Étiquette : Baroque

  • Un voyage dans l’Allemagne baroque musicale, de Johann-Kaspar Fischer (1656 – 1746) à Johann-Balthasar Kehl (1725 – 1778)

    Ce soir, l’actualité discographique nous donne l’occasion d’un très intéressant voyage musical dans l’Allemagne baroque du XVIIIème siècle…

    …

    …

    Avec un CD du label Encelade _ ECL 2002 _ intitulé « Ich schlief, da träumte mir« , par la claveciniste Anne-Marie Dragosits ;

    …

    que nous présente, sur son site Discophilia, un article de Jean-Charles Hoffelé, intitulé, lui, « Visages du sommeil« ,

     

    …

    autour d’œuvres de 7 compositeurs,

    allant de Johann-Kaspar Fischer (1656 – 1746) à Johann-Balthasar Kehl (1725 – 1778),

    …

    en passant par Johann Kuhnau (1660 – 1722), Christoph Graupner (1683 – 1760),

    et Johann-Sebastian Bach (1685 – 1750) et ses fils Carl-Philipp-Emanuel (1714 – 1788) et Wilhelm-Friedemann (1710 – 1784)…

    …

    …

    VISAGES DU SOMMEIL

    …

    …

    Les rêves tendres, la mort, les voluptés du repos, les abîmes des songes noirs, Anne Marie Dragosits conduit les splendeurs de son grand Clavecin Zell dans le monde entre baroque et Aufklärung, où se pressent toutes les contradictions _ ou variétés _ du XVIIIe siècle.

    …

    …

    L’idée même de sommeil renvoie à la tragédie lyrique  _ dont l’Atys de Lully... _ et à l’omniprésence du style français _ oui ! _ dévié de l’art des luthistes _ oui _ qui se prolonge dans les œuvres des clavecinistes allemands, Christoph Graupner en tête, dont l’abondante œuvre de clavecin mériterait _ assurément ! _ d’être plus courue, et qui fait entendre cette persistance dont son Sommeille de la Suite « Febrarius » ou dans celui de la Partita VII, alors que Johann Kuhnau, dans sa Sonata quarta compose un lamento qui pourrait être tiré d’une cantate italienne : cette Hiskia agonizante e risanato semble venir d’une autre planète, anticipant sur les sonates narratives qui feront la fortune de Dussek.

    …

    …

    Entre deux mondes donc, cette claveciniste sensible et brillante dévoile les feux du grand clavecin signé par Zell en 1728 et restauré par Martin Skowroneck en 1973 – l’instrument est pieusement conservé au Musée de Hambourg -, éblouissant ce répertoire rare de ses couleurs si vives, faisant chanter les polyphonies dans ses registres contrastés, animant dans le foisonnement de sa richesse harmonique les libertés et les inventions _ en effet _ de tout un pan de l’histoire de la littérature du clavecin.

    …

    …

    Si elle goûte tant la variété que lui autorisent ces disques aux programmes transversaux, oserait-elle revenir à un album monographique ? – après tout, elle l’a bien fait voici quelques lustres pour Froberger – et toujours sur ce Zell miraculeux, elle pourrait nous offrir tout un disque consacré à Johann Caspar Fischer ? La grande Passacaille de la Suite « Uranie », qu’on croirait tirée d’un opéra de Lully, le commande _ Johann-Kaspar Fischer étant un des tout premiers compositeurs allemands à diffuser en Allemagne le grand style des tragédies lyriques de Lully.

    …

    …

    LE DISQUE DU JOUR

    …

    …

    Ich schlief, da träumte mir

    …

    Carl Philipp Emanuel Bach(1714-1788)
    La Stahl & La mémoire raisonnée (Nos. 25 & 30, extraites des « Petites Pieces per il cembalo solo, Wq. 117 »)
    An den Schlaf, Wq. 202
    Variations sur « Ich schlief, da träumte mir »

    …
    Wilhelm Friedemann Bach (1710-1784)
    Réveille, F. 27
    Fantasia, F. 15

    …
    Christoph Graupner (1683-1760)
    Sommeille (extrait de la Suite « Febrarius », GWV 110)
    Sommeille (extrait de la Partita VII, GWV 107)

    …
    Johann Kaspar Fischer (1656-1746)
    Musicalischer Parnassus – Suite No. 9 « Uranie »
    (3 extraits : I. Toccata, IV. Sarabande, XI. Passacaglia)

    …
    Johann Sebastian Bach (1685-1750)
    Praeludium (Harpeggiando) en ut majeur, BWV 921
    Komm süßer Tod (extrait du „Musicalisches Gesang-Buch, de Schemelli, 1736)

    …
    Johann Kuhnau (1660-1722)
    Suonata quarta, « Hiskia agonizzante e risanato »

    …
    Johann Balthasar Kehl (1725-1778)
    Wie schön leuchtet der Morgenstern

    …

    …

    Anne Marie Dragosits, clavecin…

    …

    Un album du label L’Encelade ECL2002
    …

    …

    Photo à la une : la claveciniste Anne Marie Dragosits – Photo : © DR

    …

    …

    Ce lundi 30 août 2021, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : l’élégance splendide du tendre lullyste megevois Georg Muffat (1653 – 1704)

    Parmi mes compositeurs préférés

    du XVIIe siècle baroque,

    …

    le tendre et magnifique megevois _ et lullyste _ Georg Muffat

    (Megève, 1er juin 1653 – Passau, 23 février 1703).

    …

    …

    Parmi les musiciens à s’être rendus à Paris prendre des leçons de Jean-Baptiste Lully

    (Florence, 28 novembre 1632 – Paris, 22 mars 1687)

    …

    puis à Rome, celles de Bernardo Pasquini

    (Massa di Valdinievole, 7 décembre 1637 – Rome, 21 novembre 1710)

    _ à Rome, où Muffat fut particulièrement séduit par les réalisations de son contemporain Arcangelo Corelli

    (Fusignano, 17 février 1653 – Rome, 8 janvier 1713) _,

    …

    le savoyard (d’ascendance écossaise) Georges Muffat

    voyagea pas mal entre Savoie, France, Italie, Allemagne et Autriche :

    …

    en Alsace (Strasbourg, Molsheim et Selestat) ;

    en Italie (Rome) ;

    en Bavière (Ingolstadt) ;

    en Autriche (Vienne, Salzburg) ;

    en Bohème (Prague) ;

    …

    pour achever sa carrière à Passau, sur le Danube,

    maître de chapelle du Prince-Evêque Johannes-Philipp von Lamberg.

    …

    …

    Sa musique,

    de style français,

    est d’une splendide élégance,

    et d’une tendresse merveilleusement touchante, et sans excès.

    …

    …

    De son œuvre _ de très grande qualité _,

    j’ai choisi son recueil inaugural de cinq Concerti Grossi

    _ les premiers de ce genre nouveau à être publiés : avant ceux de Corelli, en 1715... _

    intitulé Armonico Tributo, et publié à Salzbourg en 1682.

    …

    …

    Et pour l’interprétation discographique,

    _ après écoute attentive de 4 CDs de ma discothèque_,

    …

    j’ai choisi celle, magnifique, de l’Ensemble 415, dirigé par la violoniste Chiara Bianchini et le claveciniste Jesper Christensen,

    en un superbe enregistrement d’octobre 1995, publié par Harmonia Mundi en 1996 :

    …

    soit le CD HMC 901581.

    …

    …

    Georg Muffat,

    ou une des premières réalisations,

    et merveilleusement aboutie,

    de ce que François Couperin

    (Paris, 10 novembre 1668 – Paris, 11 septembre 1733)

    nommera, quelques années plus tard, en 1724, « les Goûts réunis« …

    …

    …

    Et voici, par l’Ensemble 415,

    le podcast du Concerto n°3, en La majeur ;

    …

    ainsi que le podcast du Concerto n°4, en mi mineur,

    de cet Armonico Tributo.

    …

    …

     Ce vendredi 19 juin 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : la merveilleuse pétulance, déjà, d’un Rossini de 12 ans, en 1804, dans ses 6 Sonate a quattro

    Gioacchino Rossini

    (Pesaro 29 février 1792 – Paris, 13 novembre 1868)

    représente _ et formidablement ! _ la quintessence de la folle gaîté en musique.

    …

    …

    Pour en donner un petit échantillon,

    j’ai choisi les 6 Sonate a quattro _ pour deux violons, un violoncelle et une contrebasse _

    qu’à l’âge d’à peine 12 ans, le jeune garçon qu’il était encore

    composa, à Ravenne, l’été 1804.

    …

    Des œuvres d’une singulière vitalité communicative ! Déjà !

    …

    Et « le style bel canto que Rossini allait développer et faire progresser _ en ses merveilleux opéras, bien sûr ! _ bien au-delà de son formalisme initial,

    est déjà apparent dans ces sonates« , a fort justement noté le musicologue Howard Smith en 1992.

    …

    …

    J’ai opté ici pour l’interprétation d’une parfaite vitalité et pétulance,

    associée à une délicieuse élégance,

    de Neville Marriner et son Academy of Saint-Martin in the Fields

    …

    en des enregistrements de juin 1966 et janvier 1968,

    republiés en 2018,

    à l’occasion des célébrations du 150e anniveraire de la disparition de Rossini,

    par Praga Digitals,

    en un superbement rossinien CD PRD 250 385.

    …

    …

    Rossini est un magnifiquement généreux pourvoyeur de joie !!!

    …

    …

    Et c’est avec ravissement que je me souviens aussi de ces nombreux opéras de jeunesse de Rossini (pour Venise _ le Teatro San Moise _ ou pour Milan _ la Scala _, lors de ses très fructueuses années 1810, 1812, 1813)

    que le Grand Théâtre de Bordeaux nous a offerts,

    pour notre immense plaisir renouvelé très régulièrement,

    à l’époque des années 80 – 90 :

    …

    à commencer par cette première merveille que fut La Pietra del paragone

    _ créée à Milan, à la Scala, 26 septembre 1812 _,

    lors du mai musical de 1986, dans une mise en scène de Jean-Louis Thamin, et avec le superbe ténor argentin _ né à Carlos Pellegrini, le 14 septembre 1950 _ Raul Giménez

    _ que l’on peut écouter dans L’Inganno Felice, avec Marc Minkowski, un CD Erato 0630-17579-2, paru en 1997 ; ainsi que dans un très beau récital titré Operatic Arias, dirigé par Michelangelo Veltri (avec des airs extraits de Tancredi, La Pietra del Paragone, Otello, Il Barbiere di Seviglia, Il Signor Bruschino, L’Occasione fa il ladro, L’Italiana in Algeri et La Cenerentola), un CD Nimbus NI 5106, paru en 1987 : 2 CDs présents dans ma discothèque… _

    …

    et avec d’autres opéras ayant très heureusement suivi,

    parmi la brillante série des merveilleux petits opéras _ de format similaire… _ créés à Venise, au Teatro San Moise, entre le 3 novembre 1810 et le 27 janvier 1813 _ quelle époustouflante série ! quelle créativité ! _ :

    …

    La Cambiale di matrimonio _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 3 novembre 1810 _,

    L’Inganno felice _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 8 janvier 1812 _,

    La Scala di seta _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 9 mai 1812 _,

    L’Occasione fa il ladro _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 24 novembre 1812 _,

    Il signor Bruschino _ créé à Venise, au Teatro San Moise, le 27 janvier 1813… 

    …

    …

    Rossini est un merveilleux compagnon de joie musicale ;

    …

    une sorte de survivant miraculeux du Baroque

    à l’orée du Romantisme

    un tantinet pleurnichard…

    …

    …

    Rossini a su généreusement _ et combien magnifiquement ! _ donner libre cours

    à l’ivresse gourmande du génie de sa pétulance _ italienne _ inventive

    si éperdument allègre…

    …

    …

    Ce vendredi 24 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Musiques de joie : l’enthousiasmante Hypocondrie à 7 de Jan Dismas Zelenka, par Il Fondamento et Paul Dombrecht

    En fouillant jusqu’aux tréfonds de ma discothèque

    à la recherche de certains de mes CDs de musique religieuse de Jan-Dismas Zelenka (1679 – 1745)

    …

    afin de choisir la plus profondément joyeuse d’entre ces musiques à la plus grande gloire de la catholicité

    _ et il est bien difficile de choisir tant entre les œuvres, plus belles les unes que les autres,

    qu’entre leurs interprétations, que je collectionne tout spécialement, tant j’apprécie ces œuvres

    et m’en réjouis ! _,

    …

    voici que je mets la main sur un somptueux (!) CD de musique instrumentale de Zelenka :

    …

    le CD Passacaille 9524 intitulé Prague 1723,

    enregistré par Paul Dombrecht et son Ensemble Il Fondamento

    en 1999,

    …

    et comportant,

    en plus de la très justement célèbre Hipocondrie a 7 concertanti en La majeur _ pour 2 violons, 2 hautbois, alto, basson et basse continue _,

    …

    une Ouverture a 7 concertanti en Fa Majeur _ pour 2 violons, 2 hautbois, alto, basson et basse continue _,

    un Concerto a 8 concertanti en Sol Majeur _ pour 2 violons, 2 hautbois, alto, basson et basse continue _,

    et une Simphonia a 8 concertanti en la mineur _ pour 2 violons, 2 hautbois, alto, , violoncelle, basson et basse continue.

    …

    …

    Il Fondamento et Paul Dombrecht (au hautbois) y sont, bien sûr, au meilleur d’eux-mêmes !!!

    pour des musiques brillantissimes

    et surtout intensément profondes !

    …

    …

    A défaut d’avoir réussi à dénicher sur le web une vidéo de l’interprétation _ parfaite ! _ de cette fabuleuse Hipocondrie ZWV 187 interprétée par Paul Dombrecht et Il Fondamento, en 1999,

    …

    voici une vidéo (de 7′ 40) d’une interprétation _ un peu moins acérée… _ par Gottfried von der Goltz et son Freiburger Barock Orchester, prise le 24 septembre 2010…
    …

    …

    1723 :

    …

    c’étaient, à Prague, les fêtes du couronnement de l’Empereur (et roi de Bohème) Charles II,

    pour lesquelles Zelenka composa

    et donna _ sous la direction d’Antonio Caldara _ son oratorio Sub olea pacis et palma virtutis conspicua orbi regia Bohemiae Corona 

    _ j’en possède une interprétation en un double album Supraphon SU 3520-2 232, par les Ensembles Musica Florea,  Musica Aeterna, Philidor et les Boni Pueri soloists, sous la direction de Marek Stryncl _ ;

    et son maître Johann Joseph Fux, son fameux oratorio Costanza e Virtute.

    …

    …

    Il est plus que possible que la plupart des œuvres instrumentales _ chacune plus magnifique que les autres ! quelle jubilation !!! _ de Zelenka,

    furent préparées pour cette brillantissime circonstance impériale.

    …

    Et c’est au Clementinum de Prague

    à partir de 1690 _ Jan-Dismas avait onze ans _,

    que Zelenka fit ses études musicales,

    avant d’être engagé _ comme contrebassiste _, en 1711, à la cour d’Auguste le Fort, Electeur de Saxe et roi de Pologne, à Dresde,

    où il allait faire toute sa carrière…

    …

    …

    Selon le chef et violoniste Reinhardt Goebel,

    avec Bach, Haendel, Leclair et Locatelli, 

    Zelenka fait partie des 5 Grands Compositeurs du Baroque du XVIIIème siècle :

    …

    et peut-être même est-il le meilleur d’entre eux !!!

    …

    …

    Tâchez d’écouter le programme jubilatoire

    de ce magique CD Prague 1723, Passacaille 9524 !

    …
    …

    Ce mercredi 15 avril 2020, Titus Curiosus – Francis Lippa