Étiquette : Alfred Brendel

  • Sur la question des progrès non pas dans les arts eux-mêmes, mais dans les interprétations des œuvres musicales, en particulier dans les enregistrements discographiques…

    Ces sont mes vagabondages récents parmi certaines nouveautés discographiques, en particulier dans les répertoires pour piano de Mozart, de Schubert ou de Brahms, par exemple, interprétés par d’assez jeunes interprètes, qui m’ont amené au constat indéniable de l’amélioration incontestable de certaines interprétations – pour ne pas dire des interprètes eux-mêmes – d’œuvres maintes fois interprétées au disque, comme au concert bien sûr, par les interprètes – pianistes par exemple – les mieux reconnus jusqu’à présent, tels un Wilhelm Kempff (1895 – 1991), un Rudolf Serkin (1903 – 1991), ou même un Alfred Brendel (1931 – 2025) qui vient de nous quitter…

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    Ce vendredi 27 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • De l’accès à l’interprétation à l’accès à l’œuvre même : mieux s’enquérir de plus récentes interprétations des Sonates pour piano de ce doux et délicat « Wanderer » qu’a été, sa vie durant, Franz Schubert…

    Jusqu’ici, et alors que je suis un enthousiaste passionné des Lieder de Schubert ainsi que de sa musique de chambre, et alors que j’accroche aussi superlativement à l’enchantement de ses pièces courtes pour piano (« Impromptus« , « Moments musicaux » et autres brèves « Klavierstücke« …),

    il me faut bien avouer que, même interprétées par de très grands noms du piano – Wilhelm Kempf, Rudolf Serkin, Alfred Brendel, par exemple… – , jamais les – grandes – « Sonates » pour piano de celui-ci – les Sonates D. 894, D. 958, D. 959 et D. 960 – , n’ont jusqu’ici – j’y insiste – rencontré mon modeste enthousiasme :  je n’ai jamais adhéré à ce que d’aucuns ont – très incompréhensiblement à mon goût jusqu’ici – qualifié de « divines longueurs de Schubert » en ces Sonates pour piano…

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    Si bien que j’en concluais, bien trop hâtivement – évidemment ! – , que c’était ce Schubert-là lui-même – rien que ça !, du moins ces œuvres-là, ces Sonates… –  qui n’était pas de mon goût…

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    Jusqu’à la révélation complètement renversante de ce miraculeux CD « Franz Schubert – Fantasies » d’Ammiel Bushkevitz – enregistré à Eppelheim du 8 au 11 janvier 2024, et publié tout récemment par Hänssler Classic : le 3 janvier 2025, sous la référence HC 24025 – ,

    dont viennent de parler, le 12 et le 13 avril derniers, mes enthousiastes articles « Le « Schubert au sommet », de paradis, « à un degré d’accomplissement rarissime », de Samuel Hasselhorn, baryton, et Ammiel Bushakevitz, pianiste : la perfection de leur CD « Franz Schubert – Licht und Schatten », avec aussi le miraculeux sublimissime « Franz Schubert – Fantasies » de ce même fabuleux musicien-pianiste qu’est AmmIel Bushakevitz : deux révélations musicales absolument bouleversantes…« 

    et « Les passionnantes questions-réflexions d’Ammiel Bushakevitz sur Schubert et la « Fantaisie », à propos de sa « Wanderer Fantaisie » Op. 15 (D. 760), sa « Sonate-Fantaisie » Op. 78 (D. 894), la « Fantaisie pour piano à 4 mains » Op. posthume 103 (D. 940) et la « Fantaisie pour violon et piano » Op. posthume 159 (D. 934)…« …

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    Mon approche de ces Sonates pour piano de Schubert s’avère donc avoir été aussi liée – prenais-je ainsi enfin, tardivement, conscience ! – à mon écoute personnelle de leurs interprétations – et via le biais de leurs divers interprètes, au disque – ,

    qu’il me fallait donc impérativement – et au plus vite, si possible… – rafraîchir, cette approche – jusqu’ici malheureuse, malencontreuse, donc… – de ces « Sonates » de Schubert, avec des pianistes au toucher un peu plus plus délicat, un peu plus tendre, et, plus secrètement aussi, jubilatoire – sans recherche de démonstration de virtuosité pour la virtuosité (à la Liszt, à la Paganini…) des doigts courant sur le clavier !.. – , tel que celui, miraculeux – de pure tendresse éblouie, naturelle, évidente sans la moindre once d’ostentation auto-centrée : c’est en effet rien moins qu’à l’âme même, si délicate, de Franz Schubert qu’Ammiel Bushakevitz nous offre enfin d’accéder !.. – , d’Ammiel Bushakevitz – au moins déjà en ce CD-ci, « Fantasies« , qui venait de me tomber sous l’oreille, pour mon tout pur et simple enchantement de mélomane…

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    Ainsi viens-je de penser au jeu d’un Adam Laloum – que j’apprécie beaucoup pour sa tendre délicatesse et sa naturelle fluidité, un peu à la Radu Lupu (qu’il me faut absolument ré-écouter, lui surtout !, en ses « Sonates » de Schubert)… – , dont j’ai laissé passer, à sa parution – en  janvier 2024 , le CD « Adam Laloum – Franz Schubert – Piano Sonata D. 959 – Moments musicaux D. 780« , au seul motif – bien indû ! j’en prends conscience… – que ces « Sonates » de Schubert, en tant qu’œuvres – rien que ça ! – , ne me convenaient guère jusqu’alors…

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    Je vais donc très vite m’enquérir de CDs de ces œuvres de Schubert – je veux dire ces « Sonates » – , en des interprétations plus récentes – susceptibles de rencontrer enfin maintenant ma modeste satisfaction – , telles que, par exemple – et sans exclusive aucune, bien sûr : je pense aussi à un Pavel Kolesnikov, ou un Samson Tsoy, ces autres très délicats et doux enchanteurs, qui me comblent… – , celles d’un Adam Laloum – cf mon article en date du 22 février 2020 : « Une apothéose d’Adam Laloum ? La douceur naturelle renversante de ses Schubert D. 894 et 958… » ; l’intitulé de cet article employant déjà la bien significative expression de « douceur naturelle renversante » ; et j’ai ré-écouté la belle interprétation d’Adam Laloum de cette si belle « Sonate » D. 894 : quel chef d’œuvre !.. – ,

    en recherche d’un possible plus fidèle rendu de ce qu’un fin musicologue, Jean-François Boukobza, a judicieusement qualifié du « regard à la fois doux et désenchanté sur le monde » de ce « Wanderer » que, sa vie durant, a été, et l’homme, et le compositeur, Franz Schubert…

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    A suivre donc…

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    Ce mardi 15 avril 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la rageuse Mélodie hongroise pour piano D. 817 de Schubert, par Alfred Brendel ; et le Divertissement à la hongroise D. 818, par Andreas Staier et Alexei Lubimov

    L’œuvre de Franz Schubert

    (Lichtental, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1828)

    ne se signale pas spécialement par l’expression de la joie…

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    Cependant vient parfois me trotter dans la tête

    la paradoxale joie du piétinement obstiné _ presque rageur _

    de sa Mélodie hongroise pour piano, en si mineur, D. 817…

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    composée le 2 septembre 1824

    à Szeliz _ aujourd’hui Zeliezovce, en Slovaquie _ au château du Comte Johann Esterhazy de Galantha,

    pour la jeune Caroline Esterhazy

    _ elle était née le 6 septembre 1805 à Presbourg (aujourd’hui’hui Bratislava).

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    Une anecdote rapporte que cette Mélodie hongroise pour piano

    aurait été inspirée à Schubert par le chant d’une servante

    qu’il venait d’entendre dans la cuisine du château des Esterhazy…

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    Cette mélodie hongroise _ Schubert dixit _ a aussi donné lieu

    au 3éme mouvement du Divertissement à la hongroise pour piano à 4 mains, D. 818,

    composé peu après,

    toujours à Szeliz – Zeliezovce, début septembre 1824…

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    Pour la Mélodie hongroise pour piano seul D. 817

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    j’opte ici pour la version _ la plus enlevée (et joyeuse !!!) _ d’Alfred Brendel,

    accessible ici sur youtube

    _ Alfred Brendel ayant enregistré cette Mélodie hongroise à diverses reprises… _ ;

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    et pour le Divertissement à la hongroise pour piano à quatre mains D. 818

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    j’opte ici pour la version d’Alexei Lubimov et Andreas Staier,

    du CD Teldec 0630-17113-2, parue en 1998 ;

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    et dont voici un podcast accessible lui aussi sur youtube… :

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    le motif hongrois,

    présent au début du 3e mouvement noté Allegretto

    débute à 16′ 21 de l’enregistrement…

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    La joie schubertienne a quelque chose de joliment obsessionnel et rageur…

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    Ce dimanche 26 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa