Étiquette : Bach

  • Accéder à nouveau à l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) via le CD « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule, après le CD « Danse des morts » de L’Atelier de Musique dirigé par Pierre Dumoussaud : la profonde et fondamentale intégrité musicale d’Aline Piboule en son jeu, comme en la composition maîtrisée de ses programmes…

    Hier mardi 21 juillet, en fouillant parmi les riches bacs de mon disquaire préféré, je suis tombé sur un CD d’Aline Piboule, pianiste que j’affectionne tout particulièrement, le CD Artalinna ATL A044 « coincidentia opposotorum – Bach – Greif – Liszt » – enregistré à l’Arsenal de Metz du 26 au 29 avril 2023 – , qui ne figurait pas jusqu’ici dans ma discothèque personnelle, et que je me suis empressé, bien sûr, d’acquérir et écouter – à écouter aussi ici en son intégralité… 

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    Olivier Greif (Paris, 3 janvier 1950 – Paris, 13 mai 2000) n’est pas un compositeur dont la fréquentation de l’œuvre m’est familière, même si je possède un CD à son « Danse des morts » consacré – en regarder ici la vidéo d’une brève (1′ 56) mais intéressante présentation par les interprètes : Pierre Dumoussaud, Philippe Hattat, Edwin Fardini… – , le CD B Records LBM 035 – enregistré Live à Deauville le 1er mai 2021 – ,

    qu’abordait circonstanciellement, à partir du nom du pianiste Philippe Hattat, mon article « Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) » en date du 14 avril 2022,

    un article qui donnait aussi à écouter, au passage, les « Chants de l’âme » d’Olivier Greif :

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat m’ont conduit à la découverte de l’oeuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000)

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    Comment ma curiosité et le nom de Philippe Hattat

    m’ont conduit à la découverte de l’œuvre d’Olivier Greif (1950 – 2000) :

    …

    c’est un article de ResMusica « Le label b-records lance la plateforme de streaming b-concerts » d’avant-hier 12 avril, qui m’a mené à un autre article – signé Jean-Christophe Le Toquin – du même site ResMusica du 5 avril 2020,

    intitulé, lui, « Les chants de l’âme d’Olivier Greif par Marie-Laure Garnier« ,

    qui m’a mené, lui, au nom du pianiste Philippe Hattat.

    …

    Ce qui m’a immédiatement ramené,

    au delà et en-deçà de mon article du 1er septembre 2020 « « ,

    à mes articles de recherches ravéliennes de juillet et septembre 2019,

    qui ont bénéficié de très bienvenus apports de la curiosité (et très aimable aide à ma recherche) de Philippe Hattat – ce fut le 13 juillet 2019, puis le 25 septembre 2019 –

    …

    d’abord à celui-ci, très important, du 15 juillet 2019, «  «  ;

    …

    et puis à ceux-là, des 24 et 30 septembre 2019 :

    « « 

    et surtout « « 

    …

    Voilà les raisonnements et démarches – en rhizomes – qui m’ont donc conduit à découvrir – enfin ! comment avais-je pu jusqu’ici passer à côté ?.. – la musique majeure d’Olivier Greif,

    et, qui plus est, grâce à des enregistrements discographiques comportant la présence au piano de Philippe Hattat

    …

    Illico presto, hier, j’ai pu mettre la main sur le CD B-Records LBM 035 de la « Danse des morts » ;

    …

    et ce jour, je vais chercher en chasse – hélas en vain… – d’un exemplaire du CD B-Records LBM des « Chants de l’âme » d’Olivier Greif

    …

    Mais voici, déjà, de quoi écouter, de ces « Chants de l’âme » d’Olivier Greif,

    ses 9 moments,

    sur des poèmes de Poètes métaphysiciens anglais, dont John Donne – que j’aime tant ! – ,

    ainsi que le plus tardif William Blake 

    …

    1 The Tyger 3’ 08
    2 Deniall 5’ 49
    4 Sic Vita 2’ 44
    6 Virtue 4’ 11
    7 Song 4’ 09
    8 Mortification 8’22
    9 Peace 6’ 08

    …

    Et, en bonus,

    toujours d’Olivier Greif,

    son « Tombeau de Maurice Ravel » pour Piano à 4 mains (d’une durée de 17′ 36) ;

    …

    ce qui s’impose ici…

    …

    À suivre…

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    Ce jeudi 14 avril 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa

    …

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    À ce CD Artalinna ATL – A044 « coincidentia oppositorum – Bach – Greif – Liszt » d’Aline Piboule,

    Jean-Charles Hoffelé avait, le 4 juillet 2024, consacré un article intitulé « Le plein et le vide » qui ne m’avait assurément pas marqué,

    et que voici, dominé par une critique assassine, non pas du jeu d’Aline Piboule, admiré lui, mais de la composition d’Olivier Greif,

    en ce disque qualifié par le critique de « si noir« …

    …

    Et qu’on en juge ici : 

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    LE PLEIN ET LE VIDE

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    Dans un beau texte – oui – Aline Piboule avoue son amour – oui, empreint d’une certaine touche de mysticisme : elle déclare ainsi, assez elliptiquement, ceci de très personnel, dans le livret : « La musique m’a sauvée, j’ai pu m’y engouffrer à des moments où être seule n’est pas conseillé, et ces deux compositeurs – Greif et Liszt – tous deux pianistes de génie, m’ont accompagnée dans cette quête vers la transcendance« … – des œuvres d’Olivier Greif. Elles me sont toujours tombées des mains et des oreilles – rien moins ! – , et ce n’est pas le ressassement de Domino – la chanson – qui balbutie en boucle à l’ouverture de la 21e Sonate (je préfère la chanson in extenso, plutôt par Lucienne Delyle que par André Claveau) qui allégera l’ennui qui me gagne.

    …

    Bon, allez, si vous aimez les œuvres d’Olivier Greif, qui sont toujours accompagnées du pistolet pour vous révolvériser – pan ! – , vous admirerez l’art qu’y met la pianiste – voilà, voilà – , cet art que je préfère lorsqu’elle l’emploie à la nudité – magnifique, en effet ! – de ce Bach qui ouvre le disque – à écouter ici… – , à la rumeur mystique de Bénédiction de Dieu dans la solitude, au sombre de la Deuxième Ballade – de Liszt – , où ses timbres, son clavier profond – voilà ! – trouvent des chefs-d’œuvre à tutoyer. Et puis à la fin, ce petit Bach/Petri, fragile rayon d’un soleil que je croyais banni de ce disque si noir – l’expression que je viens de souligner pour qualifier l’appréciation générale de Jean-Charles Hoffelé sur ce disque…

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Coincidentia oppositorum

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    Johann Sebastian Bach(1685-1750)
    Ich ruf zu dir Herr Jesu Christ, BWV Anh.73 (version jouée au piano)
    Aria « Schafe können sicher weiden » (No. 9, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd », BWV 208 ; version pour piano seul : Egon Petri)

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    Franz Liszt (1811-1886)
    Ballade No. 2 en si mineur, S. 171
    Bénédiction de Dieu dans la solitude (No. 3, extrait des « Harmonies poétiques et religieuses III, S. 173 »)

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    Olivier Greif (1950-2000)
    Sonate pour piano No. 21, Op. 303 « Codex Domini »
    Three Poems of Li T’ai Po (Sonate pour piano No. 18), Op. 76

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    Aline Piboule, piano

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    Un album du label Artalinna ATL-A044

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    Photo à la une : © DR

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    Afin de mieux juger,

    je propose ici à chacun d’écouter les 3 mouvements de la Sonate pour piano n°21, Op. 303 « Codex Domini », d’Olivier Greif,

    magnifiquement servis par Aline Piboule en ce CD :

     

    _ I. Varsovie / Prague (5′ 28)

    _ II. Munich (34″)

    _  III. (15′ 05)

    …

    Avec ce commentaire d’Aline Piboule en le livret de son CD :

    …

    « D’une noirceur redoutable – donc parfaitement assumée par elle en ce CD – , la Sonate « Codex Domini » d’Olivier Greif évoque la maladie, mais aussi, me semble-t-il, une certaine ambiguÏté empruntée à la chanson Domino : en témoigne l’aller-retour régulier entre profane et sacré, chanson populaire et choral religieux. Le rythme du troisième mouvement suggère même Lou Reed, et son exhortation à prendre le chemin du côté sauvage« .

    …

    Avec cette conclusion sienne, pour le choix par elle de ce programme Greif – Liszt – Bach pour ce CD :

    …

    « Cette capacité à la transcendance, à unir les opposés, comme leur profond humanisme, font des trois compositeurs de ce programme de grands passeurs. Par leurs musiques, ils nous accompagnent, tel Hermès, le conducteur des âmes, sur un chemin rempli d’embûches, menant à une fin énigmatique – à apprendre à affronter avec sérénité.

    L’éparpillement, la dissolution dans le cosmos chez Greif, la lumière et l’apaisement chez Liszt, l’humilité éternelle chez Bach : trois chemins différents, trois réponses au silence » – que propose la musique.

    …

    Un grand bravo et un profond merci à Aline Piboule, et la fondamentale intégrité musicale de son jeu en chacun de ses CDs…

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    Ce mercredi 22 juillet 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • A propos de l’épatante Angela Hewitt au piano : un Bach solidement vivant et jouant naturellement, aux antipodes de l’imposture du sinistre Glenn Gould…

    L’article « Pré-Carré »  que le bon Jean-Charles Hoffelé consacre ce jour sur son site Discophilia au coffret Hyperion  CDS 44621/47 de 27 CDs « Angela Hewitt – The Bach Recordings » – cliquer sur le lien pour accéder à sa lecture – me donne une excellente occasion de redire tout le charmant et pur plaisir que cette jubilatoire pianiste canadienne me donne :

    …
    Ainsi en mes articles successifs en date des

    3 août 2018 « Dans les Goldberg, et au piano, une très tonique et plus que plaisante Angela Hewitt » ,

    15 décembre 2019 « Epatante Angela Hewitt, cette fois dans les 6 Partitas de Bach (BWV 825 à 830) » – j’y qualifiais la pianiste Angela Hewitt de « une amie de la meilleure compagnie musicale qui soit« … – ;

    10 janvier 2020 « Comparer les interprétations des Variations Goldberg au piano : Angela Hewitt… » – avec cette éloquente conclusion de la comparaison de ces diverses interprétations des « Goldberg » au piano : « Ma préférence va à l’interprétation d’Angela Hewitt« … – ;

    et 26 juin 2025 « L’excellence toujours renouvelée d’Angela Hewitt : la merveille idoinement mozartienne – intime, légère, élégante, naturelle – de son troisième volet discographique des Sonates de Mozart, sur son piano Fazioli…« …

    …

    D’Angela Hewitt (Ottawa, 26 juillet 1956), et à propos de ses CDs Bach,

    Jean-Charles Hoffelé dit aujourd’hui tout simplement ceci,

    de très juste :

    …

    PRÉ-CARRÉ

    …

    Et si Angela Hewitt était plutôt XVIIIe ? Parcourant ses premiers volumes de Sonates de Beethoven – mais Jean-Charles Hoffelé ne dit rien ici de ses très beaux Mozart ; cf ici mon article du 26 juin 2025 : « L’excellence toujours renouvelée d’Angela Hewitt : la merveille idoinement mozartienne – intime, légère, élégante, naturelle – de son troisième volet discographique des Sonates de Mozart, sur son piano Fazioli…« … – , et soupirant, j’ai repris ses deux – magnifiques !!! – disques Scarlatti. Soudain des couleurs, des phrasés, un son qui est un peu plus que son joli son habituel. Il fallait que je redonne une chance à ses Bach, après tout elle seule au Canada aura osé enregistrer autant le Cantor que Glenn Gould – Toronto, 25 septembre 1932 – Toronto, 4 octobre 1982 ; sur lui, cf mon article réaliste en date du 17 janvier 2025 : « Joël Dehais, rhumatologue et musicien, dressant un superbe portrait hyper-réaliste des pathologies physiologiques et névrotiques de Glenn Gould à son Steinway, à l’Académie de Bordeaux…« … – , pas plus qu’une indication tant ils sont l’un pour l’autre l’anti-matière – et c’est peu dire, en effet ! La vie versus la névrose…

    …

    Justement, Hypérion regroupe les 27 CDs qu’elle lui aura consacrés entre 1994 – les Inventions, début prudent surveillé par le fondateur Ted Perry – et 2018, quand elle publie sa seconde proposition – merveilleuse ! – des Partitas, Simon Perry ayant pris le relais entre temps. Elle sera également revenue sur son Clavier bien tempéré, et sur les Golberg, manière de changer d’angle de vue plutôt que de perfectionner.

    …

    Quoi dire ? Le toucher tout simple – sans chichis – souligne assez la modestie – sans façons – de l’approche, la musicalité n’oublie pas les danses des Suites et des Partitas, débrouille sans esbrouffe – voilà ! – les audaces des deux versions du Clavier bien tempéré, la seconde étant l’épure que la première refusait, plus aventureuse et moins certaine y compris de doigts. Les Goldberg sont assez magnifiques, tenues deux fois d’un seul geste, en noir et blanc pour l’essai, avec beaucoup plus de couleurs et de variations d’éclairage dans la nouvelle approche, on sent que l’expérience – jubilatoire ! –  Scarlatti – les CDS Hyperion 67 613 et 68 184 : je les aime beaucoup, même si c’est au piano… – a porté ses – excellents – fruits. Les Partitas sonnent un peu plus sévères, factuelles les deux fois, mais comment ne pas admirer la clarté des polyphonies – voilà ! –  dans ce clavier jamais sec et jamais gras – mais jubilatoire.

    …

    Et la fantaisie ? Elle ne manque pas – en effet – , écoutez simplement le Capriccio in honorem Johann Christoph Bachii, le Concerto Italien, l’Aria variata à l’italienne, le grand geste osé de l’Ouverture à la française, décidément Bach libère chez elle une certaine imagination que justement les Scarlatti indiquaient – c’est tout à fait cela ; et pour ma part, j’idolâtre l’idéalement juvénile Domenico Scarlatti… Merveille, utile de surcroit, le disque de transcriptions, avec beaucoup de raretés, mais surtout tous les Kempff, où elle n’a pas à rougir face aux gravures du pianiste de Positano.

    …

    Tout fut enregistré en studio, et plutôt bien, mais à chaque fois en miroir des « Bach Tours » qu’elle donnait des deux côtés de l’Atlantique, certainement ce qui rend cette somme si vivante – voilà, voilà ! – , sinon les Concertos uniment décevants, seul bémol de ce qui est, face à celle d’Ivo Janssen, son exact opposé, la plus cohérente des entreprises pour qui voudra son Bach d’abord au piano.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Angela Hewitt, piano
    The Bach Recordings

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    Johann Sebastian Bach (1685-1750)

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    CD 1. ℗ 1994
    Fantaisie en ut mineur, BWV 906
    15 Invention à deux voix, BWV 772-786
    15 Inventions à trois voix (Sinfonias), BWV 787-801
    Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur, BWV 903

    CDs 2-3. ℗ 1995
    Sonate pour clavier en ré mineur, BWV 964
    Suite française No. 1 en ré mineur, BWV 812
    Suite française No. 2 en ut mineur, BWV 813
    Suite française No. 3 en si mineur, BWV 814
    6 Kleine Präludien du « Klavierbüchlein für Wilhelm Friedemann Bach »
    Prélude en ut majeur, BWV 924
    Prélude en sol mineur, BWV 930
    Prélude en ré majeur, BWV 925
    Prélude en ré mineur, BWV 926
    Prélude en fa majeur, BWV 927
    Prélude en fa majeur, BWV 928

    6 Kleine Präludien
    Prélude en ut majeur, BWV 933
    Prélude en ut mineur, BWV 934
    Prélude en ré mineur, BWV 935
    Prélude en ré majeur, BWV 936
    Prélude en mi majeur, BWV 937
    Prélude en mi mineur, BWV 938

    5 Kleine Präludien (Kellner Sammlung)
    Prélude en ut majeur, BWV 939
    Prélude en ré mineur, BWV 940
    Prélude en mi mineur, BWV 941
    Prélude en la mineur, BWV 942
    Prélude en ut majeur, BWV 943

    Prélude en ut mineur, BWV 999
    Suite française No. 4 en mi bémol majeur, BWV 815
    Suite française No. 5 en sol majeur, BWV 816
    Suite française No. 6 en mi majeur, BWV 817
    Prélude et Fugue en la mineur, BWV 894

    CDs 4-5. ℗ 1997
    Les 6 Partitas (Intégrale)
    No. 1 en si bémol majeur, BWV 825
    No. 2 en ut mineur, BWV 826
    No. 4 en ré majeur, BWV 828
    No. 3 en la mineur, BWV 827
    No. 5 en sol majeur, BWV 829
    No. 6 en mi mineur, BWV 830

    CDs 6-7. ℗ 1998
    Le Clavier bien tempéré Livre I, BWV 846-869

    CDs 8-9. ℗ 1999
    Le Clavier bien tempéré Livre II, BWV 870-893

    CD 10. ℗ 2000
    Aria mit verschiedenen Veränderungen (Variations Goldberg), BWV 988

    CD 11. ℗ 2001
    Concerto nach Italienischen Gusto, BWV 971
    Capriccio en si bémol majeur sur le départ de son frère bien-aimé, BWV 992
    Capriccio in honorem Johann Christoph Bachii Ohrdrufiensis en mi majeur, BWV 993
    Duetto en mi mineur, BWV 802
    Duetto en fa majeur, BWV 803
    Duetto en sol majeur, BWV 804
    Duetto en la mineur, BWV 805
    Ouvertüre nach Französischer Art, BWV 831

    CD 12. Bach Arrangements. ℗ 2001
    Sinfonia (No. 1, extrait de la Cantate « Wir danken dir, Gott, wir danken dir, BWV 29 » ; version Kempff)
    Siciliano (No. 2, extrait de la Sonate pour flûte et clavecin en mi bémol majeur, BWV 1031 ; version Kempff)
    Nun komm, der Heiden Heiland, BWV 659 (version Kempff)
    Wachet auf, ruft uns die Stimme, BWV 645 (version Kempff)
    Ich ruf’ zu dir, Herr Jesu Christ, BWV 639 (version Kempff)
    Sheep may safely graze (No. 10, extrait de la Cantate « Was mir behagt, ist nur die muntre Jagd!, BWV 208 » ; version Mary Howe)
    Jesu, joy of man’s desiring (No. 10, extrait de la Cantate « Herz und Mund und Tat und Leben, BWV 147 » ; version Myra Hess)
    Wenn wir in höchsten Nöten sein, BWV 641 (version Angela Hewitt)
    Das alte Jahr vergangen ist, BWV 614 (version Angela Hewitt)
    In dulci jubilo, BWV 729 (version Lord Berners)
    Herzlich tut mich verlangen, BWV 727 (version Sir William Walton)
    Meine Seele erhebt den Herrn, BWV 648 (version John Ireland)
    O Mensch, bewein’ dein’ Sünde gross, BWV 622 (version Herbert Howells)
    Sanctify us by thy goodness (No. 5, extrait de la Cantate « Jesus nahm zu sich die Zwölfe, BWV 22 » ; version Harriet Cohen)
    Die Seele ruht in Jesu Händen (No. 3, extrait de la Cantate « Herr Jesu Christ, wahr’ Mensch und Gott, BWV 127 » ; version Harold Bauer)
    Passacaglia en ut mineur, BWV 582 (version Eugen d’Albert)
    Alle Menschen müssen sterben, BWV 643 (version Angela Hewitt)

    CD 13. ℗ 2002
    Toccata en ut mineur, BWV 911
    Toccata en sol majeur, BWV 916
    Toccata en fa dièse mineur, BWV 910
    Toccata en mi mineur, BWV 914
    Toccata en ré mineur, BWV 913
    Toccata en sol mineur, BWV 915
    Toccata en ré majeur, BWV 912

    CDs 14-15. ℗ 2003
    Les 6 Suites anglaises (Intégrale)
    No. 1 en la majeur, BWV 806
    No. 2 en la mineur, BWV 807
    No. 3 en sol mineur, BWV 808
    No. 4 en fa majeur, BWV 809
    No. 5 en mi mineur, BWV 810
    No. 6 en ré mineur, BWV 811

    CD 16. Fantasia, Aria & Other Works. ℗ 2004
    Fantaisie et Fugue en la mineur, BWV 904
    Aria variata alla Maniera Italiana, BWV 989
    Sonate en ré majeur, BWV 963
    Partie en la majeur, BWV 832
    Suite en fa mineur, BWV 823
    Adagio en sol majeur, BWV 968
    Fugue en ut majeur, BWV 953
    Jesus, meine Zuversicht, BWV 728
    Wer nur den lieben Gott lässt walten, BWV 691
    Fantaisie et Fugue en la mineur, BWV 944

    CDs 17-18. Concertos avec clavier. ℗ 2005
    Concerto pour clavier No. 1 en ré mineur, BWV 1052
    Concerto pour clavier No. 7 en sol mineur, BWV 1058
    Concerto brandebourgeois No. 5 en ré majeur, BWV 1050
    Concerto pour flûte, violon et clavier en la mineur, BWV 1044
    Concerto pour clavier No. 4 en la majeur, BWV 1055
    Concerto pour clavier No. 3 en ré majeur, BWV 1054
    Concerto pour clavier No. 2 en mi majeur, BWV 1053
    Concerto pour clavier No. 5 en fa mineur, BWV 1056
    Concerto pour clavier No. 6 en fa majeur, BWV 1057

    Alison Mitchell, flûte (I) – Emma Sholl, flûte (II · BWV 1057) – Australian Chamber Orchestra – Richard Tognetti, violon solo, direction

    CDs 19-20. ℗ 2009
    Le Clavier bien tempéré Livre I, BWV 846-869

    CDs 21-22. ℗ 2009
    Le Clavier bien tempéré Livre II, BWV 870-893

    CDs 23-24. ℗ 2014
    L’Art de la fugue, BWV 1080
    Vor deinen Thron tret ich hiermit, BWV 668a

    CD 25. ℗ 2016
    Aria mit verschiedenen Veränderungen (Variations Goldberg), BWV 988

    CDs 26-27. ℗ 2019
    Les 6 Partitas (Intégrale)
    No. 1 en si bémol majeur, BWV 825
    No. 2 en ut mineur, BWV 826
    No. 4 en ré majeur, BWV 828
    No. 3 en la mineur, BWV 827
    No. 5 en sol majeur, BWV 829
    No. 6 en mi mineur, BWV 830

    Un coffret de 27 CD du label Hypérion CDS44621/47

    Photo à la une : la pianiste Angela Hewitt, au milieu des années 1980, quand elle grave son premier LP Bach publié en 1986 par Deutsche Grammophon, non inclus dans cette boîte – Photo : © DR

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    Une idéale jeunesse de Bach sous les doigts si vivants et si simplement joueurs d’Angela Hewitt, à l’épatant piano !

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    Ce samedi 27 juin 2026, Titus Curiosus, Francis Lippa

  • Servir et respirer Bach au piano (suite) : l’excellent exemple de Fabrizio Chiovetta (suite) cette fois en son superbe CD « Fabrizio Chiovetta – Bach – Keyboard Suites – BWV 809 – 825 – 831 » de 2015, ou la perspicacité de son choix de la liberté de son très pur, délicat et délicieux, jeu de piano…

    À la croisée des réflexions de mon article d’hier 11 mai « « L’Art de la Fugue « , ou l’art de respirer Bach : exprimer une vie intense et vibrante à l’approche de la rencontre avec Dieu… Ce que nous dit le beau récit inspiré, à son piano, de David Lively en son CD « L’Art de la Fugue » du Palais des Dégustateurs… » et de celles de la série récemment entamée des articles consacrés à mes écoutes des CDs Aparté AP395 « Brahms » – enregistré à Dobbiaco en décembre 2024 – et Aparté AP238 « Beethoven » – enregistré à Dobbiaco en janvier 2020 – de l’excellent pianiste, au jeu pur, Fabrizio Chiovetta, « L’exceptionnel talent de toucher de piano, pur, naturel et élégant, de Fabrizio Chiovetta : son bouleversant « Brahms – Klavierstücke Op. 116-119 ». Comment ai-je pu ignorer jusqu’ici cet art merveilleux du piano qui me va à ce point si fort droit au cœur en sa clarté et absolue pureté ? » et « Approfondir l’appréhension du merveilleusement délié jeu de piano de Fabrizio Chiovetta : son splendide très pur CD « Beethoven – Op. 109, 110, 111 – Fabrizio Chiovetta »…« , en date des 8 mai et 23 avril derniers,

    je désire, ce mardi 12 mai, faire l’éloge de son vraiment superbe CD Aparté AP126 « Fabrizio Chiovetta – Bach – Keyboard Suites – BWV 809 – 825 – 831 » – enregistré à Dobbiaco du 27 au 29 mars 2015   – , dont j’admire la très grande réussite de son choix de la liberté de son très pur jeu de piano (!) jusque dans le sacro-saint Jean-Sébastien Bach, et cela alors que, biberonné au Baroque, et très amateur de clavecin – ainsi à un Pierre Hantaï, à un Benjamin Alard, à un Francesco Corti, va ma prédilection… – , j’ai toujours quelque réticence à me tourner vers des interprétations de la musique pour claviers de Bach au piano…

    …

    Mais, et à l’abri des délires interprétatifs de certains – que j’exècre : je pense, par exemple, au tout fou Jean Rondeau au clavecin… – , j’aime tout particulièrement le jeu libre et pur, inspiré et parfaitement respiré, au piano ou au piano-forte, d’un Stephen Kovacevich, d’un Ronald Brautigam ou d’un Alexei Liubimov, ou encore d’un Ammiel Bushakevitz – une de mes assez récentes découvertes au CD… – , parmi ceux auxquels va ma prédilection de mélomane discophile – à l’inverse, je déteste l’usurpateur Glenn Gould – , nous proposant au CD des interprétations d’œuvres réussissant, en leur absolue spontanéité conquise (par leur inlassable patient, très exigeant et supérieurement probe – et c’est là un réquisitionné absolu ! – travail d’interprète), à nous faire comme accéder à l’improvisation même, sur le champ de sa création au départ en chantier, du compositeur lui-même, tel un Beethoven – spécialement en ses ultimes miraculeux chefs d’œuvre de la fin de sa vie… – , à son piano, et relevant peu à peu sur le papier ce qui vient de sourdre à l’instant tout neuf de son jeu ainsi improvisé et essayé, et qu’il choisit ainsi, en se donnant la peine de l’inscrire alors à l’encre sur une portée de papier, de retenir, et pour l’éternité, à destination de qui – et d’abord de lui-même qui le rejouera – s’attèlera, ensuite – et par la suite des temps à venir – ,  à le rejouer, partition sous les yeux, ou, mieux encore, apprise et désormais sue par lui aussi, l’interprète, par cœur – et par le cœur… – , se l’étant comme vitalement incorporé en ses doigts et en sa tête, et en son corps devenu hyper-sensible, exalté, possédé et transcendé par cette musique, dont il a accepté, lui l’interprète, de se faire l’hôte passager, à l’instant lumineux de son jeu, et ainsi l’hôte aussi de l’autre, le compositeur, qui vient ainsi à ce moment alors musicalement l’habiter…

    …

    Et à cette liste de pianistes auxquels va ma prédilection, j’ajoute désormais, et Aline Piboule – son piano, à elle aussi, admirablement respire ! – , et Fabrizio Chiovetta, que je viens donc de tout récemment découvrir, en leurs CDs, à leur pianos…

    …

    Et de fait, à l’écoute jouissive de cette délicate délicieuse interprétation par Fabrizio Chiovetta de la Suite anglaise n°4 en fa majeur BWV 809, la Partita n°1 en si bémol majeur BWV 825, et l’Ouverture à la française en si mineur BWV 831, je ressens le profond sentiment jubilatoire de liberté, tant du compositeur à son écritoire, que de l’interprète à son clavier : « Ce qui, dans ces œuvres, révèle les ressources de l’improvisateur – nous y voici… – , la fantaisie – voilà ! – de celui qui construit en jouant« , ainsi que le déclare lumineusement Fabrizio Chiovetta à la page 7 du livret du CD, en son entretien de février 2016, à Genève, avec l’excellent écouteur qu’est Sylvain Fort…

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    « J’y entends, comme interprète, la liberté stupéfiante – voilà ! – de cette musique. (…) Je suis fasciné par les chemins de traverse que Bach se ménage sans perdre la cohérence du discours. C’est de là que vient l’humanité – a-mécanique – de Bach. (…) L’adoption des formes reçues de la rhétorique musicale n’est que le prétexte à ces jeux infinis – jouissifs. (…) Il y a dans cette inspiration un esprit de pastiche, un humour sérieux que je trouve irrésistibles« …

    …

    Et pour cela, « la liberté de Bach appelle la liberté de l’interprète. La richesse inouïe de l’invention propre à Bach ouvre à l’interprète des dizaines de pistes de possibles, des alchimies illimitées. » Et « j’espère – poursuit Fabrizio Chiovetta – qu’on sent dans cette interprétation, dans ce disque, d’autres possibles – prêts à éclore, adjacents, latents. L’interprète idéal de Bach, selon moi, n’est pas celui qui sculpte une version définitive, mais celui qui fait percevoir à l’auditeur la présence secrète – sous-jacente – d’autres pistes : dans ce cas, on suit Bach à la trace, on voit se profiler des pistes, des hypothèses, qui sont abandonnées mais restent bien présentes à l’esprit« …

    …

    Bach improvisant jubilatoirement à l’envi dans le canevas suivi des formes reçues avec cette fantaisie-là assumées…

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    Ce mardi 12 mai 2026, Titus Curiosus  – Francis Lippa

  • Avoir croisé et avoir lu Jean-Marie Planes (1943-2025), l’écrivain de Bordeaux, qui faisait corps vraiment avec sa ville : un homme qui aimait par dessus tout Mozart…

    L’émouvante très belle cérémonie d’hommages – préfigurée par la publication d’un superbe « Pour Jean-Marie Planes«  de 72 pages paru le 7 janvier dernier aux Éditions Confluences… – de jeudi soir dernier 15 janvier, à la galerie Arrêt sur l’image de la chère Nathalie-Lamire Fabre, qu’ont rendue à Jean-Marie Planes (1er octobre 1943 – 16 janvier 2025), réunis autour de son éditeur-ami bordelais Éric Audinet, 8 de ses amis – à divers égards, et en fonction des diverses circonstances qui leur ont fait croiser son chemin et attiser (et retenir un peu) son attention… – présents, avec son frère Emmanuel Planes : Renaud Borderie, Éric des Garets, Yves Harté, Maïalen Lafite, Alexandre Péraud, Patrick Rödel, Julien Rousset et Marguerite Stahl – Jérôme Garcin et Jacqueline du Pasquier Pecquet, absents (et excusés) furent représentés par la lecture de leur beau témoignage – ,

    était certainement nécessaire, envers la mémoire de celui qui, plus que maints grands auteurs célèbres bordelais, tels que les fameux 3 M : Montaigne (château de Montaigne, 28 février 1533 – château de Montaigne, 13 septembre 1592), Montesquieu (château de La Brède, 18 janvier 1689 – Paris, 10 février 1755), Mauriac (Bordeaux, 11 octobre 1885 – Paris, 1er septembre 1970), fut, au moins selon mon goût, L’ÉCRIVAIN DE BORDEAUX,

    celui qui de tous les nombreux écrivains bordelais – parmi lesquels, en ce siècle-ci, le tonitruant Philippe Sollers (Talence, 28 novembre 1936 – Paris, 5 mai 2023) – fut probablement celui qui fit le plus et le mieux corps – voilà ! charnellement en sa voix douce et en son écriture si sensible… – avec la ville de Bordeaux, ainsi qu’avec l’esprit – dominant, sinon unique, ni uniforme… – des Bordelais, du moins ceux figurant parmi les plus représentatifs – d’autres, plus singuliers, l’étant bien sûr moins… – de l’essence emblématique de l’esprit de cette ville en son histoire…

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    Un Bordelais aimant, lui, vraiment – quasi charnellement, oui… – sa ville et son esprit dominant, quand la plupart des autres l’exécraient et s’employaient, eux, surtout à les fuir…

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    Et c’est de cet émouvant moment de l’hommage-anniversaire à Jean-Marie Planes que j’ai eu grand plaisir à partager avec l’ami Guy Latry, présent lui aussi, dans l’assistance, à ce cérémonial d’adieu, que témoigne ce courriel que je lui ai adressé, en forme de remerciement :

    …

    Merci, cher Guy, de cet excellent moment hier soir, à la galerie de Nathalie Lamire Fabre, de retour sur quelques souvenirs de notre jeunesse,
    en appoint bienvenu à la belle cérémonie d’hommages, par ses amis, à Jean-Marie Planes,
    ce parfait écrivain, mais oui !, de Bordeaux :
    ce que n’ont pas été ni Montaigne, ni Montesquieu, ni Mauriac,
    qui, eux, n’ont jamais cessé de fuir Bordeaux, que tout bonnement ils exécraient.
     
    Planes n’avait peut-être pas de « chez moi » – pas même en son appartement-écritoire du 56 rue d’Aviau… -, comme l’a parfaitement montré son éditeur et ami Éric Audinet
    – lire ici de celui-ci, en une splendide phrase unique de 5 pages, son magnifique « Au 56« , aux pages 65 à 69 du recueil « Pour Jean-Marie Planes« … – ,
    mais c’est tout Bordeaux – ses rues, ses places, ses jardins, ses librairies, autant que ses amis  – qui était son « chez lui »
    d’adolescent à jamais, jamais vraiment installé nulle part,
    sinon dans la littérature : je veux dire tant ses lectures – éperdument boulimiques – que son écriture – très belle : élégiaque, voilà, a excellemment écrit (page 42 du « Pour Jean-Marie Planes« …) et dit Maïalen Lafite – : tourné vers cet ailleurs qui le fascinait mais soigneusement de loin, depuis l’ancrage de Bordeaux…
    À la Jean de La Ville de Mirmont (Bordeaux, 2 décembre 1886 – Chemin des Dames, 29 novembre 1914) de « L’Horizon Chimérique » :
    Et on peut écouter chanter ici le grand Gérard Souzay :
    Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte ;
    Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
    Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
    Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.
    La mer vous a rendus à votre destinée,
    Au delà du rivage où s’arrêtent nos pas.
    Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;
    Il vous faut des lointains que je ne connais pas.
    Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
    Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d’effroi,
    Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
    Car j’ai de grands départs inassouvis en moi.
    Ou à la Baudelaire du « Port« …
     
    Bref un assez beau portrait du défunt par ses amis, jusque dans ses colères…

    …

    Et si en ma carrière professorale et mes diverses activités artistiques vibrillonnantes – dont celles qui m’ont conduit à Rome, à Prague, à Lisbonne, à la rencontre, en leur ville et même chez eux, voilà !, d’écrivains majeurs de la littérature européenne contemporaine (Elisabetta Rasy à Rome, Vaclav Jamek à Prague, Antonio Lobo Antunes à Lisbonne…), avec les élèves de mes deux successifs ateliers de pratique artistique au lycée Nord-Bassin d’Andernos, « Sur un Bordeaux baroque » et « Habiter en poète« , avec l’aide du Rectorat et de la DRAC ; mais j’ignore si ces écrivains-là auxquels j’ai rendu moi-même visite chez eux, firent partie ou pas des auteurs qu’a lus ou affectionnés, ou même rencontrés, Jean-Marie Planes… – , il m’est arrivé de croiser, par exemple en son bureau du 3ème étage au rectorat, Jean-Marie Planes, et si surtout j’ai lu non sans admiration Jean-Marie Planes l’écrivain, il se trouve que je n’ai pas été de ses amis, plutôt allergique que je demeure au vernis glacé et glaçant de l’establishment bordelais, dont il faisait, somme toute, tout dandy nonchalant et hors normes qu’il était, bel et bien, et assez confortablement, un peu partie – en sa carrière professionnelle du moins, sinon en ce qu’il ressentait au plus intime de lui-même, car il souffrait ; et même il souffrait beaucoup, comme en témoignent ses passages sur les divans de plusieurs psychanalystes, parfois furtivement évoqués ; et il n’était certes pas homme de fortune, ni reçue, ni accumulée, ni transmise : il était homme de profonde et vraie culture…

    …

    Et j’ai eu plaisir à saluer aussi ce jeudi soir dernier, chez Nathalie-Lamire-Fabre, mes amis Éric des Garets et Alexandre Péraud, qui ont excellemment parlé du style – à l’écrit comme à l’oral : phrases longues, sensibles et, assez en douceur le plus souvent, rythmées, tout comme l’élocution délicatement scandée et assez discrète, le plus souvent aussi, du souffle respiré… – de Jean-Marie Planes…

    …

    Ainsi me faut-il saluer ici le rappel, par Éric des Garets – un rappel absent, lui, je le remarque ici, de son beau texte du recueil – , de ce bien joli mot de Jean-Marie Planes disant qu’au paradis, si c’était du Bach que les anges chantaient à Dieu, entre eux, ce qu’ils se chantaient, c’était bien du Mozart…

    Par exemple le divin « Soave sia il vento« , de « Cosi » – ici, par exemple, par Gundula Janowitz, Christa Ludwig et Walter Berry, à Vienne en 1970, sous la direction de Karl Böhm : à écouter plutôt sans les images des costumes trop datés… – :

    et à la page 52 du recueil « Pour Jean-Marie Planes« , Éric des Garets cite fort bien ce mot de Jean-Marie Planes, dans « Une chanson qui nous ressemble« , à la page 19 : « Pour ma part, chaque fois que j’entends  – et je l’aurais entendu des milliers de fois – au premier acte du Cosi, le terzettino « Soave sia il vento« , je me répète : « C’est à ce Vent-là que j’aimerais prendre le large » – le verbe est bien sûr au conditionnel de l’impossible. Et c’est bien sûr humainement sublime…  

    Cependant, dans la veine de son pessimisme sien – trop lucide ? – et un tantinet dépressif – familier du lexomil : sauf à Madagascar, aux antipodes de Bordeaux, ainsi que le narre Renaud Borderie à la page 61 du « Pour Jean-Marie Planes » : « Oh Renaud, il y a vraiment quelque chose d’étrange qui se passe ici. (…) J’oublie de prendre mes Lexomil« … – , Jean-Marie Planes, au-delà de ce souhait fantasmé de l’ordre du pur rêvé, poursuivait beaucoup plus réalistement – il ne se faisait pas d’illusions… – : « Soave sia il vento / Tranquilla sia l’onda / Ed ogni elemento / Benigno risponda / Ai nostri desir« . Pauvre de nous ! Comme si nous avions le choix ! Comme si nous pouvions élire, pour disparaître, un chemin tranquille, tout bénignité ! Ce sera – assez prémonitoirement hélas… – souffrance, confusion, violence, solitude, déchirement intime, et il n’existe pas d’agonie mélodieuse. Mourir en musique, comme l’on meurt en « odeur de sainteté ! Hélas ! Ce passage-là est un combat, et nous l’affronterons comme on le fit pour ceux, moins définitifs, qui le précédèrent« …  

    …

    Comme je comprends donc bien cette songerie musicale de Jean-Marie Planes, venant, quant à moi, de placer, le 1er janvier dernier, cette année 2026 qui s’ouvre, mon blog encherchantbien.fr sous l’égide d’un souhait d’éclatante et heureuse – je ne suis pas, pour ce qui me concerne, un pessimiste doloriste ; mais là-dessus, lisez, de Jean-Marie Planes, son extraordinaire « Reste avec nous car le soir tombe« , paru aux Éditions Mollat en 2004 : beaucoup de son fond de penser, telle une inarrachable tunique de Nessus, s’y exprime… – jubilation mozartienne : « Que 2026 soit une année mozartienne ! Que nous accompagne et que se multiplie à l’envi une joie pure telle que celle que vient nous donner la « Sinfonia concertante » KV 364 de Mozart comme viennent de nous l’offrir à un tel degré de jubilation Julien Chauvin, le Concert de la loge et l’altiste Amihai Grosz en le si beau CD Alpha 996…« …

    …

    Vive la joie !

    …

    Et la lecture de Jean-Marie Planes, toute de délicatesse merveilleusement nuancée jusqu’au plus infime – et intime – détail, et sans jamais – horreur abyssale toujours esquivée, évitée, par lui !.. – la moindre lourdeur, à la Montaigne et à la Proust – dont il partage, et le formidable humour ravageur permanent, et le souffle merveilleusement cadencé, si poétique, des longues phases presque sans fin : « tant qu’il y aura de l’encre et du papier«  ainsi qu’un souffle de vie, forcément ; mais les écrits survivent un peu, pourvu au moins que quelques lectures (et lecteurs) un peu à vif viennent réactualiser les braises un moment seulement assoupies de l’enchantement de leur grâce… – ,

    et au-delà de nos différences sensibles de tempérament et de philosophie – Dieu merci, pour ma modeste part, je suis athée, et plutôt spinoziste : la joie, la joie, et son éternité dans, et transcendant aussi, le temps en son indépassable immanence… – ,

    assurément nous en donne, et même à profusion…

    …

    Lisez donc, à votre tour si vous ne l’avez pas encore lu, ce qui demeure de la voix singulière simplement endormie, provisoirement assoupie en quelque sorte, de Jean-Marie Planes, si alerte et si vive, en son trésor de phrases encore lisibles sur le papier tant que celui-ci nous demeure accessible, et que nous sommes en mesure – Kairos aidant, et avant que nous saisisse l’implacable Alzheimer… – de pouvoir vraiment les lire vraiment,

    Jean-Marie Planes, L‘écrivain de Bordeaux,

    l’écrivain probablement le plus sensible et le plus admirablement juste, en son raffinement délicat de point de croix, de nos finesses girondines bien tempérées – sans trop d’éclats de voix m’as-tu vu ?, ni de sunlights exagérés… – de Bordeaux-la ville et des Bordelais – ses habitants imprégnés de l’esprit tendrement incisif et percussif, au-delà de son indolence indurée de belle endormie, de la ville…

    …

    Ce samedi 17 janvier 2026, Titus Curiosus – Francis Lippa