Catégorie : Musiques

  • Retour sur l’éblouissant CD Vivaldi (et Pisendel) du somptueux Julien Chauvin et son Concert de la Loge : le CD Naïve OP 7546…

    Avec l’article « Ordre et désordre » _ ou Apollon et Dionysios _ publié ce jour par Jean-Charles Hoffelé sur son site Discophilia,

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    l’actualité des médias consacrés à la discographie me donne l’occasion d’enfoncer encore un peu plus le clou de mon enthousiasme de mélomane, exprimé sur ce blog le 2 novembre dernier en mon assez dithyrambique article « « .

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    Voici donc cet article « Ordre et désordre » :

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    ORDRE ET DÉSORDRE

    Pisendel, devenu le premier violoniste de la cour du Prince héritier de Saxe, aura accentué _ en effet _ le goût transalpin déjà si célébré _ oui _ par le Prince Electeur qui faisait volontiers le voyage de Venise, s’y faisant accompagner de ses musiciens _ voilà.

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    Sa rencontre avec Vivaldi affermira encore une technique et un goût musical tout italien formé par Torelli et Pistocchi. Vivaldi, émerveillé par sa technique imparable, ira jusqu’à lui confier quelques manuscrits que Pisendel conservera précieusement à Dresde _ voilà ! _, et qui pourraient constituer un portrait resté vivant de son art brillant et profond à la fois _ mais oui !!! _, ressuscité avec autant de caractère que de perfection _ parfaitement ! _ par Julien Chauvin _ tant au violon qu’à la direction de son orchestre _ au long de son bel album.

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    De son violon il marie à égalité les humeurs virtuoses et l’aspiration à une élévation du discours _ mais oui ! _ qui regarde déjà vers un certain classicisme _ il existe bien ainsi toute une vraie filiation, via leur commun mécène bohème le Comte Morzin, entre Antonio Vivaldi et Joseph Haydn… _ : les œuvres sont magnifiques, de grande parade, elles arborent des décors d’orchestre somptueux dont Le Concert de la Loge se régale, célébrant une harmonie rayonnante où transparaît la perfection corellienne _ c’est très justement dit.

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    À l’autre bout _ oui _ de la planète Vivaldi, Amandine Beyer et ses Incogniti nous entraînent dans les folies des concerti con molti stromenti, paradis ou enfer (c’est selon) où Vivaldi bouscule tout comme dans les trompes de chasse et de combat qui ouvrent le premier (ici) des deux concertos « Per la Solennità di S. Lorenzo », rappelant jusque dans ses fêtes religieuses comme Venise se régalait de pompes profanes.

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    Les _ audacieux et très inventifs _ alliages instrumentaux les plus capricieux _ oui _ bariolent les opus réunis ici, osant jusqu’au charivari ravageur dont sont capables les cors naturels. Vivaldi exulte dans ces outrages à l’harmonie dont l’impertinente bande se régale, signant un disque joliment iconoclaste _ bien différent des CDs de virtuosité de solistes….

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Vivaldi Edition, Vol. 69

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    Concerti per violino X
    « Intorno a Pisendel »

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    Antonio Vivaldi (1678-1741)

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    Concerto pour violon en sol majeur, RV 314
    Concerto pour violon en
    ré majeur, RV 226

    Concerto pour violon en
    si bémol majeur, RV 369

    Concerto pour violon en ré mineur, RV 237
    Concerto pour violon en ré majeur, RV 225
    Concerto pour violon en la majeur, RV 340

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    Le Concert de la Loge
    Julien Chauvin, violon, direction
    Un album du label naïve classique OP7546

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    Il mondo al rovescio
    Concerti con molti strumenti

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    Antonio Vivaldi (1678-1741)

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    Concerto en ré majeur, RV 562 « Per la Solennità di
    San Lorenzo »

    Concerto pour flûte en
    mi mineur, RV 432

    Manuel Granatiero, flûte

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    Concerto en ut majeur, RV 556 « Per la Solennità di San Lorenzo »
    Concerto en fa majeur, RV 571
    Concerto pour violon et hautbois en sol mineur, RV 576
    Neven Lesage, hautbois – Amandine Beyer, violon

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    Concerto pour violon en la majeur, RV 344
    Amandine Beyer, violon

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    Concerto pour 2 hautbois en la mineur, RV 536
    Neven Lesage, Gabriel Pidoux, hautbois
    Concerto en fa majeur, RV 572 « Il proteo o sià Il mondo al rovescio »

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    Gli Incogniti
    Amandine Beyer, violon, direction
    Un album du label harmonia mundi HMM902688
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    Photo à la une : le violoniste Julien Chauvin – Photo : © Maro Borggreve

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    Ce jeudi 15 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Retour sur l’épatantissime CD Bach-Schütz-Buxtehude de Iestyn Davies avec l’Arcangelo de Jonathan Cohen (CD Hyperion CDA 68375)…

    Le 4 décembre dernier,

    mon article « « 

    célébrait la joie irradiante de ce magistral CD Hyperion CD68375.

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    Et voici que me voilà rejoint en cette célébration, en date du 10 décembre, par un très bon article _ en sa première partie consacrée à cet enchanteur CD-ci _ de Crescendo, sous la plume de Christophe Steyne,

    intitulé « Bach, Cantates pour soprano, alto, ou basse solistes, trois nouvelles parutions« ,

    dont voici ce qui concerne le magistral CD Iestyn Davies/Arcangelo/Jonathan Cohen (Hyperion CDA68375) :

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    Bach, cantates pour soprano, alto ou basse solistes, trois nouvelles parutions

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    LE 10 DÉCEMBRE 2022 par Christophe Steyne
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    Johann Sebastian Bach (1685-1750) : Cantates Gott soll allein mein Herze haben BWV 169, Geist und Seele wird verwirret BWV 35.

    Heinrich Schütz(1585-1672) : Erbarm dich mein, o Herre Gott SWV 447.

    Dieterich Buxtehude (1637-1707) : Klag-LiedBuxWV 76b.

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    Iestyn Davies, contre-ténor. Carolyn Sampson, soprano. John Mark Ainsley, ténor. Neal Davies, baryton-basse.

    Tom Foster, orgue.

    Arcangelo,

    Jonathan Cohen.

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    Octobre 2020.

    Livret en anglais, français, allemand (paroles des cantates en allemand et traduction en anglais).

    TT 65’02.

    Hyperion CDA68375

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    Voici trois nouvelles parutions _ dont je ne retiens ici que la première... _ consacrées à des cantates pour voix solistes, avec ou sans chœur. Parmi les trois cantates pour alto solo et organo obbligato conçues entre l’été 1725 et l’automne 1726, l’album Hyperion en propose deux (la célèbre BWV 170 se trouve par ailleurs dans un précédent CD _ le CD Hyperion CDA68111 _ de Iestyn Davies chez le même label). Pour faire bonne mesure, elles sont séparées par de _ très _ poignantes œuvres _ deux absolus chefs d’œuvres aussi… _ écrites par deux essentiels _ oui ! _ représentants de la musique germanique avant Bach : le douloureux Klag-Lied qui fut joué aux funérailles du père de Buxtehude (on y goûtera la maîtrise du registre aigu par un soliste en état de grâce), et le Erbarm dich mein, o Herre Gott sur un choral pénitentiel, tiré des Psaumes de David d’Heinrich Schütz.

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    Orchestre de noble table _ et bien davantage encore… _, dont Jonathan Cohen depuis son clavecin exprime tous les sucs _ oui ! _, orgue pétillant (excellent _ -issime, même !!! _ Tom Foster à la manœuvre, intarissable dans la seconde Sinfonia BWV 35), un _ merveilleux _ Iestyn Davies au timbre charnu et suggestif que saluait récemment Bénédicte Palaux-Simonnet : esprit et émotion _ oui _ soufflent à chaque instant sur cette session captée à St. Jude-on-the-Hill, une église au nord de Londres souvent choisie pour son excellente acoustique (des centaines d’enregistrements y tinrent lieu). Un plaisir sans nuage _ mais oui ! un vrai ravissement !!! _ coule de ce récital, où brille le sourire du Gott hat alles wohlgemacht, radieux _ « joie irradiante« , avais-je même titré mon article…  _ à tous les étages, depuis les fondations (Inga Maria Klaucke au basson). Le chœur final (Du süße Liebe) de la BWV 169 est chanté à un par partie, par un renfort de luxe (Carolyn Sampson, John Mark Ainsley, Neal Davies). Un disque qui se laisse écouter en boucle _ mais oui ! _, parachevé par un Ich wünsche nur bei Gott zu leben chaleureusement enluminé _ oui, oui, décidément oui.

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    Un enchanteur CD à ne surtout pas laisser passer…

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    Ce mardi 13 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Le monumental travail d’Elizabeth Schoonmaker Auld, en son édition-traduction (en anglais) des Lettres de guerre de Lucien et Louise Durosoir : « Ma Chère Maman, mon Cher Enfant _ The Letters of Lucien and Louise Durosoir 1914 – 1919 », aux Editions Blackwater Press _ disponibles en France…

    C’est un considérable extraordinaire monument à Lucien et Louise Durosoir _ à leurs personnes mêmes, je veux dire _ que vient de réaliser Elizabeth Schoonmaker Auld,

    « Biz » ,

    avec ce monumental travail de lecture, choix éditorial, ainsi que de traduction en anglais _ à destination d’abord d’un lectorat anglophone ; mais plus large évidemment aussi… _,
    aboutissant à ce merveilleux livre de 544 pages « Mon Cher Enfant, ma Chère Maman, The Letters of Lucien et Louise Durosoir 1914 – 1919 » (Blackwater Press).
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    Qui vient constituer un extraordinaire apport (de témoignage profond) à qui s’intéresse au vécu des Poilus de la Grande Guerre, ici à travers les deux sensibilités hautement cultivées de Lucien et Louise Durosoir ;
    et au-delà donc de ce qui peut intéresser déjà des musicologues attachés à l’œuvre musical si singulier de Lucien Durosoir compositeur (dont le travail de composition va de 1919 à 1950),
    et aussi, plus largement, des mélomanes amoureux de musique profonde, juste et vraie, comme celle de Lucien Durosoir…
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    J’en ai profité pour relire mes deux contributions aux Actes du Colloque « Lucien Durosoir, un compositeur moderne né romantique » du 19 février 2011 au Palazetto Bru-Zane à Venise  ;
    et suis assez surpris de ne pas en avoir honte, ni en éprouver de regrets, comme je m’y attendais _ mais ma position est forcément très partiale…
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    Exactement comme ce que je viens d’éprouver _ ni honte, ni regret _ à la relecture de mon texte perdu et retrouvé (en novembre 2022) de janvier 2006 « Lire ‘Liquidation’ d’Imre Kertész : ce qui dure d’Auschwitz » …
    Bien sûr, mon écriture n’y est pas simple, mais je m’y reconnais tout entier ;
    et surtout cette écriture me semble respecter le plus justement possible l’idiosyncrasie des auteurs dont je m’essaie à présenter-élucider les œuvres en la singularité de leur puissante voire sublime imageance.
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    Le temps n’est pas passé, ici ; rien n’a vraiment vieilli.
    Le temps nous est bien une richesse reçue avec la vie, et dont il nous faut, chacun, essayer de saisir quelque chose de l’ordre, oui, de l’éternité
    _ pour reprendre l’articulation, éminemment pratique, sensitive, voire expérimentale, que leur donne la pensée géniale d’un Spinoza…
    Et que figure excellemment le malicieux petit dieu Kairos, généreux mais tranchant, du fait de l’absolument irrattrapable de l’irréversibilité du temps passant…
    Car c’est cela avoir à apprendre à vivre sa vie passagère, et en cultiver les vraies richesses…
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    Et c’est aussi pour ces raisons-là que, au delà de sa si belle œuvre musicale qui nous touche si intensément _ cf mon article du 4 juillet 2008 « «  à propos du CD Alpha 125 des sublimissimes « Quatuors à cordes » de Lucien Durosoir par le Quatuor Diotima… _,
    c’est la personnalité même, extraordinaire, de Lucien Durosoir (1878 – 1955) que j’admire et apprécie-aime du plus près, en sa fondamentale humilité-discrétion, et vérité exigeante aussi et surtout.
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    Voilà,
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    Francis
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    Ce lundi 12 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • Sertir la perfection du chant haendelien (dans ses oratorios anglais) pour les voix idéales de Léa Désandré et Iestyn Davies : ce que vient apporter le CD « Eternal Heaven » de l’Ensemble Jupiter et son chef (et luthiste) Thomas Dunford en plus des CDs d’oratorios complets…

    Sertir la perfection du chant haendelien (dans les oratorios anglais) pour les voix idéales de Léa Désandré et Iestyn Davies,

    tel est le but superbement réalisé dans le CD « Eternal Heaven » _ Erato 5054197196775 _ par Jonathan Dunford et son ensemble _ quasi de chambre ici, avec seulement 11 musiciens instrumentistes : Thomas Dunford, luth ; Sophie Gent & Tuomi Suni, violons ; Jérôme Van Waerbeke, alto ; Keiko Gorni, violoncelle ; Hugo Abraham, contrebasse ; Sébastien Marq, flûte ; Neven Lesage, hautbois ; Peter Whelan, basson ; Jean Rondeau, clavecin ; et Tom Foster, clavecin & orgue… _ Jupiter…

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    Qu’on regarde et écoute ici la délicieuse vidéo (de 5′ 07) du sublime duo « To thee, thou glorious son of worth« , de l’oratorio « Theodora« , Partie II, scène 5…

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    Et qu’on lise, par exemple _ mais avec recul quant à ses critiques _, l’article « Haendel sous le signe du plaisir et du jeu« , paru hier 5 décembre dans Crescendo, sous la plume de Bénédicte Palaux-Simonnet :

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    Haendel sous le signe du plaisir et du jeu 

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    LE 5 DÉCEMBRE 2022 par Bénédicte Palaux-Simonnet
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    « Eternal Heaven ». Œuvres de George Frederic Haendel (1685-1759).

    Léa Desandre, mezzo soprano ; Iestyn Davies, contre ténor ; Ensemble Jupiter, direction musicale et luth : Thomas Dunford.

    2022

    Livret et textes en français, anglais, allemand. 86’25’’

    Erato 5054197196775

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    Vêtus de blanc dans un décor d’alpages, trois musiciens secondés par le petit ensemble _ de 11 instrumentistes seulement, en plus des deux chanteurs _ « Jupiter », proposent un récital de 86 minutes consacré à Haendel. Une succession d’extraits _ d’airs et duos _ d’oratorios divers, créés dans la période anglaise (Semele en tête avec 6 airs, suivie de Theodora, Susanna, Esther, Hercules, Solomon, notamment) font alterner duos et solos en anglais accompagnés d’un continuo réduit _ voilà ! _ à géométrie variable _ s’agissant ici de mettre bien en valeur le chant…

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    Le mélange d’une voix de mezzo léger _ celle de Léa Désandré, 28 ans au moment de l’enregistrement du CD, du 1er au 6 octobre 2021, à la Chapelle Corneille, à Rouen _ avec celle d’un « countertenor » venu de York _ Iestyn Davies, 42 ans_, formé dans les chœurs d’enfants du St John’s College à Cambridge, excellent connaisseur du répertoire anglais (Purcell et Britten entre autres), pouvait surprendre. Mais le timbre clair de Iestyn Davis met en valeur les couleurs plus ombrées de celui de Léa Desandre, tandis que l’évanescence de l’un et la légèreté véloce de l’autre se fondent jusqu’à donner l’impression de voix « en miroir » ou, même, de voix-jumelles.

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    La sensibilité affleure plus volontiers dans les airs solistes grâce à l’intimité d’une projection chambriste. Le format se prête tout autant à une virtuosité aérienne qui semble se rire de ses propres exploits. Car ce sont bien le jeu, la joie et l’aisance qui irradient _ voilà _ ce programme. Sous la direction virevoltante de Thomas Dunford _ 33 ans _, également au luth _ oui ! _, affleure une complicité musicale de chaque instant _ oui ! _ qui emporte l’adhésion.

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    Adhésion non dénuée de regrets _ que je ne partage pas, au vu du projet bien particulier de ce CD… Ainsi de la transposition de l’Ode for the Birthday of Queen Anne qui modifie l’équilibre sonore voulu par le compositeur ou de l’arrangement pour luth de la Sarabande de la Suite en ré mineur rendue célèbre par le film Barry Lyndon _ mais tout cela est parfaitement volontaire et assumé de la part de Thomas Dunford. La prévalence de sonorités droites parfois tendues dans les aigus (No, no I’ll take no less, extrait de Semele) évoque une esthétique « baroqueuse » révolue, sans compter ornementations frugales, da capo évasifs ou réverbérations intempestives _ mais il ne s’agissait pas du tout de donner des extraits d’oratorios avec des effectifs complets…

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    Ajoutons encore l’exaspérant violon (fiddler ?) qui introduit le duo Joys of Freedom auquel ne manque que la cornemuse, voire intempestif dans l’air d’Athanas (Despair no more shall wound me) déjà pénalisé par des vocalises sur la syllabe « Wou-ou-ou » –.

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    Quant aux effectifs restreints, même ingénieusement agencés, ils répondent au choix _ mais oui _ d’une esthétique épurée « à l’os » qui ne manque pas de charme, mais relève de goûts plus personnels _ et alors ??? _ que fidèles au compositeur du Messie _ mais une fois encore, tel n’était pas là l’objectif de ce récital-florilège d’airs et duos au service du seul chant…

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    Pour conclure on s’attardera sur les interventions aussi belles qu’éloquentes du hautbois (Neven Lesage) culminant avec l’air de la Reine de Saba (Solomon A. III), Will the sun forget to streak – moment belcantiste où la voix s’épanouit dans sa tessiture naturelle tandis que les violoncelles, hautbois et autres instruments conversent, s’enlacent et se répondent. De son côté Iestyn Davies prête à l’air de Saul, O Lord, whose mercies numberless (David _ de Saul… _), une pureté retenue qui flotte en apesanteur. Dans le même élan, les phrasés caressants presque chuchotants du duo final Theodora-Didymus (II, 5) _ de Theodora ; cf la vidéo que j’en donne ici… _ suscitent un climat quasi extatique _ voilà.

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    Ce n’est pas tout ! Un petit clin d’œil folk-pop se glisse en bis qui en dit long sur l’entente et le plaisir des musiciens.

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    Son 9 – Livret 9 – Répertoire 10 – Interprétation  10

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    Bénédicte Palaux Simonnet

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    Un récital-florilège qui sert parfaitement l’exceptionnel génie de la mélodie de Haendel,

    comme la perfection de l’art du chant de Léa Désandré et Iestyn Davies…

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    Ce mardi 6 décembre 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa