Catégorie : Musiques

  • Je ne suis pas seul à aimer vraiment beaucoup Barbara Hannigan…

    Le 27 septembre dernier,

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    l’article de mon blog

     

    clamait haut et fort

    ma passion pour l’art de Barbara Hannigan.

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    Eh bien, d’autres que moi la partagent !

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    Á preuve,

    cet excellent article-ci d’avant-hier,

    par Michèle Tosi,

    sur le site de ResMusica :

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    NOSTALGIE ET ABANDON AVEC BARBARA HANNIGAN ET REINBERT DE LEEUW 

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    article que voici :

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    Arnold Schoenberg (1874-1951) :

    Vier Lieder op.2 ;

    Anton Webern (1883-1945) : Fünf Lieder nach Gedichten von Richard Dehmel für Stimme und Klavier ;

    Alban Berg (1885-1935) : Sieben frühe Lieder ;

    Alexander von Zemlinsky (1871-1942) : aus Lieder op.2, aus Lieder op.5, aus Lieder op.7 ;

    Alma Mahler (1879-1964) : aus fünf Lieder ; aus vier Lieder ;

    Hugo Wolf (1860-1903) : Goethe-Lieder.

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    Barbara Hannigan, soprano ;

    Reinbert de Leeuw, piano.

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    1 CD Alpha, réf. Alpha 393.

    Enregistré en octobre 2017 au Muziekcentrum van de Omroep (Netherlands).

    78:00

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    ALPHA-Hannigan-Vienna

    Barbara Hannigan et son complice Reinbert de Leeuw ont choisi la « Vienne fin-de-siècle » et le genre emblématique du Lied pour darder les derniers rayons du romantisme allemand, entre nostalgie et aspiration.

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    État d’âme singulier, la « Sehnsucht » est le fil rouge qui lie l’imposant corpus de Lieder choisi par les deux interprètes. Il s’agit pour la plupart d’œuvres de jeunesse, signalant leur attache profonde à la tradition, même si le langage tend désormais vers l’émancipation des lois tonales. De la seconde école de Vienne (Schoenberg, Webern et Berg) à Hugo Wolf, en passant par Alexander von Zemlinsky et Alma Mahler, la présentation des pièces inverse la chronologie _ en effet.

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    Ainsi dès l’op. 2 de Schoenberg, la voix sensuelle et caressante de Barbara Hannigan opère, avec sa flexibilité et la finesse de ses inflexions _ absolument ! Le piano de Reinbert de Leeuw garde ses distances, errant sous la voix avec cette « pâleur » lunaire qu’évoque les poèmes de Richard Dehmel (Erwartung), en préservant l’intimité de ton recherchée. Dans Fünf Lieder nach Gedichten von Richard Dehmel d’Anton Webern, l’instrument chante comme la voix et tresse avec elle une polyphonie animée quoique retenue, dans une lumière filtrée. Avec une intonation toujours très sûre _ oui _, la voix épouse souplement le profil exigeant de la ligne, assumant les écarts de registre sans la moindre tension. C’est un lyrisme plus incarné _ en effet _ qui souffle dans les superbes Sieben früher Lieder d’Alban Berg _ qui m’avaient sidéré dans l’interprétation qu’en avait donné en un archi-mémorable récital la sublime Tatiana Troyannos au Grand-Théâtre de Bordeaux. Si le piano campe sur sa réserve – on attendrait plus de couleurs dans le premier Lied Nacht – la voix, sans se départir d’une certaine fragilité, sert le texte avec autant d’élégance que d’intelligence (Die Nachtigall). Le vibrato n’est qu’un ornement pour la chanteuse, qu’elle utilise avec un art singulier, ne le libérant parfois qu’à la toute fin de l’émission vocale (Traumgekrönt). Autre sophistication, son articulation un rien alanguie des mots pour garder le velouté de la phrase _ absolument !

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    L’artiste de scène qu’est Hannigan enchante les Lieder de Zemlinsky, dont la veine narrative, plus proche d’un Mahler (Schlaf nur ein), suscite une palette de couleurs expressives, entre tendresse et ironie. Pour autant, c’est Alma Mahler, et non Gustav, qui figure dans l’album. La superbe Stille Stadt (Dehmel toujours !) lie amoureusement parties instrumentale et vocale. La voix d’Hannigan s’y déploie avec une grâce inégalée, collant au texte avec une rare sensibilité et des demi-teintes fort subtiles (Licht in der Nacht). Les mots qui finissent par être susurrés invitent à une écoute plus attentive.

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    Exprimée par Goethe à travers le personnage de Mignon et mise en musique par Hugo Wolf, la « Sehnsucht » révèle sans doute sa profonde signification. La gravité est de mise dans les premiers poèmes (Mignon I et II) où les deux complices soignent la conduite et la souplesse du flux verbal. Plus encore que dans le célèbre Kennst du das Land qui referme l’album, c’est dans Mignon III que les deux artistes subjuguent : avec ces tintements voilés dans les aigus du piano (Schubert demeure) et la déclamation exemplaire de la voix qui monte en crescendo jusqu’au dernier vers, « Rendez-moi ma jeunesse, et pour l’éternité ».

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    C’est en effet admirable !!!

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    Ce samedi 24 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • « Abbandonata », ou Carolyn Sampson parmi le flamboiement irradiant des cantates italiennes de George Frideric Handel

    A peine quatre années,

    de 1706 à 1710,

    dura le séjour italien,

    et principalement à Rome,

    de George Frideric Handel (1685 – 1759).

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    Ce fut, pour le jeune saxon qu’était Handel

    une _ luxueuse _ période d’épanouissement _ flamboyant !!! _  de sa créativité,

    parmi le raffinement des princes et cardinaux _ et lettrés hyper-raffinés _

    de la très brillante cour pontificale.

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    Parmi les chefs d’œuvre

    de ce glorieux moment

    de sa jeunesse jetant sa gourme,

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    je pointe la série de ses magnifiquement véloces et aériennes cantates italiennes ;

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    au sein desquelles,

    emblématique pour mon goût,

    brille d’un parfait éclat

    la merveilleuse Tra le fiamme,

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    dont continue de me demeurer dans l’oreille la réalisation céleste

    d’Emma Kirby,

    assistée de The Academy of Ancient Music,

    l’ensemble dirigé par Christopher Hogwood ;

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    soit le CD L’Oiseau-Lyre 414 473-2,

    paru en 1985 _ il y a 33 ans déjà…

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    Aussi,

    quand Carolyn Sampson,

    assistée de The King’Consort,

    l’ensemble que dirige Robert King,

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    nous propose-t-elle un CD de quatre cantates italiennes de Handel,

    le CD Abbandonata, le CD Vivat 117,

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    je commence par placer illico presto sur ma platine

    la plage par laquelle débute la cantate adorée :

    Tra le Fiamme…

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    Et, là, je suis légèrement déçu : pas assez d’envol,

    ni de vélocité aérienne.

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    Plus tard, forcément,

    j’y reviens,

    en suivant cette fois l’ordre du CD ;

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    c’est-à-dire en commençant par Armida abbandonata.

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    Le caractère bien plus dramatique de cette cantate

    convient mille fois mieux

    à la pointe de gravité du timbre comme de l’art du chant

    de cette belle cantatrice

    qu’est Carolyn Sampson !..

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    Ce vendredi 23 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir et aimer la musique de Jan Ladislav Dussek (1760 – 1812)

    Sans commémoration particulière d’anniversaire en cette année 2018,

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    paraissent ces derniers temps-ci

    bon nombre d’enregistrements discographiques du compositeur tchèque

    Jan Ladislav Dussek

    _ baptisé Jan Václav Dusík, et nommé parfois aussi Duschek or Düssek… _ ;

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    né à Čáslav en Bohème le 12 février 1760,

    et mort à Saint-Germain-en-Laye le 20 mars 1812 ;

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    et quasi contemporain _ afin de situer un peu vite son moment musical _

    du grand Ludwig van Beethoven (Bonn, 15-12-1770 – Vienne, 20-3-1827).

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    Ne pas confondre Jan Ladislav Dussek

    avec cet autre compositeur bohémien

    qu’est Franz (ou František) Xaver Dušek,

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    né, lui, le 8 décembre 1731 à Chotěborky, près de Jaroměř (Bohême)

    et mort le 12 février 1799 à Prague,

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    époux de la fameuse cantatrice Josefa Dušek,

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    et grand ami de Mozart (1756 – 1791) ;

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    lequel fut à diverses reprises reçu et hébergé chez les Dussek lors de ses séjours _ heureux ! _ à Prague :

    dans leur fameuse _ et préservée _ belle villa Bertramka,

    dans les faubourgs boisés des hauteurs de Prague…

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    Et c’est pour Josefa Dussek

    que Mozart écrivit les deux très justement fameux airs de concert

    Ah lo previdi et Bella mia fiamma.

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    Fin de l’incise.

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    De la musique de Jan Ladislav Dussek, 

    paraissent donc plusieurs superbes et très intéressants CDs :

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    outre,

    chez Brillant Classics,

    3 CDs de Sonates pour piano :

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    par les pianistes

    Naruhiko Kawaguchi (le CD Brilliant 95246),

    Piet Kuijken (le CD Brilliant 95602)

    et Alexei Lubimov (le CD 95607),

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    chez Hyperion,

    un second volume (le CD Hyperion CDA 68211) de Concertos pour piano,

    les opus 3, 14 & 49,

    par Howard Shelley

    et the Ulster Orchestra ;

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    et surtout,

    chez Alpha,

    un magnifique et très brillant CD (le CD Alpha 416)

    avec les pianistes Alexei Lubimov et Olga Paschenko

    et the Finnish Baroque Orchestra Meta4,

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    pour un très beau programme

    constitué du Concerto pour deux pianos en si bémol majeur opus 63,

    du Quintette avec piano en fa mineur opus 41

    et du Notturno concertant en mi bémol majeur opus 68.

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    Très chaudement recommandé !

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    Ce jeudi 22 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • le « liedersänger absolu » : Christian Gerhaher _ son merveilleux récital Schumann intitulé Frage

    Christian Gerhaher, depuis longtemps, fait l’unanimité

    de ceux qu’il enchante,

    au concert, sur la scène, comme au disque.

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    Celui que hier un article de ResMusica,

    sous la plume de Vincent Guillemin,

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    et à l’occasion d’un concert-représentation au Staatoper de Hambourg des Szenen aus Goethes Faust de Robert Schumann 

    _ GERHAHER FASCINE DANS LES SCÈNES DU FAUST DE GOETHE _

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    qualifie _ et à fort juste titre !!! _ de « liedersänger absolu« ,

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    vient de nous gratifier d’un sublimissime récital de 29 Lieder

    de _ justement _ ce même Robert Schumann,

    en l’occurrence le CD Sony classical 19075889192

    intitulé Frage ;

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    composé

    des 6 Gesänge op. 107,

    3 Romanzen und Balladen op. 49,

    Warnung, op. 119/2,

    3 Gesänge op. 83,

    12 Gedichte op. 35 _ dont le lied Frage… _

    et 4 Gesänge op. 142.

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    Le timbre, somptueux,

    l’art du chant,

    comble de naturel et de justesse dans la diction

    comme dans la richesse de la musicalité dépourvue du moindre maniérisme ou ombre d’affectation,

    et l’élan,

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    tout nous comble chez cet admirable chanteur baryton.

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    Voici, aussi, l’article de ResMusica et Vincent Guillemin

    qui vient parfaitement consoner

    avec ma perception de ce sublime récital Frage… :

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    Hambourg. Staatsoper. 17-XI-2018.

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    Robert Schumann (1810-1856) : Szenen aus Goethes Faust.

    Mise en scène, décors & Costumes : Achim Freyer.

    Assistant mise en scène : Eike Mann.

    Assistant décors : Moritz Nitsche.

    Costumes : Petra Weikert.

    Lumières : Sebastian Alphons.

    Vidéos : Jakob Klaffs & Hugo Reis.

    Dramaturgie : Klaus-Peter Kehr.

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    Avec : Narea Son, Marthe, Sorge, Seliger Knabe, Magna Peccatrix ;

    Christina Gansch, Gretchen, Not, Seliger Knabe, Una Poenitentium ;

    Katja Pieweck, Mangel, Jüngerer Engel, Seliger Knabe, Mulier Samaritana ;

    Renate Spingler, Schuld, Seliger Knabe, Maria Aegyptiaca, Mater Gloriosa ;

    Norbert Ernst ; Ariel, Pater Ecstaticus, Vollendeterer Engel, Jüngerer Engel ;

    Christian Gerhaher, Faust, Pater Seraphicus, Dr. Marianus ;

    Alexander Roslavets, Vollendeterer Engel, Jüngerer Engel ;

    Franz-Josef Selig, Mephisto, Pater profundo, Böser Geist, Bass-Soli;

    Angelka Gajtanovska, Ines Krebs, Tahirah Zossou, Marina Ber, Veselina Teneva, Voix solistes.

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    Hamburger Alsterspatzen.

    Chor der Hamburgischen Staatsoper (Chef de Chœur : Eberhard Friedrich).

    Philharmonisches Staatsorchester Hamburg,

    direction musicale : Kent Nagano

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    Mis en espace par Achim Freyer avec des éléments d’humanité, Les Scènes de Faust de Goethe de Robert Schumann retrouve à Hambourg deux artistes entendus à Berlin, Munich puis Paris ces dernières années, Franz-Josef Selig et le fascinant Christian Gerhaher, cette fois sous la direction toute en finesse de Kent Nagano.

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    Après avoir remplacé Nikolaus Harnoncourt à Berlin puis enregistré l’œuvre à Munich,  Daniel Harding a récemment présenté à Paris Les Scènes de Faust de Goethe, remis en valeur vingt ans plus tôt grâce à Claudio Abbado. Elles sont reprises à Hambourg dans une mise en scène cohérente mais anecdotique _ dommage ! _ d’Achim Freyer, à faire regretter de ne pas avoir profité de la même équipe musicale dans l’acoustique de l’Elbphilharmonie, plutôt qu’avec l’orchestre et le chœur en fond de plateau au Staatsoper. Proposer une version scénique permet toutefois de rejouer l’ouvrage sept fois au cours de la saison plutôt que trois lors d’un groupe de concerts.

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    Robert Schumann s’est lui-même perdu en s’attaquant à l’un des plus grands textes de l’humanité ; la figure si fascinante de Goethe devenant un blocage à la liberté du compositeur, de toute façon peu à l’aise _ voilà _ tout au long de sa vie avec l’opéra. Il commence les esquisses par le finale à la mort du poète, passage le plus étincelant de l’ouvrage, peut-être le moins bien porté par Kent Nagano à Hambourg, où le chef, trop fin, semble vouloir fuir la luminosité trop facile de la dernière partie chorale et ne parvient à un moment extatique _ oui _ que dans les dernières mesures.

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    Il faudra dix années au compositeur pour achever ce qui deviendra finalement un oratorio profane, dans lequel l’écriture du chant laisse souvent plus la place au lied qu’à un style opératique. Difficile alors d’y trouver aujourd’hui, et même depuis plusieurs décennies, un chanteur supérieur au liedersänger absolu Christian Gerhaher. Plus encore qu’à la Philharmonie de Paris et qu’à Munich, le baryton prouve un art de la prosodie d’un génie pur _ c’est dit ! _, fascinant dans la mort juste avant l’entracte, mystique ensuite en Pater Seraphicus, puis bouleversant dans la noirceur d’un Dr Marianus porté avec la même voix glabre que le dernier lied du Notturno de Schoeck enregistré il a quelques année par l’artiste. Franz-Josef Selig n’a pas à pâtir de l’art de la diction du baryton pour conduire Mephisto dans les graves infernaux, contré par le haut-médium coloré de la Marguerite de Christina Gansch, ou l’aigu éclatant de Narea Son, d’abord Marthe, puis Souci, puis Magna Pecatrix au Paradis. Katja Pieweck, superbe Walkyrie la veille, convainc moins ici, tout comme le ténor Norbert Ernst, trop nasal et instable dans le haut du spectre pour magnifier Ariel puis le Pater Ecstaticus.

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    Le Chor der Hamburgischen Staatsoper comme le chœur d’enfants, l’Hamburger Alsterspatzen, tous deux préparés par Eberhard Friedrich, parviennent à hisser leurs parties dans une mystique développée du fond de la scène, avec un rendu  légèrement voilé par un rideau placé entre l’orchestre et le devant du plateau. Le Philharmonisches Staatsorchester Hamburg offre dès l’Ouverture une sonorité légère, parfaitement maintenue tout au long de l’ouvrage par le directeur musical Kent Nagano, avec une superbe attention lors des moments les plus dramatiques.

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    Faust_Szenen_260_0 - Gerhaher Selig Gansch Ernst Hamburg…

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    Achim Freyer, dont on vient d’apprendre qu’il mettait en scène Œdipe l’été prochain à Salzbourg, doit comme Jürgen Flimm pour le Staatsoper Berlin ces dernières années s’atteler à occuper l’espace pendant que l’oratorio de Schumann se développe. La modeste dramaturgie du livret ne permet pas d’interactions fortes entre les personnages, alors Freyer occupe l’espace avec des assembleurs en noir, qui posent au fur et à mesure des éléments référents à l’humanité. Successivement apparaissent une robe de mariée sur un mannequin, une brouette, un métronome, un arc en ciel, une trompette, tous ces objets sur lesquels sont ensuite apposés des voiles noirs pour annoncer la mort. Au centre, le tableau du Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich, visible à la Kunsthalle de Hambourg, est coupé en haut du buste pour laisser s’insérer le haut du corps de Gerhaher. Son image, d’un homme d’abord magicien avec un bandeau sur les yeux, devient par la suite celle d’un véritable aveugle ayant besoin d’une canne, pour finir clown blanc en dernière partie. Le tableau se colore par lumières projetées, d’abord en fluo rose et jaune, évidente référence au tableau de Goethe retouché par Andy Warhol. Puis la brume devient arc-en-ciel avant de n’être plus qu’un noir faisant ressortir le corps blanc accompagné d’une lumière blanche pour montrer le centre, et donc Gerhaher, comme l’entrée au Paradis.

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    Crédits Photographiques : © Monika Ritterhaus

     

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    Christian Gerhaher : un liedersänger absolu : absolument !

    Son art est sublimissime d’évidence

    et perfection de justesse !!!

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    Ce mercredi 21 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa