentiel de ce qui est advenu des rapports d’Eve Klein, la veuve de Georges Cixous, avec les membres de sa belle-famille Cixous à la suite du décès, à Alger, du Dr Georges Cixous, survenu le 12 février 1948. il me semble que le tropisme ashkénaze tourné vers les racines d’Osnabrück a dû être plus puissant qu’un éventuel tropisme séfarade orienté vers les racines de Tétuan… Mais c’est surtout là mon ignorance qui s’exprime, et probablement bien à tort…

    …

    Ne serait-ce qu’au vu de la résonance infiniment durable et aux harmoniques profondes des souvenirs et fantasmes de la maison aux escaliers du 54 rue Philippe à Oran, entre 1936-37 et 1945-46…

    …

    …

    D’où la présence prenante en ce récent opus qu’est « MDEILMM Parole de taupe« , la taupe continuant bien sûr de creuser et parler (page 63), de personnages comme « Monsieur Èmile » et sa sœur, la « medium-écrivain » (page 133), Alice Carisio _ et Madame Léonetti, « la théosophe la plus secrètement réputée de cette ville philosophique«  qu’est Oran (page 115) ; ou aussi le souvenir de la fameuse Madame Blavatsky (page 154), sans compter quelques références à un Artemidorus (page 30), ou à un Jonas Ramus (page 80), venant titiller et alimenter ici l’imageance poïétique fantastique et ailée d’Hélène Cixous… _ du quatrième étage, au haut des escaliers de l’immeuble, du 54 rue Philippe, à Oran…

    …

    …

    À suivre…

    …

    …

    Ce vendredi 18 novembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa