Catégorie : Musiques

  • DĂ©couvrir au CD les MĂ©lodies de Weinberg (II) : une rĂ©alisation hĂ©las frustrante…

    En quelque sorte en réponse détaillée à mon bref article du lundi 24 avril dernier «  « ,

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    ce trÚs juste _ hélas ! _ article-ci, « Mélodies et romances de Weinberg : une frustrante premiÚre discographique« , ce jeudi 8 juin 2023, sous la plume de Jean Lacroix, sur le site de Crescendo,

    avec lequel je ne puis que me trouver en plein accord, de A jusqu’Ă  Z…

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    Mélodies et romances de Weinberg : une frustrante premiÚre discographique

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    Le 8 juin 2023 par Jean Lacroix

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    Mieczyslaw Weinberg (1919-1996) :

    Acacias, six mélodies sur des poÚmes de Julian Tuwim, pour soprano et piano op. 4 ; La Bible bohémienne, sept romances sur des poÚmes de Julian Tuwim, pour mezzo-soprano et piano op. 57 ; Souvenirs, cinq mélodies sur des poÚmes de Julian Tuwim, pour mezzo-soprano et piano op. 62 ; Lettres anciennes, huit romances sur des poÚmes de Julian Tuwim, pour soprano et piano, op. 77.

    Aleksandra Kubas-Kruk, soprano ; Anna Bernacka, mezzo-soprano ; Monika Kruk, piano.

    2022.

    Notice en polonais et en anglais.

    71.44.

    Dux 1874.

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    Un enregistrement de mĂ©lodies et de romances de Weinberg en premiĂšre mondiale ? On ne pouvait _ a priori _ que se rĂ©jouir de cette initiative qui allait permettre de dĂ©couvrir _ voilĂ  ! _ un aspect complĂ©mentaire de la crĂ©ation de ce compositeur enfin reconnu Ă  sa juste place _ oui, oui, oui. HĂ©las _ trois fois hĂ©las ! _, il faut dĂ©chanter face Ă  ce _ bien _ dĂ©cevant produit polonais qui donne une fĂącheuse impression d’inachevĂ©, ou en tout cas de travail Ă©ditorial lacunaire _ ainsi que de trop mĂ©diocre interprĂ©tation… Comme on le constate Ă  la lecture du programme du prĂ©sent album, tous les textes mis ici en musique par Weinberg proviennent _ en effet _ d’un seul et mĂȘme auteur, Julian Tuwim. Mais la notice se limite Ă  de trop brĂšves allusions concernant cet Ă©crivain : Weinberg n’a pas arrĂȘtĂ© de rĂ©pĂ©ter que son influence a Ă©tĂ© aussi grande pour lui que son amitiĂ© avec Chostakovitch ; sur son bureau, la photographie du poĂšte voisinait avec celle du compositeur russe. VoilĂ  de bien maigres informations pour un mĂ©lomane non polonais, qui ignore probablement tout de Tuwim et son Ɠuvre. Il est donc nĂ©cessaire de d’abord combler la carence de la prĂ©sentation.

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    NĂ© Ă  Lodz, le poĂšte polonais d’origine juive Julian Tuwim (1894-1953) est l’une des grandes figures de la littĂ©rature de son pays au XXe siĂšcle. AprĂšs des Ă©tudes universitaires entamĂ©es Ă  Varsovie en 1916, mais inachevĂ©es, il est cofondateur, avec d’autres poĂštes expĂ©rimentaux, du groupe Skamander qui veut s’éloigner dĂ©finitivement de l’influence symboliste et met en Ă©vidence le vitalisme et l’activisme. Devenu traducteur de textes lyriques russes, français, amĂ©ricains et latins, reconnu comme auteur d’ouvrages pour l’enfance et la jeunesse, Ă©diteur d’ouvrages qui s’attardent aux curiositĂ©s littĂ©raires, dont le fantastique, il crĂ©e une Ɠuvre personnelle dans une sĂ©rie de recueils qui glorifient la vie urbaine et sa quotidiennetĂ©. Il manie la satire et se prĂ©sente comme un habile artisan de la langue. Contraint de quitter son pays en 1939, on le retrouve Ă  Paris, puis au BrĂ©sil, avant d’aboutir aux Etats-Unis en 1942. Il est de retour en Pologne dĂšs 1946.

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    L’importance de Tuwim pour Weinberg s’est concrĂ©tisĂ©e de façon magistrale dans sa Symphonie n° 8 « Fleurs polonaises » op. 83 (1964). Weinberg s’inspire de ce que l’on considĂšre comme l’Ɠuvre la plus importante de Tuwim, Ă©crite pendant la guerre et publiĂ©e en 1949. Dans son recueil du mĂȘme titre, l’écrivain en exil exalte la beautĂ© des paysages polonais, Ă©voque le passĂ© douloureux de son pays et son futur menacĂ©, mais aussi la cruautĂ© de la guerre qui provoque d’incommensurables inĂ©galitĂ©s. Le tout s’achĂšve sur une note d’espoir en une vision finale Ă©loquente et expressive. Cette Symphonie n° 8 est sans doute l’une des meilleures voies d’entrĂ©e dans l’Ɠuvre passionnante de Weinberg. A la tĂȘte de la Philharmonie de Varsovie, Antoni Wit a donnĂ© une superbe version, en premiĂšre mondiale (Naxos, 2013 _ je possĂšde ce CD _), de cette fresque symphonique de prĂšs d’une heure, qui nĂ©cessite la prĂ©sence de trois chanteurs solistes (soprano, baryton, alto) et de chƓurs.

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    Les quatre cycles vocaux proposĂ©s _ ici _ par Dux confirment cet attrait de Weinberg pour la poĂ©sie de Tuwim. Mais le label s’entĂȘte dans la difficultĂ© d’une rĂ©elle connivence avec le monde de l’écrivain en ne reproduisant, pour chacun des vingt-six textes de l’affiche, que son seul titre (traduit en anglais, maigre consolation), mais sans la moindre reproduction de contenu. C’est particuliĂšrement frustrant _ en effet ! _ quand il s’agit de comprendre la portĂ©e de la pensĂ©e ou des intentions de Tuwim, ou la transposition musicale qu’en fait Weinberg. A la place de ce qui apparaĂźt comme fondamental, le label impose au mĂ©lomane un large portrait du parcours des trois interprĂštes formĂ©es Ă  Wroclaw, initiative qui aurait vraiment pu ĂȘtre rĂ©duite. Il faut donc se contenter d’un descriptif de chaque cycle en quelques lignes, dont nous nous inspirons.

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    Le programme s’ouvre par les Acacias de 1940, dĂ©diĂ©s de façon anonyme (« A Elle ») Ă  une femme dont on ignore l’identitĂ©. Il s’agit de six poĂšmes miniatures qui Ă©voquent l’amour de façon dĂ©clamatoire et Ă©mouvante dans un style simple ; ils sont Ă©noncĂ©s par une soprano, l’autonomie du piano faisant un contrepoint dĂ©licat avec le texte. Le cycle _ plus consistant _ de sept romances La Bible bohĂ©mienne op. 57 de 1956, rĂ©servĂ© Ă  une mezzo, est inspirĂ© par divers Ă©lĂ©ments de la culture juive et de la musique populaire. Des effets sonores sur la base d’onomatopĂ©es sont introduits Ă  plusieurs reprises, apportant une touche originale Ă  un ensemble qui se rĂ©vĂšle parfois austĂšre, mais aussi subtilement variĂ©, y compris au piano.

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    Les Souvenirs op. 62, composĂ©s en 1957/58, consistent en cinq chants, encore pour mezzo, traversĂ©s par le doute, la mĂ©lancolie et l’inquiĂ©tude, avec des traits quelque peu satiriques et un piano qui peut se rĂ©vĂ©ler ascĂ©tique. Cinq ans plus tard, Weinberg s’empare des Lettres anciennes pour les huit romances de son opus 77. La soprano fait son retour pour ces morceaux plus complexes oĂč l’on retrouve des accents sentimentaux ou humoristiques, des accompagnements en ostinato tristes ou ironiques et le souvenir d’un passĂ© heureux, avant l’acceptation du destin.

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    Cet album, dont nous dĂ©plorons la lĂ©gĂšretĂ© Ă©ditoriale, n’est hĂ©las pas rachetĂ© _ il est mĂȘme plombĂ©… _ par des interprĂ©tations tout Ă  fait convaincantes. La soprano Aleksandra Kubas-Kruk ne semble pas dans un trĂšs bon jour _ et c’est peu dire… Son timbre se rĂ©vĂšle _ rĂ©dhibitoirement _ criard (un effet de la prise de son ?), acide _ c’est dit ! _ et parfois instable, avec un vibrato prononcĂ©. Les cycles les plus Ă©mouvants lui sont rĂ©servĂ©s, mais on ressent une certaine neutralitĂ© dans son expressivitĂ©. Quant Ă  la mezzo Anna Bernacka, en meilleure forme _ oui _, elle se voit confier La Bible bohĂ©mienne et les Souvenirs. Dans le cycle spĂ©cifiquement juif, elle affronte les cĂŽtĂ©s originaux de l’Ɠuvre avec un certain investissement. Au piano, Monika Kruk fait de son mieux pour animer les univers variĂ©s de l’inspiration du compositeur. Mais tout cela ne suffit _ en effet _ pas pour procurer un vrai plaisir d’écoute.

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    Si le principe de l’intĂ©rĂȘt de dĂ©couvrir ces mĂ©lodies et romances de Weinberg ne peut ĂȘtre mis en cause, il faut tenir compte des rĂ©serves que nous avons Ă©noncĂ©es. Les mĂ©lomanes polonais y trouveront peut-ĂȘtre, du moins s’ils frĂ©quentent la poĂ©sie de Tuwim, une satisfaction minimale. Pour tous les autres, cet album fera office d’apport documentaire _ seulement ! _ Ă  la discographie du compositeur. On ne peut qu’espĂ©rer que, dans le futur, ces cycles susciteront d’autres intĂ©rĂȘts discographiques _ voilĂ  ! On pourrait alors _ bien mieux _ Ă©valuer leur prĂ©sence dans le rĂ©pertoire de Weinberg.

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    Son : 7  Notice : 3  Répertoire : 8  Interprétation : 5

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    Jean Lacroix

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    Ce jeudi 8 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • DĂ©couvrir au CD une oeuvre opĂ©ratique de Nicola Porpora, la SĂ©rĂ©nade « L’Angelica », créée Ă  Naples le 4 septembre 1720 ; avec cette merveille qu’est l’air (avec accompagnement de violoncelle seul), de Medoro : « Bella diva all’ombre amiche »…

    En poursuivant ma dĂ©couverte-exploration de l’Ɠuvre musical de Nicola Porpora (Naples, 1686 – Naples, 1768),

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    j’ai pu me procurer le double CD de la SĂ©rĂ©nade pour six voix et instruments, sur un livret _ pour sa toute premiĂšre rĂ©alisation… _ de MĂ©tastase (Rome, 1698 – Vienne, 1782), et créée Ă  Naples au palais du prince Antonio Carmine Caracciolo, le 4 septembre 1720, intitulĂ©e « L’Angelica » _ ou bien encore « Angelica e Medoro« , d’aprĂšs l’Arioste (Reggio Emilia, 1474 – Ferrare, 1533)… _,

    soit le double CD Dynamic CDS 7936.02…

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    Et je tiens Ă  mettre en valeur ici qu’Ă  la plage 20 du second CD de ce double album Dynamic,

    se dĂ©couvre un air absolument sublime, « Bella diva all’ombre amiche« , d’une durĂ©e de 11′ 19, du personnage de Medoro, interprĂ©tĂ© ici par Paola Valentina Molinari, avec un sidĂ©rant accompagnement de violoncelle _ mais le livret n’indique hĂ©las pas le nom du violoncelliste… _ qui illustre magnifiquement le trĂšs Ă©minent savoir du violoncelle qui caractĂ©rise Nicola Porpora.

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    Voici quatre articles,

    en date respectivement

    du 2 aoĂ»t 2021 pour celui de Maurice Salles « L’Angelica — Martina Franca » sur le site de ForumOpera,

    du 20 aoĂ»t 2021 pour celui de Gilles Charlassier « L’Angelica de Porpora, arc-en-ciel pastoral et vocal Ă  Martina Franca » sur le site de PremiĂšreLogeOpĂ©ra _ avec cette expression-ci, que je relĂšve : « Paola Valentina Molinari confie Ă  Medoro tous les charmes et les dĂ©licatesses du lyrisme, portĂ©s par  une Ă©vidente beautĂ© dans le chant » : absolument !.. _,

    du 13 fĂ©vrier 2023 pour celui de Pierre Degott « En premiĂšre mondiale, L’Angelica de Porpora en DVD » sur le site de ResMusica,

    et du 2 avril 2023, pour celui de Jean Lacroix « L’Angelica de Porpora, premiĂšre mondiale en vidĂ©o » sur le site de Crescendo _ avec cette conclusion-ci : « Etant une premiĂšre en vidĂ©o, L’Angelica de Porpora mĂ©rite l’attention. Mais on pourrait trĂšs bien se passer de l’aspect visuel, sans pour cela moins apprĂ©cier la sĂ©rĂ©nade. Il faut savoir que, simultanĂ©ment Ă  cette parution, le label Dynamic a mis sur le marchĂ© cette mĂȘme production sous la forme d’un coffret de deux CD. Il est donc tout Ă  fait possible de savourer l’Ɠuvre en se contentant de l’audition sans images. Le choix est laissĂ© au mĂ©lomane  » Et pour ma part, j’ai choisi « l’audition sans images« … _,

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    permettant de prĂ©ciser diverses rĂ©ceptions _ en live, Ă  la scĂšne, par le DVD ou par le CD… _ de cette « Angelica e Medoro » de Nicola Porpora… 

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    Et, surtout,

    voici, enfin dĂ©nichĂ©, un lien au podcast de l’interprĂ©tation de cet admirable air de Medoro, « Bella diva all’ombre amiche« , superbement interprĂ©tĂ© par Paolina Valentina Molinari, sous la direction de Federico Maria Sardelli, tel qu’enregistrĂ© live au Festival de Martina Franca, lors de ces reprĂ©sentations de « L’Angelica » du 30 juillet au 3 aoĂ»t 2021…

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    Ce mercredi 7 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le charme vraiment prenant de la tendresse Porpora : le merveilleux CD « Salve Regina » des Muffatti, et le contretĂ©nor Clint van der Linde, chez RamĂ©e

    Dans la continuitĂ© _ et la frustation _ de mon article «  » du 3 juin dernier Ă  propos de ce qui manque maintenant dans la discographie accessible de Nicola Porpora (1686 – 1768),

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    je suis tombĂ© sur un admirable CD RamĂ©e RAM 2102, paru le 24 mars 2022, par l’excellent contre-tĂ©nor sud-africain Clint van der Linde et l’Ensemble Les Muffati, intitulĂ© « Salve Regina – Motets by Hasse and Porpora« ,

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    comportant, entre autres, un sublime « Salve Regina » de Nicola Porpora _ quelle merveilleuse tendresse ! _ composĂ© en 1630, et dĂ©diĂ© par Porpora Ă  la cantatrice Zabetta, Elizabetta Mantovani, mezzo-soprano, pensionnaire Ă  l’Ospedale degli Incurabili, Ă  Venise :

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    un admirable motet au charme fou d’une tendresse, oui, sublime.

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    Lire aussi cette rĂ©cente recension _ dĂ©couverte aprĂšs l’audition du CD, et assez neutre poour une fois… _ de Christophe Steyne, sur le site de Crescendo, en date du 11 mars 2023, intitulĂ©e (sic) « Le Salve Regina et l’italianisme Ă  l’heure baroque : deux nouvelles parutions » :

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    Le Salve Regina et l’italianisme à l’heure baroque, deux nouvelles parutions

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    LE 11 MARS 2023 par Christophe Steyne
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    Salve Regina, motets by Hasse & Porpora.

    Johann Adolph Hasse (1699-1783) : Hostes Averni ; Alma redemptoris Mater.

    Nicola Porpora(1686-1768) : Salve Regina ; Nisi Dominus.

    Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concertos pour cordes en sol mineur et en fa majeur RV 154 et 136.

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    Clint van der Linde, contreténor.

    Les Muffatti.

    Livret en anglais, allemand, français (paroles en latin et traduction en anglais).

    Mars 2021.

    TT 68’54.

    Ramée RAM 2102

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    Salve Regina.

    George Frideric Haendel (1685-1759) : Adagio-Allegro [The Lord is my Light HWV 255], Presto [Acis & Galatea HWV 49]. Salve Regina HWV 241. Praise the Lord with cheerful voice [Esther HWV 50]. Gloria HWV deest. Silete Venti HWV 242. Tu del Ciel ministro electo [Il Trionfo del tempo HWV 46a].

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    Julie Roset, soprano.

    Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn,

    Millenium Orchestra.

    Livret en anglais, français, allemand (paroles en anglais, latin et italien, traduction en anglais et français).

    Septembre 2021.

    TT 73’49.

    Ricercar RIC 442

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    Le Grand Tour du jeune Anversois Corneille-Jean-Marie van den Branden (1690-1761) stimule ce disque qui nous propose des inĂ©dits, dont un en lien avec les archives de l’archevĂȘchĂ© de Malines, dĂ©positaire de manuscrits lĂ©guĂ©s par ce Seigneur de Reeth. Parmi ces dĂ©couvertes, le Nisi Dominus Ă©crit dans les annĂ©es 1710 par Nicola Porpora, dont le CD invite aussi le Salve Regina en fa majeur dĂ©diĂ© Ă  Zabetta, cĂ©lĂšbre contralto pensionnaire de l’Ospedale degli Incurabili Ă  Venise. L’autre figure de ce rĂ©cital est un Ă©lĂšve et rival du compositeur napolitain, qui comme lui connut une carriĂšre nomade, et qui lui succĂ©da d’ailleurs comme maĂźtre de chapelle dans cet Ospedale : Johann Adolph Hasse, Ă©manĂ© de la Cour de Brunswick-Lunebourg. Au sein de son important catalogue lyrique, voici Alma redemptoris Mater qui se rattache Ă  la cĂ©lĂ©bration mariale, et Hostes Averni dans sa version conservĂ©e au Conservatoire de Bruxelles, une des douze sources identifiĂ©es pour ce motet et qui reçoit ici son tout premier enregistrement.

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    Dans sa notice, Clint van der Linde nous explique avoir choisi de prĂ©senter ces quatre Ɠuvres sacrĂ©es en commençant par les plus graves pour terminer avec les plus aiguĂ«s, les plus dramatiques. La voix mixte est garante de la variĂ©tĂ© des couleurs sur l’ambitus. La maniĂšre italianisante, aux portes du style galant, se voit traitĂ©e en respectant la veine tantĂŽt opĂ©ratique (le Hostes Averni ornementĂ© dans le da capo), tantĂŽt introvertie. En privilĂ©giant « les grands arcs d’expression plutĂŽt que se limiter au dĂ©tail », le contretĂ©nor s’offre une vocalisation ample et un souffle contrĂŽlĂ©, que ce soit dans le trait ciselĂ© ou les phrases Ă©tirĂ©es. Pour faire bonne mesure, le CD est complĂ©tĂ© par deux brefs concertos de Vivaldi, que Van den Branden rencontra en toute modestie dans les ruelles de la citĂ© sĂ©rĂ©nissime : les archets de l’ensemble Muffatti abordent ces intermĂšdes avec une palette moelleuse, tout Ă  l’image d’une prestation vocale trĂšs lĂ©chĂ©e.

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    Le Salve Regina, mais pas que. Cette anthologie toute vouĂ©e au Care Sassone s’entend comme un tribut Ă  la pĂ©riode italienne de Haendel (1706-1710) mais aussi plus largement comme « une transposition musicale des mille et une facettes de la psychologie humaine » et une valorisation d’un art sans pareil « de la mĂ©lodie dĂ©diĂ©e Ă  la voix », nous dit la notice signĂ©e de Marc MarĂ©chal. Introduite par un concert instrumental empruntĂ© Ă  la BibliothĂšque d’Uppsala (un assemblage tirĂ© d’un anthem et d’un Masque), et guidĂ© par l’inspiration au long cours du Millenium Orchestra qui semblerait prĂȘt Ă  avaler un opĂ©ra, le rĂ©cital aligne l’antienne mariale, un extrait de l’oratorio Il Trionfo del tempo, et ce Gloria de paternitĂ© douteuse avant son authentification par le professeur Joachim Marx. On y apprĂ©cie les vocalises agiles de Julie Roset (Quoniam tu solus sanctus, oĂč Leonardo GarcĂ­a AlarcĂłn ronge le frein), tandis que le Salve Regina montre une voix studieuse, blĂȘme et sans couleur, au galbe tendu et pour tout dire peu flatteur, rĂ©tif Ă  la tendresse du sujet.

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    Ce timbre monochrome s’assouplit et s’enrichit nĂ©anmoins dans le chant de louange Praise the Lord with cheerful voice agrĂ©mentĂ© de l’éloquente harpe de Marie Bournisien. Quand Esther fut reprĂ©sentĂ© au King’s Theatre en 1732, le compositeur Ă©tait dĂ©jĂ  retournĂ© en Italie : c’est certainement lĂ , parti recruter des solistes pour la scĂšne londonienne, qu’il rĂ©digea son Silete Venti, piĂšce principale de ce CD (une petite demi-heure). AprĂšs la Symphonia enfiĂ©vrĂ©e par l’orchestre, on peut apprĂ©cier la saine ventilation et le registre lumineux de la soprano, qui exploite sa voix comme un ductile instrument, presque indiffĂ©rent au texte. Au-delĂ  du brio, l’italianisme ne s’accommoderait-il d’une expression moins droite, qui ne semble lĂ  que pour poser des notes, si maitrisĂ©es soient-elles jusque dans les cimes (la conclusion du Dulcis amor Jesu) ? Dommage que l’ensemble de ce motet ne soit Ă  l’image du « Surgent venti », oĂč Julie Roset semble enfin prĂȘte Ă  fendre l’armure pour ces vents qui se lĂšvent.

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    RamĂ©e = Son : 8,5 – Livret : 8,5 – RĂ©pertoire : 9 – InterprĂ©tation : 9

    Ricercar = Son : 8,5 – Livret : 8,5 – RĂ©pertoire : 9 – InterprĂ©tation : 7

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    Christophe Steyne

     

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    Une merveille de CD…

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     Ce mardi 6 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Sur l’admirable CD des « Sacrae Cantiones Livre I » de Carlo Gesualdo, dirigĂ© par le magnifique Giuseppe Maletto (le CD ApartĂ© AP 312), la confirmation d’un nouvel article…

    Comme confirmation de mon article « « , du 30 mars dernier _ Carlo Gesualdo (Venosa, 8 mars 1566 – Gesualdo, 8 septembre 1613) est une cime de la musique occidentale, pour moi : je le vĂ©nĂšre… _, Ă  propos du sublime CD ApartĂ© AP 312 des « Sacrae Cantiones Livre I » de Carlo Gesualdo par le Il Pomo d’Oro Choir dirigĂ© par Giuseppe Maletto _ Ă©coutez ici cet extrait-ci de 3′ 40…_ ;

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    FrĂ©dĂ©ric Muñoz signe ce dimanche 4 juin 2023 sur le site de ResMusica, un nouvel article intitulĂ©, lui, « Carlo Gesualdo au plus profond du dĂ©pouillement avec l’ensemble il pomo d’oro« …

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    ChargĂ© d’une rĂ©putation _ romanticisante ; et assez peu musicale… _ pour le moins sulfureuse, occupe une place importante dans l’histoire musicale de la Renaissance en particulier _ mais beaucoup plus largement : au sein de toute la musique occidentale ! _ pour ses audaces harmoniques trĂšs particuliĂšres, remarquĂ©es et qui lui ont permis _ mais pas seulement elles… _ de ne pas sombrer dans l’oubli. , Ă  la tĂȘte de son ensemble vocal _ est-ce tout Ă  fait le sien ?.. Probablement pas ; mĂȘme si c’est lui qui ici le dirige (et merveilleusement !) _ Il pomo d’oro, restitue avec une intense intĂ©rioritĂ© _ et c’est encore trop peu dire _ les dix-neuf motets du Premier livre des Sacrae Cantiones. Un parcours aride _ pas vraiment : de braise bien plutĂŽt… _ et initiatique.

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    On retient en gĂ©nĂ©ral de la personnalitĂ© de Gesualdo le fait qu’il assassina son Ă©pouse et son amant pris en flagrant dĂ©lit d’adultĂšre _ certes : un crime d’honneur Ă  cette époque.  Au-delĂ  de cet Ă©vĂšnement tragique, sa musique a traversĂ© les siĂšcles _ cf l’oeuvre de Stravinsky _, car elle se distingue assez sensiblement _ par la puissance de son idiosyncrasie _ de celle des autres compositeurs de son temps _ en effet ! _ par des qualitĂ©s d’écriture novatrices.

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    nous propose une lecture trĂšs _ justement _ Ă©purĂ©e des Motets du premier livre de chants sacrĂ©s. Quatorze chanteurs sont au service d’une polyphonie Ă  cinq voix _ nues, voilĂ , a cappella : sans accompagnement instrumental aucun _ qui s’appuie essentiellement sur un climat de douleur _ Ă©minemment tragique, donc _, Ă©voquant au travers des textes de motets, le pĂ©chĂ©, la repentance et le pardon _ voilĂ . C’est un signe Ă©galement de la forte croyance _ oui _ en ce dĂ©but du XVIIᔉ siĂšcle italien de Don , le prince de Venosa. L’écriture de ces Motets Ă  cinq voix est limpide et austĂšre _ radicale _, reposant sur des paroles de pĂ©nitence. La personne de Marie y est trĂšs prĂ©sente, comme protectrice et consolatrice _ voilĂ  _ du pauvre pĂ©cheur. Ils parlent aussi _ mais oui _ de cette lumiĂšre salvatrice venue du ciel.

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    L’ensemble Il pomo d’oro conduit par son chef _ au moins pour cette occasion-ci _ et tĂ©nor Giuseppe Maletto offrent une vision idĂ©ale _ oui ! _ pour ces piĂšces savantes encore Ă©crites dans l’antique langage du XVIᔉ siĂšcle, avant que Gesualdo n’entreprenne ses audaces harmoniques inĂ©dites et dĂ©routantes en ce dĂ©but du XVII° siĂšcle _ oui. Giuseppe Maletto a travaillĂ© ce CD jusqu’au bout d’une dĂ©marche oĂč il a pris en charge la direction artistique, mais aussi la prise de son, le montage et toutes les Ă©tapes techniques pour sa rĂ©alisation. Dans une acoustique Ă©quilibrĂ©e oĂč l’on ressent le grain de la pierre de l’église de Cumiana, le chant cĂ©leste de Gesualdo se dĂ©veloppe, comme familier Ă  cet environnement, et ainsi harmonieux et complice Ă  nos oreilles modernes _ voilĂ .

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    Carlo Gesualdo (1566-1613) :

    Sacrarum Cantionum Quinque Vocibus (Liber Primus 1603).

    ChƓur Il pomo d’oro, direction : Giuseppe Maletto.

    1 CD Aparté.

    Enregistré du 19 au 23 mai 2021 à la Confraternita dei santi Rocco e Sebastiano, Cumiana, Italia.

    Notice de présentation en italien anglais et français.

    Durée : 65:00

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    Article Ă  comparer au mien en date du 30 mars 2023 :

    …

    «  » ;

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    ainsi qu’avec, toujours sur mon blog « En cherchant bien« , celui du 3 avril suivant, qui venait en quelque sorte complĂ©ter celui du 30 mars :

    …

    « « …

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    Un CD indispensable que ce CD Aparté AP 312,

    pour ce compositeur gĂ©nialissime qu’est le dĂ©cidĂ©ment unique Carlos Gesualdo !

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    Ce dimanche 4 juin 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa