Catégorie : Littératures

  • Réception de « Piccola », lumineux roman autobiographique de Rosita Steenbeek (1994), traduit par René de Ceccatty

    Reçu ce jour, des Éditions Vendémiaire,

    Piccola, de Rosita Steenbeek _ paru en 1994 en néerlandais : l’auteur est née à Utrecht le 25 mai 1957 _,

    que vient de traduire, de l’italien, René de Ceccatty

    _ le titre originel, en néerlandais, de ce « roman autobiographique«  est De laatste vrouw : ce qui signifie « la dernière femme« … Et cela, d’après le commentaire du personnage de Roberto, le Professeur Chiaramonte, le riche hôte (et amant vieillissant) sicilien, à Taormina, de Suzanne, la narratrice ; lequel Roberto chantonne, page 110, la chanson Piove de Domenico Modugno, créée à l’Eurovision en 1959, et demeurée célèbre depuis, face à la sombre perspective d’être quitté : « Mais je sais que ça finira par arriver. Ciao ciao bambina et poi per sempre ti perderò (…) Tu es la dernière femme, la dernière femme…« .

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    J’en ai entamé immédiatement la lecture, très fluide, très agréable _ le livre semble ne pas comporter de chapitres ; en fait, si ! Mais de longueurs très inégales (118 pages, 69 pages et 202 pages), et dépourvus de titres. Les épisodes s’enchaînent très rapidement : tout passe (et advient) sans s’attarder, ni demeurer… D’où, aussi, des va-et-vient fréquents… _,

    dont l’intrigue, pour le moment _ j’en suis à la page 127 (sur 399) _, nous transporte _ lumineusement _ en quelques va-et-vient entre Rome (Cinecitta, la Via Venetto, le Ghetto, le Trastevere, etc.) et Taormina, en Sicile.

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    La première mention de Rosita Steenbeek qui m’est tombée sous les yeux se trouve dans l’admirable Objet d’amour de René de Ceccatty _ cf mon article enthousiaste du 24 mai 2016 : … _, aux pages 341 :

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    « L’appartement que je décris, Via del Sudario _ qui donne sur le couvent des Théatins (qui jouxte Sant-Andrea della Valle), où j’ai résidé 10 jours, du 6 au 15 mars 1992, en plein cœur de la Rome historique : quel merveilleux séjour !.. _, près de San Giuliano dei Fiamminghi, existe. C’est celui de la romancière et actrice néerlandaise Rosita Steenbeek, qui a écrit notamment sur le peintre Vanvitelli, originaire de son pays« 

    et 342 :

    « Puis, j’ai vu la Rome d’amis _ voilà _ qui y vivaient, Arturo Patten qui était photographe, Rita Cirio qui est critique de théâtre et amie de Fellini, Laura Betti, la comédienne et archiviste des œuvres de Pasolini, Alberto Moravia dont j’écrivais la biographie et son ancienne compagne Dacia Maraini, Rosita Steenbeek qui fut intime de Moravia et de Fellini, Bruna Conti, archiviste de Pasolini, de Visconti et de Sibilla Aleramo, auxquels j’ai consacré des études et des livres, et plusieurs écrivains et artistes auxquels j’ai rendu visite ou que je retrouvais à Rome : Claudia Cardinale, Adriana Asti, Giorgio Ferrara, Elisabetta Rasy, Jacqueline Risset, Graziella Chiarcossi, Nour Melehi, Gianna Cimino, Francesca Sanvitale, Rosetta Loy, Ginevra Bompiani, Sandro Veronesi, Rocco Carbone, Enzo Siciliano, Renzo Paris, Elio Pecora, Alberto Abate, Valentino Zeichen, Nicola Piovani, Umberto La Rocca » …

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    Bien sûr, je suis très curieux de poursuivre ma lecture de ce lumineux Piccola romain…

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    La collection « Compagnons de voyage » commence décidément excellemment !

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    Ce vendredi 21 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Une toute première approche de « Pénombre de l’aube _ essai d’autobiographie d’un concept de race » de William Edward Burghardt Du Bois (paru en 1940), traduit par Jean Pavans

    Les Éditions Vendémiaire,

    en une toute nouvelle collection (intitulée « Compagnons de voyage« ) dirigée par René de Ceccatty,

    publient le 3 septembre 2020

    Pénombre de l’aube _ essai d’autobiographie d’un concept de race

    de William Edward Burghardt Du Bois (l’édition originale est parue en 1940),

    en une traduction de Jean Pavans.

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    L’autobiographie de William Edward Burghardt Du Bois

    (Great Barrington, Massachusetts, 23 février 1868 – Accra, Ghana, 27 août 1963)

    narre, en 1940 _ l’auteur a alors 72 ans _,

    et splendidement,

    la vie et les combats d’un des plus grands militants noirs américains,

    précurseur de Martin Luther King (Atlanta, Géorgie, 15 janvier 1929 – Memphis, Tennessee, 4 avril 1956)

    et Malcom X (Omaha, Nebraska, 19 mai 1925 – Harlem, New-York, 21 février 1965).

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    W. E. B. Du Bois est, en effet, l’une des plus célèbres figures de l’histoire noire américaine.

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    Écrivain et essayiste, il a publié une autobiographie ainsi que des romans.

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    Deux de ses ouvrages ont déjà été traduits en français :

    Les Âmes du peuple noir et Les Noirs de Philadelphie (aux Éditions La Découverte, en 2007 et 2019).

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    Quel est l’esprit de cette collection « Compagnons de voyage » ?

    qu’inaugure ainsi René de Ceccatty ?

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    Et dont feront partie le célèbre Roman du Genji, de Murasaki-shikibu (XIe siècle),

    Boris Godounov et autres pièces de Pouchkine, traduit et présenté par Andrei Vieru,

    et Le Vert paradis et autres textes de Victoria Ocampo _ la sœur de Silvina Ocampo, et belle-sœur de mon cousin Adolfo Bioy Casares _, présentés par Silvia Baron Supervielle.

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    Et d’abord _ il paraît lui aussi le 3 septembre… _ Piccola, de Rosita Steenbeek,

    un roman à forte tonalité autobiographique :

    Rosita Steenbeek s’est inspirée de ses propres relations _ à Rome _ avec l’écrivain Alberto Moravia et le cinéaste Federico Fellini.

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    « Il y a des livres qui dépassent les frontières des pays où ils sont nés, et celles du temps où leurs auteurs ont vécu.

    Ce sont les classiques étrangers

    qui nous accompagnent sans lassitude, et auxquels nous ne cessons de revenir.

    Chacun de nous a cette bibliothèque portative« ,

    indique ainsi René de Ceccatty.

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    De ce Pénombre de l’aube, de W. E. B. Du Bois,

    traduit par Jean Pavans,

    voici ma toute première _ et cursive _ impression :

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    Venant de recevoir ce Pénombre de l’aube que tu m’adresses,

    je viens d’en lire la Préface (de ton frère),
    ainsi que l’annexe Mon caractère.
     
    Je trouve cela tout à fait intéressant à la fois pour ce qui en apparaît déjà de la personnalité de son auteur,
    en même temps que pour ce que notre moment (voire l’Histoire générale) peut y trouver de plus ou moins en accord (socio-politique) avec sa propre actualité.
     
    Le livre semble donc à même d’y trouver son public…
     
    L’honnêteté de l’auteur est extrêmement sympathique.
    Mais il faut aller bien plus avant (et profond) dans la lecture pour émettre un avis mieux justifié !
     
    En tout cas,
    une personne d’honnête homme (et courageux) tout à fait sympathique !
     
    A suivre…

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    Ce jeudi 20 août 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir la version restaurée de La Petite Sirène d’Alexander von Zemlinsky dans l’interprétation dirigée par Marc Albrecht

    Ce jour,

    sous le titre de Sombre Sirène, 

    en sa chronique Discophilia,

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    Jean-Charles Hoffelé

    nous invite à écouter une nouvelle interprétation au disque

    _ par Marc Albrecht dirigeant le Netherlands Philharmonic Orchestra ;

    soit le CD Pentatone PTC 5186740 _,

    de la version restaurée par Anthony Beaumont _ en 2013 _

    de Die Seejungfrau, fantaisie pour orchestre d’après Andersen,

    _ composée en 1902-1903, la première eut lieu à Vienne en 1905 ; mais Zemlinsky ne l’inscrivit pas dans le catalogue de ses œuvres !  _

    d’Alexander von Zemlinsky (Vienne, 14 octobre 1871 – New-York, 15 mars 1942).

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    Voici donc cet article :

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    SOMBRE SIRÈNE

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    Au catalogue discographique des opus d’Alexander von Zemklinsky, Die Seejungfrau serait-elle en passe de supplanter la _ merveilleuse _ Symphonie lyrique ? Les chefs de la jeune génération _ tiens, tiens ! _ se passionnent pour cette partition où le mystère le dispute à l’éclat _ oui _, où Zemlinsky tord le cou à l’orchestre straussien _ voilà ! qui dominait sur la scène européenne en ces années d’ouverture du XXe siècle… _ en y faisant entrer et l’impressionnisme français _ oui _ et les tentations modernistes _ oui, oui _ de ce qui allait devenir _ en effet _ la nouvelle Ecole de Vienne _ autour de Schoenberg.

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    Zemlinsky fut d’ailleurs injuste avec son chef-d’œuvre de jeunesse _ Zemlinsky entamait alors sa trentaine _, il le retira de son catalogue, ne le mentionnant même plus _ rien que cela !!! _, donnant le manuscrit du premier mouvement à une amie, Marie Pappenheim, n’emportant dans son exil aux Etats-Unis que les deux autres mouvements pour mieux les oublier _ voilà ! _ au fond d’une valise.

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    L’œuvre attendra les années 1980 pour voir ses trois parties _ enfin _ réunies par les efforts conjugués de plusieurs musicologues ; ce sera le disque _ oui _ qui fera sa fortune, et plus encore depuis qu’Anthony Beaumont aura publié en 2013 son édition de la version originale : on découvrit alors un chef-d’œuvre à l’exact étiage du Pelleas und Melisande de Schoenberg _ l’œuvre fut écrite à Berlin entre juillet 1902 et février 1903 ; et elle fut créée au concert, à Vienne, conjointement à la Die Seejungfrau de Zemlinsky, en 1905. Thomas Dausgaard s’empara de l’œuvre (il l’enregistrera deux fois _ pour Chandos, en 1998 et pour Da Capo, en 2006 _, sans y revenir pourtant depuis l’édition d’Anthony Beaumont), ouvrant la voix à James Judd _ pour le label Naxos, en 2009 _, John Storgårds (qui signa le premier enregistrement _ en 2015 _ de la version originale _ pour le label Ondine, et avec le Helsinki Philharmonic Orchestra : l’écouter ici ! _), mais ce fut Cornelius Meister (CPO) qui en réalisa la gravure la plus saisissante _ pour le label CPO, en 2010 _ le 28 mai 2010, s’en tenant à l’état de l’œuvre avant le travail de Beaumont.

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    Marc Albrecht lui offre aujourd’hui _ pour le label Pentatone, spécialement renommé pour l’excellence de ses prises de son ! _ une réponse aussi éloquente avec une captation également en concert de la version Beaumont qui fait entendre toute la touffeur _ voilà ! _ d’un orchestre saturé de couleurs sombres, enchevêtré de motifs mahlériens, aux crescendo tsunami dévastateurs _ oui.

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    Secret des réussites de ces deux versions _ celle de Marc Albrecht, aujourd’hui, comme celle de Cornelius Meister, en 2010 _ : elles sont avant tout des narrations _ voilà ! _, Zemlinsky avait en effet pensé cette fantaisie orchestrale comme une pantomime virtuelle _ voilà. Marc Albrecht, si versé dans les œuvres de la Seconde Ecole de Vienne fait entendre les audaces d’une partition soudain visionnaire _ oui _ là où Cornelius Meister, encore dépendant de la version non corrigée, celle que l’on joua à compter des années 1980 (Peter Gülke en fut le divulgateur), immergeait son orchestre dans un postromantisme plus univoque. Mais peu importe, Meister ou Albrecht mettent chacun à leur façon en lumière ce conte _ musical d’après le conte d’Andersen : voilà… _ aux abysses aveuglants _ oui _, la prise de son _ parfaite _ des ingénieurs de Pentatone donnant à ce dernier un certain avantage.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Alexander von Zemlinsky(1871-1942)

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    Die Seejungfrau (édition de la version originale dans l’appareil critique d’Anthony Beaumont)

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    Netherlands Philharmonic Orchestra
    Marc Albrecht, direction

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    Un album du label Pentatone PTC5186740
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    Photo à la une : © D

     

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    Ou comment la recherche musicologique

    et l’interprétation de grands chefs pour le disque

    concourent

    à la résurrection de chefs d’œuvre un temps malmenés _ voire démembrés… _ par l’Histoire…

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    Ma discothèque comporte au moins trois interprétations de cette Die Seejungfrau d’Alexander von Zemlinsky,

    un compositeur que j’apprécie tout particulièrement :

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    celle par James Conlon, avec le Gürzenich-Orchester Kölner Philharmoniker, pour le label EMI, en 1996 ;

    celle par James Judd, avec le New-Zealand Symphony Orchestra, pour le label Naxos, en 2009 ;

    et celle par Emmanuel Krivine, avec l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg, pour le label Alpha, en 2016…

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    Ce samedi 25 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Lea adieux d’Andrea Camilleri à son commissaire Montalbano : la publication posthume de « Riccardino »

    Est paru hier 17 juillet,

    aux Éditions Sellerio,

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    le roman _ posthume _ des adieux d’Andrea Camilleri

    (Porto Empedocle, 6 septembre 1925 – Rome 17 juillet 2019)

    à son cher commissaire Montalbano

    _ popularisé par l’incarnation très réussie de Luca Zingaretti.

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    Voici l’article que lui a consacré hier Maria Luisa Agnese

    dans Il Corriere della Sera :

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    Il papà di Montalbano a scuola tirava le uova. Così libero da conquistarci

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    Esce il romanzo postumo di Andrea Camilleri, scomparso un anno fa. Il suo addio al personaggio del commissario vigatese. Storie e aneddoti di uno scrittore che è sempre stato un libero pensatore, ed ha inventato una lingua sicula immaginaria

     

     

    Il papà di Montalbano a scuola tirava le uova. Così libero da conquistarci
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    A un anno dalla morte del maestro, è uscito postumo per Sellerio, giovedì 16 luglio, «Riccardino»: il romanzo in cui Andrea Camilleri si congedò dal suo eroe più amato. Come ha raccontato Cristina Taglietti sulle pagine della Cultura del Corriere, oggi ricorre il primo anniversario della scomparsa dello scrittore eppure questo libro postumo — che «ha riposato per 15 anni nei cassetti della casa editrice Sellerio» (qui un estratto del libro) — ce lo fa sentire vivo, «perché sentiamo la sua voce roca, le parole che si alzano insieme al fumo della sigaretta, l’ironia calda della sua sprezzatura». Qui di seguito, Maria Luisa Agnese, traccia il ritratto di un autore il cui successo «si è tardivamente manifestato quando era ormai quasi settantenne e al di fuori di ogni vaticinio che potesse fare di lui una star culturale nel mondo contemporaneo, quale invece è diventato».

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    Ha del portentoso che storie scritte in vigatese, linguaggio siculo immaginario innestato sull’italiano per arrivare meglio al cuore delle cose, siano state tradotte in 120 lingue del mondo, dal norvegese al giapponese all’ebraico. Un successo planetario quello di Andrea Camilleri che si è tardivamente manifestato quando lo scrittore era ormai quasi settantenne e al di fuori di ogni vaticinio che potesse fare di lui una star culturale nel mondo contemporaneo, quale invece è diventato, al di fuori di ogni canone modaiolo. La sua fascinazione per il dialetto affondava nella sua vocazione innata all’indisciplina, in collegio — che non amava e dove fece di tutto per essere cacciato, compreso tirare delle uova fresche su un Crocifisso — gli proibivano fra le altre cose l’uso del dialetto, ed ecco che lui per trasgredire comincia a inventare quella terza lingua sulla quale poi ha lavorato tutta la vita sciacquandola nelle acque dell’Akragas e dell’Hypsas, di due fiumi della Valle dei Templi _ dans les confins si beaux d’Agrigente _ dove era nato, a Porto Empedocle, nel 1925. Operazione poi definitamente completata e sposata anche con benedizione paterna.

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    Il primo Salvo raccontato al padre

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    Camilleri aveva raccontato al padre sul letto di morte il primo romanzo del Commissario Salvo Montalbano, e lui gli disse: «Promettimi che lo scrivi come l’ hai raccontato a me ora, mezzo in italiano e mezzo in siciliano». Promessa mantenuta, con quell’effetto di assoluta naturalezza, un impasto unico dove non si riconosce più il lavoro che c’è dietro. E con quei personaggi che vivono di vita propria anche per i loro vezzi dialettali, a cominciare dal prodigioso Catarella che ecumenicamente nei suoi siparietti inciampa nell’italiano come nel dialetto. Prima del suo tardivo successo mondiale con quel commissario particolare che con i suoi difetti — scontroso, difficile, troppo libero — entra nel cuore delle persone con le sue storie che sono un precipitato di vita, bene, male, delitti, soprusi non solo siciliani ma universali, rigenerazioni, amori e cucina, Camilleri aveva già vissuto e prodotto parecchio. A quei tempi, metà degli anni Novanta, aveva già fatto molto teatro, la sua passione, era stato a lungo funzionario Rai, e avrebbe poi scritto, fra romanzi storici e Montalbano, più di 100 libri. Ma sempre orgoglioso di poter celebrare i suoi 80 anni in Rai, dove ricordò come in prima battuta, nel 1954, l’amministratore delegato Filiberto Guala allora non avesse voluto assumerlo perché «troppo comunista».

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    Rosetta, sposata perché «metteva allegria»

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    Sempre guardato non con sospetto ma con scarso entusiasmo dalla critica ufficiale proprio per quel suo essere troppo pop, al limite fra i generi, tanto che Renata Colorni ha ricordato in una recente chiacchierata con Paolo di Stefano sul Corrierecome furono costretti in Mondadori a giustificare la decisione di dedicare un Meridiano a Camilleri come la decisione «di aprire la collana ad autori di alto intrattenimento e di genere», allargando un po’ le maglie. Felicemente incistato in una famiglia di donne, la moglie Rosetta, 62 anni di matrimonio, sposata perché era «una ragazza che metteva allegria» _ un magnifique critère d’élection ! _, tre figlie, scrisse nel 2018 come testamento spirituale e politico una lettera alla pronipote Matilda di 4 anni perché voleva che capisse, quando sarebbe stata grande, i passaggi difficili della storia del Novecento : Camilleri partiva raccontando di come alle elementari non avesse mai mangiato una merenda intera perché la divideva con i compagni meno fortunati di lui.

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    «Accogliere la morte è un atto dovuto, è saggezza»

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    Quasi cieco, conclude la sua lunga vita recitando la sua Conversazione su Tiresia a teatro e in tv. «Non ho paura di niente, neanche della morte. Io e lei ci rispettiamo. Accogliere la morte è un atto dovuto, è saggezza. Sei già morto nell’atto stesso della tua nascita», sono le sue ultime riflessioni. La sua morte (il 17 luglio 2019 a Roma) è stata salutata dal rito collettivo di un Paese che ha pubblicamente accompagnato il lungo addio di un uomo e di uno scrittore, amato anche _ ! _ per le sue prese di posizione politiche fortemente personali.

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    Ce samedi 18 juillet 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa