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  • Question : lesquels des « Tirages Fresson » de Bernard Plossu, sont ceux que je préfère ?.. Et maintenant, les images de villes

    Aujourd’hui,

    c’est aux images de villes, de grandes cités, parmi mes « Tirages Fresson » préférés (au nombre de 13 pour la liste principale, et de 22 pour la liste complémentaire),

    que l’amateur de villes que je suis, moi aussi, va consacrer son attention.

    …

    …

    Bernard Plossu, en effet, n’est pas seulement

    un infatigable marcheur de montagnes, déserts et campagnes les plus diverses _ cf mon article d’avant hier :  _, 

    et un amoureux passionné de découvertes de sublimes villages un peu perdus _ cf mon article d’hier :  _,

    il est aussi un magnifique arpenteur _ inépuisable : si intenses sont l’appétit et l’ouverture photographiques permanente de son insatiable curiosité iconique _ de villes,

    de grandes villes, de par le monde _ et en Europe tout particulièrement ; et cela, qu’il s’agisse de commandes qui lui ont été passées, ou pour le pur plaisir d’images à saisir et puis réaliser.

    …

    Ainsi qu’en témoignent,

    et parmi bien d’autres qui, à coup sûr, m’échappent

    _ étant encore loin de connaître la totalité des albums de Plossu ; même si, assez souvent, il prend soin de me faire part de certaines de ses nouvelles sorties… _,

    les superbes albums d’images consacrés spécifiquement aux villes suivantes :

    …

    Marseille (« Marseille Plossu au tournant du siècle 1991 – 2011« , en 2012),

    Paris (« Paris« , en 2018),

    Rome (« Roma _ 1979 – 2009« , en 2019),

    Milan (« Attraverso Milano« , en 2008),

    Bari (« Bari/Porto« , en 2012),

    Valence (« Ciudades y paisajes« , avec Marcelo Fuentes, en 2006 ; « En Valencia« , avec Luis Baylon, en 2008 ; « Valencia in colour, live« , en 2010 _ cf un tout à fait excellent article de fond, de Jacques Terrasa, en 2019 : « Madrid et Valence Deux villes au cœur de l’œuvre espagnole de Bernard Plossu« … _,

    Barcelone (« Barcelona, 1974« , en 2012),

    Almería (« Almería« , en 2018),

    Lisbonne (« Lisbonne Portugal : ceci n’est pas une carte, mais un voyage photographique« , en 2017),

    Le Havre (« Le Havre en noir et blanc« , en 2015),

    Hyères (« L’Étrange beauté de la ville d’Hyères« , en 2007 _ cf aussi « L’Improbable destin de la villa Noailles« , en 2010 ; « La Villa Noailles : une aventure moderne« , en 2001 ; « La Villa Noailles« , en 2003 _),

    etc. :

    …

    la production éditoriale de Bernard Plossu est si riche, profuse, généreuse,

    ainsi que si merveilleusement variée _ et sous de très multiples formats, qui plus est… _,

    que bien d’autres ouvrages consacrés à des villes ont échappé _ et échappent _ à mon attention…

    …

    …

    Du regard urbain _ sur lequel je désire ici me pencher _ de Bernard Plossu,

    je retiens ici, parmi mes 13 images préférées de ce sublime « Tirages Fresson« ,

    deux fascinantes images d’Italie :

    …

    d’abord, à la page 18,

    l’image référencée « Palerme, Italie, 2008« ,

    déjà montrée, au sein d’un chapitre intitulé « Still life 19665 – 2013″, à la page 117 du très riche « Couleurs Plossu _ séquences photographiques 1956 – 2013 » de 2013, aux Éditions Hazan ;

    et déjà référencée « Palerme, Italie, 2008 » _ le référencement n’étant rien de plus que celui de Bernard Plossu à destination de lui-même…

    …

     et ensuite, à la page 26, l’image référencée « Milan, Italie, 2009« ,

    une image peut-être cette fois inédite _ datée de 2009, cette image ne peut bien sûr pas avoir déjà paru, en 2008, en l’album « Attraverso Milano » (que je possède), paru chez Mondadori Electa, et pour la couverture duquel, le 4 juillet 2008, j’avais publié sur mon blog En cherchant bien, qui naissait tout juste à peine alors (la veille, le 3 juillet !), l’article  ; et de fait l’album milanais de 2008, exclusivement en noir et blanc, ne comportait pas, et pour cause, cette admirable image couleur, en tirage Fresson !.. Plossu était donc retourné arpenter les rues de Milan l’année suivante…

    …

    …

    La sublime image palermitaine _ une merveille absolue ! _, en 2008,

    peut-être prise _ comme parfois c’est le cas ; et, ici, légèrement en oblique par rapport au tracé de la rue qui traverse l’image de ses pointillés _ de la fenêtre de quelque chambre d’hôtel qui aurait surplombé la scène nocturne _ Bernard m’a offert un tirage d’une sublime vue nocturne de Rome, prise d’une chambre d’hôtel situé tout à côté de Sant’Eustachio (et non loin du Panthéon)… _

    à dominante ocre,

    donne à contempler le vaste _ large, ouvert _ espace béant d’une rue _ marquée par des pointillés blancs sur le sol _, que vient manger, sur toute la partie gauche de l’image, l’obscurité envahissante de la nuit ; alors qu’est, éclairée, d’une lumière blafarde, au premier plan, sur plus du quart de l’image, en bas et à droite, une zone totalement vide, jeaunâtre d’aspect.

    Au plein centre de la photo, se tient la toute petite silhouette dressée d’un homme, bien campé sur ses jambes, et possiblement les bras derrière le dos ;

    alors que tout en bas de l’image, sur la droite, mais presque totalement mangée par le bord inférieur de l’image, qui la coupe, se distingue à peine _ on ne l’aperçoit pas tout de suite _ la tache minuscule du haut de la silhouette d’un autre homme, dont ne se perçoivent que la tête et les épaules.

    Qui sont-ils ? Que font-ils là, à cette heure de la nuit ?

    La partie supérieure droite de l’image, et de l’autre côté de la rue présentement déserte d’autres personnes que ces deux silhouettes-là, présente _ toujours en léger oblique par rapport au cadrage de l’image _ deux grilles d’entrée, en continuité l’une de l’autre, mais légèrement dissemblables _ une clôture ajourée sépare les deux propriétés _, avec, juste posée sur le pilier qui leur sert de séparation, la tache lumineuse d’un éclairage.

    …

    Cette scène muette m’évoque étrangement quelque chose de la poésie assez énigmatique du sublime cinéma d’Antonioni,

    du temps de « L’Avventura » (tourné en Sicile), « L’Eclisse » (tourné à Rome) et « La Notte » (tourné à Milan)…

    …

    Voilà, en tout cas, un pur chef d’œuvre de Plossu, en 2008, à Palerme.

    …

    …

    L’image milanaise de 2009,

    est d’une tout autre veine,

    peut-être, disons, moderniste _ avec des lignes géométriques bien marquées _ ;

    et elle est dépourvue, elle, de personnages, ne serait-ce que sous forme de silhouettes pressées…

    …
    Il s’agit d’une vue de rue _ où ont lieu des travaux _, centrée sur un immeuble qui occupe _ jusqu’au haut de cette image _ plus de la moitié gauche de l’image ; et s’ouvre sur deux vastes bâtiments industriels _ le premier bas et long, recouvert d’un toit de tuiles ; et l’autre plus haut, et cubique, en béton _ qu’on aperçoit, par dessus un mur bas, sur la partie droite de cette image, laissant entrevoir aussi un peu d’un ciel d’un bleu passablement brumeux…

    Milan est une cité du Nord, et assez industrielle. 

    …

    …

    Bien sûr, cette image me rappelle l’article que j’avais consacré, le 4 juillet 2008, au magnifique carton d’invitation à la mostra « Attraverso Milano« ,

    dont voici un lien : …

    …

    …

    Et je sais bien que pour ces images de ville,

    Bernard Plossu a plus que l’embarras du choix…

    …

    Que d’images de lui, dans le trésor de son immense réserve, attendent la chance d’une publication en album !

    …

    …

    Ce mardi 10 novembre 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la Musica callada de Federico Mompou à l’écoute de la quintessence acérée et voluptueuse de l’intime

    Le magnifique Josep Colom

    m’a non seulement fait découvrir les Sonatas de Manuel Blasco de Nebra

    (Séville, 2 mai 1730 – Séville, 12 septembre 1784)

    _ cf mon article d’hier : … _,

    …

    mais aussi la Musica callada de Federico Mompou

    (Barcelone, 16 avril 1893 – Barcelone, 30 juin 1987)

    …

    en sa superbe intégrale de L’Œuvre pour piano de Mompou,

    un coffret de 4 CDs Mandala 5021/24, publiée en 1993.

    …

    …

    Música callada signifie Musique tue,

    gardée pour soi dans le silence :

    …

    du moins le silence imposé à la parole, et au verbiage…

    …

    …

    La joie selon Mompou

    _ cf aussi la pièce très justement intitulée …pour appeler la joie, extraite de Charmes, composée en 1921, en hommage affiché à Paul Valéry _

    n’est pas exubérante, ni, a fortiori, dionysiaque ;

    …

    mais elle aspire,

    en sa brièveté _ toute scarlatienne _, à la quintessence fugace de l’intime…

    …

    Rien qui pèse, rien qui dure ni se répète, rien qui insiste…

    …

    Seulement l’intensité sobre et brûlante-froide

    du pur instant magiquement saisi au vol

    par le geste musical

    …

    qui croise alors Kairos.

    …

    …

    Ce que réaliseront à la perfection,

    en 1959, 1962,1965 et 1967,

    les 28 pièces des quatre cahiers successifs de la Música callada, de Mompou.

    …

    …

    Alors, quel interprète choisir ?

    …

    …

    J’hésite entre

    l’interprétation parfaite de justesse et élégance

    du splendide coffret L’Œuvre pour piano, Mandala MAN 5021/24,

    de Josep Colom,

    enregistré en 1991-92 ;

    …

    et la version de l’inestimable coffret Complete Piano Works, Ensayo, puis Brilliant Classics 65 15,

    de Federico Mompou lui-même,

    enregistré en 1974 ;

    et disponible tout entier (mais oui !) en podcast sur you tube…

    …

    …

    La joie dont il s’agit n’a certes rien ici

    ni de l’esprit du Baroque _ à la Scarlatti _,

    ni de celui de l’Empfindsamkeit, ou du Sturm und Drang _ à la Carl Philipp Emanuel Bach _ ;

    …

    et c’est la toute première,

    de ma collection de « Musique de joie« ,

    à être issue du redoutable XXème siècle ;

    …

    mais cette joie musicale-là a quelque chose de la joie oxymorique,

    tout à la fois acérée et voluptueuse,

    du poème Charmes de Paul Valéry (en 1922)

    comme du rare et éblouissant Canticó de Jorge Guillen (en 1928).

    …

    …

    Un voyage musical on ne peut plus singulier, ainsi,

    au cœur irradiant du présent…

    …

    …

    Ce samedi 11 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la merveille absolue et irrésistible des Sonatas de Manuel Blasco de Nebra, par Josep Colom

    Passer de Carl Philipp Emanuel Bach

    (Weimar, 8 mars 1714 – Hambourg, 14 décembre 1788)

    …

    à Manuel Blasco de Nebra

    (Séville, 2 mai 1730, ou 50 ? – Séville, 12 septembre 1784)

    …

    n’a rien, musicalement, d’incongru

    _ cf cet article de Pablo J. Vayon dans le Diario de Sevilla du 24 Avril 2010, en commentaire du CD Manuel Blasco de Nebra de Javier Perianes : « Más cercana a la música galante de un Carl Philipp Emanuel Bach que a la de un Scarlatti, del que sin duda toma también buena nota, las Sonatas de Blasco se dividen en dos tiempos (lento-rápido) y juegan ya con principios formales y armónicos (la tensión tónica-dominante) característicos del Clasicismo, mientras que las Pastorelas añaden un minueto como tercer movimiento. Josep Colom grabó ya una supuesta integral del compositor (Etnos) y recientemente, después de trabajos con instrumentos antiguos de Tony Millán (Almaviva) y Carole Cerasi (Metronome), Pedro Casals (Naxos) y el sevillano Pedro Piquero (Columna Música) han iniciado otras integrales« … _ ;

    …

    non plus que d’associer la musique de ses Sonatas (en 2 mouvements)

    à celles des 555 Sonatas (en 2 mouvements, elles aussi) de son contemporain, aussi, mais en Espagne, lui,

    Domenico Scarlatti

    (Naples, 26 octobre 1685 – Madrid, 23 juillet 1757).

    …

    …

    Manuel Blaso de Nebra : un Domenico Scarlatti un peu pacifié…

    …

    …

    Il se trouve que ma découverte sur mon auto-radio un matin que je me rendais à mon travail, en 1995,

    de cette musique absolument fascinante,

    étrange

    et singulière aussi _ de quel compositeur pouvait-elle bien être le fruit, me demandais-je, en conduisant en l’écoutant se dérouler : Scarlatti ? Boccherini ? CPE Bach ? Haydn ? Mozart ? Mendelssohn ?.. Non, c’était encore tout autre chose !.. _ ;

    …

    d’autant que je n’ai pas réussi à bien saisir, non plus, le nom de son auteur,

    mentionné rapidement à la fin du morceau par le présentateur de l’émission de France-Musique

    _ en tout cas pas un compositeur connu de moi jusqu’alors… ; et probablement un espagnol, m’a-t-il semblé aux sonorités entr’aperçues… _,

    …

    m’a conduit,

    encore fasciné et très intrigué par cette si étrangement belle musique,

    une fois de retour chez moi,

    à rechercher quelle avait été la programmation de ce matin-là sur France-Musique ;

    …

    et c’est alors que j’ai découvert ce nom de Manuel Blasco de Nebra ;

    …

    ainsi que le nom de son merveilleux interprète,

    sur ce CD Mandala 4847 (distribué par Harmonia Mundi) :

    …

    le pianiste catalan Josep Colom

    _ Josep Colom est né à Barcelone le 11 janvier 1947, et il a 73 ans ; Josep Colom est aussi le plus bel interprète, avec Federico Mompou en personne, de l’œuvre si extraordinaire de Mompou (Barcelone, 16 avril 1893 – Barcelone, 30 juin 1987) : cf le coffret Mandala de 4 CDs Monpou L’Œuvre pour piano par Josep Colom… Et écoutez s’il vous plaît sa Musica callada…

    …

    …

    Et tout un chacun peut en juger sur you tube,

    qui met en ligne de quoi écouter l’intégralité (de 56′) de ce magique CD de 6 Sonates (57′ 58) et de 2 Pastorelas (14′ 46)

    de Manuel Blasco de Nebra interprétées par Josep Colom

    _ et lui seul ! Nul ne l’ayant égalé !!! Et certainement pas le sur-évalué Javier Perianes, ni l’insupportable de maniérismes Arkadi Volodos…

    …

    …

    Le rayon disques de la librairie Mollat s’est bien sûr procuré tout aussitôt, en 1995,

    ce CD Mandala 4847 Manuel Blasco de Nebra Obras para tecla / Josep Colom, piano.

    …

    …

    Et durant les longues années que ce CD a continué d’être disponible et distribué _ par Harmonia Mundi _,

    la Librairie Mollat a été le meilleur vendeur en France de ce magique CD :

    …

    car dès que ce CD magique passait sur la platine du magasin,

    nul auditeur ne pouvait lui résister, et le commandait illico presto !

    …

    …

    Une musique de pleine joie !!!

    Un pur enchantement  !

    …

    …

    Ce vendredi 10 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa