Étiquette : Anne Sofie Von Otter

  • Parmi diverses interprétations du sublime « Speak low », du « One Touch of Venus » (à Broadway en 1943), de Kurt Weill, écouter celle, sublimissime, en 1957, de Lotte Lenya, à coté de celle, encore plus bouleversante si c’est possible, de Kurt Weill lui-même l’essayant en la plus pure simplicité à son piano…

    En mon article «  » d’hier 23 septembre,

    j’en suis venu, à propos du désir émis en son bel article « Péchés capitaux »  par Jean-Charles Hoffelé d’écouter cette magnifique chanteuse qu’est Katherine Mehrling maintenant aussi dans les « Songs » de la période américaine (1935 – 1950) _ après sa période française (1933 – 1935) _ de Kurt Weill (Dessau, 2 mars 1900 – New-York, 3 avril 1950),

    à propos desquels je me permettais de donner un lien au podcast du sublime « Speak low » de « One Touch of Venus » (composé et créé en 1943, sur un texte d’Ogden Nash), choisi par moi, ici, dans l’interprétation, en 1994, d’Anne Sofie von Otter, qui m’a durablement marqué…

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    …

    Ce qui m’a incité à récapituler ce jour les CDs de ma discothèque personnelle comportant cette superbissime chanson glamour qu’est « Speak low« …

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    …

    Voici donc ces CDs retrouvés à portée de ma main qui comportent une interprétation de ce tendrissime »Speak slow » :

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    _ 3 CDs comportant la même interprétation, de ce « Speak low » d’octobre 1943, par Mary Martin et Kenny Baker _ les créateurs des rôles de « One Touch of Venus« , le 7 octobre 1943, à l’Imperial Theater, à Broadway, à New-York… _  avec le One Touch of Venus Orchestra placé sous la direction de Maurice Abravanel (Salonique, 6 mai 1903 – Salt Lake City, 22 septembre 1993) :

    …

    _ soit à la plage 21 du CD Pear GEM 0108 « Kurt Weill from Berlin to Broadway » ;

    _ soit à la plage 15 du CD n°2 du double CD GEMM 9189 « Kurt Weill from Berlin to Broadway » ;  

    _ et soit à la plage 15 du CD n°9 du coffret de 10 CDs 10 CD Collection LC 1228 « Brecht/Weill » ;

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    _ le CD Sony Classical MHK 60647  « Lotte Lenya sings Kurt Weill« , avec orchestre et chœur de la Columbia, sous la direction de Maurice Levine, à la plage 5 _ écoutez ici le podcast (d’une durée de 2′ 50) de cette interprétation sublimissime, enregistrée au Studio Columbia de la 30e rue, à New-York, le 5 août 1957, par l’extraordinaire Lotte Lenya (Vienne, 18 octobre 1898 – New-York, 28 novembre 1981 ; l’épouse de Kurt Weill), 7 ans et 7 mois après le décès du compositeur son mari : de loin mon interprétation préférée ! _ ;  

    …

    _ le CD Deutsche Grammophon « Speak low – Songs by Kurt Weill » d’Anne Sofie von Otter _ ré-écoutez-ici le podcast (d’une durée de 3′ 59) : c’est superbe de glamour ultra-fondant !.. _, à la plage 21, avec le NDR Sinfonieorchester placé sous la direction de John Eliot Gardiner _ l’enregistrement a eu lieu à Hambourg, au mois de septembre 1993  _ ;

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    _ le CD Sony Classical SK 63046 « September Songs – the music of Kurt Weill« , par divers interprètes, dont Charlie Haden, à la plage 7 _ écoutez-ici le podcast (d’une duré de 3′ 46) : la prestation de Charlie Haden est d’une douceur étonnante et magnifique ! _ ;
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    _ le CD BMG 09026  63513 2 « Charming Weill – Dance Band Arrangements » du Palast Orchester, sous la direction de H. K. Gruber, avec le chanteur Max Raabe, à la plage 15 _ écoutez-ici le podcast (d’une durée de 4′ 32) : une interprétation dansante tout à fait emballante ! _ …

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    Mais écoutez aussi et surtout l‘interprétation de « Speak low » par Kurt Weill lui-même enregistré à son piano, un véritable trésor, extrait d’un CD « Tryout » (DRG Records) que je ne possède pas, et dénichée sur youtube _ en cherchant davantage…

    …

    En voici le bouleversant podcast (d’une durée de 2′ 09) : très simplement susurrée, c’est la tendresse de la vulnérabilité même qui nous est ici donnée, en sa plus pure et nue simplicité, par le compositeur en personne…

    Un document unique !

    …

    …

    Et écoutez bien ses paroles _ à la Andrew Marvell ; relire son admirable « To his coy mistress » : « Time’s wingèd chariot hurrying near« … _ sur le passage, « too soon, too soon« , du Temps…

    …

    …

    Speak low when you speak love

    Our summer day withers away too soon, too soon

    Speak low when you speak love

    Our moment is swift, like ships adrift, we’re swept apart too soon

    …

    Speak low, darling, speak low

    Love is a spark, lost in the dark too soon, too soon

    I feel wherever I go that tomorrow is near,

    Tomorrow is here and always too soon

    …

    Time is so old and love so brief

    Love is pure gold and time a thief

    …

    …

    We’re late, darling, we’re late

    The curtain descends, everything ends too soon, too soon

    I wait, oh darling, I wait

    Will you speak low to me, speak love to me and soon

    …

    …

    Soit, en 1943, pour Kurt Weill :

    …

    Time is so old and love so brief

    Love is pure gold and time a thief

    …

    …

    J’adore bien entendu le génie musical, toujours si émouvant, de Kurt Weill !

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    Ce mardi 24 septembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Mieux connaître l’art du lied de Korngold : un exemple, l’interprétation du lied « Was du mir bist ? », Op. 22 n°1

    L’art du lied d’Erich-Wolfgang Korngold (Brünn, 29 mai 1897 – Hollywood, 29 novembre 1957)

    mérite d’être bien mieux connu

    _ cf mon article d’hier 13 août : «  « … _.

    …

    …

    Déjà, on peut en établir un catalogue :

    …

    • Zwölf Lieder, opus 5 (1910-1911), offerts à son père avec la dédicace « So Gott und Papa will », poèmes de Josef Karl Benedikt von Eichendorff.
      • 1. Das Ständchen
      • 2. Winternacht
      • 3. Das Mädchen
      • 4. Abendlandschaft
      • 5. Schneeglöckchen
      • 6. Aussicht
      • 7. Die Sperlinge
      • 8. Nachtwanderer
      • 9. Der Friedensbote
      • 10. Vom Berge
      • 11. Waldeinsamkeit
      • 12. Sangesmut
    • Sechs einfache Lieder pour voix et piano, opus 9 (1911–16), dédiés à Luise von Fraenkel-Ehrenstein, d’après des poèmes de Joseph von Eichendorff(1-3), Elisabeth Honold, Heinrich Kipper, Siegfried Trebitsch. Création partielle à Frankfort, le 15 février 1912 des Eichendorff par le baryton Hans Vaterhauss et le compositeur.
    1. Schneeglöckchen
    2. Nachtwanderer
    3. Ständchen
    4. Liebesbriefchen [Lettres d’amour]
    5. Das Heldengrab am Pruth
    6. Sommer
    • Vier Lieder des Abschieds [Quatre Chants d’adieu], opus 14 (n° 4 : 1915, 1920–21) Sur des poèmes de Christina Rossetti/Alfred Kerr (1), Edith Ronsperger (2) et Ernst Lothar (3-4). Création à Hambourg, le 5 novembre 1921, par l’alto Maria Olszewska et le compositeur. Korngold orchestre la partition – très fournie dans sa version piano – et la dirige à Vienne, le 14 janvier 1923 avec la mezzo-soprano Rosette Anday. La mélodie n° 4 est plus ancienne que les autres. Elle fut publiée sous le titre de L’Adieu au Soldat Autrichien, au profit d’œuvres de bienfaisance et était alors destinée à un baryton. La révision est considérée par Brendan Carroll comme l’un des plus beaux lieder de Korngold18.
    1. Sterbelied
    2. Dies eine kann mein Sehnen nimmer fassen
    3. Mond, so gehst du wieder auf
    4. Gefaßter Abschied
    • Drei Gesänge sur des poèmes de von Hans Kaltneker, opus 18 (1924). Création à Vienne, le 11 mars 1926, par la mezzo-soprano Rosette Anday et le compositeur.
    1. In meine innige Nacht
    2. Tu ab den Schmerz
    3. Versuchung
    • Drei Lieder pour voix et piano, opus 22 (1928-29), sur des poèmes d’Eleonore van der Straten (1) et Karl Kobald. Création à Vienne, le 9 décembre 1928, par Margit Angerer et le compositeur.
    1. Was du mir bist ?
    2. Mit dir zu schweigen
    3. Welt ist stille eingeschlafen
    • Unvergänglichkeit, Liederkreis opus 27 (1933)
    1. Unvergänglichkeit, Das eilende Bächlein, Das schlafende Kind, Stärker als der Tod, Unvergänglichkeit.
      Nach Gedichten von Eleonore van der Straten. Uraufführung am 27. Oktober 1937 durch Desi Halban.
    • Songs of the Clown [Chants du Clown], opus 29 (1937), poèmes de William Shakespeare « Twelfth Night or What You Will ». Création à Los Angeles, le 28 juin 1941, par Nanette Fabray et le compositeur.
    1. Come Away, Death
    2. O Mistress Mine
    3. Adieu, Good Man Devil
    4. Hey, Robin!
    5. For the Rain, It Raineth Every Day
    • Four Shakespeare Songs, opus 31 (1937–41), poèmes de William Shakespeare extraits d’Othello et As You Like It. Création à Los Angeles, le 28 juin 1941, par Nanette Fabray et le compositeur.
    1. Desdemona’s Song
    2. Under the Greenwood Tree
    3. Blow, Blow, Thou Winter wind
    4. When Birds Do Sing
    • Fünf Lieder, opus 38 (1948 – éd. Schott), dédiés à Maria Jeritza, d’après des poèmes de Richard Dehmel (1), Joseph von Eichendorff (2), Howard Koch (3) et William Shakespeare (5, Sonnet 130). Création à Vienne, le 19 février 1950 par la mezzo-soprano Rosette Anday et le compositeur.
    1. Glückwunsch
    2. Der Kranke
    3. Alt-spanisch
    4. Alt-englisch
    5. Kein Sonnenglanz im Auge [My Mistress’ Eyes]
    • Sonett für Wien (In memoriam) pour mezzo-soprano et piano, opus 41 (1953), dédié à Gretel Kralik. Poèmes de Hans Kaltneker. Ursprünglich die Vorspannmusik zum Film «Escape Me Never» (1947).
    • Lieder inédits – Poèmes de Joseph von Eichendorff.
    1. Abendlandschaft
    2. Angedenken
    3. Aussicht
    4. Das Mädchen
    5. Der Friedensbote
    6. Die Geniale
    7. Die Sperlinge
    8. Reiselied
    9. Sangesmut
    10. Vesper
    11. Vom Berge
    12. Waldeinsamkeit
    13. Winternacht

    On peut encore y adjoindre

    Die Gansleben in Hause Duschhitz composé le 6 avril 1919, sur un texte de Korngold lui-même.

     

    …

    …

    Le CD « E.W.Korngold Lieder« , soit le CD Harmonia Mundi HMC 901780, enregistré en novembre 2001, à Berlin, par le baryton Dietrich Henschel et le pianiste Helmut Deutsch _ sur lequel ne figurent pas les Songs composés sur des poèmes de Shakespeare par Korngold aux États-Unis  _, et d’une durée toale de 75′ 45,

    comporte la presque totalité des Lieder de Korngold, depuis les douze des « Zwölf Lieder » Op. 5 (de 1910-1911) jusqu’à celui, unique, du « Sonett für Wien » Op. 41 (de 1953),

    à l’exception, un peu étrange toutefois, d’une part, de 2 des « Drei Lieder » Op. 22 (de 1928-29), les n° 2 « Mit dir zu schweigen » et 3 « Welt ist stille eingeschlafen » _ n’est en effet présent en ce CD que le n° 1 « Was du mir bist ?« … _ ; et, d’autre part, du n°1 « Unvergänglichkeit » des 2 Lieder du recueil éponyme « Unvergänglichkeit » Op. 27 (de 1934) _ alors que sont présents en ce CD de 75′ 45 les n°2 « Das eilende Bächlein » et n°3 « Das schafende Kind » de ce recueil…

    …

    …

    Et voici que vient de paraître pour le label Aparté le CD « In meinem Lied » _ Aparté AP288 _, enregistré à Hohenems du 31 août au 4 septembre 2021 par la soprano Sarah Traubel et le même pianiste Helmut Deutsch,

    dont le programme est composé d’un choix de Lieder de Gustav Mahler, Franz Liszt, Erich-Wolfgang Korngold et Richard Strauss.

    …

    …

    Or je remarque que les Lieder présents ici de Korngold viennent précisément combler ce qui manquait dans l’enregistrement de 2001 avec Dietrich Henschel du catalogue des Lieder de Korngold _ j’en excepte toutefois les 13 Lieder inédits (et sans numéro d’opus) sur des poèmes de Joseph von Eichendorff… _  :

    …

    d’une part les lieder n°2 « Mit dir zu schweigen » (d’une durée ici, en 2021, de 2′ 11) et n°3 « Welt ist stille eingeschlafen » (d’une durée, lui, de 3’18), du recueil des « Drei Lieder » Op. 22 de 1928-29 ;

    ainsi que, d’autre part, le lied « Unvergänglichkeit » (d’une durée ici de 2′ 22) du recueil éponyme « Unvergänglichkeit » Op. 27 de 1933 ;

    soit une durée totale pour ces trois lieder enregistrés cette fois, en 2021 pour le label Aparté, de 10′ 17…

    …

    …

    Au point que je me demande si Helmut Deutsch n’a précisément pas voulu en quelque sorte « réparer«  en 2021 ce manque de son CD de 2001 avec Dietrich Henschel _ probablement pour une raison de durée du CD qui aurait dépassé les 80′ … _, en enregistrant en août-septembre 2021 avec Sarah Traubel

    d’une part la totalité des « Drei Lieder » de l’Op. 22 (le n°1 « Was du mir bist ?« , le n°2 « Mit dir zu Schweigen » et le n°3 « Welt ist stille eingeschlafen« ) _ comportant donc à nouveau le lied n°1 « Was du mir bist ?«  déjà présent dans le CD enregistré en novembre 2011 avec Dietrich Henschel _ ;

    ainsi que, d’autre part, le lied n° 1 « Unvergänglischkeit » du recueil éponyme, qui était étrangement manquant lui aussi dans l’enregistrement de novembre 2001 avec Dietrich Henschel… 

    …

    …

    La présence de ce lied « Was du mir bist ? » Op. 22 n°1,

    seul commun aux deux CDs de Lieder de Korngold par Helmut Deutsch, en 2001 avec le baryton Dietrich Henschel (un lied d’une durée de 2′ 14 sur ce premier CD), et, en 2021 avec la soprano Sarah Traubel (le lied a cette fois une durée de 2’26 sur ce nouveau CD),

    offre donc la bienvenue opportunité de comparer les interprétations par ces deux chanteurs de ce même lied, accompagnés à 20 ans de distance _ 2001 – 2021 _, par le même pianiste…

    …

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    Ce lied « Was du mir bist ?« , extrait des « Drei Lieder » Op. 22, un recueil dédié par Erich-Wolfgang Korngold  à sa mère, est composé sur un poème d’Eleonore van der Straten _ alors que les lieder n°2 « Mit dir zu Schweigen » et n°3 « Welt ist stille eingeschlafen » sont tous deux composés sur des poèmes de Karl Kobald (Brünn, 28 août 1873 – Vienne, 12 octobre 1963).

    Et je remarque aussi que le lied « Unvergänglischkeit«  est lui aussi composé sur un poème de la même Eleonore van der Straten (8 janvier 1873 – 3 octobre 1960)…

    …

    …

    Cependant,

    et avec un peu plus de hauteur,

    Anne-Sofie von Otter, mezzo-soprano, avec son pianiste Bengt Forsberg, en un superlatif double CD Deutsche Grammophon DG 459 631-2 , intitulé « Rendez-vous with Korngold« , en 1999, nous donne une sublime interprétation de ces « Drei Lieder » Op. 22 (de 1930) de Korngold, « Was du mir bist ?« , « Mit dir zu Schweigen » et « Welt ist stille eingeschlafen » : écoutez-en ici ce podcast de 7’58 accessible sur youtube… C’est une merveille !

    …

    La performance réalisée alors semble demeurer hors de portée de l’enthousiasme même de Sarah Traubel…

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    Ce dimanche 14 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Pour élargir notre connaissance des compositeurs du temps de la Shoah

    Ce jour, sur le site de ResMusica,

    Jean-Christophe Le Toquin ouvre notre connaissance des compositeurs du temps de la Shoah,

    par un article « Cinq destins  de compositeurs juifs du XXe siècle« , consacré à un passionnant CD intitulé « Jewish destinies« , un CD KMI (Karusel Music International), proposé par le chef d’orchestre Amaury du Clausel..

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    Cinq destins de compositeurs juifs du XXe siècle par Amaury du Closel

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    Avec l’album Destins juifs, Amaury du Closel poursuit son travail de défense et de reconnaissance _ voilà _ des compositeurs du XXᵉ siècle marqués par la Shoah. Il fait mouche avec la jeune soprano Erminie Blondel.

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    Si les œuvres proposées dans cet album ont été composées entre 1912 (le Pierrot Lunaire de Max Kowalski) et 1947 (les Huit chants populaires juifs de Simon Laks) et dépassent donc les circonstances historiques de la persécution nazie, c’est bien la Shoah qui fait le lien entre les cinq compositeurs réunis ici. Elle a bouleversé leur destin, par l’enfermement, pour les uns l’exil, pour les autres la mort. Deux ont payé le prix ultime, Viktor Ullmann et Ilse Weber assassinés en 1944 à Auschwitz. Louis Saguer, musicien allemand engagé politiquement auprès des communistes, a fui Berlin pour Paris en 1933. Il ne fut pas déporté par les nazis, mais interné en 1939 par les autorités françaises, avant d’être naturalisé français en 1947.

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    Dans la lignée de son engagement depuis 2003 avec son initiative des Voix Étouffées, Amaury du Closel remet en lumière ces compositeurs sinon oubliés, du moins méconnus. Et pourtant, elle est belle leur musique _ oui.

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    Qui connaît le Pierrot lunaire de Max Kowalski, composé la même année 1912 que celui, fameux, d’Arnold Schoenberg ? Schoenberg le connaissait et ne dédaignait pas ce cycle plus court – 12 poèmes contre 21 – à l’esthétique certainement moins avant-gardiste, mais qui dégage un vrai parfum fin de siècle avec une pointe d’humour. Les deux Pierrot juxtaposés composeraient une belle affiche de concert !

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    Les Cuatro cánticas Sefardíes ou Quatre chants populaires judéo-espagnols de Louis Saguer (1935-1936) en langue ladino (parlée dans les Balkans par les descendants des Juifs d’Espagne chassés en 1492 !), les Trois mélodies yiddish de Viktor Ullmann (1944) et les Huit chants populaires juifs de Simon Laks (1947) ont en commun d’avoir été écrits en acte de résistance face à la volonté d’extermination, pour que la culture juive (re)vive. Ainsi vont les tentatives de négation et d’extermination, elles aboutissent à revivifier la culture qu’elles oppriment.

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    Ilse Weber, choisit, elle, un autre moyen de se mettre debout et de nous mettre à genoux : l’extrême simplicité, la dignité, la pudeur. Pour bercer les enfants et qu’ils oublient le camp et leur destin. Quelle force d’âme dans cette douceur ! Il semble que des décennies après leur composition, on n’a pas fini d’apprécier la puissance de ces mélodies qui glissent comme de l’eau.

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    Dans ce généreux programme de 75 minutes, la soprano Erminie Blondel doit ainsi varier les styles, de la mélodie fin de siècle Mitteleuropa aux chansons populaires séfarades et yiddish, en concluant par les chansons universelles dépourvues de sophistication, émouvantes par le dépouillement. L’expression est toujours juste, jusqu’aux dernières paroles sans accompagnement qui closent le disque et nouent la gorge. C’est un disque qui par son éthique fait écho à l’album _ marquant ! _ Terezín/Theresienstadt par Anne Sofie von Otter (DG). Un enregistrement qui n’apportera pas une gloire brillante à ses auteurs, mais qui durera.

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    Le livret avec les poèmes tous proposés en langue originale et traduits en français et en anglais, est riche et indispensable.

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    Lire aussi :

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    Anne Sofie von Otter : Theresienstadt / Terezín

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    Terezín/Theresienstadt.

    Ilse Weber (1903 – 1944) : Ich wandre durch Theresienstadt, Ade, Kamerad !, Und der Regen rinnt, Wiegala ;

    Karel Svenk (1917-1945) : Pod destnikem, Vsechno jde ! (Marche de Terezin).

    Adolf Strauss (1902 – 1944) : Ich weiß bestimmt, ich werd Dich wiedersehn !

    Anonyme : Terezin-Lied ;

    Martin Roman (1910-1996) : Wir reiten auf hözelrnen Pferden ;

    Hans Krasa (1899-1944) : Trois mélodies d’après Arthur Rimbaud ;

    Carlo Sigmund Taube (1897-1944) : Ein jüdisches Kind ;

    Viktor Ullmann (1898-1944) : Beryozkele, Trois Mélodies tirées des Six Sonnets, opus 34 ;

    Pavel Haas (1899-1944) : Quatre Chants sur des poésies chinoises ;

    Erwin Schulhoff (1894-1942) : Sonate pour violon (1927).

    …

    Anne Sofie von Otter, mezzo-soprano ; Christian Gerhaher, baryton ; Daniel Hope, violon ; Bengt Forsberg, Gerold Huber, piano ; Bebe Risenfors, accordéon, guitare, contrebasse ; Ib Hausmann, clarinette ; Philip Dukes, alto ; Josephine Knight, violoncelle.

    …

    1 CD Deutsche Gramophon 477 6546, code barre : 0 2894776546 2.

    Enregistré à Berlin en février 2006 et Munich en février 2007.

    Notice et textes trilingues en français, anglais, allemand.

    Durée : 71:40

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    Jewish destinies.

    Louis Saguer (1907-1991) : Cuatro cánticas Sefardíes.

    Max Kowalski (1882-1956) : 12 Gedichte nach Pierrot lunaire op. 4.

    Simon Laks (1901-1983) : Huit chants populaires juifs (arrangement : Amaury du Closel).

    Viktor Ullmann (1898-1944) : Drei jiddische Gesänge op. 53.

    Ilse Weber (1903-1944) : Theresienstadt et six autres mélodies.

    …

    Erminie Blondel, soprano ; Thomas Tacquet, piano ; Orchestre Les Métamorphoses, direction : Amaury du Closel.

    …

    1 CD KMI.

    Enregistré en 2018 à l’auditorium Antonin Artaud à Ivry-sur-Seine.

    Textes des mélodies en langue originale, anglais et français, notice bilingue.

    Durée : 75:03

    …

    …

    Ce mardi 21 septembre 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

     

  • « A Simple Song » : un superbe récital de pièces à connotation plus ou moins spirituelle du XXème siècle, par la parfaite Anne Sofie Von Otter

    Anne Sofie Von Otter

    est une chanteuse très rarement prise en défaut :

    …

    parfaite _ et sans les défauts de la perfection même…

    …

    Le récital intitulé A Simple Song

    _ d’après un mouvement de Messe de Leonard Bernstein _

    …

    que vient nous donner,

    en un exaltant et sobre à la fois _ dépourvu du moindre maniérisme, mais merveilleux de sensibilité _ SACD Bis-2327,

    Anne Sofie Von Otter,

    …

    accompagnée à l’orgue _ cette fois _ par son compère habituel de récitals Bengt Forsberg

    (et quelques autres instrumentistes, de-ci, delà)

    …

    est tout simplement idéal

    dans ce genre musical

    à connotations spitituelles, sinon religieuses,

    de pièces chantées _ fort diverses ! _ du XXème siècle ;

    …

    les compositeurs interprétés ici étant

    …

    Leonard Bernstein,

    Aaron Copland,

    Charles Ives _ trois américains _,

    Gustav Mahler,

    Richard Strauss _ un autrichien et un allemand bavarois _,

    Arvo Pärt _ un balte d’Estonie _,

    Maurice Duruflé,

    Olivier Messiaen,

    Francis Poulenc _ trois français _,

    Frank Martin _ un suisse francophone _,

    Franz Liszt _ un avant-gardiste du siècle précédent, en quelque sorte ! _,

    et Richard Rodgers _ américain, lui aussi.

    …

    …

    C’est très beau

    et d’une infinie sensibilité, qui nous touche !

    …
    …

    Ce mercredi 14 novembre 2018, Titus Curiosus – Francis Lippa