Catégorie : Musiques

  • Quand une jolie idée de projet donne un bien décevant résultat musical dans sa réalisation discographique : le très médiocre CD « Le Violon de Rameau » de Théotime Langlois de Swarte et William Christie…

    Alors que j’idolâtre Rameau – Dijon, 25 septembre 1683 – Paris, 12 septembre 1764 – et apprécie beaucoup, et depuis ses débuts au disque, le jeu de violon de Théotime Langlois de Swarte – né à le 11 novembre 1995 à Céret – ,

    voici que, à l’audition, le CD Alpha 8905408 « Le Violon de Rameau » de Théotime et William Christie que je me suis immédiatement procuré, déçoit terriblement ses pourtant belles promesses de départ – « Au commencement de ce programme, il y a eu un portrait : celui de Jean-Philippe Rameau attribué à Joseph Aved. Le musicien, grand théoricien de la musique, célèbre autant pour ses œuvres lyriques que pour ses pièces de clavecin, y apparaît non pas près d’un clavier, mais tenant un violon. L’image saisit un instant suspendu : on voit Rameau prêt à pincer la corde, tandis que l’index de sa main gauche semble poser un si, comme une invitation à tendre l’oreille vers cette note énigmatique. De cette observation est née l’envie de créer un univers musical à partir de ce tableau, d’entrer dans la toile pour faire entendre la relation que le compositeur a entretenue toute sa vie avec le violon. Depuis ses premières années de formation, en passant par sa participation supposée à une troupe de musiciens itinérants dans le sud de la France en tant que violoniste, jusquà la consécration avec Hippolyte et Aricie, ce programme, conçu comme une enquête, rassemble des transcriptions d’airs d’opéras, des extraits de suites de danses, ainsi que des sonates de violonistes virtuoses ayant côtoyé Rameau« , ainsi présente très clairement son alléchant projet de CD Théotime Langlois de Swarte à la page 6 du CD… – :

    en une succession de 32 très brèves pages pour une durée totale de 74′ 58, le CD n’apporte vraiment rien, ni à la gloire de Rameau, ni encore moins – trois fois hélas ! – à la renommée des 7 autres compositeurs – d’extraits, à une seule exception près, de « sonates de violonistes virtuoses ayant côtoyé Rameau« … – que sont successivement, dans l’ordre de leur apparition dans le programme de ce CD, Charles-Antoine Branche (Vernon, 31 mars 1722 – 1779 ?), Jean-Baptiste Cupis (Bruxelles, 23 novembre 1711 – Montreuil, 30 avril 1788), Toussaint Bordet (1721 ? – 1799 ? – ou bien ca. 1710 – ca. 1775 – ), Jacques Aubert (Paris, 30 septembre 1689 – Belleville, 19 mai 1753), Théodore-Jean Tarade (Paris, 1er novembre 1731 – La Flèche, 14 septembre 1788), Louis Aubert (Paris, 15 mai 1720 – Paris, 3 septembre 1785 ?) et André-Joseph Exaudet (Rouen, ca. 1710 – Saint-Germain-en-Laye, 13 août 1762), et dont des extraits ont été rassemblés pour ce programme… 

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    Si notre curiosité historiographique peut trouver en ce CD quelques menues brindilles d’aliments, ce n’est hélas pas le cas de notre satisfaction de mélomane, bien frustrée par la médiocrité de cette réunion d’extraits péniblement aboutés…

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    Renouveler et compléter à bon escient son répertoire discographique n’est certes pas toujours aisé – et  je m’étais bien gardé de me procurer le précédent CD de Théotime Langlois de Swarte, le double CD Château de Versailles – Spectacles CVS 130 « Le Chevalier de Saint-Georges – Portrait« , consacré à un compositeur hélas dénué du moindre intérêt musical… 

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    Parvenir à publier un CD est devenu de nos jours une énorme chance pour un interprète : il ne faut donc pas la gâcher par de si piètres choix musicaux, cher Théotime…

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    Aider à faire du chiffre de vente – sur seulement des noms, ou d’interprètes, ou de compositeurs – n’est pas tout ! Les mélomanes, déçus à l’écoute de tels produits, eux, finiront par se lasser…

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    Ce samedi 29 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Magnifier le magique coffret de 3 CDs DG « Bohuslav Martinů – The Symphonies – Bamberger Symphoniker – Jakub Hrusa » : la célébration de Crescendo Magazine hier, après mon article en date du 21 mai dernier…

    Magnifier le magique coffret de 3 CDs DG 486 7810 « Bohuslav Martinů – The Symphonies – Bamberger Symphoniker – Jakub Hrusa » : la célébration de Crescendo Magazine hier 27 août par Serge Martin « Jakub Hrůša magnifie le puzzle multiforme des symphonies de Martinů« , après mon article « Bohuslav Martinů au pinacle : ses 6 symphonies sublimement interprétées par les Bamberger Symphoniker dirigés par un Jakub Hrůša en état de grâce… » en date du 21 mai dernier,

    tel est ce jour le 21ème article, depuis celui du 25 septembre 2021 « Ecouter les fantasques « Nuits magiques » de Bohuslav Martinů…« ,  que je consacre à ce compositeur que je porte au pinacle, selon mon principe que la plus belle musique fait un immense bien, qu’il importe d’aider à partager le plus largement possible…

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    Jakub Hrůša magnifie le puzzle multiforme des symphonies de Martinů

    par Serge Martin

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    Bohuslav Martinů (1890-1959) : Symphonie n° 1 H. 289 ; Symphonie n° 2 H. 295 ; Symphonie n° 3 H. 299 ; Symphonie n° 4 H. 305 ; Symphonie n° 5 H. 310 ; Symphonie n° 6 « Fantaisies symphoniques » H. 343.

    Bamberger Symphoniker, Jakub Hrůša, direction. Texte de présentation en anglais. 3 CD DGG 4867810.
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    Crescendo avait annoncé cette intégrale Martinů dans ses cinq albums pour passer la semaine du 16 mai dernier. La disponibilité physique du coffret permet d’affiner – voilà – une perception déjà fort favorable. En premier lieu pour la personnalité du chef Jakub Hrůša, qui accomplit depuis plusieurs années de bien belles choses – absolument ! – à la tête de son Orchestre symphonique de Bamberg. Un succès qui lui a valu de prendre la succession de Pappano à Covent Garden. En second lieu parce que l’orchestre de Bamberg – comportant, déjà, de nombreux musiciens tchèques d’origine – a une tradition avec Martinů, dont il a gravé en 1987-1988 la deuxième intégrale des symphonies sous la baguette de Neeme Järvi (après la version historique de Václav Neumann). Ensuite parce que la belle intégrale de Jiří Bělohlávek à la tête de la Philharmonie tchèque n’avait pu être menée à bon port. C’est dire si nous avions besoin – oui – d’un enregistrement bénéficiant de toute l’excellence technique actuelle, mise au service d’un chef qui ait une vision d’ensemble – voilà – de ce superbe massif symphonique en constante mutation – oui.

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    Un écho tardif mais concentré de l’art de Martinů

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    Paradoxalement, Martinů ne vint que fort tard au genre symphonique. Il a 52 ans lorsque Serge Koussevitzky crée à Boston, en 1942, la première symphonie qu’il lui a commandée. La sixième et dernière symphonie sera achevée en 1953 et créée deux ans plus tard. Toute l’œuvre symphonique de Martinů a donc été écrite sur une durée d’un peu plus de dix ans – voilà. L’époque de leur composition croise la tension des années de guerre – oui – et, après celle-ci, les atermoiements du compositeur pour un retour dans sa patrie, où, redoutant l’influence soviétique, il ne retourna pas, préférant s’installer en France – c’est bien cela.

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    C’est dire si cette musique reflète à la fois – voilà, voilà le creuset complexe et riche – la dynamique de la société américaine, l’esprit de finesse de l’impressionnisme français et un chaleureux sentiment national qui s’exprime par le recours à des mélodies populaires et des mouvements de danse.

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    Un merveilleux travail de synthèse – exactement !

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    Autant de pistes dont Hrůša fait un usage méticuleux – soigneux en même temps que fluide – tout en restituant à l’ensemble sa personnalité très particulière – singulière, en effet. On est fasciné par sa capacité à générer cette indicible rumeur des cordes, que l’on croyait propre à la Philharmonie tchèque mais qui, dès le « moderato » introductif de la 1re symphonie, impose son climat aussi secret qu’obsédant – voilà, voilà.

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    Le chef construit également à merveille le climat organique de ces œuvres, suscité par l’accumulation de courtes cellules, motiviques et rythmiques, qui crée un climat d’effervescence – sans pathos – tout au long de l’exécution. Le jeu complexe des répétitions en vient presque à faire de Martinů un précurseur inattendu de la musique répétitive. Une chose est certaine : l’attention minutieuse aux archétypes de l’écriture de Martinů permet au chef de bâtir de passionnants ensembles qui s’imposent autant pour leur mobilité créatrice – oui – que, par contraste, pour la profondeur – voilà : ce sont des mots présents et récurrents en mes propres articles de mon blog encherchantbien.fr – de certains mouvements lents. Il reste chez le compositeur tchèque des accents de mélancolie poignante – oui – , un sens permanent de l’interrogation – oui : rien d’asséné – qu’il faut savoir servir pleinement sans jamais s’appesantir – absolument ! – — et, ici, Hrůša fait merveille – oui !

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    L’écriture de Martinů délègue un rôle moteur aux instruments solistes – oui – , particulièrement les bois et les cuivres, qui créent des dialogues, brefs mais pertinents, avec la masse orchestrale, un peu à l’instar de ceux du ripieno et du tutti propres au concerto grosso – oui – , dont le compositeur était d’ailleurs friand. Et ici, les solistes survoltés du Symphonique de Bamberg jouent à fond le rôle de relance pertinente et vivace – oui – de la forme musicale.

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    Autant de qualités qui permettent à Jakub Hrůša de s’inscrire sans conteste à la tête de la discographie actuelle de ces symphonies – voilà. On peut alors apprécier le mélange de légèreté printanière et de gravité pensive – oui – de la première symphonie, l’effervescence rythmée de la deuxième, l’engagement déterminé de la 3e avec ses références beethovéniennes en temps de guerre, la joie salvatrice de la libération de la 4e — qui entoure un largo central introspectif —, la force rythmique de la 5e conjuguée à des moments d’éternité dans ses sections lentes – oui, oui. Le tout débouchant sur la prodigieuse synthèse – voilà – de la 6e symphonie, qui récupère et récapitule dans un geste magnifique toutes ces fidélités stylistiques qui font le prix de l’écriture de Martinů – c’est parfaitement dit là. On a rarement été aussi minutieux dans le détail et aussi architecte dans la construction discrète de ces grands ensembles qui ont la discrétion – qualité martinienne : pas de tapage, pas d’esbroufe – de ne pas s’afficher comme tels. Une intégrale qui fait désormais référence – tout à fait : un régal !

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    Son : 9 — Livret : 7 — Répertoire : 10 — Interprétation : 10

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    Écouter Martinů fait grand bien.

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    Ce vendredi 28 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Sur l’intéressant CD « Du Mont – Couperin – Grigny – Partout amour me vient chercher » de l’Ensemble Capella Leonis sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon, une réponse qui tardait un peu trop à venir, pour une affaire de clarté du texte chanté…

    Suite à un courriel reçu hier soir à 22h 50 de Cédric Costantino s’étonnant à très juste raison

    (« votre annonce– in mon article « La merveille des bouteilles lancées à la mer, et rencontrant quelque destinataire inconnu (épisode 2) : le claveciniste et chef Cédric Costantino s’étonnant de voir mention de son nom en un article mien en date du 8 juillet 2020 à propos d’un CD « Nicolas Lebègue » du claveciniste Agustin Alvarez, qu’il ne connait pas, et de ce qui s’en est suivi… » en date du 9 mars 2016, et dans le post-scriptum duquel j’avais écrit : « je suis allé commander ce CD Indésens IC 094 « Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon « à mon disquaire préféré, qui l’a reçu très vite ; et je lui consacrerai très bientôt une chronique détaillée…« … – de parler de mon disque est restée vaine sur Internet« )

    de ma promesse non tenue – il me semblait pourtant y avoir répondu, mais ce n’était hélas qu’en pensée : ce CD m’avait en effet donné bien à penser… – , j’ai à cœur de lui donner ici et ce jour enfin satisfaction…

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    Ce CD Indésens IC 094 «Du Mont – Couperin – De Grigny – Partout amour me vient chercher – Ensemble Capella Leonid – sous la direction de Cédric Costantino et Philippe Foulon « – enregistré les 21et 22 juillet à la Chapelle-Haute de Saint-Michel-l’Observatoire – m’a, en effet, beaucoup intéressé, mais aussi imparfaitement plu, car, à ma grande surprise, ce sont davantage les pièces pour instrument seul de Nicolas de Grigny, Louis Couperin, Etienne Richard, Charles Richard, Jean Laquement Dubuisson et Jean de Sainte Colombe – aux plages 1, 6, 8, 10, 11 et 13 du CD – , que les chansons et airs de Henry du Mont – aux plages 2, 3, 4, 5, 7, 9, 12 – et Antoine de Boësset – à la plage 14 – , qui ont suscité là mon plaisir de mélomane.

    Mais cela surtout du fait du genre musical de ces chansons et airs de cour polyphoniques, du règne de Louis XIII, encore marqués des pratiques musicales de la Renaissance, alors que je préfère, et de loin, ce que devient la chanson et l’air de cour à l’époque disons baroque de Louis XIV : plus clairs…

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    Et j’ai probablement eu un peu de mal à l’écrire dans ces journées de début de printemps où j’ai reçu ce CD que j’avais pris soin de commander expressément  à mon disquaire préféré… 

    Mais j’avais éprouvé pareille gêne à l’écoute des divers CDs que Vincent Dumestre et son Poème harmonique avaient jadis consacrés, pour le label Alpha, à ces chansons et airs de cour polyphoniques du règne de Louis XIII, dans lesquels la clarté du texte à servir se perd un peu trop, à mon goût personnel du moins, dans le brouillard diffus, profus ou confus, des diverses voix qui s’entremêlent, et font perdre l’intelligence essentielle, fondamentale, de la signification du texte, souvent un poème fort beau, ainsi mis en musique… 

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    Voilà, une affaire de goût personnel…

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    Ce jeudi 27 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le bien joli Mozart K. 285 enlevé par la flûte svelte d’Anna Besson…

    Si « l’aversion de Mozart pour la flûte n’a pas – complètement – eu raison de son génie et de sa plume délicate« , selon les mots même de la flûtiste Anna Besson – née à Perpignan en 1988 – à la page 6 du livret du CD Alpha 1259 « Mozart – Complete Flute Quartets » d’A Nocte Temporis et Anna Besson – enregistré à Thorembais-Saint-Trond au mois de novembre 2025 – ,

    c’est bien ce sentiment que nous procure cette réalisation discographique, du moins dans l’interprétation, du bien beau Quatuor avec flûte KV. 285 sous la conduite de la flûte agreste d’Anna Besson, et avec le violon de Louis Créach, l’alto de Manuela Bucher, et le violoncelle de Ronan Kernoa,

    même si ce n’est pas là, faute probablement d’une pincée suffisante de tragique, un Mozart vraiment essentiel…

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    Écoutez-en ici l’Adagio en cette vidéo (de 2′ 58)…

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    Mais même un seulement joli Mozart fait, quand même, toujours, une jolie rasade de bien…

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    Ce mercredi 26 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa