Catégorie : Histoire

  • Décès de Jean Mauriac, un homme juste et droit

    C’est hier que, un peu par hasard,

    en parcourant la presse quotidienne,

    j’ai appris la nouvelle un peu sèche du décès, lundi 24 août dernier, de Jean Mauriac,

    le dernier vivant des quatre enfants de François Mauriac (Bordeaux, 11 octobre 1885 – Paris, 1er septembre 1970) :

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    Claude Mauriac (Paris, 25 avril 1914 – Paris 22 mars 1996, époux de Marie-Claude Mante) ;

    Claire Mauriac (Paris, 5 août 1917 – Paris, 19 novembre 1992, épouse d’Yvan Wiazemsky) ;

    Luce Mauriac (Paris, 17 avril 1919 – Boulogne-Billancourt, 16 octobre 2011, épouse d’Alain Le Ray) ;

    et Jean Mauriac (Paris, 15 août 1924 – Paris, 24 août 2020, époux de Caroline Flipo).

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    Sur les tombes _ loin de Bordeaux, de Malagar, et de Saint-Symphorien _ de quelques uns des membres de la famille Mauriac,

    cf cet informatif article de Bertrand Beyern : Qui repose à Vémars ? _ Vémars (Val d’Oise) se situe entre Roissy-en-France et Mortefontaine…

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    J’ai rencontré Jean Mauriac, à Bazas, lors d’un très amical déjeuner sous les arcades de la Grand-Place,

    à l’occasion d’un salon du livre de Bazas, auquel je participais aussi ;

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    et j’en ai conservé une forte impression,

    d’un homme juste et droit.

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    Et c’est avec un vif plaisir que j’ai lu son très vivant et direct François Mauriac à Malagar _ Entretien avec Eric des Garets,

    paru en janvier 2008, aux Éditions Fayard ;

    ainsi que son passionnant et très riche Le Général et le journaliste _ conversations avec Jean-Luc Barré, également paru aux Éditions Fayard, et en janvier 2008.

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    Je me souviens aussi de ce mot d’un ami commun,

    en janvier 2016,

    alors que je faisais des recherches un peu fouillées sur la vaste famille bordelaise des Mauriac :

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    « Tu as raison d’être mauriacien ! Et sans te limiter au seul François. C’est incontestablement une famille d’écriture. Depuis le père de François _ Paul Mauriac (Saint-Pierre d’Aurillac, 22 mai 1850 – Bordeaux 11 juin 1887) _ jusqu’à sa petite fille Anne _ Wiazemsky (Berlin, 14 mai 1947 – Paris, 5 octobre 2017). 

    J’aime beaucoup Jean dont j’ai été très proche. A mes yeux, c’est un bien meilleur écrivain que Claude qui est davantage un « chroniqueur ». Jean est plus libre ! Et son écriture, comme celle de son père, si sensuelle, si attachée au monde. Jean est très fatigué.
    J’ai aimé le livre d’Anne Duprez _ Claire Mauriac _ le roman d’une mère _, si imparfait soit-il. La bio de Barré _ François Mauriac _ biographie intime, en deux volumes _ est infiniment supérieure à celle de Lacouture, et elle ne triche pas !« …

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    Jean Mauriac : une perte marquante pour la grande culture française.

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    Ce samedi 29 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les merveilleuses pièces pour clarinette (ou alto, ou violoncelle) et piano de Robert Schumann : un fabuleux CD « Es war final… » de Jörg Widmann, Tabea Zimmermann et Dénes Varjon, en 2017

    Ce mercredi 26 août 2020,

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    Jean-Charles Hoffelé, sur son excellent blog Discophilia,

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    à l’occasion d’un CD « Mit Myrten und Rosen« ,

    le CD Berlin Classics 0300430BC,

    consacré par le violoncelliste Isang Enders (avec le pianiste Andreas Hering) à toutes les pièces pour violoncelle et piano de Robert Schumann,

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    chronique aussi un merveilleux CD paru en 2017,

    intitulé « Es war eimal… » de Jörg Widmann, clarinette, Tabea Zimmermann, alto, et Dénes Varjon, piano,

    le CD myrios classics MYR020,

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    consacré, lui, aux Märchenerzählingen Op. 132 für Klarinette, Viola und Klavier,

    Fantäsiestücke für Klavier und Klarinette Op. 73

    et Märchenbilder fûr Klavier und Viola Op. 113

    de Robert Schumann ;

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    avec aussi une composition originale de Jörg Widmann

    _ compositeur aussi bien que clarinettiste _,

    Es war einmal… Fünf Stücke in Märchenton für Klarinette, Viola und Klavier
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    Un CD qui m’avait énormément plu et marqué, lors de sa parution, en 2017.

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    De même que j’apprécie énormément

    et Tabea Zimmermann,

    et Jörg Widmann…

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    Voici donc cet article de Jean-Charles Hoffelé,

    intitulé Myrthes, roses et cendres :

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    MYRTHES, ROSES, ET CENDRES

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    Le plus secret de Schumann n’est pas dans ses Chants de l’aube, opus ultimes _ en effet _ où j’ai le sentiment que Caspar David Friedrich est venu écrire les notes avec son pinceau ; non, il est dans les recueils à instruments variables des Märchen, Stücke in Volkston, Fantasiestücke et autres Andante. Des “lieder” avec instruments, de forme libre, de propos plus libres encore, musique pour la chambre, la nuit, pour le jardin, la nuit, musique avec grillons et lune. C’est le plus clair de l’âme si sombre de Schumann qui écrit ici les notes.

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    J’ai longtemps _ depuis la parution du CD, en 2017… _ retenu ma plume avant d’écrire sur le disque de Tabea Zimmermann et de Jörg Widmann, où ils marient leurs instruments dans les Märchenerzählungen, les parant de phrasés magiques _ oui ! _, les jouant secrets et fantasques _ oui : ainsi qu’il se doit… _, déployant leurs récits et leurs pas de danse sur le piano paysage de Dénes Várjon, au toucher d’ondiste _ oui. Quelle merveille de poésie, d’invention _ oui, oui _, qui se retrouve dans les pièces très Weber _ c’est juste aussi _ des Fantasiestücke où Jörg Widmann met une fantaisie rêveuse _ oui _ alors que l’alto de Tabea Zimmermann brosse avec un grand caractère _ en effet _ les Märchenbilder.

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    Le disque se referme par les étonnantes cinq pièces d’Es war einmal… où la plume de Jörg Widmann fait divaguer l’esprit des contes schumanniens dans un cadre très Sécession Viennoise, coda nocturne d’une inquiétante poésie _ oui : d’un siècle différent _ pour un album irréel.

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    C’est toutes les pièces pour violoncelle et piano, y compris les Fantasiestücke, Op. 73, qu’Isang Enders réunit, les contrepointant avec deux pages d’Isang Yun belles comme des questions sans réponse.

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    Son archet dit avec une pointe d’humour les petites histoires des Fünf Stücke in Volkston que je n’avais pas entendues aussi caractérisées depuis le beau microsillon Erato de Frédéric Lodéon, le piano svelte d’Andreas Hering mettant des ailes à ces pages savoureuses où Schumann s’invente un folklore imaginaire.

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    L’Adagio und Allegro perd son caractère concertant pour devenir une confidence suivi d’un envoi alerte, fusant, qui rappelle quel virtuose sait être ce poète d’Isang Enders (et pour l’intimité du chant, le quasi murmure, écoutez la berceuse du Langsam de l’Opus 102, impondérable)… On ne sait pas qui a transcrit pour le violoncelle l’Andante cantabile du Quatuor avec piano en mi bémol majeur publié à Leipzig en 1866, mais quelle merveille !

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    Lorsque paraissent les ténèbres lyriques du Zart des Fantasisestücke, Op. 73, l’archet du jeune homme se fait barde, rappelant que le timbre de voix humaine du violoncelle va plus loin encore dans le ton de lieder des trois pièces que ne le peut la clarinette.

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    Disque beau, énigmatique, crépusculaire, inespéré de poésie venant d’un si jeune instrumentiste : ses perfections l’ont placé au sommet des violoncellistes de sa génération, tout aux côtés de Nicolas Altstaedt _ magnifique, en effet.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    « Es war einmal … »

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    Robert Schumann
    (1810-1856)

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    Märchenerzählungen, Op. 132
    Fantasiestücke, Op. 73
    Märchenbilder, Op. 113

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    Jörg Widmann (né en 1973)

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    Es war einmal… –
    5 Stücke im Märchenton (2015)

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    Tabea Zimmermann, alto
    Jörg Widmann, clarinette
    Dénes Várjon, piano

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    Un album du label Myrios Classics MYR020

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    « Mit Myrten und
    Rosen »

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    Robert Schumann

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    Adagio and Allegro, Op. 70
    5 Stücke im Volkston, Op. 102
    Märchenbilder, Op. 113
    Fantasiestücke, Op. 73

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    Isang Yun (1917-1995)

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    Espace 1
    Nore

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    Isang Enders, violoncelle
    Andreas Hering, piano

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    Un album du label Berlin Classics 0300430BC

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    Photo à la une : l’altiste Tabea Zimmermann – Photo : © Marco Borggreve

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    Ce mercredi 26 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Respirer les Pins de Rome (d’Ottorino Respighi), par Fritz Reiner et le Chicago Symphony Orchestra

    Pour respirer à pleins poumons le doux air parfumé de Rome (de Piccola – Rosita Steenbeek),

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    écouter Les Pins de Rome d’Ottorino Respighi,

    par Fritz Reiner,

    avec le Chicago Symphony Orchestra, en 1959…

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    L’implacable Fritz Reiner dirige un Orchestre de Chicago luxuriant et se jette dans une lecture 3D avec fougue et un sens de l’espace magistral : que de couleurs et de profondeur ! Perpétuellement contrastés, les épisodes ménagent des visions panoramiques, des gros plans, une vie et des dialogues permanents. On est étourdi. Bravo !

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    Et vous êtes à Rome !!!

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    Ce mardi 25 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les approches du réel (et de soi) de « Piccola » : « une vie ambiguë », entre trois hommes (plus âgés qu’elle), afin de parvenir à « trouver sa voie », à Rome, en 1990…

    L’écriture cursive, éminemment fluide _ dépourvue de la moindre lourdeur _, de Piccola,

    de Rosita Steenbeek _ aux Éditions Vendémiaire, en ouverture de la collection « Compagnons de voyage« , que crée René de Ceccatty _,

    enchante,

    en plus de son si attachant et lumineux ancrage romain…

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    C’est un récit de formation

    _ paru en version originale en 1994 _,

    celui d’une jeune femme indépendante _ et très cultivée : son père, Jan Wieger Steenbeek (1927 – 2002), qu’elle admirait énormément, enseignait les Lettres à l’université d’Utrecht, aux Pays-Bas _, née en Hollande, à Utrecht, en 1957,

    et venue en Italie et à Rome vers 1984, à la recherche de rôles au cinéma _ à Cineccita _, ou d’interviews d’écrivains et artistes,

    afin, d’abord, bien sûr, de gagner sa vie ;

    mais aussi, plus profondément, et surtout, se découvrir,

    et mieux devenir soi…
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    Sa vie s’est trouvée peu à peu marquée par trois rencontres d’hommes _ Roberto Chiaramonte, Edoardo Pincrini, Marcello Leoni : un riche amant psychiatre, sicilien ; un très grand écrivain, romain ; un très grand cinéaste, romain lui aussi, d’origine romagnole _, tous les trois bien plus âgés qu’elle,

    avec lesquels elle va entretenir des rapports affectifs _ d’amour et d’amitié plus ou moins sexués ; et assez diversement, pour le moins… _ complexes…

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    Au point qu’au mois de juin 1990, page 303 du récit, 

    elle en vient à se demander « combien de temps je pourrais mener cette vie ambiguë _ voilà !

    Je courrais _ très effectivement _ d’un vieux à l’autre ; et pour le reste je ne faisais plus rien« 

    _ soit une absence d’œuvre tant soit peu effective, qui finit par la déranger… Page 287, Edoardo (Alberto Moravia) s’était écrié, à propos de Rome et des Romains : « J’en ai marre de ce peuple, de cette ville et de cette vie. Ici personne ne travaille. Tout le monde en prend trop à son aise. Même les pigeons sont trop gros pour bouger« …

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    Alors que parvenir à « tracer sa voie« 

    (l’expression se trouve page 305, dans la bouche de Roberto _ qui s’est ouvert peu à peu, lui aussi _),

    est probablement l’objectif de fond _ affleurant peu à peu à la conscience de la narratrice _ de cette quête,

    à distance de sa Hollande native et familiale…

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    Et aussi, en découvrant et prenant possession d’une vraie « chambre à soi« , pour reprendre l’expression de Virginia Woolf.

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    Ce n’est peut-être pas tout à fait un hasard si ce lieu, ô combien tranquille, inspirateur, et donc apte à l’écriture personnelle,

    la narratrice le découvre, et s’y installe, dans le courant du mois de juin 1990,

    au retour d’un séjour, au mois de mai, de « cinq jours en Hollande » (l’expression se trouve à la page 290) en compagnie d’Edoardo Pincrini – Alberto Moravia

    _ leur séjour, ensemble, en Hollande est narré de la page 290 à la page 297 _,

    après avoir bien pris conscience de ce qu’elle nommait, page 307, « mon problème de logement : la pension _ où elle résidait alors, située dans le quartier du Ghetto, à Rome _ était de plus en plus bruyante et agitée, et il me fallait trouver une autre solution« .

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    « Un soir _ de début juin 1990, le passage se trouve page 310 _, où j’étais allée à l’Institut néerlandais pour assister à une conférence, j’échangeais deux mots avec un prêtre flamand qui m’annonça qu’un petit appartement s’était libéré dans un vieil immeuble médiéval qui appartenait au clergé belge, non loin de ma pension _ située, elle, dans le Ghetto ; en fait, il s’agit là d’une dépendance de l’église San Giuliano dei Fiamminghi, Via del Sudario, non loin de Sant’Andrea della Valle. Il pouvait me la faire visiter. »

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    « C’était un endroit idéal : église _ San Giuliano dei Fiamminghi _, théâtre _ Teatro Argentina _, bibliothèque _ la Casa Burckart _, m’entouraient, silencieux. Au cœur _ historique _ de Rome, mais protégé de ses rumeurs par des murs épais de plus d’un mètre« , page 312.

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    « J’allais m’y installer, sans la moindre hésitation. (…) C’était un lieu dôté d’une âme » _ voilà ! _, page 313.

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    « Le lendemain matin, je tournai la vieille clé dans la serrure, et un nouveau chapitre _ rien moins ! C’est un tournant majeur pour la narratrice ! _ commença dans ma vie« , page 316.

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    Quelques pages plus loin, pages 320 à 324,

    la narratrice raconte une soirée passée avec Marcello Leoni – Federico Fellini et Guido Anselmi – Marcello Mastroianni _ Guido Anselmi est le nom même du personnage du réalisateur dans Huit-et-demi, de Fellini, en 1963, qu’incarnait Marcello Mastroianni… _, le soir du match de Coupe du Monde de football entre l’Italie et l’Uruguay ; c’était le 25 juin 1990.

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    Ce qui nous permet de dater avec un peu de précision cette installation de Rosita Steenbeek dans sa splendide cellule monacale de la Via del Sudario, si importante pour sa vie enfin féconde d’écrivain, entre la fin mai de son voyage de cinq jours en Hollande, avec Pincrini – Moravia, et le 25  juin de son dîner avec Mori – Fellini et Anselmi – Mastroianni, le soir même de ce match Italie-Uruguay de foot-ball, en 1990.

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    Les entretiens suivis et impromptus, informels pour la plupart, que l’auteur (Rosita Steenbeek) – narratrice (Suzanne), aura, entre février et septembre 1990,

    avec Alberto Moravia (Edoardo Pincrini) et Federico Fellini (Marcello Leoni), 

    vont lui faire accomplir des pas de géants dans cette connaissance de soi et des autres,

    en la richesse, en partie (et d’abord) inconsciente, que ces deux créateurs majeurs vont lui faire, au jour le jour de leurs échanges formidablement ouverts, approcher et ressentir,

    par le partage de leurs propres démarches éminemment singulières (et puissantes, via, tout spécialement, leurs propres parcours de création _ ce que je nomme, avec mon amie Marie-José Mondzain, « imageance« … : un concept qui s’applique particulièrement bien au mode de création débridé et formidablement ouvert d’images mouvantes de Federico Fellini…)

    d’approches _ le terme décidément revient… _ très pointues de la richesse de perception du réel (et de « soi« , en ses rapports extrêmement complexes et riches d’ambivalences aux autres)…

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    Piccola,

    en sa légèreté fluide et lumineuse _ romaine ? _ d’écriture,

    nous fait approcher aussi, de biais _ et en rien doctoralement ! _,

    l’idiosyncrasie de ces créateurs majeurs ultra-lucides que sont Alberto Moravia et Federico Fellini,

    tout différents qu’ils soient l’un de l’autre…

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    La collection « Compagnons de voyage« 

    que vient de créer René de Ceccatty aux Éditions Vendémiaire

    commence magnifiquement !!!

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    Ce lundi 24 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa