Catégorie : Musiques

  • Le renouveau de la musique anglaise sous le roi Charles II : Pelham Humfrey

    Après la tabula rasa de la musique sous le Commonwealth de Cromwell,

    le retour d’exil _ de France et Hollande _ du roi Stuart Charles II, le fils du roi décapité Charles Ier,

    marqua un renouveau flamboyant de la musique anglaise, à partir de 1660.

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    Contemporain de John Blow (1649-1708)

    et de Henry Purcell (1659-1695),

    et gendre du Captain Henry Cooke (1616-1672),

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    Pelham Humfrey (1647-1674) est représentatif de cette nouvelle musique anglaise,

    plus hédoniste _ comme son roi Charles II (1630 – 1685),

    fils aussi de la reine Henriette de France (1609 – 1669), le dernier enfant du roi Henri IV et de Catherine de Médicis.

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    Pan Classics nous propose ainsi un CD de 7 Symphony Anthems de toute beauté,

    interprétés par l’Oxford Consort of Voices

    et les Instruments of Time & Truth,

    tous placés sous la direction du chef Edward Higginbottom :

    un CD Pan Classics PC 10388.

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    Ce vendredi 29 mai 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Comment interpréter au concert (et au disque) les 15 Sonates du Rosaire de Biber ?

    Telle est la question

    que se sont posée les interprètes de deux CDs très récents

    à propos des 15 (5 x 3) Sonates du Rosaire de Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644 – 1704) :

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    _  le double CD The Mystery Sonatas

    par la violoniste Christina Day Martinson et le Boston Baroque, dirigé par Martin Pearlman

    (un double CD Linn Records CKD 501) ;

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    _ le CD Passion _ Biber Rosenmüller Froberger

    par l’ensemble Ausonia :

    la violoniste Mira Glodeanu, la soprano Maïlys de Villoutreys, le gambiste James Munro et le claveciniste-organiste Frédérick Haas

    (un CD Hitasura HSP 004).

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    Les 15 Sonates du Rosaire de Biber sont un des sommets absolus de toute la musique baroque ;

    et posent de très nombreux problèmes d’interprétation,

    tout particulièrementent au concert.

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    Cf le très intéressant article qui vient de paraître sur le site Res Musica :

    Les Sonates du Rosaire par Christina Day Martinson,

    sous la plume de Cécile Glaenzer :

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    The Mystery Sonatas. Heinrich Ignaz Franz von Biber (1644-1704) : Les Mystères Joyeux ; Les Mystères Douloureux ; Les Mystères Glorieux ; Passacaille en sol mineur. Christina Day Martinson, violon ; Martin Pearlman, clavecin et orgue ; Michael Unterman, violoncelle ; Michael Leopold, théorbe et guitare. 2 CD Linn. Enregistrés à Roslindale, Massachussetts en mars 2017. Durée 120:21

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    the mystery sonatas linnLe cycle des quinze sonates pour violon de Biber est une des partitions les plus extraordinaires du répertoire violonistique. C’est aussi l’illustration la plus aboutie de la technique de la scordatura, qui consiste à changer l’accord de l’instrument pour chacune des sonates. Christina Day Martinson et ses accompagnateurs du Boston Baroque nous en donnent ici une illustration magistrale.

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    Au service du Prince-Archevêque de Salzbourg dans les dernières décennies du XVIIe siècle, le compositeur d’origine bohémienne Heinrich Biber était également un violoniste virtuose. Ces quinze sonates illustrent les quinze Mystères sacrés qui constituent la prière mariale du Rosaire en trois cycles de cinq épisodes (Mystères joyeux, douloureux et glorieux) pour évoquer les étapes de la vie de la Vierge depuis l’Annonciation jusqu’à son Assomption en passant par la Passion du Christ. L’extraordinaire nouveauté de cette partition, c’est qu’à chaque sonate correspond une manière différente d’accorder le violon, et cette altération de l’accord de base induit un monde sonore différent à chaque fois. Pour l’interprète, le résultat sonore ne correspond pas aux notes lues sur la partition. Pour l’auditeur, l’instrument résonne différemment à chaque sonate, selon que l’accord est déplacé vers l’aigu ou vers le grave. Ainsi, pour illustrer l’agonie au Jardin des Oliviers, Biber choisit l’accord le plus dissonant du cycle pour un Lamento dans le ton lugubre de do mineur. Pour donner à comprendre les effets de la scordatura, cet enregistrement a la bonne idée de faire précéder chaque sonate de l’accord des quatre cordes à vide. L’accord le plus inattendu est celui choisi pour la Résurrection : les deux cordes du milieu sont croisées l’une sur l’autre, matérialisant ainsi entre chevalet et cordier la croix du Christ, comme le montre fort judicieusement la photo de couverture du CD. Bien sûr, on peut difficilement procéder à un tel changement d’accord sans mettre en péril le stabilité de l’instrument ; pour cet enregistrement, plusieurs violons ont dû être utilisés.

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    Nonobstant ces prouesses techniques, le résultat sonore va bien au-delà de la froide musique spéculative et de la dimension représentative d’une musique parfois descriptive. À l’écoute, ces sonates ont une force véritablement mystique et les affects, comme dans toute œuvre baroque, l’emportent sur les inventions architecturales. C’est ce que rend parfaitement l’interprétation sensible de la violoniste canadienne. L’instrumentation variée dans l’accompagnement de la basse continue concourt à caractériser chaque sonate : l’orgue seul pour la première alterne avec le violoncelle, le clavecin et le théorbe, et les coups de fouet de la flagellation sont parfaitement rendus par les accords de la guitare.

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    Pour terminer le cycle des sonates, une extraordinaire Passacaille pour violon seule, parfois nommée L’ange gardien à cause de l’illustration qui l’accompagne sur le manuscrit, clôture en apothéose ce sommet du répertoire pour violon. On peut simplement regretter que l’intéressant texte du livret d’accompagnement ne soit disponible qu’en anglais.

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    D’autre part,

    le livret du CD Passion _ Biber Rosenmüller Froberger de l’Ensemble Ausonia comporte une présentation de 9 pages par Frédérick Haas

    tout à fait passionnante,

    à propos des difficultés d’interprétation spécifiques à cette oeuvre anomique,

    tout particulièrement au concert, mais aussi pour un programme de disque.

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    Ce mercredi 27 juin 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De magiques Concerts Royaux de François Couperin par l’Ensemble Les Timbres

    François Couperin (1668 – 1733)

    est sans contexte aucun un très grand !

    Un immense même, tout discret et sans tapage qu’il soit.

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    Le mérite de la manie française des commémorations d’anniversaires

    _ ici le 350éme de la naissance du compositeur _

    est de glisser l’idée aux firmes discographiques _ parfois à court d’imagination ou d’audace (quant à se représenter ce qui va plaire ou pas au public !) _

    de donner la permission aux musiciens d’enregistrer, à nouveau,

    de magnifiques _ ou même parfois comme ici _ sublimes musiques,

    telle que celle de ces Concerts Royaux,

    composés en 1714-1715 pour la sérénité du vieux Louis XIV, esthète au goût parfait !

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    et pas assez

    ni données en concerts,

    ni enregistrésées au disque.

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    Du très grand art, d’une immense poésie,

    et sans la moindre esbrouffe

    _ Jean-Sébastien Bach (1685 – 1750) ne s’y trompait d’ailleurs pas : il vénérait la musique de François Couperin

    et possédait de ses partitions.

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    C’est le parfait ensemble belge Les Timbres,

    fondé et dirigé par Yoko Kawagubo, violoniste, Myriam Rignol, gambiste et Julien Wolfs, claveciniste,

    qui porte la sublime poésie de ces quatre Concerts Royaux,

    avec ici Maite Larburu Garmendia, violoniste, Elise Ferrière, aux flûtes à bec, Stefani Troffaes, au traverso, Benoît Laurent, hautbois et grande flûte, Dana Karmon, basson, Mathilde Vialle, viole de gambe, Nicolas Muzy, théorbe et guitare baroque. 

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    Ce CD Flora 4218 des Concerts royaux de François Couperin par Les Timbres

    est une pure merveille,

    pourvoyeuse d’un pur _ intimement royal (pour la chambre du Roi) _ enchantement !

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    Venez-y !

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    Ce mardi 26 juin 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un compositeur ultra-raffiné, pour un « Portrait de l’artiste en chien affamé » : Cipriano de Rore

    L’excellent Ensemble Graindelavoix,

    que dirige Björn Schmelzer,

    nous offre un singulier CD consacré à de merveilleux Madrigaux (à plusieurs voix)

    _ dont cinq sont sur des vers de L’Orlando furioso de l’Arioste,

    un, sur un poème du Canzoniere de Pétrarque,

    un autre sur des vers de l’Enéide de Virgile, etc.  _

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    du compositeur _ de Renaix _ de la Renaissance,

    particulièrement actif dans les cours suprêmement raffinées des Este à Ferrare

    et des Farnese à Parme,

     

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    Cipriano de Rore (c. 1515 – 1565),

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    intitulé Portrait de l’artiste en chien affamé :

    un CD Glossa GCD P32114.

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    La notice, signée par le chef, Björn Schmelzer,

    est absolument passionnante, dans son extrême précision et raffinement _ aussi ! _,

    tant sur la musique et la poésie,

    que sur la peinture, la sculpture et les enluminures

    qui les accompagnent…

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    Cinq chanteurs :

    Anne-Kathryn Olsen, Razek-François Bitar, Albert Riera, Marius Peterson, Adrian Sirbu & Tomas Maxé ;

    le cornet de Luis Coll i Trulls,

    & le citarrone, le luth et la guitare de Floris De Rycker ;

    et la direction de Björn Schmelzer.

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    Un CD d’une qualité artistique rare !

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    A ne manquer sous aucun prétexte !!!

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    Ce dimanche 24 juin 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa