Étiquette : baryton

  • La merveille Huw Montague Randall, baryton, en un CD « Contemplation » essentiel de cette année 2024 (Suite)…

    Un nouvel article, cette fois sur le site de Crescendo et sous la signature de Bénédicte Palaux-Simonnet, « Huw Montague Randall, baryton céleste« , vient très heureusement à son tour amplifier si besoin en était, en plus d’un évidentissime bouche-à-oreilles,

    la reconnaissance médiatique parfaitement justifiée que mon article « « , en date, lui, du 26 octobre dernier, et citant aussi déjà l’excellente reconnaissance compétentissime de Jean-Charles Hoffelé en son article « Chant pur » sur son site Discophilia, en date, lui, du 26 septembre précédent _ mais le CD n’était pas encore parvenu sur la table de mon disquaire préféré, il m’avait fallu patienter tout ce temps-là pour en éprouver la jouissance émerveillée de l’écoute : un véritable événement ! _, ne pouvait aussi que remarquer et célébrer, déjà ;

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    une reconnaissace que mérite à un point assez incroyable (!) le chanteur, à l’écoute enchantée de ce merveilleux et enthousiasmant CD Erato 5021732363787 « Huw Montague Rendall Contemplation«  _ enregistré à l’Opéra de Rouen du 20 au 24 novembre 2023 : écoutez-le ici ! C’est absolument splendide ! _ :

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    sans conteste un des disques essentiels de cette année 2024…

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    Voici donc ce nouvel article,

    très précis en ses appréciations des pièces si magnifiquement interprétées ici,

    de l’excellent magazine Crescendo :

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    Huw Montague Rendall : baryton céleste

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    LE 24 NOVEMBRE 2024 par Bénédicte Palaux-Simonnet
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    Contemplation.
    Airs de Ambroise Thomas (1811-1896), Charles Gounod (1818-1893),Erich Wolfgang Korngold (1897-1957), Gustav Mahler (1860-1911), Benjamin Britten (1913-1976), Henri Duparc (1848-1933), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Richard Rodgers (1902-1979).

    Huw Montague Rendall, baryton ; Orchestre de l’Opéra de Rouen Normandie, direction : Ben Glassberg. 2024.

    Livret en anglais, français, allemand- 75’30’’. Erato 5021732363787

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    Le baryton gallois Huw Montague Rendall a choisi d’intituler son premier récital au disque, « Contemplation ». Il s’en explique dans la présentation, invitant l’auditeur à le suivre parmi les chemins d’introspection qu’il a lui-même explorés sur scène et en récital. Déjà, chaque apparition de ce chanteur âgé seulement de trente ans a, en effet, créé l’événement _ on le comprend ! _, qu’il chante Mozart, Ambroise Thomas ou Benjamin Britten.

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    Sa réserve _ sa maîtrise naturelle _ témoigne d’une intelligence et d’une maturité _ oui _ d’autant plus remarquables qu’il aurait pu se contenter de grandir dans le sérail. Fils d’ interprètes lyriques de haut vol -la mezzo-soprano Diana Montague et le ténor David Randall- _ mais oui ! excellents tous deux… _, il est au contraire parvenu à développer une personnalité originale pleine de charme _ et à quel degré ! _, de doutes _ de retenue : dénuée de la moindre grandiloquence narcissique _ et de vigueur _ quand le rôle le nécessite : tout cela est parfaitement juste _ tout en s’inscrivant dans une tradition exigeante _ mais oui, tant du chant lui-même que de l’incarnation dramatique des rôles interprétés.

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    Ce programme longuement mûri _ oui _ est également porté par des moyens vocaux _ splendides ! _ impeccablement maîtrisés _ oui, et à un point rare. Le timbre est émouvant, naturel _ oui, oui : sans jamais rien d’artificiel, maniéré ou forcé… _, riche en harmoniques feutrés _ voilà, d’une incroyable variété et douceur de nuances, et justesse, chaque fois ! _ et la conduite du phrasé quasi instrumentale _ absolument : quelle musicalité, quel art ! C’est magiquement enchanteur !

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    Enfin, la réussite de ce coup d’essai ne serait pas complète sans la fusion des sensibilités musicales, celle du soliste comme celle de l’orchestre _ et c’est aussi très juste. Car c’est bien une véritable « conversation en musique » qui se tisse entre voix et pupitres (avec des cuivres splendides) sous la direction vivifiante de Ben Glassberg _ oui ; et c’est très juste aussi.

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    Tout semble fluide _ oui, et même admirablement !.. _ et changeant _ avec une incroyable justesse _, passant de la tendresse d’Hamlet (Ambroise Thomas) aux couleurs viennoises de Korngold, du duo voix et piccolo de Britten (Billy Budd), aux Lieder de Mahler (Lieder eines fahrenden Gesellen) d’une bouleversante beauté _ mais oui : à un point sidérant. En guise de conclusion, un stratosphérique _ oui ! _ Ich bin der Welt abhangengekommen, extrait des Ruckert Lieder, semble suspendre le cours du temps.

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    Aussi électrisant chez Mozart _ oui, oui _, l’interprète explore une infinité de nuances _ tout à fait _ et de contradictions _ des personnages complexes incarnés. Il se montre capable de passer en un éclair de la férocité (Hai già vinta la causa ! ) à la douceur ronronnante… irrésistiblement câline ; de telle sorte que -dans le même geste- la caresse se fait outrage et consolation (Deh, vieni alla finestra).

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    « Au jardin où les fleurs sont écloses », l’innocence retrouvée propose un contraste savoureux. Ce rare extrait de Monsieur Beaucaire (André Messager) le montre tour à tour rêveur ou sentimental ; puis fougueux et précis lorsqu’il se métamorphose en oiseleur (Papageno, Zauberflöte), rôle qu’il chérit particulièrement.

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    Aux antipodes, l’air de Gounod Mab, la reine des mensonges  (Mercutio) laisse entrevoir des abîmes de cynisme qui font écho à la douloureuse introspection d’Hamlet (Ambroise Thomas) placée en tête du programme. Avec l’aisance d’un caméléon _ oui, quel art, quel art ! _, il devient démonstratif voire consensuel lorsque le genre l’exige, ainsi de la comédie musicale américaine Carousel (Richard Rodgers).

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    Inutile de souligner la perfection de la diction _ et c’est aussi un des traits frappants de cet artiste impeccable en même temps qu’ extrêmemennt émouvant, chaque fois, et sans jamais rien forcer… _ dans toutes les langues chantées _ oui, oui, oui. Récemment Pelléas à Rouen, Huw Montague Rendall fait ainsi miroiter ici les plus subtiles _ oui ! _ modulations de la Chanson triste d’Henri Duparc ; choisissant dans l’ensemble des tempi qui ne cèdent jamais à la précipitation _ c’est très juste aussi : quelle maîtrise…

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    Si le chanteur gallois confie avoir méthodiquement écouté les barytons les plus illustres…  au jeu des portraits, il ne ressemble à personne _ en effet. Un _ incontestable et rayonnant _  coup de maître !

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    Son 10 – Livret 10 – Répertoire 10 – Interprétation 10

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    Bénédicte Palaux Simonnet

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    Un admirable interprète se découvre ainsi à nous _ en ce récital extraordinairement parfait _ ;

    qui le suivrons à coup sûr avec la plus grande attention…

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    Quel artiste ! Quel art !

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    Ce lundi 25 novembre 2024, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • La merveille How Montague Rendall, baryton d’exception, en un phénoménal CD carte-de-visite « Contemplation »…

    Le 20 septembre dernier,

    l’article de Jean-Charles Hoffelé, sur son excellent site Discophilia, intitulé « Le chant pur« , m’avait alerté sur la qualité en quelque sorte exceptionnelle, et donc absolument marquante, du CD Erato 5021732363787 « HUW Montague Rendall – Contemplation« , d’un jeune baryton _ de 30 ans _, Huw Montague Rendall, pour sa toute première apparition discographique ;

    mais nulle part, un peu étrangement, n’était en vue cet objet à se procurer sur quelque table… 

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    Voici donc, tout d’abord, ce bel article très appelant :

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    LE CHANT PUR

    Ceux qui auront vu son Mercutio qui crevait la scène (comme on crève l’écran) du Roméo et Juliette _ de Gounod _ selon Thomas Jolly auront gardé dans l’œil sa silhouette athlétique, mais surtout le souvenir _ considérablement marquant _ de sa voix : ce baryton sombre et clair à la fois, aux mots mordants _ voilà ! _, à la ligne impeccable _ et magnifiquement fluide… _, à la justesse stellaire _ wow !!! sans le moindre défaut… _, avec dans le timbre même _ aussi, et même surtout, et c’est bien sûr absolument décisif ! _ comme le rappel d’un âge d’or perdu du chant français, celui des Endrèze, des Blanc _ mazette ! rien que cet âge d’or-là ! _, c’est Huw Montague Rendall dont parait ici le premier album.

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    Bon sang ne saurait mentir, le jeune homme a hérité de son père David Rendall, fabuleux ténor mozartien _ voilà _, la ligne de chant instrumentale, et de sa mère _ soprano _, Diana Montague, les mots et les affects _ incarnés _ du théâtre.

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    Ce Pelléas majeur – quel dommage que rien de son rôle phare ne figure sur l’album – sera-t-il un jour Golaud ? Son formidable Hamlet _ d’Ambroise Thomas _, par quoi s’ouvre l’album, semble l’annoncer, car cette voix de mots si clairs sait s’assombrir pour le Prince du Danemark dont il renouvelle la psyché depuis l’exemple laissé par Thomas Hampson _ wow!

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    Le panorama _ parcouru et pleinement, à la perfection, accompli en cet album magistral _ est vaste _ oui oui _ ; comme Thomas Hampson, décidément modèle probable, il se risque aux Lieder eines fahrenden Gesellen _ de Mahler _, en saisissant toute la poésie _ mais oui _ que partagent dans les inflexions de son chant les Rouennais _ de l’Opéra Orchestre Normandie Rouen _ si idéalement conduits par Ben Glassberg qui aura porté l’opéra normand à un niveau international en trois saisons.

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    Il ose le Tanzlied des Pierrot de Die tote Stadt _ de Korngold _ où s’évoquent les tendresses du chant _ rien moins… _ d’un Hermann Prey, il envole le scherzo de Mab _ du Roméo et Juliette de Gounod _ évidemment, fait un impeccable Valentin _ du Faust de Gounod _, exalte les nostalgies de Chanson triste (comme j’aurai préféré L’Invitation au voyage, La vie antérieure…) _ des mélodies de Duparc _ et sait charmer sans sucre chez Messager _ de Monsieur Beaucaire _ ou Hammerstein _ en son Carousel _, surtout il sera troublant au possible en Billy Budd _ de Britten _ avec le piccolo de Kouchyar Shahroudi.

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    Et Mozart ? Comte _ Almaviva _ des Nozze déjà fabuleux (et qui prouve que vocalement Golaud est dans ses cordes), Don Giovanni en charmes sulfureux, surtout un épatant Papageno face à la Papagena mutine d’Elisabeth Boudreault et aux boys du Trinity College _ pour Die Zauberflöte.

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    Mais le dernier mot _ du merveilleux programme de 17 airs de ce CD, en forme de brilllantissime sublime carte-de-visite  _ sera pour Mahler, l’esseulement du solitaire retranché du monde, cet Ich bin der Welt abhanden gekommen chanté comme du Schubert qui semble lui destiner _ que de rapides promesses pour ce jeune chanteur à ce point déjà si idéalement accompli ! et avec quelle envergure !.. _ pour demain Winterreise.

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    LE DISQUE DU JOUR

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    Contemplation

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    Œuvres de Ambroise Thomas (Hamlet), Charles Gounod (Faust, Roméo et Juliette), Erich Wolfgang Korngold (Die tote Stadt), Gustav Mahler (Lieder eines fahrenden Gesellen, Ich bin der Welt abhanden gekommen), Benjamin Britten (Billy Budd), Henri Duparc (Chanson triste), Wolfgang Amadeus Mozart (Le nozze di Figaro, Don Giovanni, Die Zauberflöte), André Messager (Monsieur Beaucaire), Richard Rodgers (Carousel)

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    Huw Montague Rendall, baryton

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    Elisabeth Boudreault, soprano (Mozart, Zauberflöte)

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    Oliver Bartow, Sam Jackman, Benjamin Gilbert,
    sopranos garçons (Mozart, Zauberflöte)

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    Opéra Orchestre Rouen Normandie
    Ben Glassberg, direction

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    Un album du label Erato 5021732363787
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    Photo à la une : le baryton Huw Montague Rendall – Photo : © Anthony Dehodencq

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    Et une fois découvert le CD, et puis avec ravissement écouté,

    l’exclamation aussitôt arrachée 

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    Chapeau l’artiste !!!

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    Et maintenant, à votre tour,

    écoutez tout simplement ici ce phénoménal CD de 75′ 30 de ce chanteur baryton d’exception

    qui a décidément tout pour lui !..

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    Ce samedi 26 octobre 2024, Titus Curiosus-Francis Lippa

  • Le charme extrêmement prenant de Benjamin Appl à nouveau opérant et superbe dans un programme à nouveau original et assez singulier : un bouquet de 19 Lieder de Franz Schubert en des adaptations orchestrales d’Anton Webern (5), Max Reger (7), Alexander Schmalcz (2) et 5 autres compositeurs-orchestrateurs, avec la complicité du chef, natif lui aussi de Ratisbonne, Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester : un album infiniment séduisant de clarté et naturel, justesse et poésie…

    Benjamin Appl à nouveau superbe dans la réalisation très réussie _ quel beau timbre de voix, et quel subtil et évident art du chant ! _ d’un nouveau projet très original et singulier :

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    un bouquet magnifiquement composé de 19 Lieder _ avec piano, à l’origine _ de Franz Schubert en des adaptations orchestrales _ assez peu courues et ainsi rassemblées… _ d’Anton Webern (5), Max Reger (7), etc.,

    avec la complicité du chef _ natif de Ratisbonne (le 24 décembre 1995) comme Benjamin Appl (né le 26 juin 1982) _ Oscar Jockel, et le Münchner Rundfunkorchester :

    …

    soit un album BR Klassik 900346 _ enregistré à Munich du 28 au 30 septembre, le 30 novembre, et les 1er et 2 décembre 2022 (Benjamin Appl vient d’avoir 40 ans ; et Oscar Jockel a tout juste 26 ans), et en une prise de son de Christine Voitz, d’une stupéfiante clarté et un exemplaire naturel ! ; l’album est sorti le 6 octobre dernier, il y a à peine 4 jours… _ à nouveau très prenant et vraiment plein de charme…

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    …

    De Benjamin Appl _ baryton bavarois, formé au très fécond Regensburger Domspatzen de Ratisbonne (et ultime élève de Dietrich Fischer-Dieskau), et désormais installé à Londres _, mais cette fois avec le seul piano de James Baillieu _ né, lui, en Afrique du Sud au mois de mars 1982 _,

    m’avait si fortement impressionné le très original et éminemment singulier CD Alpha 912 « Forbidden fruit » _ enregistré à Lugano du 27 au 30 juillet 2020 _, que je lui avais consacré rien moins que 4 articles, les 29, 30, 31 juillet et 1er août derniers :

    …

    « « ,

    …

    « « ,

    …

    « « 

    …

    et « « …

    …

    …

    De même,

    je m’étais tout de suite procuré le « Winterreise » schubertien de Benjamin Appl et James Baillieu, au piano, le CD Alpha 854 _ enregistré à Kentish Town, en Angleterre, au mois de septembre 2021 _, très réussi lui aussi.

    …

    …

    Incontestablement,

    ces 19 adaptations de Lieder avec piano seul de Franz Schubert (Lichtental, 31 janvier 1797 – Vienne, 19 novembre 1828) pour des interprétations avec accompagnement d’orchestre,

    et par des compositeurs aussi différents qu’Anton Webern (Vienne, 1883 – Mittersill, 1945) pour 5 Lieder, Max Reger (Brand, 1873 – Leipzig, 1919), pour 7 Lieder,  ou le contemporain Alexander Schmalcz (né à Weimar en 1969), pour 2 Lieder,

    mais aussi Johannes Brahms (Hambourg, 1833 – Vienne, 1897), Kurt Gillmann (Wannsee, 1889 – Hannovre, 1975), Felix Mottl (Unter Sankt Veit, 1856 – Munich, 1911), Benjamin Britten (Lowestoft, 1913 – Alderburgh, 1976), ou Jacques Offenbach (Cologne, 1819 – Paris, 1880), pour un Lied chacun,

    surprend, étonne, charme et enrichit notre écoute…

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    En commençant ici par les 2′ 39 du très beau lied « Abendstern » de la première plage du CD, un lied de 1824 sur un poème de Johann-Baptist Mayrhofer, ici dans une orchestration d’Alexander Schmalcz,

    on pourra écouter, en suivant, l’ensemble des 23 plages _ ainsi accessibles ici à l’écoute _ de ce très beau original CD…

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    De ce CD, je recommande tout spécialement la plage 5 (de 4′ 18) « Du Bist die Ruhe« , un lied de 1823 sur un poème de Friedrich Rückert, ici dans une orchestration d’Anton Webern,

    et la plage 18 (de 3′ 44) « Nacht und Träume«  _ peut-être mon lied préféré de Franz Schubert : extatique !.. _, un lied de 1825 sur un poème de Matthäus von Collin, ici dans une orchestration de Max Reger…

    …

    …

    À ces 19 Lieder chantés par le baryton éminemment charmeur _ quel naturel ! quelle clarté ! _ de Benjamin Appl,

    le CD adjoint, aux plages 3, 7, 13 et 20,

    10 « Deutsche Tänze (serie 1) » de Franz Schubert, adaptées pour l’orchestre par Johann von Herbeck (Vienne, 1831 – Vienne, 1877)…

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    Le très grand talent d’interprète de Benjamin Apple, aidé ici de celui d’Oscar Jockel, est de ne jamais tomber en une réalisation hyperbolique, opératique, de ces Lieder en ces versions avec accompagnement symphonique _ toujours tendre, précis, doux, délicat et infiniment léger _,

    mais de savoir conserver et excellemment restituer l’intimité chaleureuse et tendre, complice, des humeurs des soirées de Liederabend, en un très attentif petit cercle d’amis proches, pour lesquels étaient donnés et créés ces Lieder avec un simple piano _ données du 26 janvier 1821, dans l’appartement de la famille von Schober, au 28 janvier 1828, chez Joseph von Spaun, pour ce qui concerne ces mémorables schubertiades auxquelles a participé Franz Schubert à Vienne… _,

    tout en procurant à ces si touchants et très variés Lieder, d’une infinie délicatesse, sans le moindre surlignage de moindre mauvais goût, cette coloration symphonique qu’ils comportent aussi, en très fin subtil filigrane,

    et que se sont amusés à leur apporter, à diverses époques de rayonnement de ces chefs d’œuvre intimes de Schubert _ très vite reconnus comme tels ! _, ces divers compositeurs ainsi orchestrateurs :

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    Jacques Offenbach (1819 – 1880),

    Johannes Brahms (1833 – 1897),

    Felix Mottl (1856 – 1911),

    Max Reger (1873 – 1919),

    Anton Webern (1883 – 1945),

    Kurt Gilmann (1889 – 1975),

    Benjamin Britten (1913 – 1976)

    ainsi que notre contemporain et en activité _ en particulier pour le magnifique Matthias Goerne.. _ Alexander Schmalcz (né en 1969) _ ici, en ce programme, pour les Lieder « Abendstern » et « An Sylvia« , un lied de 1826 sur un texte de Shakespeare (extrait des « Deux gentilshommes de Vérone« ) adapté par Eduard von Bauernfeld…

    …

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    Un CD tout simplement admirable : exceptionnel de justesse, clarté, naturel

    …et poésie.

    …

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    Benjamin Appl, décidément magnifique ; et plus que jamais à suivre…

    …

    …

    Ce mardi 10 octobre 2023, Titus Curiosus – Francis Lippa

  • Mieux connaître l’art du lied de Korngold : un exemple, l’interprétation du lied « Was du mir bist ? », Op. 22 n°1

    L’art du lied d’Erich-Wolfgang Korngold (Brünn, 29 mai 1897 – Hollywood, 29 novembre 1957)

    mérite d’être bien mieux connu

    _ cf mon article d’hier 13 août : «  « … _.

    …

    …

    Déjà, on peut en établir un catalogue :

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    • Zwölf Lieder, opus 5 (1910-1911), offerts à son père avec la dédicace « So Gott und Papa will », poèmes de Josef Karl Benedikt von Eichendorff.
      • 1. Das Ständchen
      • 2. Winternacht
      • 3. Das Mädchen
      • 4. Abendlandschaft
      • 5. Schneeglöckchen
      • 6. Aussicht
      • 7. Die Sperlinge
      • 8. Nachtwanderer
      • 9. Der Friedensbote
      • 10. Vom Berge
      • 11. Waldeinsamkeit
      • 12. Sangesmut
    • Sechs einfache Lieder pour voix et piano, opus 9 (1911–16), dédiés à Luise von Fraenkel-Ehrenstein, d’après des poèmes de Joseph von Eichendorff(1-3), Elisabeth Honold, Heinrich Kipper, Siegfried Trebitsch. Création partielle à Frankfort, le 15 février 1912 des Eichendorff par le baryton Hans Vaterhauss et le compositeur.
    1. Schneeglöckchen
    2. Nachtwanderer
    3. Ständchen
    4. Liebesbriefchen [Lettres d’amour]
    5. Das Heldengrab am Pruth
    6. Sommer
    • Vier Lieder des Abschieds [Quatre Chants d’adieu], opus 14 (n° 4 : 1915, 1920–21) Sur des poèmes de Christina Rossetti/Alfred Kerr (1), Edith Ronsperger (2) et Ernst Lothar (3-4). Création à Hambourg, le 5 novembre 1921, par l’alto Maria Olszewska et le compositeur. Korngold orchestre la partition – très fournie dans sa version piano – et la dirige à Vienne, le 14 janvier 1923 avec la mezzo-soprano Rosette Anday. La mélodie n° 4 est plus ancienne que les autres. Elle fut publiée sous le titre de L’Adieu au Soldat Autrichien, au profit d’œuvres de bienfaisance et était alors destinée à un baryton. La révision est considérée par Brendan Carroll comme l’un des plus beaux lieder de Korngold18.
    1. Sterbelied
    2. Dies eine kann mein Sehnen nimmer fassen
    3. Mond, so gehst du wieder auf
    4. Gefaßter Abschied
    • Drei Gesänge sur des poèmes de von Hans Kaltneker, opus 18 (1924). Création à Vienne, le 11 mars 1926, par la mezzo-soprano Rosette Anday et le compositeur.
    1. In meine innige Nacht
    2. Tu ab den Schmerz
    3. Versuchung
    • Drei Lieder pour voix et piano, opus 22 (1928-29), sur des poèmes d’Eleonore van der Straten (1) et Karl Kobald. Création à Vienne, le 9 décembre 1928, par Margit Angerer et le compositeur.
    1. Was du mir bist ?
    2. Mit dir zu schweigen
    3. Welt ist stille eingeschlafen
    • Unvergänglichkeit, Liederkreis opus 27 (1933)
    1. Unvergänglichkeit, Das eilende Bächlein, Das schlafende Kind, Stärker als der Tod, Unvergänglichkeit.
      Nach Gedichten von Eleonore van der Straten. Uraufführung am 27. Oktober 1937 durch Desi Halban.
    • Songs of the Clown [Chants du Clown], opus 29 (1937), poèmes de William Shakespeare « Twelfth Night or What You Will ». Création à Los Angeles, le 28 juin 1941, par Nanette Fabray et le compositeur.
    1. Come Away, Death
    2. O Mistress Mine
    3. Adieu, Good Man Devil
    4. Hey, Robin!
    5. For the Rain, It Raineth Every Day
    • Four Shakespeare Songs, opus 31 (1937–41), poèmes de William Shakespeare extraits d’Othello et As You Like It. Création à Los Angeles, le 28 juin 1941, par Nanette Fabray et le compositeur.
    1. Desdemona’s Song
    2. Under the Greenwood Tree
    3. Blow, Blow, Thou Winter wind
    4. When Birds Do Sing
    • Fünf Lieder, opus 38 (1948 – éd. Schott), dédiés à Maria Jeritza, d’après des poèmes de Richard Dehmel (1), Joseph von Eichendorff (2), Howard Koch (3) et William Shakespeare (5, Sonnet 130). Création à Vienne, le 19 février 1950 par la mezzo-soprano Rosette Anday et le compositeur.
    1. Glückwunsch
    2. Der Kranke
    3. Alt-spanisch
    4. Alt-englisch
    5. Kein Sonnenglanz im Auge [My Mistress’ Eyes]
    • Sonett für Wien (In memoriam) pour mezzo-soprano et piano, opus 41 (1953), dédié à Gretel Kralik. Poèmes de Hans Kaltneker. Ursprünglich die Vorspannmusik zum Film «Escape Me Never» (1947).
    • Lieder inédits – Poèmes de Joseph von Eichendorff.
    1. Abendlandschaft
    2. Angedenken
    3. Aussicht
    4. Das Mädchen
    5. Der Friedensbote
    6. Die Geniale
    7. Die Sperlinge
    8. Reiselied
    9. Sangesmut
    10. Vesper
    11. Vom Berge
    12. Waldeinsamkeit
    13. Winternacht

    On peut encore y adjoindre

    Die Gansleben in Hause Duschhitz composé le 6 avril 1919, sur un texte de Korngold lui-même.

     

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    Le CD « E.W.Korngold Lieder« , soit le CD Harmonia Mundi HMC 901780, enregistré en novembre 2001, à Berlin, par le baryton Dietrich Henschel et le pianiste Helmut Deutsch _ sur lequel ne figurent pas les Songs composés sur des poèmes de Shakespeare par Korngold aux États-Unis  _, et d’une durée toale de 75′ 45,

    comporte la presque totalité des Lieder de Korngold, depuis les douze des « Zwölf Lieder » Op. 5 (de 1910-1911) jusqu’à celui, unique, du « Sonett für Wien » Op. 41 (de 1953),

    à l’exception, un peu étrange toutefois, d’une part, de 2 des « Drei Lieder » Op. 22 (de 1928-29), les n° 2 « Mit dir zu schweigen » et 3 « Welt ist stille eingeschlafen » _ n’est en effet présent en ce CD que le n° 1 « Was du mir bist ?« … _ ; et, d’autre part, du n°1 « Unvergänglichkeit » des 2 Lieder du recueil éponyme « Unvergänglichkeit » Op. 27 (de 1934) _ alors que sont présents en ce CD de 75′ 45 les n°2 « Das eilende Bächlein » et n°3 « Das schafende Kind » de ce recueil…

    …

    …

    Et voici que vient de paraître pour le label Aparté le CD « In meinem Lied » _ Aparté AP288 _, enregistré à Hohenems du 31 août au 4 septembre 2021 par la soprano Sarah Traubel et le même pianiste Helmut Deutsch,

    dont le programme est composé d’un choix de Lieder de Gustav Mahler, Franz Liszt, Erich-Wolfgang Korngold et Richard Strauss.

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    Or je remarque que les Lieder présents ici de Korngold viennent précisément combler ce qui manquait dans l’enregistrement de 2001 avec Dietrich Henschel du catalogue des Lieder de Korngold _ j’en excepte toutefois les 13 Lieder inédits (et sans numéro d’opus) sur des poèmes de Joseph von Eichendorff… _  :

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    d’une part les lieder n°2 « Mit dir zu schweigen » (d’une durée ici, en 2021, de 2′ 11) et n°3 « Welt ist stille eingeschlafen » (d’une durée, lui, de 3’18), du recueil des « Drei Lieder » Op. 22 de 1928-29 ;

    ainsi que, d’autre part, le lied « Unvergänglichkeit » (d’une durée ici de 2′ 22) du recueil éponyme « Unvergänglichkeit » Op. 27 de 1933 ;

    soit une durée totale pour ces trois lieder enregistrés cette fois, en 2021 pour le label Aparté, de 10′ 17…

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    Au point que je me demande si Helmut Deutsch n’a précisément pas voulu en quelque sorte « réparer«  en 2021 ce manque de son CD de 2001 avec Dietrich Henschel _ probablement pour une raison de durée du CD qui aurait dépassé les 80′ … _, en enregistrant en août-septembre 2021 avec Sarah Traubel

    d’une part la totalité des « Drei Lieder » de l’Op. 22 (le n°1 « Was du mir bist ?« , le n°2 « Mit dir zu Schweigen » et le n°3 « Welt ist stille eingeschlafen« ) _ comportant donc à nouveau le lied n°1 « Was du mir bist ?«  déjà présent dans le CD enregistré en novembre 2011 avec Dietrich Henschel _ ;

    ainsi que, d’autre part, le lied n° 1 « Unvergänglischkeit » du recueil éponyme, qui était étrangement manquant lui aussi dans l’enregistrement de novembre 2001 avec Dietrich Henschel… 

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    La présence de ce lied « Was du mir bist ? » Op. 22 n°1,

    seul commun aux deux CDs de Lieder de Korngold par Helmut Deutsch, en 2001 avec le baryton Dietrich Henschel (un lied d’une durée de 2′ 14 sur ce premier CD), et, en 2021 avec la soprano Sarah Traubel (le lied a cette fois une durée de 2’26 sur ce nouveau CD),

    offre donc la bienvenue opportunité de comparer les interprétations par ces deux chanteurs de ce même lied, accompagnés à 20 ans de distance _ 2001 – 2021 _, par le même pianiste…

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    Ce lied « Was du mir bist ?« , extrait des « Drei Lieder » Op. 22, un recueil dédié par Erich-Wolfgang Korngold  à sa mère, est composé sur un poème d’Eleonore van der Straten _ alors que les lieder n°2 « Mit dir zu Schweigen » et n°3 « Welt ist stille eingeschlafen » sont tous deux composés sur des poèmes de Karl Kobald (Brünn, 28 août 1873 – Vienne, 12 octobre 1963).

    Et je remarque aussi que le lied « Unvergänglischkeit«  est lui aussi composé sur un poème de la même Eleonore van der Straten (8 janvier 1873 – 3 octobre 1960)…

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    Cependant,

    et avec un peu plus de hauteur,

    Anne-Sofie von Otter, mezzo-soprano, avec son pianiste Bengt Forsberg, en un superlatif double CD Deutsche Grammophon DG 459 631-2 , intitulé « Rendez-vous with Korngold« , en 1999, nous donne une sublime interprétation de ces « Drei Lieder » Op. 22 (de 1930) de Korngold, « Was du mir bist ?« , « Mit dir zu Schweigen » et « Welt ist stille eingeschlafen » : écoutez-en ici ce podcast de 7’58 accessible sur youtube… C’est une merveille !

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    La performance réalisée alors semble demeurer hors de portée de l’enthousiasme même de Sarah Traubel…

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    Ce dimanche 14 août 2022, Titus Curiosus – Francis Lippa