Étiquette : Albert Recasens

  • Accéder à d’autres musiques du répertoire espagnol de La Grande Chapelle dirigée par Albert Recasens : le CD « Delizie di Posillipo – Musica para el virrey de Napoles, III duque de Osuna »…

    Accéder à d’autres belles musiques du répertoire espagnol de La Grande Chapelle dirigées au CD par Albert Recasens – cf mes articles des : « Des chefs d’oeuvre d’Espagne à découvrir : l’oeuvre vocale en latin du Padre Antonio Soler (1729 – 1783)« , « Découvrir le charme envoûtant de l’oeuvre du compositeur Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675) » et « Continuer à découvrir le charme envoûtant et splendide de l’oeuvre du compositeur du Siglo de Oro, Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675)« , en date du 14 octobre 2018, et des 1er et 2 juillet 2023… – :

    voici ce que vient nous offrir le tout nouveau CD Lauda LAU 027 « Delizie di Posillipo – Musica para el virrey de Napoles, III duque de Osuna » – enregistré à Valladolid les 8 et 9 novembre 2024… et écoutez ici… – ;

    dont m’a fait découvrir l’existence l’article de Cécile Glaenzer « Musiques pour le vice-roi de Naples par La Grande Chapelle » paru le 29 mai dernier sur le site de ResMusica :

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    Musiques pour le vice-roi de Naples par La Grande Chapelle

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    A la croisée des influences espagnoles et italiennes, Naples connaît une vie musicale intense dans les premières années du XVIIᵉ siècle. C’est là que nous emmène dans son voyage à travers l’Espagne baroque.

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    En 1600, Naples est espagnole depuis plus d’un siècle. La cour des vice-rois accueille de nombreux artistes et son rayonnement est grand dans toute l’Europe. Sur la colline – napolitaine – du Pausilippe, les nobles organisent des fêtes somptueuses dans leurs villas. L’activité musicale se développe avec la naissance des premiers conservatorii, fondés au XVIᵉ siècle comme établissements caritatifs destinés à accueillir les orphelins. A l’époque choisie pour ce programme, le vice-roi est le Duc d’Osuna – Pedro Tellez-Gijon, troisième duc d’Osuna (1574 – 1620)… – , personnalité complexe et flamboyante, qui fréquente autant les lieux de plaisir populaire que les salons aristocratiques. Le programme proposé ici est à son image, brassage du madrigal savant et des danses populaires.

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    Après deux disques remarqués qui nous ont amenés dans l’Espagne du XVIIIᵉ siècle, fait donc étape à Naples au début du XVIIᵉ siècle. Le programme de cet enregistrement comporte trois parties : des œuvres vocales pour la chapelle royale – « Nella Real Cappella« … – , des madrigaux de cour –  »Dopo il banchetto« … – , les danses d’un bal au palais – « Festa a ballo in Palazzo« … Les motets sacrés de la première partie sont tous de Trabaci – Giovanni Maria Trabaci (Montepeloso, ca. 1575 – Naples, 31 décembre 1647)… – , le compositeur le plus important à la cour des vice-rois à cette époque. On y retrouve l’écriture polyphonique vénitienne à deux chœurs. Les voix des chanteurs sont magnifiquement timbrées. La deuxième partie s’ouvre sur une danse instrumentale à la fois noble et bien rythmée avec l’arrivée des castagnettes, suivie par deux madrigaux – de Giuseppe Palazzotto e Tagliava (ca. 1587 – 1653) et Scipione Lacorcia (ca. 1585/95 – 1620)… – riches de chromatismes qui rappellent Gesualdo – 1566 – 1613… Les réjouissances de la dernière partie, un bal donné à l’occasion de la guérison du roi Philippe III en 1620, nous ramènent vers la musique d’inspiration populaire. On dispose des textes décrivant précisément la mise en scène éblouissante de ce bal, qui représente l’équivalent des grands ballets de cour français. Remarquables sont les interventions des ensembles de vents, chalemies et sacqueboutes. , avec sa verve habituelle, nous donne ainsi à découvrir une nouvelle facette de la vie musicale espagnole – voilà ! – ,  servie ici par des compositeurs italiens ; et nous saluons le choix d’un programme original et festif – oui – , où de nombreuses pièces sont ici enregistrées pour la première fois.

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    Delizie di Posillipo.Musiques de Giovanni Maria Trabaci (1575-1647), Ettore de la Mara (fl.1609-1620), Pietro Antonio Giramo (fl.1619-1630), Giuseppe Palazzotto e Tagliava (ca.1585-1653), Scipione Lacorcia (ca.1585-1620), Francesco Labardi (1587-1642), Giacomo Spiardo (?).La Grande Chapelle. Direction Albert Recasens.

    1 CD Lauda. Enregistré en novembre 2024 à Valladolid.

    Notice de présentation en français, anglais, allemand et espagnol.

    Durée 58:10

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    Un très beau CD qui vient nourrir notre curiosité musicale…

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    Ce vendredi 19 juin 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    P.s. :

    Et à l’appui de la satisfaction éprouvée à l’écoute de ce bien beau CD proposé par Albert Recasens,

    ce très instructif et très détaillé article-ci « Le Delizie di Posilipo, replanté dans l’apparat festif pour la guérison de Felipe III« , de Christophe Steyne, sur l’excellent site du Magazine Crescendo, paru à la date du lundi 29 juin 2026 :

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    Le Delizie di Posilipo, replanté dans l’apparat festif pour la guérison de Felipe III

    par Christophe Steyne
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    Delizie di Posilipo. Música para el virrey de Nápoles. Œuvres de Giovanni Maria Trabaci (c1575-1647), Ettore de la Marra (fl. 1609-1620), Giuseppe Palazzotto e Tagliavia(c1587-1653), Scipione Lacorcia (c1585-1620), Pietro Antonio Giramo (fl. 1619-c1630), Franceso Lambardi (1587-1642), Andrea Ansalone ( ?-1656)…

    La Grande Chapelle. Albert Recasens.

    Novembre 2024. Livret en espagnol, anglais, français, allemand ; paroles en langue originale, traduction trilingue. 58’07’’. Lauda LAU 027

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    Peu taillé pour l’exercice du pouvoir, Felipe III laissa opérer le Duc de Lerma, qui concéda à Pedro Téllez-Girón y Velasco le gouvernement de la Sicile (1610-1615), puis de Naples, alors sous domination de la branche hispanique des Habsbourg. La cité parthénopéenne s’affirmait comme un des centres européens les plus peuplés – oui ! – en ce début de XVIIe siècle. Lors d’une trouble conspiration contre la République de Venise, le vice-roi, titré Duc d’Osuna, fut suspecté de vouloir affranchir Naples de la couronne espagnole, voire de la détourner à son profit personnel. Ces intrigues et l’accession de Felipe IV en 1621 précipitèrent sa disgrâce et son emprisonnement, jusqu’à sa mort en 1624.

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    De complexion maladive, Felipe III recouvra la santé en 1620, certes brièvement puisqu’il mourut de déshydratation l’année suivante, à l’âge de quarante-deux ans. Avant cette issue fatale, la liesse fut décrétée pour fêter l’heureuse nouvelle. À l’instar des célébrations dynastiques, on organisa offices religieux, banquets et spectacles, d’autant volontiers que ce mois de mars coïncidait avec le carnaval. Par ce protocole, le vice-roi entendait célébrer la guérison du souverain autant qu’exalter la majesté de la cour napolitaine, et opportunément glorifier sa propre stature, voire assourdir les soupçons qui accablaient son obscure diplomatie.

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    C’est à Álvaro de Mendoza, gouverneur de la forteresse du Castel Nuovo, que fut confiée l’organisation d’une festa a ballo à grand renfort de danses et de scénographie. Parent du Mask anglais et du ballet sous Henry IV, ce Delizie di Posilipo boscarecce e maritime faisait écho au palais La Goletta, somptueuse villa de Don Álvaro située sur la colline de Pausilippe, ici investie comme allégorie du Mont Parnasse – voilà. Dans des décors de l’ingénieur Bartolomeo Cartaro résonnèrent des chants de Giovanni Maria Trabaci, de Francesco Lambardi (organiste du vice-roi) et de Pietro Antonio Giramo (compositeur de villanelles populaires), ainsi que la musique de ballet d’Andrea Ansalone et Giacomo Spiardo, ce dernier réglant également la chorégraphie.

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    Le sujet mythologique confronte deux empires, celui sylvestre patronné par le dieu Pan, celui marin de Vénus et Cupidon. Créatures rustiques, comiques et grotesques (bergers, singes et satyres) campent une sphère profane qui s’oppose à la grâce et à la séduction de cygnes et sirènes. L’Amour et le retour de la concorde viendront bien sûr concilier ces deux mondes, au gré d’une danse des chevaliers. Un narrateur et des personnages symboliques (Fortune, Temps, Gloire, Envie) briguaient la connivence avec l’aristocratique audience de l’époque.

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    La disposition spatiale dans la Real Sala contribuait à ce rapport métadiégétique, essentiel pour saisir les ressorts politiques plus ou moins évidents véhiculés par cet ouvrage. Le livret signé de Giambattista Basile s’incarnait dans « des attitudes chargées d’émotion, souvent difficiles à déchiffrer, capables de suggérer à la fois une expression sincère et une ambivalence ironique dans un même geste scénique » signale Nathan Kent Reeves dans son captivant mémoire*. Les limitations du langage sont d’ailleurs au cœur de la louange Lenguas son de este monte, évoquant l’indicible beauté de la nature.

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    Textes et musique furent aussitôt préservés et édités, facilitant la compréhension du public, et favorisant la réhabilitation pour les entreprises d’aujourd’hui. Philip Pickett et son New London Consort s’y étaient déjà risqués (L’Oiseau-Lyre, avril 1988), se limitant au Delizie mais le complétant par quelques appoints, comme une fanfare dérivée de Girolamo Fantini.

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    La réalisation d’Alberto Recasens se déploie dans une perspective élargie, en trois parties – voilà. La première renvoie aux cérémonies religieuses qui se tinrent probablement dans la chapelle du Palazzo Vecchio, par une sélection de psaumes et antiennes de Trabaci, maestro di cappella de la Real Cappella, s’exprimant dans une écriture polychorale sous allégeance des modèles vénitiens. Intitulée « Dopo Il Banchetto » et introduite par une Spagnoletta, la seconde section du programme invite le madrigal polyphonique a capella, dont Naples fut un foyer – dans l’orbite de l’immense génie de Carlo Gesualdo, et c’est bien sûr à relever… La troisième déroule le Delizie et se conclut par un madrigal strophique qui a fait l’objet d’une reconstitution musicologique et se trouve enregistré pour la première fois. Già spiega’l raggio honore l’éveil du printemps et le triomphe de l’amour, donc en lien direct avec le ballo di cavalieri qui le précède.

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    Neuf chanteurs, une vingtaine d’instrumentistes : La Grande Chapelle rivalise sans peine – oui – avec les effectifs du New London Consort et s’avère proche des circonstances historiques, du moins dans leur effet – voilà. D’un côté le studieux collectif britannique, un brin figé et muséal, de l’autre un plateau vivant et charismatique – c’est tout à fait cela… Superbement captée – oui – , la prestation surclasse ainsi son prédécesseur anglais, par sa chaleur, sa suavité et son lustre – oui, oui, oui. Comparons par exemple le Ballo De’ Selvaggi E Delle Simie, sur la seule cornemuse au Henry Wood Hall, et ici délurée sur un – riche – panel d’anches et cuivres.

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    On saluera la somptueuse – oui – rumeur des cornets et sacqueboutes. Aux chirimias, bajoncillos, bombardas, bajóns, l’on admire ici quelques pointures – bien connues et reconnues dans ce répertoire – : Elsa Frank, Adrien Reboisson, Stéphane Tambuy, Jérémie Papasergio. La parure est des plus suggestives – oui – , ainsi le Ballo de cigni aux cordes frottées et triangle, ou le parterre de flautas de pico qui nimbe le dernier tableau. Les basses d’archet de Marta Vicente assurent un confortable élan rythmique, pimenté par les percussions de Pere Olivé Aymerich – tout cela archi-vivant et délicieux.

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    Tant à l’aise – voilà – dans la ferveur des motets que dans la verve des madrigaux et la trame dramatique du Delizie – très contrastés – , l’équipe vocale parachève la réussite – réjouissante, en effet – de cet album. Lequel s’enrichit d’une instructive, profuse notice – de 13 pages, oui – , exemplairement traduite en français par Pierre Élie Mamou. Parrainé par le Centro de Estudios Europa Hispánica et la Fundación Tatiana pour le quatre-centième anniversaire de la disparition du troisième duc d’Osuna, voilà un disque à fêter – voilà ! – pour tout amateur du décorum à la charnière de la Renaissance et du Baroque. Et un digne, splendide tribut à cet événement politico-musical de 1620 qui, comme conclut la présentation de Rodulfo Hazen, connut un retentissement majeur sur les deux rives de la Méditerranée.

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    Christophe Steyne

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    Son : 9,5 – Livret : 10 – Répertoire : 9 – Interprétation : 10

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    [*] Reeves, Nathan Kent, Delights of Posillipo, Terrors of Vesuvius: Music, Spectacle, and Identity in Early Modern Naples. Master’s Thesis, University of Tennessee, 2015 (page 134)

     

  • Continuer à découvrir le charme envoûtant et splendide de l’oeuvre du compositeur du Siglo de Oro, Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675)

    Comme signifié hier en mon article « Découvrir le charme envoûtant de l’oeuvre du compositeur Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675)« ,

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    c’est bien ce charme infiniment prenant des compositions de Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675),

    qui m’a incité à chercher à découvrir d’autres œuvres de ce profond compositeur espagnol du Siglo de Oro ;

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    et j’ai été bien aidé en cela par la découverte, dès le lendemain, dans les rayons copieux de mon disquaire préféré,

    après le CD Lauda LAU 023 « Carlos Patiño Musica vocal en castellano« , par La Grande Chapelle, sous la direction d’Albert Recasens,

    d’un second CD, et par les mêmes interprètes : le splendide CD Lauda 021 « Carlos Patiño Musica sacra para la Corte« ,

    afin d’aborder les compositions religieuses de celui-ci pour la Chapelle royale du roi Philippe IV (Valladolid, 18 avril 1605 – Madrid, 17 septembre 1765),

    dont le règne avait débuté au décès de son père le roi Philippe III, le 31 mars 1621…

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    Sur ce superbe CD,

    lire l’intéressant article de Frédéic Muñoz sur le site de ResMusica, en date du 4 septembre 2021,

    intitulé « La musique sacrée de Carlos Patiño, révélée par Albert Recasens » :

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    La musique sacrée de Carlos Patiño révélée par Albert Recasens

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    Injustement oublié, le compositeur baroque espagnol Carlos Patiño, maître de chapelle à la cour du roi Philippe IV d’Espagne, est pourtant un musicien de toute première importance _ absolument ! L’ensemble vocal et instrumental La Grande Chapelle fait revivre ses musiques, sous l’impulsion inspirée _ oui ! _ de son chef Albert Recasens.

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    On est frappé de découvrir la musique de Carlos Patiño, un valencien _ originaire de la province de Cuenca _ venu à Madrid au service de la cour des Habsbourg espagnols. Son art supérieur, il l’apprend à Séville auprès de , lui même élève du grand polyphoniste . Le style musical, en ce début du XVIIᵉ siècle, se transforme complètement, dans une grande période de recherches où vont éclore de toutes parts en Europe de grands recueils, témoins de ce bouleversement. Patiño conserve au travers d’une savante polyphonie issue de ses prédécesseurs _ franco-flamands, eux _ une manière très personnelle _ en effet _ de rendre son discours attrayant, flamboyant et joyeux _ oui .

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    L’œuvre complète du compositeur fut retranscrite (de 1886 à 1999) à l’Institut de musique religieuse de Cuenca par le musicologue Lothar Siemens. On y rencontre essentiellement de la musique vocale dont des Madrigaux, des Messes et des Villancicos (Chants de Noël). Sa musique connut un vif succès dans les contrées du Nouveau Monde, par son côté accessible et lumineux _ voilà. Carlos Patiño semble très attaché à la mise en valeur de la rhétorique des textes _ oui _ de Psaumes et de Motets, tels qu’il sont présentés dans cet enregistrement.

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    Ce qui frappe _ immédiatement, en effet _ dans cette musique, c’est l’opulence du discours _ oui ! mais qui demeure intime, sans grandiloquence aucune… _ qui est portée ici par la somptueuse et large acoustique de l’église de Monte Agraço au Portugal. L’homogénéité _ et clarté _ de l’ensemble La Grande Chapelle est parfaite, entre les voix mixtes et les instruments constitués de vents, cordes et orgue positif. Sur les douze pièces vocales que compte ce programme, sept d’entre-elles sont signalées comme faisant partie d’un premier enregistrement mondial. Le Motet à 8 voix Maria Mater Dei fait partie de ces joyaux retrouvés, conservé à Segovia. Il s’agit là de l’une des plus belles œuvres de Patiño et l’une de ses préférées, jusqu’à poser sur son portrait avec un fragment de la partition.

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    Le travail de restitution musical d’Albert Recasens et de ses musiciens nous amène à une découverte importante _ assurément ! _ dans le répertoire baroque espagnol, musiques toutes ici dédiées à la Vierge Marie et destinées à l’Office des Vêpres. La finesse _ oui _ de l’exécution, la couleur des voix des terres ensoleillées du sud auxquelles l’art vénitien n’est pas étranger, ravira complètement _ oui ! _ l’auditeur à la recherche d’étonnements et d’émotions.

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    Carlos Patiño (1600-1675) : Lauda Jerusalem ; Maria Mater Dei ; Ave Regina caelorum ; Magnificat ; Salve Regina ; Letania de Nuestra Señora ; Laudate Dominum ; Libera me Domine ; Domine, quando veneris ; Beatus vir ; Sapentia aedificavit ; Veni Sancte Spiritus.

    La Grande Chapelle, direction : Albert Recasens.

    1 CD Lauda. Enregistré en l’église de Santo Quintino, Sobral de Monte Agraço (Portugal) en septembre 2020.

    Livret en français, anglais, allemand et espagnol. Durée : 67:55

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    Écouter et regarder aussi cette vidéo (d’une durée de 110′ 13) de présentation de ce travail musical et discographique, avec la participation d’Albert Recasens lui-même, qui a lieu sur le campus madrilène de l’université de Navarre…

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    Et surtout le podcast à savourer de ce « Veni, Sancte Spiritus » (d’une durée de 3′ 50) ;

    et celui-ci de ce « Lauda Jerusalem » (d’une durée de 7′ 14).

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    Une splendide musique révélée aux mélomanes d’aujourd’hui par Albert Recasens et sa Grande Chapelle.

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    Ce dimanche 2 juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Découvrir le charme envoûtant de l’oeuvre du compositeur Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675)

    C’est un pur hasard qui m’a mis en contact, par l’écoute, avec une œuvre de Carlos Patiño (Santa Maria del Campo Rus, 1600 – Madrid, 1675), qui défilait sur la platine de mon disquaire ultra-compétent préféré,

    issue du CD « Carlos Patiño Musica vocal en castellano« , par La Grande Chapelle, sous la direction d’Albert Recasens, soit le CD Lauda LAU 023.

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    Et immédiatement je suis tombé sous le charme envoûtant de cette musique,

    d’un compositeur, ce Carlos Patiño, qui m’était demeuré jusqu’ici inconnu.

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    Alors que ma discothèque personnelle comptait jusqu’alors 5 CDs (dont deux doubles) de cet ensemble La Grande Chapelle dirigé par ce chef Albert Recasens :

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    les CDs LAU 004 (« Jose de Nebra Visperas de Confesores« ),

    LAU 012 (« La Fiesta de Pascua en Piazza Navona Tomas Luis de Victoria« ),

    LAU 013 (« Alonso Lobo Misas « Prudentes virgines » « Beata Dei genitrix »),

    LAU 017 (« Pedro Ruimonte en Bruselas Musica en la corte de los archiduques Alberto e Isabel Clara Eugenia« )

    et LAU 018 (« Antonio Soler Obra vocal en latin« ).

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    Albert Recasens Barbera, né à Cambrils (Tarragone) en 1967, a fondé l’ensemble La Grande Chapelle en 2005, et en est devenu le directeur musical en 2007 ;

    de même qu’il a fondé son remarquable label de disques, Lauda _ dont voici un lien à la discographie (23 CDs à ce jour depuis 2005).

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    Ainsi que nous l’apprend l’excellente notice du livret du CD « Carlos Patiño Musica musica sacra para la corte » (notice intitulée « « Le David de ce Goliath » : Carlos Patiño à la Chapelle royale de Philippe IV« ),

    Carlos Patiño « devint en 1634 le premier maître de chapelle non franco-flamand à la cour des Habsbourg espagnols. (…) Le tournant décisif de sa carrière eut lieu au début de 1634 quand il fut promu maître de la Chapelle royale de Philippe IV après la retraite de Maestro Capitan«  _ Mateo Romero ou Mathieu Rosmarin (vers 1575 – 1647).

    « Dans ses compositions en latin, Patiño a recherché un équilibre personnel entre les styles dominants _ de tradition franco-flamande _ de la Chapelle royale et la tradition cathédrale dont il provenait : dans son écriture coexistent l’échange homophonique entre plusieurs chœurs à la façon de Philippe Rogier  (1561 – 1596) et de Capitan, avec un intérêt accru pour l’usage du contrepoint« .

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    Lire aussi la chronique de ce CD par Cécile Glaenzer, sur le site de ResMusica, intitulée « Carlos Patiño : la dévotion au siècle d’or espagnol » :

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    Carlos Patiño : la dévotion au Siècle d’Or espagnol

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    Après un premier CD consacré par la Grande Chapelle aux grandes pièces polychorales de Carlos Patiño, Albert Recasens nous offre ici en première mondiale un enregistrement de musiques plus intimes du Maître de chapelle de Philippe IV.

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    Né avec le siècle dans la province de Cuenca, Carlos Patiño connut une longue et brillante carrière au service de la cour d’Espagne à Madrid. Ses pièces de dévotion basées sur des poèmes en castillan sont de deux sortes : tonos humanos, d’inspiration profane, et tonos divinos (ou villancicos). La plupart sont à quatre voix chantées et basse continue. Ce qui frappe d’entrée, c’est l’absence de voix graves _ en effet _ : trois sopranos, un alto, un ténor, pas de basse. La structure de ces pièces est toujours la même : une forme strophique où alternent refrains et couplets. Le refrain se caractérise par un rythme syncopé qui est la signature de Patiño. Remarquable est la relation intime de la musique avec les affects exprimés par le texte poétique. Ces pièces de dévotion présentent un versant inhabituel de la musique religieuse du XVIIIᵉ siècle espagnol, dont on connait surtout les grandes compositions polyphoniques _ d’inspiration franco-flamande.

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    Les voix de la Grande Chapelle en petit effectif sont magnifiquement ciselées et expressives _ oui ! _, et offrent une pâte sonore d’une belle homogénéité. Les trois sopranos (Jone Martinez, Aurora Peña et Lorena Garcia) sont particulièrement remarquables. Le seul tono humano à trois voix du programme, No duermas, no, est une berceuse pleine de contrastes et de ruptures rythmiques, typiques de l’écriture de Patiño. Trois intermèdes instrumentaux sont empruntés au répertoire de Lucas Ruiz de Ribayaz et d’Andrea Falconieri, et permettent d’entendre les continuistes en solistes, successivement à la harpe double et à la vihuela de arco (proche de la viole de gambe).

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    Le livret est abondamment illustré et documenté, et permet de mieux appréhender le travail de restitution d’Albert Recasens, le directeur musical de l’ensemble. Grâce à la présence de l’intégralité des textes, on peut apprécier la parfaite adéquation _ voilà _ entre musique et poésie.

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    Musica vocal en castellano.

    Carlos Patiño (1600-1675).

    La Grande Chapelle, direction : Albert Recasens.

    1 CD Lauda.

    Enregistré à Tolède en octobre 2021.

    Notice de présentation en espagnol, anglais, français et allemand.

    Durée : 55:24

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    En tout cas,

    dès ce CD « Carlos Patiño Musica vocal en castellano » (Lauda LAU 023) _ cf ici la vidéo de l’admirable interprétation de « Pensamiento, no présumas«  (4′ 10)… _,

    le charme très prenant de l’art de Carlos Patiño opère bien à vif…

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    Ce samedi 1er juillet 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa