Étiquette : Anne Le Bozec

  • Superbe « atelier du récital » de Thomas Dolié et Anne Le Bozec, autour de 3 des merveilleux Kerner-Lieder de Robert Schumann, cet après-midi : un travail exemplaire…

    Chère Anne Le Bozec,

    Cher Thomas Dolié,

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    Au-delà de ce merveilleux récital de cet après-midi dans la petit salle chaleureuse de la Machine à Musique
    _ la taille du local est parfaite pour l’intimité entre votre magnifique travail et l’attention chaleureuse, oui;  du public ! _,
    et en vous félicitant de cette transformation de l’Atelier du Chanteur en Atelier du Récital,
    et l’accent que vous avez parfaitement mis sur l’égalité (et complète fusion, structurelle) du pianiste et du chanteur dans le travail et la performance accomplis,
    …
    je me permets de vous adresser la vidéo  de l’entretien (d’une durée de 60’) que j’ai mené mardi 14 janvier dernier à la Station Ausone de la librairie  Mollat, 
    avec mon ami philosophe de l’Art Bernard Sève, auteur d’un magistral « Les Matériaux de l’art » (aux Editions du Seuil).
    …
    Deux analyses siennes devraient, me semble-t-il, particulièrement retenir votre attention :
    d’une part la distinction que fait Bernard Sève entre ce qu’il nomme « les oeuvres secondes », en l’occurrence ici les Lieder de Schumann,
    et « les oeuvres premières », en l’occurrence ici les Poèmes de Kerner ;
    et d’autre part la distinction conceptuelle qu’il fait aussi, et propose, entre « collaboration » (labor), et « coopération » (opus), entre divers auteurs
    _ en situation d’égalité ou pas _ d’une même oeuvre d’art ou performance partagée :
    ici une « coopération » entre Kerner et Schumann,
    comme aussi entre vous deux, Thomas et Anne : sur un parfait pied d’égalité, tant dans le travail de mise au point, passionnant, que dans la performance finale ,profonfément émouvante…
    …
    Je sais bien que vous êtes des artistes-musiciens, et que vous ne disposez pas d’un temps de loisir infini,
    mais il me semble que l’analyse philosophique très précise et très détaillée, et éminemment concrète, sur des exemples bien développés, menée par Bernard Sève en son livre,
    de même que la performance-coopération de l’entretien jubilatoire entre Bernard et moi-même sur la scène de la Station Ausone 
    sont susceptibles de rencontrer votre curiosité…
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    Voici aussi un lien à l’article du magazine Crescendo, intitulé « Magistral Don Giovanni incarné par Florian Sempey au Théâtre des Champs-Élysées », sous la plume de Victoria Okada, et en date d’hier,
    qui salue la brillante performance de Thomas dans sa prise de rôle de Leporello, le 20 janvier dernier au Théâtre des Champs-Elysées :
    « Thomas Dolié endosse le rôle de Leporello, plus malin que d’être victime face aux caprices de son maître. Son physique élancé crée un effet de contraste bouffon à l’instar de Don Quichotte et Sancho Pança (mais à l’inverse), tout comme la situation similaire dans laquelle les deux laquais se trouvent. Outre son magnifique timbre de baryton, il déploie avec espièglerie les aigus pour accentuer le caractère de son personnage » :
    https://www.crescendo-magazine.be/magistral-don-giovanni-incarne-par-florian-sempey-au-theatre-des-champs-elysees/…
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    Je n’ai pas encore rédigé d’article sur mon blog pour saluer le magnifique double CD Alpha 1106  d’ « Iphigénie en Tauride » de Desmarets et Campra,
    avec la superbe performance de Thomas, impérial en Oreste. 
    Desmarets est un compositeur que j’aime particulièrement,
    depuis que Hugo Reyne dont j’ai été le conseiller artistique durant toute la décennie 90 (il enseignait au CNR de Bordeaux), me l’a fait découvrir…
    …
    De même que je chroniquerai bien sûr le CD Aparté AP 374 « Songs & Piano Works » d’Agathe Backer Grondahl, de Karen Vourch et Anne, que j’écouterai demain…
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    Oui, votre travail ce soir a été vraiment magnifique, rien plus d’être éminemment sympathique ;
    et je souhaite que vous réussissiez à transformer votre si beau travail sur ces si beaux Kerner Lieder de Robert Schumann en CD,
    afin de le faire très largement partager…
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    Merci encore de ce rayonnant moment de joie !
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    Ce samedi 25 janvier 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • Un petit éclairage sur la singulière histoire du label discographique « Le Palais des dégustateurs », et de son créateur passionné, Eric Rouyer…

    Le numéro 16, de juin-juillet 2021 de Trémolo Magazine comporte, en ses pages 14, 15 et 16, un article intitulé « Musique à déguster qui présente un rapide historique de l’intéressant et original label discographique « Le Palais des Dégustateurs« .

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    Article que voici :

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    Une histoire de vins et de musique. Et pas n’importe quels vins mais, au contraire, les plus fameux crus de Bourgogne. Quand la vente et la spéculation autour des grands vins permettent l’enregistrement d’œuvres musicales.

    Tout commence dans un des domaines viticoles les plus célèbres de France, la Romanée Conti. Grand par la réputation et l’excellence des vins qui y sont produits, petit par la taille du domaine : à peine plus d’un hectare et demi et un peu moins de 5 500 bouteilles produites chaque année. Exceptionnelles… et hors de prix. Un produit de grand luxe, qui alimente la spéculation.

    Eric Rouyer est caviste, agent distri­buteur de vins. Il est également mélomane. Depuis 20 ans, il organise des concerts dans des lieux qui ne sont normalement pas dédiés à cela, notamment des caves en Bourgogne. Un jour, l’idée vient d’enregistrer un CD, qui sort en 2012. Et puis tout s’est emballé, raconte-­t-­il. Soutenu par une quinzaine des plus grands domaines viticoles de Bourgogne, le Palais des dégustateurs compte aujourd’hui a son catalogue 25 albums souvent doubles, et ce n’est pas fini.

    Des lieux à l’acoustique difficile

    Le premier enregistrement a eu lieu à la Goillotte, ancienne cuverie du Prince de Conti, à Vosne­ Romanée, les suivants dans ce même lieu ou à Beaune, dans le couvent des Jacobins. Des lieux atypiques, à l’acoustique difficile, comparée à celle d’un studio. Il y a de l’inconfort physique, explique Eric Rouyer. Il faut aux musiciens un peu de temps pour saisir la différence entre ce qu’ils entendent et ce que le micro enregistre. En revanche, j’assure un confort moral. Cultivant un côté atypique, Eric Rouyer « recrute » des musiciens qui, sans être sur le devant de la scène médiatique, sont des professionnels qui ont fait leurs preuves. Avec eux, il tisse un lien amical avant tout. Je les prends un peu en otage et ils vont au­-delà de ce qu’ils imaginent, observe-­t-­il. C’est ainsi que des CDs ont pu être enregistrés par Robert Levin, Anne Le Bozec, Boris Berman, Ya ­Fei Chuang et bien d’autres. Plutôt « hors système », le label a obtenu quelques distinctions : un diapason d’or, onze distinctions de Classica, un ffff dans Télérama… Il a déclenché l’enthousiasme du chef Alain Passard, dont le restaurant trois étoiles, l’Arpège, porte dans son nom l’attrait pour la musique de son créateur . Celui­-ci apporte son soutien au Palais des dégustateurs à chaque fois qu’il en a l’occasion. Et le lien entre tout cela est moins improbable qu’il n’y paraît. Après tout, grands vins, cuisine étoilée et musique relèvent tout simplement des plaisirs de la vie.

    Une aventure financière

    Créer un label discogra­phique est une aventure à tous points de vue. De son propre aveu, si Eric Rouyer a pu réaliser ses projets, c’est avant tout parce qu’il bénéficie de la confiance des vignerons, qui lui permettent d’enregistrer dans des lieux dédiés au vin. Pour autant, il s’agit toujours d’un énorme risque financier. Je le fais, c’est déraisonnable, et puis après, je me débrouille, s’amuse-­t-il. Avant d’avouer que son comptable s’arrache les cheveux.

    Son activité profession­nelle de caviste et de négociant soutient le label et contribue à faire aboutir les projets. Selon lui, il y a 30 ans, cette aventure n’aurait pas été possible. Le vin est en effet devenu un produit de luxe durant les dernières décennies et connaît actuellement un emballement qui en fait un produit spéculatif. «Pour ceux qui ont de l’argent à dépenser, la bouteille de grand vin a remplacé la Porsche d’autrefois, observe­-t-­il. Une situation dont il ne se réjouit pas parce qu’il la juge symptôme d’un système malade, mais dont le label profite pour le moment. Jusqu’à l’inversion ? Un peu lassé des selfies avec les bouteilles, un vigneron aimerait faire évoluer ses pratiques et, puisque certains grands vins sont représentés par des agents, comme les artistes, il a demandé à être distribué par le label Palais des dégustateurs ; une « porte de sortie » pour son produit. Eric Rouyer travaille à cette évolution : représenter les grands vignerons à travers son label discographique. Et la petite entreprise soutenue par la réputation des vignerons, pourrait à son tour devenir un soutien pour ces derniers. En attendant, en passionné des bonnes choses, Eric Rouyer continue tous azimuts à s’enthousiasmer pour les grands vins comme pour la grande musique. Quand on assume une passion, on peut vivre des choses superbes, conclut-­il.

    La Romanée Conti, un lieu magique

    La célébrité de la Romanée Conti est très ancienne. Elle date de l’époque où le prince Louis François de Bourbon­ Conti l’achète, en 1760, pressentant qu’à cet endroit­-là, il se passe quelque chose de magique, raconte Eric Rouyer. Depuis le 18e siècle, la parcelle a connu de nombreuses mésaventures telles que l’arrivée des maladies cryptogamiques (l’Oïdium, le mildiou) et des ravageurs (la pyrale, le phylloxera), qui ont contraint à l’arrachage des pieds de vigne en 1945. Aujourd’hui, la parcelle est cultivée en biodynamie, à l’aide d’outils tirés par un cheval et elle est une des plus célèbres du monde, à tel point que les amateurs de vin viennent du monde entier pour la voir. Quant au prix d’une seule bouteille, il s’élève à plusieurs milliers d’euros… jusqu’à plus de 45 000 € pour une bouteille de l’année 2 000, par exemple.

    Le terroir (le sol, le climat…) est ce qui fait la différence et permet de produire un grand vin. Entre un bon vin et un grand vin, ce qui fait la différence, c’est l’émotion, confie Eric Rouyer. On est dans le mystère. Et plus un vin est grand, moins on a de choses à dire.

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    La passion de la musique peut ainsi heureusement mener à l’écart des sentiers battus…

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    Ce lundi 2 août 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa