Catégorie : Musiques

  • Apprécier ou pas Alexei Lubimov interprétant les « Fantasien » Op. 116, les « Intermezzi » Op. 117, et les « Klavierstücke » Op. 118 de Johannes Brahms dans le CD NIFCCD 154 de l’Institut Chopin de Varsovie…

    Alexei Lubimov – né à Moscou le 16 septembre 1944 : c’est donc aujourd’hui son 81e anniversaire !  – est un pianiste que j’apprécie beaucoup et dont je collectionne avec jubilation les disques…

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    Dès sa parution, il y a quelques mois, je me suis ainsi procuré son CD « Brahms – Alexei Lubimov – Fantasies – Rhapsodies -Intermezzi – Klavierstücke » – des œuvres de Johannes Brahms que je porte, elles aussi, au pinacle.

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    Mais les interprétations donnent parfois lieu à des appréciations un peu diverses…

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    Et voici ce jour, l’article que sur ResMusica en ce mardi 16 septembre, et sous le titre de « Brahms autrement, par Alexei Lubimov sur un piano historique Streicher« , nous donne le critique musical Bénédict Hévry – un article que pour une fois je donnerai avec un minimum de farcissures miennes… – de ce CD – enregistré à Brno du 6 au 9 février 2024 – :

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    Brahms autrement par Alexei Lubimov sur un piano historique Streicher

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    , revient à Brahms pour le label de l’Institut national polonais Frédéric Chopin : il unit aux deux célèbres Rhapsodies opus 79, trois – manque donc l’Op. 119 – des quatre ultimes cycles pianistiques interprétés sur un instrument historique de 1878 dû à Ludwig Baptist Streicher.

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    Le Narodowy Instytut Fryderyka Chopina s’est fait, au gré des ans, l’ardent défenseur par ses publications richement documentées, de l’interprétation sur piano d’époque – voilà – du répertoire romantique, bien au-delà de la seule œuvre du compositeur franco-polonais – Frédéric Chopin – comme en témoignent de nombreux disques, parfaits relais et illustrations de son propre  festival annuel « Chopin et son Europe ».

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    Le Russe Alexeï Lubimov s’est taillé une solide réputation de pianiste « tout terrain » : il s’illustre aussi bien comme pianofortiste dans le répertoire classique que comme avocat de la musique d’aujourd’hui, mais peut aussi proposer une approche fraiche et renouvelée – voilà – du répertoire romantique, tant sur piano moderne que d’époque. Il s’est ainsi déjà à maintes reprises illustré dans le répertoire brahmsien – en tant que chambriste, accompagnateur ou récitaliste. Pour le présent enregistrement, il recourt à un piano viennois de 1878 dû à l’atelier de Johann Baptist Streicher, et issu de la collection de Gert Hecher : un instrument de taille respectable (2m60), à cordes croisées montées sur un cadre en fonte et doté d’une mécanique à l’anglaise à simple échappement.

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    Les sept Fantaisies op.116 surprendront d’emblée – et l’interprétation décevra quelque peu au gré des trois capriccii (1-3 et 7). Lubimov exacerbe un peu chaotiquement les notes piquées du premier, ici plus agitato que presto (rappelant en plus déboutonné Wilhelm Kempff dans son enregistrement de 1953 pour Decca), manque de précision rythmique de vigueur et de fluidité au gré du n°3 ou apparait bien timoré et besogneux au long du démoniaque n°7, si on le compare à la furieuse Anna Gourari (Berlin Classic) ou à l’orageux Stephen Kovacevich (Decca) – deux interprétations que j’ai moi aussi admirées. L’échelle dynamique de l’instrument paraîtra rabotée, les aigus un rien fêlés et la mécanique délicate loin de notre confort d’exécution – ou d’écoute – moderne. Mais, en contrepartie, les couleurs harmoniques chaudes et automnales, exaltent la poétique des quatre intermezzi du même cycle, avec ces demi-teintes évanescentes (conclusion sublimée du n°2) ou, dans le n°4, ce splendide usage de la pédale una corda (à partir de 2’03 ») ou ces senteurs boisées nimbant l’intime choral du n°6.

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    Par le truchement d’un instrument à l’ambitus plus restreint, les deux Rhapsodies de l’opus 79 gagnent derechef en coloris ce qu’elles perdent en impact dramatique, un sentiment exacerbé par des phrasés par moment très hachés – en effet : d’un Brahms un peu colérique ici… – : il manque un peu cette dimension épique quasi symphonique (pour la première) ou cette urgence fatale (pour la seconde) qu’y exaltait lui-même, sur un Steinway moderne, voici trente ans (Erato, réédité autrefois chez Warner-Apex).

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    Les deux premiers Intermezzi de l’opus 117, trop sonores, nous semblent un rien prosaïques, un peu rythmiquement cagneux, au ras du clavier, sans ce souci des nuances a minima ou cette douleur impalpable qu’y glissaient dans le balancement rythmique Julius Katchen, Radu Lupu (Decca tous deux), ou plus près de nous, de manière plus extravertie, Hélène Grimaud dans son enregistrement Erato ou Arcadi Volodos – Sony). Mais le troisième, bien plus habité en sa pudique pérégrination, prend ici idoinement une dimension lugubre voire menaçante de ballade nordique.

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    L’opus 118, sans atteindre le classicisme de Kempff, le lyrisme de Katchen, l’introspection de Lupu, l’intensité énergique de Kovacevich, ou la modernité narrative de Volodos – un interprète que personnellement j’exècre – , demeure dans sa globalité le cycle le plus satisfaisant du présent enregistrement, d’un emportement mesuré (n°1) ou d’une mélancolie amère et cruelle dans sa désespérance (Ballade n°3). Mais ailleurs Lubimov exalte aussi l’enchanteresse nostalgie par un sens aigu du cantabilé (n°2), l’inquiétude étrange et haletante (n°4), l’évanescence presque religieuse (Romance n°5), et irise par les effets de pédale, les nappes fantomatiques et les bribes thématiques – probable allusion au Dies irae grégorien – de l’ultime Intermezzo en mi bémol mineur – jusque dans les cris de révolte déchirant de son crescendo central.

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    Voilà un récital Brahms quelque peu inégal et inconstant mais à l’originale approche historiée : il vaut un large coup d’oreille par l’utilisation d’un piano – certes millésimé et aux limites audibles – mais proche de ceux qu’aurait pu utiliser Brahms lui-même. Et en ce sens, voilà un bien précieux document – le point de vue du critique demeure assez limité…

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    Johannes Brahms (1833-1897) : sept Fantaisies, opus 116 ; deux Rhapsodies, opus 79 ; trois Intermezzi, opus 117 ; six Klavierstücke, opus 118. Alexeï Lubimov, piano Streicher, Vienne, 1878. 1 CD Narodowy Instytut Fryderyka Chopina. Enregistré en la salle du Besední dům de la philharmonie de Brno, du 6 au 9 février 2024. Notice de présentation en polonais et anglais. Durée : 79:20

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    Dont acte.
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    Une interprétation parmi pas mal d’autres – pour ma part, j’aime beaucoup aussi le passionnant double CD Tacet 256 « Johannes Brahms – Complete Intermezzi » d’Evgeny Koroliov, enregistré à Berlin en février et octobre 2018 et février 2019… – de ces chefs d’œuvre bouleversants et singuliers du piano.

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    Ce mardi 16 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Amour de la Bohème : admirer les trois superbes Quatuors à cordes de Vítězslav Novák (1870-1949), interprétés par le Stamic Quartet…

    Mon amour invétéré de la Bohème, ainsi que de ses musiques, compositeurs – ici Vitezslav Novak (Kamenice nad Lipou, 5 décembre 1870 – Skuteč, 18 juillet 1949) – et interprètes – ici le Stamic Quartet, constitué de Jindrich Pazdera et Josek Kekula, violons, Jan Peruska, alto, et Petr Hejny, violoncelle – , s’avère une nouvelle fois par l’écoute enchantée aujourd’hui du CD Supraphon SU 4367-2 « Vitezslav Novak – Complete String Quartets » du Stamic Quartet – enregistré à Prague du 9 au 10 mars et le 27 septembre 2024… :

    Vítězslav Novák, un compositeur tchèque déjà parfois croisé à l’occasion de quelques CDs – cf par exemple mon article « Ecouter enfin l’interprétation du Trio avec Piano de Maurice Ravel par le Trio Hélios en leur CD « D’un matin de printemps »… » en date du 20 août 2023, dans lequel je citais un précédent CD de ce Trio Hélios intitulé « Bohemia » (le CD Mirare MIR 662), consacré cette fois à des Trios de trois compositeurs tchèques : comportant de Vítězslav Novák, le Trio pour piano No. 2 en ré mineur, Op. 27 « Trio quasi una ballata » ; de Zdeněk Fibich, le Trio pour violon, violoncelle et piano en fa mineur ; et de Bedřich Smetana, le Trio avec piano en sol mineur, Op. 15, JB 1:64…  – ,

    mais jamais vraiment pour lui-même, du moins jusqu’ici.

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    Écoutez et regardez-en ici cette brève vidéo de présentation, d’une durée de 40’… 

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    C’est prenant, c’est marquant, et surtout c’est très beau…

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    Ce lundi 15 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Entrer dans l’univers musical délicat et discret d’Anatoli Liadov (1855-1914) avec le tendre CD « Liadov  » du pianiste Billy Eidi, du Palais des Dégustateurs (PDD047)…

    C’est une entrée dans l’univers musical délicat de l’assez discret compositeur russe Anatoli Liadov (Saint-Pétersbourg, 12 mai 1855 – Borovitchi, 28 août 1914) que nous invite à esquisser le clair piano de Billy Eidi, dans le très beau CD « Liadov » PDD047  que vient de très amicalement nous adresser le cher Éric Rouyer ;

    un univers pianistique de Préludes, Mazurkas, Barcarolle, Berceuse, Idylle – dans un sillage épuré de ceux et celles de Chopin – , dans lequel ce CD – enregistré à Aix-en-Provence du 21 au 24 octobre 2024 – nous offre, pour notre doux ravissement, quelques tendres et délicates fines escapades…

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    Dont les 7 pages du livret, signées du compositeur Guy Sacre, nous tracent un élégant et très pertinent chemin d’écoute.

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    Merci, merci, de cette attentionnée initiation de l’oreille et du goût, par le CD, à l’œuvre subtil, très fin et discret, d’Anatoli Liadov…

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    Ce dimanche 14 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Ecouter de prodigieux « Tableaux d’une exhibition » de Mussorgsky par un fantastique jeune pianiste Jan Schulmeister…

    Voici de prodigieux « Tableaux d’une exhibition » de Modeste Mussorgsky par un fantastique jeune pianiste  – né le 22 juin 2006 : il appartient à la sixième génération de la famille de musiciens Cerny-Schulmeister… – Jan Schulmeister, en un exceptionnel CD Supraphon SU 4635-2 « Mussorgsky – Scriabin – Rachmaninoff » – enregistré à Ostrava le 24 février 2024…

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    Écoutez juste rien que cela :  c’est stupéfiant de musicalité…

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    Par Jan Schulmeister et Daniel Matejca, je possède déjà le beau CD Supraphon SU 4361-2 « Suk – Martinu – Fiser – Works for Violin and Piano » – enregistré à Prague les 4 avril et 12 décembre 2024, et 19 février et 5 mars 2025… Cf mon article « Bohuslav Martinu (suite) : un nouveau beau CD Supraphon comportant deux œuvres pour Violon et Piano de Martinu, par le violoniste Daniel Matejca et le pianiste Jan Schulmeister : approfondir la connaissance du répertoire de ce compositeur majeur du XXe siècle européen…« …

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    Jan Schulmeister : un interprète enchanteur à suivre de très près !!!

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    Ce samedi 13 septembre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa