Catégorie : Musiques

  • Ecouter les mélodies avec piano de Nadia Boulanger (1887 – 1979) : quel(s) chanteur(s) et quel(s) pianiste(s) choisir en CD ?

    Aux pages 93 à 123 de son passionnant « L’Autre XXe siècle musical« , au chapitre intitulé « Nadia Boulanger la grande « Mademoiselle »« ,

    Karol Beffa _ cf aussi la vidéo de mon entretien avec lui à la Station Ausone le 25 mars 2022 ; ainsi que mon article, en suivant, « « , du jeudi 7 avril 2022… _ met brillamment en valeur l’œuvre superbe _ et bien trop prématurément interrompue, après 1921, par elle, Nadia, qui la jugeait « inutile« , auprès de l’œuvre de sa sœur Lili !.. _ de Nadia Boulanger (Paris, 16 septembre 1887 – Paris, 22 octobre 1979).

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    Jusqu’ici, ma discothèque personnelle ne comportait, en matière de Mélodies de la composition de Nadia Boulanger, que le très beau CD « Lili & Nadia Boulanger, Mélodies« , par les épatants Cyrille Dubois, ténor _ magnifique interprète ! Cf aussi son coffret Fauré Aparté AP 284 ; et sur celui-ci, notamment mon article du 3 juin 2022 : « « … _, et Tristan Raës, piano, soit le CD  Aparté AP 224, enregistré au Palazzetto Bru-Zane, à Venise, les 8 et 9 mars 2018.

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    Et de ce très réussi CD de Cyrille Dubois et Tristan Raës consacré aux Mélodies avec piano des sœurs Boulanger,

    se reporter à ce qu’en ont dit deux de mes articles, en date du 26 février 2020 « « , et du 2 mars 20220, « « …

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    Or voici que vient ces jours-ci de paraître, pour le label Harmonia Mundi, un très intéressant triple album _ complet ! Et son intitulé même le proclame ! _, intitulé, lui, « Les Heures claires – The Complete Songs – Nadia & Lili Boulanger« ,

    l’album HMM 902356.58, par, surtout, Lucile Richardot, mezzo-soprano, et Anne de Fornel, piano _ mais aussi Stéphane Degout, baryton, Raquel Camarinha, soprano, Sarah Nemtanu; violon et Emmanuelle Bertrand, violoncelle… _, enregistré à Boulogne-Billancourt aux mois de février et juin 2022 _ et au passage, on peut remarquer que l’ordre de mention des deux sœurs Boulanger, a été ici inversé : Nadia, l’aînée (Paris, 16 septembre 1887 – Paris, 22 octobre 1979), passant cette fois (voire désormais ?..) avant sa cadette Lili (Paris, 21 août 1893 – Mézy-sur-Seine, 15 mars 1918).

    Faut-il y voir, je me le demande, quelque impact-résurgence, non explicite certes dans la notice de présentation du livret, ni encore moins revendiqué, de l’article consacré à Nadia Boulager en le très important « L’Autre XXe siècle musical«  de l’ami Karol Beffa ?..

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    Sur lequel triple album « Les Heures claires – The Complete Songs – Nadia & Lili Boulanger« , donc, vient aussi de paraître, hier 13 mars, sur le site Discophilia et sous la plume de Jean-Charles Hoffelé, l’article suivant, intitulé « Sisters » :

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    SISTERS

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    Côté compositeur, au chapitre Boulanger, Lili éclipsa Nadia, cette dernière s’effaçant _ très volontairement _ devant le génie trop intense de sa cadette _ comme l’a excellemment souligné Karol Beffa en son livre pré-cité… Injustice consentie _ et même fièrement assumée, en effet ! _ par l’intéressée.

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    Le grand bouquet de mélodies qui emplit le premier disque et ouvre le second de ce bel album _ triple _, dont le recto fait voir les deux amies dansant au bord de la mer d’Edvard Munch (Danse sur la plage, 1900), atteste pourtant _ et sans conteste aucun _ d’un talent considérable. Une touche de sombre écarte l’ombre de Fauré, le chromatisme arde un expressionisme que la mélodie française évitait volontiers, et une expansion de l’émotion et de la durée (Écoutez la chanson bien douce : six minutes passées, géniale conversion en notes des mots de Verlaine) que Lili pratiquera dans une moindre mesure avec son opus majeurs Clairière dans le ciel, indiquent bien que Nadia empêcha _ voilà _ son génie. Plus qu’un souvenir, presque un regret, paraît dans son opus ultime, Vers la vie nouvelle, pour le seul piano _ à la plage 15 du premier de ces trois CDs.

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    Dans les trente-huit mélodies (y compris le cycle Les Heures claires écrit à quatre mains avec l’ami-amant Raoul Pugno) s’insèrent _ à la plage 11 du premier de ces trois CDs _ les haïkus des Trois Pièces pour violoncelle et piano, qu’Emmanuelle Bertrand joue comme une voix humaine, merveilles jusque dans le Vif un peu chinois ! Le timbre de sa grande caisse fait écho au mezzo ambré, sombre, de Lucile Richardot et au baryton enveloppant de Stéphane Degout.

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    Grande coda dédiée à Lili. Le troisième disque bute pourtant _ et c’est dommage ! _ sur le choix de confier Clairières dans le ciel à une soprano. La tessiture tendue éprouve Raquel Camarinha, soulignant que le cycle est écrit (et de sens premier les poèmes de Francis Jammes itou) pour un homme (le narrateur, Jammes lui-même), en fait un ténor avec aigu, Eric Tappy hier, Cyrille Dubois aujourd’hui _ oui ! Cf mes deux articles cités ici même plus haut _ l’ont affirmé.

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    Les autres mélodies, plus rares, retrouvent Lucile Richardot et Stéphane Degout, les petits poèmes à deux instruments, violon ou violoncelle sont sublimées par Sarah Nemtanu et Emmanuelle Bertrand dans les paysages, les évocations que le piano d’Anne de Fornel aura dispensés au long de ce voyage entre la rue Ballu et les Maisonnettes de Gargenville.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Nadia Boulanger (1887-1979)

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    Mon cœur
    Écoutez la chanson bien douce
    Soleils couchants
    Allons voir sur le lac d’argent (pour 2 voix)
    Versailles
    Un grand sommeil noir
    Ilda
    Mon âme
    Poème d’amour
    Cantique
    Heures ternes
    Chanson
    Soir d’hiver
    Doute
    Au bord de la route
    J’ai frappé
    Extase
    Aubade
    Désespérance
    Élégie
    La Sirène*
    O, schwöre nicht
    Was will die einsame Thräne
    Ach! die Augen sind es wieder
    Prière*
    Le Beau Navire
    La Mer
    L’Échange
    Le Couteau
    Chanson

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    3 Pièces pour violoncelle et piano
    Vers la vie nouvelle, pour piano seul
    Petites pièces, pour piano seul

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    Nadia Boulanger (1887-1979) / Raoul Pugno (1852-1914)

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    Les Heures claires

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    Lili Boulanger (1887-1979)

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    Attente
    Reflets
    Le Retour
    Dans l’immense tristesse
    Clairières dans le ciel*, cycle de 13 mélodies

    Pièce, pour violon et piano
    Nocturne, pour violon et piano
    Introduction et Cortège, pour violon et piano
    D’un matin de printemps, pour violon et piano
    D’un soir triste, pour violoncelle et piano (arr. Nadia Boulanger)

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    Lucile Richardot, mezzo-sopano
    Stéphane Degout, baryton
    *Raquel Camarinha, soprano
    Anne de Fornel, piano
    Emmanuelle Bertrand, violoncelle
    Sarah Nemtanu, violon

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    Un album de 3 CD du label harmonia mundi HMM 902356.58
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    Photo à la une : Edvard Munch, Danse sur la plage, 1900 (détail de la couverture) – Photo : Prague, National Gallery

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    Alors qu’en penser ?..

    Qu’en est-il de ces diverses interprétations par ces divers interprètes des Mélodies de Nadia et Lili Boulanger ?..

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    En tout cas, au moins une étape marquante dans le panorama révisé-rénové des belles interprétations des délicates et raffinées Mélodies françaises…

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    Ce mardi 14 mars 2023, TItus Curiosus – Francis Lippa

  • Et à nouveau à propos du CD Vivaldi « Intorno a Pisendel » de Julien Chauvin et son Concert de la Loge, frémissant de vie…

    Et à nouveau à propos du superbe CD Vivaldi « Intorno a Pisendel » de Julien Chauvin et son Concert de la Loge (le CD Naïve OP 7546),

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    et après mon assez dithyrambique article « «  du 2 novembre 2022,

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    voici cette fois ce que sur le site de Crescendo, ce lundi 13 mars 2023, dit de ce CD de Julien Chauvin le critique Christophe Steyne,

    sous l’intitulé assez sobre « Vivaldi, concertos pour violon autour du virtuose Pisendel » :

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    Vivaldi, concertos pour violon autour du virtuose Pisendel

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    LE 13 MARS 2023 par Christophe Steyne
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    Concerti per violino X Intorno a Pisendel.

    Antonio Vivaldi (1678-1741) : Concertos en ré majeur RV 225, RV 226, en ré mineur RV 237, en sol majeur RV 314, en la majeur RV 340, en si bémol majeur RV 369.

    Julien Chauvin, violon et direction.

    Le Concert de la Loge.

    Livret en français, anglais, italien, allemand.

    Mars 2021.

    TT 60’04.

    Naïve OP 7546

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    Parvenu au deuxième tiers _ voilà _ de son ambitieux projet (faire entendre l’intégralité des manuscrits vivaldiens conservés à la Bibliothèque Nationale de Turin, source fondamentale _ en effet ! _), cette collection apporte ici un dixième volume de concertos pour violon. Chaque fois confié à des interprètes de premier plan. Le précédent jalon concertant était confié à l’ensemble de Rinaldo Alessandrini. On retrouve ici le Concert de la Loge qui s’était illustré dans le volume 8, « Il Teatro ». Au programme : des concertos autour de la personne de Johann Georg Pisendel, le célèbre violoniste de la Cour de Dresde, que le futur Frédéric-Auguste II de Saxe (1696-1763) avait emmené à Venise lors de son voyage d’aguerrissement, et qui devint un proche élève du Prete Rosso. Pisendel était déjà à l’honneur dans le volume 5, par Dmitry Sinkovsky et Il Pomo d’Oro, et gageons qu’il le sera encore car certains opus (RV 172, 205, 242) dédiés à son archet n’ont pas encore surgi dans cette édition au long cours _ information précieuse.

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    On trouve ici trois concertos expressément écrits pour lui (RV 237, 314 et 340), et trois autres qu’il recopia (RV 225, 226, 369) _ une distinction intéressante elle aussi. Le Largo du RV 226 s’inscrit sur un fond de pizzicato ; le présent enregistrement a choisi la même parure de cordes pincées pour l’Adagio du Concerto en sol majeur _ RV 314… _, tirée d’une mouture alternative archivée à Dresde comme RV 314a. Cet opus ouvre le disque et attaque comme une déflagration _ voilà ! À entendre ces contrastes radicaux, éblouissants comme un flash, on suppose d’emblée que la prestation va préférer le fil du rasoir au dos de la cuiller. Joutant avec ces tranchantes ritournelles, Julien Chauvin se montre non moins affuté dans les passages rhapsodiques dont il soutire d’étranges phosphores. Cette même liberté _ mais jamais hystérisée, ni complètement arbitraire… _ dynamise le relief soliste que Vivaldi incrusta dans le ripieno du premier allegro RV 226. Dans le RV 237 en ré mineur, l’élasticité des bariolages titillés de l’archet instille une vie frémissante _ oui _, digne du dramatique RV 369 que l’équipe anime avec sensibilité et science.

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    Car il y a de l’audace, mais surtout du contrôle derrière ce méthodique panache que le Concert de la Loge sertit dans un ton lucide _ oui, jamais hystérisé _, rappelant que l’orchestre officie par ailleurs, conformément à son nom de baptême, dans les grandes pages du classicisme _ mais oui. Un drapé en couleurs primaires alambiqué de clair-obscur, netteté du dessin, compacité de la pose, une certaine rigidité du maintien sous la souplesse revendiquée du geste, regard vaguement compassé : l’interprétation du Largo RV 225 fait immanquablement songer au Christ chez Marthe et Marie de Mathieu Le Nain (1607-1677). Ailleurs, l’esthétique altière des musiciens de la Loge nous vaut une anthologie tracée avec une force brute et un brin guindée, heureusement décillée par l’imagination de son chef et ses arsouilles cabrioles à l’instrument. En tout cas, une étape à ne pas manquer _ voilà ! _ dans l’exploration du corpus vivaldien, tant pour la relative rareté des œuvres que leur charismatique exécution, en habit d’apparat _ oui.

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    Son : 8,5 – Livret : 9 – Répertoire : 9 – Interprétation : 9,5

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    Christophe Steyne

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    CD après CD,

     

    et aux deux tiers de son parcours,

    cette Intégrale Vivaldi d’après les manuscrits précieusement retrouvés et conservés à la Bibliothèque de Turin,

    tient donc magnifiquement ses promesses…

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    Vivaldi sachant se renouveler merveilleusement à chacun de ses infiniment variés, mais oui !, opus…

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    Ce lundi 13 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos de l’oeuvre pour piano seul de Georges Enesco, quelques mots aussi sur la question du goût, par Eric Rouyer

    Ce dimanche 12 mars 2023, Éric Rouyer m’adresse cet intéressant courriel-ci

    https://lepalaisdesdegustateurs.com/georges-enesco-prelude-et-fugue-pour-piano

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    qui me donne à écouter _ Éric Rouyer n’en indique cependant pas l’interprète, non plus que l’origine des enregistrements _ le Prélude pour piano et fugue (d’une durée de 17′ 46) et le dernier mouvement Andante molto espressivo de la Première Sonate pour piano, Op. 24 (d’une durée de 9′ 11) de Georges Enesco (Liveni, 19 août 1881 – Paris, 4 mai 1955),

    un compositeur qui m’est cher, et dont j’essaie de suivre la discographie _ des œuvres pour piano seul de Georges Enesco, je possède ainsi l’intégrale en 3 CDs par le pianist espagnol Josu de Salaun, pour le label Grand Piano _ ;

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    assortis de quelques commentaires interrogatifs de la part de cet éminent mélomane _ et éditeur du très original label qu’est Le Palais des Dégustateurs _ qu’est Éric Rouyer, sur la nature et la validité des goûts s’attachant à une œuvre…

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    Ce dimanche 12 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un présent retour en grâce de la musique pour clavier de Muzio Clementi (1752-1832), au moins sur les platines…

    En mes articles récents des 2, 3 et 6 mars derniers

    _ « « ,

    « « ,

    et «  » _,

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    j’ai eu l’occasion, à propos de mon regard porté sur le passionnant CD de Jean Rondeau « Gradus ad Parnassum »  (Erato 5054197416170), de mentionner l’interprétation impressionnante sur clavecin _ voilà l’audace, et la merveille !!! _, notamment de deux morceaux de Muzio Clementi, le Studio n°14 et le Studio n°45 du « Gradus ad Parnassum » Op. 44, pour piano _ un recueil de 100 Études pour piano composées en 1817, 1819 et 1826 _, de celui-ci…

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    Or une récente actualité discographique nous a proposé et offert un bien intéressant CD « Clementi Piano Sonatas & Preludes« , par Ilia Kim, au piano _ le CD Piano Classics PCL 10254 _,

    chroniqué notamment, sur son site Discophilia, par Jean-Charles Hoffelé, sous le titre « Secret bien gardé« , le 9 janvier dernier…

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    SECRET BIEN GARDÉ

    Maria Tipo aura osé graver la première intégrale des Sonates _ au nombre de 54 pour piano seul, composées entre 1771 (Opus 1) et 1821 (Opus 50) _, de Muzio Clementi, révélant les splendeurs _ voilà _ d’un monument érigé comme en regard du massif des trente-deux Sonates de Beethoven. Las !, malgré tant de merveilles déjà auscultées par Horowitz et par une poignée d’autres pianistes, ce corpus passionnant sera retombé dans l’oubli.

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    Ilia Kim en ressaisit tout l’esprit si divers avec un talent pianistique éclairant. Dès le Piuttossto allegro de la sublime _ rien moins ! _  Sonate en fa dièse mineur, on balance de Scarlatti à Mendelssohn, l’œuvre souligne bien cet « entre-deux mondes » qui fait la singularité de la grammaire de ce génie méprisé _ oui… _ : même en composant pour demain, il ne peut s’empêcher de regarder _ aussi _ dans les siècles passés, voulant faire cohabiter dans un même geste des époques et des styles antithétiques, ne renonçant ni aux paysages romantiques, ni à la musique narrative des contemporains bohémiens, entendant les échos de Lieder de Schubert et le bel canto de Bellini, et se souvenant des fantaisies des clavecinistes italiens.

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    Mais tout cela ne serait rien si Ilia Kim ne saisissait pas la dimension expressive _ voilà ! _ qui fait tout le prix des trois sonates qu’elle a choisies d’un œil expert, les agrémentant des impertinents petits croquis stylistiques de l’Op. 19. Aurait-elle rouvert cette boîte de Pandore où sommeille un des trésors _ voilà ! _ du grand piano de l’orée du romantisme ?

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Muzio Clementi
    (1752-1832)

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    Sonate pour clavier en fa dièse mineur, Op. 25 No. 5
    Sonate pour clavier en ré majeur, Op. 25 No. 6
    Musical Characteristics,
    Op. 19 (4 extraits : II. Preludio alla Haydn ; VI. Preludio II alla Mozart ; XI. Preludio I alla Clementi ; XII. Preludio II alla Clementi)

    Sonate pour clavier en sol majeur, Op. 37 No. 2

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    Ilia Kim, piano

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    Un album du label Piano Classics PLCL10254

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    Photo à la une : la pianiste Ilia Kim – Photo : © DR

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    Une interprétation d’Ilia Kim qui sert excellemment l’élégance au moins de l’art de Muzio Clementi…

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    Ce samedi 11 mars 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa