Étiquette : Antonio Lobo Antunes

  • Mes grands chocs de littérature : William Faulkner, Antonio Lobo Antunes, Imre Kertész, Hélène Cixous…

    Le titre même de mon article d’hier jeudi 5 mars « Décès ce 5 mars 2026 d’un des plus grands écrivains contemporains, que nous avons ardemment lu, et rencontré même chez lui, à Lisbonne, le 19 février 2004 : Antonio Lobo Antunes (Lisbonne, 1942 – Lisbonne, 2026)… » m’a assez évidemment conduit à m’interroger sur les noms que je mettais au nombre «  des plus grands écrivains contemporains« , à côté d’Antonio Lobo Antunes, à partir de ma lecture, à sa parution en traduction française, en 1987, de « Fado Alexandrino« , puis, en poursuivant, mes lectures, ses romans suivants…

    Je parle donc de la Littérature…

    …

    Et je mets ici à part, puisque j’ai employé le mot de « choc« , Marcel Proust : une sublime évidence, lui, de la littérature de langue française ;

    hors concours…

    …

    En amont, bien sûr, et dès la classe de Première au lycée – je lisais aussi « À la recherche du temps perdu« … – , la découverte jubilatoire de l’écriture de William Faulkner : « Le Bruit et la Fureur« , « Sanctuaire« , « Lumière d’Août« , « Absalom, Absalom« , etc.

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    Plus tard, bien plus tard, la rencontre de l’écriture d’Imre Kertész : « Être sans destin« , « Le Chercheur de traces« , et l’extraordinaire « Liquidation« , sur lequel je me suis permis d’écrire un commentaire de lecture bien plus long que le texte même de Kertész : « Lire Liquidation d’Imre Kertész, ou ce qui dure d’Auschwitz« , achevé de rédiger le 13 janvier 2006 ;

    ce que j’ai retranscris en entier en mon article en date du 22 novembre 2022 : « Découvrir (ou, pour quelques uns, relire) « Lire ‘Liquidation’ d’Imre Kertész : ou ce qui dure d’Auschwitz », ma lecture-commentaire fouillée, achevée de rédiger le 13 janvier 2006, et quasi miraculeusement retrouvée, grâce à une sauvergarde quasi oubliée, de Nathalie Lambrichs, éminente lectrice passionnée de Kertész, ce mardi 8 novembre 2022…« …

    …

    Et enfin, et à part, avec les conseils hyper-avisés de mon ami René de Ceccatty, les livres absolument merveilleux d’Hélène Cixous…

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    Ce vendredi 6 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Décès ce 5 mars 2026 d’un des plus grands écrivains contemporains, que nous avons ardemment lu, et rencontré même chez lui, à Lisbonne, le 19 février 2004 : Antonio Lobo Antunes (Lisbonne, 1942 – Lisbonne, 2026)…

    Ce jeudi 5 mars 2026,

    la lecture des journaux m’apprend le décès d’un des plus grands écrivains contemporains, que nous avons ardemment lu, livre après livre, passionnément, et même rencontré chez lui, en son atelier d’écriture à Lisbonne, Rua Gonçalves Crespo 4 B, le jeudi 19 février 2004, deux riches heures durant, de 15h 30 à 17h 30 : deux semaines durant nous – je veux dire : nous les membres de l’atelier de pratique artistique (littérature + photographie) « Habiter en poète » que j’avais créé en mon lycée Nord-Bassin d’Andernos-les-Bains – avons arpenté, en compagnie du photographe et ami bordelais Alain Béguerie, les divers quartiers de Lisbonne pour tenter de saisir par des photos les plus fidèles possibles à son style singulier d’écriture, ce que son roman « Traité des passions de l’âme » saisissait, lui, par l’écriture, de sa ville…

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    Campagne photographique mémorable, qui a donné lieu à plusieurs expositions, au consulat du Portugal à Bordeaux, à la libraire Mollat à Bordeaux, et à La Teste-de-Buch pour le Festival des lycéens…

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    Nous avions précédemment rencontré Antonio Lobo Antunes à plusieurs reprises déjà à Bordeaux pour la présentation de plusieurs de ses livres, grâce aux bons soins de notre amie Sylviane Sambor et du Carrefour des Littératures, qui avaient des liens très chaleureux et efficaces avec nombre d’excellents écrivains portugais, et même le président de la République Mario Suares, reçu grâce à son entregent à Bordeaux…

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    Antonio Lobo Antunes (Lisbonne, 1er septembre 1942 – Lisbonne, 5 mars 2026)…

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    Je renvoie donc ici par exemple à mon article « Le « ce qui fait vivre » Antonio Lobo Antunes » en date du 28 mai 2009, où j’évoquais brièvement, au passage, ces richissimes rencontres-là avec lui et son œuvre magnifique de plus de 30 livres très puissants et marquants, chaque fois différents…

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    C’est dire l’importance cruciale de la lecture, de la littérature, et des arts, dont la photographie, quand celle-ci est du moins un art,

    via cet exemple d’Antonio Lobo Antunes, toujours superbement singulier, qui vient, lui le lisboète, de nous quitter ce jeudi 5 mars 2026…

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    Ce jeudi 5 mars 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Avoir croisé et avoir lu Jean-Marie Planes (1943-2025), l’écrivain de Bordeaux, qui faisait corps vraiment avec sa ville : un homme qui aimait par dessus tout Mozart…

    L’émouvante très belle cérémonie d’hommages – préfigurée par la publication d’un superbe « Pour Jean-Marie Planes«  de 72 pages paru le 7 janvier dernier aux Éditions Confluences… – de jeudi soir dernier 15 janvier, à la galerie Arrêt sur l’image de la chère Nathalie-Lamire Fabre, qu’ont rendue à Jean-Marie Planes (1er octobre 1943 – 16 janvier 2025), réunis autour de son éditeur-ami bordelais Éric Audinet, 8 de ses amis – à divers égards, et en fonction des diverses circonstances qui leur ont fait croiser son chemin et attiser (et retenir un peu) son attention… – présents, avec son frère Emmanuel Planes : Renaud Borderie, Éric des Garets, Yves Harté, Maïalen Lafite, Alexandre Péraud, Patrick Rödel, Julien Rousset et Marguerite Stahl – Jérôme Garcin et Jacqueline du Pasquier Pecquet, absents (et excusés) furent représentés par la lecture de leur beau témoignage – ,

    était certainement nécessaire, envers la mémoire de celui qui, plus que maints grands auteurs célèbres bordelais, tels que les fameux 3 M : Montaigne (château de Montaigne, 28 février 1533 – château de Montaigne, 13 septembre 1592), Montesquieu (château de La Brède, 18 janvier 1689 – Paris, 10 février 1755), Mauriac (Bordeaux, 11 octobre 1885 – Paris, 1er septembre 1970), fut, au moins selon mon goût, L’ÉCRIVAIN DE BORDEAUX,

    celui qui de tous les nombreux écrivains bordelais – parmi lesquels, en ce siècle-ci, le tonitruant Philippe Sollers (Talence, 28 novembre 1936 – Paris, 5 mai 2023) – fut probablement celui qui fit le plus et le mieux corps – voilà ! charnellement en sa voix douce et en son écriture si sensible… – avec la ville de Bordeaux, ainsi qu’avec l’esprit – dominant, sinon unique, ni uniforme… – des Bordelais, du moins ceux figurant parmi les plus représentatifs – d’autres, plus singuliers, l’étant bien sûr moins… – de l’essence emblématique de l’esprit de cette ville en son histoire…

    …

    Un Bordelais aimant, lui, vraiment – quasi charnellement, oui… – sa ville et son esprit dominant, quand la plupart des autres l’exécraient et s’employaient, eux, surtout à les fuir…

    …

    Et c’est de cet émouvant moment de l’hommage-anniversaire à Jean-Marie Planes que j’ai eu grand plaisir à partager avec l’ami Guy Latry, présent lui aussi, dans l’assistance, à ce cérémonial d’adieu, que témoigne ce courriel que je lui ai adressé, en forme de remerciement :

    …

    Merci, cher Guy, de cet excellent moment hier soir, à la galerie de Nathalie Lamire Fabre, de retour sur quelques souvenirs de notre jeunesse,
    en appoint bienvenu à la belle cérémonie d’hommages, par ses amis, à Jean-Marie Planes,
    ce parfait écrivain, mais oui !, de Bordeaux :
    ce que n’ont pas été ni Montaigne, ni Montesquieu, ni Mauriac,
    qui, eux, n’ont jamais cessé de fuir Bordeaux, que tout bonnement ils exécraient.
     
    Planes n’avait peut-être pas de « chez moi » – pas même en son appartement-écritoire du 56 rue d’Aviau… -, comme l’a parfaitement montré son éditeur et ami Éric Audinet
    – lire ici de celui-ci, en une splendide phrase unique de 5 pages, son magnifique « Au 56« , aux pages 65 à 69 du recueil « Pour Jean-Marie Planes« … – ,
    mais c’est tout Bordeaux – ses rues, ses places, ses jardins, ses librairies, autant que ses amis  – qui était son « chez lui »
    d’adolescent à jamais, jamais vraiment installé nulle part,
    sinon dans la littérature : je veux dire tant ses lectures – éperdument boulimiques – que son écriture – très belle : élégiaque, voilà, a excellemment écrit (page 42 du « Pour Jean-Marie Planes« …) et dit Maïalen Lafite – : tourné vers cet ailleurs qui le fascinait mais soigneusement de loin, depuis l’ancrage de Bordeaux…
    À la Jean de La Ville de Mirmont (Bordeaux, 2 décembre 1886 – Chemin des Dames, 29 novembre 1914) de « L’Horizon Chimérique » :
    Et on peut écouter chanter ici le grand Gérard Souzay :
    Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;
    Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
    Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
    Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.
    La mer vous a rendus à votre destinée,
    Au delà du rivage où s’arrêtent nos pas.
    Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;
    Il vous faut des lointains que je ne connais pas.
    Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
    Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d’effroi,
    Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
    Car j’ai de grands départs inassouvis en moi.
    Ou à la Baudelaire du « Port« …
     
    Bref un assez beau portrait du défunt par ses amis, jusque dans ses colères…

    …

    Et si en ma carrière professorale et mes diverses activités artistiques vibrillonnantes – dont celles qui m’ont conduit à Rome, à Prague, à Lisbonne, à la rencontre, en leur ville et même chez eux, voilà !, d’écrivains majeurs de la littérature européenne contemporaine (Elisabetta Rasy à Rome, Vaclav Jamek à Prague, Antonio Lobo Antunes à Lisbonne…), avec les élèves de mes deux successifs ateliers de pratique artistique au lycée Nord-Bassin d’Andernos, « Sur un Bordeaux baroque » et « Habiter en poète« , avec l’aide du Rectorat et de la DRAC ; mais j’ignore si ces écrivains-là auxquels j’ai rendu moi-même visite chez eux, firent partie ou pas des auteurs qu’a lus ou affectionnés, ou même rencontrés, Jean-Marie Planes… – , il m’est arrivé de croiser, par exemple en son bureau du 3ème étage au rectorat, Jean-Marie Planes, et si surtout j’ai lu non sans admiration Jean-Marie Planes l’écrivain, il se trouve que je n’ai pas été de ses amis, plutôt allergique que je demeure au vernis glacé et glaçant de l’establishment bordelais, dont il faisait, somme toute, tout dandy nonchalant et hors normes qu’il était, bel et bien, et assez confortablement, un peu partie – en sa carrière professionnelle du moins, sinon en ce qu’il ressentait au plus intime de lui-même, car il souffrait ; et même il souffrait beaucoup, comme en témoignent ses passages sur les divans de plusieurs psychanalystes, parfois furtivement évoqués ; et il n’était certes pas homme de fortune, ni reçue, ni accumulée, ni transmise : il était homme de profonde et vraie culture…

    …

    Et j’ai eu plaisir à saluer aussi ce jeudi soir dernier, chez Nathalie-Lamire-Fabre, mes amis Éric des Garets et Alexandre Péraud, qui ont excellemment parlé du style – à l’écrit comme à l’oral : phrases longues, sensibles et, assez en douceur le plus souvent, rythmées, tout comme l’élocution délicatement scandée et assez discrète, le plus souvent aussi, du souffle respiré… – de Jean-Marie Planes…

    …

    Ainsi me faut-il saluer ici le rappel, par Éric des Garets – un rappel absent, lui, je le remarque ici, de son beau texte du recueil – , de ce bien joli mot de Jean-Marie Planes disant qu’au paradis, si c’était du Bach que les anges chantaient à Dieu, entre eux, ce qu’ils se chantaient, c’était bien du Mozart…

    Par exemple le divin « Soave sia il vento« , de « Cosi » – ici, par exemple, par Gundula Janowitz, Christa Ludwig et Walter Berry, à Vienne en 1970, sous la direction de Karl Böhm : à écouter plutôt sans les images des costumes trop datés… – :

    et à la page 52 du recueil « Pour Jean-Marie Planes« , Éric des Garets cite fort bien ce mot de Jean-Marie Planes, dans « Une chanson qui nous ressemble« , à la page 19 : « Pour ma part, chaque fois que j’entends  – et je l’aurais entendu des milliers de fois – au premier acte du Cosi, le terzettino « Soave sia il vento« , je me répète : « C’est à ce Vent-là que j’aimerais prendre le large » – le verbe est bien sûr au conditionnel de l’impossible. Et c’est bien sûr humainement sublime…  

    Cependant, dans la veine de son pessimisme sien – trop lucide ? – et un tantinet dépressif – familier du lexomil : sauf à Madagascar, aux antipodes de Bordeaux, ainsi que le narre Renaud Borderie à la page 61 du « Pour Jean-Marie Planes » : « Oh Renaud, il y a vraiment quelque chose d’étrange qui se passe ici. (…) J’oublie de prendre mes Lexomil« … – , Jean-Marie Planes, au-delà de ce souhait fantasmé de l’ordre du pur rêvé, poursuivait beaucoup plus réalistement – il ne se faisait pas d’illusions… – : « Soave sia il vento / Tranquilla sia l’onda / Ed ogni elemento / Benigno risponda / Ai nostri desir« . Pauvre de nous ! Comme si nous avions le choix ! Comme si nous pouvions élire, pour disparaître, un chemin tranquille, tout bénignité ! Ce sera – assez prémonitoirement hélas… – souffrance, confusion, violence, solitude, déchirement intime, et il n’existe pas d’agonie mélodieuse. Mourir en musique, comme l’on meurt en « odeur de sainteté ! Hélas ! Ce passage-là est un combat, et nous l’affronterons comme on le fit pour ceux, moins définitifs, qui le précédèrent« …  

    …

    Comme je comprends donc bien cette songerie musicale de Jean-Marie Planes, venant, quant à moi, de placer, le 1er janvier dernier, cette année 2026 qui s’ouvre, mon blog encherchantbien.fr sous l’égide d’un souhait d’éclatante et heureuse – je ne suis pas, pour ce qui me concerne, un pessimiste doloriste ; mais là-dessus, lisez, de Jean-Marie Planes, son extraordinaire « Reste avec nous car le soir tombe« , paru aux Éditions Mollat en 2004 : beaucoup de son fond de penser, telle une inarrachable tunique de Nessus, s’y exprime… – jubilation mozartienne : « Que 2026 soit une année mozartienne ! Que nous accompagne et que se multiplie à l’envi une joie pure telle que celle que vient nous donner la « Sinfonia concertante » KV 364 de Mozart comme viennent de nous l’offrir à un tel degré de jubilation Julien Chauvin, le Concert de la loge et l’altiste Amihai Grosz en le si beau CD Alpha 996…« …

    …

    Vive la joie !

    …

    Et la lecture de Jean-Marie Planes, toute de délicatesse merveilleusement nuancée jusqu’au plus infime – et intime – détail, et sans jamais – horreur abyssale toujours esquivée, évitée, par lui !.. – la moindre lourdeur, à la Montaigne et à la Proust – dont il partage, et le formidable humour ravageur permanent, et le souffle merveilleusement cadencé, si poétique, des longues phases presque sans fin : « tant qu’il y aura de l’encre et du papier«  ainsi qu’un souffle de vie, forcément ; mais les écrits survivent un peu, pourvu au moins que quelques lectures (et lecteurs) un peu à vif viennent réactualiser les braises un moment seulement assoupies de l’enchantement de leur grâce… – ,

    et au-delà de nos différences sensibles de tempérament et de philosophie – Dieu merci, pour ma modeste part, je suis athée, et plutôt spinoziste : la joie, la joie, et son éternité dans, et transcendant aussi, le temps en son indépassable immanence… – ,

    assurément nous en donne, et même à profusion…

    …

    Lisez donc, à votre tour si vous ne l’avez pas encore lu, ce qui demeure de la voix singulière simplement endormie, provisoirement assoupie en quelque sorte, de Jean-Marie Planes, si alerte et si vive, en son trésor de phrases encore lisibles sur le papier tant que celui-ci nous demeure accessible, et que nous sommes en mesure – Kairos aidant, et avant que nous saisisse l’implacable Alzheimer… – de pouvoir vraiment les lire vraiment,

    Jean-Marie Planes, L‘écrivain de Bordeaux,

    l’écrivain probablement le plus sensible et le plus admirablement juste, en son raffinement délicat de point de croix, de nos finesses girondines bien tempérées – sans trop d’éclats de voix m’as-tu vu ?, ni de sunlights exagérés… – de Bordeaux-la ville et des Bordelais – ses habitants imprégnés de l’esprit tendrement incisif et percussif, au-delà de son indolence indurée de belle endormie, de la ville…

    …

    Ce samedi 17 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Face au réel tout compris (blessures comme joies), l’option « Litté-ratures » d’hyper-réaliste affrontement-contournement-solutions de survie de l’immense Hélène Cixous en sa maison d’écriture et en compagnie de ses ultra-vivants chats Haya et Isha : ma persistance d’essai de clé sainte-beuvienne de lecture de ce « Ce qui n’était jamais arrivé » qui m’en impose…

    La nuit portant conseil,

    je poursuis ce petit matin du jeudi 9 octobre mon essai de recension de mes lectures successives de « Ce qui n’était jamais arrivé«  – qui justement paraît en librairie de jour – , en approfondissement de lucidité de mon article d’hier « Ma réponse à la suggestion que Hélène Cixous prie de se méfier d’une lecture trop biographique de son « Ce qui n’était jamais arrivé », qui paraît demain 9 octobre en librairie : la passion de déchiffrer des énigmes…« ,

    et dont j’ai commencé, pour une fois, par déterminer le titre – d’effort enfin synthétique ! – : « Face au réel tout compris (blessures comme joies), l’option « Litté-ratures » d’hyper-réaliste affrontement-contournement-solutions de survie de l’immense Hélène Cixous en sa maison d’écriture et en compagnie de ses ultra-vivants chats Haya et Isha : ma persistance d’essai de clé sainte-beuvienne de lecture de ce « Ce qui n’était jamais arrivé » qui m’en impose…« …

    …

    Il me faut en effet bien mesurer tout ce qu’oppose à mon choix assumé de méthode de lecture sainte-beuvienne des œuvres littéraires qu’entre toutes je préfère – de William Faulkner, d’Antonio Lobo Antunes, d’Imre Kertész, etc. – , le refus cixoussien de ce que cette autrice ose nommer elle-même « l’erreur – sic : rien moins ! – d’interprétation biographique » qu’elle juge bien trop fréquente de la part de la plupart de ses lecteurs, passant ainsi à côté, selon elle, du principal, essentiel, fondamental, de son œuvre singulier obstiné…

    …

    Et ce mode d’écriture sien, c’est aussi celui contre lequel ne manquait jamais d’ironiser son inénarrable très réaliste et hyper-résiliente, jusqu’à ses 103 ans, mère Ève :

    « Écrire (…), « À quoi ça sert ? Je préfère que tu ailles à la plage. », lit-on page 42 ;

    ou « Écrire, pour quoi faire ? La plupart des gens vivent sans cette ambition. On peut se promener, aller au cinéma, s’occuper de ses vieux amis/de ses petits enfants/ est-ce que c’est moderne ramer avec le diable, gratter avec sa main ? N’as-tu pas assez aligné ? Tu ne sais même pas combien de volumes de papier tu as cuisinés ? Combien d’étagères, chargées ? Est-ce une maison, cette cave, est-ce beau cet étouffoir, c’est cimetière-chez-soi, château des muets.  Combien de tonnes de papier ? Combien de belles forêts sont mortes pout toi ? Quand on va vers quatre-vingt-dix, tu ne crois pas qu’on pourrait s’asseoir sur un banc, contempler l’éclosion du printemps, ou au moins aller sur une barricade servir l’humanité ? Ajouter, ajouter ? Il y a même des livres dont tu as oublié les noms. (…) Et ces livres dont tu as tout oublié sauf le nom. Et les livres préférés devenus étrangers. Défunts, voilà ce que tu fais. Qu’en pensent les chats ? », dit cette fois le contre, page 154.

    …

    Alors, il faut bien prendre en compte cet éperdu et résilient archi-persistant lui aussi, tant qu’il y aura de l’encre et du papier, et de la force de vie, choix assumé cixoussien de la Litté-ratures, afin, non pas de fuir la vie et le réel, mais bien de les vivre pleinement, et bien plus que doublement, et cent mille fois mieux, et sans jamais les fuir, mais en les approfondissant au contraire toujours par les beaux travaux et voyages de la pensée et l’écriture, cette vie sienne en ce réel si riche à affronter, que met précisément à la portée infiniment subtile cette pensée et cette écriture :

    à la Montaigne en l’expédient de ses Essais, une fois perdu La Boétie…

    Ou à La Proust aussi…

    …

    Ce jeudi 9 octobre 2025, Titus Curiosus – Francis Lippa