Étiquette : Arthur Rimbaud

  • De génialissimes Illuminations de Rimbaud-Britten par le parfait Edgardas Montvidas : totale admiration !

    Le CD Accentus Music ACC 30677 « Chausson – Britten – Poème de l’amour et de la mer « du parfait ténor lithuanien Edgardas Montvidas et des Lithuanian National Symphony et Chamber Orchestra dirigés par Modestas Pitrenas, nous offre une des plus sublimes interprétations des sublimissimes « Illuminations « de Benjamin Britten et Arthur Rimbaud de la discographie ! Un enchantement !!!
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    C’est une fois encore le blog Discophilia de l’excellent Jean- Charles Hoffele qui nous a mis sur la piste de cet exceptionnel CD de chant français – Chausson – Britten – Saint-Saëns, sur des poèmes de Maurice Bouchor, Arthur Rimbaud et Victor Hugo…  – , avec son si juste article « Amour de ténor « du 9 janvier dernier…

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    Et en ce CD ce chef d’œuvre sublimissime de Britten – Rimbaud reçoit une interprétation qui nous transporte d’emblée et totalement au plus haut de l’empyrée !..

    Quelle merveille !!! Et écoutez déjà ceci…
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    Mais déjà il faut d’abord souligner tout ce que le profond génie de Britten vient apporter de somptueux musicalement – quelle splendeur ! –  au génie poétique formidable, explosif et atypique, de Rimbaud, en la sidérante juvénile irrésistible urgence de celui-ci…
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    Et maintenant, avec cet extraordinaire CD, voici, venant s’y ajouter, la tendresse merveilleuse et si rare de l’art du chant et de la voix de miel et d’or d’Edgardas Montvidas, tel un soleil chanté splendide dans les formidables nuées noires zébrées de l’orage rimbaldien, qui foudroie…
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    Ce jeudi 29 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Les tourments noirs contenus du tempérament de Benjamin Britten (1913 – 1976) affleurant en ses 3 Quatuors à Cordes de 1941, 1945 et 1976, superbement servis par la belle réalisation sensible du double CD du Quatuor Béla pour Le Palais des Dégustateurs d’Eric Rouyer…

    En forme de continuation à mon article d’hier samedi 25 mai «  » à propos des « Illuminations » dans le double CD du Palais des Dégustateurs PDD 035 « Britten – Quatuor Béla – Julia Wischniewski« , qui vient tout juste de paraître,

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    c’est maintenant sur la très belle interprétation des 3 Quatuors à cordes Op. 25, de 1941 _ créé à Los Angeles par le Coolidge Quartett le 29 septembre 1941 _, Op. 36, de 1945 _ créé à Londres par le Zorian String Quartett le 21 novembre 1945 _ et Op. 94, de 1976 _ créé à Snape Maltings – Aldeburgh, par le Quatuor Amadeux le 19 décembre 1976 _ de Benjamin Britten (Lowestoft, 22 novembre 1913 – Aldeburgh, 4 décembre 1976) par le Quatuor Béla (Frédéric Aurier et Julien Dieudegard, violons ; Julian Boutin, alto, et Luc Dedreuil, violoncelle)  que je désire aujourd’hui me pencher,

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    non sans m’être auparavant référé à un intéressant, et à mes yeux significatif, article d’Éric Dahan paru dans le numéro de Libération du 14 juin 2013, un article intitulé « Le monde cruel et lyrique de Britten« , l’année des célébrations du centenaire de la naissance, en 1913, de cet assez singulier compositeur, hors modes…

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    De même qu’à un précédent panorama rétrospectif des interprétations au disque de ces 3 Quatuors (Op. 25, Op. 36 et Op. 94) de Benjamin Britten, intitulé « La musique pour quatuor à cordes de Britten  par l’Emperor Quartet, réunie en un coffret« , sous la plume de Jean Lacroix, paru sur le site de ResMusica en date du 8 décembre 2022 :

    de quoi se repérer un peu dans l’historique de ces interprétations discographiques des Quatuors de Britten…

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    Mon ressenti personnel de ces œuvres, et de cette interprétation des Béla :

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    incisif et implacable comme un sombre destin, d’un noir astringeant et assez étouffant, peu troué d’éclaboussures sardoniques de soleil, à la Chostakovitch _ on sait que Britten et lui (Saint-Pétersbourg, 12 septembre 1906 – Moscou, 9 août 1975) furent de grands amis…

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    Les Béla sont tout à fait fidèles à ce tempérament noir – là de Britten,

    dont s’échappent _ grâce au fil rétif intempestif de grands poèmes (Rimbaud, Michel-Ange, etc.) ?.. _ les merveilleuses, absolument géniales, mélodies…

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    Ce dimanche 26 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Interpréter ce chef d’oeuvre absolu des « Illuminations » de Benjamin Britten / Arthur Rimbaud, Op. 18 (1939) : le défi périlleux du chanteur…

    « Ce chef d’œuvre absolu que sont Les Illuminations de Britten/Rimbaud« ,

    écrivais-je le 24 octobre 2011, en conclusion de l’article « « , que je consacrais au superbe CD de cette radieuse soprano qu’est Anne-Catherine Gillet (Libramont-Chevigny, 20 janvier 1975), le CD AEon « Barber – Berlioz – Britten » AECD 1113, enregistré à Liège au mois de septembre 2011, avec l’Orchestre Philharmonique Royal de Liège sous la direction de Paul Daniel, comportant « Knoxville : Summer of 1915 » de Samuel Barber/James Agee, « Les Nuits d’été«  d’Hector Berlioz/Théophile Gautier, et, donc, « Les Illuminations » de Britten/Rimbaud

    _ cf dans le même sens cet article du 21 novembre suivant (2011), d’Olivier Mabille sur le site de ResMusica, intitulé « Anne-Catherine Gillet : merci et chapeau bas« , où le critique parle fort justement de la quasi « impossible tâche de rendre évidente la prosodie des Illuminations«  : en tout cas extrêmement périlleuse (un réel défi !) pour le chanteur-diseur, ainsi qu’on peut le constater à chaque effort d’interprétation de ce fulgurant chef d’œuvre de Britten…

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    Des diverses interprétations au disque de ce chef d’œuvre absolu _ j’insiste ! _ de Benjamin Britten (et Arthur Rimbaud _ quel extraordinaire poème, déjà !, composé entre 1872 et 1875, et publié, posthume, en 1895… Et quelle sublime musique, en 1939, de Britten ! _),

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    je retiens bien sûr celle, princeps et magnifique, de Peter Pears _ qui n’en fut cependant pas le créateur ; la créatrice fut le 30 janvier 1940 à Londres la soprano Sophie Wyss, avec le Boyd Neel Orchestra sous la direction de Boyd Neel… _, avec l’English Chamber Orchestra sous la direction de Benjamin Britten lui-même, enregistrée à Kingsway Hall au mois de décembre 1963, in le CD London 436 395-2 « Britten – Serenade – Les Illuminations – Nocturne » _ écoutez ce podcast merveilleux (de 22′ 16) ! _ ;

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    ainsi que celle, magnifique aussi, de Ian Bostridge _ un interprète que j’apprécie beaucoup, beaucoup : regardez et écoutez cet extrait (« Villes« ) en cette vidéo (de 2′ 30)… _  avec le Berliner Philharmoniker sous la direction de Simon Rattle, enregistrée à Dahlem-Berlin au mois d’avril 2005, in le très beau CD EMI 5 58049 2 « Ian Bostridge – Britten – Serenade for Tenor, Horn and Strings – Les Illuminations – Nocturne« …

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    Or voici que l’ami Éric Rouyer me fait parvenir un nouveau merveilleux double album de son Palais des Dégustateurs, le CD PDD 035 « Benjamin Britten – Quatuor Béla – Julia Wichniewski« , enregistré du 25 au 27 février 2020 pour les 3 Quatuors, et les 27 et 28 janvier 2022 pour « Les Illuminations« , à La Courroie (Vaucluse), par le Quatuor Béla (Frédéric Aurier et Julien Dieudegard, violons ; Julian Boutin, alto, et Luc Dedreuil, violoncelle) et la soprano Julia Wischniewski,

    comportant, adjointes au 3 Quatuors n°1 Op. 25 (de 1941), n°2 Op. 36 (de 1945) et n°3 Op. 94 (de 1976) de Benjamin Britten, ses sublimes « Illuminations » Op. 18 (de 1939) _ quel extraordinaire chef d’œuvre ! je le répète… _, dont la partie d’orchestre a ici été spécialement transcrite pour quatuor à cordes par Frédéric Aurier… 

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    La partie de chant est spécialement redoutable par son extrême virtuosité, tant de diction que musicale ; et, ainsi que pour toute mélodie chantée en français, le moindre mot, la moindre syllabe, doit être parfaitement compréhensible instantanément, et sans le moindre effort, par l’auditeur :

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    ce qui constitue une certaine gageure _ et même, comme ici, une très périlleuse épreuve… _ pour le chanteur, par conséquent.

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    Il faut donc saluer d’abord le courage de Julia Wichniewski, soprano comme fut la créatrice, à Londres le 30 janvier 1940, la suissesse Sophie Wyss, de relever cet immense défi d’interprétation-incarnation de ces sublimes « Illuminations » de Benjamin Britten…

    Et ne pas trop se hérisser ni a fortiori se bloquer sur les mots ou syllabes mal identifiés à l’audition, sans disposer de l’aide du texte de Rimbaud sous les yeux…

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    Et au passage, je me demande pour quelles raisons ce fut plutôt à une soprano telle que cette Sophie Wyss (La Neuveville – Berne, 5 juillet 1897 – Bognor Regis – Sussex, 25 décembre 1983), plutôt qu’à un ténor, et en l’occurrence son compagnon _ rencontré en 1936, Britten avait 23 ans… _ Peter Pears (Farnham – Suffolk, 22 juin 1910 – Aldeburgh – Suffolk, 3 avril 1986), que Benjamin Britten (Lowestoft – Suffolk, 22 novembre 1913 – Aldeburgh – Suffolk, 4 décembre 1976) confia la création en concert de pareil exceptionnel chef d’œuvre ! :

    il y a là à creuser…

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    Et je consacrerai bien sûr un très  prochain article à l’interprétation de ces 3 si beaux Quatuors à cordes de Benjamin Britten par le Quatuor Béla… 

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    Ce samedi 25 mai 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A méditer pour réfléchir sur les mésusages idéologiques de la littérature (et des Arts)

    Pour donner à méditer sur des brouillages malencontreux entre Art et idéologie, entre littérature et communication,

    voici _ et tels quels, sans nulle farcissure de ma part _ deux articles donnant _ à chacun _ à penser _ par devers soi, davantage qu’à polémiquer en place publique _ :

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    Sur littérature et communication.

    Ces deux articles d’André Markowicz et de Bernard Chambaz

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    https://m.facebook.com/andre.markowicz/posts/2053869254825376

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    André Markowicz : « Aux Invalides, c’était juste la vieille droite »

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    Qu’a fait Jean d’Ormesson, à part avoir « bien écrit », pour qu’un hommage national lui soit rendu ? Dans une tribune au « Monde », le traducteur et poète s’interroge sur le geste politique d’Emmanuel Macron.

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    LE MONDE | 11.12.2017 à 11h01 • Mis à jour le 11.12.2017 à 11h25 | Par André Markowicz (Traducteur et poète)

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    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/11/andre-markowicz-aux-invalides-c-etait-juste-la-vieille-droite_5227896_3232.html#f5OMvy0qjW3BH2iO.99

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    Ca avait commencé le jour d’avant. J’avais vu passer une déclaration de Françoise Nyssen, mon éditrice, une personne que je connais depuis plus de vingt-cinq ans, qui disait qu’il serait bon de rendre un hommage national à Jean d’Ormesson et à Johnny Halliday. Sur le coup, j’ai cru que ça devait être un hommage conjoint, dans la même fournée, et j’ai pensé _ qu’elle me pardonne _ qu’elle déraillait. Et bon, vous savez comme c’est, il y a plein de choses qui se passent en l’espace d’une heure, j’ai oublié cette déclaration, j’avais d’autres choses à faire.

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    Quand un ami m’a dit qu’un hommage national serait rendu à Jean d’Ormesson et à Johnny Hallyday, j’ai cru qu’il me faisait marcher. Mais non, c’était vrai. Quand, ensuite, on m’a dit que l’hommage à Jean d’Ormesson lui serait rendu aux Invalides, j’ai eu peine à y croire, mais non, pas de doute, là encore, c’était vrai.

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    J’avoue d’emblée que je n’ai jamais pu lire trois pages d’affilée des livres de Jean d’Ormesson – je le dis sans trop de honte. J’en ai feuilleté quelques-uns, sur les tables de libraires, et c’était toujours, comme on dit en français (et seulement en français) « bien écrit ». Quand je traduisais Les Démons, de Dostoïevski, je voyais se profiler des auteurs comme d’Ormesson derrière la figure de l’écrivain Karmazinov, qui, de fait, « écrit bien », et termine son œuvre en disant « merci ». D’Ormesson, lui, c’est par ça qu’il avait commencé : Au revoir et merci… Merci à ses lecteurs, merci à l’existence et à qui vous voulez – il était très content. Ça fait toujours plaisir de voir un homme content. J’ai toujours pensé qu’il était l’exemple parfait de « petit maître », issu d’une tradition bien française qui date du XVIIe siècle.

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    Bref, pourquoi d’Ormesson ? Et pourquoi aux Invalides ? Malraux avait eu droit à un tel hommage, mais Malraux avait été ministre, c’était une figure du siècle ; pareil, d’une autre façon, pour Césaire (au Panthéon). Mais qu’avait-on fait à la mort de Claude Simon, de Samuel Beckett et même d’Yves Bonnefoy ?

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    « Génie national »

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    Quand j’ai écouté le discours d’Emmanuel Macron, les choses se sont mises en place. C’était un beau discours, un discours littéraire, qui multipliait les citations, un hymne à « ce que la France a de plus beau, sa littérature »… Un discours mimétique, aussi : on aurait dit que le président de la République française se livrait à un pastiche du style de d’Ormesson pour prononcer son éloge funèbre,
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    La suite de l’article d’André Markowicz, ici :
    https://m.facebook.com/andre.markowicz/posts/2053869254825376

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    Ou ici.

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    Tribune.

    Mireille aux Invalides.
    Macron, d’Ormesson et Johnny, images de la France.

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    Ça avait commencé le jour d’avant. J’avais vu passer une déclaration de Françoise Nyssen, mon éditrice, une personne que je connais depuis plus de ving-cinq ans, qui disait qu’il serait bon de rendre un hommage national à Jean d’Ormesson et à Johnny Hallyday. Sur le coup, j’ai cru que ça devait être un hommage conjoint, dans la même fournée, pour ainsi dire, et j’ai pensé, — qu’elle me pardonne — qu’elle déraillait. Et bon, vous savez comme c’est, il y a plein de choses qui se passent en l’espace d’une heure, j’ai oublié cette déclaration, j’avais d’autres choses à faire.

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    Quand un ami m’a dit qu’il y aurait un hommage à Jean d’Ormesson aux Invalides, j’ai cru qu’il me faisait marcher. Bon, je l’avoue d’emblée, je n’ai jamais pu lire trois pages d’affilée de ses livres — et dire que je suis mort de honte à l’avouer serait mentir. J’en avais feuilleté quelques-uns, sur les tables de libraires, et c’était toujours, comme on dit en français (et seulement en français) « bien écrit », comme si ça voulait dire quelque chose, de bien écrire, pour un écrivain. Mon ami Armando, à la Sorbonne, faisait ça : il regardait systématiquement les premières pages des romans sur les tables des libraires, et il livrait son jugement : « Oui, c’est pas Dante ».

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    Et donc oui, oui, oui, Jean d’Ormesson écrit bien. Il a une « belle langue ». Et non, Jean d’Ormesson, ce n’est pas Dante. Quand je traduisais « les Démons », ce sont des gens comme d’Ormesson qui m’ont servi d’images pour la figure de l’écrivain Karmazinov, qui, de fait, « écrit bien », et qui finit son œuvre en disant « merci ». Merci à ses lecteurs, merci à l’existence, merci à qui vous voulez — qui finit très content. Parce que c’est vrai que c’est très important, d’être content dans la vie. Parce que ça fait plaisir à tout le monde. D’abord à ceux qui vous lisent, et ensuite à soi-même. Et donc, bon, j’ai toujours pensé qu’il était, au mieux, l’exemple parfait du « petit maître », issu d’une tradition, là encore, bien française, qui date du XVIIe. C’est vrai, du coup, il représente une « certaine image de la France » — d’une certaine tradition française de la littérature, ridicule pour toute l’Europe depuis le romantisme — et qui n’est pas moins ridicule aujourd’hui.

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    Ce n’était pas une blague. Il y a eu un hommage aux Invalides. Pourquoi aux Invalides ? Est-ce que d’Ormesson avait, je ne sais pas, accompli des actes héroïques au service de la France, ou est-ce qu’il avait été victime du terrorisme ? Etait-il une figure de l’ampleur de Simone Veil ? Et quel écrivain français a été l’objet d’un tel hommage avant lui ? — Il y avait eu Malraux, je crois. Mais Malraux avait été ministre, il était une figure du siècle. Mais qu’a-t-on fait à la mort de Claude Simon ou de Beckett ou, je ne sais pas, celle de Francis Ponge ou de René Char, sans parler de Foucault, de Barthes ou de Derrida — et même d’Yves Bonnefoy ? — Il y a eu des communiqués de l’Elysée (ce qui est bien normal), mais jamais un hommage aux Invalides, c’est-à-dire un hommage de la République, en présence, qui plus est, des deux anciens présidents de la République encore ingambes que nous avons, à savoir Nicolas Sarkozy et François Hollande. — Qu’est-ce que ça veut dire, qu’on rende hommage à d’Ormesson de cette façon ? C’était ça, ma question.

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    Et puis, j’ai écouté le discours d’Emmanuel Macron. Et là, les choses ont commencé à se remettre en place : non, Françoise Nyssen n’avait pas déraillé du tout. Elle avait exprimé l’idée. Parce que ce discours est un moment majeur, pas seulement pour d’Ormesson, ou, plutôt, pas du tout pour d’Ormesson, mais pour la vision à long terme de la présidence de Macron — pour sa vision de la France. De sa France à lui.

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    Objectivement, c’était un discours formidable. Un discours littéraire, qui multiplie les citations, qui est un hymne à « ce que la France a de plus beau, sa littérature »… Un discours formidable aussi parce que mimétique : on aurait dit que Macron (ou Sylvain Fort, mais ça n’a aucune importance — en l’occurrence, c’est Macron, je veux dire le Président de la République française) faisait un pastiche proustien du style de d’Ormesson lui-même pour prononcer son éloge funèbre, en construisant, avec des imparfaits du subjonctifs gaulliens (et grammaticalement indispensables) un éloge de la clarté, qualité essentielle du « génie national». Et puis, j’ai entendu cette phrase : « La France est ce pays complexe où la gaieté, la quête du bonheur, l’allégresse, qui furent un temps les atours de notre génie national, furent un jour, on ne sait quand, comme frappés d’indignité. »

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    Dites, — comment ça, « on ne sait pas quand » ? Si, on sait parfaitement quand : d’abord, — non pas en France, mais dans l’Europe entière, au moment du romantisme, et de la Révolution française. Quand, d’un seul coup, c’est le monde qui a fait irruption dans les livres, et pas seulement dans la beauté des salons. C’est le moment du grand débat entre Racine et Shakespeare, oui, dans l’Europe tout entière. Et la remise en cause de la « légèreté comme génie national de la France », c’est, par exemple, tout Victor Hugo. Et puis, il y a ce moment de désastre, d’éblouissement qui reste, jusqu’à nous, une déchirure « irréfragable », selon le beau mot employé par Macron, le moment de Rimbaud — qui trouve la légèreté verlainienne, sublime, à la limite extrême de l’indicible, et la transforme en cette légèreté atroce et impensable, « littéralement et dans tous les sens », des « Derniers vers », et qui le laisse dévasté, Verlaine, et qui s’en va, en nous laissant, oui, aujourd’hui encore, nous tous qui parlons français, béants et bouleversés : et c’est après la catastrophe de Rimbaud que viendra, par exemple, celle d’un poète comme Paul Celan (qui lui est si proche).

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    Emmanuel Macron a cité les amis de Jean d’Ormesson : Berl, Caillois, Hersch, Mohrt, Déon, Marceau, Rheims, Sureau, Rouart, Deniau, Fumaroli, Nourissier, Orsenna, Lambron ou Baer… — Bon, Orsenna… 

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    Hersch… C’est Jeanne Hersch ? Et Sureau, c’est François Sureau (dont j’apprends qu’il écrivait les discours de Fillon) ? Et les autres… Berl, Mohrt, Déon, Marceau, Rheims, Rouart, Fumaroli, c’est, de fait, « une certaine idée de la France », — une idée dont je ne pourrais pas dire qu’elle est franchement de gauche. C’est de cette longue lignée dont parle le Président pour peindre, aux Invalides, dans le cadre le plus solennel de la République, la France qu’il veut construire. Et il le fait sans avoir besoin de dire l’essentiel, qui est compris par toute l’assistance : nous sommes dans le cercle du « Figaro », dans le cercle — très ancien — de la droite française la plus traditionnelle, celle des « Hussards », des nostalgiques de l’aristocratie. Parce qu’il faut bien le dire, quand même, non ? — la « légèreté » de Jean d’Ormesson, c’était quand bien ça qu’elle recouvrait : la réaction la plus franche — même si Dieu me préserve de mettre en cause son attachement à la démocratie parlementaire. —

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    Michel Mohrt, Marceau (Félicien, pas Marcel…), Michel Déon, Paul Morand, toute, je le dis, cette crapulerie de l’élitisme de la vieille France, moi, je ne sais pas, ça ne me donne pas l’image d’une France dans laquelle je pourrais me reconnaître.

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    L’impression que j’ai, c’est que par l’intermédiaire de Jean d’Ormesson, le Président rendait hommage à cette France-là, en l’appelant « la France », et c’est à propos de cette France-là qu’il parlait de son « génie national ». Et sans jamais employer de mot de « réaction », ou le mot « droite ».

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    Les Invalides, c’était pour ça. Pour dire la France dans laquelle nous vivons, maintenant que la gauche n’existe plus. Depuis qu’il n’y a plus que la droite. Dans cette légèreté des beautés esthétiques — et cela, alors même, je le dis en passant (j’en ai parlé ailleurs) que la langue française disparaît, en France même, par les faillites de l’enseignement, et, à l’étranger, par les diminutions drastiques et successives du budget alloué à l’enseignement du français. On le sait, la littérature, la beauté, c’est, je le dis en français, l’affaire des « happy few ».

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    Et puis, pour les « unhappy many », le lendemain, c’était l’hommage à une autre France, celle des milieux populaires, celle, censément, de Johnny Hallyday. Les deux faces du même.— En deux jours, les deux France étaient ainsi réconciliées par une seule voix, jupitérienne, celle des élites et celle du peuple. Je ne dirai rien de ce deuxième hommage, je ne me reconnais ni dans d’Ormesson, ni dans Johnny (que j’avais vu très grand acteur avec Godard). Mais paix à l’âme de Johnny, que la terre, comme on le dit en russe, lui soit « duvet », qu’elle lui soit, c’est le cas de le dire, « légère ».

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    Il y a eu deux hommages, un appel aux applaudissements dans le second, un silence grandiose à la fin du premier, et, moi, parmi les citations du Président, il y a en une sur laquelle j’ai tiqué, parce que, vraiment, je n’arrivais pas à la situer (je dois dire que je ne me souvenais pas de celle de « La Vie de Rancé », mais qu’elle est grande !..). Non, à un moment, Macron parle de Mireille.

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    « C’est le moment de dire, comme Mireille à l’enterrement de Verlaine: «Regarde, tous tes amis sont là.»

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    C’est qui, Mireille ? Dois-je avoir peur d’afficher mon inculture ? J’ai fouillé tout Paul Fort (enfin, pas tout…), il y a un poème célèbre qui devenu une très belle chanson de Brassens sur l’enterrement de Verlaine (Paul Fort y avait assisté)… et pas de Mireille. Je demande autour de moi, je regarde sur Google, il y a une autre chanson de Paul Fort, à « Mireille, dite Petit-Verglas », — mais, là encore, cette citation n’y est pas. Est-ce une espèce de condensé d’une citation de Brassens ? Sur le coup, dans ma naïveté, je me suis demandé s’il ne voulait pas parler de Mireille, vous savez, qui avait fait « le petit conservatoire de la chanson » à l’ORTF… Je me demande d’ailleurs si le jeune Johnny n’est pas passé chez elle. — Je plaisante. Et puis, Mireille, même si quand j’étais enfant, elle était vieille, elle n’était pas vieille à ce point-là. Donc, je ne sais pas qui est Mireille.

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    Je me demande ce qu’elle vient faire, cette Mireille, aux Invalides pour dire « tous tes amis sont là »… Si c’est une bourde (je ne vois pas laquelle), ou si, d’une façon plus bizarre, ce n’est pas comme une blague, procédé bien connu parmi les potaches, de fourrer au milieu d’une vingtaine de citations véritables, une citation totalement débile, que personne ne remarquera, histoire, justement, de ne pas se faire remarquer, parce qu’il ne faut pas dire que le roi est nu. — De mon temps, des copains khâgneux avaient fait une série de références à la pensée héraclitéenne de Jacob Delafond, auteur d’un « Tout s’écoule ». C’était, de la part de ces jeunes gens, un signe de mépris envers leur prof. De quoi serait-ce le signe ici ?…

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    Quoi qu’il en soit, cette Mireille, aux Invalides, elle participe à la construction de l’image de la France du président Macron. — Non, non, notre roi n’est pas nu. Il porte les habits de la « vieille France ». Ils sont très beaux. Ils sont très vieux. Mais ce ne sont pas ceux des grands auteurs du classicisme, — ce sont plutôt ceux des petits marquis.

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    Et puis, enfin, bizarrement, je ne sais pas comment dire : j’ai le cœur serré en pensant à Verlaine.

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    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/11/andre-markowicz-aux-invalides-c-etait-juste-la-vieille-droite_5227896_3232.html#f5OMvy0qjW3BH2iO.99

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    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/12/bernard-chambaz-alors-d-ou-vient-mireille_5228645_3232.html

    Bernard Chambaz : « Alors, d’où vient Mireille ? »

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    Dans une tribune au « Monde », l’écrivain revient sur l’analyse de l’hommage d’Emmanuel Macron à Jean d’Ormesson du traducteur et poète André Marcowicz.

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    LE MONDE | 12.12.2017 à 18h19 • Mis à jour le 12.12.2017 à 18h21 | Par Bernard Chambaz (Ecrivain)

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    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/12/bernard-chambaz-alors-d-ou-vient-mireille_5228645_3232.html#SOdM1gWXSLz6i53C.99

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    Tribune.

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    Mireille m’avait échappé. André Markowicz l’a sortie pour moi de l’ombre dont les Invalides ne l’avaient pas sauvée.

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    Au cas où Mireille serait encore dans les limbes, le peu que j’aurais à en dire est ceci : Mireille n’est pas Mireille, mais Eugénie Krantz, dite Nini-Mouton, moitié mondaine moitié artiste de music-hall. Après l’enterrement de Verlaine (1844-1896), elle vendra ses porte-plumes sinon ses crayons, beaucoup de porte-plumes, et même plusieurs fois son dernier encrier. Je crois qu’elle n’a pas dit « tous tes amis sont là » mais « tous les amis sont là », ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Accessoirement, elle ne l’a pas dit d’une voix posée, mais elle l’a crié pour qu’on l’entende, qu’on sache que c’était bien elle qui détenait l’héritage. C’est seulement en fin d’après-midi, après la cérémonie officielle, que Philomène Boudin qui aimait vraiment Verlaine est venue déposer son petit bouquet de violettes au pied d’une montagne de rubans.

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    Il paraît qu’Eugénie était plutôt désagréable, le teint rougeaud, le visage ridé, « les yeux petits et méchants ». Peu importe, Verlaine la considérait comme sa « presque femme » et il habitait chez elle, rue Descartes. Le soir, ils s’étaient disputés. Elle avait crié plus fort que lui, elle ne l’avait pas relevé quand il était tombé du lit, elle s’en était allée, et il avait passé la nuit à se mourir à moitié nu sur le plancher gelé.

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    Fadaises

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    Sa tombe à lui est aux Batignolles. Depuis la Contrescarpe, ça fait une trotte, mais heureusement il y a des escales. Une messe basse par un froid de canard à Saint-Etienne-du-Mont, le premier Rossignol national veillé par une garde d’honneur avant qu’il ne reçoive l’hommage des clochards et des pierreux. Un adieu devant le Panthéon, une halte à côté de l’Opéra, le cortège battant la semelle derrière le corbillard « tout argenté de glaçons ». On peut parier que les sept discours sur sa tombe, il les a trouvés longs et que c’étaient des fadaises.

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    Alors, d’où vient Mireille ? A relire la nomenclature sempiternelle du discours, j’ai vu soudain passer le nom de Berl (1892-1976). On sait que son prénom est Emmanuel ; et je me suis rappelé qu’il avait eu une belle histoire d’amour avec Mireille, la chanteuse. Avec les préparatifs pour la Madeleine à la gloire de Johnny, on peut imaginer que la boucle était bouclée.

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    Franchement n’y-a-t-il pas un peu d’indécence à enrôler Verlaine dans ce compliment ?
    Ce serait l’occasion ou jamais de rappeler le salut adressé par Léon Bloy (1846-1917) à « cet indigent qui avait crié merci dans les plus beaux vers du monde ».

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    Bernard Chambaz a notamment reçu le prix Goncourt du premier roman en 1993 pour L’Arbre de vies (F. Bourin). Il est l’auteur, entre autres, de 17 (Seuil, 144 pages, 15 euros) et d’A tombeau ouvert (Stock, 2016).

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    En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/12/bernard-chambaz-alors-d-ou-vient-mireille
    _5228645_3232.html#SOdM1gWXSLz6i53C.99

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    A porter sereinement au débat…

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    Titus Curiosus, ce dimanche 24 décembre 2017