Étiquette : Art

  • Deux facettes du vif et très nuancé talent violonistique de Théotime Langlois de Swarte : Corelli, et Sénaillé et Leclair

    En forme de conclusion purement musicale de mes recherches sur le terreau familial de Théotime Langlois de Swarte,

    et pour goûter les tendres subtilités et vifs éclats de son art

    au violon baroque,

     

    tout simplement ces deux superbes vidéos-ci,

    glanées sur le Net :

    …

    _ Arcangelo Corelli (7′ 13)

    _ Jean-Baptiste Sénaillé et Jean-Marie Leclair (23′)

    …

    …

    Quel flamboyant talent !

    …

    …

    Ce lundi, 31 mai 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et un postlude, pour les images « tendant vers l’abstraction »

    Dans le choix des deux listes (de 13, puis, complémentaire, de 22) de mes préférences personnelles parmi les 80 images du récent sublime « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, aux Éditions Textuel,

    …

    j’ai fait le choix principiel d’écarter les images qui tendent _ une image photographique procède toujours d’un réel originel, qui a ensuite été saisi par le geste du photographe sur une pellicule, puis choisi, puis tiré, puis exposé… _ un peu trop, pour moi, vers l’abstraction,

    …

    alors que je sais bien la place de cœur que de telles images, quasi abstraites, ou plutôt « tendant vers l’abstraction« ,

    occupent au sein du goût personnel de l’ami Bernard Plossu

    _ cf ce qu’il en dit dans ses passionnantes, très précises, merveilleusement détaillées, conversations avec Christophe Berthoud dans l’indispensable « L’Abstraction invisible« , en 2013, déjà aux Éditions Textuel.

    …

    …

    Mais, à quelque niveau, ou moment, que ce soit, opérer un choix nécessite toujours forcément des sacrifices

    _ et en l’occurrence ici, pour moi, celui d’images à ne pas retenir parmi mes préférences personnelles… Et exclure et rejeter (et a fortiori jeter) m’est toujours difficile : mon tropisme de fond est de tout retenir…

    …

    …

    Et en effet, pour moi, ces images « tendant vers l’abstraction »

    _ une telle image ne pouvant bien sûr pas, dans l’absolu, s’abstraire totalement, absolument, de ce réel dont viendra (ou est venue) sourdre, justement, sur la pellicule nécessairement impressionnée, l’image photographique... _

    font plutôt partie de ce que j’appellerais une sorte de « cahier d’exercices » préparatoires du photographe,

    telles ce que sont, pour le peintre figuratif, les dessins préparatoires, les  premiers jets, les esquisses _ du moins avant Fragonard _,

    …

    le travail de « l’artiste«  _ et je sais que Plossu n’aime pas du tout ce terme-là pour lui être appliqué ! _, du moins en une certaine conception classique _ pour un Molière, par exemple ; même si celui-ci s’est aussi amusé à monter des « Impromptus » un peu audacieux, sortant quasi effrontément des normes officielles des genres en cours (et de la cour)… _,

    consistant à _ le plus adroitement et subtilement possible _ effacer dans l’œuvre finale la moindre trace d’effort, de travail long et pénible, difficile, d’exercice préliminaire préparatoire compliqué, afin de donner, a contrario, le plus grand sentiment de « naturel » et d’aisance immédiate possible, de la part de l’auteur de l’œuvre parfaitement accomplie, à qui viendra admirer la grâce aisée la plus évidente, et confondante, de la performance géniale, d’où résulte, comme magiquement, le chef d’œuvre exposé…

    …

    …

    Ces exercices d’abstraction sont donc certes bien intéressants pour comprendre d’un peu près la genèse un peu tâtonnante et complexe, nécessairement, et toujours, d’une œuvre, au fil des réalisations successives _ avec bien des « ratés« , forcément : il existe fort peu de miracles du « premier jet« … _ de son auteur,

    mais n’offrent pas tout à fait _ à mes yeux de regardeur, du moins _ la qualité de sidération admirative la plus sincère des images dont est clairement mieux perçue la filiation _ figurative _ issue du réel perçu en la ressource immensément généreuse de sa profuse concrétude…

    …

    Même si l’artiste est bien sûr, lui aussi, et le premier, placé face à de très nécessaires choix, artisanaux _ de représentation : il s’agit là de sa cuisine interne, de ses démarches d’atelier… _, par rapport à ce si formidablement riche réel à figurer : afin de nous en faire ressentir et partager, sans faisandé trucage, la « poésie » la plus « vraie » de l’ »ambiance« , pour reprendre certains des mots de Bernard Plossu…

    …

    Et ici, c’est moi qui ai à justifier les options esthétiques de mes injustes (!) choix ici…

    …

    …

    Bref,

    parmi les 80 images de ce nouveau proprement merveilleux « Tirages Fresson« ,

    je viens de choisir encore 3 images « tendant vers l’abstraction » :

    …

    …

    à la page 44, l’image référencée « Dans le train, Italie, 2008« ,

    …

    à la page 45, l’image référencée « Barcelone, Espagne, 2019« .

    …

    et à la page 46, l’image référencée « Mexico, Mexique, 1966« .

    …

    …

    Bernard Plossu aime beaucoup, en ses nombreux voyages, se déplacer en train : cela lui donne l’occasion d’images à prendre depuis le compartiment du wagon _ cf son livre « Col treno« , avec Jean-Christophe Bailly, aux Éditions Argol, en 2014

     et cf aussi l’image que j’avais tout spécialement choisie pour l’article inaugural et programmatique de mon blog « En cherchant bien« , intitulé « Le Carnet d’un curieux« , le 3 juillet 2008 :

    …

    (sans titre) © Bernard Plossu

     

    …

    …

      _,

    et cela lui permet de se plonger, l’assez long moment du voyage, dans la lecture suivie d’un livre de littérature,

    qui vient aussi nourrir l’acuité de la sensibilité de sa quête iconique à venir…

    …

    …

    L’image de la page 44,

    légendée « Dans le train, Italie, 2008« ,

    et qui n’occupe que la moitié supérieure de la page de gauche de l’album,

    donne ainsi à percevoir la porte ouvrant sur le couloir d’une voiture _ d’un train, en Italie, en 2008, donc _, avec les deux premières fenêtres du couloir, d’où l’on devine _ à la couleur _ le défilement à grande vitesse du paysage _ de verdure _ traversé. C’est principalement le jeu géométrique des lignes qui anime l’image, avec un contraste dominant de noir et de blanc…

    …

    …

    L’image qui lui fait face, et sur la page entière cette fois _ et la composition de la mise en page est, bien sûr, toujours très importante ! _,

    à la page 45,

    est légendée « Barcelone, Espagne, 2019« .

    …

    …

    Cette fois-ci, l’image, au contenu très riche, ne se laisse pas aisément immédiatement décrypter,

    tant l’entremêlement des lignes et des surfaces colorées _ blanc, gris, noir, avec aussi deux courtes lignes rouges _,

    ne permet presque pas d’identifier ce dont il s’agit en cette scène,

    saisie ainsi _ à dessein _ de très près :

    …

    il pourrait peut-être s’agir là d’un bateau, à quai _ Barcelone est aussi un grand port… _, mais c’est peu discernable…

    …

    Cette image a pour moi quelque chose de kafkaïen _ Franz Kafka : 1883 – 1924 _ ;

    et aussi, vaguement _ mais plus lointainement _, de Juan Gris _ 1887 – 1927…

    …

    …

    Enfin, à la page 46, se trouve l’image légendée « Mexico, Mexique, 1966 » :

    qui compte parmi les toutes premières de la carrière photographique de Bernard Plossu, né en 1945

    _ Bernard Plossu avait alors ses grands-parents maternels qui vivaient au Mexique…

    …

    L’image n’a pas un brin vieilli.

    …

    Il s’agit d’une vue, légèrement de biais, prise à travers les barreaux, noirs, d’une fenêtre très moderne,

    d’un immeuble très moderne, lui aussi, tout blanc, et au semblable fenêtrage noir ;

    …

    avec une unique fine ligne verticale rouge, doublant une fine ligne verticale noire, partageant toutes deux l’image en deux parties égales.

    …

    L’effet obtenu en l’image

    a quelque chose d’un pastiche réussi de la géométrie d’un Mondrian… 

    …

    …

    Ce vendredi 13 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Bernard Plossu, photographe : sa rencontre avec Garrett List, musicien (1943 – 2019)

     

    De l’ami Bernard Plossu,

    …

    en plus de son nouveau et très attendu « Tirages Fresson » (aux Éditions Textuel)

    (cf mon article d’hier :  ),

    …

    aux Éditions Yellow now (que dirige Guy Jungblut),

    paraît aussi maintenant « La Rencontre » _ quel beau titre ! _ ;

    …

    dont voici un beau texte de présentation,

    de Marie-Pierre Lahaye _ épouse et veuve de Garrett List (Phœnix, Arizona, 1943 – Liège, décembre 2019) _ :

    …

    …

    « Ce livre, c’est l’histoire d’une rencontre qu’une chanson de Garrett List délicieusement impertinente a provoquée. Écrite avec son ami poète Ed Friedman dans les années 1970 à New-York City, Fly Hollywood est parvenue aux oreilles d’un photographe français, un peu vagabond et au talent fécond, Bernard Plossu, qui lui aussi avait vécu sur deux continents _ Europe et Amérique. Il a fallu une galeriste liégeoise avertie _ et merveilleuse !_, Véronique Marit, pour que ces deux artistes qui partagent la même intuition poétique et la même façon d’être au monde se rencontrent enfin… puis un éditeur généreux autant que visionnaire _ oui _, Guy Jungblut, pour que l’idée de célébrer « la rencontre » prenne racine… mais il n’était pas prévu que celui qui nous avait réjouis avec sa musique s’éclipse avant que La Rencontre ait eu le temps de voir le jour. Ce livre tombe à point nommé. Fly Hollywood !!!« 

    …

    …

    Rencontrer,

    je veux dire rencontrer vraiment,

    est chose assez rare, et infiniment précieuse,

    en une _ passablement courte _ vie humaine.

    …

    …

    Sur ce sujet,

    cf mon article du 26 octobre 2016 :  ;

    en réalité un texte rédigé en 2007,

    et, en effet, retrouvé ! _ et auquel je tiens beaucoup.

    …

    …

    La rencontre, la bonne rencontre, doit être (et instantanément !) perçue, ressentie,

    et surtout saisie _ tout un art

    tant de promptitude que de délicatesse ! _ :

    …

    sinon,

    sous les auspices de l’immensément généreux, mais aussi terriblement impitoyable Kairos,

    elle est _ irrattrapable ! _ à jamais enfuie ;

    …

    et néant pour toujours.

    …

    …

    Vie, temps, mort, éternité,

    vrai présent,

    telles sont les harmoniques splendides de la rencontre.

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    …

    Au passage,

    un très amical salut à l’extraordinaire bonne fée liégeoise qu’est Véronique Marit _ quelle sacrée personnalité ! _ ;

    …

    ainsi qu’à Guy Jungblut _ l’excellent éditeur-concepteur des très belles Éditions Yellow Now _,

    …

    rencontré une première fois à Aix-en-Provence, à la galerie La NonMaison de la chère Michèle Cohen,

    pour l’occasion de la parution du _ sublimissime ! _ « Plossu Cinéma« 

    (cf mon article fouillé du 27 janvier 2010 :  ) ;

    …

    et une seconde fois à Bordeaux, à la Galerie Arrêt sur l’image, de la chère Nathalie Lamire-Fabre,

    pour l’occasion de la parution des délicieux « À boire et à manger » et « À table !« 

    (cf mon article du 9 février 2018 :  ) :

    …

    tous ces livres parus aux Éditions Yellow now. 

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    Fly Hollywood ! La chanson est bien là.

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    Ce vendredi 23 octobre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Lili Kraus, ou la « perfection qui désigne ce qu’est le style même de la musique de Mozart »…

    Sous le titre de  »La grande Lili« ,

    ce dimanche, Jean-Charles Hoffelé, en son site Discophilia,

    fait l’éloge de la perfection mozartienne _ qui fait grand bien ! _ de Lili Kraus :

    …

    « une perfection qui désigne ce qu’est le style même de la musique de Mozart« , conclut-il, excellemment, son article,

    …

    à propos du CD St-Laurent Studio YSLT-940,

    consacré à 2 Concertos _ et une sonate : la sonate n°12 en Fa majeur, K. 332 _ de Mozart,

    le n°9, en Mi bémol majeur, K. 271, dit Jeune homme, et le n°12, en La majeur, K. 414,

    avec Jean Fournet et Manuel Rosenthal…

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    Voici donc cet article mozartissime :

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    LA GRANDE LILI

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    À la fin, elle qui jouait Bartók et Beethoven, Mozart lui aura été mieux que son compositeur chéri, un autre soi-même _ probablement : elle le vivait… _, et ses Concertos enregistrés modestement à Vienne, avec un orchestre modeste et un chef modeste, le pain quotidien.

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    D’ailleurs qu’une formation symphonique l’invitât, ce serait Mozart, toujours, et ce dès les années cinquante alors qu’à Paris l’étiquette blanche des Discophiles Français l’avait établi mozartienne absolue, seule à son piano, ou avec ses camarades viennois, Boskowsky et Huebner.

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    Son Jeunehomme sans façon _ voilà _ rappelle qu’elle jouait Mozart avec fièvre, en grand déploiement (et toujours en aussi beau son, précis, porté loin, comme celui d’une voix bien placée et naturellement expressive) _ voilà. Rien ne s’y force, tout y rayonne _ comme il se doit ! _, rien ne s’y cherche, tout au contraire est trouvé _ voilà, voilà ! _, le giocoso de l’Allegro, la mélancolie douloureuse de l’Andantino, et les espiègleries du Finale où les doigts volent.

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    Et comme Fournet lui accompagne cela!, réglant l’orchestre au cordeau, ce que ne fera pas Rosenthal pour le la majeur, plus distant, plus propre, mais peu importe, qu’elle entre seulement et dès les premières notes c’est elle qui dirige, emportant l’œuvre au grand air, en faisant une sérénade, et des plus vives.

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    Au final Rosenthal se rattrapera, faisant danser son orchestre lui aussi, et Lili d’y caracoler, l’air de rien, sous un crinoline de traits, merveille !, que prolonge encore une Sonate en fa majeur confiée aux micros de la Radio Nationale, tendre et impérieuse à la fois _ voilà _, jouées avec des ombres, des accents, des contre-chants qui semblent venir d’un autre temps et pourtant si classiques, si mesurés, une perfection qui désigne ce qu’est le style même _ oui _ de la musique de Mozart.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Lili Kraus Edition – Vol. 1

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    Wolfgang Amadeus Mozart(1756-1791)

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    Concerto pour piano et orchestre No. 9 en mi bémol majeur, K. 271
    « Jeunehomme »

    Concerto pour piano et orchestre No. 12 en la majeur, K.414/385p
    Sonate pour clavier No. 12 en fa majeur, K. 332

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    Lili Kraus, piano
    Orchestre National de la R.T.F
    Jean Fournet, direction (K. 271)
    Manuel Rosenthal, direction (K. 414)

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    Un album du label St-Laurent Studio YSLT-940
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    Photo à la une : la pianiste Lili Kraus – Photo : © DR

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    De cette si simple merveilleuse évidence

    _ de très grand art, mais parfaitement discret, forcément, en sa jubilation rayonnante _

    merci, madame…

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    Ce dimanche 13 septembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa