Étiquette : Angela Hewitt

  • A propos de l’épatante Angela Hewitt au piano : un Bach solidement vivant et jouant naturellement, aux antipodes de l’imposture du sinistre Glenn Gould…

    L’article « Pré-Carré »  que le bon Jean-Charles Hoffelé consacre ce jour sur son site Discophilia au coffret Hyperion  CDS 44621/47 de 27 CDs « Angela Hewitt – The Bach Recordings » – cliquer sur le lien pour accéder à sa lecture – me donne une excellente occasion de redire tout le charmant et pur plaisir que cette jubilatoire pianiste canadienne me donne :

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    Ainsi en mes articles successifs en date des

    3 août 2018 « Dans les Goldberg, et au piano, une très tonique et plus que plaisante Angela Hewitt » ,

    15 décembre 2019 « Epatante Angela Hewitt, cette fois dans les 6 Partitas de Bach (BWV 825 à 830) » – j’y qualifiais la pianiste Angela Hewitt de « une amie de la meilleure compagnie musicale qui soit« … – ;

    10 janvier 2020 « Comparer les interprétations des Variations Goldberg au piano : Angela Hewitt… » – avec cette éloquente conclusion de la comparaison de ces diverses interprétations des « Goldberg » au piano : « Ma préférence va à l’interprétation d’Angela Hewitt« … – ;

    et 26 juin 2025 « L’excellence toujours renouvelée d’Angela Hewitt : la merveille idoinement mozartienne – intime, légère, élégante, naturelle – de son troisième volet discographique des Sonates de Mozart, sur son piano Fazioli…« …

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    D’Angela Hewitt (Ottawa, 26 juillet 1956), et à propos de ses CDs Bach,

    Jean-Charles Hoffelé dit aujourd’hui tout simplement ceci,

    de très juste :

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    PRÉ-CARRÉ

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    Et si Angela Hewitt était plutôt XVIIIe ? Parcourant ses premiers volumes de Sonates de Beethoven – mais Jean-Charles Hoffelé ne dit rien ici de ses très beaux Mozart ; cf ici mon article du 26 juin 2025 : « L’excellence toujours renouvelée d’Angela Hewitt : la merveille idoinement mozartienne – intime, légère, élégante, naturelle – de son troisième volet discographique des Sonates de Mozart, sur son piano Fazioli…« … – , et soupirant, j’ai repris ses deux – magnifiques !!! – disques Scarlatti. Soudain des couleurs, des phrasés, un son qui est un peu plus que son joli son habituel. Il fallait que je redonne une chance à ses Bach, après tout elle seule au Canada aura osé enregistrer autant le Cantor que Glenn Gould – Toronto, 25 septembre 1932 – Toronto, 4 octobre 1982 ; sur lui, cf mon article réaliste en date du 17 janvier 2025 : « Joël Dehais, rhumatologue et musicien, dressant un superbe portrait hyper-réaliste des pathologies physiologiques et névrotiques de Glenn Gould à son Steinway, à l’Académie de Bordeaux…« … – , pas plus qu’une indication tant ils sont l’un pour l’autre l’anti-matière – et c’est peu dire, en effet ! La vie versus la névrose…

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    Justement, Hypérion regroupe les 27 CDs qu’elle lui aura consacrés entre 1994 – les Inventions, début prudent surveillé par le fondateur Ted Perry – et 2018, quand elle publie sa seconde proposition – merveilleuse ! – des Partitas, Simon Perry ayant pris le relais entre temps. Elle sera également revenue sur son Clavier bien tempéré, et sur les Golberg, manière de changer d’angle de vue plutôt que de perfectionner.

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    Quoi dire ? Le toucher tout simple – sans chichis – souligne assez la modestie – sans façons – de l’approche, la musicalité n’oublie pas les danses des Suites et des Partitas, débrouille sans esbrouffe – voilà ! – les audaces des deux versions du Clavier bien tempéré, la seconde étant l’épure que la première refusait, plus aventureuse et moins certaine y compris de doigts. Les Goldberg sont assez magnifiques, tenues deux fois d’un seul geste, en noir et blanc pour l’essai, avec beaucoup plus de couleurs et de variations d’éclairage dans la nouvelle approche, on sent que l’expérience – jubilatoire ! –  Scarlatti – les CDS Hyperion 67 613 et 68 184 : je les aime beaucoup, même si c’est au piano… – a porté ses – excellents – fruits. Les Partitas sonnent un peu plus sévères, factuelles les deux fois, mais comment ne pas admirer la clarté des polyphonies – voilà ! –  dans ce clavier jamais sec et jamais gras – mais jubilatoire.

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    Et la fantaisie ? Elle ne manque pas – en effet – , écoutez simplement le Capriccio in honorem Johann Christoph Bachii, le Concerto Italien, l’Aria variata à l’italienne, le grand geste osé de l’Ouverture à la française, décidément Bach libère chez elle une certaine imagination que justement les Scarlatti indiquaient – c’est tout à fait cela ; et pour ma part, j’idolâtre l’idéalement juvénile Domenico Scarlatti… Merveille, utile de surcroit, le disque de transcriptions, avec beaucoup de raretés, mais surtout tous les Kempff, où elle n’a pas à rougir face aux gravures du pianiste de Positano.

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    Tout fut enregistré en studio, et plutôt bien, mais à chaque fois en miroir des « Bach Tours » qu’elle donnait des deux côtés de l’Atlantique, certainement ce qui rend cette somme si vivante – voilà, voilà ! – , sinon les Concertos uniment décevants, seul bémol de ce qui est, face à celle d’Ivo Janssen, son exact opposé, la plus cohérente des entreprises pour qui voudra son Bach d’abord au piano.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Angela Hewitt, piano
    The Bach Recordings

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    Johann Sebastian Bach (1685-1750)

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    CD 1. ℗ 1994
    Fantaisie en ut mineur, BWV 906
    15 Invention à deux voix, BWV 772-786
    15 Inventions à trois voix (Sinfonias), BWV 787-801
    Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur, BWV 903

    CDs 2-3. ℗ 1995
    Sonate pour clavier en ré mineur, BWV 964
    Suite française No. 1 en ré mineur, BWV 812
    Suite française No. 2 en ut mineur, BWV 813
    Suite française No. 3 en si mineur, BWV 814
    6 Kleine Präludien du « Klavierbüchlein für Wilhelm Friedemann Bach »
    Prélude en ut majeur, BWV 924
    Prélude en sol mineur, BWV 930
    Prélude en ré majeur, BWV 925
    Prélude en ré mineur, BWV 926
    Prélude en fa majeur, BWV 927
    Prélude en fa majeur, BWV 928

    6 Kleine Präludien
    Prélude en ut majeur, BWV 933
    Prélude en ut mineur, BWV 934
    Prélude en ré mineur, BWV 935
    Prélude en ré majeur, BWV 936
    Prélude en mi majeur, BWV 937
    Prélude en mi mineur, BWV 938

    5 Kleine Präludien (Kellner Sammlung)
    Prélude en ut majeur, BWV 939
    Prélude en ré mineur, BWV 940
    Prélude en mi mineur, BWV 941
    Prélude en la mineur, BWV 942
    Prélude en ut majeur, BWV 943

    Prélude en ut mineur, BWV 999
    Suite française No. 4 en mi bémol majeur, BWV 815
    Suite française No. 5 en sol majeur, BWV 816
    Suite française No. 6 en mi majeur, BWV 817
    Prélude et Fugue en la mineur, BWV 894

    CDs 4-5. ℗ 1997
    Les 6 Partitas (Intégrale)
    No. 1 en si bémol majeur, BWV 825
    No. 2 en ut mineur, BWV 826
    No. 4 en ré majeur, BWV 828
    No. 3 en la mineur, BWV 827
    No. 5 en sol majeur, BWV 829
    No. 6 en mi mineur, BWV 830

    CDs 6-7. ℗ 1998
    Le Clavier bien tempéré Livre I, BWV 846-869

    CDs 8-9. ℗ 1999
    Le Clavier bien tempéré Livre II, BWV 870-893

    CD 10. ℗ 2000
    Aria mit verschiedenen Veränderungen (Variations Goldberg), BWV 988

    CD 11. ℗ 2001
    Concerto nach Italienischen Gusto, BWV 971
    Capriccio en si bémol majeur sur le départ de son frère bien-aimé, BWV 992
    Capriccio in honorem Johann Christoph Bachii Ohrdrufiensis en mi majeur, BWV 993
    Duetto en mi mineur, BWV 802
    Duetto en fa majeur, BWV 803
    Duetto en sol majeur, BWV 804
    Duetto en la mineur, BWV 805
    Ouvertüre nach Französischer Art, BWV 831

    CD 12. Bach Arrangements. ℗ 2001
    Sinfonia (No. 1, extrait de la Cantate « Wir danken dir, Gott, wir danken dir, BWV 29 » ; version Kempff)
    Siciliano (No. 2, extrait de la Sonate pour flûte et clavecin en mi bémol majeur, BWV 1031 ; version Kempff)
    Nun komm, der Heiden Heiland, BWV 659 (version Kempff)
    Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 645 (version Kempff)
    Ich ruf’ zu dir, Herr Jesu Christ, BWV 639 (version Kempff)
    Sheep may safely graze (No. 10, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd!, BWV 208 » ; version Mary Howe)
    Jesu, joy of man’s desiring (No. 10, extrait de la Cantate « Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147 » ; version Myra Hess)
    Wenn wir in höchsten Nöten sein, BWV 641 (version Angela Hewitt)
    Das alte Jahr vergangen ist, BWV 614 (version Angela Hewitt)
    In dulci jubilo, BWV 729 (version Lord Berners)
    Herzlich tut mich verlangen, BWV 727 (version Sir William Walton)
    Meine Seele erhebt den Herrn, BWV 648 (version John Ireland)
    O Mensch, bewein’ dein’ Sünde gross, BWV 622 (version Herbert Howells)
    Sanctify us by thy goodness (No. 5, extrait de la Cantate « Jesus nahm zu sich die Zwölfe, BWV 22 » ; version Harriet Cohen)
    Die Seele ruht in Jesu Händen (No. 3, extrait de la Cantate « Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott, BWV 127 » ; version Harold Bauer)
    Passacaglia en ut mineur, BWV 582 (version Eugen d’Albert)
    Alle Menschen müssen sterben, BWV 643 (version Angela Hewitt)

    CD 13. ℗ 2002
    Toccata en ut mineur, BWV 911
    Toccata en sol majeur, BWV 916
    Toccata en fa dièse mineur, BWV 910
    Toccata en mi mineur, BWV 914
    Toccata en ré mineur, BWV 913
    Toccata en sol mineur, BWV 915
    Toccata en ré majeur, BWV 912

    CDs 14-15. ℗ 2003
    Les 6 Suites anglaises (Intégrale)
    No. 1 en la majeur, BWV 806
    No. 2 en la mineur, BWV 807
    No. 3 en sol mineur, BWV 808
    No. 4 en fa majeur, BWV 809
    No. 5 en mi mineur, BWV 810
    No. 6 en ré mineur, BWV 811

    CD 16. Fantasia, Aria & Other Works. ℗ 2004
    Fantaisie et Fugue en la mineur, BWV 904
    Aria variata alla Maniera Italiana, BWV 989
    Sonate en ré majeur, BWV 963
    Partie en la majeur, BWV 832
    Suite en fa mineur, BWV 823
    Adagio en sol majeur, BWV 968
    Fugue en ut majeur, BWV 953
    Jesus, meine Zuversicht, BWV 728
    Wer nur den lieben Gott lässt walten, BWV 691
    Fantaisie et Fugue en la mineur, BWV 944

    CDs 17-18. Concertos avec clavier. ℗ 2005
    Concerto pour clavier No. 1 en ré mineur, BWV 1052
    Concerto pour clavier No. 7 en sol mineur, BWV 1058
    Concerto brandebourgeois No. 5 en ré majeur, BWV 1050
    Concerto pour flûte, violon et clavier en la mineur, BWV 1044
    Concerto pour clavier No. 4 en la majeur, BWV 1055
    Concerto pour clavier No. 3 en ré majeur, BWV 1054
    Concerto pour clavier No. 2 en mi majeur, BWV 1053
    Concerto pour clavier No. 5 en fa mineur, BWV 1056
    Concerto pour clavier No. 6 en fa majeur, BWV 1057

    Alison Mitchell, flûte (I) – Emma Sholl, flûte (II · BWV 1057) – Australian Chamber Orchestra – Richard Tognetti, violon solo, direction

    CDs 19-20. ℗ 2009
    Le Clavier bien tempéré Livre I, BWV 846-869

    CDs 21-22. ℗ 2009
    Le Clavier bien tempéré Livre II, BWV 870-893

    CDs 23-24. ℗ 2014
    L’Art de la fugue, BWV 1080
    Vor deinen Thron tret ich hiermit, BWV 668a

    CD 25. ℗ 2016
    Aria mit verschiedenen Veränderungen (Variations Goldberg), BWV 988

    CDs 26-27. ℗ 2019
    Les 6 Partitas (Intégrale)
    No. 1 en si bémol majeur, BWV 825
    No. 2 en ut mineur, BWV 826
    No. 4 en ré majeur, BWV 828
    No. 3 en la mineur, BWV 827
    No. 5 en sol majeur, BWV 829
    No. 6 en mi mineur, BWV 830

    Un coffret de 27 CD du label Hypérion CDS44621/47

    Photo à la une : la pianiste Angela Hewitt, au milieu des années 1980, quand elle grave son premier LP Bach publié en 1986 par Deutsche Grammophon, non inclus dans cette boîte – Photo : © DR

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    Une idéale jeunesse de Bach sous les doigts si vivants et si simplement joueurs d’Angela Hewitt, à l’épatant piano !

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    Ce samedi 27 juin 2026, Titus Curiosus, Francis Lippa

  • L’excellence toujours renouvelée d’Angela Hewitt : la merveille idoinement mozartienne – intime, légère, élégante, naturelle – de son troisième volet discographique des Sonates de Mozart, sur son piano Fazioli…

    Angela Hewitt (Ottawa, 28 juillet 1958) est une formidable pianiste :

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    à preuve la merveille subjuguante du troisième volet, le double CD Hyperion CDA 68431/2, de son intégrale des Sonates pour Piano de Mozart, sur un piano Fazioli, le CD « Mozart – Piano Sonatas – K457 – K533 – K545 – K570 – K576 » – enregistré à Marienmünster du 26 novembre au 3 décembre 2023 – qu’ouvre en supérieure beauté, à la plage 1 du CD n°1, la magique « Fantaisie en ut mineur » K476 – à écouter ici (13’08)…

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    C’est tout à fait par hasard qu’en fouillant dans la rangée de récents CDs non directement exposés sur la table des nouveautés de mon disquaire préféré que je suis tombé  sur l’image un peu kitch – une rose rose… – de ce CD d’Angela Hewitt, une pianiste que j’estime beaucoup – notamment pour ses fulgurants admirables CDs Bach des « Partitas » et des « Goldberg« , qui m’avaient beaucoup marqué ; cf mes articles «  » du 3 août 2018 et «  » du 15 décembre 2019… – , et je me suis laissé tenter…

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    Grand bien m’en a pris : c’est superbe, et surtout parfaitement mozartien – du moins à mon oreille : l’oiseau Mozart est si difficile à vraiment bien saisir et attraper.

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    Bien sûr, je suis déjà parfaitement mieux que comblé par le coffret de l’intégrale de ces « Sonates pour Piano » de Mozart sous les doigts idéalement idoines du grand Robert Levin, et sur le propre magique pianoforte de Mozart, à Salzbourg, en cette merveille lumineuse – un pur enchantement ! Cf mon article «  » en date du 22 septembre 2022 – du coffret ECM new Series ECM 2710-16 « First complete recordings of Mozart’s piano sonates on his own pianoforte from c. 1782« , paru en 2022…

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    Et c’est ainsi en parfaite inconscience-ignorance que  j’avais laissé passer les deux premiers volets (Hyperion CDA 68411/2 « Piano Sonatas K279-284 & 309 » et Hyperion CDA 68421/2 « Piano Sonatas K310-311 & 330-333« ) de cette intégrale des Sonates pour Piano de Mozart d’Angela Hewitt – parus en 2022 et 2023 – , qui vient donc ici de s’achever.

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    Mais en cherchant bien un peu,

    voici que, sur le site de Crescendo Magazine, je retrouve à l’instant ce très intéressant – et significatif surtout ! – article de Jean Lacroix, paru à la date du 4 décembre 2023 : « Toute en légèreté, Angela Hewitt poursuit son exploration des sonates pour piano de Mozart« …

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    Que je m’empresse de partager ici avec tout juste un an et demi de retard :

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    Toute en légèreté, Angela Hewitt poursuit son exploration des sonates pour piano de Mozart

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    LE 4 DÉCEMBRE 2023 par Jean Lacroix
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    Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Sonates K. 310 et 311 ; Fantaisies K. 396 et 397 ; Sonates K. 330 à 333. Angela Hewitt, piano. 2022. Notice en anglais, en français et en allemand. 155’ 55’’. Un album de deux CD Hyperion CDA68421.

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    Voici le deuxième double album que la Canadienne Angela Hewitt (°1958) consacre aux sonates pour piano de Mozart, après la parution, chez le même éditeur l’an dernier – en 2022 – , des sonates K. 279 à 284, auxquelles venait s’ajouter la K. 309. Cette artiste, qui a aussi gravé pour Hyperion plusieurs concertos de Wolfgang Amadeus, avait, dans la première livraison, imprimé à ces partitions composées à Salzbourg, à Munich et sans doute à Mannheim en ce qui concerne la K. 309, un ton qui leur convenait à merveille, à la fois simple et intime – voilà – , avec des couleurs mesurées et un toucher qui alliait la virtuosité à la fraîcheur – comme il le faut. Le nouvel éventail, qui semble annoncer une intégrale – en effet – , se présente lui aussi comme un vrai moment de bonheur pianistique – c’est dit.

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    Pour rappel, cette originaire d’Ottawa, qui a été une enfant prodige et se produisait dès l’âge de neuf ans, a étudié le piano au Conservatoire de Toronto avec le Français Jean-Paul Sevilla (°1934), mais aussi le violon et l’art de la danse, avant de poursuivre sa formation à Aix-en-Provence et de s’établir en France en 1980. Spécialiste de Bach (elle a remporté le Concours de Toronto qui porte son nom en 1985), elle a gravé des versions de référence de son œuvre, mais s’est aussi attachée à la musique française (Debussy, Ravel, Messiaen…), avec un succès salué par la critique. Avant d’aborder sa vision des Sonates de Mozart ici rassemblées, arrêtons-nous un instant sur les deux compléments au programme. Selon une pratique devenue habituelle chez elle, Angela Hewitt signe de copieux – et très riches – commentaires, y compris au niveau des dates de composition, d’après des recherches récentes. Elle propose les deux Fantaisies, en ut mineur K. 396 (inachevée et complétée par l’abbé Maximilian Stadler), et en ré mineur K. 397, des pages qu’elle a jouées dès son enfance, en particulier la seconde nommée qui était incluse dans son tout premier récital donné à Toronto lorsqu’elle avait neuf ans. Elle y voit un Mozart presque en microcosme, pour apprendre la dynamique, le sens du rythme, les gestes dramatiques, les harmonies expressives, le style improvisé, comment utiliser un son chantant. En appliquant à son interprétation ces caractéristiques énumérées, la pianiste insère ces deux fantaisies à la fin du premier CD- de ce second volet, donc –  , comme un hommage fervent à leurs accents méditatifs mais aussi dramatiques.

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    Le programme a proposé avant cela les K. 311 en ré majeur (1777) et K. 310 en la mineur (1778), ainsi que la K. 330 en ut majeur, publiée en 1784, ce qui peut la faire dater des mois qui ont suivi le mariage avec Constance Weber en août 1782. Angela Hewitt aborde la première sonate, écrite à Mannheim, en évitant la tentation de la virtuosité facile que cette partition autorise, pour en souligner le contenu émotionnel, avec élégance et légèreté – voilà – , deux adjectifs que nous attribuerons globalement au toucher de la virtuose – et c’est bien sûr à souligner. La K. 310, dans l’ombre du décès de la mère de Mozart à Paris en juillet 1778, partage des instants de révolte (dans l’Allegro maestoso) avec la mobilité lyrique de l’Andante et l’inspiration mouvante du Presto final, plein d’agitation et d’anxiété, ajoute Angela Hewitt. Dans la K. 330, il y a du rayonnement, de l’insouciance même, avec cet Andante cantabile qui, pour la pianiste, évoque le futur Mendelssohn – remarque tout à fait intéressante – , et une expressivité qui sait se faire gracieuse et même, tout à la fin, frôler l’humour. Ce premier disque de l’album, qui s’achève donc par les deux Fantaisies, est parcouru par des couleurs qui sont à la fois discrètes et intenses – voilà – , vécues par Angela Hewitt avec un appel au partage et au rêve.

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    On aborde le second disque avec l’impatience de découvrir la fameuse K. 331 en la majeur, avec la célèbre Alla turca. Après la série de six variations, que la pianiste développe avec un sens très sûr de l’ornementation, la chaleur que développe son Fazioli – et c’est aussi à souligner – creuse la redécouverte d’un manuscrit de cette sonate en 2014 à Budapest, (explications à la clef, dans la notice), avant cet Allegretto si attendu d’inspiration turque. Le choix assumé de ne pas jouer trop vite ce mouvement lui apporte son poids d’originalité. Quelle finesse – voilà, voilà ! – est ici étalée dans le contrôle du dynamisme ! Avec la Sonate K. 332 en fa majeur, on peut apprécier d’autres commentaires interprétatifs d’Angela Hewitt, qui montre à quel point une notice intelligente peut se révéler un outil pédagogique des plus indispensables – mais oui !.. On est emporté par l’élan imprimé au chant de l’Allegro, par le cantabile de l’Adagio et par l’équilibre de l’Allegro assai. On est définitivement conquis (mais on l’est depuis le début !) par la Sonate K. 333 en si bémol majeur, dont la pianiste affirme qu’elle a toujours été l’une de ses préférées. Elle la situe, selon des recherches récentes, à Linz ou à Vienne en novembre 1783, et lui accorde, en guise de bouquet final à son album, toute la poétique joyeuse qui traverse la presque totalité de l’Allegro, avant un Andante cantabile racé et un Allegretto grazioso final des plus brillants.

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    Ce sera sans doute à l’aune de la totalité de l’intégrale en chantier, dont on attend le troisième volet avec avidité, que l’on pourra mesurer la remarquable vision – voilà – qu’Angela Hewitt a des sonates de Wolfgang Amadeus. Ce deuxième volume confirme en tout cas toutes les promesses du premier déjà paru, et place cette artiste au rang le plus convaincant des interprètes actuels de Mozart – oui, oui – , dont elle distille la richesse avec un art et un goût très sûrs – et c’est excellemment dit.

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    Son : 10  Notice : 10  Répertoire : 10  Interprétation : 10

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    Jean Lacroix

     

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    Pas d’article repéré à ce jour à propos de ce troisième volet des Sonates pour Piano de Mozart par Angela Hewitt ;

    mais la performance parfaitement mozartienne d’Angela Hewitt sur son piano Fazioli, est tout à fait à saluer !

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    Bravissimo Madame !

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    Et écouter ainsi de tels parfaits Mozart fait toujours un bien fou !!!

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    Ce jeudi 26 juin 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Epatante Angela Hewitt, cette fois dans les 6 Partitas de Bach (BWV 825 à 830)

    Longtemps,

    un imbécile préjugé _ de je ne sais quelle provenance _

    m’a fait vilainement considérer Angela Hewitt, pianiste canadienne _ née à Ottawa le 26 juillet 1958 _,

    comme une sorte de sous-disciple du pianiste, canadien lui aussi, Glenn Gould _ Toronto, 25 septembre 1932 – Toronto , 4 octobre 1982.

    …

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    Jusqu’au jour où j’ai véritablement écouté un de ses CDs,

    probablement une interprétation de Bach,

    peut-être même les Variations Goldberg.

    …

    Une interprétation tout à fait jouissive

    _ alors que j’exècre Glenn Gould !!! L’imposture incarnée…

    …

    …

    Même si je continue de préférer Bach au clavecin,

    et probablement d’abord par l’ami Pierre Hantaï…

    …

    Mais Hewitt procure un très grand plaisir d’écoute,

    sans maniérisme, ni affèterie aucune ;

    mais beaucoup d’élan vital.

    …

    Elle est dans la jubilation.

    …

    …

    Nouveau déclic : ses deux CDs Domenico Scarlatti _ un de mes compositeurs fétiches.

    …

    Et à nouveau, très grands plaisirs de la suivre l’écouter jouer :

    …

    de nouveau les mêmes qualités motoriques,

    et de souplesse jubilatoire.

    …

    Et là encore même si je place ici encore au pinacle les CDs Scarlatti/Pierre Hantaï au clavecin :

    …

    tout simplement _ superlativement _ géniaux.

    …
    …

    Et aujourd’hui, voici le double CD Hyperion _ Hyperion CDA 68271/2 _ des 6 Partitas de Bach BWV 825 à 830.

    …

    …

    Et Angela est de nouveau au rendez-vous parfait de la jubilation

    confortable _ et surtout ne rien y voir de péjoratif ! _

    pour ce nouveau grand volume Bach au piano.

    …

    Nous sommes dans de l’apollinien _ et pas du dionysiaque…

    …

    …

    A conseiller pour l’auto-radio d’un un peu long parcours en voiture :

    …

    vous aurez l’impression d’un parfait accompagnement de jubilation,

    comme si votre véhicule vous transportait, sinon au paradis sur un tapis volant,

    du moins vers un lieu de vacances parfaitement ensoleillé et joyeux :

    …

    heureux.

    …

    Sans trop vous poser de questions.

    Telle une évidence tranquillement dynamique

    et dynamisante.

    …

    …

    Angela Hewitt, ou une amie de la meilleure compagnie musicale qui soit.

    …

    Très hautement recommandable, donc,

    pour le moins.
    …
    …
    Ce dimanche 15 décembre 2019, Titus Curiosus – Francis Lippa