Étiquette : 41 rue Gambetta

  • Sur la genèse, débutée à Saint-Jean-de-Luz au mois de février 1914, de la « suite française » pour piano, intitulée ultérieurement, dès le 2 janvier 1915, « Le Tombeau de Couperin »…

    En mon article d’hier 21 juillet « « , j’ai commencé à brièvement évoquer le hiatus temporel que j’ai remarqué s’être produit entre le 14 février 1914, qui est le début – à Saint-Jean-de-Luz, et au domicile de ss amis luziens Gaudin, au 41 rue Gambetta – des compositions par Ravel, peut-être la forlane, et à partir d’une forlane peut-être de Louis Couperin (!), de ce que Ravel qualifiait en une lettre de ce 14 février 1914 à son ami Cipa Godebski, d’une « suite française » pour le piano, et le titre que, le 2 janvier 1915, soit presque un an plus tard, il a choisi de donner à cette « suite française » pour le piano, je veux dire « Le Tombeau de Couperin« , tel qu’il l’énonce du moins ce 2 janvier 1915  en une lettre à son ami pianiste et compositeur hongrois Theodor Szántó ;

    et je me cite ici approximativement :

    « Le Tombeau de Couperin » : une œuvre dont le titre apparaît pour la première fois dans la Correspondance de Ravel seulement le 2 janvier 1915, en une lettre à son ami Theodor Szántó. Alors que l’allusion à une « transcription«  par Ravel pour le piano d’une forlane de Couperin (Louis Couperin (ca.1626-1661) ; et pas son neveu François (1668-1733) !), était déjà présente dans une lettre à Cipa Godebski en date du 14 février 1914, soit presque un an auparavant la formulation de ce titre de « Le Tombeau de Couperin«.

    Et c’est ainsi que ce titre de « Le Tombeau de Couperin » fait référence peut-être – je me pose la question… –  à l’admirable auteur de « Suites françaises » pour le clavier (dont fait partie le sublime « Tombeau de Monsieur de Blancrocher« …) qu’est le merveilleux Louis Couperin, qui fut bien présent, en chair et en os, à Saint-Jean-de-Luz, le 9 juin 1660, parmi la troupe des musiciens officiant aux noces royales de Louis XIV et l’Infante Marie-Thérèse, dans la tribune de  l’église saint-Jean-Baptiste, lors de la cérémonie française de ce mariage – une précédente cérémonie, espagnole, avait eu lieu à Fontarabie, en présence du roi d’Espagne Philipe IV – , ainsi que je l’avais découvert en procédant, en 1993, à des recherches très détaillées pour Hugo Reyne et la Simphonie du Marais, sur les musiciens présents à ce mariage royal – Louis Couperin avait suivi le roi tout le long de son périple avant de rejoindre Saint-Jean-de-Luz ; et à Toulouse, quand y était passée avait résidé le cortège royal, il avait composé deux pièces d’orgue, un duo et une fugue qui furent jouées à la cathédrale saint-Etienne de Toulouse les 3 et 11 décembre 1659 : cela, je l’avais expressément signalé à Hugo Reyne dont j’étais le conseiller artistique !.. – ; une présence luzienne de Louis Couperin que peut-être Maurice Ravel savait, même si le nom de Louis Couperin n’est pas présent dans sa Correspondance, telle du moins qu’elle a été jusqu’à’ici retrouvée ; et il se trouve par ailleurs que Louis Couperin est un des compositeurs que personnellement je porte au pinacle.

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    Et appréciant énormément aussi « Le Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel, je me permets de renvoyer ici à deux des précédents articles que j’ai consacrés à cette œuvre sur mon blog « En cherchant bien« , en date des 23 avril et 27 avril 2024 :

    l’article « « ,

    et l’article « « ,

    qui me paraissent être en mesure de nous aider à répondre au propos énoncé par le titre de ce nouvel article : « Sur la genèse, débutée à Saint-Jean-de-Luz au mois de février 1914, de la « suite française » pour piano, intitulée ultérieurement, dès le 2 janvier 1915, « Le Tombeau de Couperin »…

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    Quelques précisions sur les 7 dédicataires des 6 pièces du « Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel : une sublime oeuvre de résilience

    — Ecrit le mardi 23 avril 2024 dans la rubrique “Histoire, Musiques”. Modifier cette entrée

    Il n’est pas très isé de trouver des indications biographiques précises – lieu et date de naissance ainsi que de décès – concernant les 7 dédicataires _ tous décédés au champ d’honneur, durant la Grande Guerre _, des 6 pièces du « Tombeau de Couperin«  – « pour piano à deux mains » (sic) – de Maurice Ravel (Ciboure, 1875 – Paris, 1937), composées entre avril 1914 à Saint Jean-de-Luz, « aux 3/4 » , et 1917, à Lyons-la-Forêt , pour le dernier quart restant…

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    Jacques Charlot (1885-1915) pour « Prélude« ,

    Jean Cruppi (1892-1914) pour « Fugue« ,

    Gabriel Deluc (1883-1916) pour « Forlane« ,

    les frères Pierre (1878-1914) et Pascal (1883-1914) Gaudin pour « Rigaudon« ,

    Jean Dreyfus (1896-1917) pour « Menuet« 

    et Joseph de Marliave (1873-1914) pour « Toccata« …

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    Les voici donc :

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    Jacques Louis Albert Charlot : Paris 17e, 13 septembre 1885 – Col de la Chapelotte (Meurthe-et-Moselle), 3 mars 1915 ;

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    Jean Louis Cruppi : Paris, 17 novembre 1892 – Messines (Belgique), 4 novembre 1914 ;

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    Jean Marie Gabriel Deluc : Saint-Jean-de-Luz, 1er octobre 1883 – Souain-Perthes-lès-Hurlus (Marne), 15 septembre 1916 ;

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    Léon Pierre Justin Gaudin : Saint-Jean-de-Luz, 7 février 1878 – Oulches-Hurtebise (Aisne), 12 novembre 1914

    et Pascal Victor Gaudin : Saint-Jean-de-Luz, 31 janvier 1883 – Oulches-Hurtebise (Aisne), 12 novembre 1914 ; 

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    Jean Dreyfus : Sao Polo, 13 décembre 1896 – Rancourt (Somme), 14 octobre 1917 ;

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    Joseph Marie de Marliave : Toulouse, 16 novembre 1873 – Senon (Meuse), 24 août 1914.

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    « Le Tombeau de Couperin » : une sublime œuvre de résilience – de la part d’un athée pas du tout pessimiste, aimant profondément le cadeau de la vie : cf ces mots très justes de Michael Hopcroft à propos précisément du caractère non triste du sublime « Tombeau de Couperin« … : « When asked why his piece wasn’t as somber as much of the memorial music produced in the aftermath of the Great War, Ravel is reported to have said: « The dead have sorrow enough« . Ravel was mourning the deaths of his friends, but also grateful that they had lived at all. Which may be why this music is so sprightly and optimistic« …

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    Ce mardi 23 avril 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Et puis :

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    A propos de la genèse à retardement (de l’été 1914 à l’été 1917) du sublimissime « Tombeau de Couperin » de Maurice Ravel : quelques modestes amorces de réflexions sur la genèse d’un intensément touchant chef d’oeuvre…

    — Ecrit le samedi 27 avril 2024 dans la rubrique “Blogs, Histoire, Musiques”.Modifier cette entrée

    Ainsi que le remarque Manuel Cornejo, à la page 794 de son admirable et indispensable – pour tout mélomane s’intéressant à Ravel... – « Intégrale » de la Correspondance de Maurice Ravel – du moins la correspondance accessible jusqu’ici au public : une nouvelle édition devant intégrer de nouvelles lettres devenues accessibles depuis l’édition de 2018… – (1895 – 1937) – de Manuel Cornejo, lire ce riche entretien de janvier 2019, avec Nathalie Jungermann – , « Il ne faut pas négliger (…) le fait que Ravel n’ait plus composé d’œuvres pour piano seul après 1917« , soit après l’achèvement, à Lyons-la-Forêt, chez ses amis Fernand Dreyfus (Sélestat, 24 août 1850 – Paris 17e, 17 novembre 1923) et son épouse Madame Fernand Dreyfus (née Marie Spies : Hasselt, 16 janvier 1871 – ?, 1958) – qui fut la marraine de guerre de Maurice Ravel du 14 mars 1916 au 1er juin 1917,  jours de la mobilisation et de la démobilisation de celui-ci ; et qui était la mère de son ami et élève (et futur biographe) Roland-Manuel (Paris 8e, 22 mars 1891 – Paris 10e, 1er novembre 1966), né du premier mariage de celle-ci, Marie Spies, avec Salomon-Paul Lévy (décédé en 1905) ; Marie Spies, veuve Lévy, avait épousé Fernand Dreyfus le 24 novembre 1908, celui-ci ayant deux enfants de son premier mariage avec Isabel de Freitas Coutinho : René Dreyfus (né en 1887), et Jean Dreyfus (Sao Polo, 13 décembre 1896 – Rancourt, Somme, 14 octobre 1917), auquel Ravel a dédié le « Menuet«  de son « Tombeau de Couperin« … – , des six pièces pour piano à deux mains – « Prélude« , « Fugue« , « Forlane« , « Rigaudon« , « Menuet » et « Toccata »  – du « Tombeau de Couperin« … – pour le piano, Ravel ne composera plus, mais bien plus tard seulement, que ses deux Concertos pour piano et orchestre, publiés tous les deux en 1931 ; cf aussi mon article « «  du 23 avril dernier…

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    Une constatation rétrospective à mettre en perspective avec ce mot de Ravel, alors en convalescence à Megève, le 13 mars 1919, à Edgar Varèse (à la page 663 de l’ »Intégrale« ) :

    …

    « Repos absolu, cure de soleil, de froid, etc… Je ne crois pas que je sois bien guéri – entre autres maux de sa dépression… – , mais je ne vais pas tarder à rentrer. J’ai hâte de me remettre au turbin.

    Songez que depuis plus de quatre ans, je n’ai absolument rien fait, Le Tombeau de Couperin, terminé – l’été 1917, à Lyons-la-Forêt, chez ses amis Dreyfus – après ma réforme – survenue le 1er juin 1917 ; et très vite après cette démobilisation, Ravel, toujours sous le choc de la perte cruelle de sa chère mère, décédée le 5 janvier 1917, s’est empressé de quitter la demeure familiale endeuillée du 4 Avenue Carnot, à Paris, pour accourir, dès le 20 juin, à Lyons-la-Forêt, au « Frêne« , la maison de campagne de ses amis Dreyfus, où il se remet immédiatement et très assidument au travail sur « Le Tombeau de Couperin« , laissé inachevé fin 1914 : Maurice Ravel avait alors quitté Saint-Jean-de-Luz et regagné le nid familial du 4 Avenue Carnot à la mi-novembre…  – , l’était aux trois quarts – voilà ! – en 1914 » – le titre « Le Tombeau de Couperin«  donné à l’ensemble de ces six pièces pour piano à deux mains, date donc bien, lui aussi, de 1914 – il est présent du moins en la lettre à Theodor Szántó du 2 janvier 1915 (ajout du 22 juillet 2025) – : il faut le relever en cette incise importante…

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    En effet, une lettre de Ravel _ qui résidait alors à Saint-Jean-de-Luz, villa Ongi Ethori, 23 rue Sopite _ à son ami  Roland-Manuel – c’est en 1911 qu’Erik Satie avait présenté le jeune Roland-Manuel à Maurice Ravel – , en date du 26 septembre 1914 (à la page 395 de cette « Intégrale« ), indiquait déjà très clairement : « Je vais me mettre – au présent proche, sinon immédiat, de cet automne 1914 – à une suite de pièces pour piano« …

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    Et au même Roland-Manuel – et depuis cette même adresse 23 rue Sopite à Saint-Jean-de-Luz – , cette très intéressante précision-ci, encore, cinq jours seulement plus tard, à la date du 1er octobre 1914 (à la page 396) – et cette fois c’est au présent actif de l’indicatif que s’exprime Ravel ! – : « Je commence deux séries de morceaux de piano : 1° une suite française (…) et il y aura une forlane, une gigue… » – qui se révélera en fait finalement …un rigaudon ; mais les deux danses (de cette merveilleuse musique française des Suites des Couperin – Louis et François – et de Rameau), sont ici d’ores et déjà indiquées ; et d’ores et déjà l’œuvre à venir s’inscrit dans ce registre de la suite de danses française…

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    Puis, et sans cette fois mention du lieu de rédaction – mais Maurice réside alors au domicile familal des Ravel, à Paris, au n°4 de l’Avenue Carnot : il est rentré de Saint-Jean-de-Luz à Paris, chez lui, le 14 novembre 1914 – en date du 2 janvier 1915, à l’occasion des vœux de nouvel an, ce mot à Theodor Szántó – qui réside en Suisse, à Lausanne – (à la page 406), qui comporte cette autre indication, décisive :

    …

    « Je suis très heureux d’avoir eu de vos nouvelles. Écrivez-moi de nouveau. Je vais sans doute partir bientôt _ pour le front : Ravel l’espère ardemment, et fait tout pour y parvenir… _, mais je ne pense pas qu’on m’envoie à Lausanne _ Ravel cherche très activement, en effet, à se faire mobiliser, et apprend même dare-dare à conduire, afin de pouvoir faire office de chauffeur (ce sera de camions) à l’armée... J’ai terminé mon Trio à Saint-Jean-de-Luz _ « Mon Trio est achevé« , Ravel a-t-il ainsi expressément confié à son ami Igor Stravinsky en un courrier en date du 26 septembre 1914 (page 395 de l’« Intégrale« ) : ce fut fait le 30 août… – et voudrais achever Le Tombeau de Couperin – voilà ! Le titre était donc alors bel et bien déjà choisi à la date de ce 2 janvier 1915 ! Et c’est ici, il faut le souligner, la toute première occurrence (du moins jusqu’ici connue) de ce titre de « Le Tombeau de Couperin«  donné à cette « suite française«  (annoncée, mais sans titre déterminé, à Roland-Manuel en un précédent courrier en date du 1er octobre 1914), présente dans la correspondance (accessible jusqu’ici) de Maurice Ravel… – avant mon départ » _ pour l’armée, une fois que Maurice Ravel  aura été, sur son expresse et insistante demande, enfin reconnu mobilisable, puis effectivement mobilisé (ce qui sera le cas seulement le 14 mars 1916 : Ravel obtient alors un poste de conducteur de camions ; et il est envoyé dans la région de Verdun… ;

    et une opportune note de bas de page de Manuel Cornejo vient indiquer très justement, en commentaire de ce vif désir d’achèvement du « Tombeau de Couperin« , page 406 : « Maurice Ravel devra patienter jusqu’à sa démobilisation en 1917 – le 1er juin – pour achever – l’été 1917, seulement – la suite pour piano à Lyons-la Forêt« …

    …

    …

    L’entrée de l’année 1917 est profondément marquée pour Maurice Ravel par le décès de sa mère, à Paris, le 5 janvier 1917 ; et il mettra beaucoup de temps à tenter de se remettre, difficilement, du chagrin terriblement violent pour lui, au quotidien des jours, de cette perte – et en novembre 1917, Maurice Ravel et son frère Edouard auront définitivement quitté le domicile familial des Ravel du 4 Avenue Carnot à Paris, pour déménager à Saint-Cloud, 7 Avenue Léonie – ;

    ce qui va aussi affecter durablement sa remise au travail musical, afin d’abord de lui permettre d’achever ce qui avait été « aux trois-quarts » déjà réalisé en 1914 – et à quoi il tient énormément ! – pour cette suite pour piano à deux mains qu’est « Le Tombeau de Couperin« . Mais, assez étrangement, sans que jamais cela apparaisse en les caractères de sa musique même…

    …

    …

    À peine démobilisé le 1er juin 1917,

    plusieurs courriers attestent de ce très difficile – impossible ? – retour de Maurice Ravel au domicile familial du 4 Avenue Carnot à Paris, puis de l’issue que très vite, immédiatement en quelque sorte, Ravel va trouver afin d’essayer de soigner cette dépression existentielle sienne, dans la reprise de son travail musical sur « Le Tombeau de Couperin » pour l’achèvement duquel il décide de partir se réfugier travailler au calme chez ses amis Dreyfus, à Lyons-la-Forêt, en Normandie.

    …

    …

    Ainsi au Dr Raoul Blondel, depuis la Villa Le Frêne à Lyons-la-Forêt, à la date du 19 juin 1917, Ravel écrit-il ceci (page 582 de l’ »Intégrale« ) :  « J’ai été réformé temporairement (…). J’ai quitté Paris quelques jours après – pour Lyons-la-Forêt – sans trouver un minute pour aller vous faire mes adieux, malgré mon désir. (…) Dès mon arrivée, je me suis rué au travail » – sur « Le Tombeau de Couperin« , donc, laissé en souffrance, « terminé aux trois quarts« , en 1914.

    …

    …

    Et à l’ami Lucien Garban (Nevers, 22 août 1877 – Paris 18e, 1§ janvier 1959), du Frêne, à Lyons-la-Forêt, à la date du 20 juin suivant, ceci (à la page 583) :

    …

    « À mon retour des Andelys, où j’avais passé 4 jours _ Maurice Delage en perme _, j’ai trouvé le piano et me suis remis au turbin. J’espère que ça va me faire supporter l’état de civil, troublé par le canon lointain – vers la Somme – qu’on entend toute la journée, et, la nuit, par tant d’autres choses !.. Ces réveils angoissants, où je la sens près de moi, me veillant…« …

    …

    …

    Et surtout à Jacques Durand (Paris 6e, 22 février 1865 – Avon, 22 août 1928) _ son très fidèle éditeur de musique, et oncle de Jacques Charlot (Paris 17e, 13 septembre 1885 – Col de la Chapelotte, Meurthe-et-Moselle, 3 mars 1915), auteur de plusieurs réductions pour piano de pièces de Maurice Ravel, et à la mémoire duquel Ravel dédiera le « Prélude«  qui ouvre « Le Tombeau de Couperin« … _, de Lyons-la-Forêt, à la date du 7 juillet 1917, ceci  de très significatif  pour l’avancée du travail d’achèvement à réaliser du « Tombeau de Couperin » (à la page 584) :

    …

    « Cher ami,

    Excusez-moi : il y a longtemps que je voulais vous écrire. Le temps passe incroyablement vite, quand on est au travail. Le Tombeau de Couperin s’élève. Le Menuet et le Rigaudon sont achevés. Le reste se dessine » – de quoi rassurer et faire un peu patienter son éditeur… – c’est là, et nous le constatons une fois de plus, une constante de sa part ; mais surtout le fait est que Ravel est ultra-perfectionniste ! (ajout du 22 juillet 2025).

    …

    …

    Et enfin – au passage, je remarque que le recueil de correspondances réuni par Manuel Cornejo en son « Intégrale » de la Correspondance de Maurice Ravel, ne comporte aucune lettre de Maurice Ravel entre les dates du 20 septembre 1917 (une carte de deuil autographe signée, à Madame Charles Koechlin, page 588) et 21 février 1918 (une lettre autographe signée, à Jean Marnold, page 592), soit sur une durée de 5 mois… – , à Roland-Manuel, de Saint-Cloud – 7 Avenue Léonie, la nouvelle résidence de Maurice Ravel et son frère Edouard – , le 1er mai 1918, ceci (à la page 593) : « Faudra-t-il vous envoyer Le Tombeau de Couperin, qui va paraître ?« 

    …

    …

    L’œuvre – si parfaite ! quel chef d’œuvre ! Je reviendrai plus tard sur quelques témoignages (indirects) de réception, en 1918 par Roger-Ducasse, en 1919 par Francis Poulenc, en 1920 par Pierre Lalo… (mais on ne dira jamais assez combien ces réceptions manquent énormément de recul ! (ajout du 22 juillet 2025) – sera créée par Marguerite Long –  veuve de Joseph de Marliave (Toulouse, 16 novembre 1873 – Senon (Meuse), 24 août 1914), à la mémoire duquel est dédiée la Toccata finale de ce « Tombeau de Couperin«  : Ravel tenait beaucoup, en effet, que ce soit elle (Nîmes, 13 novembre 1874 – Paris, 13 février 1966) qui en soit la créatrice… – le 11 avril 1919 à la S. M. I., la Société de Musique Indépendante, salle Gaveau, à Paris.

    …

    …

    Au final de ces précisions et réflexions,

    il s’avère que si la décision de se mettre à la composition d’une « suite française » de danses pour le piano suit immédiatement l’achèvement de son Trio, le 30 août 1914 – l’ordre de mobilisatin générale avait été proclamé le 2 août 1914, mais lors de son conseil de révision, en 1895, Maurice Ravel avait été déclaré exempté de service militaire en raison de sa faible constitution (1 m 61, 48 kg, une hernie) – , à Saint-Jean-de-Luz – cf la lettre à son éditeur Jacques Durand du 29 août 1914 (à la page 388 de l’« Intégrale« ) : « Cher ami, je termine demain mon Trio. 3 ou 4 jours pour le copier. Est-il prudent _ et utile _ de l’envoyer ? où ? Dès la semaine prochaine, j’irai me présenter à Bayonne – afin d’ obtenir d’être malgré tout mobilisé.Toutes les raisons que l’on m’a données pour me dissuader, je me les suis données moi-même, mais je ne puis me rendre à la raison. _ Si l’on me refuse, je n’aurai qu’à m’incliner« … _, le choix, lui, de ce titre « Le Tombeau de Couperin » pour cette suite de danses françaises, date de la fin du dernier trimestre de 1914

    – Il est postérieur, et peut-être consécutif, à la terrible nouvelle, le soir du 19 novembre 1914 du décès de ses amis les frères Pierre et Pascal Gaudin, comme Maurice Ravel l’écrit à leur sœur Marie Gaudin, en sa lettre du 20 novembre 1914 : « Ma pauvre Marie, Quel coup lorsque je suis rentré hier soir, et que Maman, bouleversée, m’a appris… Vous imaginez la nuit que nous avons passée. (…) Maman est effondrée. Ellee ne cesse de répéteréter : pauvreté petits ! pauvre Annette ! pauvre M. Gaudin ! « , (ajout du 22 juillet 2025).

    …

    …

    La question se pose donc de savoir si existe ou pas un lien du choix de ce titre de « Tombeau de Couperin » avec les décès déjà advenus cet été et cet automne 1914, au front, de ses amis Joseph de Marliave, le 24 août, de Jean Cruppi, le 4 novembre, et de Pierre et Pascal Gaudin, le 12 novembre 1914 ?

    …

    Le choix de ce titre (« Tombeau« ) est-il, au moins en partie, sinon directement, lié à ces décès de proches de Maurice Ravel ?

    …

    Ou bien, ce choix de « Tombeau de Couperin » est-il strictement musical, signifiant la nostalgie de Ravel – en cette situation de guerre en cours depuis le 2 août 1914 pour la France – pour ce registre et ce style si intimes – et si français – des Suites de danses françaises des 17e et 18e siècles, et singulièrement des si touchants « Tombeaux » de musique _ à partir de 1652, à partir des sublimes (!) « Tombeaux«  de Monsieur de Blancrocher des mains de Froberger, Dufaut, Louis Couperin : à écouter ici en cliquant… _ ?

    …

    …

    Ajouté aussi, et peut-être surtout, à un désir de Ravel de complaire tout spécialement aussi à un souhait de son éditeur pour obtenir de lui, à ce moment, des pièces de piano – intimes – , tel que cela apparaît en cet extrait de lettre de Ravel à son éditeur et ami Jacques Durand en date du 2 août 1914 – le jour même de la proclamation de mobilisation générale dans tout le pays ! – (à la page 382 de l’« Intégrale« ) :

    …

    « Pourtant – à quels arguments, ou à quelle situation, répond donc ce « pourtant » ? À la déclaration de la guerre ?.. – , je me sentais en une période féconde de production. Tout en m’acharnant au Trio, d’autres œuvres, pièces de piano – envisagées en premier – , poèmes symphoniques, étaient en projet – « La Cloche engloutie » et« Zazpiak Bat » demeureront ainsi à l’état d’ébauches ; et « Wien«  deviendra « La Valse » en 1919-1920… De nombreuses notes m’en sont témoin. (…) C’est du devoir de reconnaissance qui me lie étroitement à vous que je veux parler. Il est le seul qui m’ordonne de m’incliner devant votre décision, quelle qu’elle soit : vous n’avez qu’un mot à m’envoyer : j’abandonnerai tout aussitôt mon Trio – encore en chantier, donc, à cette date du 2 août : il sera achevé le 30 août suivant – et les autres choses, et vous confectionnerai tant de morceaux de piano que vous désiriez – nous y voici donc ! Et« Le Tombeau de Couperin« sera bien, en effet, une « suite pour piano deux mains« …  J’y mettrai assez de conscience, ou à défaut assez d’habitude, pour que mon éditeur et ami ne soit pas trop mécontent« .

    …

    …

    Il reste difficile de savoir à quel moment précis de cet automne 1914 Maurice Ravel décidé d’intituler « Tombeau« , et même « Tombeau de Couperin« , cette Suite de pièces de danses française pour piano ?

    …

    Et quelle part ont pris à cette décision d’intitulation « Tombeau« , les décès de ses amis Joseph de Marliave, Jean Cruppi, et Pierre et Pascal Gaudin, aux mois d’août et novembre 1914 ?..

    …

    L’écriture de ces six Pièces de piano est-elle née spécifiquement d’un immédiat désir d’hommage à ces amis disparus ?

    …

    Ou bien la décision de ces dédicaces est-elle postérieure à la composition, du moins première, de trois de ces Pièces, la « Toccata » (dédiée à Joseph de Marliave, tombé à Senon, Marne, le 24 août 1914), la « Fugue » (dédiée à Jean Cruppi (tombé à Messines, Belgique, le 4 novembre 1914), et le « Rigaudon » (dédié à Pierre et Pascal Gaudin, tombés ensemble à Oulches-Hurtebise, Aisne, le 12 novembre 1914), étant entendu que ce « Tombeau de Couperin » sera et était déjà « aux trois-quarts » réalisé à la date du 2 janvier 1915, comme l’indique la lettre de ce 2 janvier 1915 à Theodor Szántó (aux pages 405-406 de l’« Intégrale« ) que j’ai citée plus haut ?

    Ce qui, bien sûr, ne préjuge en rien d’un travail de reprise et de finition en 1917…

    …

    …

    Quant à la « Forlane« , qui sera dédiée au luzien Gabriel Deluc (tombé à Souain-Perthes-lès-Hurlus, Marne, le 15 septembre 1916), Ravel avait déjà au moins une idée de forlane en tête à la date du 1er octobre 1914, comme en témoigne la mention de cette danse dans la lettre à Roland-Manuel en date du 1er octobre 1914 (à la page 396 de l’« Intégrale« ) : « et il y aura une forlane, une gigue« …

    …

    …

    À suivre :

    …

    demain, je m’attacherai aux premières réactions d’étonnement, voire réprobation, à l’égard de ce lien – jugé paradoxal, voire inapproprié, ou carrément cynique, par quelques uns… – entre ces danses et ce titre « Tombeau de Couperin« , avec les dédicaces à ces amis tombés au front, de la part d’un Ravel jugé « froid« , excessivement détaché – mais « The dead have sorrow enough« , selon la merveilleuse parole rapportée (de Ravel ?) par Michael Hopcroft, qui conclut mon article «  » du 23 avril dernier : la musique pouvant faire office de baume de joie régénérateur, pour de défunts amis aussi, qui y seront très sensibles, par-delà les vies passées, et les nuées des ciels…

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    En cette sublime (et ravelissime) musique.

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    Ce samedi 27 avril 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Voilà pour cette genèse aux trois-quarts luzienne, dès l’année 1914, de ce qui devient dès le 2 janvier 1915, « Le Tombeau de Couperin« ,

    le tombeau étant un monument élevé à la gloire, ainsi immortalisée par l’art, in memoriam, des défunts bien aimés…

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    Ce mardi 22 juillet 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La genèse luzienne du Trio de Maurice Ravel : au « travail » (ou « au turbin ») chez les Gaudin, au 41 rue Gambetta, puis à la Pension Ongi Ethori, 23 rue Sopite, de mars à août 1914…

    Une très intéressante lettre de Maurice Ravel à Annette Bibal-Gaudin, du 1er février 1914, plante excellemment le décor de la genèse luzienne du Trio :

    « Chère Madame Gaudin, Je ne vous ai pas encore souhaité la bonne année. Aussi ai-je pris la résolution , si cela ne vous dérange pas, d’aller vous la souhaiter de vive voix. J’ai plusieurs choses à terminer, et, à Paris, c’est devenu impossible – voilà ! Depuis le matin, les gens viennent me distraire sous les prétextes les plus différents et les plus inutiles. J’en ai assez – de cette « distraction« -là, de ces « dérangements » venant importuner le travail même des œuvres, la priorité sacrée du compositeur… J’avais résolu d’aller dans les environs de Paris, mais j’y serais tout aussi dérangé. Il faut que je mette au moins 800 kilomètres – voilà  ! – entre les aimables et fâcheux visiteurs et moi – et Saint-Jean-de-Luz est idéalement à même d’offrir cette concentration nécessaire à ce travail sacré « des choses à terminer » demeurant en chantier pour Maurice Ravel. Et on sait combien parfois de très longues années durant sont ainsi demeurées en chantier, sur le papier et en la tête, bien des œuvres, et des œuvres majeures, de Maurice Ravel, entre une idée soudainement jaillie d’inspiration de départ et l’achèvement de cette œuvre, parfois sous le coup de demandes un peu pressantes de quelques commanditaires… Pouvez-vous me recevoir pendant un mois ? Dites-moi franchement si cela vous cause le moindre embarras. Si, comme je le souhaiterais, cela ne vous dérangeait pas trop, je partirais aussi vite que possible, mardi soir par exemple » – le 3 février.

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    La lettre suivante publiée par Manuel Cornejo en son édition de la Correspondance de Maurice Ravel, et adressée à l’ami Cipa Godebski, en date du 14 février suivant, est effectivement rédigée au domicile des Gaudin, 41 rue Gambetta, à Saint-Jean-de-Luz ; et si cette lettre-là n’évoque pas encore le prochain « Trio« , elle indique tout de même ceci de bien intéressant pour une autre œuvre à venir, et déjà en gestation à Saint-Jean-de-Luz, elle aussi (!), « Le Tombeau de Couperin » – une œuvre dont le titre apparaît pour la première fois dans la Correspondance de Ravel seulement le 2 janvier 1915, en une lettre à Theodor Szántó (pianiste et compositeur hongrois (1877-1934), et ami de Ravel, qui fit découvrir à celui-ci les musiques de ses compatriotes Béla Bartók et Zoltán Kodály, excusez du peu !..  Alors que l’allusion à une « transcription« , par Ravel, d’une forlane de Couperin (Louis Couperin (ca.1626-1661) ; et pas son neveu François (1668-1733) !) est déjà présente dans la lettre à Cipa Godebski dont je vais maintenant citer un passage, et qui est en date, cette lettre, du 14 février 1914, soit presque un an auparavant la formulation de ce titre, « Le Tombeau de Couperin« , pour les pièces de cette ci-devant « suite française » pour le piano commencée d’être composée à Saint-Jean-de-Luz, au domicile des Gaudin, 41 rue Gambetta ; une lettre dans laquelle Ravel avait dit « transcrire » une forlane de Couperin. Et c’est ainsi que le titre « Le Tombeau de Couperin » fait référence à l’admirable auteur de « Suites françaises » pour le clavier (dont fait partie le sublime « Tombeau de Monsieur de Blancrocher« …) qu’est le merveilleux Louis Couperin, qui fut bien présent, en chair et en os, à Saint-Jean-de-Luz, en 1659, parmi la troupe des musiciens officiant aux noces royales de Louis XIV et l’Infante Marie-Thérèse, dans la tribune de  l’église saint-Jean-Baptiste de Saint-Jean-de Luz, lors de la cérémonie de ce mariage : ce que peut-être Maurice Ravel savait, même si le nom de Louis Couperin n’est pas explicitement présent dans sa Correspondance, telle du moins qu’elle a été jusqu’à’ici retrouvée… – :

    « Excusez-moi : j’étais en plein turbin… alors… (…) Je travaille fenêtres ouvertes, par un temps de printemps. Parfois un petit cyclone, une averse. Le lendemain, il n’y paraît plus rien – et c’est bien là le mode de fonctionnement du temps disons « météorologique » de cette côte basque natale de Maurice Ravel, où il est fort utile d’avoir en permanence à portée de sa main un parapluie ; l’ondée, vite emportée par les vents de l’Atlantique, ne durant pas très longtemps non plus… Entretemps, je turbine – « je turbine« , « en plein turbin« , ce sont-là des mots et des expressions qui reviennent souvent sous la plume de Maurice Ravel, dont le père, Joseph, était ingénieur – à l’intention du pape : vous savez que cet auguste personnage (…) vient de lancer un nouvelle danse, la forlane. J’en transcris une de Couperin – voilà, voilà ! Et c’est probablement ici la merveilleuse forlane du très proche à venir, et à Saint-Jean-de-Luz même, « Tombeau de Couperin« , qui vient ici pointer un tout premier petit bout de son nez !..  Je vais m’occuper à la faire danser au Vatican par Mistinguett et Colette Willy en travesti – et ce qui bondit ici, c’est l’humour volontiers anti-clérical de Maurice Ravel (et sa  famille)… Ne vous étonnez pas de ce retour à la religion : c’est l’atmosphère natale qui veut ça. Voici l’Angelus. Je dégringole pour aller dîner« …

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    C’est seulement le 19 mars suivant, alors que Maurice Ravel loge chez ses amis Gaudin 41 rue Gambetta, que dans une lettre à son amie Ida Godebska, Ravel évoque pour la première fois en sa correspondance le Trio pour piano, violon et violoncelle qu’il commence alors à composer :

    « Songez que j’ai passé 36 heures devant ma table de travail sans prendre autre chose que du bouillon aux œufs. Je travaille maintenant au Trio – sans davantage de présentation ni explication ici de sa part : il a probablement déjà dû en parler… – et vous demande de le proclamer, afin que l’on se doute aussi peu que possible que j’ai passé ces derniers temps à autre chose – Rapport à Durand – l’éditeur de Ravel : l’éditeur serait-il donc suspicieux ?.. – , vous comprenez« …

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    Et deux jours plus tard, le 21 mars, en une lettre à son amie Hélène Kahn-Casella, Ravel écrit ceci :

    « Je travaille au Trio malgré le froid, la tempête les orages, la pluie et la grêle » – contre vents et marées, en quelque sorte, et à l’abri des importuns…

     

    Puis, le 25 mars, et toujours en la demeure des Gaudin, c’est à son éditeur Jacques Durand cette fois que Maurice Ravel s’exclame :

    « J’ai terminé le 1er morceau du Trio – Modéré. Les autres – qui seront au nombre de trois : Pantoum, Passacaille et Final ; et le Trio sera achevé à Saint-Jean-de-Luz le 30 août 1914… – semblent bien se présenter. …et cela par un temps spécialement affreux » – peu propice à céder aux tentations des distractions locales…

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    Et à son amie Ida Godebska, ce même 25 mars – et toujours « turbinant » rondement… –  :

    « Mon Trio, dont le premier mouvement est achevé, ne me permet pas de le laisser refroidir » – ici, c’est l’œuvre qui commande et dicte le tempo…

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    Et encore à la même Ida Godebska trois jours plus tard, le 28 mars, évoquant à nouveau son Trio :

    « Je rentre de Lyon ici – à Saint-Jean-de-Luz, chez ses amis Gaudin – , pour travailler au Trio, que je veux achever avant de revenir à Paris » – un retour qui n’adviendra qu’à la mi-novembre 1914 ; le Trio étant, lui, achevé à la fin du mois d’août ; mais entre-temps aura surgi la guerre, renversant tout…

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    Le 8 avril suivant, Maurice Ravel est de retour à Saint-Jean-de-Luz d’un voyage-éclair à Lyon et Genève, et réside toujours chez les Gaudin, au 41 rue Gambetta, ainsi qu’en témoignent deux lettres adressées à Hélène Kahn-Casella, le 8 avril  et le 10 avril, la seconde envoyée depuis Fontarabie : « Je suis dans la joie. On se croirait en plein été. La procession arrive (ça vaut la peine)« … 

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    Mais c’est ensuite à la Pension Ongi Ethori, 23 rue Sopite – et plus chez ses amis Gaudin, 41 rue Gambetta – , que, de retour depuis Paris à Saint-Jean-de-Luz le 20 juin suivant, Maurice Ravel a choisi de s’installer, afin de travailler, pour le terminer, à son Trio, comme l’indiquent deux lettres adressées le 24 juin, l’une à son éditeur Jacques Durand :

    « l’installation – à la Pension Ongi Ethori, avec un piano qu’il a fallu y faire venir – est terminée. Je vais me mettre au travail : pour me mettre en train, j’ai déjà commencé à faire des gammes«  – le compositeur veut chaque fois rassurer son éditeur ! –  ;

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    et l’autre à son frère Edouard Ravel :

    « Je vais te demander de m’envoyer tous les cadres à tourniquet qui sont dans ma chambre, dans le salon et peut-être dans l’antichambre. Je veux parler uniquement des petits, qui contiennent des estampes simples – 6, je crois -, Tu mettras dans le même colis toutes les estampes de format simple. Et aussi les gravures représentant des costumes de différents pays, que je voulais emporter, et que je n’ai pas eu le temps de chercher. Elles doivent se trouver dans ta chambre, sans doute dans l’armoire. C’est tout pour cette fois. Mais fais vite : le roi d’Espagne a manifesté le désir de visiter mon studio et je tiens à le bien recevoir » – finalement le roi d’Espagne ne viendra pas rendre visite à Maurice Ravel… – , ainsi que : « Maman est à Ciboure – et ici c’est un détail bien intéressant qu’on apprend au passage : c’est à Ciboure que réside donc à ce moment Marie Delouart-Ravel (1840-1917) en cet été 1914 ; mais où et chez qui ? : chez un parent, tel que les Goyenague ? à la Pension Anchochury, de sa lointaine cousine Marie-Dominique Anchochury (Ciboure, 11 août 1840 – Ciboure, 16 octobre 1918) ? Ce serait bien précieux pour nous, qui nous intéressons à la parenté basque de Maurice Ravel et sa mère, de le découvrir… – et t’embrasse,

    moi aussi »,

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    Et le 28 juin, sa lettre à Cipa Godebski recommence à évoquer le Trio, via le contexte – un peu trop distrayant, l’été venu… – de villégiature et de festivités, qui menace d’un peu trop près le travail d’achèvement de ce Trio – dont le 1er mouvement, Modéré, a été terminé dès le 25 mars précédent, au domicile des amis Gaudin… – :

    « J’ai commencé à travailler au Trio malgré les réjouissances de la St-Jean : hier, feux devant l’église et sur la place. Celui-ci, laïque, augmenté de pyrotechnies et à la même heure que l’autre, pour embêter le clergé. Demain, toro de fuego.(…) Je descends dîner, il y a des muchurdiñac – des rougets – , et il ne faut pas que ce soit trop cuit.« 

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    Et le 30 juin, à Lucien Garban – (1877-1959), son condisciple au Conservatoire et ami, que Ravel qui fera entrer en 1919 aux Editions musicales Durand – :

    « Voilà une dizaine de jours – le 20 juin précisément – que j’ai quitté Paris (…) 35° au moins y aidant, je travaille au Trio et à Zazpiac Bat – pas mal d’éléments de cet ambitieux projet symphonique basque (« Zazpiak Bat » signifie littéralement « les sept provinces font une« ), plus tard abandonné, seront repris et intégrés au magistral Concerto (en sol)… – , malgré les nombreuses réjouissances : pelote basque, feux de la St-Jean, toros de fuego, et autres pyrotechnies. Les jeux d’eau sont pour après-demain. L’établissement des bains de mer n’ouvre que le 1er juillet, et j’attends ce jour-là avec une impatience que la température rend légitime. (…) Ma mère – présente, donc, mais à Ciboure, elle – vous envoie son bon souvenir« . 

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    Le 4 juillet suivant, à son confrère compositeur et ami Alfredo Casella, Ravel précise, toujours à propos de ce travail qu’il a en chantier :

    « Ici (la chaleur) est supportable, parce qu’il y a la mer – et puis après tout j’aime ça. Je travaille : il y a des jours où ça ne vient pas ; d’autres où j’espère augmenter du double un bagage si faible en comparaison de Nouguès – un compositeur (1875-1932) sur la prolixité duquel les plaisanteries étaient alors monnaie courante… Je travaille même le piano : à mon retour, je donne un récital.« 

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    Et le 18 juillet, à Hélène Kahn-Casella :

    « Malgré le beau temps, voici trois semaines – c’est le 20 juin que Ravel, de retour à Saint-Jean-de-Luz, s’est installé à la Pension Ongi Ethori 23 rue Sopite…  – que le Trio n’avance pas, et me dégoûte. Mais aujourd’hui, je me suis avisé qu’il n’est pas si nauséabond… et le carburateur – toujours ce vocabulaire d’ingénieur qui plaît à Ravel – est réparé« …

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    Et encore le 20 juillet, à Edwin Evans – (1874-1945) critique musical anglais – :

    « Je suis installé ici – à la Pension Ongi Ethori – depuis un peu plus d’un mois – le 20 juin précisément – , et tâche d’y mener à bonne fin mon Trio, pour me mettre aussitôt à d’autres œuvres – le travaillant déjà : les pièces de ce qui deviendra « Le Tombeau de Couperin« , mais d’autres œuvres encore, dont « La Cloche engloutie« , laissée définitivement en plan, et le poème symphonique « Wien« , qui deviendra, lui, en 1920 « La Valse« , autre sublime chef d’œuvre… Car je profite des vacances pour rattraper les fatigues inutiles et le temps perdu à Paris » – où il ne supporte plus de demeurer, trop dérangé qu’il y est dans son travail suprêmement exigeant de composition : Ravel est perfectionniste.

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    Et le 28 juillet, à Lucien Garban :

    « C’est affreux : on ne voit plus le soleil ; il fait froid. Le Trio s’en ressent, qui stagne« …

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    Et surtout à Jacques Durand – son vigilant éditeur – , le 31 juillet :

    « Je continue à travailler, assez lentement encore, il est vrai, mais plus sûrement. Je compte sur la participation du temps qui se remet au beau. Ce matin j’ai repris mes ébats nautiques qui, je l’espère, vont émoustiller l’inspiration » – un angle admissible, en effet, du point de vue de l’éditeur…

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    Et toujours à l’éditeur Jacques Durand, cette lettre, le 2 août, particulièrement intéressante sur les divers projets musicaux alors en cours de Maurice Ravel – probablement là en réponse directe à des remarques de celui-ci, en tant que commanditaire et donneur d’ordres… – :

    « Pourtant – à quelle remarque critique ou exigence de son éditeur Ravel répond-il ici ? – , je me sentais en une période féconde de production. Tout en m’acharnant au Trio – ce que pourrait lui reprocher l’éditeur ?.. –  d’autres œuvres, pièces de piano, poèmes symphoniques, étaient en projet : de nombreuses notes m’en sont témoin – Ravel éprouvant ici un assez étonnant besoin de se justifier. C’est du devoir – impérieux, certes – de reconnaissance qui me lie étroitement à vous – par contrat et par amitié, les deux… – que je veux parler. IL est le seul qui m’ordonne de m’incliner – voilà ! – devant votre décision, quelle qu’elle soit : vous n’avez qu’un mot à m’envoyer : j’abandonnerai tout aussitôt mon Trio – bigre ! rien que cela : renoncer à son Trio !.. – , et les autres choses – les poèmes symphoniques, probablement… – , et vous confectionnerai tant de morceaux de piano– nous y voilà donc !!! Telle est donc la priorité éditoriale de Jacques Durand ! – que vous désiriez. J’y mettrai assez de conscience, ou à défaut assez d’habileté, pour que mon éditeur et ami ne soit pas trop mécontent » – c’est donc d’œuvres pour le piano que Jacques Durand a en priorité besoin : mais Maurice Ravel y souscrit aussi avec les pièces qu’il met au point de sa « suite française » pour piano… C’est que Ravel, très inventif et original, a toujours plusieurs fers au feu, dont certains n’aboutiront à la réalisation finale que de longues années de maturation plus tard ; c’est ainsi que sa création fonctionne…

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    Le 1er août 1914, la guerre est déclarée. Voilà qui change tout !

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    Je cite ici un extrait de la lettre du 3 août suivant à l’ami Cipa Godebska :

    « Depuis avant-hier … ce tocsin, ces femmes qui pleuraient , et surtout l’enthousiasme horrible de tous ces jeunes gens… _ et tous les amis qui ont dû partir, et dont je n’ai point de nouvelles… Je n’en peux plus : ce cauchemar de toutes les minutes est trop atroce. Je crois que je vais devoir fou… ou que je vais céder à l’obsession… – de se faire engager aux armées, d’une façon ou d’une autre. Vous pensez que je ne travaille plus ? Je n’ai jamais autant travaillé avec une rage plus folle, plus… héroïque« …

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    Et le lendemain 4 août, cette lettre à son ami aussi Maurice Delage :

    « Oui, je travaille ; et avec une sûreté, une lucidité de fou. Mais, pendant ce temps, le cafard travaille aussi, et tout à coup me voilà à sangloter sur les bémols ! Naturellement, quand je descends et que je me trouve devant ma pauvre maman – elle est présente, non loin celui, de lui, à Ciboure ou à Saint-Jean-de-Luz, cet été -là 1914… – , il faut que j’aie l’air calme, sinon rigolo… vais-je pouvoir continuer ? Voilà 4 jours que cela dure, depuis le tocsin« …

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    Puis, le 12 août, ce bref extrait de lettre à Jacques Durand :

    « Il faut que mon Trio – le travail sur ce satané Trio se poursuit donc : Ravel ne l’abandonne pas… – soit très bien : sais-je si ce ne sera pas une œuvre posthume ? »…

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    Et le 19 août, cette déclaration à Maurice Delage à propos du Trio :

    « En tout cas, je termine toujours mon Trio – œuvre posthume ? – « … 

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    Et encore le 29 août, à Alfredo Casella, cette fois :

    « Je termine mon Trio«  – avec toujours ce possessif significatif : Ravel y tient, à son Trio ! Et à très juste titre, il s’y « acharne« …

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    Jusqu’à cette déclaration à Jacques Durand, ce même 29 août 1914 :

    « Cher ami, je termine demain mon Trio, 3 ou 4 jours pour le recopier.

    Est-il prudent – et utile – de l’envoyer ? Où ?

    Dès la semaine prochaine, j’irai me présenter à Bayonne » – afin , pour Maurice, antérieurement réformé, d’essayer de se faire engager…

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    Et puis, ces deux missives suivantes, le 8 septembre, à Ida Godebska :

    _ « Chère amie,

    Comme vous le prévoyiez, mon aventure s’est terminée de la façon la plus ridicule : on ne veut pas de moi parce qu’il me manque 2 Kilogs.

    Avant de me rendre à Bayonne, j’ai passé un mois – le mois d’août 14 – à travailler du matin au soir, sans seulement prendre le temps d’aller prendre un bain de mer. Je voulais terminer mon Trio que j’ai travaillé en œuvre posthume. Cela ne veut pas dire que j’y ai prodigué le génie, mais bien que l’ordre de mon manuscrit et des notes qui s’y rapportaient permettaient – en cas de son décès – à tout autre – tel un Lucien Garban, par exemple – d’en corriger les épreuves – Maurice Ravel a seulement le souci de sa postérité : par son œuvre…

    Tout cela est inutile : il n’en résultera qu’un trio de plus – est-ce là vrai désespoir ? ou fausse modestie ? – , un échange de correspondance inopportun… et une amitié de moins – peut-être est-ce là allusion aux frictions du compositeur avec son éditeur Jacques Durand, peu favorable, semblait-il, à la réalisation de ce satané Trio par Ravel, et lui préférant des œuvres pour piano, plus faciles à vendre  pour lui…  Je ne compte pas les 2 jours de fièvre qui ont suivi mon retour de Bayonne, et dont j’ai pensé crever. Me voici dans l’inaction : Je ne me sens plus le courage de me remettre au travail. – ce ne sera cependant pas tout à fait le cas : le travail sur la « suite française » pour le piano, à la François Couperin (clairement évoquée dans la lettre à Cipa Godebski le 14 février précédent), et qui s’intitulera mais un peu plus tard, pas tout de suite, « Le Tombeau de Couperin » (ce titre de « Tombeau » pouvant être venu à Ravel au moment plus tardif des dédicaces aux amis tombés au champ d’honneur, les uns après les autres au fil des années de la guerre) qui a déjà été commencé, donc, bien avant le déclenchement de la guerre, au mois de février 1914, chez les Gaudin, va continuer à se poursuivre à la Pension Ongi Ethori, et a été « aux 3/4 »  accompli, déjà, à Saint-Jean-de-Luz cet été et ce début d’automne 1914, dira plus tard, en l’achevant en 1917 à Lyons-la-Forêt, Maurice Ravel… Mais on comprend fort bien combien ces temps si horribles de guerre, avec tous ces morts et toutes ces destructions, ont pu très gravement troubler Maurice Ravel en son travail musical… J’espérais me consacrer aux blessés transportés à Saint-Jean-de-Luz« … ;

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    et le 9 septembre à Jacques Durand :

    _ « Mon cher ami,

    Avez-vous reçu la carte dans laquelle je vous demandais si je devais envoyer mon Trio ? Je pense qu’il serait encore moins prudent, et moins nécessaire, de vous le faire parvenir dans les circonstances actuelles. (…) Je vais tâcher de me remettre au travail – et ce sera au moins pour partie fait : « aux 3/4 » du moins pour les 6 pièces (« Prélude« , « Fugue« , « Forlane« , « Rigaudon« , « Menuet« , « Toccata« ) qui constitueront au final, en 1917, « Le Tombeau de Couperin« … – , malgré toutes les préoccupations qui me hantent.

    (…)

    Si ceci vous parvient, veuillez me répondre à ce sujet – il s’agit ici de la situation pécuniaire très difficile des Ravel… – et à celui du Trio » – Ravel y tient décidément beaucoup… Et c’est de fait un immense chef d’œuvre…

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    La note de bas-de-page n°2, aux pages 587-588 de la nouvelle édition Gallimard – collection Tel de la Correspondance de Maurice Ravel par les soins de Manuel Cornejo, précise très judicieusement les 4 premières dates d’exécution de ce Trio en la mineur pour piano, violon et violoncelle de Maurice Ravel, qui lui a coûté tant d’efforts…  :

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    _ à la mi-novembre 1914, dès son retour de Saint-Jean-de-Luz à Paris, Maurice Ravel, propose une interprétation par lui-même au piano du Trio, en présence de Jacques Durand, son éditeur… ;

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    _ puis, peu après, au domicile privé du violoncelliste Joseph Salmon, a lieu une première audition privée de ce Trio de Ravel par Alfredo Casella au piano, George Enesco au violon, et Joseph Salmon au violoncelle ;

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    _ le 28 janvier 1915, à la salle Gaveau à Paris, se produit la première audition publique du Trio, par Alfredo Casella au piano, Gabriel Willaume au violon et Louis Feuillard au violoncelle ;

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    _ et enfin, le 20 mai 1915, une seconde audition publique du Trio a lieu encore Salle Gaveau, par Alfredo Casella au piano, George Enesco au violon, et André Hekking au violoncelle…

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     Et maintenant, je vais pouvoir en venir à ce que l’on peut induire de la Correspondance accessible de Maurice Ravel à propos du second chef d’œuvre « aux 3/4 » réalisé  en 1914 à Saint-Jean-de-Luz, au 41 rue Gambetta, au domicile des amis Gaudin, puis au 23 rue Sopite, à la Pension Ongi Ethori, je veux dire cette « suite française » pour piano seul que Ravel intitulera « Le Tombeau de Couperin« , et qu’il achèvera, pour le dernier de ces quarts, après sa démobilisation, en 1917, à la Villa Le Frêne, à Lyons-la-Forêt – un autre lieu paisible propice et même nécessaire à la création – , au domicile de sa marraine de guerre, Madame Fernand Dreyfus (1871-1958) – le « Menuet » de ce « Tombeau de Couperin » étant dédié à Jean Dreyfus (1896-1917), décédé au champ d’honneur à Roncourt (Somme) le 14 octobre 1917, beau-fils de Madame Fernand Dreyfus…

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    À suivre, par conséquent…

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    Ce lundi 21 juillet 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • D’une idée de recherche, en mars 2019, sur la parenté basque de Maurice Ravel, à la réalisation de la maquette du livre « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel », en juillet 2025 : un petit historique en quelques étapes d’un parcours de recherche et de découvertes inédites, à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz…

    Pour parvenir à marcher très effectivement, par les rues de Ciboure, mais aussi de Saint-Jean-de-Luz, sur les pas des divers parents basques – ancêtres Delouart, mais aussi nombreux cousins : Delouart, Billac, Etcheverry, Hiriart, Dargaignaratz, Gaudin, Goyenague, Passicot, Cerciat, Etchepare, Sagarzazu, Larrarte, etc.  – des natifs eux-mêmes de Ciboure Maurice Ravel, en 1875, et sa mère Marie Delouart, en 1840, il a fallu d’abord mener une longue enquête, patiente et ultra- attentive, à partir d’abord de ce qu’il était possible d’induire des moindres indices que pouvait fournir une lecture très méthodique – débutée le 12 mars 2019 – de la Correspondance de Maurice Ravel telle que celle-ci a été réunie et publiée par les soins de Manuel Cornejo – une première édition au mois d’octobre 2018 (au Passeur), puis une seconde, très enrichie, au mois de mars 2025, aux Editions Gallimard, collection Tel, en deux volumes – : un travail de lecture-déchiffrage minutieux qui a été mené depuis le 12 mars 2019 jusqu’à ce mois-ci de juillet 2025, soit en 6 années et 4 mois…

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    Puis, et à partir d’une réunion, le 24 octobre 2024 au Centre culturel Peyuco Duhart à Saint-Jean-de-Luz, de diverses associations luziennes ainsi que cibouriennes invitées, dont l’Association Jakintza – et c’est là, peu avant, que son président Guy Lalanne m’a proposé de bien vouloir l’y accompagner, en tant que « spécialiste » de Ravel, et un peu luzien aussi… – , en vue de mettre au point de quoi rendre hommage en son pays natal à Maurice Ravel pour le 150e anniversaire de sa naissance – le 7 mars 1875, à Ciboure – , en cette »Année Ravel 2025 » qui s’annonçait,

    c’est le concours très actif, hyper-compétent et ultra-riche de ressources (!) de l’infatigable cher Guy Lalanne, le président hyper-vigilant de la dynamique et très féconde association Jakintza, qui a permis de bien localiser– et puis, maintenant aussi, photographier – ces maisons de ces divers parents et cousins de Marie Delouart et son fils Maurice Ravel, telles qu’elles sont aujourd’hui, ces maisons, à Ciboure et à Saint-Jean-de-Luz, elles-mêmes si elles n’ont pas – ou guère – changé, ou bien celles qui, sur leur emplacement, les ont remplacées, afin d’aboutir à réaliser un parcours – fléché… – de localisation de ces maisons liées à Ravel, par les rues de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz, devenant, ainsi matérialisé, aisément suivable pour qui s’intéresserait à venir se rendre compte de visu, sur le terrain, en de passionnantes promenades – je pense en particulier ici aux maisons situées dans le superbe quartier aujourd’hui de Bordagain – des diverses maisons liées à Maurice Ravel et sa mère Marie Delouart, et leur parenté basque, à Ciboure ainsi qu’à Saint-Jean-de-Luz – par exemple lors de futures « Journées du patrimoine » .

    Et je veux ici mettre tout spécialement en exergue, car c’est un des apports majeurs, et ultra-sensible par sa visibilité à venir, de notre recherche, cette découverte que nous avons réussi, Guy Lalanne et moi-même Francis Lippa, à situer – les premiers – avec exactitude et sur place – ce fut, pedibus, le vendredi 2 mai 2025 – , la maison qui a été, et de mère en fille – Françoise Benoît (1786 -1855) épouse Dupous, sa fille Victoire Dupous (1922-1903) épouse Bibal, puis sa petite-fille Annette Bibal (1844-1936) épouse Gaudin – le domicile – avant même 1844 pour la naissance le 7 février 1844, en cette maison du n° 21 de la Grand-Rue, du fils aîné de Victoire Dupous et son mari Pierre Bibal : Jean-Baptiste Bibal (qui décèdera à l’hôpital de Rochefort le 18 février 1871) – de la famille des Benoît-Dupous-Bibal-Gaudin – ces Benoît et ces Dupous-là exerçaient la profession de boulanger – , chez lesquels Maurice Ravel a maintes fois séjourné, dès son enfance et son adolescence, en vacances, auprès de sa chère grand-tante Engrace-Gachucha Billac (1819-1902) – celle-ci y était domestique, en charge tout particulièrement des enfants, depuis au moins 1862, et peut-être même dès 1855, pour ce qui concerne les enfants Bibal, avant de s’occuper, à partir de 1875 et jusqu’à son décès en 1902, des enfants Gaudin… – , en ce qui, de n° 21 de la Grand-Rue – en 1844… – , est devenu – entre le 31 janvier 1883 (Pascal Gaudin naît ce jour-là au n° 21 de la Grand-Rue) et le 28 avril 1884 (son oncle Léon-Pierre Bibal décède ce jour-là au n° 41 de la rue Gambetta) – le n° 41 de la rue Gambetta – le nom de rue Gambetta fut donné à la Grand-Rue de Saint-Jean-de-Luz afin d’honorer le grand républicain Léon Gambetta, décédé le 31 décembre 1882) ; là-dessus, lire mon article en date du 2 novembre 2019 «  » ; et cela avant un nouveau changement de numérotation de cette rue Gambetta, advenu vers 1930 : ce sera alors que  le n° 41 deviendra le n° 49 ! – ; et cela jusqu’à ce qu’en 1924 la maîtresse de cette très belle maison, Annette Bibal-Gaudin (1845-1936) vende cette maison devenue désormais trop vaste (et peuplée de trop de souvenirs de ses défunts Gaudin…), pour déménager avec sa sœur Bernardine Bibal (1855-1943), sa fille Marie Gaudin (1879-1976) et sa petite-fille Annie Courtault (1913-1994) – Annie Courteault, dont la grand-mère Annette Bibal-Gaudin avait tenu à s’occuper de l’éducation, à Saint-Jean-de-Luz:; Annie suivait alors les cours de la Pension Sainte-Odile… – pour la plus modeste Villa Mirentchu, Rue du Midi,…

    …

    Et tout ce travail de localisaton actuelle des maisons, sur les bases des indications de repérage des domiciles de ces parents de Marie Delouart et Maurice Ravel, telles que j’ai pu les répertorier peu après ce 24 octobre 2024, dans deux articles commodes, les plus précis et complets possibles, en date des 5 et 6 novembre 2024 : «  «  et «  « …

    …

    …

    Il me faut aussi préciser que c’est à partir de l’article – de visée panoramique – intitulé « Et puis un florilège d’articles marquants, entre mai 2019 et août 2022, de ma recherche des « cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel… », rédigé le 18 octobre 2024 dans la perspective même de ce livre à venir que je me suis mis à l’effort de récapituler les étapes marquantes de ma recherche d’élucidation de ces parentés basques de Maurice Ravel, via les divers cousins – méconnus ou ignorés jusqu’alors par les chercheurs – de sa mère, la cibourienne Marie Delouart (1840-1917)…

    …

    Et je me permets ici de renvoyer les lecteurs les plus courageux – c’est que je ne suis pas toujours facile à lire, du fait de ma manie quasi invétérée de fournir le détail documentaire le plus poussé… – à cet article-florilège du 18 octobre 2024 « Et puis un florilège d’articles marquants, entre mai 2019 et août 2022, de ma recherche des « cousinages cibouro-luziens » de Maurice Ravel…« , qui a au moins le mérite d’offrir un commode recueil-documentaire récapitulatif de 11 autres articles de mon blog « En cherchant bien » qui constituent, à mes yeux, autant d’étapes de progrès et découvertes marquantes de ma recherche, en date – et je les énumère ici –

    du 13 mai 2019 : «  » ;

    du 26 mai 2019 : «  » ;

    du 28 mai 2019 : «  » ;

    du 19 août 2019 : «  » ;

    du 31 août 2019 : «  » ;

    du 2 septembre 2020 : «  ;

    du 4 octobre 2020 : «  » ;

    du 11 octobre 2020 : « » ;

    du 7 octobre 2021 : «   » ;

    du 11 octobre 2021 : «  » ;

    du 17 août 2022 ; «  » ;

    et du 18 août 2022 : « « ,

    tous ces articles-jalons pouvant être parcourus comme autant d’avancées de cette patiente recherche, avec ses tournants marquants et ses étapes de progrès…

    …

    …

    Je dois aussi mettre dès maintenant l’accent sur un article important – en partie généalogique, mais pas seulement, de réflexion originale aussi – , rédigé le 11 juillet dernier – 2025 – : « « , dont je reprends ici l’essentiel…

    …

    Avant d’aller plus loin, je tiens à reprendre et compléter ce que j’ai commencé à détailler le 1er juin dernier – 2025, en mon article de réflexion aussi – « » , à propos, d’une part, des liens familiaux entre la désormais parisienne Marie Delouart – à partir de 1872-1873 (une ambiguïté d’année demeure ici) : en tout cas Marie Delouart épouse Pierre-Joseph Ravel à Paris le 3 avril 1873 –  et ses deux tantes Billac, la cibourienne Gracieuse Billac (1824-1897), et celle qui de cibourienne est devenue luzienne – peut-être dès 1855, et en tout cas dès 1862, au service des Dupous-Bibal… – , Engrace-Gachucha Billac (1819-1902) ; et, d’autre part, à propos des liens amicaux – cette fois, et sur lesquels il me paraît falloir insister… – ayant existé entre Marie Delouart (1840-1917), ainsi que son fils Maurice Ravel (1875-1937), avec les luziens Victoire Dupous-Bibal (1822-1903), sa fille Annette Bibal-Gaudin (1845-1936), et les enfants Gaudin, dont, tout spécialement, Marie Gaudin (1879-1976), car ces divers liens familiaux ainsi qu’amicaux et affectifs basques sont décisifs pour mieux comprendre les rapports de Marie Delouart et son fils Maurice Ravel tant avec leurs tantes Billac, qu’avec leurs amis luziens Dupous, Bibal et Gaudin, les employeurs de la tante (et grand-tante) Gachucha Billac ; et c’est elle, Gachucha Billac, qui fait le lien entre eux tous…
    …
    …
    En creusant la généalogie des Billac et celle des Errecalde – Jacques Billac (1772-1839), époux à Ciboure le 14 septembre 1814 de Marie Delouart (1782-1855), est le fils de Pierre Billac (? – ?) et Sabine Errecalde (1726-1806), mariés à Ciboure le 17 janvier 1769) – , je me suis aperçu que Marie Delouart avait conservé – depuis son installation à Paris (ajout du 10 juillet 2025) – des rapports privilégiés surtout avec sa tante Engrace-Gachucha Billac, luzienne dès avant 1862, et peut-être même dès l’automne 1855 – suite au décès, à Saint-Jean-de-Luz, chez lui, au 41 Grand Rue, le 13 septembre 1855, de Pierre Bibal, au plus fort de l’épidémie de choléra (qui emporta aussi, à Ciboure cette fois, et Marie-Baptiste Billac (ce fut le 17 août 1855), et Marie Delouart veuve Billac, la grand-mère de Marie-Delouart et arrière-grand-mère de Maurice Ravel  (ce fut le 23 août suivant, en 1855 : c’est-dire rien moins que la sœur et la mère d’Engrace-Gachucha Billac, décédées le 17 et le 23 août 1855, en la maison Lamacenia, au n° 137 du quartier de la Place, à Ciboure) ; ce Pierre Bibal, qui était l’époux de Victoire Dupous-Bibal, laissait cette dernière, veuve, avec à sa charge les 6 enfants encore vivants des 9 qui leur étaient nés, dont la dernière, Bernardine Bibal (la future « Tante Bibi » des lettres de Maurice Ravel à ses amies Jane et Marie Gaudin…), venait tout juste de naître le 22 août 1855, quand Gracieuse-Gachucha Billac, vint peut-être de sa Ciboure natale, seconder, au n° 41 de la Grand Rue de Saint-Jean-de-Luz, Victoire Dupous-Bibal, pour, de toute urgence, l’aider à élever ses 6 enfants devenus orphelins de leur père (ajout du 10 juillet 2025) – ; cette Engrace « Gachucha » Billac, qui au décès de son propre fils naturel Romain Billac (Ciboure, 9 août 1844 – Ciboure, 2 août 1862), à l’âge de 18 ans, le 2 août 1862 – est mentionné sur l’acte de décès, que le jeune Romain Billac était de profession charpentier de marine – , est déclarée résider, elle, à Saint-Jean-de-Luz, alors que son fils Romain résidait, lui, à Ciboure – au n° 146 du quartier de Pocalette  ; et en ce mois d’août 1855 de la grande épidémie de choléra, Romain Billac venait d’avoir 11 ans (ajout du 10 juillet 2025) – ; et je me suis aperçu aussi que Marie Delouart n’avait plus eu, semble-t-il, guère de rapports – du moins connus par quelque témoignage qui ait été conservé : la tante et la nièce ne savaient pas écrire… – avec son autre tante Billac, la cibourienne Gracieuse Billac (1824-1897), laquelle l’avait aidée à accoucher, à la maison San Esteven, rue du Quai, de Maurice Ravel le 7 mars 1875, et avait même été la marraine de l’enfant à l’église saint-Vincent de Ciboure le 13 mars 1875 – beaucoup de biographes de Ravel continuant malencontreusement de confondre encore les deux sœurs Billac, Engrace-Gachucha et Gracieuse…
    …
    La troisième tante cibourienne de Marie Delouart, Marie-Baptiste Billac (Ciboure, 17 novembre 1815 – Ciboure, 18 août 1855), étant, elle, décédée à l’âge de 39 ans en 1855 – 5 jours exactement avant sa mère… – , lors de l’épidémie de choléra qui décima les populations de Ciboure et Saint-Jean-de-Luz !
    …
    Et de l’oncle Pierre-Jacques Billac (Ciboure, 5 juillet 1821 – ?, ?), qui résidait en 1840 en la maison Beloquenia au quartier de Pocalette à Ciboure, j’ignore ce qu’il est devenu après 1840 : était-il encore vivant en 1855 ? et en 1862 ?.. Je n’ai trouvé aucun document là-dessus…
    …
    …
    Marie Delouart – analphabète sa vie durant : et son fils, sous sa dictée, transcrivait comme il le pouvait les noms de parents que sa mère prononçait, et en basque, pour ce qui concerne les noms de personnes : par exemple Sabadin Quinior (?) et Eslonta Maicourné (?) en la lettre adressée à Marie Gaudin en date du 22 juin 1911… ; toutefois, enfin parvenu à être mobilisé lors de la Grande Guerre, Maurice Ravel finit par obtenir de sa mère qu’elle lui écrive, et il lui demande alors : « écris-moi souvent, tous les jours, même illisiblement« , ainsi qu’il répondit le 29 mars 1916 à la toute première lettre reçue d’elle ; « Si tu avais pu voir ma joie lorsque j’ai enfin reçu une lettre de toi ! Qu’est-ce que ça peut faire qu’elle ne soit pas calligraphiée ? Ecris-moi souvent, tous les jours si tu peux. Fais mettre l’adresse par Edouard (tu n’as qu’à lui en faire écrire plusieurs d’avance). Et dis-moi tout ce que tu fais » (page 660 du Tome 1 de la Correspondance) – n’écrivant – et pour cause – presque pas – et pour l’excuser auprès de ses correspondants de ne pas répondre elle-même à leurs courriers, son fils Maurice expliquait que sa mère était ou bien « un peu fatiguée et trop âgée«, ou bien « un peu paresseuse« … – , nous ne disposons que de très peu de lettres manuscrites d’elle – une unique, à Maurice pendant la Grande Guerre, le 21 septembre 1916 (page 811 du tome I de la Correspondance) – , et donc rien d’un peu détaillé sur les rapports que Marie Delouart a pu entretenir, depuis Paris, avec sa parenté la plus proche, demeurée au Pays basque, telles ses deux tantes Billac, la cibourienne Gracieuse et la luzienne Engrace-Gachucha…
    …
    …
    Toutefois en l’importante lettre de Maurice Ravel à son amie Marie Gaudin du 22 juin 1911 – m’y voici ! – , où il prie son amie luzienne Marie Gaudin de bien vouloir se charger de trouver un logement à Ciboure pour à partir du 15 juillet et environ 3 mois, pour sa mère, lui-même et son frère Edouard, Maurice Ravel précise : « Nous préférerions que ce soit chez des parents (sic). Les repas pris en commun seraient moins embêtants que chez des étrangers. Cherchez donc pour commencer chez Sabadin Quinior, si elle vit encore ; chez Eslonta Maicourné (c’est comme ça que ça s’écrit ?) ; chez Marie-Dominique Anchochury ; chez les Goyenague… ou autre part. «
    Maurice n’était donc pas sans savoir qu’existaient encore à Ciboure, en 1911, certains des parents – des cousins… – de sa mère Marie Delouart, qui a alors 71 ans…
    …
    …
    Mon hypothèse est ici que la proximité avérée de Marie Delouart (1840-1917) avec sa tante Gachucha Billac (1819- 1902) tient en partie au fait de l’amitié forte que Marie Delouart a pu nouer à Saint-Jean-de-Luz, avant son mariage à Paris avec Pierre-Joseph Ravel, avec la luzienne Annette Bibal-Gaudin (1845-1936) – qui, après sa mère Victoire Dupous-Bibal (1822-1903 : celle-ci, devenue veuve de Pierre Bibal le 12 septembre 1855), avait employé Gachucha Billac pour être la gouvernante de 6 des 9 enfants Bibal, employa elle aussi, à son tour, et dans la même maison, dès 1875, Gachucha, pour être la gouvernante des 7 enfants Gaudin, après avoir été la gouvernante de 6 des enfants Bibal : une tâche qui rendit Gachucha effectivement très présente (elle avait une forte personnalité !), en la demeure du 41 Grand Rue, puis 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz ; comme me l’ont confirmé les récits (détaillés d’anecdotes mémorables : le jeu de chat au piano du petit Maurice, l’assiette ébréchée qu’on lui réservait, etc.) de souvenirs des Gaudin, de Maylen Gaudin-Lenoir (petite-fille des époux Magdeleine Hiriart et Charles Gaudin et arrière-petite-fille des époux Annette-Bibal et Edmond Gaudin)… – ;
    …
    Cette Annette Bibal-Gaudin, qui, en demandant à Marie Delouart de bien vouloir prendre sa place en 1871 – probablement : Annette Bibal désirait en effet demeurer à Saint-Jean-de-Luz auprès de son fiancé Edmond Gaudin, qui souffrait de séquelles des blessures reçues lors de la guerre de 1870 contre la Prusse – pour accompagner à Madrid la modiste parisienne Madame Félix, qui y allait présenter, comme chaque année, sa prestigieuse collection de chapeaux – et Annette Bibal avait à plusieurs reprises déjà accompagné celle-ci à Madrid – , donna l’occasion à Marie Delouart – la nièce de Gachucha Billac – de faire la connaissance là-bas de son futur mari Pierre-Joseph Ravel (1832-1908)…
    …
    Et de fait Maurice Ravel, à son tour, a lui aussi, entretenu sa vie durant de précieux et durables liens d’amitié avec la famille luzienne d’Annette Bibal-Gaudin (1845-1936), et sa mère Victoire Dupous-Bibal (1822 1903) – la maîtresse de la maison du 41 rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz  jusqu’à son décès en 1903 – , les employeurs successifs, et en la même maison, Grand-Rue (puis rue Gambetta), de sa chère grand-tante Engrace « Gachucha » Billac (1819-1902)…, ainsi qu’avec la fratrie des enfants Gaudin, et tout spécialement, la plus proche de son cœur, Marie Gaudin (1879-1976) – celle-ci a même dit, à la fin de sa vie, qu’elle considérait Maurice Ravel comme  »le cinquième de ses frères » Gaudin : rien moins !
    …
    Et il reste à en découvrir davantage sur cet oncle unique Billac de Marie Delouart – le seul fils de sa grand-mère Marie-Baptiste Delouart (1782-1855), mère de 4 filles : Sabine Delouart (1809-1974), Marie-Baptiste Billac (1815-1855), Engrace-Gachucha Billac (1819-1902) et Graciense Billac (1824-1897) – qu’est Pierre-Jacques Billac (1821-?) : s’est-il marié ? A-t-il eu une descendance Billac ? – et peut-être ailleurs qu’à Ciboure, où jusqu’ici je n’ai rien trouvé d’accessible (où Pierre-Jacques Billac est-il done décédé ?), du moins via Internet… Il faudrait revenir explorer de plus près les archives d’état-civil d’un peu plus loin que Ciboure pour découvrir le lieu et la date de son décès…
    …
    …
    Il me faut aussi bien mettre en exergue la découverte toute récente, par conjugaison de nos savoirs, Guy Lalanne et moi-même, Francis Lippa, de la localisation actuelle de ce qui avait été le domicile des Benoît et des Dupous, boulangers, puis des Bibal et des Gaudin, en la Grand-Rue qui deviendra en 1883 la rue Gambetta à Saint Jean-de-Luz, comme vient de le retracer mon article du 15 juillet dernier « « 
    que je me permets de reproduire tout simplement ici, avec ses 5 liens à de précédents articles ou courriels :
    …

    1°) le 2 novembre 2019, mon article : « « ,

    affirmant la propriété de la maison de l’ancien n° 21 Grand-Rue, puis n° 41 Grand-Rue, et ensuite n° 41 rue Gambetta, comme étant celle de la famille Benoît-Dupous – en l’espèce Françoise Benoît (Saint-Jean-de-Luz, 2 octobre 1886 – Saint-Jean-de-Luz, 13 septembre 1855, décédée en cette maison du 21 Grand-Rue), épouse Dupous, et son mari Jean Baptiste Dupous (Béhobie-Urrugne, 26 juin 1800 – Saint-Jean-de-Luz, 11 avril 1865, en cette même maison du désormais 41 Grand-Rue), tous les deux décédés en leur domicile du n° 21, puis n° 41, Grand-Rue à Saint-Jean-de-Luz : au rez-de-chaussée de cette maison, se tenait leur boulangerie… – ,

    puis celle de la famille Dupous-Bibal – en l’espèce celle de leur fille et héritière Annette Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 28 avril 1845, née en cette maison du 21 Grand-Rue – Saint-Jean-de-Luz, 21 novembre 1936, décédée en la villa Mirentchu, rue du Midi), épouse, puis veuve d’Edmond Gaudin (Saint-Jean-de-Luz, 17 novembre 1844, né Rue Neuve n° 39 – Saint-Jean-de-Luz, 28 décembre 1920, décédé en cette maison du 41 rue Gambetta) – , d’au moins à partir du 7 février 1844 – la naissance du fils aîné de Victoire Dupous et son mari Pierre Bibal : Jean-Baptiste Bibal (Saint-Jean-de-Luz, 7 février 1844, né en cette maison du 21 Grand-Rue – Rochefort, où il est décédé à l’hôpital militaire, le 18 février 1871) –

    et cela jusqu’à la vente de cette maison, par sa propriétaire Annette Bibal, veuve Gaudin, au cours du mois d’août 1924 – une date déduite des indications de la correspondance entre Maurice Ravel et Marie Gaudin…

    …

    Pour le détail des naissances et décès des divers membre des familles Benoît, Dupous, Bibal et Gaudin, ainsi qu’Engrace-Gachucha Billac – la domestique des Dupous-Bibal-Gaudin, et la tante de Marie Delouart (1840-1917) et grand-tante de Maurice Ravel (1875-1937) – : née à Ciboure, le 2 juin 1819, 118 rue Pocalette, Maison Bourbouillonbaïta, et décédée à Saint-Jean-de-Luz, le 17 décembre 1902, en cette maison du 41 rue Gambetta, se reporter à la foultitude de détails de cet article : « » , en date – c’était précoce ! –  du 2 novembre 2019.

    …

    2°) le vendredi 4 avril 2025 – une date importante ! – , ce courriel-ci que m’adresse Guy Lalanne :

    …

     » Bonjour Francis

    J’ai enfin la confirmation de l’emplacement de la maison des Gaudin indiquée partout 41 rue Gambetta sur les fiches d’état-civil.

    Avec le changement de numérotation vers 1930, le 41 correspond au 49 actuel à côté du magasin de chaussures Larralde (n° 39 en 1923 et n° 47 de nos jours). La maison Gaudin est la tres belle maison labourdine aux volets verts dont le rez de chaussée est occupé par le magasin Adam, succursale de celui de la rue de la République.

    Guy »

    …

    …

    3°) le vendredi 2 mai 2025, intervient la résolution visuelle de l’énigme, sur place, rue Gambetta à Saint-Jean-de-Luz, en nous rendant, pedibus, Guy et moi-même, au 47 rue Gambetta, et rencontrons le patron de la boutique de chaussures, M. Larralde, qui nous confirme bien l’ancienne numération, au n° 39 de la rue Gambetta, de son magasin de chaussures avant 1930 : une confirmation que le n° 41 de la maison du domicile des Bibal-Gaudin jusqu’en 1924, était bien devenu le n° 49…

    …

    …

    4°) le lendemain, le samedi 3 mai 2025, le puzzle finit de s’ajointer complètement pour moi par ma consultation de visu, à Ciboure, du « Plan d’alignement de la traverse de Saint-Jean-de-Luz passé par l’ingénieur ordinaire des Ponts-et-Chaussées Isidore Daguenet, Bayonne le 10 mai 1847, approuvé par ordonnance royale du 7 septembre 1847 « , concernant cette Grand-Rue de Saint-Jean-de-Luz : dont la parcelle n° 400 porte effectivement bien inscrit le nom de son propriétaire : DUPOUS…

    …

    …

    5°) et le lundi 5 mai 2025,  je peux rédiger mon article décisif là-dessus, « « , que je me permets de reproduire ici, avec quelques menus ajouts à la relecture :

    …

    Petit aperçu historique luzien sur la maison Dupous, 21 Grand-Rue en 1846, et 41 rue Gambetta en 1903, et encore en 1924…

    —
    Ecrit le lundi 5 mai 2025 dans la rubrique “Blogs, Histoire, Villes et paysages”.

    …

    …

    Sur les changements de nom de la Grand-Rue ainsi que de numérotation des maisons, et à propos de la maison Dupous, on pourra lire avec un peu de profit mon assez détaillé article du 2 novembre 2019 – j’avais déjà bien travaillé ! – « Pour suivre l’histoire des Bibal et des Gaudin…» , dont voici le lien : « Pour suivre l’histoire des Bibal et des Gaudin au XIXe siècle à Saint-Jean-de-Luz : les changements de numérotation ainsi que de dénomination des rues de Saint-Jean-de-Luz ».

    …
    …
    On y découvre que c’est la même maison qui est successivement indiquée située
    « 21 Grand-Rue »
    « 41 Grand Rue »
    puis « 41 rue Gambetta »…
    …
    …
    Annette Bibal (fille de Victoire Dupous-Bibal) naît dans cette maison le 21 novembre 1845 – un an et 7 mois avant la rédaction du « Plan d’alignement de la traverse de St-Jean-de-Luz dessiné par l’Ingénieur ordinaire des Ponts et Chaussées Isidore Daguenet« , qui attribue la parcelle 400 de cette Grand-Rue traversante de la ville de Sant-Jean-de-Luz, au propriétaire Dupous ; cette parcelle comporte aussi sur le plan en rouge l’inscription n° 21 !
    …
    …
    Françoise Benoît, épouse de Baptiste Dupous, boulanger (et fille du boulanger luzien François Benoît (1746-1828), et grand-mère maternelle d’Annette, meurt en cette maison le 13 septembre 1855,
    …
    et son mari Baptiste Dupous (né à Béhobie le 26 juin 1800) y mourra lui aussi le 11 avril 1865 ;
    …
    …
    et Pierre Bibal, époux de leur fille Victoire Dupous (et qui est aussi le père d’Annette Bibal), est mort lui aussi – lors de l’épidémie de choléra qui fit de très nombreuses victimes, tant à Saint-Jean-de- Luz que Ciboure… – en cette même maison, le 12 septembre 1855, la veille même du décès, encore ici, en cette même maison, le lendemain 13 septembre, de sa belle-mère Françoise Benoît…
    …
    …
    Cette maison fut donc bien une propriété Dupous depuis au moins 1846, et même auparavant, car y était né, déjà aussi, le premier né des enfants de Victoire Dupous et son mari Pierre Bibal, Jean-Baptiste Bibal (1844-1871), le 7 février 1844 ; et cela jusqu’au décès de la propriétaire de la maison en 1903, Victoire Dupous, veuve Bibal, advenu en cette maison du n° 41 de la rue Gambetta, le 16 juin 1903.
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    Et c’est alors la fille de Victoire Dupous-Bibal, Annette Bibal-Gaudin qui en hérite, au décès de sa mère Victoire en 1903 ; puis, devenue veuve d’Edmond Gaudin le 28 décembre 1920, Annette Bibal-Gaudin décide de vendre cette maison devenue trop grande – et surtout trop vide de tous ses tragiques défunts – , l’été 1924, pour s’installer, pas très loin de là, à la Villa Mirentchu, rue du Midi, avec sa fille célibataire Marie Gaudin (1879-1976), sa petite fille Annie Courteault (1913 -1994) – que Maurice Ravel adorait combler de cadeaux ramenés de ses divers voyages –  et sa sœur, célibataire elle aussi, Bernardine Bibal (1855-1943), née en cette même maison le 22 août 1855, et qui décèdera le 28 février 1943, 5 place Maréchal-Foch, non loin de là…
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    Et mon article du 2 novembre 2019 avait déjà l’insigne intérêt de passer en revue les diverses naissances et décès qui advinrent en cette maison de la famille Benoît-Dupous-Bibal-Gaudin ; même la domestique Gachucha Billac, la grand-tante de Maurice Ravel, est décédée, le 17 décembre 1902, en cette maison Dupous de la Grand-Rue, devenue dès avril 1884 la rue Gambetta…
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    A suivre…
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    Ce lundi 5 mai 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    Une boucle se trouvait ainsi bouclée…

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    Mais le chef d’œuvre, et la base et le socle de tout ce travail-là ainsi que de ce livre « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel« , qui en est à la fois le fruit et le couronnement,
    c’est le patient travail de généalogie des quatre lignées de descendance Delouart,
    via
    _ Marie-Baptiste Delouart n° 1 (1782-1855), mère célibataire, puis épouse de Jacques Billac,
    _ Marie-Baptiste Delouart n° 2 (1884-1842), épouse de Sea n Etcheverry,
    _ Marie Delouart n° 3 (1786-1872), épouse de Michel Goyenague,
    _ et enfin Jean Delouart (1788-1872) époux de Marguerite Larrea ;
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    soient les 4 enfants de Gratien Delouart (1748-1798) et son épouse Sabine Laxague (1752-1845),
    qui sont à l’origine de 3 lignées cibouriennes,
    soient la branche aînée, cibourienne, d’où sont issus Marie Delouart (1840-1917) et son fils Maurice Ravel (1875-1937),
    ainsi que les deux autres branches cibouriennes des Goyenague et des Delouart ;
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    mais aussi de la branche luzienne Etcheverry – non repérée jusqu’à notre travail ! – , qui a donné des Hiriart et des Dargaignaratz,
    et des Gaudin,
    jusqu’à Charles-Paul Gaudin (1938-1936) et ses descendants, et sa sœur Maylen Gaudin-Lenoir (1942) et ses descendants…
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    Et j’ai un insigne plaisir à  rappeler ici la surprise de celle-ci, Maylen Gaudin-Lenoir, très aimable – et avec laquelle je suis en correspondance et que je revois à Saint-Jean-de-Luz – , quand le 29 mai  2019 je lui ai appris son cousinage bien effectif – et pas seulement affectif, comme l’affirmait son père Edmond Gaudin (1903-1988)… – avec Maurice Ravel :
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    « Cher Monsieur,
    Merci de votre mail que j’ai lu avec beaucoup d’attention et de plaisir. Vous m’apprenez beaucoup de choses sur ma famille, j’ignorais absolument ces liens familiaux avec Maurice Ravel, et j’en suis d’ailleurs très étonnée. En effet mon père, Edmond Gaudin, nous avait toujours dit qu’il appelait ma grand-mère «  cousine » parce qu’il l’aimait bien !! C’était une forme amicale…Je serai ravie de vous rencontrer lors d’un de vos prochains voyages à Saint-Jean-de -Luz, je suis très curieuse de savoir comment vous avez pu trouver toutes ces informations .
    Encore merci,Recevez, cher Monsieur mes meilleures salutations Maylen Lenoir« …

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    Un parcours – de l’idée de recherche, et sa mise en train, en 2019, jusqu’à ce livre bien effectif en 2025, pour Jakintza – passionnant !!!

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    Et maintenant, chers lecteurs, à votre tour : excellentes lectures !

    Et excellents parcours sur les pas des parents basques de Maurice Ravel par les rues chargées d’histoire de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz !!!

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    Ce dimanche 20  juillet 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Regard prospectif et rétrospectif sur l’enquête menée de mars 2019 à juillet 2025, qui permet de marcher, à Ciboure et Saint-Jean-de-Luz, sur les pas des divers parents basques de Marie Delouart et Maurice Ravel : pour une « Introduction » au « Sur les pas de la parenté basque de Maurice Ravel »…

    Pour parvenir à marcher très effectivement, par les rues de Ciboure, mais aussi de Saint-Jean-de-Luz, sur les pas des divers parents basques. ancêtres et cousins, des natifs eux-mêmes de Ciboure Maurice Ravel, en 1875, et sa mère Marie Delouart, en 1840, il a fallu mener une longue enquête, patiente et ultra- attentive, à partir d’abord de ce qu’il était possible d’induire des moindres indices que pouvait fournir une lecture très méthodique – débutée le 12 mars 2019 – de la Correspondance de Maurice Ravel telle que celle-ci a été réunie et publiée par les soins infatigables de Manuel Cornejo – au mois d’octobre 2018 (au Passeur), puis au mois de mars 2025, pour la seconde édition (très enrichie) aux Editions Gallimard, collection Tel, en deux volume – : un travail de lecture-déchiffrage minutieux qui a été mené depuis le 12 mars 2019 jusqu’à ce mois-ci de juillet 2025, soit en 6 années et 4 mois…

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    Puis,

    et à partir d’une réunion, le 24 octobre 2024 au Centre culturel Peyuco Duhart à Saint-Jean-de-Luz, de diverses associations luziennes ainsi que cibouriennes invitées, dont l’Association Jakintza – et c’est là que son président Guy Lalanne m’a proposé de bien vouloir l’y accompagner, en tant que « spécialiste » de Ravel, et un peu luzien aussi… – , en vue de mettre au point de quoi rendre hommage en son pays natal à Maurice Ravel pour le 150e anniversaire de sa naissance – le 7 mars 1875, à Ciboure – , en cette’ »Année Ravel 2025 » qui s’annonçait,

    c’est le concours très actif, hyper-compétent et ultra-riche de ressources (!) de l’infatigable cher Guy Lalanne, le président hyper-vigilant de la très dynamique et très féconde association Jakintza, qui a permis de bien localiser– et puis photographier – ces maisons, telles qu’elles sont aujourd’hui, elles-mêmes si elles n’ont pas – ou pas beaucoup – changé, ou bien celles qui, sur leur emplacement, les ont remplacées, pour un parcours de localisation par les rues de Ciboure et de Saint-Jean-de-Luz devenant ainsi aisément matérialisable pour qui s’intéresserait à venir se rendre compte lui-même de visu, sur le terrain, en de superbes promenades – je pense en particulier ici aux maisons du superbe quartier aujourd’hui de Bordagain – des diverses maisons liées de plus ou moins près à Maurice Ravel et sa parenté basque, à Ciboure ainsi qu’à Saint-Jean-de-Luz – par exemple lors de futures « Journées du patrimoine » – ; et je veux mettre ici tout spécialement en exergue, car c’est un des apports majeurs de notre recherche et de nos découvertes, le fait que nous avons réussi, Guy Lalanne et moi-même Francis Lippa, à situer pour la première fois avec exactitude et sur place, ce fut le vendredi 2 mai 2025, la demeure – avant même 1844 : c’était alors le n° 21 de la Grand-Rue – des Benoît-Dupous-Bibal-Gaudin, chez lesquels Maurice Ravel a maintes fois séjourné, dès son enfance et son adolescence, auprès alors de sa chère grand-tante Gachucha Billac (1819-1902) – elle y était domestique depuis au moins 1862, et peut-être même dès 1855 – , à ce qui était devenu, avant 1930, le n° 41 de la rue Gambetta ; et cela jusqu’à ce qu’en 1924 la maîtresse de cette très belle maison, Annettte Bibal-Gaudin (1845-1936) ne vende cette maison devenue désormais trop vaste (et peuplée de souvenirs de trop de défunts Gaudin…), pour déménager avec sa sœur Bernardine Bibal (1855-1943), sa fille Marie Gaudin (1879-1976) et sa petite-fille Annie Courtault (1913-1994) – dont elle s’occupait de l’éducation, à Saint-Jean-de-Luz – pour la plus modeste Villa Mirentchu, Rue du Midi,…

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    Et tout ce travail de localisaton actuelle des maisons, sur les bases des indications de repérage des domiciles de ces parents de Marie Delouart et Maurice Ravel, telles que je les ai répertoriées –  à partir de la lecture des actes d’état-civil  de naissance et de décès de ces divers parents de Marie Delouart – et rassemblées, peu après ce 24 octobre 2024, dans deux articles les plus précis et complets possibles, publiés sur mon blog « En cherchant bien » en date des 5 et 6 novembre suivants – 2024 – , identifiant la localisation de ces maisons des membres de la parenté de Marie Delouart, d’abord à Ciboure, et avant un second repérage-répertoriage, un peu plus tard, pour ce qui concernait cette fois les maisons des parents luziens de Marie Delouart, la mère de Maurice Ravel : ceux de la lignée luzienne, issue tout comme les trois lignées cibouriennes, de Gratien Delouart – 1848-1898 – : une lignée luzienne totalement méconnue jusqu’ici – par une malencontreuse confusion de la seconde Marie Delouart (1884-1842) des trois sœurs cibouriennes nommées toutes les trois Marie Delouart, avec ses deux sœurs demeurées, elles, cibouriennes (1782-1855 et 1786- 1872), et portant ce même prénom de Marie-Baptiste ou de Marie, de la part du biographe pourtant très scrupuleux qu’a été le cibourien Jean-Noël Darrobers (ainsi que ses suiveurs) – , issue de la Marie-Baptiste Delouart (1784 – 1842) devenue luzienne… – et c’est ainsi là un des apports décisifs et majeurs de notre recherche sur cette parenté basque de Maurice Ravel ! – ;

    deux articles, donc, en date des 5 et 6 novembre 2024 : « Essai de répertoire des maisons mentionnées dans les actes d’état-civil de naissance et de décès des individus membres des lignées issues de Gratien Delouart (1748 – 1798) et son épouse Sabine Laxague (1752 – 1845) , pour parfaire la connaissance des cousinages cibouro-luziens de Maurice Ravel «  et « Essai de répertoire de mentions dans des actes d’état-civil de maisons indiquées par un nom, et pas un numéro, situées en divers quartiers de Ciboure (Pocalette, Bordagain, La Place…), maisons de naissance ou de décès de membres de lignées issues de Gratien Delouart (Ciboure, 1748 – Ciboure, 1798), ou apparentées par mariage aux descendants de celui-ci… « …

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    Ce jeudi 17 juillet 2025, Titus Curiosus- Francis Lippa