Étiquette : Aline Piboule

  • Accéder à nouveau à l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) via le CD « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule, après le CD « Danse des morts » de L’Atelier de Musique dirigé par Pierre Dumoussaud : la profonde et fondamentale intégrité musicale d’Aline Piboule en son jeu, comme en la composition maîtrisée de ses programmes…

    Hier mardi 21 juillet, en fouillant parmi les riches bacs de mon disquaire préféré, je suis tombé sur un CD d’Aline Piboule, pianiste que j’affectionne tout particulièrement, le CD Artalinna ATL A044 « coincidentia opposotorum – Bach – Greif – Liszt » – enregistré à l’Arsenal de Metz du 26 au 29 avril 2023 – , qui ne figurait pas jusqu’ici dans ma discothèque personnelle, et que je me suis empressé, bien sûr, d’acquérir et écouter – à écouter aussi ici en son intégralité… 

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    Olivier Greif (Paris, 3 janvier 1950 – Paris, 13 mai 2000) n’est pas un compositeur dont la fréquentation de l’œuvre m’est familière, même si je possède un CD à son « Danse des morts » consacré – en regarder ici la vidéo d’une brève (1′ 56) mais intéressante présentation par les interprètes : Pierre Dumoussaud, Philippe Hattat, Edwin Fardini… – , le CD B Records LBM 035 – enregistré Live à Deauville le 1er mai 2021 – ,

    qu’abordait circonstanciellement, à partir du nom du pianiste Philippe Hattat, mon article « Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) » en date du 14 avril 2022,

    un article qui donnait aussi à écouter, au passage, les « Chants de l’âme » d’Olivier Greif :

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000)

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat

    m’ont conduit à la découverte de l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) :

    …

    c’est un article de ResMusica « Le label b-records lance la plateforme de streaming b-concerts » d’avant-hier 12 avril, qui m’a mené à un autre article – signé Jean-Christophe Le Toquin – du même site ResMusica du 5 avril 2020,

    intitulé, lui, « Les chants de l’âme d’Olivier Greif par Marie-Laure Garnier« ,

    qui m’a mené, lui, au nom du pianiste Philippe Hattat.

    …

    Ce qui m’a immédiatement ramené,

    au delà et en-deçà de mon article du 1er septembre 2020 « « ,

    à mes articles de recherches ravéliennes de juillet et septembre 2019,

    qui ont bénéficié de très bienvenus apports de la curiosité (et très aimable aide à ma recherche) de Philippe Hattat – ce fut le 13 juillet 2019, puis le 25 septembre 2019 –

    …

    d’abord à celui-ci, très important, du 15 juillet 2019, «  «  ;

    …

    et puis à ceux-là, des 24 et 30 septembre 2019 :

    « « 

    et surtout « « 

    …

    Voilà les raisonnements et démarches – en rhizomes – qui m’ont donc conduit à découvrir – enfin ! comment avais-je pu jusqu’ici passer à côté ?.. – la musique majeure d’Olivier Greif,

    et, qui plus est, grâce à des enregistrements discographiques comportant la présence au piano de Philippe Hattat

    …

    Illico presto, hier, j’ai pu mettre la main sur le CD B-Records LBM 035 de la « Danse des morts » ;

    …

    et ce jour, je vais chercher en chasse – hélas en vain… – d’un exemplaire du CD B-Records LBM des « Chants de l’âme » d’Olivier Greif

    …

    Mais voici, déjà, de quoi écouter, de ces « Chants de l’âme » d’Olivier Greif,

    ses 9 moments,

    sur des poèmes de Poètes métaphysiciens anglais, dont John Donne – que j’aime tant ! – ,

    ainsi que le plus tardif William Blake 

    …

    1 The Tyger 3’ 08
    2 Deniall 5’ 49
    4 Sic Vita 2’ 44
    6 Virtue 4’ 11
    7 Song 4’ 09
    8 Mortification 8’22
    9 Peace 6’ 08

    …

    Et, en bonus,

    toujours d’Olivier Greif,

    son « Tombeau de Maurice Ravel » pour Piano à 4 mains (d’une durée de 17′ 36) ;

    …

    ce qui s’impose ici…

    …

    À suivre…

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    Ce jeudi 14 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

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    À ce CD Artalinna ATL – A044 « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule,

    Jean-Charles Hoffelé avait, le 4 juillet 2024, consacré un article intitulé « Le plein et le vide » qui ne m’avait assurément pas marqué,

    et que voici, dominé par une critique assassine, non pas du jeu d’Aline Piboule, admiré lui, mais de la composition d’Olivier Greif,

    en ce disque qualifié par le critique de « si noir« …

    …

    Et qu’on en juge ici : 

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    LE PLEIN ET LE VIDE

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    Dans un beau texte – oui – Aline Piboule avoue son amour – oui, empreint d’une certaine touche de mysticisme : elle déclare ainsi, assez elliptiquement, ceci de très personnel, dans le livret : « La musique m’a sauvée, j’ai pu m’y engouffrer à des moments où être seule n’est pas conseillé, et ces deux compositeurs – Greif et Liszt – tous deux pianistes de génie, m’ont accompagnée dans cette quête vers la transcendance« … – des œuvres d’Olivier Greif. Elles me sont toujours tombées des mains et des oreilles – rien moins ! – , et ce n’est pas le ressassement de Domino – la chanson – qui balbutie en boucle à l’ouverture de la 21e Sonate (je préfère la chanson in extenso, plutôt par Lucienne Delyle que par André Claveau) qui allégera l’ennui qui me gagne.

    …

    Bon, allez, si vous aimez les œuvres d’Olivier Greif, qui sont toujours accompagnées du pistolet pour vous révolvériser – pan ! – , vous admirerez l’art qu’y met la pianiste – voilà, voilà – , cet art que je préfère lorsqu’elle l’emploie à la nudité – magnifique, en effet ! – de ce Bach qui ouvre le disque – à écouter ici… – , à la rumeur mystique de Bénédiction de Dieu dans la solitude, au sombre de la Deuxième Ballade – de Liszt – , où ses timbres, son clavier profond – voilà ! – trouvent des chefs-d’œuvre à tutoyer. Et puis à la fin, ce petit Bach/Petri, fragile rayon d’un soleil que je croyais banni de ce disque si noir – l’expression que je viens de souligner pour qualifier l’appréciation générale de Jean-Charles Hoffelé sur ce disque…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Coincidentia oppositorum

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)
    Ich ruf zu dir Herr Jesu Christ, BWV Anh.73 (version jouée au piano)
    Aria « Schafe können sicher weiden » (No. 9, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd », BWV 208 ; version pour piano seul : Egon Petri)

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    Franz Liszt (1811-1886)
    Ballade No. 2 en si mineur, S. 171
    Bénédiction de Dieu dans la solitude (No. 3, extrait des « Harmonies poétiques et religieuses III, S. 173 »)

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    Olivier Greif (1950-2000)
    Sonate pour piano No. 21, Op. 303 « Codex Domini »
    Three Poems of Li T’ai Po (Sonate pour piano No. 18), Op. 76

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    Aline Piboule, piano

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    Un album du label Artalinna ATL-A044

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    Photo à la une : © DR

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    Afin de mieux juger,

    je propose ici à chacun d’écouter les 3 mouvements de la Sonate pour piano n°21, Op. 303 « Codex Domini », d’Olivier Greif,

    magnifiquement servis par Aline Piboule en ce CD :

     

    _ I. Varsovie / Prague (5′ 28)

    _ II. Munich (34″)

    _  III. (15′ 05)

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    Avec ce commentaire d’Aline Piboule en le livret de son CD :

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    « D’une noirceur redoutable – donc parfaitement assumée par elle en ce CD – , la Sonate « Codex Domini » d’Olivier Greif évoque la maladie, mais aussi, me semble-t-il, une certaine ambiguÏté empruntée à la chanson Domino : en témoigne l’aller-retour régulier entre profane et sacré, chanson populaire et choral religieux. Le rythme du troisième mouvement suggère même Lou Reed, et son exhortation à prendre le chemin du côté sauvage« .

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    Avec cette conclusion sienne, pour le choix par elle de ce programme Greif – Liszt – Bach pour ce CD :

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    « Cette capacité à la transcendance, à unir les opposés, comme leur profond humanisme, font des trois compositeurs de ce programme de grands passeurs. Par leurs musiques, ils nous accompagnent, tel Hermès, le conducteur des âmes, sur un chemin rempli d’embûches, menant à une fin énigmatique – à apprendre à affronter avec sérénité.

    L’éparpillement, la dissolution dans le cosmos chez Greif, la lumière et l’apaisement chez Liszt, l’humilité éternelle chez Bach : trois chemins différents, trois réponses au silence » – que propose la musique.

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    Un grand bravo et un profond merci à Aline Piboule, et la fondamentale intégrité musicale de son jeu en chacun de ses CDs…

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    Ce mercredi 22 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Un éloge du merveilleux médium qu’est le disque, un échange de courriels hier 25 mai avec Eric Rouyer : du tissage entre le temps et l’éternité…

    Voici cet échange de courriels hier 25 mai, à 10h30 et 18h 20, avec l’ami Eric Rouyer, le producteur des CDs du Palais des Dégustateurs : 

    …

    Cher Eric,

    votre réponse hier par courriel à 18h 20 – un constat de situation qui vous navre, à côté d’un enthousiasme partagé – à l’envoi, à 10h 30, de mon article du 25 mai https://encherchantbien.fr/ecouter-escales-1922-de-jacques-ibert-1890-1962-dirige-par-paul-paray-a-detroit-en-1962-et-jean-martinon-a-paris-en-1974/
    me donne bien à penser…
    …
     
    Qu’il faille encore défendre notre patrimoine musical – à partir de mon propos sur « Escales » (1922) de Jacques Ibert, et la musique française… – en remerciant des chefs étrangers – l’anglais John Wilson – ou en des enregistrements – de Paul Paray et Jean Martinon – d’une autre époque – en 1962 et 1974 – n’est pas rassurant – ah !
    Votre enthousiasme – pour « Escales » , oeuvre de 1922 – pour les enregistrements  – de Paul Paray en 1962, de Jean Martinon, en 1974 – , je le partage – j’en suis heureux ! Mais il est empreint d’un constat navrant – quant à la situation présente, en 2026 ; mais à quels égards précisément ?.. 
    Ce n’est pas le verre à moitié plein ou à moitié vide. C’est le verre complètement vide – sic ! – avec quelques gouttes d’illusion pour les nostalgiques… Des résistants obsolètes qui se font un devoir. 
    Eric 
    …
     
    Nos positions sont ici à fronts enversés :
    moi, simple mélomane passionné, je ne me sens, pour ma part, ni nostalgique s’illusionnant, ni résistant obsolète : je suis tout simplement, et au présent de mes écoutes des disques, admiratif, en même temps que reconnaissant, de ce que le médium, en l’occurrence le CD que je mets sur ma platine et écoute, offre, au présent vif et intense de mon écoute enthousiaste, et de ce à quoi il permet d’accéder, et qui le transcende : l’expérience de l’éternité ainsi ressentie de chefs d’oeuvre musicaux qui nous sont ainsi transmis, à la fois et d’un seul et même mouvement, dans le temps et dans le hors-temps de l’éternité (cf leur tissage selon Spinoza).
     
    Et bien peu m’importe qu’il s’agisse là de médiations d’interprètes étrangers (John Wilson en 2019, pour le label Chandos) ou d’interprétations d’il y a plus de 50 ans (Paul Paray, en 1962, pour Mercury, ou Jean Martinon en 1974 pour EMI)… Chacun de ces enregistrements faisant accéder à l’expérience bien sensible d’une éternité jubilatoirement ressentie, au présent archi-présent, vif et incisif, de l’écoute. Car c’est bien à l’éternité même d’ « Escales » (de Jacques Ibert, composée en 1922) que très concrètement j’accède immédiatement et de plain pied, par le disque ; et cela par la qualité forcément variable, plus ou moins acérée selon le jour et l’heure, de ma propre attention, via ces médiations variées d’enregistrements discographiques que j’écoute, oui, avec jubilation… Et j’en rends grâce, avec reconnaissance, à tous les responsables de cette chaîne de médiations : le compositeur très inspiré de l’œuvre elle-même, les divers interprètes (les musiciens des orchestres, à l’écoute des excellents chefs les dirigeant), les ingénieurs du son, les producteurs de ces disques qui sont parvenus jusqu’à moi, les disquaires aussi, jusqu’à mes propres écoutes, répétées et toujours disponibles à portée de ma main, par ces disques bien tangibles posés sur ma platine et avec une intense attention écoutés…
     
    Alors que vous, cher Eric, êtes le très actif et dynamique producteur, au présent, et éminemment responsable, des disques de Palais des Dégustateurs…
     
    Aussi quand vous dites « le verre complètement vide », il me semble que c’est ici le producteur qui se désole de ne pas trouver aujourd’hui assez d’interprètes « défendant » encore aussi bien ce « patrimoine musical » – là, à enregistrer… Et cela, en dépit, pourtant, de vos incontestables réussites discographiques…
    L’enthousiasme de mes derniers articles sur les réussites discographiques d’une Aline Piboule, d’un Fabrizio Chiovetta, et aussi d’un David Lively (pour votre CD PPD042), pour prendre quelques exemples récents d’interprètes magnifiques, plaide pour un constat de situation bien moins pessimiste que le vôtre…
    Même si je ne suis ici que la modeste et humble toute petite oreille (lire ici Nietzsche, et François Noudelmann…) du tout dernier maillon de la chaîne, la mouche du coche… Mais il s’avère bien que je trouve presque au quotidien, sur la table de mon disquaire, des CDs venant satisfaire ma quête d’enregistrements réussissant à combler, même si c’est à des degrés forcément divers, mon insatiable boulimique désir, et ma curiosité sans cesse en alerte, d’enchantements musicaux à éprouver (et très effectivement éprouvés), que ce soit par des œuvres inconnues de moi jusqu’alors que je découvre par le disque, ou bien par des interprétations renouvelées et comme vivement rafraîchies… Mais oui, cela arrive ! Et je suis donc un optimiste comblé… Via de tels disques…
     
    Ne vous désespérez donc pas tant, cher Eric !!! Et continuez votre quête. Votre moisson est déjà conséquente. Et vous trouverez à nouveau de magnifiques interprètes pour les patrimoines musicaux qui méritent d’être à nouveau interprétés et mis à portée un peu durable, par les CDs, du public des mélomanes – tant qu’il en reste encore du moins…
     
    Merci donc aussi de ces réflexions partagées,
     
    Francis, à Bordeaux
    …
    Ce mardi 26 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa
  • L’enchantement Louis Aubert (suite) : la très heureuse confirmation du CD Grand Piano « L. Aubert – Sillages – Violin Sonata – Habanera – Feuille d’images » de Jean-Pierre Armengaud, piano, Alessandro Fagiuoli, violon, et Olivier Chauzu, piano, enregistré en 2012, 2013 et 2014 ; Louis Aubert, immense compositeur, à redécouvrir !..

    Suite à ma découverte, éblouie, du « Sillages » Op. 27 (1908 – 1912) de Louis Aubert sous les doigts lumineux d’Aline Piboule en son passionnant CD Printemps des Arts de Monte-Carlo PRI033 « Samazeuilh – Decaux – Ferroud – Aubert » – enregistré à Monaco du 29 juin au 2 juillet 2020 – – cf mon article « L’infini talent, justissime, d’Aline Piboule (suite) : la perfection radieuse élégantissime de son « Sillages » Op. 27 de Louis Aubert (1877 – 1968), un pur chef d’œuvre à redécouvrir ! » en date du 6 mai dernier – ,

    et à ma commande auprès de mon disquaire préféré, puis réception, du CD Grand Piano GP 648 « L. Aubert – Sillages – Violin Sonata – Habanera – Feuille d’images » de Jean-Pierre Armengaud, piano, Alessandro Fagiuoli, violon, et Olivier Chauzu, piano – enregistré à Ivry-sur-Seine du 5 au 7 décembre 2012, puis le 30 mai et le 1er juin, et le 5 décembre 2013 et aussi les 14 et 15 mars, 25 juin et enfin 15 septembre 2014 – ,

    il me faut absolument témoigner aujourd’hui de ma très intense admiration pour le génie musical du compositeur magnifique qu’est Louis Aubert (Paramé, 19 février 1877 – Paris, 8 janvier 1968) !

    …

    Dont sa très fine oreille avait fait écrire, d’expert, à Vladimir Jankélévitch, en un article intitulé « Louis Aubert« , paru dans le n°8 de la revue Scherzo au mois d’octobre 1976, ceci,

    d’éminemment significatif :

    « N’eût-il écrit que « Sillages« , les « Poèmes arabes«  et la « Sonate pour piano et violon« , Louis Aubert serait déjà l’un des plus grands musiciens français » – mazette ! Quel compliment !..

    …

    J’ajoute aussi ici cette superbe appréciation de Jean-Alain Joubert en son « Hommage à Louis Aubert (19 février 1877 – 9 janvier 1968) » selon laquelle ce triptyque pour piano « Sillages » Op. 27 de Louis Aubert, fait partie des « quatre plus importants triptyques de la musique pour piano du début du XXe siècle« , avec « Gaspard de la nuit » de Maurice Ravel, « Ombres » de Florent Schmitt et « Le Chant de la mer » de Gustave Samazeuilh… 

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    À l’écoute donc, sur ma platine,  de ce CD Grand Piano GP 648 « L. Aubert – Sillages – Violin Sonata – Habanera – Feuille d’images » de Jean-Pierre Armengaud, piano, Alessandro Fagiuoli, violon, et Olivier Chauzu, piano,

    il me faut aussi réviser une toute première – superficielle – opinion portée sur son « Feuille d’images » – pour piano à 4 mains – , publié en 1930, que j’avais trouvé – à une première écoute ; cf aussi mon article du 21 juin 2024 « Un ravissant programme d’ »Enfantines » (Bizet – Debussy – Fauré – Ravel – Aubert) par les délicieux Ludmila Berlinskaya et Arthur Ancelle, en un très réussi CD « Passage secret » musical vers nos jeux de l’enfance…« … – un peu trop expérimental, froid, haché, ce qui n’est pas du tout mon ressenti maintenant sous les doigts savoureux, doux et fluides – écoutez ici ! – de Jean-Pierre Armengaud et Olivier Chauzu : c’est absolument délicieux !..

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    Un immense compositeur, Louis Aubert, à vraiment re-découvrir !

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    Ce vendredi 22 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Servir et respirer Bach au piano (suite) : l’excellent exemple de Fabrizio Chiovetta (suite) cette fois en son superbe CD « Fabrizio Chiovetta – Bach – Keyboard Suites – BWV 809 – 825 – 831 » de 2015, ou la perspicacité de son choix de la liberté de son très pur, délicat et délicieux, jeu de piano…

    À la croisée des réflexions de mon article d’hier 11 mai « « L’Art de la Fugue « , ou l’art de respirer Bach : exprimer une vie intense et vibrante à l’approche de la rencontre avec Dieu… Ce que nous dit le beau récit inspiré, à son piano, de David Lively en son CD « L’Art de la Fugue » du Palais des Dégustateurs… » et de celles de la série récemment entamée des articles consacrés à mes écoutes des CDs Aparté AP395 « Brahms » – enregistré à Dobbiaco en décembre 2024 – et Aparté AP238 « Beethoven » – enregistré à Dobbiaco en janvier 2020 – de l’excellent pianiste, au jeu pur, Fabrizio Chiovetta, « L’exceptionnel talent de toucher de piano, pur, naturel et élégant, de Fabrizio Chiovetta : son bouleversant « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 ». Comment ai-je pu ignorer jusqu’ici cet art merveilleux du piano qui me va à ce point si fort droit au cœur en sa clarté et absolue pureté ? » et « Approfondir l’appréhension du merveilleusement délié jeu de piano de Fabrizio Chiovetta : son splendide très pur CD « Beethoven – Op. 109, 110, 111 – Fabrizio Chiovetta »…« , en date des 8 mai et 23 avril derniers,

    je désire, ce mardi 12 mai, faire l’éloge de son vraiment superbe CD Aparté AP126 « Fabrizio Chiovetta – Bach – Keyboard Suites – BWV 809 – 825 – 831 » – enregistré à Dobbiaco du 27 au 29 mars 2015   – , dont j’admire la très grande réussite de son choix de la liberté de son très pur jeu de piano (!) jusque dans le sacro-saint Jean-Sébastien Bach, et cela alors que, biberonné au Baroque, et très amateur de clavecin – ainsi à un Pierre Hantaï, à un Benjamin Alard, à un Francesco Corti, va ma prédilection… – , j’ai toujours quelque réticence à me tourner vers des interprétations de la musique pour claviers de Bach au piano…

    …

    Mais, et à l’abri des délires interprétatifs de certains – que j’exècre : je pense, par exemple, au tout fou Jean Rondeau au clavecin… – , j’aime tout particulièrement le jeu libre et pur, inspiré et parfaitement respiré, au piano ou au piano-forte, d’un Stephen Kovacevich, d’un Ronald Brautigam ou d’un Alexei Liubimov, ou encore d’un Ammiel Bushakevitz – une de mes assez récentes découvertes au CD… – , parmi ceux auxquels va ma prédilection de mélomane discophile – à l’inverse, je déteste l’usurpateur Glenn Gould – , nous proposant au CD des interprétations d’œuvres réussissant, en leur absolue spontanéité conquise (par leur inlassable patient, très exigeant et supérieurement probe – et c’est là un réquisitionné absolu ! – travail d’interprète), à nous faire comme accéder à l’improvisation même, sur le champ de sa création au départ en chantier, du compositeur lui-même, tel un Beethoven – spécialement en ses ultimes miraculeux chefs d’œuvre de la fin de sa vie… – , à son piano, et relevant peu à peu sur le papier ce qui vient de sourdre à l’instant tout neuf de son jeu ainsi improvisé et essayé, et qu’il choisit ainsi, en se donnant la peine de l’inscrire alors à l’encre sur une portée de papier, de retenir, et pour l’éternité, à destination de qui – et d’abord de lui-même qui le rejouera – s’attèlera, ensuite – et par la suite des temps à venir – ,  à le rejouer, partition sous les yeux, ou, mieux encore, apprise et désormais sue par lui aussi, l’interprète, par cœur – et par le cœur… – , se l’étant comme vitalement incorporé en ses doigts et en sa tête, et en son corps devenu hyper-sensible, exalté, possédé et transcendé par cette musique, dont il a accepté, lui l’interprète, de se faire l’hôte passager, à l’instant lumineux de son jeu, et ainsi l’hôte aussi de l’autre, le compositeur, qui vient ainsi à ce moment alors musicalement l’habiter…

    …

    Et à cette liste de pianistes auxquels va ma prédilection, j’ajoute désormais, et Aline Piboule – son piano, à elle aussi, admirablement respire ! – , et Fabrizio Chiovetta, que je viens donc de tout récemment découvrir, en leurs CDs, à leur pianos…

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    Et de fait, à l’écoute jouissive de cette délicate délicieuse interprétation par Fabrizio Chiovetta de la Suite anglaise n°4 en fa majeur BWV 809, la Partita n°1 en si bémol majeur BWV 825, et l’Ouverture à la française en si mineur BWV 831, je ressens le profond sentiment jubilatoire de liberté, tant du compositeur à son écritoire, que de l’interprète à son clavier : « Ce qui, dans ces œuvres, révèle les ressources de l’improvisateur – nous y voici… – , la fantaisie – voilà ! – de celui qui construit en jouant« , ainsi que le déclare lumineusement Fabrizio Chiovetta à la page 7 du livret du CD, en son entretien de février 2016, à Genève, avec l’excellent écouteur qu’est Sylvain Fort…

    …

    « J’y entends, comme interprète, la liberté stupéfiante – voilà ! – de cette musique. (…) Je suis fasciné par les chemins de traverse que Bach se ménage sans perdre la cohérence du discours. C’est de là que vient l’humanité – a-mécanique – de Bach. (…) L’adoption des formes reçues de la rhétorique musicale n’est que le prétexte à ces jeux infinis – jouissifs. (…) Il y a dans cette inspiration un esprit de pastiche, un humour sérieux que je trouve irrésistibles« …

    …

    Et pour cela, « la liberté de Bach appelle la liberté de l’interprète. La richesse inouïe de l’invention propre à Bach ouvre à l’interprète des dizaines de pistes de possibles, des alchimies illimitées. » Et « j’espère – poursuit Fabrizio Chiovetta – qu’on sent dans cette interprétation, dans ce disque, d’autres possibles – prêts à éclore, adjacents, latents. L’interprète idéal de Bach, selon moi, n’est pas celui qui sculpte une version définitive, mais celui qui fait percevoir à l’auditeur la présence secrète – sous-jacente – d’autres pistes : dans ce cas, on suit Bach à la trace, on voit se profiler des pistes, des hypothèses, qui sont abandonnées mais restent bien présentes à l’esprit« …

    …

    Bach improvisant jubilatoirement à l’envi dans le canevas suivi des formes reçues avec cette fantaisie-là assumées…

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    Ce mardi 12 mai 2026, Titus Curiosus  – Francis Lippa