Catégorie : Littératures

  • Une nouvelle publication en français de notre ami Eduardo Berti : son superbe récit autobiographique « Un Père étranger »

    Je découvre ce jour l’annonce de la publication en français,

    aux Éditions La Contre-Allée et Zulma, et dans la traduction de Jean-Marie Saint-Lu,

    de Un Père étranger,

    un magnifique texte autobiographique, et marquant,

    …

    qu’Eduardo _ cf mon article du 12 octobre 2019 : … _ m’avait donné en son édition originale en espagnol…

    …

    …

    Ce vendredi 20 août 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Geneviève Asse a rejoint le plus pur du bleu du ciel…

    La nouvelle _ dans le Figaro de ce jour : Geneviève Asse, peintre qui donnait ses bleus aux horizons, est décédée à 98 ans _ de la disparition de Genviève Asse, me touche.

    …

    …

    Geneviève Asse, peintre qui donnait ses bleus aux horizons, est décédée à 98 ans

    …

    …

    DISPARITION – Amie de Samuel Beckett, de Nicolas de Staël et de Serge Poliakoff, ses œuvres illuminent les grandes collections nationales et les murs de l’Élysée.

    …

    …

    Geneviève Asse dans son atelier en 2012.

    Geneviève Asse dans son atelier en 2012. René Tanguy/ Courtesy Galerie Laurentin

    …

    …

    Née le 24 janvier 1923 à Vannes (Morbihan), Geneviève Asse est décédée à Paris, à l’Institution nationale des Invalides, le 11 août 2021, à l’âge de 98 ans. La peinture était sa vie _ certes. Dans son refuge de l’Île-aux-Moines, chez elle à Paris, sur son autre île, l’île Saint-Louis – elle habitait quai d’Orléans – elle n’a jamais cessé de dessiner, de peindre, de graver, d’observer les variations de la lumière, les ciels, les horizons… Ses tableaux où dominent les bleus, avec parfois une note rouge ou une ligne blanche, sont-ils abstraits ? Les rapprocher des noirs de Soulages est une facilité trompeuse. Ils naissent de la nature, de l’observation des vents et des rochers, pourtant ils ne «représentent» rien – si l’on excepte les essais des premières années.

     

    …

    …

    Voilà.

    …

    …

    Je pense, bien sûr, à ses proches, et, bien sûr, à Silvia Baron Supervielle,

    si attentive, elle aussi, au plus pur du bleu du ciel et de la mer, à sa façon de poète…

    …

    …

    L’œuvre de Geneviève Asse, imposante et marquante en sa douceur de couleurs et de lignes pures, durera.

    …

    …

    Ce jeudi 12 août 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Qu’était la firma de Pedro et Antonio Lanusse, les amis de Jean-Baptiste Bioy, le grand-père paternel d’Adolfo Bioy Casares ?..

    « Qu’était la firma de Pedro et Antonio Lanusse, les amis de Jean-Baptiste Bioy, le grand-père paternel d’Adolfo Bioy Casares ?..« 

    est la question que m’a soumis un de mes correspondants, en réponse à l’expédition-reprise d’un courriel d’explicitation en date du 6 septembre 2018 ;

    que voici :

    …

    A propos des résidences des Bioy à Oloron rue Sablière au cours de la décennie 1830-1840,

    je vous soumets ces divers faits : 
    …
    Antoine Bioy et Marie Anne Casamayou se sont mariés à Préchacq-Navarrenx le 23-9-1834.
    Très peu de temps après, Antoine Bioy a fait le voyage d’Argentine, et a commencé à bâtir à Pardo ce qui deviendra « El Viejo Rincon », puis retourne en France.
    …
    Le 8-7-1835, naît à Oloron, maison Herrou rue de la Sablière leur premier enfant, Claire Elisabeth Bioy, qui décède 10 jours plus tard ; sa conception remonte à la fin septembre 1834, au moment de leur mariage.
    Une ambiguïté existe pour savoir si Antoine Bioy est ensuite revenu ou pas en Argentine à Pardo ; les témoignages de son fils Adolfo et de son petit-fils Adolfito divergent sur ce point.
    …
    De même, je me suis efforcé de trouver de quoi dater la venue de Juan Bautista Bioy en Argentine : en 1854 ?
    Il a fait la traversée en compagnie de Pierre Lanusse Larroudé, son grand ami (né à Préchacq Navarrenx le 2 mars 1839, et qui décédera à Buenos Aires le 6 novembre 1897) et d’un autre Lanusse (peut-être Antonio Calixto Lanusse Fernandez, né à Buenos Aires le 14-10-1846, et qui décédera à Buenos Aires le 1er août 1917 : Pedro y Antonio fonderont à Buenos Aires en 1872 la firme « Pedro y Antonio Lanusse » appelée à un bel avenir…).
    …
    Le 3-6-1836, naît à Oloron, maison Poey rue Sablière, le second enfant d’Antoine Bioy et Marie Anne Casamayou : Clotilde Marie Bioy, future épouse Lezla ; sa conception remonte à la fin août 1835 : Antoine Bioy est donc de retour à ce moment à Oloron.
    Le séjour en Argentine d’Antoine Bioy s’est déroulé entre l’automne 1834 et l’été 1835.
    …
    Or, un des frères aînés d’Antoine Bioy, Jean Baptiste Bioy, né à Oloron le 10 octobre 1808 (et qui décèdera à Oloron, maison Piarrou, rue de l’Hospice, le 6 juin 1846) épouse à Oloron le 26 mars 1840 Marie Lamicq (née à Oloron le 14 février 1812, et qui décèdera à Oloron le 6 mars 1879 ; ils n’auront pas d’enfant).
    Le 5 juin 1852, Marie Lamicq, veuve Bioy, se remarie avec Pierre Mirande (dit David ; né à Cardesse le le 19 mai 1811). Ils auront un fils Jules Mirande (Oloron, 29 novembre 1853 – Oloron, 6 avril 1919, qui aura une descendance : Douat, Faure). Je n’en ai pas découvert davantage sur la parenté et les filiations de ce Pierre Mirande, dit David.
    …
    Ce Pierre Mirande a-t-il des liens avec les Mirande de Castetnau-Camblong
    qui font partie des ascendants de Louise Domecq (née à Jasses le 15 avril 1844), future épouse de Juan Beautista Bioy Casamayou (dit parfois Poey dans certaines biographies argentines, et né lui, à Oloron le 6 août 1838) ? Je l’ignore…
    Idem pour les liens entre certains Casamayou et certains Poey (de Gurs)…
    …
    Parmi les ascendants de Marie Lamicq (1812-1879),
    on trouve côté paternel, Lamicq,
    des Domecq : Anne Domecq (1761-1826), Jean Domecq (1733-1888),
    et des Casemayou : l’épouse de ce Jean Domecq est Marie Casamayou, fille de Vincent Casamayou ;
    alors que côté maternel, Bellocq,
    on trouve des Herrou : Marie Herrou (Aren, 1750 – Oloron, 8 mars 1823), Jean Herrou (Aren, 1729 – Aren, 1789)
    et des Mirande : l’épouse de ce Jean Herrou est Marie Bordelongue (Aren, 1726 – Aren, 1790), fille de Marie Mirande.
    …
    Voilà où j’en suis ce matin, 6 septembre 2018
    …
    Francis  

    …

    …

    Voici donc ma réponse d’aujourd’hui à la demande de ce correspondant à propos de le firme « Pedro & Antonio Lanusse« …

    …

    …

    L’entreprise « Pedro & Antonio Lanusse S. A. » a été fondée en 1872, à Buenos Aires.

    …

    A départ, en 1872, il s’agit d’un commerce de vente et exportation de produits comestibles.
    Puis l’entreprise s’est considérablement diversifiée…
    …
     
    Pedro Lanusse Larroudé (Préchacq-Navarrenx, 2-3-1839 – Buenos-Aires, 6-11-1897)
    et Antonio Lanusse Fernandez (Buenos-Aires, 10-10-1846 – Buenos Aires, 1-8-1917) sont cousins germains,
    fils de 2 frères Lanusse Mouras :
    Pierre Lanusse Mouras (Préchacq-Navarrenx, 26-2-1808 – Préchacq-Navarrenx, 16-3-1883)
    et Jean-Philippe Lanusse Mouras (Préchacq-Navarrenx, 15-10-1811 – Buenos-Aires, 10-9-1870).
    …
     
    C’est en 1854 que Jean-Baptiste Bioy (Oloron, 6-10-1838 – 1919) _ il est âgé de 16 ans _ s’embarque pour l’Argentine avec Pierre Lanusse Larroudé _ âgé de 15 ans _ et un frère («  un hermano » _ à moins qu’il ne s’agisse plutôt là de son cousin argentin Antonio Lanusse Fernandez, né le 10-10-1846, à Buenos Aires, et qui serait venu rendre visite à ses grands-parents paternels béarnais Lanusse, à Préchacq-Navarrenx… _ de ce dernier, prénommé Antoine, indique Adolfo Bioy Casares en un entretien publié en 2012 par Maria Saenz Quesada, dans un livre intitulé « Los Estancieros ».
    …
    Quant au père d’Adolfito Bioy Casares, Adolfo Bioy Domecq (Pardo, 27-7-1882 – Buenos Aires, 26-8-1962)), il indique _ mais pas assez clairement ! _ à la page 185 du chapitre XXIII de ses Mémoires « Antes del 900 » le lien de parenté qui liait son père Jean-Baptiste Bioy et Pierre Lanusse : « la abuela o bisabuela de mi padre era una Lanusse »…
    …
    Et à propos de l’arrivée en Argentine de son grand-père paternel Jean-Baptiste Bioy,
    Adolfito Bioy Casares dit que son « abuelo trabajo un tiempo en la casa de comercio de Udaondo » (des Lanusse, dans la banlieue de Buenos Aires)…
    Ajoutant aussitôt : « Y antes de 1860, compro el terreno (de Pardo) que habia arrendado (en 1832) su padre (Antoine Bioy). Y se caso con una Domecq » (Louise, née à Jasses, le 15-1-1844)…
    …
     
    Voilà quelques pistes à creuser…

    …

    …

    Le plaisir de la recherche est fait de ses quasi incessants rebondissements : il reste tant à découvrir…

    …

    Et les questions des autres relancent la recherche…

    …

    …

    Ce lundi 9 août 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • L’art du merveilleux air de cour à la française, trop rarement servi au disque…

    L’air de cour à la française est un pur enchantement des sens et de l’esprit.

    …

    Ces dernières décennies, peu de réalisations discographiques, hélas.

    …

    Or, voici qu’un article de Jean -Charles Hoffelé sur son site Discophilia vient opportunément nous signaler de très intéressantes récentes parutions.

    L’article s’intitule Portrait de femme.

    …

    Il me plaît de m’en faire ici l’écho.

    …

    …

    PORTRAIT DE FEMME

    La belle idée, réunir sous les plumes si diverses et si éloignées dans le temps, de Sébastien Le Camus à Jean-Baptiste Weckerlin, les mises en musiques des poèmes d’Henriette de Coligny au long de deux siècles. Mine de rien, ce voyage dans le temps permet à Marc Mauillon et ses amis de dresser un portrait vivant de l’évolution de la monodie, des airs pour la cour ou les salons à la mélodie romantique, en même temps que s’incarne la poésie si touchante et si juste de la Comtesse de La Suze.

    …

    L’entreprise est menée avec art, elle aura paru trop tard pour que Thierry Bardon, cheville ouvrière de ce beau projet, ait pu le voir et l’entendre. Est-ce aussi pour cela que le chant si sensible de Marc Mauillon se fait souvent si émouvant ? Il est, le plus clair de ces deux disques, seul devant ces poèmes qui auront tant inspiré les maîtres des airs de cours au long des XVIIe et XVIIIe siècles, Céline Scheen et Antonin Rondepierre le rejoignant parfois pour quelques rares poèmes à plusieurs voix, trouvant la veine lyrique si particulière que la Comtesse aura inspirée aussi bien à Sébastien Le Camus qu’à Michel Lambert auquel elle aura dicté ce chef-d’œuvre d’émotion qu’est Laissez moi soupirer, importune raison qui ouvre le deuxième disque.

    …

    Les découvertes abondent, paysagées par quelques pièces instrumentales dont l’élégante Suite en la mineur de Dufaut dont s’empare la harpe triple d’Angélique Mauillon. Merveille, un quasi petit air d’opéra, la mise en musique de Laissez durer la nuit par Jean-Benjamin de La Borde, proche de Marie-Antoinette et compositeur fécond d’opéras et d’opéras comiques, donne envie d’en savoir plus sur cet homme de cour monté à l’échafaud en 1794, victime de la Terreur, brillant lettré dont Jean-François Parot aura fait un des personnages récurrents de ses romans.

    …

    Prolongez les plaisirs de cet attachant double album et retrouvez Marc Mauillon au sein des Arts Florissants pour le troisième volume de la série dédiée au genre de l’air de cour : William Christie et ses amis herborisent dans les trente-sept Livres édités par Ballard, airs sérieux ou à boire majoritairement pris dans le _ premier _  Grand Siècle, avec même un Moulinié en italien qui vient soudain ébrouer son soleil.

    …

    Merveille, l’air de Boesset qui nomme l’album, « N’espérez plus mes yeux », où Emmanuelle de Negri est fabuleuse de nostalgie, mais tous seraient à citer, jusqu’au luth si suggestif de Thomas Dunford.

    …

    J’espère bien que la collection connaîtra de nombreux futurs volumes dans cette belle prononciation historiquement informée et qui ajoute également son sel au long de l’album de Marc Mauillon.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …
    …

    Je m’abandonne à vous
    Airs et chansons sur des poésies d’Henriette de Coligny, Comtesse de la Suze (1623-1673)

    …

    Sébastien Le Camus
    (ca. 1610-1677)

    …
    Je m’abandonne à vous, amoureux souvenir
    Ah ! fuyons ce dangereux séjour
    Délices des étés, frais et sombres bocages
    Bois écartés, demeures sombres
    Laissez durer la nuit, impatiente Aurore
    Vous ne m’attirez point par vos attraits charmants
    Ah ! qui peut tranquillement attendre
    Il n’est rien dans la vie
    Doux printemps
    Je sens au cœur un nouveau trouble
    Un berger plus beau que le jour
    Forêts solitaires et sombres

    …
    François Campion (ca. 1685/86-1747/48)

    …
    J’ai juré mille fois de ne jamais aimer
    Qu’il est propre à se faire aimer

    …
    François Dufaut (ca. 1604-1680?)

    …
    Suite pour luth en la mineur

    …
    Sieur de Machy (16..-1692)

    …
    Prélude pour viole
    Gavotte pour viole, extrait des « Pieces de Violle, Paris, Bonneuil, 1685 »

    …
    Bertrand de Bacilly (1621-1690/96)

    …
    Qu’il est propre à se faire aimer
    Je fuyais sous ces verts ombrages
    J’ai voulu suivre une autre Loi
    Dans ce bocage, où brille une jeune verdure
    Savourons à longs traits cet excellent Muscat
    Étoiles d’une nuit plus belle que le jour

    …
    Michel Lambert (1610-1696)

    …
    J’ai juré mille fois de ne jamais aimer
    Laisse-moi soupirer, importune raison
    J’aime, je suis aimé

    …
    Marin Marais (1656-1728)

    …
    Prélude en sol, extrait des « Pièces à une et à deux violes, 1686 »

    …
    Henry du Mont (1610-1684)

    …
    Laisse-moi soupirer, importune raison

    …
    Monsieur Royer (1610-1684)

    …
    Étoiles d’une nuit plus belle que le jour

    …
    Monsieur de Sainte-Colombe (ca. 1640-ca. 1701)

    …
    Chaconne en ré, extrait du « Manuscrit de Tournus »

    …
    Honoré D’Ambrius (fl. 1660-1685)

    …
    Le doux silence de nos bois
    Sous ces ombrages verts (attr. douteuse, possiblement de Robert Cambert)

    …
    Jean-Benjamin de La Borde (1734-1794)

    …
    Laissez durer la nuit, impatiente Aurore

    …
    Jean-Baptiste Weckerlin (1821-1910)

    …
    Sans amour et sans tendresse (Conseil d’aimer)

    …
    Anonymes

    …
    Sans amour et sans tendresse
    Vous ne m’attirez point par vos attraits charmants

    …

    …

    Marc Mauillon, basse-taille
    Angélique Mauillon, harpe triple
    Myriam Rignol, viole de gambe
    Céline Scheen, dessus
    Antonin Rondepierre, taille
    Alice Piérot, violon

    …

    …

    Un album de 2 CD du label harmonia mundi HMM 902674/75
    …

    …

    N’espérez plus mes yeux…
    Airs sérieux et à boire, Vol. 3

    …

    Claude Le Jeune
    (ca. 1530-1600)

    …
    Allons, allons gay gayment
    Rendés-la moy cruelle
    Rossignol mon mignon
    Suzanne un jour

    …
    Étienne Moulinié (1599-1676)

    …
    Dialogue de la Nuit et du Soleil
    O che gioia ne sento mio bene
    Ô doux sommeil
    Dans le lit de la mort
    Souffrez, beaux yeux pleins de charmes

    …
    Pierre Guédron (ca. 1565–1620)

    …
    Bien qu’un cruel martire
    Belle qui m’avez blessé
    Quel espoir de guarir
    Aux plaisirs, aux délices bergères
    Lorsque j’étais petite garce
    Que dit-on au village ?
    Cessés mortels de soupirer

    …
    Antoine Boesset (ca. 1565–1620)

    …
    N’espérez plus, mes yeux (Air avec doubles)

    …
    Pierre Verdier (ca. 1627-ca. 1706)

    …
    Lamento (de la Collection Düben, à l’Université d’Uppsala)

    …
    Anonyme

    …
    Symphonie (extraite de « Pièces pour le violon à 4 parties de différents autheurs, Robert Ballard, 1665 »)
    Suite instrumentale (Manuscrit de Cassel)
    Prélude pour l’Allemande cromatique & Allemande cromatique (extrait de « Pièces pour le violon à 4 parties de différents autheurs, Robert Ballard, 1665 »)
    Libertas & Sarabande italienne (Manuscrit de Cassel)

    …

    …

    Les Arts Florissants
    William Christie, direction

    …

    …

    Un album du label harmonia mundi HAF8905318
    …

    …

    Photo à la une : © DR

    …

    …

    Ce samedi 31 juillet 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa