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  • Avoir regardé avec beaucoup d’émotion sur Arte le magnifique et très fort film de François Ozon « Tout s’est bien passé », et m’étonner une fois encore des avis hyper-contrastés et bien trop hyper-subjectifs hélas ! de pas mal des spectateurs du film…

    Venant de regarder à l’instant sur Arte le magnifique et très fort film de François Ozon « Tout s’est bien passé » – sorti sur les écrans le 22 septembre 2021 – ,

    je m’étonne fois de plus – et me scandalise aussi : c’est dire ma persistante indécrottable naïveté…. – des avis hyper-contrastés et bien trop hyper-subjectifs hélas ! de pas mal des spectateurs de ce film – qui y projettent avec une énorme virulence leurs misérables egos formatés : on me dira ce phénomène est consubstantiel au dispositif même du cinéma… – , tels que les rapporte le site d’AlloCiné…

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    Au point que j’en viens à me demander si l’injustesse – oui ! – de tant et tant de ces avis-là – tout de même pas tous, Dieu merci… – , n’est pas inversement proportionnelle à la force intrinsèque même d’un film, qui doit donc, quelque part au moins, suprêmement déranger le confort de pas mal…

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    Mais c’était déjà le cas pour le formidable magistral « Grâce à Dieu » – sorti sur les écrans le 20 février 2019 – , du même François Ozon – né à Paris le 15 novembre 1967 – , auquel j’avais consacré, à leur revoyure, mes articles, enthousiastes :

    « Le prenant Grâce à Dieu de François Ozon, en DVD » et « Seconde vision enthousiaste du Grâce à Dieu de François Ozon« , en date des 13 et 14 janvier 2020…

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    « Tout s’est bien passé » est, et à tous égards, un superbissime film, bouleversant d’humanité, qui émeut et secoue, voire dérange…

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    Ce vendredi 11 septembre 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La splendide humanité Téchiné (suite) : son « Les Âmes sœurs » (de 2023), et son exploration toute en délicatesse de l’infinie complexité des personnes humaines, et du mystère insondable de leurs liens, en une approche qui en dérange hélas beaucoup…

    La splendide humanité Téchiné (suite) : après mon visionnage – tardif – très très admiratif de son « Les Gens d’à côté » (de 2024) – cf mon article « La merveilleuse humanité Téchiné dans « Les Gens d’à côté », sublimement servie par une immense Isabelle Huppert à son sommet… », en date du 8 août dernier – ,  je viens de découvrir – et à nouveau chez moi, sur un DVD que j’avais lui aussi tout spécialement commandé – , et avec de nouveau une suprême admiration, son « Les Âmes sœurs » (de 2023), et son exploration toute en délicatesse de l’infinie complexité des personnes humaines, et du mystère insondable de leurs liens – ici fraternels, et très forts (passionnels, et même borderline : on va le découvrir peu à peu, dans la pudeur…) : les acteurs Benjamin Voisin et Noémie Merlant sont magnifiques d’expression souvent mutiques (les regards) des ambiguïtés blessées et toujours blessantes de leurs deux personnages, que vient aggraver ici une situation de double amnésie traumatique, et le gouffre frôlé à plusieurs reprises du suicide ; et à cet égard l’ultime scène, quasi muette, dans les rouleaux de la mer, nous stupéfie, en un final ouvert… – , en une approche qui en dérange hélas, et peut-être plus que jamais, beaucoup – que viennent-ils donc chercher au cinéma ? Un miroir tout uniment embellissant d’eux-mêmes ?…

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    En voici la brève bande-annonce (de 1′ 44) …

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    Une humanité cabossée forcément par diverses cruelles blessures de la vie : mais qui y échappe ?..

    Et nous nous efforçons le plus souvent bien maladroitement de les surmonter…

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    Mais le regard d’André Téchiné – un homme du Sud-Ouest : il est né le 13 mars 1943 à Valence d’Agen –  est toujours, toujours, d’une fidèle infinie délicatesse et tendresse – toujours pudique, jamais kitsch… – envers les blessés de la vie, au milieu du chaos quand celui-ci survient…

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    Oui, l’humanité de Téchiné va vraiment très très loin.

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    Ce jeudi 13 août 2026, Titus Curiosus – Fancis Lippa

  • Apprécier « La Prisonnière de Bordeaux », tourné à l’automne 2023, dans ma rue, à 50 mètres de mon balcon…

    Hier soir 5 août, sur la chaîne Arte, j’ai découvert avec grand plaisir et une certaine surprise le film de Patricia Mazuy « La Prisonnière de Bordeaux« , tourné entre le 16 octobre et le 2 décembre 2023, notamment à l’imposant petit château Balaresque, à à peine 50 mètres de mon balcon, à Caudéran : j’ai ainsi pu assister à plusieurs prises de vues tournées le soir, en début de nuit… Et il est intéressant ainsi qu’amusant de voir quelles rares – mais significatives, du moins pour le film – images de son quartier – celui de Primrose : le nec plus ultra du Neuilly bordelais… – ont été choisies pour passer à l’écran…

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    Et d’ailleurs, tout autour de la splendide, sise non loin, chartreuse Balaresque, construite au XVIIIe siécle, entourée d’arbres et protégée des regards des passants par une luxuriante végétation, et accessible par la belle et très calme Avenue de Mirande – cette très élégante chartreuse, tout de plain-pied, est parfois visitable lors des journées du patrimoine… – , c’est tout le quartier, jusques et y compris la chapelle nommée aujourd’hui Notre-Dame-du-Salut, qui fut une très étendue propriété Balaresque, avant d’être vendue, pour être lotie, à de nombreux nouveaux propriétaires, en ce quartier de Caudéran :

    la chartreuse de Mirande, implantée au sein d’un vaste parc, demeure la plus ancienne du quartier, fait l’objet d’un classement aux monuments historiques depuis le . Autrefois petite masure au milieu de dix hectares, elle est acquise en 1753 à une famille bordelaise, les Marchand, par Abraham Miranda, banquier et négociant qui ne conserve ce bourdieu qu’une vingtaine d’années. Le domaine est acheté le par le négociant Jean-Pierre Labat de Serène qui fait édifier une nouvelle demeure, achevée en 1785, mais revendue dès le à M. Bernard Roques, armateur et négociant, qui, ayant fait faillite, s’en sépare à son tour, le au profit de M. Pierre-François Maydieu (fait baron en 1814). Après son décès, sa veuve y réside jusqu’en 1854, année au cours de laquelle son fils, magistrat à Bordeaux, Louis-Pierre Maydieu (1788-1872) en fait sa résidence de plaisance. Sa nièce en hérite à sa mort, puis la lègue à son tour en 1889 à ses cousins, Charles et Cyprien Balaresque. La sixième des dix enfants de ce dernier, Marguerite Balaresque (1868-1947) habite dans cette demeure avec son époux, Henri de Simard de Pitray (1865-1950), et leurs enfants Simard de Pitray leur succèdent dans les lieux pendant une bonne partie du XXe siècle. La famille de Simard de Pitray, était apparentée elle-même au petit-fils de la comtesse de Ségur, héros des Vacances de Paul. Cette élégante chartreuse du XVIIIe siècle, longue et basse, se caractérise par sa grande sobriété, avec un léger avant-corps et une rampe de perron en fer forgé. L’intérieur conserve un vestibule et un salon avec lambris compartimentés et cheminées de marbre, qui mettent en valeur les peintures à la gloire de Louis XVI exécutées par le peintre palois Jean-Baptiste Butay (1759-1853)… Fin de l’incise.

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    Sur les circonstances de ce tournage, ceci de très intéressant,

    donné sur le site d’Allociné ;

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    Naissance du projet

    L’idée de La Prisonnière de Bordeaux vient du réalisateur Pierre Courrège (Un Homme d’État, La Cible) qui devait, à l’origine en 2012, mettre en scène le long métrage. Son intention était de réaliser un film social – voilà ! –  sur les femmes de maisons d’accueil (situées à côté des prisons) et de parloirs – c’est très intéressant de l’apprendre, et éclaire a posteriori la perspective à l’origine même de ce film… La réalisatrice Patricia Mazuy se rappelle : « C’étaient des circonstances de départ, fortes – voilà ! Pierre Courrège et François Bégaudeau – avec lequel Pierre avait écrit Un Homme d’Etat (2016) – ont écrit un scénario et cherché pendant plusieurs années à monter le film, sans succès – tiens, tiens : pas assez fun probablement… Le projet m’a été proposé au début de 2019 par Ivan Taieb un ami du producteur, Xavier Plèche. »

    « Dans leur scénario, les deux personnages féminins, la riche et la pauvre, la blanche et l’arabe, existaient déjà – voilà. Elles avaient déjà des échanges de dialogues, forts et même drôles – tiens, tiens ! – , irrigués par les rapports de classe – voilà. Je l’ai repris en collaboration avec Bégaudeau – qui a pas mal d’humour incisif lui aussi ; cf mes articles des 10 février et 4 avril 2023 : « Suite au passionnant entretien d’hier 9 février de François Bégaudeau (avec Sylvie Hazebroucq) à la Station Ausone, à propos du bigrement intéressant « Boniments » (aux Editions Amsterdam) : François Bégaudeau, étincelant de subtilité..«  et « Se réjouir au très jouissif « Boniments » de François Bégaudeau, et à sa très réjouissante présentation, en un entretien rondement animé, avec une très plaisante vivacité, à la Station Ausone…« … Très tôt, j’ai tenu à trouver une métaphore de la libération – à venir, et dans la difficulté à rebondissements, contenus par elles deux aux fortes personnalités, de leurs situations respectives parallèles, certes, mais fort dissemblables aussi… – de deux femmes enfermées, chacune dans une vie particulière – voilà ! Alma et Mina deviennent – cohabitant ainsi – comme poreuses –voilà – l’une à l’autre. L’arrivée – tellement improbable a priori – de la seconde – la prolétaire qui tire le diable par la queue – dans la grande maison – de Primrose – et dans la vie solitaire – voilà : sans vrais amis – de la première – la grande bourgeoise (de Primrose, le cœur du Neuilly bordelais) qui ne manque matériellement de rien et a les moyens de se payer la moindre de ses fantaisies ou caprices ; et de cela, celle-ci ne manque certes pas ! – catalyse chez Alma la conscience de sa vie misérable – de tristesse bien effective – dans les dorures et les fleurs – de son décor maniériste opulent. Métaphore renversée de l’amour, les dames dehors, les maris en prison. »

    Retrouvailles

    Hafsia Herzi et Isabelle Huppert ont récemment tourné ensemble dans Les Gens d’à côté d’André Téchiné.

    Se documenter sur le milieu pénitentiaire

    En se documentant sur la prison, Patricia Mazuy a découvert les maisons d’accueil – voilà, voilà –  : « Les lieux, l’attente, les femmes entre elles – d’un peu diverses conditions, réunies par la circonstance de l’incarcération de leurs maris respectifs… Et pendant qu’il a fallu patienter pour obtenir les autorisations de tournage et même de visites de repérages, je me suis documentée grâce aux films de Stéphane Mercurio. Ils m’ont beaucoup aidée.

    « Après avec Marlène Popovic en charge du casting sauvage, nous avons trouvé un groupe de femmes qui avaient vécu ou qui vivaient – très effectivement – cette vie de d’épouse de parloir. Ensuite avec Any Mendieta, une amie comédienne, nous avons travaillé pour – faire – apprivoiser – par elles – ce qu’est un tournage. Un petit groupe, de vraies rencontres » – voilà ! – , se souvient-elle.

    Cannes 2024

    La Prisonnière de Bordeaux a été présenté à la Quinzaine des Cinéastes au Festival de Cannes 2024. A noter que Patricia Mazuy avait reçu le Prix de la jeunesse, dans la catégorie film français, pour Saint Cyr en 2000.

    Tournage difficile

    Le tournage s’est déroulé entre le 16 octobre et le 2 décembre 2023 – précisément. Une durée courte – d’un mois et demi – , à laquelle s’ajoutait une pluie permanente – l’automne est en général la plus belle saison dans le Sud-Ouest, mais il arrive aussi, même si c’est rarement, qu’il y ait un automne pourri… Patricia Mazuy précise : « Nous calions les prises entre deux averses. Ce fut un tournage compliqué – voilà : le film en a un peu souffert. Entre autres difficultés, je ne pouvais pas tourner à la prison de Bordeaux – à Gradignan – , trop décrépite et surpeuplée, impossible d’y aller pour des raisons de sécurité, car je voulais une prison moderne en bord de ville, une prison dans un no man’s land, comme sont souvent les centres de détention modernes. »

    « La maison d’accueil – lieu crucial ici – dont nous voyons l’extérieur se situe – elle – à Mont-de-Marsan – assez loin de Bordeaux. On en a reconstruit l’intérieur en faux studio dans un local associatif. Pour les parloirs, nous ne pouvions tourner que le lundi, jour où il n’y a pas de visite… Tout ça était assez acrobatique – voilà – en terme de logistique » – pour le tournage.

    Achille Reggiani de la partie

    A noter la présence d’Achille Reggiani dans le rôle du fleuriste. Il s’agit du fils de Patricia Mazuy, qui avait l’un des deux rôles principaux dans le violent Bowling Saturne, le précédent film de la réalisatrice. Il y campait un terrifiant tueur en série.

    Qui pour les 2 héroïnes ?

    Mina est interprétée par Hafsia Herzi et Alma par Isabelle Huppert. Patricia Mazuy connaît la seconde depuis Saint Cyr (1999) : « Son personnage, Alma, est une héroïne pleine de failles et de flottements – voilà, voilà ! – , et en même temps d’une générosité absolue – hors-classe ; elle est aussi artiste : elle peint, effectue des collages auxquelles elle tient fortement ; ils sont quasi son réel... – , courageuse – oui – , même si elle est perchée – oui, oui – au-dessus du vide – effarant – de sa vie, enfermée dans sa solitude – ses amis proches n’en sont pas vraiment : en leurs poncifs, ils sont même caricaturaux, à la Chabrol… Dans la vraie vie Isabelle – Huppert –  a cela en elle-même » – d’où son terrible très ravageur humour. La cinéaste ajoute au sujet de Hafsia : « Hafsia Hersi, bien sûr, je la connaissais dès La Graine et le mulet, et par les films suivants, mais c’est avec son premier film en tant que réalisatrice, Tu mérites un amour, que j’ai eu fort envie de lui proposer un rôle. »

    « Le contraste entre elles deux me semblait important – certes : deux tempéraments de départ opposés et très forts chez ces deux grandes actrices qu’elles se révèlent être, film après film… Je voulais qu’Hafsia apparaisse comme un contraire d’Isabelle – le plein lumineux versus le tranchant acéré, du moins en apparence première. J’ai demandé à Hafsia d’être plus en chair afin de renforcer l’opposition. Quelques kilos lui ont donné de bonnes joues et quelque chose de sublime – oui – dans l’ovale du visage. J’avais un souci avec ses longs cheveux, totalement somptueux, mais infilmables pour moi dans le duo à venir… Après moult essais indescriptibles, nous avons enfin trouvé la coiffure qui la grandissait, le chignon de tresses collées au-dessus de la tête. Il lui ouvrait les yeux – de fait très grands ouverts – , la mettait dans un mélange de conte – des mille-et-une nuits – et de réel actuel – le plus factuel. Le film avait trouvé sa princesse » – oui. Mais les rôles, aussi, vont s’inverser en une riche complexité évolutive et assez surprenante pour chacune, jusqu’à la fin libératrice, au moins pour l’une des deux…

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    La performance d’actrices du duo formé par Isabelle Huppert et Hafsia Herzi est somptueuse, et elle attire toute la lumière sur l’écran…

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    Le film m’a ainsi séduit,

    même s’il comporte aussi de menues imperfections, probablement dues aux circonstances un peu contrariées et de fait précipitées des conditions quasi documentaires – un peu à la Pialat – de la réalisation…

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    De même que, et sur de multiples plans, le film a bien plu, et même davantage, à la plupart des critiques professionnels. 

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    En revanche, et comme si souvent, hélas, il a déchaîné des réactions violentes de pas mal de spectateurs, comme on le découvre en parcourant les projections sur le film d’avis très subjectifs que développe le compte-rendu d’Allociné – même si le cinéma, art populaire, ne se prête que trop bien à cela : les attentes à l’égard des films pouvant considérablement, et sans nuances, diverger… D’où le déchaînement de projections subjectives exacerbées de tant de spectateurs…

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    Regardez ici la bande d’annonce (de 1′ 33) de cette « Prisonnière de Bordeaux« , de Patricia Mazuy…

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    Ce jeudi 5 août 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Regard sur le regard de cinéaste, enquêteur incisif, Marco Bellochio en son admirable « Esterno notte », en 6 épisodes d’une heure, sur l’enlèvement le 13 mars 1978, la séquestration, puis l’assassinat, 55 jours plus tard, le 9 mai 1978 d’Aldo Moro…

    Ce samedi 16 mai 2026,

    je désire jeter maintenant un coup d’œil sur le formidable regard exploratoire, de cinéaste enquêteur formidablement incisif, de Marco Bellochio en son admirable série pour la télévision, réalisée en 2022, « Esterno notte« , en 6 épisodes d’environ une heure chacun – cf  les détails qu’en donne la très riche vidéo du passionnant « Entretien avec Marco Bellochio«  à Paris en 2023, avec Olivier Père, pour Arte ; ainsi que tout ce qu’en rapporte le site allocine … – , sur l’enlèvement, le 13 mars 1978, la captivité d’Aldo Moro, entre les mains de membres des Brigades Rouges, et l’assassinat de celui-ci, le 9 mai 1878, à Rome, 55 – très longs – jours plus tard – cf les détails de ceci ! – ,

    en prolongement de mes articles « Le combat pour le Droit : le passionnant et très beau film « L’Enlèvement » (« Rapito ») de Marco Bellochio, tourné en 2022, sur la troublante et toujours bien dérangeante affaire Mortara : l’histoire d’Edgardo Mortara (1851 – 1940), enlevé à sa famille juive à Bologne le 23 juin 1856 sur l’ordre de l’Inquisiteur pontifical Feletti… » et « Pénétrer dans le passionnant œuvre récent de Marco Bellochio grâce à un riche entretien avec lui, à Paris, d’Olivier Père, directeur d’Arte France Cinéma : la formidable perspicacité d’un immense cinéaste…«  , parus sur mon blog encherchantbien.fr en date des 13 et 15 mai derniers, qui marquaient ma découverte re-découverte – je l’avais trop longtemps négligé… – très enthousiaste (!) du passionnant cinéma de Marco Bellochio– né à Piacenza le 9 novembre 1939…

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    Entourés des 2 épisodes « Aldo Moro » et « La fine » assez factuels, et centrés surtout qu’ils sont, presque néo-réalistement, sur ce qui arrive – à l’extérieur – à la personne d’Aldo Moro – son enlèvement sanglant, rue Mario Fani, dans un quartier verdoyant situé au nord-ouest de Rome, le 16 mars 1978 (la résidence des Moro était située, elle, Via del Forte Trionfale, sur le Monte Mario…), sa captivité 55 jours durant, puis son assassinat et la découverte de son cadavre, via Caetani, au centre même de Rome, le 9 mai 1978 – ,

    les 4 autres volets de cette stupéfiante et magnifique série qu’est « Esterno notte« , intitulés respectivement « Il ministro degli interni« , « Il Papa« , « I terroristi » et « Eleonora« , nous font pénétrer, avec subtilité ainsi que la plus scrupuleuse justesse, dans les points de vue successifs de 4 personnages-clé de cette affaire – dont tout n’est toujours pas parfaitement éclairci encore aujourd’hui !.. – :

    _ celui du ministre de l’Intérieur Francesco Cossiga (Sassari, 26 juillet 1938 – Rome, 17 août 2010), et de l’entourage du Parti de la Démocratie chrétienne ;

    _ celui du Pape Paul VI (Concesio, 36 septembre 1877 – Castel Gandolfo, 6 août 1978), et de son entourage au Vatican ;

    _ celui de la membre des Brigades Rouges Adriana Faranda (Tortorici, 7 août 1950), et de ses acolytes ravisseurs et geôliers ;

    _ et celui de l’épouse – à Montemarciano le 5 avril 1945 – d’Aldo Moro, Eleonora Chiavarelli (Montemarciano, 25 septembre 1915 – Rome, 17 juillet 2010), et de leurs 4 enfants, Maria Fida Moro (Rome, 17 décembre 1946 – Rome, 7 juillet 2024), Anna Maria Moro (Rome, 19 mars 1949) Agnese Moro (Rome, 1952), et Giovanni Moro (Rome, 1er juillet 1958), et leurs proches…

    …

    Certaines séquences réalisées introduisent un stupéfiant imaginaire bouleversant, telle, pour prendre ici un exemple, l’explosive conjonction-succession à l’écran des hypothèses esquissées et opposées du plan « Mike » et du plan « Viktor« , concernant l’une la survie, et l’autre l’assassinat d’Aldo Moro, quand celui-ci est retrouvé le 8 mai 1978, dans le coffre d’une Renault 4 L rouge, stationnée via Michelangelo Caetani, dans le centre de Rome, près du siège du parti communiste, via delle Botteghe Oscure 4, et du siège de la démocratie chrétienne, situé non loin de là, au Palais Cenci-Bolognetti…

    Un imaginaire stupéfiant que l’on retrouvera l’année suivante, dans, par exemple, la sidérante séquence du film « L’Enlèvement » dans laquelle le petit Edgardo Mortara, ôtant les clous qui fixaient le Christ mort sur sa croix, permet à Jésus de descendre de cette croix et de sortir pieds nus ensanglantés de l’église…

    …

    Maintenant, il faut ajouter aussi cette précaution-ci,

    lisible systématiquement au final des chacun des 6 épisodes de ce passionnant et haletant « Esterno notte » de Marco Bellochio :

    …

    « L’affaire Aldo Moro a fait l’objet d’une réécriture artistique.

    Toute ressemblance avec des personnages, des organisations,

    des émissions de TV et des événements privés et publics

    est donc purement fortuite« …

    …

    Avec cette présentation générale-ci,

    cette fois de la part d’Arte :

    …

    « Déroulant comme une tragédie ce moment de 1978 où bascule l’histoire italienne, Marco Bellochio réalise sa première série – pour la télévision – pour explorer dans toute son ampleur – immense ! – l’affaire Aldo Moro, qui lui avait inspiré il y a vingt ans le film « Buongiorno, notte« .

    Rome, mars 1978. Aldo Moro est président de la Démocratie chrétienne (DC), premier parti politique italien depuis trente ans. Dans le contexte tendu des années de plomb, qui voit le pays secoué par des attentats terroristes de tous bords et la montée des extrêmes, il travaille à la constitution d’un gouvernement d’union nationale soutenu par le Parti communiste. Ce compromis mûrement réfléchi suscite des réticences au sein du gouvernement, et de la colère chez les militants radicaux. Le 16 mars, alors qu’il se rend au Parlement où sa proposition doit recevoir un vote de confiance, Aldo Moro tombe dans un guet-apens organisé par un commando des Brigades rouges. Son escorte est abattue sans sommation, lui est kidnappé. Le pays est sous ke choc…

    Toute la lumière n’a pas encore été faite – voilà ! – sur l’enlèvement d’Aldo Moro, qui s’est révélé – en effet – comme un tournant majeur de l’histoire de l’Italie du XXe siècle. Après son film « Buongiorno, notte » (2003), qui adoptait le regard d’une activiste des Brigades rouges – le scénario est inspiré du livre Il prigioniero (le prisonnier) écrit par une ex-terroriste, Anna Laura Braghetti – , Marco Bellochio porte l’affaire à l’écran pour la seconde fois, approfondissant son approche – oui – à travers cette série qui se pose comme une « interprétation artistique des faits » – une expression à bien sûr retenir... Le récit multiplie les points de vue – en effet – pour analyser – avec le plus possible de nuances toute la complexité de – l’enchaînement – quasi inextricable – des causes et des effets qui a conduit à une mort absurde, signant autant l’échec du gouvernement que celui de l’action terroriste. Au fil – haletant – des épisodes, le clan politique d’Aldo Moro, sa famille, le pape, un couple de révolutionnaires et Moro lui-même se retrouvent ainsi pris au piège d’un engrenage qui les dépasse. Bellochio filme cette histoire comme une tragédie – à la Sophocle, à la Shakespeare… –doublée d’un récit d’espionnage où chaque personnage apparaît dans sa profondeur – quasi psychanalytique – , comme le ministre de l’Intérieur, Francesco Cossiga, qui manque de basculer dans la folie. Une œuvre sombre et captivante, servie par un casting de – très grand – choix – quels acteurs !!! – , en tête duquel on retrouve Fabrizio Gifumi, Toni Servillo et Margherita Buy.« 

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    Marco Bellochio est un immense cinéaste…

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    Ce samedi 16 mai 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa